14/05/2023 Un décodeur magnétique qui lit les pensées dans le cerveau

Depuis de nombreuses années des neurologues pensent qu’en introduisant de façon non invasive ?? dans le cerveau humain des enregistreurs capables de saisir les échanges se produisant entre neurones du cortex supérieur, il devrait être possible de déchiffrer certains de ces échanges.

Ceci se pratique depuis un certain temps concernant les cerveaux de primates ou d’animaux supérieurs . Des messages de peur ou d’attirance ont pu être captés, formant un langage primitif. Certains peuvent être reproduits et retransmis par l’intermédiaire de sondes. Chez l’homme la technique se pratique au niveau du système nerveux moteur pour savoir si après un accident, la commande du membre accidenté se rétablit.

Dans l’article que vient de publier Nature, dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract, une équipe dirigée par le neurologue et linguiste Jerry Tang de l’université du Texas (https://twitter.com/jerryptang?lang=fr) présente les résultats qu’ils ont obtenu en utilisant l’intelligence artificielle et le controversé GPT (langage générateur préentrainé). Encore n’avaient-ils fait appel qu’a la version 1 de GPT. Celui-ci en est à ce jour à la version 4.

Ils affirment que ces outils, auxquels ils prédisent un bel avenir, ne peuvent fonctionner qu’avec une coopération active du sujet. Mais qu’est-ce qu’une coopération active ? Celle que les maitres-chanteurs obtiennent de leur victimes ?

En fait, il y a tout lieu de penser que ces outils comme tous ceux qui ont suivi l’apparition et le développement du langage chez les humains, favoriseront dans les cerveaux les aires et les activités les plus utiles à la lutte pour la vie. Comme l’IA avancée et des applications telles que les GPT encourageront les sociétés et les individus les plus innovants, ils seront certainement très bien accueillis.

Semantic reconstruction of continuous language from non-invasive brain recordings
https://www.nature.com/articles/s41593-023-01304-9

J
erry Tang 
 
01 May 2023
Abstract

A brain–computer interface that decodes continuous language from non-invasive recordings would have many scientific and practical applications. Currently, however, non-invasive language decoders can only identify stimuli from among a small set of words or phrases. Here we introduce a non-invasive decoder that reconstructs continuous language from cortical semantic representations recorded using functional magnetic resonance imaging (fMRI). Given novel brain recordings, this decoder generates intelligible word sequences that recover the meaning of perceived speech, imagined speech and even silent videos, demonstrating that a single decoder can be applied to a range of tasks. We tested the decoder across cortex and found that continuous language can be separately decoded from multiple regions. As brain–computer interfaces should respect mental privacy, we tested whether successful decoding requires subject cooperation and found that subject cooperation is required both to train and to apply the decoder. Our findings demonstrate the viability of non-invasive language brain–computer interfaces.

14/05/2023 Un allongement significatif du cycle glaciaire

Les archives géologiques indiquent que le climat terrestre a basculé de cycles climatiques relativement courts d’environ 40 000 ans avec des glaciations courtes et de faible magnitude, aux cycles climatiques actuels bien plus longs, d’une durée de 100 000 ans et présentant des périodes glaciaires et interglaciaires bien plus marquées

 La fin de la transition du Pléistocène moyen est caractérisée par l’établissement de vastes calottes glaciaires dans l’hémisphère Nord. Ce changement significatif de la dynamique climatique, qui n’est pas imputé à une modification des paramètres orbitaux, est longtemps demeuré un mystère.

Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Communications  (référencée ci-dessous) dévoile une chaîne de mécanismes qui pourrait expliquer cette évolution climatique majeure apparue il y a environ 700 000 ans.  

Cet accroissement des surfaces continentales englacées serait à l’origine de l’allongement des cycles climatiques, avec un passage de 40 000 à 100 000 ans. Il faut ici invoquer l’effet de l’albédo de la glace dans le processus climatique. La glace réfléchit en effet une partie de l’énergie solaire, participant au refroidissement du climat. Une augmentation des surfaces englacées aurait ainsi permis l’établissement, par le biais de cette rétroaction positive, de périodes glaciaires plus longues et plus intenses après 700 000 ans.

Une période glaciaire avec des océans anormalement chauds

Grâce à l’analyse de pollens et de sédiments datant de cette époque, l’équipe de scientifiques menée par María Fernanda Sánchez Goñi de l’Université de Bordeaux a identifié une tendance au réchauffement et à l’humidification dans les deux régions subtropicales sur la période s’étendant de 800 000 à 670 000 ans. Cette période est entrecoupée par une glaciation durant laquelle les eaux de surface des océans Atlantique Nord et Pacifique Nord étaient étonnamment chaudes. « Il s’agit de températures de surface similaires à celles d’aujourd’hui, soit environ 18 °C, ce qui est énorme. C’est une vraie surprise », explique María Fernanda Sánchez Goñi.

LA PÉRIODE GLACIAIRE MARQUANT LA FIN DE LA TRANSITION DU PLÉISTOCÈNE MOYEN SE CARACTÉRISE PAR DES TEMPÉRATURES DE SURFACE DES OCÉANS ÉTONNAMMENT CHAUDES, QUI A PRODUIT UN AFFLUX MASSIF D’HUMIDITÉ DANS LES HAUTES LATITUDES DE L’HÉMISPHÈRE NORD ET PARTICIPÉ À L’ACCROISSEMENT DES CALOTTES GLACIAIRES. © MARÍA FERNANDA SÁNCHEZ GOÑI

Alors que les périodes glaciaires bloquent normalement le transfert d’humidité vers les hautes latitudes, la température élevée de l’océan durant cet épisode particulier aurait, à l’inverse, entraîné une hausse des taux d’humidité dans l’air et une augmentation des précipitations dans tout l’hémisphère Nord. Ces conditions auraient notamment favorisé l’expansion de la forêt méditerranéenne occidentale et renforcé la mousson d’été en Asie de l’Est. « On ne sait pas encore à quoi est dû ce réchauffement des océans, mais il semble que cet apport massif d’humidité vers les hautes latitudes ait alimenté les calottes glaciaires eurasienne et d’Amérique du Nord, et contribué de manière déterminante à leur expansion », poursuit la chercheuse

Reference

Moist and warm conditions in Eurasia during the last glacial of the Middle Pleistocene Transition

Nature Communications 

volume 14, Article number: 2700 (2023) 

  • Abstract

The end of the Middle Pleistocene Transition (MPT, ~ 800-670 thousand years before present, ka) was characterised by the emergence of large glacial ice-sheets associated with anomalously warm North Atlantic sea surface temperatures enhancing moisture production. Still, the direction and intensity of moisture transport across Eurasia towards potential ice-sheets is poorly constrained. To reconstruct late MPT moisture production and dispersal, we combine records of upper ocean temperature and pollen-based Mediterranean forest cover, a tracer of westerlies and precipitation, from a subtropical drill-core collected off South-West Iberia, with records of East Asia summer monsoon (EASM) strength and West Pacific surface temperatures, and model simulations. Here we show that south-western European winter precipitation and EASM strength reached high levels during the Marine Isotope Stage 18 glacial. This anomalous situation was caused by nearly-continuous moisture supply from both oceans and its transport to higher latitudes through the westerlies, likely fuelling the accelerated expansion of northern hemisphere ice-sheets during the late MPT.

13/05/2023 Simulation d’un bit quantique

Nous sommes constitués non seulement d’atomes mais de particules subatomique plus petites que ces atomes telles que l’électron, le proton ou le neutrino (voir article antérieur). Or celles-ci peuvent être simultanément dans différents états. C’est que l’on nomme le principe de superposition. De plus, le principe de superposition ne se limite pas à deux états. Quand un électron tourne autour d’un proton dans l’atome d’hydrogène, il est sur tous les points de son orbite en même temps et pas simplement en un point A ou en un point B ou en un point C. De même, si un électron peut aller à 2000 km/s ou à 1000 km/s, il va à ces deux vitesses à la fois. Les états sont dits « superposés ».

Si nous n’étions constitués que d’un seul proton, nous bénéficierions du principe de superposition, pouvant être en même temps ici et là bas et nous enfuir à plusieurs vitesses à la fois. Ce serait commode pour des cambrioleurs. Mais ce n’est pas le cas. La question se pose donc de savoir à quel moment nous cessons d’être soumis aux lois de la physique quantique pour être obligés d’obéir à celles de la physique ordinaire dite aussi macroscopique.

Pour le savoir, des  physiciens de l’École polytechnique fédérale de Zurich ont travaillé avec un cristal oscillant faisant office de circuit supraconducteur. Ils ont ainsi réalisé l’équivalent d’un bit quantique — ou qubit — qui peut prendre les états logiques « 0 » ou « 1 » ou même une superposition de ces états « 0 + 1 ».

Entre le cristal et le circuit, se trouve un matériau piézoélectrique qui crée un champ électrique lorsque le cristal change de forme en oscillant. Ce champ électrique peut être couplé au champ électrique du qubit. Ainsi peut-être transféré l’état de superposition du qubit au cristal, en faisant apparaître concrètement comment se manifeste cet état.

Référence

Schrödinger cat states of a 16-microgram mechanical oscillator
https://www.science.org/doi/10.1126/science.adf7553

20 Apr 2023
Vol 380, Issue 6642 pp. 274-278Schrodinger’s cats, kittens, and lions

The idea of Schrodinger’s cat being both alive and dead at the same time—its fate revealed only upon inspection—came from a thought experiment that pointed out an absurdity in the interpretation of quantum mechanics at the time. However, because such superposition states have now been prepared in many different quantum systems, the question is where do the classical and quantum worlds part company? Bild et al. prepared, observed, and controlled cat states of a 16-microgram mechanical resonator. Being able to control the size of the superposition states, they effectively created a menagerie of quantum states, thus providing a platform to explore the boundary between the quantum and classical behavior. —ISO

Abstract

According to quantum mechanics, a physical system can be in any linear superposition of its possible states. Although the validity of this principle is routinely validated for microscopic systems, it is still unclear why we do not observe macroscopic objects to be in superpositions of states that can be distinguished by some classical property. Here we demonstrate the preparation of a mechanical resonator in Schrödinger cat states of motion, where the ∼1017 constituent atoms are in a superposition of two opposite-phase oscillations. We control the size and phase of the superpositions and investigate their decoherence dynamics. Our results offer the possibility of exploring the boundary between the quantum and classical worlds and may find applications in continuous-variable quantum information processing and metrology with mechanical resonators.

12/05/2022 Jusqu’à quand la France acceptera-t-elle de rester un satellite des Etats-Unis ?

Dans le monde bipolaire qui s’esquisse, dominé par les Etats-Unis d’une part et l’alliance russo-chinoise d’autre part, la France devra affirmer ses capacités autrement que comme satellite de l ‘Amérique. Pour cela, elle aurait un rôle essentiel à jouer, participer si possible en tête à la constitution d’un troisième pôle.

Celui-regrouperait les quelques pays européens qui refuseraient d’être des colonies américaines, l’ Inde troisième grande puissance mondiale ayant encore du mal à trouver sa voie entre Pékin et Washington et la trentaine de pays, en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique centrale et du Sud, qui n’ont pas encore défini leurs futures alliances.

Si ce troisième pôle réussissait à s’affirmer, il n’est pas exclu que des oppositions internes, en Russie en Chine et même aux Etats-Unis, le rejoignent, laissant le complexe militaro-industriel dominant à Washington de plus en plus seul à la tête des milliers de milliards de dollars de l’industrie militaire et spatiale lui permettant encore de s’acheter des complicités dans le reste du monde.

(à suivre)

12/05/2023. Combattre les vulnérabilités des systèmes complexes

The Microsystems Technology Office (MTO) de la Darpa (agence de recherche scientifique du départemnt de la défense américain), recherche depuis quelques mois des propositions scientifiques solides permettant de participer efficacement aux objectifs du programme dit FIRE

Encore peu connu du grand public, le programme FIRE ( Faithful Integrated Reverse-engineering and Exploitation ) vise à développer des outils révolutionnaires capables de découvrir et de combattre les vulnérabilités des systèmes complexes intégrant des composants matériels, logiciels et de télécommunication. Ces outils sont dits révolutionnaires car ils devront appel à des solutions n’existant pas encore dans la pratique courante.

Les vulnérabilités ne sont pas propres aux constituants eux-mêmes, mais à leur intégration dans des systèmes complexes plus difficiles à analyser. Les constituants sont des capteurs, des actuateurs et des algorithmes que l’on retrouvera désormais facilement dans la plupart des systèmes proposés sur le marché, par exemple les véhicules autonomes, les appareillages de diagnostic médical ou les robots industriels.

Les vulnérabilités dites CPV (cyber-physical vulnerabilities) peuvent être multiples et de ce fait, plus difficiles à prévoir et et prévenir. Il faudra chaque fois y ajouter les vulnérabilités dues aux humains en charge de leur mise en œuvre

Le programme FIRE comprendra plusieurs sous-programmes, dont la modélisation, la simulation, la préparation des outils et leur intégration. Peut-être faudra-t-il aujourd’hui y ajouter la capacité à combattre en Ukraine, où se déroulent de véritables boucheries humaines.

Note.  L’Union européenne pour sa part a lancé le 1er juillet 2019 le projet CPS.EU qui regroupe de grandes entreprises (VALEO, THALES, TRUMPF, RTE, LEONARDO et SCHNEIDER ELECTRIC), des PME innovantes et des centres de recherche (FHG, CEA, DLR, INRIA, KIT, CNRS).

10/05/2023…Ouverture de la chasse à la particule pour laquelle l’univers n’ a pas de secret

Cet article est une adaptation simplifiée de The Universe’s first second du physicien Martin Bauer, publié par le NewScientist du 29 avril 2023

Immédiatement après le Big Bang ou de ce qui en tint lieu, des océans de particules diverses furent relâchées dans le cosmos qui venait d ‘apparaître. Mais aujourd’hui, elles sont élusives comme le Big Bang lui-même. Elles parcourent la matière comme des fantômes . En ce moment même 100 trillions d’entre elles traversent notre corps sans que nous apercevions .

Ces particules sont les neutrinos. L’on sait qu’elles existent, mais elles sont très difficiles à détecter, du fait de la faiblesse des signaux en émanant. C’est plus particulièrement le cas de celles émises juste après le Big Bang. De nombreux dispositifs ont été proposés à cette fin mais aucun n’a réussi incontestablement.

Aujourd’hui cependant de nouvelles perspectives semblent s’ouvrir. Plutôt qu’attendre que les neutrinos viennent à nous, pourquoi ne pas concevoir des détecteurs qui viennent à eux ?

380.000 années après le Big Bang, l’univers en expansion devint transparent. Le plasma initial perdit de sa densité, si bien que les photons ou particules de lumière purent circuler sans se heurter à de la matière plus dense. Il en résulta une lumière qui fut la première à être visible, dite CMB, Cosmic Microwave Background. Cette lumière fut découverte par hasard en 1964 par Wilson et Penzias, sous la forme d’un bourdonnement continu venant de toutes les directions.

Les photons la constituant ont été mesurés en détail. Ils donnent une idée précise de l’univers tel qu’il était au moment de leur émission. On peut y identifier des protogalaxies et des nuages et filaments de matière ou de matière noire qui donnèrent l’univers tel qu’il est observable aujourd’hui.

Les neutrinos peuvent permettre de remonter plus en arrière dans le temps. Ils furent observés pour la première fois en 1956. Ils sont des conséquences de la radioactivité. Ils sont extrêmement légers et n’interagissent que très rarement avec d’autres particules. Ils ont pu circuler dans l’univers primordial de même que les photons.

Les théoriciens du Big Bang considèrent que les neutrinos créés une seconde plus tard et qui par la suite ont pu échapper à l’obscurité du plasma initial se déplacent encore parmi nous. Ils constituent ce qu’ils appellent par analogie le Cosmic Neutrino Background ou CNB.

Découvrir en détail le CNB représenterait un progrès considérable dans la connaissance de l’univers et de son développement. A la différence des photons ils ont une masse, fut-elle infime. Selon le type de neutrino, ces masses ne sont pas tout à fait comparables.

Les neutrinos se déplacent donc à des vitesses légèrement différentes, en moyenne cependant mille fois plus lentes que celles de la lumière. Ces vitesses dépendent de l’attraction gravitationnelle des objets de l’univers qu’ils côtoient. C’est ce que l’on nomme l’effet de lentille gravitationnelle, connu depuis longtemps en ce qui concerne la lumière.

Ceci veut dire que si l’on pouvait scanner le ciel à la recherche des neutrinos cosmiques, l’on obtiendrait des images légèrement différentes des grandes structures de l’univers, en fonction du type de neutrino impliqué. On a pu dire que l’image de l’univers que nous aurions, aujourd’hui analogue à une photographie en noir et blanc, deviendrait analogue à celle obtenue dans un film animé en couleur.

Il résulte de ceci que si nous pouvions observer les neutrinos cosmiques, nous aurions du Big Bang une image bien plus précise que celle obtenue aujourd’hui. Et si comme il est possible, nous n’en trouvions pas, nous devrions revoir entièrement nos hypothèses concernant l’univers et son apparition. Il s’agirait d’une véritable révolution scientifique.

Malheureusement les neutrinos cosmiques de par leur faible masse, des milliards de fois plus faible que celle des autres neutrinos, sont particulièrement difficile à détecter. Pour cela il faudra mettre au point des équipements d’une extrême sensibilité. Ceci n’ pas encore été réussi.

L’article se poursuit par une description des différents méthodologies essayées jusqu’à présent sans succès pour interagir avec des neutrinos cosmiques. Il évoque la méthode qu’il a proposé lui-même pour résoudre ces difficultés. Nous la résumerons en une phrase : si les neutrinos cosmiques ne viennent pas assez à vous, c’est à vous d’aller à eux.

Découverte au Gabon des premiers protistes ayant existé sur la Terre

Avant-propos de Europe solidaire

L’article qui suit est repris de Claude Fontaine https://www.scopus.com/authid/detail.uri?authorId=15769180300

Rappelons que les bactéries mesurent entre 0,5 et 10-15 μm. Ce sont des organismes procaryotes qui ne possèdent pas de noyau, mais un ADN chromosomique circulaire situé dans le cytoplasme. De nombreuses bactéries contiennent une autre structure d’ADN extra-chromosomique, appelée plasmide. Procaryote se dit d’un organisme dont le noyau cellulaire est mêlé au cytoplasme (le terme s’oppose à eucaryote).

Les archées sont des micro-organismes unicellulaires procaryotes (il n’y a pas de noyau dans la cellule). Leur taille varie entre 0,1 et 15 microns et elles vivent dans à peu près tous les milieux. On trouve des archées dans des milieux extrêmes (anaérobies, à forte salinité, très chauds ou à grande profondeur).

Les virus enfin, que l’on a longtemps hésité à classer parmi les organismes vivants sont un agent infectieux nécessitant un hôte, souvent une cellule, dont les constituants et le métabolisme déclenchent la réplication.

Ces cellules, comme celles qui composent notre corps, se caractérisent par la présence d’un noyau et d’organites délimités par des membranes cellulaires.
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Claude Fontaine

Notre équipe internationale, en collaboration avec le Gabon, a mis en évidence les plus vieux fossiles de protistes eucaryotes, qui vivaient dans l’eau de mer (plancton) il y a 2,1 milliards d’années. Un protiste est un organisme unicellulaire composé d’une cellule de type eucaryote.

Cette découverte fait reculer le curseur de l’émergence des organismes eucaryotes de plus de 300 millions d’années. Ces résultats sont publiés dans le numéro d’avril 2023 de la revue Earth Planetary Sciences Letter.

Un recul extraordinaire de l’apparition d’une vie pluricellualire

Il y a quelques années, mon équipe a découvert au Gabon les plus vieux fossiles d’organismes pluricellulaires nommés « Gabonionta ». Grâce à ce gisement situé dans le bassin de Franceville, la date d’apparition d’une vie pluricellulaire sur Terre avait alors été reculée d’environ 1,5 milliard d’années, passant de -600 millions à -2,1 milliards d’années.

Notre équipe avait également montré que cette formidable biodiversité, concomitante d’un pic de concentration en dioxygène dans l’atmosphère, s’était développée dans un milieu marin calme et peu profond. Cette biodiversité est représentée par l’abondance de macro-fossiles en excellent état de préservation et par la diversité de tailles et de formes.

C’est au sein de la même formation géologique que l’équipe internationale que je coordonne a découvert l’existence de fossiles de protistes macroscopiques dont la taille peut atteindre 4,5 centimètres. Leur milieu de vie semble avoir été dans l’eau et non sur le fond marin. Ceci est illustré grâce à leur présence dans différents contextes sédimentaires. En plus on constate qu’ils ont agrégé des fines particules argileuses très fines modifiant ainsi leur densité et entraînant leur chute sur le fond océanique.

L’apparition du plancton

Dans cet écosystème marin primitif, certains organismes eucaryotes étaient donc déjà biologiquement suffisamment sophistiqués pour pouvoir vivre de façon planctonique.

Ce résultat a été obtenu grâce à l’usage du zinc, considéré comme un élément indispensable pour le métabolisme biologique. Les données ont révélé que ces fossiles contiennent environ deux fois plus de zinc que le sédiment qui les contient.

De plus, en collaboration avec L’École Normale Supérieur de Lyon, les universités de Lille et Rennes et le Synchrotron SOLEIL, les données montrent qu’à l’intérieur de ces fossiles, les isotopes du zinc présentent un enrichissement en isotope léger par rapport à ce même sédiment. Le comportement du zinc est d’un grand intérêt, car il s’agit d’un micronutriment bio-essentiel, composant de plusieurs métalloenzymes qui remplissent des fonctions biologiques clés dans les cellules eucaryotes, dont la composition de certaines protéines indispensables pour le métabolisme du vivant.

Ainsi, la demande cellulaire en zinc dépend fortement de la taille de la cellule, de l’organisation, la complexité, la fonctionnalité et le métabolisme. À cet égard, l’augmentation de la taille de ces organismes a pu être corrélée à l’augmentation de la disponibilité du zinc.

Ces données ont permis de mettre en lumière le rôle fondamental du zinc comme marqueur biogéochimique de la biogénicité.

Parallèlement, un couplage de plusieurs techniques de pointe nous a permis à la fois de doser la concentration en zinc et d’identifier ces isotopes. Nous avons également cartographié le zinc grâce à des méthodes d’analyses réalisées au synchrotron Soleil à Paris. L’imagerie 3D a été réalisée par microtomographie aux rayons X, technique d’imagerie non destructive. Les résultats ont montré qu’il s’agit bien de structures ayant une compartimentalisation interne. Ces données d’imagerie apportent une confirmation supplémentaire de l’origine biologique de ces fossiles.

À quoi ressemblaient concrètement ces êtres vivants ? Ils étaient peut-être similaires aux protistes de grande taille capables de flotter dans la colonne d’eau. Quand ces organismes agrègent des fines particules argileuses, ils chutent sous l’effet de leur densité d’une manière aléatoire sur les sédiments formant le fond marin. Jusqu’à présent, les plus anciens protistes eucaryotes planctoniques reconnus étaient datés de 570 millions d’années. Cette nouvelle découverte met en évidence une innovation biologique qui soulève de nouvelles questions sur l’histoire de l’évolution à savoir : des formes de vie planctonique perfectionnées existaient-elles déjà il y a 2,1 milliards d’années ?

Référence

Earth and Planetary Science Letters

Volume 612, 15 June 2023, 118169

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0012821X23001826?via%3Dihub

A search for life in Palaeoproterozoic marine sediments using Zn isotopes and geochemistryHighlights

  • 1.9 Gyr-old shales from Gabon contain lenticular forms (LF) with sizes up to 4 cm.• The LF possess high Zn and light isotope enrichments relative to the matrix.
  • •The LF are interpreted as the oldest examples of agglutinated protists.•A 10-fold increase in LF size up strata may be related to increasing Zn content.
  • The biogenicity criteria identified here can be used for planetary missions.

Abstract

Sediments from the 2.1- to 1.9-billion-year-old Francevillian Group in southeastern Gabon include centimeter-sized pyritized structures suggestive of colonial organisms (El Albani et al., 2010), some of which may have been motile (El Albani et al., 2019). However, these interpretations were largely based on morphological and geochemical characteristics that lack metabolic clues and/or can be explained by abiotic processes. To move this work forward, we describe other centimeter-sized specimens, loosely referred to as lenticular forms (LF), from the same area and apply a more holistic approach including morphology, mineralogy, and geochemistry. The objects are 0.2–4 cm in diameter, and most of them are endowed with a regular brim that scales proportionally to external diameter reminiscent of biological order, hence rendering the LF putative biogenic traces. The LF are perfectly delineated in every direction and deflect the sedimentary layers on which they rest. X-ray microtomography further demonstrates that the LF are syn-depositional features and not concretions, while lead isotope systematics indicate that the geochemical imprint of diagenesis is inconsequential. Low sulfur content is largely concentrated in the organic matrix, and scarcity of pyrite and its persistence as micron-sized crystals show that the role of sulfate reduction is minor. Most interestingly, the fillings of the LF cavities show large and correlated excesses of organic carbon and zinc, with the latter being distinctly enriched in its light isotopes. The geochemical anomalies of the fillings relative to the host rock, notably those associated with Zn, clearly were buried with the LF, and further imply biogenicity. In this regard, a ten-fold increase in LF size towards the top of the black shale series hosting the LF might be related to increasing Zn (nutrient) availability. Although we cannot conclude with any certainty what these remnant organisms were, their features all taken together are evocative of very large agglutinate protists that grazed on bacterial biomass either in the water column or as benthic mats.

08/05/2023. Osons comprendre.

L’association de ce nom publie de très bonnes analyses concernant les causes de la crise énergétique mondiale, la façon dont celle-ci va évoluer dans les trente prochains années et les insuffisances des solutions envisagées actuellement dans le monde pour y faire face.

Il convient de s’y référer et d’en discuter. On en trouvera une version publiée ce jour sous le titre QUEL MODÈLE ÉNERGÉTIQUE POUR DEMAIN ? – ENTRETIEN AVEC OSONS COMPRENDRE

https://elucid.media/environnement/quel-modele-energetique-pour-demain-entretien-avec-osons-comprendre/?mc_ts=crises

Un livre intitulé Osons comprendre l’avenir de l’énergie paru chez Flammarion; reprend en détail ces questions

Pour notre part, nous n’avons qu’une réserve à faire. Nous pensons que les auteurs sous- estiment les possibilités de la fusion nucléaire, dont la France s’est faite la championne à Cadarache. Bien entendu, on ne confondra pas fusion et fission nucléaire.

05/05/2023 Table des éditoriaux précédents de J.P. Baquiast

07/05/2023 Arrivée de l’Homo Sapiens en Europe. Nouvelles précisions.

06/05/20 23 Le GRB 221009A , un sursaut gamma de taille exceptionnelle

04/05/2023 La « guerre de l’ombre » en mer du Nord

05/05/2022 Comment les raies sont devenue des championnes de chasse sous-marine

04/05/2023 Des intelligences artificielles de plus en plus humaines

03/05/2023 James Webb Space Telescope : première détection d’une exo-planète orbitant autour d’une étoile de type naine rouge

02/05/2022 Futures perturbations prévues du MMM, Modèle Magnétique Mondial

02/05/23. Quel intérêt l’Ukraine présente-t-elle pour la Chine?

01/05/2023. Un projet pour accéder à l’eau douce des océans

29/04/2022 A propos de la New Left Revue

30/04/2023. Fortes probabilités de trouver des formes de vie sur Mars

28/04/2023 Préserver l’obscurité du ciel nocturne

28/04/2023. Publication de la synthèse du 6e rapport d’évaluation du GIEC.

27/04/23 Note de lecture Jean-Éric Schoettl. La démocratie au péril des prétoires : de l’État de droit au gouvernement des juges.


27/0/2022 Du nuage au brouillard, l’avenir de l’espionnage sur Internet

26/04/2023 Une gestion mondiale de l’eau, possible ou impossible ?

25/04/2023 Mayotte confrontée aux immigrés venant des Comores

24/04/2023 Décarbonner au niveau mondial

24/04/2023 La nouvelle Chine

23/04/2023. Un peu plus de lumière sur les trous noirs

22/04/2022 De grands pas en avant dans le domaine de la biologie synthétique

21/04/2023 Guerre en Ukraine. Zelinsky va manquer d’effectifs

20/04/2023 L’information peut ne pas disparaitre dans un trou noir

19/04/2023 CIA : 70 ans de coups d’État

19/04/2023 Composition du centre de la Terre

17/04/2023 Un signal radio répétitif provient d’une exoplanète semblable à la Terre

17/04/2023 Un second mandat mal entamé…Que faire du reste ?

16/04/2023 Découverte du plus ancien et du plus massif trou noir jamais observé

15/04/2023 Les dépenses militaires dans le Budget fédéral américain

15/04/2023 Nous attendons la fin du monde. Pepe Escobar

14/04/2023 Accord Iran Arabie saoudite. Une défaite américaine majeure.

13/04/2023 Sur la fin du nucléaire en Allemagne

13/04/2023 Sur l’autonomie stratégique de l’Europe

12/04/2023 La Finlande est officiellement membre de l’Otan depuis le 4 avril 2023

12/04/2023 Les trous noirs primordiaux et l’hypothèse de l’univers cyclique

10/04/2023 Hawking. Pourquoi l’univers convient-il parfaitement à la vie

09/04/2022 La commission d’enquête parlementaire sur «La perte de souveraineté énergétique de la France» a publié le 6 avril son rapport

09/04/2023 Faut-il se résigner face aux incohérences de la cosmologie classique ?

06/04/2023. Comment le Big Bang aurait-il pu sortir de rien ?

05/04/2023 La Terre boule de neige

04/04/2023. A lire absolument, Asialyst.com

03/04/2023 L’effondrement progressif de l’Otan face à la Russie, la Chine et leurs alliés du Brics. Que devrait faire la France ?

03/04/2023. Les origines de la vie sur Terre

02/04/2023. Re-obtenir rapidement de l’électricité nucléaire à Fessenheim

01/04/2023. Des planètes faites de matière noire

31/03/2023 Abandon par l’US Air Force de son programme de missile hypersonique ARRW

30/03/2003. Le point de vue de Pékin. L’hégémonie américaine et ses risques

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L’annonce faite en 2022 par Ludovic Slimak, archéologue, anthropologue et chercheur au CNRS, de la découverte d’installations sapiens datées d’il y a 54 000 ans, reculant de 12 millénaires les premières migrations de ces populations sur le continent européen, laissait entendre que des éléments fondamentaux de la première colonisation de l’Europe avaient échappés.

Le même auteur et son équipe publient 3 mai 2023 une vaste étude dans la revue scientifique PlosOne qui propose une réécriture de ce moment clef de l’histoire européenne. Elle entend démontrer que la colonisation de l’Europe par sapiens se serait établie suivant 3 grandes vagues de peuplements entre les 54e et le 42e millénaire avant le présent.

La vague du 42e millénaire qui fut longtemps considérée comme la première vague de colonisation du continent par homo sapiens ne serait que la dernière. Il s’agirait de la phase ultime d’un processus bien plus ancien reliant l’Europe depuis l’Orient méditerranéen.

En conséquence, il conviendra de revoir l’histoire des populations aborigènes néandertaliennes dont l’extinction semble coïncider assez précisément avec la troisième vague sapiens, marquant la fin d’un processus très long, s’étalant sur plus de 12 millénaires, et dont nous ne commençons qu’à entrevoir les grandes inflexions.

Référence

The three waves: Rethinking the structure of the first Upper Paleolithic in Western Eurasia

  • Ludovic Slimak  Published: May 3, 2023
Abstract

The Neronian is a lithic tradition recognized in the Middle Rhône Valley of Mediterranean France now directly linked to Homo sapiens and securely dated to 54,000 years ago (ka), pushing back the arrival of modern humans in Europe by 10 ka. This incursion of modern humans into Neandertal territory and the relationships evoked between the Neronian and the Levantine Initial Upper Paleolithic (IUP) question the validity of concepts that define the first Hsapiens migrations and the very nature of the first Upper Paleolithic in western Eurasia. Direct comparative analyses between lithic technology from Grotte Mandrin and East Mediterranean archeological sequences, especially Ksar Akil, suggest that the three key phases of the earliest Levantine Upper Paleolithic have very precise technical and chronological counterparts in Western Europe, recognized from the Rhône Valley to Franco-Cantabria. These trans-Mediterranean technical connections suggest three distinct waves of Hsapiens expansion into Europe between 55–42 ka. These elements support an original thesis on the origin, structure, and evolution of the first moments of the Upper Paleolithic in Europe tracing parallel archaeological changes in the East Mediterranean region and Europe.