06/05/2023 Le GRB 221009A , un sursaut gamma de taille exceptionnelle

Les sursauts gamma sont des phénomènes extrêmement violents, qui se produisent en général à la fin de la vie d’une étoile. On les classe souvent selon leur durée : les sursauts gamma courts ne durent qu’entre dix millisecondes et une à deux secondes, tandis que les longs peuvent s’étendre jusqu’à un quart d’heure. Il existe des sursauts dits ultra-longs qui atteignent plusieurs heures et sont encore très mal compris.

Le 9 octobre 2022, les observatoires terrestres et orbitaux ont détecté un sursaut gamma parmi les plus lumineux et les plus proches de nous jamais observés, au point qu’il a saturé la majorité des détecteurs. Pendant plusieurs secondes, la luminosité de GRB 221009A a dépassé celle de mille millions de milliards de soleils. Heureusement il était suffisamment loin car il aurait pu y griller toute forme de vie. Ce GRB provenait d’une galaxie de la constellation de la Flèche, située à 1,9 milliard d’années-lumière de la Terre, mais les précédents sursauts longs connus partaient d’étoiles plus éloignées situées à une dizaine de milliards d’années-lumière. 

On s’attend à ce qu’un sursaut comme GRB 221009A survienne seulement une fois par siècle dans l’Univers local. Les sursauts gamma sont des phénomènes extrêmement violents, qui se produisent en général à la fin de la vie d’une étoile. On les classe souvent selon leur durée : les sursauts gamma courts ne durent qu’entre dix millisecondes et une à deux secondes, tandis que les évènements longs peuvent s’étendre jusqu’à un quart d’heure. Enfin, des sursauts dits ultra-longs atteignent plusieurs heures, mais ces derniers sont encore très mal compris.

GRB 221009A est un sursaut gamma longs. Ils sont déclenchés lorsqu’une étoile très massive et au cœur en rotation rapide épuise tout son carburant. Un trou noir se forme alors et le cœur restant de l’étoile s’y effondre. Le cœur est brusquement freiné tandis que le trou noir absorbe chaque seconde une quantité de matière équivalente à plusieurs dizaines de milliers de fois la masse de la Terre. Une énergie considérable est aussitôt émise, mais dans certain cas elle a du mal à sortir du fait de toute la matière de l’étoile qui s’enfonce dans le trou noir. L’énergie parvient cependant à s’échapper sous la forme de deux jets de matière et de rayons gamma opposés par rapport à l’axe . Ce sont eux qui produisent les sursauts gamma.

On ne peut les repérer que si l’on se trouve sur l’axe de l’un des deux jets, et on estime ainsi que nous ne détectons qu’entre 0,2 et 1 % des sursauts gamma qui se produisent dans l’Univers. On observe aussi parfois la supernova, produite quant à elle par l’explosion des couches extérieures de l’étoile en fin d’existence, qui accompagne le sursaut gamma avec quelques jours de retard.
 
Les cosmologistes étudient les sursauts gamma car ce sont les seuls signaux disponibles indiquant la formation d’un trou noir. Ils éclairent aussi sur la physique très complexe qui se déroule dans les jets dits relativistes, qui se déplacent presque aussi vite que la lumière. Si dans ces sursauts, on a d’abord seulement observé les flashs de rayons gamma, les chercheurs constatent depuis vingt-cinq ans que le phénomène s’accompagne d’une plus grande diversité de rayonnements, produits par le choc du jet sur le gaz environnant : rayons infrarouges, X, etc.

Les sursauts gamma ont également l’avantage de se produire partout dans l’Univers et d’émettre une lumière si brillante qu’elle peut traverser plusieurs galaxies. Se faisant, certaines de ses longueurs d’onde sont absorbées par la matière qu’elles rencontrent. Cela donne un moyen de mieux connaître la composition de galaxies trop lointaines pour être étudiées directement, ainsi que celle du milieu intergalactique.

De nombreux satellites sont spécialement équipés pour étudier les sursauts gamma, comme le télescope spatial Swift de la Nasa, mais d’autres systèmes sont capables de les détecter même si ce n’est pas leur fonction première. On peut mentionner ainsi la mission franco-chinoise Svom2, dont une des caméras sera dédiée aux rayonnements gamma. L’étude des sursauts gamma est cependant compliquée par le fait qu’il n’existe pour l’instant, aucun moyen de prédire où et quand ils vont se produire.

La proximité de ce sursaut a permis de constater que l’évènement est plus complexe que prévu. Si d’habitude on n’observe que le pic du sursaut gamma, d’une durée de dix à vingt secondes, on a cette fois-ci aussi observé environ trois minutes avant un sursaut précurseur, ainsi qu’une émission décroissante longtemps après le pic. Mais les chercheurs ont surtout été intrigués par le fait que le sursaut gamma a également agité les détecteurs de photons de très haute énergie, ce qui n’était pas du tout attendu. De tels rayonnements cosmiques ne sont en effet pas censés pouvoir parcourir une telle distance depuis l’étoile qui a explosé, ce qui pose une sérieuse question de physique.

Parmi les explications avancées, ces photons seraient des particules secondaires émises par des rayons cosmiques accélérés dans les jets du sursaut, ce qui prouverait que, comme les supernovæ, les sursauts gamma sont des sources de rayons cosmiques. Les rayons cosmiques étant des particules accélérées, principalement des protons et quelques noyaux. Or très peu d’objets et d’événements célestes sont capables de leur fournir l’énergie nécessaire.

De nombreux travaux tentent de mieux comprendre l’origine des rayons cosmiques. Certains arrivent de notre galaxie, notamment via les supernovæ. D’autres proviennent des noyaux actifs de galaxies, encore non identifiés Savoir si les sursauts gamma peuvent oui ou non émettre des rayons cosmiques de très haute énergie nous éclairera sur ces modèles encore en construction.

Les sources de rayons cosmiques sont aussi des sources de neutrinos, mais ces derniers sont à peine moins véloces que les rayons cosmiques et gamma. La différence peut sembler infime, mais sur de telles distances elle signifie que les neutrinos éventuellement émis par le phénomène pourraient arriver sur Terre de quelques secondes à quelques semaines après le sursaut gamma. Il faudra donc surveiller cela, par exemple grâce aux centres de détection des neutrinos comme IceCube, installé au niveau de la base scientifique Amundsen–Scott au pôle Sud, ou le KM3NeT3 en cours de construction sous la mer Méditerranée.

Le sursaut gamma GRB221009A pourrait ainsi représenter une sorte de clef pour la compréhension des phénomènes physiques à l’œuvre dans de tels événements. 

Référence

https://lejournal.cnrs.fr/articles/un-cataclysme-cosmique-exceptionnel

04/05/2023 La « guerre de l’ombre » en mer du Nord

Les Etats européens et la Grande Bretagne peuvent-ils protéger les infrastructures maritimes, notamment les câbles de communication, les pipelines et les parcs éoliens qui ont installé en Mer du Nord.

Le grand public le sait mal, mais ces équipements et les relations économiques qu’ils permettent entre les Etats et les entreprises concernées sont indispensables aux échanges qui aujourd’hui font de l’Europe sous une petite surface géographique la première ou la seconde puissance économique mondiale. Un adversaire extérieur qui entreprendrait de couper ces liaisons transformerait l’Europe en un champ, sinon de ruines, du moins d’impuissances et de conflits internes.

Mais détruire ces infrastructures, ou les empêcher de communiquer, ne serait pas aujourd’hui faciles même si elles ont été initialement installées sans souci de résister à des actions de type militaire provenant d’une grande puissance telle que la Russie ou la Chine. Elles sont localisées en grande profondeur sur des zones qui sont restées confidentielles ou au contraire réparties comme les éoliennes sur des surfaces maritimes étendues à forte activité de pêche. Y intervenir militairement équivaudrait à une déclaration de guerre.

Cependant, selon des médias publics nordiques danois, finlandais, suédois et norvégiens qui ont mené une enquête commune, des chalutiers, des cargos, et même un bateau à vocation scientifique ont été utilisés par la Russie à des fins d’espionnage de ces infrastructures.

Ces médias ont mené l’enquête ensemble et produit un documentaire intitulé « La guerre de l’ombre ». Selon eux, la Russie a notamment pu recueillir des informations sur les infrastructures sous-marines grâce à des bateaux de pêche, des cargos et un navire océanographique à vocation scientifique.

Ces révélations relancent les soupçons quant à la responsabilité de Moscou dans le sabotage des gazoducs Nord Stream en septembre dernier, jusqu’ici attribué aux intérêts pétroliers américains.

(voir https://www.rfi.fr/fr/europe/20230419-sur-les-mers-du-nord-de-l-europe-la-guerre-de-l-ombre-entre-russes-et-occidentaux )



05/05/2022 Comment les raies sont devenue des championnes de chasse sous-marine

Le cas des raies a fait l’objet de nombreuses études cherchant à comprendre comment au cours l’évolution elles ont développé des instruments leur permettant de chasser des proies sans faire appel à la vue.

Les raies sont des poissons cartilagineux de différentes tailles appartenant à la famille des Ragidés. Plus de 150 espèces différentes ont été identifiées au sein de 17 genres. Contrairement aux poissons téléostéens (ou osseux), qui naviguent principalement en se servant de leur vue, les raies sont dotées d’un certain nombre de systèmes sensoriels très bien développés qui leur permettent de localiser leurs proies et de naviguer efficacement dans des milieux variés. L’une des adaptations sensorielles les plus intéressantes que possèdent tous les élasmobranches est un ensemble de petites vésicules sous-cutanées situées près de la tête et communément appelées « ampoules de Lorenzini ».

Chaque ampoule est observable à la surface de la peau, tel un petit pore, et chacune d’entre elles est reliée à un long canal rempli d’une sorte de gelée dans laquelle se trouve une série de cellules sensorielles innervées de fibres nerveuses. Les ampoules de Lorenzini permettent aux requins et aux raies de détecter les faibles champs électromagnétiques émis par les poissons en détresse. Elles peuvent aussi réagir à des stimuli mécaniques.

De plus, ces structures permettent aux espèces qui s’alimentent sur le fond, comme les raies, de trouver leurs proies enfouies dans le sable, même si elles ne sont pas visibles ou n’émettent pas d’odeurs. Enfin, les ampoules peuvent également jouer un rôle important dans la communication intraspécifique, surtout entre les raies, en captant les faibles signaux électriques émis par les organes électriques de certaines espèces, dont la fonction est autrement inconnue.

L’article dans Nature dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract ne porte pas sur les ampoules de Lorenzini mais sur un autre attribut des raies, la présence de nageoires pectorales de grande surface, reliées à la tête, qui leur permet d’être des chasseresses incomparables

Reference

The little skate genome and the evolutionary emergence of wing-like fins

Nature 
volume 616
pages 495–503 (2023

Abstract

Skates are cartilaginous fish whose body plan features enlarged wing-like pectoral fins, enabling them to thrive in benthic environments1,2. However, the molecular underpinnings of this unique trait remain unclear. Here we investigate the origin of this phenotypic innovation by developing the little skate Leucoraja erinacea as a genomically enabled model. Analysis of a high-quality chromosome-scale genome sequence for the little skate shows that it preserves many ancestral jawed vertebrate features compared with other sequenced genomes, including numerous ancient microchromosomes. Combining genome comparisons with extensive regulatory datasets in developing fins—including gene expression, chromatin occupancy and three-dimensional conformation—we find skate-specific genomic rearrangements that alter the three-dimensional regulatory landscape of genes that are involved in the planar cell polarity pathway. Functional inhibition of planar cell polarity signalling resulted in a reduction in anterior fin size, confirming that this pathway is a major contributor to batoid fin morphology. We also identified a fin-specific enhancer that interacts with several hoxa genes, consistent with the redeployment of hox gene expression in anterior pectoral fins, and confirmed its potential to activate transcription in the anterior fin using zebrafish reporter assays. Our findings underscore the central role of genome reorganization and regulatory variation in the evolution of phenotypes, shedding light on the molecular origin of an enigmatic trait.

04/05/2023 Des intelligences artificielles de plus en plus humaines

On appelle chatbot ou dialogueur, dans le langage utilisé par les informaticiens spécialisés en intelligence artificielle (IA), un agent logiciel ou programme qui dialogue avec un utilisateur de façon sensée, pouvant donner à ce dernier l’impression qu’il est en face d’un autre humain.

Aujourd’hui l’entreprise américaine spécialisée en IA dite OpenAI (https://openai.com) propose des modèles de langage dit GPT ou  transformeur génératif pré-entraîné (de l’anglais generative pre-trained transformer). https://fr.wikipedia.org/wiki/Transformeur_g%C3%A9n%C3%A9ratif_pr%C3%A9-entra%C3%AEn%C3%A9

Les usages en seront nombreux. Parmi les utilisations possibles figurent des recherches en langue naturelle dans des documents. Par exemple GPT-3 peut répondre en langue naturelle à la question « pourquoi le pain est gonflé » en se basant sur l’article Wikipédia « pain ».

Il est possible d’avoir des discussions rapides, complexes et cohérentes en langue naturelle dans le but de générer des idées, recommander des livres et des films, raconter des histoires interactives ou encore participer à une réunion .

GPT-3 peut fournir une assistance aux clients en ligne sur les sites internet. GPT-3 permet d’analyser et synthétiser du texte sous forme de tableaux, de résumer des discussions, d’élargir des contenus à partir d’idées de base. GPT-3 peut être utilisé pour traduire des textes d’une langue à l’autre. Il peut également transformer un texte en langue courante en un texte juridique. Enfin GPT-3 peut être utilisé pour générer des codes informatiques à partir d’instructions en langue naturelle.

Effets nuisibles

Les effets nuisibles ne manqueront pas. Ainsi GPT-3 peut « générer des articles de presse que les évaluateurs humains auront du mal à distinguer des articles écrits par des humains ». Dans un article du 28 mai 2020, les chercheurs ont décrit en détail ces effets nuisibles potentiels du GPT-3 qui comprennent « la désinformation, le spam, l’hameçonnage, l’abus des processus légaux et gouvernementaux, la rédaction frauduleuse d’essais universitaires.. Les auteurs attirent l’attention sur ces dangers pour demander des recherches sur l’atténuation des risques.

En mars 2023, OpenAI annonce le lancement de son successeur, GPT-4

Voir NewsScientist

An intellectual leap 22 April 2023 p.12

03/05/2023 James Webb Space Telescope : première détection d’une exo-planète orbitant autour d’une étoile de type naine rouge

Le but affiché du téléscope spatial James Webb est de rechercher les indices éventuels de formes de vie présentes dans le système solaire et au delà, c’est-à-dire dans l’espace interplanétaire. De premiers résultats intéressants viennent d’être publiés par les équipes en charge du télescope.

Il semble qu’une atmosphère soit probable sur une planète qui vient d’être détectée orbitant autour d’une étoile de type naine rouge Les naines rouges sont les plus petite, les moins lumineuses et les moins chaudes des étoiles. Environ 80 % des étoiles sont de ce type. Plutôt que d’autres étoiles plus chaudes, elles pourraient être dotées de planètes présentant des caractéristiques favorables à la présence de types de vie comparables à celles qui se sont développées sur la Terre peu de temps après son apparition.

La planète ainsi mentionnée ne serait pas une géante gazeuse analogue à Jupiter ou Saturne mais une planète rocheuse semblable à la Terre ou Mars. Elle pourrait avoir une atmosphère, mais celle-ci devrait être différente de celle essentiellement composée de méthane comme l’atmosphère présente autour de Titan, lune de Saturne dans le système solaire. Cette atmosphère pourrait plutôt être composée de CO2. Encore faudrait-il qu’un mécanisme puisse l’extraire des roches carbonatées présentes sur cette planète, s’il y en avait. Sur la Terre, c’est la vie qui joue essentiellement ce rôle.

De nouvelle observations sont prévues pour l’été 2023

voir ESA https://www.esa.int/Science_Exploration/Space_Science/Webb/Webb_confirms_its_first_exoplanet

02/05/2022 Futures perturbations prévues du MMM, Modèle Magnétique Mondial

Chaque écolier un tant soit peu averti sait différencier le pôle Nord géographique et le pôle Nord magnétique de la Terre.

Le premier est, par définition, le point le plus au Nord de la planète où les méridiens et fuseaux horaires se croisent. C’est celui qu’indique les cartes. Le second désigne un point errant où le champ magnétique de la Terre est au plus haut. L’aiguille des boussoles est attirée par ce point et les systèmes de localisation et de navigation modernes reposent en partie sur lui.

Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%B4le_Nord_magn%C3%A9tique

Cependant, s’il est connu des chercheurs que ce pôle magnétique Nord se déplace de manière cahotique (aléatoire) plusieurs études récentes montrent que son mouvement se serait accéléré sans que l’on ne comprenne pourquoi. Pour certains scientifiques, cela pourrait signifier le début du processus d’inversion des pôles Nord et Sud de la planète.
 
Repéré pour la première fois en 1830, ce pôle magnétique s’éloigne régulièrement de son point originel. Si l’on estimait que celui-ci se déplaçait à une vitesse fixe de 10 kilomètres par an, les chercheurs observent une accélération de ses déplacements ces derniers temps. Ils pensent désormais savoir pourquoi ce point flottant est en perpétuel mouvement sur le globe.

En effet, selon une étude intitulée “Recent north magnetic pole acceleration towards Siberia caused by flux lobe” son mouvement continu et en accélération aurait des raisons géologiques. Les résultats de la recherche, publiée dans la revue Nature Geoscience, montrent que ce mouvement serait apparemment dû à l’écoulement de matériaux terrestres en fusion à l’intérieur même du globe, en l’occurrence, l’écoulement du fer. En effet, le déplacement de ces matériaux dans le noyau terrestre permet de déterminer ou s’affaiblit et ou se renforce le champ magnétique terrestre, et donc, où celui-ci se situera à l’avenir.

Depuis les années 90, on estime que le pôle magnétique de la Terre se déplace à une vitesse d’environ 50 kilomètres par an alors que dans les années 90, on était plutôt aux environs de seulement 10 kilomètres. Pour l’année 2018, on est plutôt aux alentours de 58 kilomètres.

Ainsi, au vu de ces accélérations, les chercheurs ont estimé que le pôle se déplaçait vers la Sibérie pour s’éloigner de plus en plus du Canada. Les mouvements chaotiques du fer liquide causent donc de puissantes ondes hydro magnétiques. Selon Phil Livermore, géomagnétiste à l’Université de Leeds en Angleterre, ces courants semblent affaiblir le champ magnétique ao Canada au profit de la Sibérie, faisant ainsi bouger le pôle magnétique terrestre.

Pour en savoir plus :

National Geographic : Le pôle Nord magnétique se déplace plus rapidement que prévu

The Science Times: Earth’s North Magnetic Pole Is Moving to Siberia From Canada Due To Molten Material in the Planet’s Interior, Study Suggests

02/05/23. Quel intérêt l’Ukraine présente-t-elle pour la Chine?

Xi Jinping et Volodymyr Zelensky se sont parlé au téléphone pour la première fois depuis le début de la guerre. Après l’entretien téléphonique avec Xi Jinping, qualifié de « long et significatif » par le président ukrainien, ce dernier a nommé un ambassadeur en Chine. Xi Jinping aurait dit à Zelensky que « le dialogue et la négociation »sont la « seule issue» au conflit avec la Russie, a annoncé mercredi 26 avril la télévision d’Etat chinoise, CCTV.

Sur le sujet de la crise ukrainienne, la Chine, selon CCTV, a toujours été du côté de la paix et sa position fondamentale est de promouvoir un dialogue de paix »,

La Chine a dit qu’elle enverra une délégation en Ukraine pour chercher un « réglement politique »du conflit.

Pékin avait publié en février un document en 12 points présentant sa position sur le conflit en Ukraine. L’initiative, parfois perçue comme un plan de paix, exhorte notamment Moscou et Kiev à tenir des pourparlers.

Le texte s’oppose également à tout recours à l’arme nucléaire et appelle à respecter l’intégrité territoriale de tous les pays – sous-entendu également celle de l’Ukraine dont une partie du territoire est sous contrôle russe.

On sait à Pékin que la guerre que mène l’Otan (les Etats-Unis) contre la Russie en Ukraine pourrait préparer une guerre américaine directe contre la Belt and Road Initiative (BRI). Celle-ci, d’inspiration chinoise, vise à rassembler directement ou indirectement une cinquantaine de pays voulant établir avec la Chine des infrastructures de transport et des réseaux de production et d’échanges dans tous les domaines objets d’un rapide développement.

Jusqu’en 2019, l’Ukraine était une partenaire incontournable de la Chine. Le principal centre de négociation de la BRI était à Kiev depuis 2018. Tout ceci est gelé depuis 2022. On notera que les industries militaires chinoises tentèrent d’investir en Ukraine, mais que Kiev s’y était opposé.

01/05/2023. Un projet pour accéder à l’eau douce des océans

Cela a toujours été le rêve des humains : satisfaire leurs besoins d’eau en buvant l’eau des océans. Malheureusement celle-ci est si chargée en sels divers qu’elle est imbuvable. Tenter de la boire serait s’empoisonner en quelques heures

À défaut, des chercheurs de l’université de l’Illinois viennent de publier les résultats de travaux qui pourraient changer les choses en matière d’accès à l’eau potable: à condition de se munir des infrastructures nécessaires à la conduite d’un tel projet, la vapeur d’eau émanant des océans pourrait être récoltée afin d’être consommée en toute tranquillité.

L’équipe dirigée par Praveen Kumar, professeur en génie civil et environnemental, a mené son étude sur quatorze points du globe, explique Interesting Engineering.

(voir références ci-dessous d’un article de Sade Agard, éditrice associée (https://interestingengineering.com/author/sade-agard)

Le projet de Praveen Kumar visant à mettre en place des stations d’équipements offshore permettant de récolter cette vapeur océanique est apparemment viable quelle que soit la localisation, et ce malgré les changements climatiques actuels.

Reference
We might finally harness the limitless fresh water vapor hidden above the oceans
« Oceanic vapor flux will only increase over time. »

Sade Agad: Dec 06, 2022
The study was published in the journal Nature Scientific Reports on December 2022

Abstract:

While significant parts of the globe are already facing significant freshwater scarcity, the need for more freshwater is projected to increase in order to sustain the increasing global population and economic growth, and adapt to climate change. Current approaches for addressing this challenge, which has the potential to result in catastrophic outcomes for consumptive needs and economic growth, rely on increasing the efficient use of existing resources. However, the availability of freshwater resources is rapidly declining due to over-exploitation and climate change and, therefore, is unlikely to sustainably address future needs, which requires a rethink of our solutions and associated investments. Here we present a bold departure from existing approaches by establishing the viability of significantly increasing freshwater through the capture of humid air over oceans. We show that the atmosphere above the oceans proximal to the land can yield substantial freshwater, sufficient to support large population centers across the globe, using appropriately engineered structures. Due to the practically limitless supply of water vapor from the oceans, this approach is sustainable under climate change and can transform our ability to address present and future water security concerns. This approach is envisioned to be transformative in establishing a mechanism for sustainably providing freshwater security to the present and future generations that is economically viable.

29/04/2022 A propos de la New Left Revue

Nous recommandons à ceux qui ne la connaissent pas encore la lecture de la New Left Revue. Il s’agit d’un journal de 160 pages en anglais, édité tous les deux mois à Londres. Il analyse les rapports entre puissances, les politiques économiques mondiales, les mouvements de protestation et les théories et idées innovantes.

La Revue publie aussi en espagnol, mais malheureusement pas encore en français

Pour en savoir plus faire New Left Revue https://newleftreview.org/pages/about

30/04/2023. Fortes probabilités de trouver des formes de vie sur Mars

Si des formes de vie, vie passée ou vie actuelle, pouvaient être détectées par de futures missions spatiales, ce sera probablement sur la planète Mars, suffisamment proche de la Terre à tous égards, qu’une telle découverte se ferait.

Certes les rovers d’exploration martienne actuellement en service n’ont pas observé la présence d’eau, indispensable à la vie. Mais le relief de la planète montre indiscutablement que de grandes quantités d’eau s’y trouvaient il y a un milliard d’années ou plus. Elles auraient pu former de véritables mers, équivalentes en volume à la moitié de l’océan atlantique.

Cette eau aurait disparue en surface à la suite d’une oscillation de l’axe vertical de rotation de la planète, qui aurait provoqué un relèvement de la température. Mais elle pourrait encore se trouver enfermée sous forme de vapeur ou même de gouttes liquides dans la croûte superficielle constituant la surface de la planète. Elle comporterait nécessairement en solution un certain nombre des sels minéraux nécessaires à la vie telle que nous la connaissons

On apprend que le petit robot d’exploration chinois Zhurong selon l’administration spatiale nationale chinoise (CNSA) a détecté pour la première fois des signes d’une activité aquatique récente sur la planète rouge. La découverte a été annoncée par une équipe de recherches de l’Académie chinoise des sciences, dont les travaux ont été publiés le 28 avril dans la revue Science Advances. L’équipe a analysé des données collectées par le robot en mai 2022 dans la région d’Utopia Planitia, une vaste plaine dans l’hémisphère nord.

Au cours de ses déplacements dans cette zone , Zhurong a observé quatre dunes en forme de croissant (voir image ci-dessous) recouvertes de fines croûtes et de crêtes fracturées, dans le but d’en révéler la composition. Des analyses ultérieures en laboratoire ont montré que ces couches de résidus provenaient de la fonte de petites poches d’eau, il y a de cela entre 400.000 et 1,4 million d’années. Leur composition chimique a révélé notamment la présence de minéraux hydratés, tels que des sulfates, de la silice, de l’oxyde de fer et des chlorures.

Ces dernières années, grâce à la succession des missions d’observation et aux premières expéditions de robots sur le sol martien, les preuves d’une présence ancienne de l’eau en surface s’étaient accumulées. La planète Mars a eu ses rivières, ses lacs et ses océans, des traces géologiques en attestent.

Mais y a environ 3 milliards d’années, sous l’effet de changements climatiques inexpliqués, une grande partie de cette eau a gelé, mais reste néanmoins présente en quantité importante sous forme de glace aux pôles. 

Selon le chercheur Xiaoguang Qin, qui a dirigé ces travaux, de l’eau provenant de ces régions a pu être transportée sous des latitudes plus basses, quand les calottes polaires de la planète ont libéré de grandes quantités de vapeur d’eau, il y a quelques millions d’années, suite à un changement d’inclinaison de l’astre, les exposant plus directement au soleil. Les températures glaciales de la planète ont condensé la vapeur d’eau à la dérive puis l’ont laissé retomber sous forme de neige loin des pôles, explique le site Space.com qui relaie ces recherches.

Les sels présents dans les dunes martiennes auraient ensuite réchauffé la neige tombée et l’auraient fait dégeler suffisamment pour former de l’eau salée. Cette dernière se serait ensuite évaporée rapidement, , laissant derrière elle du sel et d’autres minéraux nouvellement formés qui se sont infiltrés entre les grains de sable de la dune, les cimentant pour former une croûte. L’équipe chinoise suggère de mener des recherches lors de nouvelles missions pour y détecter des microbes tolérants au sel.

En principe, il serait assez facile de les ranimer et les faire se reproduire sur Terre dans des laboratoires suffisamment protégés.

Référence

Modern water at low latitudes on Mars: Potential evidence from dune surfaces

SCIENCE ADVANCES
28 Apr 2023
Vol 9, Issue 17

DOI: 10.1126/sciadv.add8868

Abstract

Landforms on the Martian surface are critical to understanding the nature of surface processes in the recent past. However, modern hydroclimatic conditions on Mars remain enigmatic, as explanations for the formation of observed landforms are ambiguous. We report crusts, cracks, aggregates, and bright polygonal ridges on the surfaces of hydrated salt-rich dunes of southern Utopia Planitia (~25°N) from in situ exploration by the Zhurong rover. These surface features were inferred to form after 1.4 to 0.4 million years ago. Wind and CO2 frost processes can be ruled out as potential mechanisms. Instead, involvement of saline water from thawed frost/snow is the most likely cause. This discovery sheds light on more humid conditions of the modern Martian climate and provides critical clues to future exploration missions searching for signs of extant life, particularly at low latitudes with comparatively warmer, more amenable surface temperatures.

Les rovers d’exploration martienne actuels ou prévus

Liste

ObjetPaysLocalisation
Curiosity (MSL)États-UnisCratère Gale
Schiaparelli (ExoMars EDM)Europe (Agence spatiale européenne) Russie (Roscosmos)Meridiani Planum
InSightÉtats-Unis (Avec des expériences française et allemandes)Elysium Planitia
Perseverance (Mars 2020)États-UnisCratère Jezero

Zhurong Chine Utopia Planitia

Pour plus de détail, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_objets_artificiels_sur_Mars

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