27/05/2022. La Nupes sortira-t-elle des sentiers battus ?

La Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale) a créé la surprise en rapprochant les différents partis de gauche français le Pôle écologiste (comprenant notamment Europe Écologie Les Verts), le Parti communiste français et le Parti socialiste en vue de présenter des candidatures communes aux élections législatives de 2022.

L’enjeu est de taille. Si la Nupes disposait d’un nombre suffisant de sièges, à commencer par l’accès à la présidence de la commission des finances, elle pourrait imposer des changements géopolitiques importants obligeant Emmanuel Macron à en tenir compte et modifier en profondeur la politique de la France, tant au plan national qu’en ce qui concerne l’Union européenne et la politique internationale. Le Rassemblement National avec Marine Le Pen serait obligés de s’aligner.

Mais il ne faut pas se faire d’illusions. Si la Nupes se bornait à rassembler les vieux briscards de l’opposition de gauche autour d’objectifs pratiquement inchangés depuis trente ans, elle n’éveillerait aucun intérêt. De plus, comme elle persisterait à ignorer les nouveaux enjeux de la politique internationale, face notamment aux affrontements prévisibles entre les Etats-Unis et l’ensemble russo-chinois ou en réponse aux offensives du terrorisme islamique, elle ne passionnera pas grand monde. C’est faire injure à l’électeur français de penser qu’il n’est intéressé que par le prix de l’essence, aussi important que soit celui ci pour qui notamment vit en banlieue.

Ainsi, l’on comprendrait mal que la Nupes ne s’intéresse pas aux grands enjeux du passage généralisé à la société numérique et au rôle que devrait y jouer la France face aux Géants de l’Internet américain. En matière de robotisation, la Nupes pourrait avoir un rôle important en proposant des modèles de robots intelligents destinés non à remplacer le travailleur actuel mais à lui permettre de continuer à jouer un rôle essentiel. Plus généralement dans tous les grands domaines de la recherche scientifique et technique, nul ne comprendrait que la Nupes n’engage pas des débats en sein puis dans les instances intéressées pour y faire valoir d’autres objectifs que la préservation de l’acquis ou au mieux la recherche du profit immédiat. Inutile de donner des exemples ici. Les citoyens et électeurs qui font l’effort de s’informer comprendront ce dont il s’agir.

Terminons par un détail qui a son importance. La Nupes ferait bien de changer de nom et d’initiales si elle voulait devenir une référence un tant soit peu sexy dans le monde francophone.

26/05/2022. Appartenons-nous à l ‘espèce Homo sapiens ?

Homo sapiens, plus souvent appelé « homme moderne »« homme »« humain », ou « être humain », est une espèce de primates originaire d’Afrique qui s’est aujourd’hui répandue et généralisée  sur l’ensemble de la planète hormis l’Antarctique. Il appartient à la famille des hominidés et est le seul représentant actuel du genre Homo, les autres espèces étant éteintes. Les plus anciens fossiles connus de cette espèce, découverts sur le site marocain de Djebel Irhoud, sont datés d’environ 300 000 ans1.

Parmi les hominidés actuels, il se distingue du point de vue physiologique par un mode locomoteur au sol exclusivement bipède, son cerveau plus volumineux et sa pilosité moins développée. Il faut ajouter à ces critères l’existence d’une ménopause chez la femme, rare chez les autres hominidés.

Du point de vue de l’éthologie, et par rapport au reste du règne animal, l’Homo sapiens se distingue par la complexité de ses relations sociales, l’utilisation d’un langage articulé élaboré transmis par l’apprentissage, la fabrication d’outils, le port de vêtements, la maîtrise du feu, la domestication de nombreuses espèces végétales et animales, ainsi que l’aptitude de son système cognitif à l’abstraction, à l’introspection et à la spiritualité.

Dans le dernier quart du 20e siècle, l’espèce Homo sapiens a parfois été subdivisée en deux sous-espèces, l’Homme moderne dit Homo sapiens sapiens et l’Homme de Néanderthal dit Homo sapiens neanderthalensis. Le consensus actuel classe à nouveau les deux groupes humains dans deux espèces séparées, l’Homme de Néandertal étant désormais dit Homo neanderthalensis,

Ceci dit, pour répondre à la question Appartenons-nous à l ‘espèce Homo sapiens ? il serait tentant au vu de nos performances actuelles de répondre par la négative. Nous mettons en danger par nos comportements belliqueux l’ensemble de l’humanité, voire l’ensemble de la planète. Chacun sait qu’en cas de guerre nucléaire, fut-elle de faible intensité, ce serait toute vie pluricellulaire qui pourrait disparaître. Ceci n’a rien de sapiens.

Mais pourrait-on changer d’espèce, au bénéfice d’une espèce qui serait vraiment sage ? Si l’on s’en tenait aux processus de la reproduction naturelle, la réponse serait définitivement négative. A supposer que les généticiens puissent définir des embryons possédant des qualités de sagesse améliorées par rapport à celles de l’humain, il faudrait attendre des siècles pour que ceux-ci ‘ils puissent, grâce à leur sagesse, remplacer les milliards d’humains actuels .

Le seul espoir repose dans la perspective de pouvoir un jour réaliser des hommes de synthèse ou robots humanoîdes superinteligents, y compris sous forme de prothèses cérébrales enrichissant le comportement du cerveau supérieur des humains. Mais ce serait une forme de suicide pour ceux des humains qui accepteraient de se lancer dans un tel processus.

Si les astrophysiciens ne détectent aujourd’hui aucune trace de vie intelligente dans les zones dites habitables des nombreuses planètes qu’ils peuvent désormais observer, serait-ce du à un simple hasard ?

Expansion de l’univers. Un monde miroir invisible n’interagissant avec notre monde qu’à travers la gravité

Voir https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/univers-hubble-franchit-nouvelle-etape-determination-taux-expansion-univers-98638/

Notre Univers est en expansion. Cela ne fait aucun doute. Ce qui fait débat, c’est la vitesse à laquelle se poursuit aujourd’hui son taux d’expansion, baptisé du nom de constante de Hubble. C’était en hommage à l’Américain Edwin Hubble qui a découvert le phénomène d’expansion de l’univers et en a réalisé les premières mesures dans les années 1920. Et l’hommage est encore renforcé aujourd’hui alors que des chercheurs révèlent de nouveaux résultats plus précis que jamais obtenus grâce aux données recueillies pendant plus de 30 ans par le télescope spatial Hubble.

Celui-ci visait dans les années 1990 mieux observer les céphéides.Une céphéide est une étoile variable, géante ou supergéante jaune, de 4 à 15 fois plus massive que le Soleil et de 100 à 30 000 fois plus lumineuse, dont l’éclat varie de 0,1 à 2 magnitudes selon une période bien définie, comprise entre 1 et 135 jours, d’où elle tire son nom d’étoile variable. Leur observation permet d’affiner la mesure des distances des galaxies proches de la nôtre. Au début des années 2000, les efforts ont été récompensés. Les astronomes ont pu ainsi déduire une valeur de la constante de Hubble avec une précision de 10 %, soit une valeur de 72 plus ou moins 8 kilomètres par seconde par mégaparsec (km/s/Mpc).

Malheureusement à partir des mesures de la mission Planck (Agence spatiale européenne) sur notre univers primitif et selon le modèle cosmologique standard, les théoriciens prévoient une valeur de la constante de Hubble qui devrait être de 67,5 plus ou moins 0,5 km/s/Mpc.

D’où peut venir cet écart ? Les astronomes l’ignorent encore. Mais il est possible qu’ils doivent aller chercher la réponse dans de nouvelles lois de la physique Une étude très récente tente par exemple d’expliquer l’écart à l’aide d’un « monde miroir » invisible de particules qui interagirait avec notre monde uniquement via la gravité.

Pour affiner cette valeur, les chercheurs ont ensuite ajouté de nouvelles caméras au télescope spatial. Avec l’idée d’atteindre une précision de 1 %. Une idée menée notamment pour la collaboration Supernova, H0, for the Equation of State of Dark Energy (SH0ES).

Les nouveaux résultats publiés aujourd’hui par les chercheurs reposent ainsi sur un échantillon de marqueurs cosmiques plus que doublé. Ils intègrent aussi une analyse mise à jour des données antérieures. Et au total, 42 supernovae — sachant que Hubble assiste à une explosion en supernova par an, environ… – utiles elles aussi à déterminer les distances dans l’Univers. Les astronomes estiment ainsi, compte tenu de la taille de leur échantillon, à seulement une chance sur un million, la possibilité « d’un tirage au sort malchanceux ». Et donnent une valeur de la constante de Hubble de quelque 73 km/s/Mpc. Très exactement 73,04 +/- 1,04 km/s/Mpc.

Pour affiner cette valeur, les chercheurs ont ensuite ajouté de nouvelles caméras au télescope spatial. Avec l’idée d’atteindre une précision de 1 %. Une idée menée notamment pour la collaboration Supernova, H0, for the Equation of State of Dark Energy (SH0ES).

Les nouveaux résultats publiés aujourd’hui par les chercheurs reposent ainsi sur un échantillon de marqueurs cosmiques plus que doublé. Ils intègrent aussi une analyse mise à jour des données antérieures. Et au total, 42 supernovae — sachant que Hubble assiste à une explosion en supernova par an, environ, utiles elles aussi à déterminer les distances dans l’Univers. Les astronomes donnent une valeur de la constante de Hubble de quelque 73 km/s/Mpc. Très exactement 73,04 +/- 1,04 km/s/Mpc.

L’ennui, c’est qu’à partir des mesures de la mission Planck (Agence spatiale européenne), sur notre univers primitif et selon le modèle cosmologique standard, les théoriciens prévoient une valeur de la constante de Hubble qui devrait être de 67,5 plus ou moins 0,5 km/s/Mpc. Alors d’où peut bien venir cet écart ? Les astronomes l’ignorent encore. Mais il est possible qu’il faille chercher la réponse dans de nouvelles lois de la physique

Une étude très récente ont nous publions ci-dessous les références et l’abstract, tente par exemple d’expliquer l’écart à l’aide d’un « monde miroir » invisible de particules qui interagirait avec notre monde uniquement via la gravité.

Symmetry of Cosmological Observables, a Mirror World Dark Sector, and the Hubble Constant
Phys. Rev. Lett. 128, 201301 – Published 18 May 2022

ABSTRACT

We find that a uniform scaling of the gravitational free-fall rates and photon-electron scattering rate leaves most dimensionless cosmological observables nearly invariant. This result opens up a new approach to reconciling cosmic microwave background and large-scale structure observations with high values of the Hubble constant H0: Find a cosmological model in which the scaling transformation can be realized without violating any measurements of quantities not protected by the symmetry. A “mirror world” dark sector allows for effective scaling of the gravitational free-fall rates while respecting the measured mean photon density today. Further model building might bring consistency with the two constraints not yet satisfied: the inferred primordial abundances of deuterium and helium.

25/05/2022. Dans quelques années la fusion nucléaire

Pour en savoir plus, voir https://trustmyscience.com/fusion-nucleaire-c-est-pour-quand/

Ce texte a été écrit en hommage à Bernard Bigot, décédé à l’âge de 72 ans. le 14 mai 2022. Ce physico-chimiste, grand commis de l’Etat, au service de l’énergie atomique, avait été appelé en 2015 à la direction d’ITER, réacteur à fusion nucléaire expérimental international.

La production d’électricité dans des réacteurs dits nucléaires (ou centrales nucléaires) a été adoptée en France dès les origines à l’incitation des scientifiques et industriels ayant participé sous De Gaulle à la réalisation de la bombe atomique française et voulant valoriser les retombées civiles de cette arme. Aujourd’hui avec le réchauffement climatique ce choix est apprécié. Il évite d’utiliser comme en Allemagne des centrales à charbon grosses productrices de gaz à effets de serre.

Aujourd’hui, c’est la fusion nucléaire et non plus comme aujourd’hui la fission qui représente la meilleure solution pour produire de l’énergie nucléaire. Nous évoquons souvent ici le programme international ITER  (International Thermonuclear Experimental Reactor), dont la France, compte tenu de son expérience, assure à Cadarache une grande partie du pilotage

Mais quelle est la différence entre la fusion et la fission ? Citons trustmyscience

Les réacteurs nucléaires actuels produisent de l’énergie par une réaction de fission d’atomes lourds. La fission nucléaire est la projection d’un neutron sur un atome lourd instable (uranium 235 ou plutonium 239), lequel absorbe le neutron et éclate en deux atomes plus légers. Il en résulte une production d’énergie, de rayonnements radioactifs et de deux ou trois neutrons capables à leur tour de provoquer une fission, et ainsi de suite par réactions en chaîne.

La fusion nucléaire permet de produire de l’énergie de façon opposée, en rapprochant deux atomes d’hydrogène (deutérium et tritium). Lorsque leurs noyaux légers fusionnent, le nouveau noyau créé se trouve dans un état instable et, afin de retrouver un état plus stable, éjecte un atome d’hélium et un neutron avec beaucoup d’énergie. Ceci se déroule à des températures de plusieurs millions de degrés, comme au cœur du Soleil.

Ce type de production d’énergie présente de nombreux avantages. Quand la technologie sera mise en route, elle utilisera des matières premières presque illimitées, obtenues à partir d’eau ou de la réaction de fusion elle-même. En outre, elle est extrêmement efficace, puisqu’elle permet théoriquement de libérer (à masse égale) une énergie quatre fois supérieure à la fission, et près de quatre millions de fois supérieure à celle d’une réaction chimique simple telle que la combustion du charbon, du pétrole ou du gaz. La fusion nucléaire est également bien plus sûre pour notre santé et a un faible impact environnemental. En effet elle ne libèrera pas de gaz à effet de serre, l’hélium produit étant un gaz inerte non toxique. Aucun déchet radioactif de haute activité et à vie longue n’en résultera.

Plus de 50 ans d’amélioration des tokamaks

L’idée d’exploiter l’énergie issue de la fusion nucléaire n’est pas nouvelle. Dans les années 60, des chercheurs russes ont réussi à atteindre des températures et des durées de confinement du plasma (deux des paramètres essentiels de la fusion) jamais obtenues par le passé. « Le plasma représente le quatrième état de la matière : quand on chauffe un élément solide, il devient liquide ; si on le chauffe davantage, il devient gazeux ; et si on le chauffe davantage encore, il devient plasma », explique Didier Perrault, expert de l’institut chargé de piloter la vingtaine de spécialistes mobilisés pour évaluer la sûreté de l’installation du réacteur thermonucléaire à fusion ITER.

Baptisée « tokamak », la machine est une structure contenant des électroaimants permettant de confiner le plasma ultra chaud. Le principal défi de cette technologie est justement que le plasma doit être contenu et contrôlé par des champs magnétiques puissants, dans le but de maintenir une réaction de fusion stable et exploitable.

Dès lors, le tokamak s’est imposé comme le concept dominant parmi les chercheurs qui travaillaient sur le projet, les machines se sont multipliées dans beaucoup de pays et les installations se sont améliorées. En une cinquantaine d’années, la performance des plasmas produits par les machines de fusion a ainsi été multipliée par 10 000, et il ne resterait plus qu’à multiplier leur performance par 10 pour réaliser un réacteur capable de produire de l’énergie de manière continue.

En 1985, le projet ITER est lancé dans le sud de la France, dont le but est de générer une puissance de 500 MW, contre les 50 MW consommés. Même si les travaux ont débuté en 2010, la mise en route du premier réacteur de fusion nucléaire ITER prend du temps, et les étapes la nécessitant sont sans cesse reportées.

Les start-ups sont présentes dans la course au développement de la fusion

Pourtant, les avancées technologiques ne manquent pas pour espérer utiliser au plus vite ce type de réaction nucléaire. L’année dernière, une équipe du MIT affirme avoir développé un nouvel électroaimant capable de fournir une puissance jusqu’ici jamais atteinte. En effet, la principale difficulté de la fusion nucléaire est de contenir le plasma du réacteur par le biais d’électroaimants, lesquels peuvent être limités par la puissance et la durée des réactions. D’après les chercheurs du MIT, les récentes avancées sur l’aimant présenté permettraient qu’une minicentrale à fusion (sous très haute température) voie le jour pour la première fois en 2025. L’équipe américaine prend le contrepied par rapport à ITER, qui est une installation énorme fonctionnant à des températures plus basses.

De leur côté, les chercheurs d’ITER ont réceptionné la première partie d’un aimant massif qui constituera l’élément central du réacteur il y a moins d’un an. Appelé « solénoïde central », l’aimant est fabriqué pour maintenir des pressions et températures extrêmes. Il permet de générer un champ magnétique environ 280 000 fois plus puissant que le champ magnétique terrestre. « Chaque fois qu’un composant majeur et unique est achevé, comme le premier module du solénoïde central, nous sommes plus confiants dans notre capacité à mener à bien l’ingénierie complexe de la machine complète », a déclaré Laban Coblentz, porte-parole d’ITER.

En décembre 2021, une réaction de fusion nucléaire avait même frôlé le seuil d’ignition, dont l’atteinte permettrait au réacteur de s’autosuffire, sans apport d’énergie nécessaire. En concurrence directe avec ITER, de nombreuses start-ups se lancent dans la voie vers la fusion commerciale, avec parfois des approches innovantes. Par exemple, une société s’est focalisée sur la fusion par projectile, dont le but est de lancer un projectile à très grande vitesse sur une cible contenant du combustible de fusion pour générer de l’énergie. La technique est en cours d’amélioration, car l’énergie générée n’est pas encore suffisante pour initier la réaction. La société souhaite aussi s’associer aux producteurs d’électricité existants pour développer une centrale pilote qui devrait voir le jour dans les années 2030.

Des limites qui devraient être dépassées dans une quinzaine d’années

Qu’est-ce qui empêche réellem nt la mise en route du tout premier réacteur à fusion nucléaire ? Même si seulement une petite quantité de tritium est nécessaire à la réaction, il faut savoir que l’atome n’existe pas à l’état naturel et se désintègre rapidement. Produit à partir du lithium, il faut donc le produire au sein même du réacteur, par réaction avec des neutrons.

En outre, les déchets de tritium pourraient poser des problèmes de contamination. Dans le cas d’ITER, ils feront un peu moins de 500 tonnes au total et devront être entreposés sur le site jusqu’à ce qu’ils deviennent inoffensifs (la demi-vie du tritium n’est cependant que de 12 ans). Actuellement, l’un des objets de recherche consiste à diminuer cette quantité de tritium dans les déchets. Il faudra les chauffer à très haute température, ou produire des barrières de perméation qui empêcheront la contamination de l’eau des systèmes de refroidissement par le tritium. Les déchets devraient commencer à s’accumuler dès 2035, et maîtriser leur gestion est essentiel.

En tenant compte de ces éléments, les centrales à fusion nucléaire sont très prometteuses et bien plus avantageuses que celles à fission. Même si de nombreuses améliorations sont encore nécessaires pour réussir la prouesse de la fusion à l’échelle industrielle, la solution est envisageable dans quelques décennies. En ce qui concerne ITER, les scientifiques affirment que le réacteur est désormais achevé à 75%, et que le premier plasma d’hydrogène permettant son bon fonctionnement (initialement envisagé en 2025) est prévu pour 2027. Il atteindrait sa pleine puissance au mieux en 2035, mais sans la certitude de devenir énergétiquement viable. Pour ce qui est des premiers réacteurs prévus pour une utilisation industrielle plus rentable que la fission, certains experts s’accordent à dire qu’il faudra attendre au moins 2040-2050.

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24/05/2022 Bientôt la guerre en Moldavie et en Transnistrie

Beaucoup dans l’Union européenne ignoraient l’existence de la Moldavie. Celle-ci est une ancienne république de l’ex URSS devenue indépendante depuis 1991 après la dissolution de celle-ci. La République de Moldavie est située aux confins de l’Union européenne, entre la Roumanie et l’Ukraine. Dirigée à partir de 2009 par des gouvernements se revendiquant « pro-européens », la République de Moldavie a connu progressivement une dérive autoritaire qui l’a éloignée des normes européennes vers lesquelles ses autorités disaient vouloir tendre.

L’élection le 15 novembre 2020 de Mme Maia Sandu à la présidence de la République du pays sur un programme de lutte contre la corruption et visant la coopération avec l’Union européenne offre la possibilité à la Moldavie de sortir d’un cycle de développement politique marqué par des dérives oligarchiques. La présidente dispose désormais d’une majorité parlementaire favorable à son programme de réformes.

La Transnistrie quant à elle est une République auto-proclamée russophone longiligne à la frontière ukraino-moldave, Elle a toujours revendiqué sa russophilie. Le conflit en Ukraine ravive aujourd’hui les tensions séparatistes qui ont opposé pendant des décennies la Moldavie à la Transnistrie.

Or ce conflit pourrait-il s’étendre vers l’Ouest ? Les 25 et 26 avril, le village frontalier de Kolbasna hébergeant un important dépôt de munitions de l’armée russe a été la cible de tirs. Le dépôt d’armes, datant de la période soviétique, se trouvait sous le contrôle de soldats russes déployés sur ce territoire.

Les explosions qui se sont produites lundi 25 et mardi 26 avril dans la région séparatiste de Transnistrie, soutenue économiquement et militairement par la Russie, ont de quoi inquiéter. Mardi, deux détonations qui ont été entendues à Maïak, à proximité de la frontière ukrainienne, ont endommagé une tour radio, obstruant les fréquences d’antennes locales. La veille, le siège du ministère de la Sécurité publique à Tiraspol avait été la cible d’une attaque au lance-grenades. Si l’origine des tirs n’a pas été précisément définie, « il s’agit d’une tentative pour accroître les tensions », selon la présidente moldave . « Les autorités moldaves veilleront à empêcher la République d’être entraînée dans un conflit », a-t-elle poursuivi.  

Dans un contexte où l’armée russe est engagée au Donbass où elle n’a pas encore remporté de position significative, la perspective que Moscou puisse chercher à déplacer le conflit vers la Moldavie existe. Selon l’AFP, un général russe avait affirmé, la semaine dernière, vouloir s’emparer du sud de l’Ukraine, frontalier de la Transnistrie, afin d’obtenir un accès direct à celle-ci.

Certains analystes estiment que près de 1 500 militaires russes sont déjà massés au sein de la région. Et depuis plusieurs semaines, le Kremlin répète que la population russophone de Moldavie est victime d' »oppression », un argument que Vladimir Poutine avait employé pour légitimer son entrée en guerre.

23/05/2022. Chine. Peut-on parler de génocide des Ouighours ?

La Haut-commissaire de l’ONU chargée des droits de l’homme, Michelle Bachelet, a entrepris lundi 23 mai une visite en Chine. Au cours de celle-ci elle se rendra dans la province du Xinjiang, où Pékin est accusé de persécuter la minorité musulmane ouïghoure.

En Europe, où l’on subit de plus en plus de menaces et d’attentats provenant du terrorisme islamique, beaucoup ne comprennent pas cet intérêt de la communauté internationale pour des musulmans, fussent-ils Ouïghours. Mais il ne s’agit pas de musulmans comparables aux arabo-musulmans parmi lesquels se recrutent les fanatique de l’Etat islamique.

Les Ouïghours sont un peuple turcophone et à majorité musulmane sunnite habitant la région autonome ouïghoure du Xinjiang en Chine et en Asie centrale. Ils représentaient une des cinquante-six nationalités reconnues officiellement par la République populaire de Chine. Ils sont apparentés aux Ouzbeks. La majorité des quelque 12 millions de Ouïghours sont de confession musulmane, tandis que certains sont de confession chrétienne. 

Il existe des preuves de leur présence dans la région depuis des centaines, voire des milliers d’années selon Marie Holzman, sinologue et présidente de l’association Solidarité Chine. C’est une ethnie radicalement différente de l’ethnie Han chinoise majoritaire. Il existe deux types de minorités ethniques en Chine : l’essentiel des minorités se sont sinisées, c’est-à-dire qu’elles sont intégrées en Chine et ne revendiquent pas énergiquement leur identité culturelle. D’autres ethnies, comme les Ouïghours, les Tibétains ou encore les Mongols, sont très attachées à leur passé culturel et à leur identité ethnique. Contrairement aux Tibétains, qui sont présents dans la région autonome du Tibet mais aussi dans d’autres provinces chinoises, les Ouïghours sont concentrés dans le Xinjiang.

Lors de la Révolution culturelle, une partie des Mongols, des Tibétains et des Ouïghours s’est engagée dans la bataille idéologique. Les Mongols ont été pourchassés, tandis qu’au Tibet, pratiquement tous les temples ont été partiellement ou entièrement démolis. Au Xinjiang, toutes les mosquées ont été attaquées

Après la mort de Mao, en 1976, l’espoir était revenu au sein des ethnies minoritaires, notamment car certains dirigeants de l’époque, comme Hu Yaobang, ont promis d’aider à la reconstruction. Il y a eu une amélioration du climat dans toute la Chine entre les années 1980 et une partie des années 1990, avant que les choses ne ré-évoluent dans l’autre sens. A la fin des années 1990, les Tibétains et les Ouïghours ont connu une répression. Il y aura des affrontements violents avec les autorités chinoises.

En 2009, la situation des Ouïghours en Chine connaît une nouvelle dégradation. Au début du mois de juillet, de violentes émeutes opposant des Ouïghours et des Hans éclatent dans la capitale du Xinjiang, Urumqi, faisant, selon un bilan officiel communiqué par Pékin, 197 morts dont une majorité de Hans, 2 000 blessés et des milliers d’arrestations.

Pourquoi ces émeutes ? Tout est parti d’un conflit au sein d’une usine dans la province du Guangdong, au sud de la Chine, dans laquelle travaillent des ouvriers Ouïghours et des Hans. Dans la nuit du 25 au 26 juin 2009, les ouvriers ouïghours sont attaqués par des ouvriers hans après la rumeur d’un viol qui aurait été commis par plusieurs Ouïghours sur une femme Han. Au moins deux Ouïghours sont tués.

Partagées sur les réseaux sociaux, des vidéos de lynchage ont suscité l’indignation de la communauté musulmane dans le Xinjiang. Les Ouïghours ont alors demandé des explications et justice, mais n’ont pas obtenu gain de cause. A partir de ces émeutes, les autorités chinoises ont dit que les Ouïghours étaient des terroristes, et qu’il fallait éradiquer le terrorisme, d’où une répression qui n’a fait que grandir. On constate aujourd’hui que depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir en 2012, la situation des Ouïghours n’a jamais cessé de se dégrader.

La répression des Ouïghours s’effectue à plusieurs niveaux. Les instruments de surveillance de la population sont partout. Ceux qui font le jeune du Ramadan sont dénoncés. Le port du voile est réprimé. Auparavant, les étudiants Ouïghours pouvaient suivre des cours à l’étranger. En 2017, des dizaines de Ouïghours, pour la plupart étudiants à l’université musulmane d’al-Azhar, ont été arrêtés au Caire par la police égyptienne, pour ensuite être extradés en Chine. C’est également à partir de cette date que les Ouïghours sont envoyés dans des camps d’internement, appelés “camps de rééducation” par les autorités chinoises. 

Peut-on cependant parler de génocide, comme l’avait fait l’Assemblée nationale française ? Rappelons qu’avec 169 votants pour,  la résolution portant sur la reconnaissance et la condamnation du génocide du peuple Ouïghours a été adoptée par les députés à l’Assemblée Nationale, le jeudi 20 janvier 2022,

22/05/2022. Publicités et dérèglements climatiques

On aurait pu naïvement penser que confrontés aux multiples rapports scientifiques mettant en cause l’émission de gaz carbonique ou de méthane dans l’accélération du réchauffement climatique, les industriels fabriquant les produits responsables de telles émissions mettraient quelque réserves dans la promotion publicitaire de leurs marchés.

Il n’en est rien. Chacun est assiégé, au bureau ou à domicile, par des publicités faisant la promotion de tels produits, sans même comporter les mises en garde qu’ont désormais accepté les vendeurs de boissons alcoolisées ou de cigarettes.

Le cas le plus typique est celui de la publicité pour les SUV ou véhicules utilitaires 4/4. Ceux-ci dans les domaines professionnels présentent beaucoup d’avantages. Mais ils sont moins évidents quant ils sont utilisés pour de courts parcours urbains par des personnes seules. Or ils rejettent dans l’atmosphère plus de 4 fois les quantités de carbone provenant d’un véhicule ordinaire. Les SUV à propulsion hybride ou électriques commencent à apparaître, mais ils sont encore très minoritaires.

Les SUV ne sont pas seuls en cause. Les publicités pour des produits hautement producteurs de gaz à effets de serre constituent l’essentiel du marché publicitaire. Ainsi il a été constaté lors de la dernière coupe Davis de tennis que les publicités provenaient principalement de compagnies pétrolières et gazières ou de vendeurs de produits intéressant ces compagnies.

Une étude faite à l’occasion du dernier Intergouvernement Panel on Climate Change a montré cependant que des mises en garde concernant les publicités pour des produits contribuant au réchauffement climatique auraient autant de bons résultats mondialement dans la lutte contre la production de gaz à effets de serre que si la population de la Belgique toute entière cessait de consommer des produits pétroliers.

21/05/2022. Un nouvel hélicoptère français

La firme français filiale dAirbus, nommée Airbus Helicopter, vient de présenter un hélicoptère démonstrateur, nommé Airbus Racer capable de se déplacer à 220 nœuds en vol horizontal soit un gain de 50%. De plus, il réduira de 20% ce que l’on nomme sa signature sonore ainsi que ses rejets en gaz échappement CO2 et Nox. En éco-mode, l’Airbus Racer devrait aussi pouvoir n’utiliser qu’un seul moteur poussé à 90 % de puissance, permettant néanmoins d’offrir une vitesse de croisière de 180 nœuds.

Airbus Racer ne ressemble que de loin aux hélicoptères actuels. Il est doté d’une queue asymétrique dépourvue de rotors anticouple, mais dont les plans sont pourvus de surface mobiles. Les deux nacelles des hélices propulsives sont logées à l’extrémité de courtes ailes qui contribuent à la portance et soulagent le rotor. Les nacelles des hélices propulsives contribuent à la vitesse en générant un vortex (tourbillon) qui accélère la machine. Il en est de même pour la forme dissymétrique de la queue.

En conséquence, à la même vitesse qu’un hélicoptère standard, le Racer consomme deux fois moins, d’où un gain d’endurance ou de vitesse si la mission le nécessite . Airbus Helicopters assure ainsi que le nombre de bases terrestres de maintenance et de secours pourrait être réduit de près de 50 % en Europe de l’ouest, du fait du gain de vitesse d’intervention. Des expérimentations dans ce domaine sont d’ailleurs prévues.

L’assemblage est en cours, avec quelques retards dus à la crise du Covid 19. Si tout finit par se rétablir, l’hélicoptériste compte toujours procéder à un vol d’essai à la fin de l’année. Le coût annoncé serait de 200 millions d’euros. Des applications militaires spéciales sont à l’étude

21/05/2022. Dans les 50 prochaines années, le réchauffement climatique multipliera les pandémies virales

Une nouvelle étude que vient de publier Nature prévoit que dans les cinquante prochaine année, le réchauffement climatique pourrait provoquer 15.000 nouveaux de contagion virale d’une espèce de mammifère à une ou plusieurs autres. Typiquement c’est ce qui avait du se passer avec le virus Covid 19 passant de la chauve-souris à l’homme, soit spontanément soit à la suite d’expérimentations menées dans le laboratoire chinois de Wuhan.

Lire https://media.nature.com/original/magazine-assets/d41586-022-01198-w/d41586-022-01198-w.pdf

L’auteur de l’étude est le statisticien environnemental américain Gregory Albery (https://www.gregalbery.me/) . Il a été un des premiers à étudier les effet du réchauffement sur les espèces animales sauvages. Il prévoit que celui-ci multipliera les rencontres entre espèces porteuses de virus encore mal connus, favorisant les sauts d’une espèce à l’autre. Cette transmission est désormais nommée zoonotic transmission. Dans beaucoup de cas, ces sauts favoriseront des mutations virales entraînant une aggravation de la morbidité des affections. L’homme en sera une des principales victimes.

Gregory Albery et son équipe ont construit un modèle statistique montrant que dans les prochaines années risquent de se produire 120.000 nouvelles rencontres entre mammifères, entraînant 4.584 nouveaux cas de nouvelles infections virales. Les chauves-souris seront les premières responsable de ces transmissions, affectant en priorité l’Afrique et l’Asie du sud-est.

Si comme l’indique cette étude, à la suite d’un réchauffement inévitable explosent les cas de nouvelles pandémies virales encore plus contaminantes et parfois mortelles que l’actuelle, il serait urgent à l’échelle internationale de prévoir l’adaptation de l’ensemble des systèmes de santé.

19/05/2022 Russie. L’anniversaire de la Grande Guerre Patriotique.

Que signifie pour les Russes tous les 22 juin l’anniversaire de la Grande Guerre Patriotique ? Le 9 mai est également célébré., comme ce fut le cas le 9 mai 2022

L’Occident chaque 22 juin s’étonne de voir l’importance des manifestations civiles et militaires qui marquent cette date. «  Le 22 juin est la journée la plus longue de l’année, la journée du 22 juin 1941 dure toujours pour nous. » Ce dicton populaire renvoie à l’épisode fondamental de l’histoire des Russes: la Grande Guerre patriotique, c’est-à-dire la guerre de l’URSS contre l’Allemagne nazie, qui commence le 22 juin 1941 et se termine par la capitulation allemande le 9 mai 1945 .[

L’expression de Grande Guerre patriotique souligne la portée de l’événement, toujours vivant dans la mémoire collective, dans l’espace public et dans le système éducatif russe. Le culte russe de la victoire est un culte d’État, soutenu par le gouvernement russe. Ses symboles – les statues, les obélisques, les flammes éternelles – sont omniprésents : presque chaque ville et village de quelque taille en possède au moins un.

Il s’agit d’une sorte de culte des ancêtres, accompagné de musique et de rituels dont des hourras que chacun crie spontanément. Ce culte n’est pas religieux, mais il comporte un élément mystique : les âmes des héros tombés au combat se transformeraient en grues blanches, ces oiseaux migrateurs majestueux qui circulent entre l’Eurasie et l’Afrique et qui nichent dans toute la Russie pendant les mois d’été.

Le Régiment immortel est l’une de ces expressions, apparue récemment et qui s’est répandue dans le monde entier.

Le 9 mai 2022, en plus des portraits des morts, la foule arborait certains symboles spécifiques . La plupart des gens portaient des rubans de Saint-Georges rayés noir et orange sur leurs revers. Il y avait de nombreux drapeaux russes et de nombreux drapeaux de la Victoire – des répliques de la bannière régimentaire qui avait été placée au sommet du Reichstag lors de la chute de Berlin. Les drapeaux soviétiques étaient moins nombreux, mais leur présence est notable. Enfin, il n’y avait qu’une poignée de bannières religieuses, notamment le Mandylion du Christ. Et les grues blanches, dont les découpes étaient suspendues comme décorations sur la rivière Fontanka.

Pour en savoir plus, voir

Les Carnets de Dimitri Orlov
https://www.dedefensa.org/section/les-carnets-de-dimitri-orlov-1

France 24

https://www.france24.com/fr/europe/20220508-d%C3%A9fil%C3%A9-du-9-mai-%C3%A0-moscou-le-r%C3%A9giment-immortel-ou-l-arm%C3%A9e-m%C3%A9morielle-de-vladimir-poutine