L’Allemagne dépend du gaz russe, parait-il

L’Allemagne a depuis plusieurs années refusé de se doter de centrales électriques nucléaire sur le modèle français. Elle a toujours affirmé que ce seraient des centrales à pétrole et à gaz qui pourraient satisfaire ses besoins.
Mais ce choix la met sous la dépendance du gaz sibérien qui lui arrive par gazlines, du fait qu’elle n’a pas de ressources en gaz suffisantes.

De ce fait, lors de la crise actuelle avec la Russie concernant la question de l’Ukraine que Washington accuse Moscou de vouloir envahir militairement, l’Allemagne s’est montrée très réticente face à la perspective de sanctionner économiquement Moscou, notamment en cessant de lui acheter son gaz.

A Berlin, le 11 janvier dernier, le ministre de économie allemand a révélé que Berlin n’avait de réserve en gaz que pour 17 jours. Or les arrivées de gaz russe ont cessé depuis le 21 décembre et le fournisseur russe Gazprom a renoncé pour le moment à pomper du gaz vers l’Allemagne en utilisant le pipeline Yamal.

De fait, comment sanctionner un pays comme la Russie qui dispose de ressources minières et gazières considérables et des réserves en dollars dépassant 650 milliards.

Intensification de la guerre au Yemen

Le Yémen est plongé depuis 2014 dans une guerre entre forces progouvernementales sunnites dirigées par le prince saoudien.Mohammed bin Salmane MBS et rebelles Houthis.

Ceux-ci sont des insurgés chiites soutenus par l’Iran et qui ont pris le contrôle d’une grande partie du nord du pays dont la capitale Sanaa.  Malgré ses prétendions à être un grand chef de guerre, MBS a été incapable de les empêcher.

Ce conflit a fait 377 000 morts, selon l’ONU, et s’est intensifié ces dernières semaines avec une augmentation des raids de la coalition militaire Houtis et des contre-offensives au sol des forces gouvernementales

De leur côté, les rebelles ont multiplié les attaques de missiles et de drones contre l’Arabie saoudite, pays voisin du Yémen et grand rival régional de l’Iran. 

Rappelons que les Houthis sont en guerre depuis 2014 contre le gouvernement. Ils sont issus du zaïdisme, branche du chiisme qui représente plus de 30% de la population. Majoritaires dans le Nord du Yémen, les chiites sont minoritaires à l’échelle nationale.

Les gouvernements occidentaux  voudraient soutenir concrètement MBS, pour protéger leurs approvisionnent pétroliers . Mais faute de pouvoir intervenir militairement ils sont obligés de rester spectateurs. Ce n »est pas le cas de l’Iran, alliée de la Russie, qui pour le moment sort renforcée du conflit

Implications des Emirats

Les rebelles yéménites Houthis ont ciblé lundi des installations civiles aux Emirats arabes unis faisant trois morts, et menacé de lancer de nouvelles attaques en appelant les civils et les compagnies étrangères à éviter les « sites vitaux » dans ce pays.

L’attaque contre les Emirats, qui ont averti qu’elle ne resterait « pas impunie », a suscité des condamnations internationales de pays arabes et occidentaux en tête desquels les Etats-Unis, ainsi que de l’ONU.

Les Emirats sont membres d’une coalition militaire sous commandement saoudien qui soutient depuis 2015 au Yémen les forces gouvernementales en guerre contre les Houthis soutenus par l’Iran.

En riposte à l’attaque des Houthis, la première à faire des morts sur le sol émirati, cette coalition a annoncé avoir mené des raids aériens sur Sanaa, la capitale du Yémen aux mains des insurgés. Aucune indication n’a pu être obtenue dans l’immédiat sur d’éventuelles victimes.

Annonçant le lancement d’une opération militaire baptisée « Ouragan du Yémen », les Houthis ont affirmé sur leur chaîne Al-Massira avoir « ciblé des installations et site émiratis importants et sensibles » à l’aide de missiles balistiques et de drones.

Confrontations entre l’Inde, le Pakistan et la Chine dans le Haut-Tibet

L’Inde et le Pakistan s’affrontent depuis longtemps pour le contrôle de leur frontière commune dans le Haut Tibet, province du Ladakh ( Chushul-Moldo border ). Cette frontière est aussi une frontière commune avec la Chine. Elle est traversée par la passe de Karakoram.

L’Inde et la Chine s’affrontent également depuis longtemps pour savoir qui contrôlera cette passe, dont l’importance stratégique est considérable, notamment en hiver, quand toutes les autres communications sont bloquées par les glaces.

Washington voudrait aujourd’hui que cette affrontement s’accentue. Ainsi l’Inde serait obligée de choisir son camp, entre l’ouest d’une part et le bloc russo-chinois d’autre part. Jusqu’à présent, Delhi avait refusé de faire ce choix, voulant préserver sa liberté d’action.

C’est la raison pour laquelle la récente rencontre entre les commandants militaires de l’Inde et de la Chine à Ladakh a été suivie attentivement. Le ministre chinois des affaires étrangères a exprimé le vœu que cette rencontre inaugure une période où les conflits frontaliers ne seraient plus traités dans l’urgence diplomatique mais dans une gestion de routine.

Les observateurs indiens ont fait valoir que cette rencontre n’apportait rien de nouveau dans la gestion commune de la frontière résultant des accords précédents. C’est exact mais ce qui nouveau c’est que les discussions relatives à la frontière se déroulent dorénavant dans un climat détendu.

Par ailleurs, malgré les tensions, le commerce bilatéral entre l’Inde et la Chine se développe régulièrement. Ainsi les industries pharmaceutiques indiennes importent de Chine près de 6o des composants dont elles ont besoin. En 2021, le commerce bilatéral a atteint $126 milliard, en hausse de 40% sur l’année précédente.

Il reste que l’Inde surveille avec inquiétude les relations de la Chine avec le Pakistan son grand rival régional. Ceci d’autant plus que le Pakistan rejette dans les glaciers  d’innombrables déchets industriels et urbains dont l’Inde est la victime. Tout laisse penser que des rejets chinois s’y ajouteront rapidement.

Les prochains affrontements ne seront pas militaires mais environnementaux

La révolution de couleur au Kazakhstan

Nous recevons ce document concernant la révolution de couleur au Kazakhstan. Il est intéressant mais doit être lu avec précaution

On rappellera que début janvier 2022, le Kazakhstan a connu des manifestations contre la hausse des prix du gaz de pétrole liquéfié qui se sont rapidement étendues à plusieurs villes du pays avant de dégénérer en émeutes.

Le président Kassym-Jomart Tokaiev a d’abord réagi en limogeant son gouvernement, accusé d’être responsable de la crise, puis a promis un gel des prix des carburants afin de calmer la colère des manifestants. Mais la situation s’est encore aggravée à Almaty, capitale économique et principal centre urbain du pays où les émeutiers ont pris d’assaut les bâtiments administratifs et l’aéroport international. Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait plusieurs dizaines de morts, un millier de blessés et conduit à l’arrestation de plus de 8.000 personnes.

Craignant manifestement de perdre le contrôle de la situation malgré l’entrée en vigueur de l’état d’urgence, le président kazakhstanais a fait appel à l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC)qui a envoyé des troupes majoritairement russes. « de maintien dans la paix » dans le pays.

Cette crise, qui s’est développée à grande vitesse fulgurante dans un pays pourtant considéré comme un pôle de stabilité en Asie centrale, remet en cause la politique d’autonomisation menée par le Kazakhstan depuis son indépendance. En effet, l’intervention au Kazakhstan de troupes majoritairement russes sous mandat de l’OTSC semble à première vue illustrer un renforcement important des positions stratégiques de Moscou en Eurasie.

Le Kazakhstan est l’un des principaux partenaires de la Russie : il s’agit d’un pays étendu (près de cinq fois la France), riche en matières premières (hydrocarbures, uranium, métaux non ferreux, etc.) et peuplé de 19 millions d’habitants, qui est membre à la fois de l’Union économique eurasiatique et de l’OTSC.

De plus, le pays compte encore près d’un cinquième de citoyens d’origine russe concentrés à la frontière avec la Russie. Moscou craint qu’en cas de renversement du régime, des forces nationalistes ne s’emparent du pouvoir et ne s’en prennent à cette minorité, ce qui pourrait par ailleurs réveiller des velléités séparatistes Russes.

Il était inévitable que les Etats-Unis veuillent séparer le Kazakhstan de l’influence politique russe et en faire d’une certaine façon un satellite américain. Mais la voie militaire directe était hors de postée. C’est en ce sens que le mécanismes dit des révolutions de couleurs, qui leur avait si bien réussi ailleurs, leur a paru opportun.

Le terme de révolutions de couleur (de color revolutions en anglais) ou révolutions des fleurs désignent une série de soulèvements populaires, pour a plupart pacifiques mais soutenus par les Etats-Unis ayant provoqué pour certains des changements de gouvernement entre 2003 et 2006

Ce fut le cas en Eurasie et au Moyen-Orient : la révolution des Roses en Géorgie en 2003, la révolution orange en Ukraine en 2004, la révolution des Tulipes au Kirghizistan, la révolution en jean en Biélorussie et la révolution du Cèdre au Liban en 2005.

Les révolutions de couleur ont été principalement pour les Etats-Unis un moyen de renverser les gouvernements hérités de l’ex-URSS sans intervenir militairement dans des régions où des interventions de l’armée russe étaient faciles.

Les troubles récents au Kazakhstan se sont inspirés de la même technique. Dauren Abaev, chef adjoint de l’administration présidentielle du Kazakhstan, a déclaré que les manifestations dans le pays avaient commencé pacifiquement et que tout était soudainement passé sous le contrôle de provocateurs financés par la CIA américaine. L’utilisation de canaux de communication secrète par les manifestants a été essentielle dans la coordination simultanée des actions violentes visant des objectifs préétablis. Il s’est agi de l’utilisation de stations de réception gérées par des serveurs situés à l’extérieur du Kazakhstan, communications que les services secrets kazakhs et l’armée nationale n’ont pas pu intercepter

Un centre de commandement unique a coordonné la préparation et l’orientation de toute l’opération. Le président kazakh Kassym Jomart Tokayev l’a reconnu, dans un discours à la nation le 7 janvier Il a déclaré que « les forces de l’ordre et l’armée n’ont pas tenu leurs promesses ». « Il est devenu clair que nous manquions de forces spéciales, d’équipements spéciaux et de moyens spéciaux ».

Les manifestants comptaient dans leurs rangs des spécialistes des PsyOps (opérations de guerre psychologique), capables de manipuler les attitudes des gens. Ils ont donné la priorité à la transmission en direct de désinformations déjà préparées depuis les studios de télévision. Heureusement pour les autorités, les terroristes qui ont occupé le bâtiment de la chaîne de télévision Mir n’ont pas été en mesure de contrôler la tour de télévision Koktobe à Almaty, où se trouve l’antenne de diffusion. De ce fait, l’incapacité à saisir les médias à Almaty a joué un rôle énorme dans l’échec du coup d’État.

Un groupe important (Alpha) composé de plusieurs sous-groupes a agi simultanément à Almaty et dans des villes du sud et de l’ouest du Kazakhstan, dans le but de terroriser la population civile, de la disperser et d’empêcher l’intervention des forces de l’ordre. La mission du groupe Alpha s’est traduite par l’occupation et l’incendie de bâtiments administratifs, le pillage de magasins et de banques, la mise en place de barricades dans tous les quartiers et une tentative d’occupation de l’aéroport d’Almaty.

L’objectif tactique du groupe Alpha était en fait une diversion sanglante pour couvrir le second groupe (Bravo), qui exécutait des attaques ciblées sur des dizaines de magasins d’armes, des dépôts d’armes et de munitions de l’armée et de la police.


Ce n’est qu’après 3 à 4 jours de chaos que l’ordre constitutionnel a été rétabli dans une certaine mesure dans toutes les régions, que les bâtiments administratifs et les infrastructures stratégiques ont été libérés et placés sous protection militaire. Les frontières ont été fermées et 70 barrages ont été mis en place dans le pays. De nombreux responsables d’administrations régionales et d’organismes chargés de faire respecter la loi ont été démis de leurs fonctions.

Cependant, le président kazakh Kassym Khomart Tokayev a déclaré que « les militants n’ont pas déposé les armes et continuent à commettre des crimes ou à s’y préparer. Il est indispensable de mettre fin à leurs agissements. L’opération de combat visant à débarrasser Almaty des terroristes est menée par les services spéciaux du Kazakhstan ».

Le ministère de l’Intérieur du Kazakhstan a annoncé que 3 811 participants violents aux émeutes ont été arrêtés, que 26 personnes ayant attaqué les forces de l’ordre avec des armes à feu ont été tuées et que 26 autres ont été blessées. RIA Novosti a cité des sources du bureau du procureur du Kazakhstan selon lesquelles « parmi les terroristes détenus au Kazakhstan, il y a beaucoup de citoyens étrangers, payés pour commettre des actes criminels ».

A la demande du président Kassym Khomart Tokayev, la Russie a envoyé 3 000 soldats au Kazakhstan, la Biélorussie 500, le Tadjikistan 200 et l’Arménie 70. Plus de 70 avions Il-76 et 5 An-124 ont transporté le contingent russe de maintien de la paix des forces de l’OTSC au Kazakhstan. Il s’agit de sous-unités de la 45e Brigade, de la 98e Division et de la 31e Brigade Spéciale, toutes appartenant aux forces aéroportées.

Le mandat donné par l’Organisation du Traité de Sécurité collective (OTSC) ne prévoit pas de participation à des opérations de combat au Kazakhstan, les tâches des forces de maintien de la paix sont essentiellement la protection des installations vitales. Des sous-unités de la 98e Division aéroportée contrôlent l’aéroport international à Nur-Sultan, le siège de l’État-Major général des forces armées et le bâtiment du centre de télévision Kazmedia.

Une sous-unité indépendante des forces d’opérations spéciales russes surveille le palais présidentiel de Nur-Sultan, la banque centrale et le comité de sécurité nationale du Kazakhstan. Des sous-unités de la 45e Brigade à vocation spéciale ont été déployées dans le sud-est du Kazakhstan, pour garder l’aéroport international d’Almaty, le centre opérationnel de défense aérienne conjoint Fédération de Russie-Kazakhstan à Almaty. D’autres sous-unités de la 45e Brigade ont été déployées à Shymkent, la troisième plus grande ville de 1,1 million d’habitants, où elles gardent la 602e base aérienne et d’autres objectifs administratifs de la ville. Des sous-unités de la 31e Brigade aéroportée ont été déployées dans la partie orientale du Kazakhstan, dans la ville d’Ust-Kamenogorsk, le centre administratif de la zone d’industrie extractive du Kazakhstan oriental. D’autres sous-unités de la 31e Brigade assurent la sécurité des installations de Kazatomprom dans le nord du pays, la compagnie nucléaire nationale du Kazakhstan.

Séparément, à l’appui des unités antiterroristes locales, de petites unités russes telles que des unités de neutralisation PsyOps, d’opérations de guerre psychologique et de reconnaissance peuvent également opérer. Par exemple, un groupe de reconnaissance aéroporté russe utilise le système RB-341V Lieer-3. Les drones (avions et hélicoptères de recherche sans pilote et silencieux) capturent et transmettent des images vidéo 24 heures sur 24 ou collectent des données sur une large gamme de fréquences – SIGINT (renseignement d’origine électromagnétique), et même les réseaux GSM. Lorsqu’un réseau suspect est découvert, seuls certains émetteurs du réseau sont brouillés. Cela empêche la transmission des ordres aux terroristes en aval de la chaîne de commandement. La zone de brouillage se concentre sur des objectifs ciblés dans un rayon de 6 km. Les plates-formes aéroportées russes servent également de relais radio pour les militaires kazakhs opérant dans les zones urbaines, où la transmission est protégée par les bâtiments. Les troupes aéroportées russes disposent également d’un autre système terrestre sur un véhicule 8×8 : le RP-377LA Lorandit, qui se compose de puissantes stations de recherche de sources de fréquences et de stations de brouillage sélectif, toutes dans la gamme 3 MHz-3 GHz.

Un autre groupe russe est spécialisé dans la reconnaissance spéciale, effectuée par du personnel militaire hautement qualifié. Dans ce cas, le personnel militaire russe est formé à l’infiltration secrète parmi les terroristes afin de recueillir des renseignements HUMINT human intelligence. . Ceci doit Permettre l’anticipation des actions futures, la détection des réseaux ou des moyens de transmission, le suivi des chefs terroristes et le placement de dispositifs de repérage permanents.


Comme le contingent en Syrie, le contingent kazakh est intégré aux réseaux du système centralisé MK VTR-016 du ministère russe de la Défense, qui utilise le système Auriga-1.2V. Des centaines de mini-stations vidéo mobiles portables dans les zones de responsabilité attribuées aux militaires russes au Kazakhstan transmettent des informations secrètes en temps réel à Moscou grâce aux satellites de communication militaires russes. Grâce au serveur de Huawei, le plus puissant du monde, ces transmissions sont difficiles à intercepter et à brouiller. Auriga-1.2V permet aux officiers très expérimentés d’optimiser les actions de leurs subordonnés sur le terrain à partir de la salle des opérations de l’état-major aéroporté russe, en l’absence de facteurs perturbateurs.

L’armée russe prouve ainsi qu’elle a tiré les leçons des innovations américaines dans la lutte contre les insurgés en Irak. Les spécialistes russes des opérations psychologiques sont arrivés à la conclusion qu’il est plus facile de tromper les cellules terroristes que de les rechercher pour les neutraliser. Ainsi, suivant le modèle américain, ils ont mis en place un faux « Front de libération du Kazakhstan » qui diffuse des vidéos sur les médias sociaux et incite les cellules terroristes qui ont participé au soulèvement du pays à le rejoindre.

La tribu américano-indienne des Shoshone, la plus nucléarisée de la planète

Les coûts humains de la mise au point des premières bombes atomiques américaines, destinées à répondre à celles d’Hiroshima et de Nagasaki, sont rarement évoqués. Ils furent cependant, et demeurent encore, considérables.

Les territoires dits de Shoshon s’étendent de la Death Valley dans le désert de Mojave jusqu’à Yellowstone Park dans le Wyoming. En 1951 le Pentagone y entrepris les premiers essais de la future bombe atomique américaine. Ceci fut fait sans considération de la vie des lndiens des Shoshon qui vivaient là depuis des siècles. Aujourd’hui certains des descendants de ces Indiens ont décidé de prendre la parole.

Ils rappellent que pendant 40 ans, 928 essais nucléaires furent conduits là, dont une centaine dans l’atmosphère avant d’être souterrains. Les retombés atomiques de ces essais ont été estimés à 620 kilotonnes, à comparer aux 20 kilotonnes des deux bombes japonaises. Des milliers d’Indiens ont été tués, des milliers d’autres ont développé des cancers et troubles divers. Washington a toujours refusé de faire l’inventaire de ces dégâts humains et à plus forte raison de les indemniser.

Des accidents se produisirent tel que celui dit de Mighty Oak en avril 1986 qui détruisirent des millions de dollars d’équipement et que les autorités présentèrent comme des retombées des recherches soviétiques.

Le Royaume-Uni a mené également 24 essais sur ce site tandis que la France en conduisit 210 en Algérie puis dans le Pacifique.

Joe Biden ne pourra pas déstabiliser l’Ethiopie.

L’Ethiopie est un pays jusqu’ici relativement indépendant de l’influence économique et militaire américaine. Sa situation géographique à la Corne de l’Afrique lui avait jusqu’ici permis de protéger de celle-ci les Etats voisins, dont l’Erythrée et le Kenya, sans mentionner d’autres Etats plus petits et mal connus en Europe tel le Soudan et la Somalie.

Pour Washington, cette indépendance était devenue intolérable. Il risquait de perdre le contrôle de la Mer Rouge qui relie l’Océan Indien et le canal de Suez. Aussi depuis plusieurs années déjà, la CIA américaine avait financé et équipé militairement le TPLF, Tigray Peoples Liberation Front, lequel conduit une rébellion armée contre les présidents de l’Ethiopie et de l’Erythrée (voir CounterPunch  Ethiopia Conflict by US Design). Ces derniers ne sont pas nécessairement alliés, mais ils ont des intérêts communs dans une participation au grand projet chinois dit BRI ou Belt and Road Initiative.

La BRI est un programme économique en principe sans implications militaires, mais pour Washington la BRI marque une entrée de la Chine dans les Etats de la corne de l’Afrique jusqu’ici soumis depuis le départ de la France à leur influence exclusive. Ils s’y opposeront par tous les moyens possibles. La participation de l’Ethiopie à ce programme serait pour eux une défaite importante, notamment face à la Chine.

De son côté la diplomatie chinoise vise à étendre le nombre des Etats membres de la BRI. L’appui politique chinois affaiblira nécessairement l’influence de ce proxy américain qu’est le TPLF.

Pour le moment, la seule arme de Joe Biden contre le premier ministre éthiopien Aby Ahmed est de lui refuser l’entrée dans un marché commun régional piloté par Washington dit U.S. African Growth and Opportunity Act (AGOA).

La Russie menace-t-elle militairement l’Ukraine ?

On pourrait le penser, en constatant l’importance des moyens militaires russes déployés aujourd’hui à la frontière russo-ukrainienne. Cependant, jamais à lui seul, Vladimir Poutine n’envisagerait une quelconque action militaire contre l’Ukraine.

La raison en paraît évidente. Certes en septembre 2020, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a approuvé la nouvelle stratégie de sécurité nationale de l’Ukraine, qui prévoit le développement du Partenariat spécifique OTAN-Ukraine en vue d’une adhésion du pays à l’Organisation. Mais attaquer l’Ukraine serait pour Moscou s’en prendre directement à l’Otan, c’est-à-dire de facto aux Etats-Unis, ce qui serait impensable.

A l’inverse, il n’est pas exclu que Volodymyr Zelenski décide de son propre chef d’engager une action militaire contre la Russie, ne fut-ce que pour se donner de l’importance au sein de l’Alliance atlantique. Il est normal que Poutine se tienne prêt dans ce cas à répondre à une telle offensive.

On apprend que le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a confirmé la tenue, le 30 décembre, d’un entretien téléphonique entre les présidents russe et américain, à quelques jours des négociations entre les deux pays prévues le 10 janvier à Genèv. Dmitri Peskov a annoncé la tenue le 30 décembre d’un entretien par téléphone entre Vladimir Poutine et Joe Biden, confirmant les propos d’une porte-parole de la Maison Blanche chargée des questions de sécurité. Selon Washington, le président américain présentera à son homologue russe «une voie diplomatique» sur les tensions en Ukraine.

L’entretien entre les présidents russe et américain survient à quelques jours des négociations entre les deux pays prévues le 10 janvier à Genève afin notamment d’apaiser les tensions autour de l’Ukraine.  La Russie, qui affirme de son côté vouloir assurer sa sécurité face à des «provocations» de Kiev et des Occidentaux, a présenté le 17 décembre deux projets de traités, l’un destiné aux Etats-Unis et l’autre à l’OTAN, résumant ses demandes pour une désescalade.

Dans ces textes, la Russie propose en particulier un engagement de l’OTAN à ne pas s’étendre davantage à l’est, aux frontières de la Fédération russe. Washington s’est dit «prêt à discuter» de ce dossier, soulignant  comprendre «certaines choses que les Russes savent inacceptables». D’autres dossiers seront également abordés à l’instar des traités sur le contrôle des armements nucléaires.

Annalena Baerbock

Première rencontre ce jeudi entre le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, et Annalena Baerbock, la nouvelle ministre allemande des Affaires étrangères

A peine entrée en fonction, la ministre issue du parti « Les Verts » a choisi Paris pour son premier déplacement officiel, une tradition :

« Paris, comme premier déplacement, c’est plus qu’une tradition. C’est une préoccupation importante pour moi personnellement, car l’Allemagne n’a pas d’amis plus proches que la France. Non seulement en terme de relation et d’amitié franco-allemande, mais aussi parce que l’Europe est le pivot de la politique étrangère allemande », a déclaré Annalena Baerbock.

L’Allemagne n’a pas d’amis plus proches que la France.

Annalena Baerbock 

Ministre allemande des Affaires étrangères

Prévenir la dissémination de l’arme nucléaire

Les cinq principales puissances nucléaires mondiales viennent de publier un communiqué conjoint dans lequel elles s’engagent à «prévenir la poursuite de la dissémination» des armes nucléaires.

Il est depuis longtemps admis qu’une guerre entre puissances nucléaires ne peut être gagnée tant que les adversaires disposent d’une capacité dite de seconde frappe leur permettant de frapper l’adversaire même si elles sont elles-mêmes détruites lors de la première frappe. C’est le rôle que joue actuellement en France le sous-marin nucléaire lanceurs d’engins SNLE le Terrible.

Aujourd’hui les cinq principales puissances nucléaires veulent aller plus loin. Elles ont publié un communiqué conjoint dans lequel elles s’engagent à «prévenir la poursuite de la dissémination» des armes nucléaires. Dans ce texte, publié avant une conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération (TNP), les cinq puissances nucléaires soulignent leur «volonté de travailler avec tous les Etats pour mettre en place un environnement de sécurité permettant d’accomplir davantage de progrès en matière de désarmement, avec pour objectif ultime un monde exempt d’armes nucléaires».

Estimant qu’«Une guerre nucléaire ne peut être gagnée» et ne doit jamais être menée», les cinq gouvernements estiment «qu’il est de leur responsabilité première d’éviter une guerre entre États dotés d’armes nucléaires et de réduire les risques stratégiques». Ils précisent que les armes nucléaires, «tant qu’elles existent, doivent servir à des fins défensives, de dissuasion et de prévention de la guerre».

«Nous sommes déterminés à poursuivre un dialogue constructif dans le respect et la reconnaissance mutuels de nos intérêts et préoccupations en matière de sécurité» écrivent en outre Moscou, Washington, Paris, Londres et Pékin. La Russie a espéré de son côté que l’engagement qu’elle a pris avec Washington, Pékin, Londres et Paris pour prévenir la dissémination de l’arme nucléaire aidera à réduire les «tensions», tout en jugeant «toujours nécessaire» un sommet des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

On peut se demander si les puissances mineures telles que l’Iran cherchant aujourd’hui à se doter de l’arme nucléaire se jugeront tenues à respecter cet accord.