25/06/2022. L’avortement avorte aux Etats-Unis

Le 24 juin en France, medias et personnalités diverses commentent pour s’en indigner le fait que la Cour Suprème des Etats-Unis se préparait à revenir sur un arrêt dit Roe v Wade qui depuis un demi-siècle garantissait aux Américaines le droit à avorter.

C’est aux Etats-Unis un article de Politico du 3 mai 2022 qui avait donné l alerte

The Supreme Court has voted to strike down the landmark Roe v. Wade decision, according to an initial draft majority opinion written by Justice Samuel Alito circulated inside the court and obtained by POLITICO.

The draft opinion is a full-throated, unflinching repudiation of the 1973 decision which guaranteed federal constitutional protections of abortion rights and a subsequent 1992 decision — Planned Parenthood v. Casey — that largely maintained the right. “Roe was egregiously wrong from the start,” Alito writes.“We hold that Roe and Casey must be overruled,” he writes in the document, labeled as the “Opinion of the Court.” “It is time to heed the Constitution and return the issue of abortion to the people’s elected representatives.”

https://www.politico.com/news/2022/05/02/supreme-court-abortion-draft-opinion-00029473

Si cette conclusion était bien retenue par la Haute cour, les Etats-Unis reviendraient à la situation en vigueur avant 1973 quand chaque Etat était libre d’interdire ou d’autoriser les avortements. Compte tenu des importantes fractures géographiques et politiques sur le sujet, une moitié des Etats, surtout dans le Sud et le centre conservateurs, devraient rapidement bannir l’avortement sur leur sol. Les femmes désirant avorter devraient se rendre, évidemment à leurs frais, dans un autre Etat ou à l’étranger.

Rappelons qu’n France l’avortement est légalement autorisé, dans certaines conditions de délai. Il est remboursé par la Sécurité Sociale. Mais les professionnels de santé ne désirant pas pratiquer cette procédure ont le droit de s’y refuser.

Rappelons également qu’en France les militantes féministes considèrent à juste titre que l’avortement ne devrait être pratiqué que par défaut. Les méthodes de contrôle des naissance ou contraception sont bien préférables. Aujourd’hui différentes procédures permettent aux femmes de se protéger même en l’absence de consentement de leurs partenaires.

24/06/2022. Colombie. Une non- alignée de plus

Le candidat socialiste Gustavo Petro a remporté, dimanche 19 juin, le second tour des élections présidentielles en Colombie. Il a aussitôt affirmé que sa victoire, la première pour la gauche dans l’histoire du pays, était un « jour de fête pour le peuple ».

Gustavo Petro est devenu le premier président de gauche de l’histoire de la Colombie. Il promet au pays un avenir radieux : « Le changement consiste à laisser la haine et le sectarisme derrière nous. Le changement signifie la bienvenue à l’espérance, la possibilité d’un futur meilleur dans tous les coins du territoire (…). Le gouvernement de l’espérance est arrivé »,

« Le gouvernement qui entrera en fonction le 7 août sera celui de la vie, de la paix, de la justice sociale et la justice environnementale« , a-t-il affirmé.

Par ailleurs, Gustavo Petro s’est engagé à ce que la Colombie soit désormais « à la tête de la lutte contre le changement climatique dans le monde », et sauve, avec les autres pays du continent, la jungle amazonienne. Il s’appuiera sans doute dans ce but sur une afrodescendante devenue vice présidente, la charismatique Francia Marquez, villageoise activiste écologiste, et qui a joué un grand rôle dans la campagne comme colistière du candidat.

Cette élection représente un changement historique pour le modèle économique de la Colombie, mais peut-être un changement encore plus important pour les intérêts stratégiques des États-Unis dans la région.

Le véritable domaine dans lequel Gustavo Petro devrait avoir le plus d’influence sinon de pouvoir, sera celui de la politique étrangère. Par exemple, il a promis de renouer les liens avec le Venezuela voisin, ce qui mettrait presque certainement fin à l’éternelle opération de changement de régime menée par les États-Unis contre le gouvernement de ce pays. De multiples tentatives de coup d’État contre Caracas, dont la tristement célèbre opération Gideon, ont utilisé la Colombie comme base d’opérations.

Dans le même temps, l’intervention du président mexicain de gauche Lopez Obrador dit AMLO en faveur de Julian Assange n’était pas passée inaperçue. Non seulement elle exige la libération d’Assange mais elle constitue une attaque sévère contre le statut et l’action du gouvernement des États-Unis. Considérée de cette façon, elle sera sans doute interprétée comme une critique de plus des Etats-Unis de la part du président mexicain, a rapprocher de son refus de participer au récent “Sommet des Amériques’ de Los Angeles il y a quelques jours.

Beaucoup de commentateurs parlent désormais d’un nouvel non-alignement sud américain. au moment où à Washington certains envisagent d’étendre l’Otan à cette partie du monde.

Dr. Volodymyr & Mr. Zelensky : la face cachée du président ukrainien par Guy Mettan

https://www.voltairenet.org/article217398.html

Guy Mettan est ancien rédacteur-en-chef de la Tribune de Genève et fondateur du Club suisse de la presse, il est l’auteur du livre Russie-Occident. Une guerre de mille ans (à paraître le 8 septembre 2022).

Le Réseau Voltaire est un réseau de presse non-alignée, spécialisé dans l’analyse des relations internationales, créé à l’initiative de l’intellectuel français Thierry Meyssan.
https://www.voltairenet.org/article1.html

Note de Europe solidaire. Nous laissons à Guy Mettan et Thierry Meyssan la responsabilité des affirmations de l’article ci-dessous

Article

«Héros de la liberté », « The Unlikely Ukrainian Hero Who Defied Putin and United the World », « Zelensky, l’Ukraine dans le sang » : les médias et les dirigeants occidentaux ne savent plus quels superlatifs utiliser pour chanter les louanges du président ukrainien, tant ils sont fascinés par la « stupéfiante résilience » du comédien miraculeusement transformé en « chef de guerre » et en « sauveur de la démocratie. »

Depuis trois mois, le chef d’État ukrainien fait la « une » des magazines, ouvre les téléjournaux, inaugure le Festival de Cannes, harangue les parlements, félicite et admoneste ses collègues à la tête d’États dix fois plus puissants que lui avec un bonheur et un sens tactique qu’aucun acteur de cinéma ni aucun dirigeant politique avant lui n’avait connus.

Volodymyr Zelensky a, sans conteste, administré la preuve qu’il était un artiste de la politique internationale aux talents exceptionnels. Ceux qui avaient suivi sa carrière de comique n’ont pas été surpris car ils connaissaient son sens inné de l’improvisation, ses facultés mimétiques, son audace de jeu, la façon dont il a mené campagne et terrassé en quelques semaines, entre le 31 décembre 2018 et le 21 avril 2019, des adversaires pourtant coriaces comme l’ancien président Porochenko, en mobilisant son équipe de production et ses généreux donateurs oligarques,

Cependant, comme c’est souvent le cas, la façade ressemble rarement aux coulisses. La lumière des projecteurs cache plus qu’elle ne montre. Et là, force est de constater que le tableau est moins reluisant : tant ses réalisations de chef d’État que ses performances de défenseur de la démocratie laissent sérieusement à désirer.

Ce talent pour le double jeu, Zelensky va le montrer dès son élection. On rappelle qu’il a été élu avec le score canon de 73,2 % des voix en promettant de mettre fin à la corruption, de mener l’Ukraine sur le chemin du progrès et de la civilisation, et surtout de faire la paix avec les russophones du Donbass. Aussitôt élu, il va trahir toutes ses promesses avec un zèle si intempestif que sa cote de popularité tombera à 23 % en janvier 2022, au point de se faire distancer par ses deux principaux adversaires.

Dès mai 2019, pour satisfaire ses sponsors oligarques, le nouvel élu lance un programme massif de privatisation du sol portant sur 40 millions d’hectares de bonnes terres agricoles sous prétexte que le moratoire sur la vente des terres aurait fait perdre des milliards de dollars au PIB du pays. Dans la foulée des programmes de « décommunisation » et de « dérussification » entamés depuis le coup d’État pro-américain de février 2014, il lance une vaste opération de privatisation des biens d’État, d’austérité budgétaire, de dérégulation des lois sur le travail et de démantèlement des syndicats qui ne fait qu’augmenter les deficits.

En matière de corruption, le bilan n’est pas meilleur. En 2015, le Guardian estimait que l’Ukraine était le pays le plus corrompu d’Europe. En 2021, Transparency International,classait l’Ukraine au 122e rang mondial de la corruption, tout près de la Russie (136e). La corruption est partout, dans les ministères, les administrations, les entreprises publiques, le parlement, la police, et même dans la Haute Cour de Justice


Le principal sponsor de Zelensky, Ihor Kolomoïsky, résident à Genève est un oligarque dont le département d’État américain avait bloqué les avoirs aux États-Unis en raison « d’une implication pour fait significatif de corruption ». On accusait entre autres Kolomoïsky d’avoir détourné 5,5 milliards de dollars de la banque publique Privatbank.

Ce même Kolomoïsky, qui a fait toute la carrière d’acteur de Zelensky s’est retrouvé impliqué dans l’affaire des Pandora Papers révélée par la presse en octobre 2021. Ces papiers ont révélé que depuis 2012, la chaine de TV 1+1 appartenant à l’oligarque avait versé 40 millions de dollars à sa vedette Zelensky depuis 2012 et que ce dernier, peu avant d’être élu président, et avec l’aide de sa garde rapprochée de Kryvyi Rih – les deux frères Shefir, dont l’un est l’auteur des scénarios de Zelenski et l’autre le chef du Service de sécurité d’État (SBU), et le producteur et propriétaire de leur société de production commune Kvartal 95 – avait prudemment transféré des sommes considérables sur des comptes offshore ouverts au nom de sa femme, tout en acquérant trois appartements non déclarés à Londres pour la somme de 7,5 millions de dollars.

Cet art de l’optimisation fiscale et cette fréquentation assidue d’oligarques pour le moins controversés ne plaident donc pas en faveur d’un engagement présidentiel inconditionnel contre la corruption. Pas plus que le fait d’avoir essayé de révoquer le président de la Cour constitutionnelle Oleksandr Tupytskyi, qui le gênait, et nommé Premier ministre, après le départ de son prédécesseur Oleksyi Hontcharouk pour cause de scandale, un inconnu du nom de Denys Chmynal qui avait le mérite de diriger l’une des usines de l’homme le plus riche du pays, Rinat Akhmetov, propriétaire de la fameuse usine Azovstal, ultime refuge des combattants de la liberté du bataillon Azov. Ceux-ci arborent sur leur bras, dans leur cou, dans leur dos ou sur leur poitrine des tatouages glorifiant le Wolfsangel de la division SS Das Reich, des phrases d’Adolf Hitler ou des croix gammées, comme on a pu le voir sur les vidéos diffusées par les Russes après leur reddition.

Il est certain qu’à titre personnel Zelensky n’a jamais été proche de l’idéologie néo-nazie ni même de l’extrême-droite nationaliste ukrainienne. Son ascendance juive, même si elle est relativement lointaine et n’a jamais été revendiquée avant février 2022, exclut bien évidemment tout antisémitisme de sa part. Ce rapprochement ne trahit donc pas une affinité mais relève de la banale raison d’État et d’un mélange bien compris de pragmatisme et d’instinct de survie physique et politique face aux mercenaires.

Il faut remonter à octobre 2019 pour comprendre la nature des relations entre Zelensky et l’extrême-droite. ces formations d’extrême-droite, même si elles ne pèsent que 2 % de l’électorat, représentent tout de même près d’un million de personnes très motivées et bien organisées. Elles se répartissent dans de nombreux groupements et mouvements, dont le régiment Azov (cofondé et financé dès 2014 par Kolomoïsky, n’est que le plus connu. Il faut lui ajouter les organisations Aïdar, Dnipro, Safari, Svoboda, Pravy Sektor, C14 et Corps national pour être complet.

C14, baptisé ainsi en raison du nombre de mots de la phrase du néonazi américain David Lane (« We must secure the existence of our people and a future for white children »), est l’un des moins connus à l’étranger mais les plus redoutés pour sa violence raciste en Ukraine. Tous ces groupements ont été plus ou moins fondus dans l’armée et la garde nationale ukrainiennes à l’initiative de leur animateur, l’ancien ministre de l’Intérieur Arsen Avakov, qui a dominé l’appareil de sécurité ukrainien de 2014 à 2021. Ce sont eux que Zelensky appelle des « vétérans depuis l’automne 2019.

Quelques mois après son élection, le jeune président se rend en effet dans le Donbass pour tenter de réaliser sa promesse électorale et faire appliquer les accords de Minsk signés par son prédécesseur. Les forces d’extrême-droite, qui pilonnent les villes des Donetsk et Lougansk depuis 2014 au prix de dix mille morts, l’accueillent avec la plus grande circonspection car ils se méfient de ce président « pacifiste ». Ils mènent une campagne sans pitié contre la paix sous le slogan « Pas de capitulation ». Sur une vidéo, on voit un Zelensky blême les implorer : « Je suis le président de ce pays. J’ai 41 ans. Je ne suis pas un loser. Je viens vers vous et vous dis : retirez les armes. » La vidéo est lâchée sur les réseaux sociaux et Zelensky devient aussitôt la cible d’une campagne haineuse. C’en sera fait de ses velléités de paix et d’application des accords de Minsk.

Croisade nationaliste

Le problème est que non seulement Zelensky a cédé à leur chantage mais qu’il les rejoint dans leur croisade nationaliste. En novembre 2019, il reçoit plusieurs leaders de l’extrême-droite, dont Yehven Taras, le chef du C14, tandis que son Premier ministre s’affiche aux côtés d’Andryi Medvedko, une figure néo-nazie soupçonnée de meurtre. Il soutient aussi le footballeur Zolzulya contre les fans espagnols qui l’accusent d’être un nazi à cause de son soutien proclamé à Stepan Bandera, le leader nationaliste qui a collaboré avec l’Allemagne nazie pendant la guerre puis après la CIA après la guerre) et participé à l’Holocauste des Juifs.

La collaboration avec les radicaux indépendantistes est désormais bien installée. En novembre de l’an dernier, Zelensky nomme l’ultra-nationaliste chef de Pravy Sektor conseiller spécial du commandant en chef de l’armée ukrainienne puis,, depuis février 2022, chef de l’Armée des volontaires qui fait régner la terreur à l’arrière. Au même moment, il nomme Oleksander Poklad, surnommé « l’étrangleur » en raison de son goût pour la torture, chef du contre-espionnage du SBU. En décembre, deux mois avant la guerre, c’est au tour d’un autre chef de Pravy Sektor, le commandant Dmytro Kotsuybaylo, d’être récompensé par le titre de « Héros de l’Ukraine » tandis que, une semaine après le début des hostilités, Zelensky fait remplacer le gouverneur régional d’Odessa par Maksym Marchenko, commandant du bataillon ultranationaliste Aïdar, celui-là même auprès duquel Bernard-Henri Lévy se fera une gloire de défiler.

Désir d’amadouer l’extrême-droite en lui confiant des postes ? Ultra-patriotisme partagé ? Ou simple convergence d’intérêt entre une droite néolibérale atlantiste et pro-occidentale et une extrême droite nationaliste qui rêve de casser du Russe et de « mener les races blanches du monde dans une croisade finale contre les Untermenschen guidés par les Sémites », selon les mots de l’ancien député Andryi Biletsky, chef du Corps national ? On ne sait trop, aucun journaliste ne s’étant hasardé à poser la question à Zelensky.

Ce qui ne fait aucun doute en revanche, c’est la dérive de plus en plus autoritaire, voire criminelle, du régime ukrainien. À tel point que ses zélotes devraient y réfléchir à deux fois avant de proposer leur idole au prix Nobel de la Paix. Car, pendant que les médias regardent ailleurs, c’est une vraie campagne d’intimidation, de kidnappings et d’exécutions que subissent les élus locaux et nationaux soupçonnés d’être des agents russes ou d’être de connivence avec l’ennemi parce qu’ils veulent éviter une escalade du conflit.

« Un traitre de moins en Ukraine ! On l’a retrouvé tué et il a été jugé par le tribunal du peuple ! » C’est ainsi que le conseiller du ministre de l’Intérieur, Anton Gerashenko, a annoncé sur son compte Telegram le meurtre de Volodymyr Strok, maire et ancien député de la petite ville de Kremnina. Soupçonné d’avoir collaboré avec les Russes, il a été enlevé puis torturé avant d’être exécuté. Le 7 mars, c’est au tour du maire de Gostomel d’être tué parce qu’il avait voulu négocier un corridor humanitaire avec les militaires russes. Le 24 mars, c’est le maire de Kupyansk qui demande à Zelensky de relâcher sa fille enlevée par les séides du SBU. Au même moment, un des négociateurs ukrainiens est retrouvé mort après avoir été accusé de trahison par les médias nationalistes. Pas moins de onze maires sont portés disparus à ce jour, y compris dans des régions jamais occupées …

Mais la répression ne s’arrête pas là. Elle frappe les médias critiques, qui ont tous été fermés, et les partis d’opposition, qui ont tous été dissous.

En février 2021, Zelensky fait fermer trois chaînes d’opposition jugées pro-russes et censées appartenir à l’oligarque Viktor Medvedchuk, NewsOne, Zik et 112 Ukraine. Le département d’État américain salue cet attentat contre la liberté de la presse en déclarant que les États-Unis soutiennent les efforts ukrainiens pour contrer l’influence mauvaise de la Russie… En janvier 2022, un mois avant la guerre, c’est au tour de la chaine Nash d’être fermée. Après le début de la guerre, le régime fait la chasse aux journalistes, blogueurs et commentateurs de gauche. Début avril, deux chaînes de droite sont également touchées. Channel 5 et Pryamiy. Un décret présidentiel oblige toutes les chaînes à diffuser un seul et unique son de cloche, pro-gouvernemental bien sûr.

Récemment la chasse aux sorcières s’est même étendue au blogueur critique le plus populaire du pays, l’ukrainien, Anatoliy Shariy, qui été arrêté le 4 mai dernier par les autorités espagnoles à la demande de la police politique ukrainienne. Des attaques contre la presse au moins équivalentes à celles de l’autocrate Poutine, mais dont on n’a jamais entendu parler dans les médias occidentaux…

La purge a été encore plus sévère pour les partis politiques. Elle a décimé les principaux opposants de Zelensky. Au printemps 2021, le domicile du principal d’entre eux, Medvedchuk, réputé proche de Poutine, est saccagé et son propriétaire placé en résidence surveillée. Le 12 avril dernier, le député oligarque a été interné de force dans un lieu tenu secret, visiblement drogué, privé de visites avant d’être exhibé à la TV et proposé en échange de la libération des défenseurs d’Azovstal, au mépris de toutes les conventions de Genève. Ses avocats, menacés, ont dû renoncer à le défendre au profit d’un proche des services.

En décembre dernier, Petro Porochenko, qui remontait dans les sondages, a été accusé de trahison. Le 20 décembre 2021 à 15 h 07, on pouvait lire sur le site officiel du SBU qu’il était suspect d’avoir commis des crimes de trahison et de soutien à des activités terroristes. L’ancien président, qui était pourtant un antirusse forcené, se voyait reprocher « d’avoir rendu l’Ukraine énergétiquement dépendante de la Russie et des leaders des pseudo-Républiques sous contrôle russe. »

Le 3 mars dernier, ce sont les activistes de la Gauche Lizvizia qui subissent un raid et sont emprisonnés par douzaines. Puis le 19 mars, la répression frappe l’ensemble de la gauche ukrainienne. Par décret, onze partis de gauche sont interdits, soit le Parti pour la vie, l’Opposition de gauche, le Parti socialiste progressiste d’Ukraine, le Parti socialiste d’Ukraine, l’Union des forces de gauche, les Socialistes, le Parti Sharyi, Les Nôtres, le Bloc d’opposition, le Bloc Volodymyr Saldo.

D’autres activistes, blogueurs et défenseurs des droits de l’Homme sont arrêtés et torturés, le journaliste Yan Taksyur, l’activiste Elena Brezhnaya, le boxeur de MMA Maxim Ryndovskiy ou encore l’avocate Elena Viacheslavova, dont le père était mort carbonisé dans le pogrom du 2 mai 2014 à la Maison des syndicats d’Odessa.

Pour compléter cette liste, on mentionnera encore ces hommes et ces femmes déshabillés et fouettés en public par les nationalistes dans les rues de Kiev, ces prisonniers russes battus et dont on tirait dans les jambes avant de les exécuter, ce soldat à qui on avait percé un œil avant de le tuer, ces membres de la Légion géorgienne qui ont exécuté des prisonniers russes dans un village près de Kiev tandis que leur chef se vantait de ne jamais faire de prisonnier. Sur la chaine Ukraine 24, c’est le chef du service médical de l’armée qui indique avoir donné l’ordre « de castrer tous les hommes russes parce qu’ils sont des sous-hommes pires que des cafards. » Enfin, l’Ukraine recourt massivement à la technologie de reconnaissance faciale de la société Clearview afin d’identifier les morts russes et de diffuser leurs photos sur les réseaux sociaux russes en les tournant en ridicule…

On pourrait multiplier les exemples, tant sont nombreuses les citations et les vidéos d’atrocités commises par les troupes de Zelinsky, ce défenseur de la démocratie et des droits humains qui préside aux destinées de l’Ukraine. Mais ce serait fastidieux et contre-productif auprès d’une opinion publique convaincue que ces comportements barbares sont uniquement dus aux Russes.

C’est pourquoi aucune ONG ne s’en alarme, le Conseil de l’Europe reste coi, le Tribunal pénal international n’enquête pas, les organisations de défense de la liberté de la presse restent muettes. Ils n’ont pas bien écouté ce que le gentil Volodymyr leur avait déclaré lors d’une visite à Butcha début avril : « Si nous ne trouvons pas une porte de sortie civilisée, vous connaissez nos gens, ils trouveront une issue non-civilisée. »

Le problème de l’Ukraine est que son président, bon gré ou mal gré, a cédé son pouvoir aux extrémistes sur le plan intérieur et aux militaires de l’Otan sur le plan extérieur pour s’adonner au plaisir d’être adulé par les foules du monde entier. N’est-ce pas lui qui déclarait à un journaliste français, le 5 mars dernier, dix jours après l’invasion russe : «  Aujourd’hui, ma vie est belle. Je crois que je suis désiré. Je sens que c’est le sens le plus important de ma vie : être désiré. Sentir que vous n’êtes pas banalement en train de respirer, marcher et manger quelque chose. Vous vivez ! ».

On vous l’a dit : Zelenski est un grand acteur. Comme son prédécesseur qui avait incarné le Dr. Jekill & Mr. Hide en 1932, il mérite de gagner l’Oscar du meilleur rôle masculin de la décennie. Mais quand il devra s’atteler à la tâche de reconstruire son pays dévasté par une guerre qu’il aurait pu éviter en 2019, le retour à la réalité risque d’être difficile.

22/06/2022 Relations Pékin-Washington. Elles ne devraient jamais être aussi bonnes

Voilà ce qui devrait rassurer ceux qui, il à quelques mois à peine, s’étaient inquiétés d’entendre Donalt Trump affirmer que la Chine était et resterait, bien avant la Russie, une adversaire irréconciliable. Pour concrétiser cela, Washington menaçait à tous propos d’envahir Taiwan.

Ceci devrait changer. Lors d’une réunion diplomatique de haut niveau, le 13 juin 2022 à Luxembourg, Yang Jiechi, membre du Political Bureau of the Communist Party of China (CPC) Central Committee et director of the Office of the Foreign Affairs Commission of the CPC Central Committee, avait rencontré Jack Sullivan, U.S. National Security Advisor (Voir Global Times https://www.globaltimes.cn/page/202206/1268061.shtml)

Ils ont convenu qu’il était temps de donner un nouveau cours aux relations sino-américaine. Sinon ce serait une guerre assurée.

On peut penser que ce retour à la sagesse, du côte américain, a résulté de la prise de conscience, par Joe Biden, du fait que l’Amérique avait trop de difficultés pour mener des guerres commerciales et a fortori diplomatique, avec Pékin.

La Chine, de son côté, affaiblie par l’épidémie due au Covid 19, se devait de se réorganiser.

https://novayagazeta.eu/fr

Les lecteurs francophones ne trouveront plus désormais à l’adresse ci-dessus la version européenne en français de la revue russe Novaya Gazeta interdite de publication en Russie comme en France

В России введен фактический запрет на профессию журналиста. Власти РФ «отменили» нас именно в тот момент, когда россияне и весь мир нуждаются в правдивой независимой информации о катастрофической войне и о том, как война разрушает российское общество.

7 апреля 2022 года «Новая газета. Европа» открылась как новостной телеграм-канал. Сегодня, 20 апреля, мы запускаем полноценный сайт и медиа в Европе. Мы будем говорить как есть — давать полную информацию о России и войне против Украины, вне зависимости от того, что думает об этом Кремль или другие правительственные органы.

Журналисты «Новой газеты. Европа» нуждаются в вашей поддержке. Через несколько дней мы объявим кампанию краудфандинга. Оставайтесь с нами в Европе, где бы вы ни находились — по обе стороны границы разделенного вновь континента.

Кирилл Мартынов, главный редактор «Новой газеты. Европа»

20/06/2022 Une troisième guerre mondiale a-t-elle commencé ?

Le 18 mai la chaîne Russia-1 publiait sur Twitter le message suivant :  

« Nous n’avons pas encore compris comment agir sans une frappe nucléaire »

« L’opération spéciale de la Russie en Ukraine est terminée parce qu’une vraie guerre a commencé, la 3e Guerre mondiae On est obligé de mener la démilitarisation non seulement de l’Ukraine mais aussi de l’OTAN tout entière » a lancé ainsi la présentatrice Olga Skabeyeva, surnommée la poupée de fer de Vladimir Poutine.

Invité, l’analyste politique Vladimir Avatkov a surenchéri : « Vous avez mentionné la troisième guerre mondiale et la manière dont les Américains agissent sur le territoire de l’Ukraine. Nous devons nous rappeler les paroles de Poutine, qui a affirmé que quiconque essaye d’interférer dans l’opération militaire spéciale en paiera le prix ».

Et pour finir, la conclusion d’Olga Skabeyeva : « On n’oubliera jamais ces mots de Poutine. Un grand nombre de personnes essaient d’interférer sur l’opération spéciale en Ukraine. On doit agir, mais nous n’avons pas encore compris comment agir sans une frappe nucléaire »

Pour notre part, nous n’avons pas encore compris comment une frappe nucléaire russe, même de faible puissance, pourrait ne pas déclencher de troisième guerre mondiale

19/06/2022 La guerre en Ukraine durera-t-elle des années ?

19/06/2022 La guerre en Ukraine durera-t-elle des années ?

Les troupes ukrainiennes ont affirmé, le 19 juin au matin, avoir repoussé des attaques russes contre des villages situés près de Sievierodonetsk, dans l’est du pays, où les belligérants s’affrontent depuis des semaines. De son côté, le ministère de la défense russe a affirmé dimanche que « l’offensive contre Sievierodonetsk se déroule avec succès ». Le ministère de la défense britannique confirme « des bombardements à l’artillerie lourde sur les axes au nord, est et sud de la poche de la ville, mais avec peu de changements sur le front ». L’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW) évoque, pour sa part, des « gains mineurs » des forces russes dans les alentours.

Dans une rare sortie hors de Kiev, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a rendu visite, samedi, aux troupes à Mykolaïv, sur la mer Noire« Nous ne donnerons le Sud à personne, nous allons tout reprendre, et la mer sera ukrainienne, elle sera sûre », a-t-il déclaré. Il a ajouté s’être entretenu avec soldats et policiers. « Leur humeur est confiante, et en regardant dans leurs yeux, il est évident qu’aucun ne doute de notre victoire », a-t-il dit. L’ISW cite une chaîne russe sur Telegram, selon laquelle les Russes ont effectué des « frappes massives et indéterminées » le long de la frontière entre les régions de Mykolaïv et Kherson, « probablement » en réponse à de récentes contre-attaques ukrainiennes.

Pour les observateurs européens, il s’agit de pertes lourdes, supérieures proportionnellement à celles subies de chaque côté par les adversaires pendant la guerre de 14-18.

Mais ces quelques mois de guerre ont été les bienvenus par ce que l’on nomme désormais les complexes militaro-industriels. En Russie, ils ont permis de valoriser, non seulement l’industrie militaire classique, celle qui produit notamment les chars Terminator, mais tout le domaine du numérique et de l’intelligence artificielle militaire. Les robots dits autonomes ou intelligents russes ont surpris par leur capacité à conduire des affrontements urbains Ainsi le char-robot autonome russe Nerehta est un petit char d’assaut de 2,5 mètres de long censé partir au combat entièrement seul, sans aucune aide humaine

Concernant le côté ukrainien il en est de même. Le président Volodomyr Zelinsky a su se faire reconnaître à Washington, par son courage et son savoir faire, comme le mieux à même de représenter les intérêts de la puissante industrie militaire américaine. Celle-ci se battra jusqu’au dernier Ukrainien pour émarger aux milliards de dollars que les Etats-Unis ont annoncé vouloir désormais consacrer à la guerre.

19/06/2022 Gaz russe. Vladimir Poutine est-il en train de se tirer une balle dans le pied ?

Depuis deux jours, l’un des principaux gazoducs venant de Russie, et passant par l’Allemagne, n’exporte plus aucun gaz vers la France. Moscou, qui fournit 17% de notre consommation, se venge ainsi des sanctions européennes. « Les sanctions sont une arme à double tranchant et fonctionnent à double sens », a averti Vladimir Poutine,

Depuis plusieurs jours maintenant, un certain nombre pays européens annonçait des baisses de livraisons en provenance de la Russie. Autriche, Italie, Allemagne, et, depuis ce vendredi 17 juin, la France… Le Kremlin continue sa stratégie de déstabilisation des économies européennes en jouant sur le levier gazier.

Rappelons que, avant même le début de l’invasion de l’Ukraine la Russie, et son géant gazier Gazprom, utilisent les livraisons du gaz en Europe comme une mesure de rétorsion visant à diviser et déstabiliser les Vingt-Sept dans leur politique de soutien à Kiev. Depuis la salve de sanctions prise par l’Europe ces derniers jours, les livraisons n’ont atteint que 1,5 milliard de mètres cubes, alors que le précédent plancher avoisinait les 2,4 milliards.  

Jeudi 16 juin par exemple, l’autrichien OMV s’inquiétait d’une baisse des livraisons de gaz venant de Russie, alors qu’ENI annonçait que Gazprom ne livrerait que 65 % à peine des quantités de gaz demandées sur la journée, après avoir réduit de 15 % ses livraisons la veille. Mercredi 15 juin, c’est l’Allemagne ou encore Engie qui constataient une baisse des livraisons de gaz via le gazoduc Nord Stream 1. Et en fin de matinée le vendredi 17 juin, le gestionnaire du transport de gaz français, GRTGaz, a annoncé l’interruption du « flux physique entre la France et l’Allemagne » sur la livraison de gaz.  

La France, pour ce qui la concerne, devrait-elle s’inquiéter ? Les utilisations domestiques du gaz, qu’il s’agisse du gaz russe ou du gaz apporté d autres parties du monde par des gazoducs ou des méthaniers nécessitent l’entretien d’un réseau de stockage et de distribution fragile. Constamment se produisent ou sont difficilement évités des accidents imputables à ce réseau. Quoiqu’en dise Gaz de France un appel accu à Électricité de France sera le bienvenu. Les centrales nucléaires d’EDF fournissent assez d’électricité pour que le recours au gaz ne soit pas indispensable.

Certes le Gaz naturel est indispensable à un grand nombre d’applications industrielles. Mais le plus souvent l’appel de la France au marché international du gaz pourra répondre aux besoins.

19/06/22 Discours de Pierre de Gaulle à Moscou

Discours de Pierre de Gaulle, petit-fils du général de Gaulle à l’occasion de la Fête Nationale de la Fédération de Russie

TEXTE INTÉGRAL

« Zdrastvouillte ! Ot imeni frantsouskavo naroda goriatcho privetstvouiou rousskille narod i ievo praviteleille i prezident Vladimir Poutine »

(« Bonjour ! Au nom du peuple français, je salue chaleureusement le peuple russe et ses dirigeants et le Président Vladimir Poutine »).

« Здравствуйте ! От имени французского народа горячо приветсвую русские народ и его правителей и президент Владимир Путин. »

Vos Excellences, Mesdames, Messieurs les Officiels, Mesdames, Messieurs, Je vous remercie, au nom de ma famille et de mon père, l’Amiral de Gaulle, de nous inviter pour la célébration de votre fête Nationale.

Nos peuples sont liés par de longues années d’amitié et par le sang versé contre les Nazis. C’est l’occasion pour moi de répéter que la relation franco-russe était pour le Général de Gaulle d’une importance toute particulière. La France et la Russie sont proches l’une de l’autre mais aussi unies par la conscience de leur communauté d’intérêts et de destins.

Plus encore, la Russie était vue par mon grand-père comme l’allié de revers indispensable à sa sécurité mais parce qu’elle participait à sa conception de l’équilibre de l’Europe et de sa place de l’Europe dans le monde. Le Général disait même : « La décision funeste de Napoléon d’attaquer Alexandre 1er est la plus lourde erreur qu’il ait commise. Rien ne l’y forçait. C’était contraire à nos intérêts, à nos traditions, à notre génie. C’est de la guerre entre Napoléon et les russes que date notre décadence. »

Je viens ici pour affirmer une nouvelle fois haut et fort, qu’il est de l’intérêt de la France de garder de bonnes relations avec la Russie et de dire qu’il faut que nous travaillions ensemble en vue d’aider à l’union et à la sécurité de notre continent, ainsi qu’à l’équilibre, au progrès et à la paix du monde tout entier.

Chacun reconnaît aujourd’hui la responsabilité des États-Unis dans le conflit actuel, le rôle funeste de l’Otan qui s’élargit sans cesse et la politique inconsidérée du Gouvernement Ukrainien. Ce dernier, fort de belles promesses et nourri d’illusions américaines et européennes, a conduit une politique très condamnable à l’égard des populations russophones du Donbass, multipliant discrimination, spoliation, embargos et bombardements. Les Occidentaux ont malheureusement laissé faire Zelenski, ses oligarques et les groupes militaires néo-nazis s’enfermer dans une spirale de guerre.

Cet aveuglement est lourd de conséquence pour le peuple ukrainien. Mais ne nous y trompons pas : que veulent les Américains si ce n’est provoquer une nouvelle confrontation Est-Ouest, dont le seul but est d’affaiblir et de diviser l’Europe pour imposer leurs directives, leur économie et leur système ? Depuis la première guerre mondiale, les Américains ont conclu un pacte pour établir un équilibre nécessaire des forces en Europe et s’associer à la sécurité du continent européen. Ce n’est pas en organisant une escalade militaire systématique en Ukraine, qu’ils respecteront leur engagement, ni leurs grands principes de liberté et de démocratie !

Les États-Unis sont dans l’erreur, l’Otan est dans l’erreur, dont l’expansionnisme débridé et irréfléchi conduit inexorablement au déséquilibre du Monde et à l’injustice. Les belles promesses des Américains de ne pas élargir l’Otan à l’Est, ni au Nord, n’ont pas été respectées. Les accords de Minsk n’ont pas été respectés.

La réalité, c’est que les Américains n’ont jamais accepté, ni l’Occident avec eux, qu’après la difficile transition de 1991 et la reconstruction qui a suivi, que la Russie ne s’intègre pas dans son monde unipolaire. Les Américains ni l’Europe, n’ont jamais accepté que la Russie se transforme selon le modèle occidental, à son image.

A cause de cela et d’emblée, le Président Poutine fût perçu comme un dictateur, alors que c’est un grand leader pour son pays !

Les États-Unis n’ont jamais non plus accepté la perte du rôle du dollar comme monnaie prépondérante dans le règlement des échanges internationaux dans le monde. Le pire est, que dans cet aveuglement, ils ne font que renforcer, en déplaçant les intérêt économiques et financiers à l’Est, la position de la Chine et de la monnaie chinoise qu’ils veulent aussi combattre ! Les sanctions, qui sont celles de la politique du faible, sont inopérantes, sauf à affaiblir les Européens et autres nations du monde. Les Africains eux-mêmes, par l’intermédiaire du Président de l’Union Africaine, Monsieur Macky Sall, s’en inquiètent considérablement.

En provoquant une crise économique profonde, systémique et durable qui nous touche déjà tous, du prix du pain, au chauffage et aux carburants mais aussi par la pénurie agro-alimentaire, des matières premières et des métaux industriels qu’elle entraîne, les Américains affaiblissent les Européens à leur profit. Aura-t-on oublié que depuis au moins un siècle, toutes les crises financières majeures viennent des États-Unis ? « Notre dollar, votre problème » disait Henry Kissinger. Les Américains nous tiennent toujours par leur endettement, qu’ils exportent.

En imposant aussi un modèle culturel et social qui repose sur le culte de la jouissance et de la consommation, les Américains sapent le socle de nos valeurs traditionnelles et les deux piliers de la civilisation que sont la famille et la tradition.

L’Europe et bien sûr la France ont tout à perdre à s’enfermer dans cette escalade militaire et idéologique voulue par les États-Unis et l’Otan. Charles de Gaulle le disait : « l’Amérique ne fait pas partie de l’Europe. Je crois l’avoir découvert sur la carte. »

De la conjoncture actuelle, terrible et redoutable, la France peut et doit jouer un rôle capital. La France et la Russie sont toutes deux filles de l’Europe. La France ne doit pas oublier qu’elle est l’ainée des nations européennes et qu’aucune n’a derrière elle une aussi longue trainée de gloire. Mon grand-père a toujours soutenu et défendu l’impérative nécessité, même aux moments les plus difficiles de l’histoire, de construire et préserver une relation forte et partagée avec la Russie.

Il aimait la Russie. Nous aimons, ma famille et moi, la Russie et son peuple. Le peuple russe, dont le droit de propriété est si injustement bafoué partout dans le monde. Cela me rappelle les pires moments de l’occupation et du régime de Vichy en France. Et les artistes, les sportifs russes, sont-ils aussi responsables ?

Cette politique systématique et aveugle de confiscation et de discrimination du peuple russe tout entier est scandaleuse et me choque considérablement.

Permettez-moi de citer encore une fois le Général de Gaulle : « En France, on n’a jamais considéré la Russie comme un ennemi. Je suis pour le développement de l’amitié franco-russe et je n’ai jamais envoyé et je n’enverrai jamais des armes aux gens qui se seraient battus contre la Russie soviétique. »

Les Américains donnent de l’argent (et des armes), nous les payons en parts d’indépendance. Je regrette que le Gouvernement français se commette dans cette soumission à l’Otan et donc à la politique américaine.

Je déplore, que de par la volonté de certains présidents français, la France se soit dissoute dans l’Otan. Or, le Général de Gaulle s’est toujours efforcé de maintenir l’indépendance de la France dans le commandement intégré de l’Otan.

L’Otan absorbe l’Europe. Depuis, les Américains ne parlent plus à la France et ne nous considèrent plus comme une nation forte et indépendante.

Faut-il rappeler le camouflet récent subi par la France dans la rupture brutale et unilatérale du contrat d’achat des sous-marins australiens par l’Australie, Membre du Commonwealth et qui fût orchestré par les anglais et les américains ? La France peut-elle se contenter, outre sa perte de souveraineté, des trois jours d’avance en munitions et en carburant que lui octroie l’Otan ? Je ne comprends pas la politique du Président français.

Fort de ses convictions, de son armée et de la force de dissuasion qu’il a lui-même construite au grand dam des Américains, le Général de Gaulle a eu la détermination de sortir de l’Otan, tout en restant comme membre de droit de l’Alliance Atlantique. Je souhaiterais que le Président français ait ce courage et cette volonté, plutôt que de subir les affres de la pensée unique et de la politique commune imposée par les Américains, qui le rendent dépendant.

De la même manière, je ne me reconnais pas dans la France d’aujourd’hui, dans cette politique du « en même temps », qui nous affaiblit. Je ne me reconnais pas dans l’abandon actuel des valeurs, de notre histoire, de notre culture, de nos grands principes de liberté, du devoir et de la sécurité.

Le Général de Gaulle écrivait. « Il existe un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde. » Notre but est et doit rester d’établir une entente européenne entre l’Atlantique et l’Oural. Au milieu des alarmes du monde et des dangers de la crise actuelle, la France peut et doit, à nouveau, peser de tout son poids et chercher un arrangement avec les pays belligérants et la Russie en particulier.

On ne fait pas la guerre tout seul !

C’est une conviction que les idéologies, donc les régimes qui les expriment, en Ukraine comme ailleurs, ne sont que de passage. « Seuls comptent, appuyés sur les fondements politiques, la patine des siècles et la capacité des pays à rester grands ».

Comme le disait le Général de Gaulle en 1966 lors de son deuxième voyage en Russie : « La visite que j’achève de faire à votre pays, c’est une visite de la France de toujours à la Russie de toujours. »

Je vous remercie.

Pierre de Gaulle

https://crsc.fr/discours-de-pierre-de-gaulle-petit-fils-du-general-de-gaulle-a-l-occasion-de-la-fete-nationale-de-la-federation-de-russie/

 

18/06/2022 Découverte d’un nouveau type de FRB.

Une équipe internationale d’astronomes a repéré le deuxième exemple d’un Fast radio burst (FRB) ou sursauts radio rapides, très actif et répétitif. Ceci renforce encore les interrogations sur la nature de ces phénomènes, que les scientifiques ne parviennent pas pleinement à expliquer.

Celui-ci est seulement le deuxième exemple connu à ce jour de tels sursauts radios rapides actifs en permanence. Découvert en 2019 par le radiotélescope sphérique chinois FAST,  le plus grand radiotélescope à antenne unique du monde, le sursaut baptisé FRB 190520 soulève aujourd’hui une série de questions résumées par un article publié le 8 juin 2022 dans la revue Nature.dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract.

Pourquoi émet-il des salves d’ondes radio fréquentes et continues, alors que plus de 95% de la centaine de FRB connus à ce jour ne se répètent pas ? Et à quoi est due cette différence ?

En fait, depuis la première détection des FRB en 2007, la liste des interrogations au sujet de ces émissions d’ondes radio très intenses et très brèves ne cesse de s’allonger. En premier lieu, à correspondent-elles ? Si on les attribue à des explosions cosmiques, quelles sont la nature et les origines de celles-ci. Toutefois, les astronomes s’accordent sur un point : les FRB viennent de galaxies très lointaines.

Il ne fait pas non plus de doute qu’un FRB est la marque d’un phénomène extrême. Il peut émettre en quelques millisecondes l’équivalent de l’énergie émise par le Soleil en un siècle.  Deux hypothèses sont aujourd’hui avancées pour expliquer ces sursauts : des cataclysmes, comme des collisions entre des objets très denses et très massifs (la fusion entre deux trous noirs, deux étoiles à neutrons, ou un trou noir et une étoile à neutrons), ou des objets qui ont une émission radio périodique intense, tels que des étoiles à neutrons très massives avec de forts champs magnétiques

Grâce à une étude plus précise à l’aide du Karl G. Jansky Very Large Array (VLA) de la National Science Foundation, et à des observations directes avec le télescope optique Subaru à Hawaï, les chercheurs ont pu établir que FRB 190520 était situé à la périphérie d’une galaxie naine située à près de 3 milliards d’années-lumière de la Terre.

Les observations du VLA ont également révélé que cet objet émettait constamment des ondes radio plus faibles entre les rafales. « Pendant des décennies, les astronomes ont pensé qu’il y avait deux types de sources radio observables dans l’Univers : les trous noirs supermassifs en accrétion (La matière de l’étoile, aspirée par le trou noir, forme un disque d’accrétion de gaz tourbillonnant autour de ce dernier.  et l’activité résultat de la formation d’étoiles. Aujourd’hui, nous affirmons qu’il n’est plus possible d’être si catégorique », rapporte Casey Law, astrophysicien à Caltech et co-auteur de l’article.  Une étude plus complète s’impose.

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/univers/un-etrange-sursaut-radio-rapide-repetitif-souleve-encore-plus-de-questions-sur-la-nature-de-ces-objets_164249

  • Référence
  • A repeating fast radio burst associated with a persistent radio source

https://www.nature.com/articles/s41586-022-04755-5

 (2022) Published: 08 June 2022

  • Abstract

The dispersive sweep of fast radio bursts (FRBs) has been used to probe the ionized baryon content of the intergalactic medium1, which is assumed to dominate the total extragalactic dispersion. Although the host-galaxy contributions to the dispersion measure appear to be small for most FRBs2, in at least one case there is evidence for an extreme magneto-ionic local environment3,4 and a compact persistent radio source5. Here we report the detection and localization of the repeating FRB 20190520B, which is co-located with a compact, persistent radio source and associated with a dwarf host galaxy of high specific-star-formation rate at a redshift of 0.241 ± 0.001. The estimated host-galaxy dispersion measure of approximately 903+72−111903−111+72 parsecs per cubic centimetre, which is nearly an order of magnitude higher than the average of FRB host galaxies2,6, far exceeds the dispersion-measure contribution of the intergalactic medium. Caution is thus warranted in inferring redshifts for FRBs without accurate host-galaxy identifications.