28/09/2022 Fuites sur le gazoduc Nordstream 2 en mer Baltique

Nous ne reviendrons pas ici sur cet « incident ». Au soir du 28 septembre, l’accord semble unanime. Il s’agit d’un acte terroriste, pour ne pas parler d’un acte de guerre. Mais aucun consensus n’existe concernant l’auteur de cet acte du guerre, qui est jusqu’ici resté silencieux. On sait seulement que ce sabotage, à cette profondeur, nécessitait des moyens techniques considérables.

Bien que son ouverture ait été annulée en début d’année en représailles à l’invasion russe de l’Ukraine, le gazoduc avait été « préparé techniquement » et « rempli de gaz », a expliqué lundi à l’AFP Ulrich Lissek, porte-parole de la société Nord Stream 2. Ce pipeline devait renforcer les capacités d’exportation de gaz russe directement vers l’Allemagne, en supplément du premier gazoduc Nord Stream. Ce dernier a été complètement arrêté début septembre par Gazprom.

La Russie, fréquemment accusée, a refusé toute responsabilité. On ne voit pas en effet quels avantages elle tirerait de ce sabotage, qui la privera pendant un temps indéterminé, des revenus qu’elle attendait de la vente à l’Allemagne des hydrocarbures russes. Moscou va demander une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU au sujet des fuites, après avoir sommé Joe Biden de dire si les États-Unis étaient à l’origine de ce « sabotage ». Une insinuation jugée « ridicule » selon la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.


Mais alors, cui bono ? A qui profite le crime ? On peut penser que c’est au puissant lobby gazo-pétrolier américain qu’il profite. Celui-ci veut rendre impossible l’acquisition par les Européens de gaz russe. Depuis plusieurs mois, les pétroliers américains ont finance la construction de navires pétroliers porteurs de Gaz Naturel Liquéfié CNL extrait en abondance aux Etats-Unis et qu’ils s’efforcent de vendre à toute l’Europe, obligeant cette dernière à la construction de conteuses infrastructures portuaires.

Voir https://www.nouvelobs.com/monde/20220928.OBS63792/accident-ou-sabotage-ce-que-l-on-sait-des-fuites-sur-les-gazoducs-en-mer-baltique.html

28/09/2022 Nucléaire français. Ne pas promettre si l’on ne peut pas tenir

Beaucoup en France pensent aujourd’hui que la filière nucléaire française, sous la responsabilité d’EDF-RTE, constitue un atout pous le pays, tant au plan technique qu’économique. C’est la raison pour laquelle la France n’a encore que peu investi dans le domaine des énergies renouvelables, notamment solaires.

L’Allemagne qui pour des raisons électorales, ne fait que peu appel au nucléaire, subit aujourd’hui les conséquences de ce choix. Les importations massives de gaz et pétrole russes sur lesquelles elle comptait sont aujourd’hui compromises par des fuites https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/ce-que-l-on-sait-des-fuites-sur-les-gazoducs-nord-stream-1-et-2-en-mer-baltique_5384107.html affectant le gazoduc Nordstream, fuites dont les causes sont aujourd’hui inconnues, mais qui relèvent probablement de l’actuel conflit entre l’Europe et la Russie.

Quant à la France, faut-il rappeler qu’aujourd’hui 26 réacteurs nucléaires sont à l’arrêt . Mails ils devraient avoir redémarré leur production d’électricité au cours de l’hiver, selon la direction de RTE, gestionnaire du réseau. En effet, la France fait face à une indisponibilité exceptionnelle de son parc de 56 réacteurs. La tenue du calendrier de retour au réseau jouera un rôle essentiel dans la gestion électrique du prochain hiver, a prévenu RTE, le gestionnaire du réseau.

À l’origine de cette situation, le retard des maintenances décennales, dû au Covid, et la découverte l’hiver dernier de problèmes de corrosion, contraignant EDF à entreprendre un contrôle quasi général de son parc nucléaire. La direction d’EDF a donc détaillé son calendrier pour les 26 réacteurs aujourd’hui à l’arrêt dans l’Hexagone : cinq doivent repartir en septembre, cinq en octobre, suivis de sept supplémentaires en novembre, trois en décembre, trois en janvier puis deux en février

Mais  ceci mobilise du temps industriel et notamment des ingénieurs et techniciens spécialisé. Selon EDF «  Si, il y a dix ans, on avait pu lancer deux ou trois chantiers de réacteurs, on aurait pu avoir  des spécialistes aujourd’hui rares, tuyauteurs, soudeurs, robinetiers, chaudronniers… Ce déficit de compétences affecte la capacité à réparer au rythme souhaité.

La loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte en est responsable Elle prévoit « 5° De réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025

Aujourd’hui la France a finalement choisi de relancer l’atome, notamment par la voix d’Emmanuel Macron qui à Belfort en février 2022 a souhaité la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR. Mais ceci sera-t-il possible en s’en tenant aux ressources françaises, notamment à un moment où la France mobilisera de plus en plus de compétences dans le cadre du Programme Iter.

27/09/2022 Stocker de l’électricité par gravité.

Pour stocker de l’électricité, trois techniques sont actuellement utilisées : la batterie, qui n’est rien d’autre qu’un assemblage de piles, la Station de transfert par pompage-turbinage (STEP), dont le premier exemplaire a été installé au début du XXe siècle, et le stockage par air comprimé, inventé il y a près de 50 ans.

Depuis quelques années, un nouveau concept est en cours d’expérimentation Il s’agit du stockage « gravitaire » à base de blocs de béton développé par Energy Vault, une start-up américaine dont le siège d’exploitation est situé en Suisse. Suivant un principe inspiré de la STEP, le système hisse des poids en béton au sommet d’une structure pour accumuler de l’électricité, sous forme d’énergie de pesanteur.

Pour décharger l’électricité, il suffit de laisser ces blocs tomber au sol. Dans leur descente, ils entraînent des câbles qui animent un alternateur, produisant du courant. À l’origine, le système se présente sous la forme d’une grue à bras multiples, équipée de treuils pour empiler ou étaler les blocs.

Un prototype est opérationnel depuis juin 2020 à Ticino en Suisse. De part sa conception, l’installation accuse quelques défauts, comme une prise au vent importante et une faible surface balayée par les flèches.

Energy Vault a donc dévoilé une version plus évoluée de son concept. Le système de stockage est désormais contenu dans un immense bâtiment rectangulaire. Les blocs de béton circulent à la manière d’un ascenseur, dans une cage métallique. Ils peuvent être hissés et redescendus dans n’importe quelle cellule de la structure, à la verticale comme à l’horizontale.

Sans préciser les détails techniques, la société évoque simplement une autonomie de 2 à 12 heures, selon le dimensionnement. La puissance et la capacité du système évoluerait en fonction du nombre de modules installé. Chaque module serait capable de stocker 10 MWh d’électricité, sans que l’on connaisse ses dimensions, sa puissance, son rendement ni la quantité de béton nécessaire.

Malgré les incertitudes sur l’efficacité du concept, quelques opérateurs ont manifesté de l’intérêt. En Californie, deux producteurs d’électricité ont commandé un premier système de 275,2 MWh dont la mise en service est prévue pour mi-2023. Mais le plus gros contrat vient de Chine. Energy Vault a signé un accord pour y développer un projet de 2 GWh en Mongolie intérieure, dont les détails n’ont pas été précisés.

Dans un communiqué , la société évoque une première installation pilote de 25 MW de puissance et 100 MWh de capacité à Rudong, proche de Shanghai, dont les travaux ont démarré en mars 2022.

Remerciement

https://www.revolution-energetique.com/

25/09/2022 Des batteries électriques quantiques rechargeables en un clin d’oeil.

Les véhicules modernes à propulsion électrique font appel à des parcs d’accumulateurs embarqués dont le poids considérable obère une partie de leur charge utile. Ceci tient essentiellement au fait que ces accumulateurs dits aussi batteries sont avec les technologies actuelles très longs à recharger et qu’il faut éviter de les décharger complètement. Des batteries qui se chargeraient en quelques secondes changeraient complément les données du problème. Aujourd’hui les physiciens pratiquant la physique quantique considèrent que cet exploit, comme beaucoup d’autres de même nature, serait réalisable dans le cadre de cette physique. De plus, selon cette physique, plus la batterie serait de taille importante, plus vite elle se rechargerait.

Le terme de batterie doit être entendu ici dans son sens électrochimique. Dans une telle batterie, les électrons et les ions sont séparés de facto, ce qui leur permet d’accumuler de l’énergie. Connecter les électrodes qui leur correspondent libère cette énergie et, en ce cas, produit un courant électrique. Recharger la batterie à partir d’un courant électrique oblige à les déconnecter de nouveau

Aujourd’hui, les batteries rechargeables dites lithium-ion https://www.centrale-energie.fr/spip/spip.php?article354 ont été mises au point en 2019 et sont devenues la règle compte-tenu de leurs grandes capacités et rapidité de recharge. Mais elles présentent des inconvénients que ne devraient pas avoir les batteries quantiques.

Il y a 10 ans environ, des chercheurs européens des université de Dantzig et de Leuwen proposèrent au plan théorique le concept de batterie quantique. Ils s’appuyèrent sur l’expérience que l’on a depuis des décennies du monde quantique. Le monde quantique n’est pas définissable en soi. Faute d’observateur, les particules quantiques n’ont pas de propriétés précises. Elles peuvent être par exemple dans des états dits de superposition ou d’intrication.

Charger une batterie conventionnelle suppose le déplacement de milliards de milliards d’électrons. Il serait difficile de représenter cela en termes quantiques. Les concepts plus globaux de la thermodynamique suffisent. Ils sont donc utilisés pour décrire le comportement des moteurs, des pompes, des batteries et autres machines. On cherche aujourd’hui en cosmologie à les utiliser pour comprendre les corps noirs voire l’univers lui-même. Il n’est pas nécessaire pour cela de décrire le comportement quantique des simples particules, fussent-elles nommées des qu-bits, des particules quantiques.

Néanmoins, en ce qui concerne la vitesse de charge, la réalisation d’une batterie quantique permettrait, tout au moins en théorie, d’obtenir des vitesses de charge quasi-instantanées. si les composants individuels de cette batterie avaient des propriétés quantiques de superposition et d’intrication, recharger électriquement ce composant se répercuterait presque instantanément sur tous les autres composants.

Resterait en pratique à fabriquer une batterie quantique. Au vu du coût et du temps de déploiement des calculateurs quantiques d’aujourd’hui, la réalisation de batteries quantiques de conception relativement proche de celle de ces calculateurs et destinées à équiper des millions de véhicules n’est pas pour demain.

Mieux vaut s’armer de patience

Voir https://www.ibs.re.kr/cop/bbs/BBSMSTR_000000000738/selectBoardArticle.do?nttId=21132&pageIndex=1&searchCnd=&searchWrd=

24/09/2022 Fusion nucléaire. De nouveaux progrès

Nous avons souvent rappelé ici que la fusion nucléaire constituera dans quelques années une source d’énergie majeure, dépassant en performance les énergies renouvelables. La France abrite à Cadarache le centre de recherche internationale ITER au sein duquel collaborent activement une vingtaine de pays. ITER ne sera pas lui-même un centre de production mais de mise en commun d’expériences à partir de leurs propres tokamaks de recherche.

Le rapport cité en référence, dont nous publions l’abstract, concerne une avancée importante vers la fusion nucléaire du tokamak sud-coréen KSTAR sur lequel repose le projet Kepko Korea Superconducting Tokamak Advanced Research https://home.kepco.co.kr/kepco/EN/G/htmlView/ENGFHP006.do?menuCd=EN070706

KSTAR est un Tokamak situé à Daejeon en Corée du Sud. Il doit contribuer aux efforts de recherches sur le confinement magnétique du plasma pour le projet ITER. Le projet a été approuvé en 1995 et la construction du KSTAR s’est achevée le 14 septembre 2007 pour une première mise en route en juin 2008.

Les chercheurs sud-coréens ont annoncé avoir réussi une réaction de fusion à très haute température. La température était celle nécessitée par un réacteur en vraie grandeur. Le plasma ainsi créé a été conservé stable pendant 30 secondes. C’est là un exploit jamais réussi jusqu’à présent. S le plasma avait touché ne fut-ce qu’une fraction de seconde les parois du réacteur, il se serait brutalement refroidi en détériorant tout l’équipement.

Les techniques de confinement magnétique utilisées jusqu’à présent pour conserver le plasma au centre du dispositif sont beaucoup plus approximatives :

Edge transport barrier ETB ou Internal transport barrier ITB

Les chercheurs utilisèrent au KSTAR une barrière de type ITB améliorée qui augmente la température au centre du plasma et la refroidir vers l’extérieur. Ils réussirent à arrêter la réaction au bout de 30 secondes pour mieux l’étudier ultérieurement et mettre au point pour l’avenir des parois de réacteur à base de tungstène. Il faudra sans doute imaginer une procédure utilisant la technique dite des conducteurs superioniques ou fast-ion conduction permettant d’extraire la chaleur produite pour lui donner des applications utiles (voir https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rsta.2019.0451)

A sustained high-temperature fusion plasma regime facilitated by fast ions

https://www.nature.com/articles/s41586-022-05008-1

7 sept.22

Abstract

Nuclear fusion is one of the most attractive alternatives to carbon-dependent energy sources. Harnessing energy from nuclear fusion in a large reactor scale, however, still presents many scientific challenges despite the many years of research and steady advances in magnetic confinement approaches. State-of-the-art magnetic fusion devices cannot yet achieve a sustainable fusion performance, which requires a high temperature above 100 million kelvin and sufficient control of instabilities to ensure steady-state operation on the order of tens of seconds. Here we report experiments at the Korea Superconducting Tokamak Advanced Research device producing a plasma fusion regime that satisfies most of the above requirements: thanks to abundant fast ions stabilizing the core plasma turbulence, we generate plasmas at a temperature of 100 million kelvin lasting up to 20 seconds without plasma edge instabilities or impurity accumulation. A low plasma density combined with a moderate input power for operation is key to establishing this regime by preserving a high fraction of fast ions. This regime is rarely subject to disruption and can be sustained reliably even without a sophisticated control, and thus represents a promising path towards commercial fusion reactors.

23/09/2022. Astrophysique. Articles récents concernant les trous noirs et collisions de galaxies

Faute de temps pour les commenter, nous publions ici les références de cinq articles d’actualité concernant les sujets ci-dessus.

https://lejournal.cnrs.fr/articles/voici-la-toute-premiere-image-dun-trou-noir

https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-voie-lactee-devoile-son-trou-noir

https://www.cnrs.fr/fr/les-astronomes-revelent-la-premiere-image-du-trou-noir-au-coeur-de-notre-galaxie

_________________________________________

https://theconversation.com/images-de-science-ce-que-le-telescope-james-webb-nous-apprend-sur-les-collisions-de-galaxies-190460

https://theconversation.com/images-de-science-le-telescope-james-webb-nous-emmene-13-milliards-dannees-dans-le-passe-186791

22/09/2022 Menaces nucléaires russes. Quelles menaces précisément ?

Nous lisons le 22 mars 2022 dans Libération : « Pour conclure, Poutine n’a tout de même pas pu s’empêcher d’agiter de nouveau la menace nucléaire : «Si l’intégrité territoriale de notre pays est menacée, nous utiliserons certainement tous les moyens à notre disposition pour défendre la Russie et notre peuple. Ce n’est pas du bluff.»

En relisant ces propos tels que rapportés par Libération, nous n’y voyons pas d’allusion à une menace nucléaire précise formulée par Poutine contre l’Occident. D’ailleurs le porte parole de l’ambassade russe interrogé par Radio-France le 21 au soir n’a pas voulu confirmer ce propos.

Cela peut se comprendre. L’Ukraine et l’est de la Russie sont si proches que les vents d’ouest-nord-ouest dominants en été rapporteraient inévitablement tous les rejets nucléaires provenant d’une explosion atomique russe vers l’envoyeur. Il en serait de même de l’emploi d’armes atomiques de faible puissance. L’une de celles-ci suffirait à rayer de la carte une ou deux villes frontières russes.

Quant à utiliser un missile balistique intercontinental ICBM pour frapper l’Europe ou les Etats-Unis, Dieu merci, personne ne l’envisage à Moscou, autant que l’on sache.

21/09/2022 Des référendums visant à approuver le rattachement à la Russie

Le conflit en Ukraine pourrait connaître dans les prochains jours une escalade considérable. Mardi 20 septembre, les républiques séparatistes prorusses de Louhansk et de Donetsk, dans le Donbass, ont annoncé la tenue, du 23 au 27 septembre, de référendums sur leur territoire visant à approuver leur rattachement à la Fédération de Russie. Les autorités des régions de Kherson et de Zaporijjia les ont suivi quelques heures plus tard, annonçant un scrutin aux mêmes conditions. Ce rattachement fait que Moscou pourra les considérer comme des provinces russes et réagir en conséquence si elles étaient attaquées par Kiev

Peu auparavant, le 18 septembre, après une réunion à Samarkande du sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (SCO ou OCS https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coop%C3%A9ration_de_Shanghai), Vladimir Poutine et XI Jinping qui participaient à la réunion (virtuelle pour cause de pandémie) purent affirmer sans être contredits que les Etats-Unis méritaient de figurer parmi les Etats terroristes car ils armaient et finançaient l’Ukraine dans la guerre dite du Donbass que l’Ukraine menait contre la Russie. Ils traitèrent de mensonges les tortures et les exécutions sommaires dénoncées par l’Occident et attribuées à la Russie.

Rappelons que l’OCS promeut depuis l’origine une doctrine des relations internationales clairement démarquée de la vision occidentale. La vision occidentale met avant tout l’accent sur la démocratie, les droits de l’homme et le libéralisme économique. De son côté, selon les termes employés par le ministère des Affaires étrangères de la Chine, l’OCS respecte les principes de base suivants : « l’adhésion aux buts et principes de la Charte des Nations unies, le respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chacun, la non-ingérence dans les affaires intérieures de chacun, l’égalité entre tous les États membres et le règlement de toutes les questions par la négociation »

Ces principes, souvent qualifiés d’« esprit de Shanghai », constituent selon les déclarations de l’OCS la base d’un nouveau modèle de sécurité et de coopération régionale, d’État à État, respectueux des différences et sans alignement forcé sur les positions des États les plus puissants

20/09/2022 . Les efforts du Kremin pour limiter la portée de ses opérations militaires en Ukraine sont une erreur stratégique pouvant entrainer une 3e guerre mondiale

Nous republions ici un article de Paul Craig Robert PaulCraigRoberts.org publié le 26 septembre 2022 en anglais

As readers know, I have been concerned for many years that Russia’s toleration of endless insults and provocations would continue to encourage more and worst provocations until red lines are crossed that result in direct conflict between the two major nuclear powers. All these years the Kremlin, unable to understand, or to accept, that its role as Washington’s enemy #1 was set in stone, relied on a strategy of zero to minimal responses in order to undercut the image of a dangerous and aggressive Russia set on restoring the Soviet Empire.

This diplomatic strategy, like Russia’s Ukraine strategy, has completely failed.

The Kremlin’s disastrous Ukraine strategy began when the Kremlin paid more attention to the Sochi Olympics than it did to Washington’s overthrow of the Ukraine government. The Kremlin’s mistakes were put on an accelerating path when the Kremlin refused the Donbass’ request to be reunited with Russia like the former Russian province of Crimea. This left the Donbass Russians, formerly a part of Russia, to suffer persecution by Ukraine’s Nazi militias, shelling of civilian areas, and partial occupation by Ukrainian forces from 2014 until February, 2022 when the Russian Army began clearing Donbass of Ukrainian forces in order to prevent a prepared Ukrainian invasion of the Donbass republics. Having waited 8 years to act, the Kremlin now faced a large, western trained and equipped army plus fanatical Nazi regiments.

One would have thought that by this time the Kremlin would have learned from its extraordinary mistakes and realized that, finally, it needed to demonstrate that it was provoked. Without any question, what was called for was a Russian attack that closed down Ukraine, destroying the government, all civilian infrastructure and ending the conflict immediately. Instead, the Kremlin compounded its mistakes. It announced a limited intervention, the purpose of which was to clear Ukrainian forces out of Donbass. It left the government and civilian infrastructure of its enemy untouched, thereby enabling its enemy to resist the intervention on highly favorable terms.

To be clear, there is no doubt that the Russians can clear Donbass of Ukrainian forces and have about completed the task. The Kremlin’s mistake was not realizing that the West would not permit the intervention to be limited.

The Kremlin warned the West about interfering in the operation, declaring that if the US and NATO got involved, Russia would regard those countries as “combatants.” But the West got involved, slowly and carefully at first to test the waters and then more and more aggressively as what the West originally expected would be at most a week long conflict is now in its seventh month with the Kremlin again talking about negotiation with Zelensky and the Russian advance apparently on hold. Far from treating the NATO countries as combatants, the Kremlin still provides Europe with energy to the extent that Europe permits Russia to do so. High Russian officials have spoken as if proving Russia to be a reliable energy supplier is more important than the lives of its soldiers fighting against western trained and equipped Ukraine forces supplied by European countries whose armaments industries are running on Russian energy.

I correctly predicted that Russian half measures would result in the widening of the war.

The correctness of my analysis has now been confirmed by a report in The Hill, a Washington publication read by insiders. The report is titled: “Why the US is becoming more brazen with its Ukraine support” and can be read here: https://thehill.com/policy/international/3627782-why-the-us-is-becoming-more-brazen-with-its-ukraine-support/

Here is the opening sentence of the report and some excerpts:

“The Biden administration is arming Ukraine with weapons that can do serious damage to Russian forces, and, unlike early in the war, U.S. officials don’t appear worried about Moscow’s reaction.”

“’Over time, the administration has recognized that they can provide larger, more capable, longer-distance, heavier weapons to the Ukrainians and the Russians have not reacted,’ former U.S. Ambassador to Ukraine William Taylor told The Hill.

“’The Russians have kind of bluffed and blustered, but they haven’t been provoked. And there was concern [over this] in the administration early on — there still is to some degree — but the fear of provoking the Russians has gone down,’ added Taylor, who is now with the U.S. Institute of Peace.”

“’We were a bit more careful at first … not knowing if Putin would find and attack supply lines and convoys, not being sure if he would escalate, and also not being sure if Ukraine could use what we have [given] them or hold out for long against Russia,’ said Michael O’Hanlon, a military analyst at the Washington, D.C.-based think tank Brookings Institution.”

“Since June, the U.S. has steadily been increasing High Mobility Artillery Rocket Systems to the country, which American service members have trained Ukrainian troops to use in batches.

“Looking ahead, multiple reports have indicated that the U.S. plans to soon send Excalibur precision-guided artillery munitions — weapons that can travel up to 70 kilometers and would help the Ukrainians target dug-in Russian positions and command posts.

“Part of the shift in messaging can be attributed to the fact Kyiv defied international expectations and did not quickly fall when Russia first attacked, according to Nathan Sales, a former State Department official who most recently served as the acting undersecretary for civilian security, democracy and human rights.”

As I said would be the case, the Kremlin’s limited operation was seen in the West as a half measure that provided the West with the opportunity to widen the war. Now with winter approaching the conflict is widening with shipments of long range powerful weapons capable of attacking Donbass, Crimea, and other parts of Russia from western Ukraine that was spared Russian invasion.

As I also said would be the case, by lengthening the war with its go-slow tactics in order to minimize civilian casualties, a noble intent, Russia gave the West the opportunity to characterize the Russian intervention as running out of steam from exhausted munitions and high Russian casualties. The picture of Russian failure has had the effect I expected of making the West more confident about its combatant role. Here are excerpts from The Hill’s report confirming that:

“Another part of the equation: Recent intelligence that indicates Russia is feeling the sting of Western-imposed sanctions and a military service force that is dwindling in power as the war wears on.

“Last month, Reuters reported that major Russian airlines such as Aeroflot have grounded their planes so they can be stripped for spare parts, taking components from some of their planes to keep others airworthy.

“And facing losses on the battlefield, Putin last month sought to boost Russia’s combat personnel by more than 130,000 troops by eliminating the upper age limit for new recruits and encouraging prisoners to join.

“U.S. officials think the effort is ‘unlikely to succeed.’”

“Taken altogether, the intelligence paints a picture of a country [Russia] struggling to maintain its own institutions, much less fire back at Western nations for aiding Ukraine.

“’I think the instincts of the people in the departments and agencies, particularly State and Defense and the intelligence community, I think their instincts are to be more forward leaning and more aggressive,’” one former senior government official said.

“’We have a lot more space on our side, I think, to take actions that will assist Ukraine without being unjustifiably afraid of how Putin is going to respond,’ they added.”

One can reason that the Kremlin made all these mistakes because it did not want to scare more of Europe into NATO by demonstrating its military prowess in a lightening conquest of Ukraine. But it is Russia’s halfway measures that have given Finland and Sweden the confidence to join NATO as they see no threat to themselves from being NATO members. A devastating Russian blow to Ukraine would have caused all of Europe to rethink NATO membership as no European country would want to face the prospect of war with Russia. Instead, what the Kremlin has produced is a British prime minister who is prepared to engage Russia in nuclear war, and a NATO that intends to keep the Ukrainian conflict going.

A careless or hostile reader might conclude from my article that I am an advocate of Russian military success. To the contrary, I am an advocate of minimizing the risk of nuclear war. Steven Cohen and I are the two who from the beginning saw how Washington’s interference in Ukraine with the overthrow of the government charted a course that could end in nuclear Armageddon. Cohen was reviled by his own liberal-left, and I was declared a “Putin dupe/agent.”

_______________________________________

L’article a été republié en Russe

Пол Робертс: «Ограниченная операция Кремля была воспринята на Западе как полумера»
Москва зря миндальничает с Киевом, надо бить по мостам, дорогам, правительственным зданиям, считает американский политолог

Пол Робертс

https://svpressa.ru/war21/article/345352/

19/09/2022 L’euro numérique. Merci Amazon

L’euro numérique est défini par la Banque Centrale Européenne, sur son site www.ecb.europa.eu/paym/digital_euro/html/index.fr.html comme étant un moyen de paiement équivalent aux billets en euros, mais sous une forme dématérialisée.

Cette monnaie électronique serait émise par l’Eurosystème (la BCE et les banques centrales nationales de la zone euro) et accessible à tous, les ménages comme les entreprises. Elle existerait parallèlement aux espèces, sans les remplacer, et constituerait une solution de paiement supplémentaire, plus facile à utiliser, tout en contribuant à l’accessibilité et à l’inclusion des migrants.

Contrairement aux crypto-monnaies telles que le Bitcoin, l’ethereum ou encore les stable coins, dont les prix sont souvent volatils, et qui ne sont pas garantis par une institution publique, l’euro numérique serait digne de confiance, car garanti par une banque centrale.

Le 17 Juillet 2022, la Banque Centrale Européenne (BCE), a dévoilé les cinq acteurs qui participeront à des travaux sur l’euro numérique.  Amazon figure parmi les candidats retenus. C’est une annonce qui n’a pas manqué de faire réagir sur les questions de la souveraineté.

Les travaux en question consisteront à développer des prototypes pour les interfaces utilisateurs de cet euro-numérique. Dans le cadre de sa phase d’investigation, la BCE avait lancé un « appel à la manifestation d’intérêt » en avril dernier. Parmi les 54 candidats, voici les cinq entités retenues :

  • La société bancaire espagnole CaixaBank ;
  • Le spécialiste du paiement italien Nexi ;
  • La multinationale française Worldline, également spécialiste du paiement ;
  • L’European Payments Initiative (EPI) ;
  • Amazon.

Cette dernière aura à charge de proposer une solution axée sur le paiement dans le commerce électronique.

Une partie de la communauté financière française s’est montrée réticente à la présence du géant du Web américain dans cette liste. En effet, cela réactive le débat sur la souveraineté européenne, ainsi que cette dépendance technologique à des acteurs américains.

On sait qu’Amazon domine en France le secteur du commerce électronique. Elle dispose de dizaines de millions d’information sur les vendeurs et les acheteurs. Ses nouvelles compétences en matière d’euro numérique augmenteront encore son pouvoir., y compris son pouvoir politique. Ce n’est évidemment pas le cas des autres entités.

Ajoutons qu’Amazon informe directement la CIA américaine sur les affaires et les personnes qui intéressent cette dernière.