II juillet 2026 L’expansion de lespace

L’expansion de l’espace est un phénomène fondamental en cosmologie qui décrit comment les objets célestes, tels que les galaxies, s’éloignent les uns des autres. Ce phénomène est interprété comme une dilatation de l’espace lui-même, où les objets célestes sont amenés à s’éloigner à cause de la gravité et d’autres forces.

  • Sources 5


It turns out that as an object moves with relativistic speeds a « strange » thing seems to happen to its time as observed by « us » the stationary observer (observer in an inertial reference frame). What we see happen is that the « clock » in motion slows down according to our clock, therefore we read two different times. Which time is correct??? well they both are because time is not absolute but is relative, it depends on the reference frame. Let’s look at the following classic example. There is a set of twins, one an astronaut, the other works for mission control of NASA. The astronaut leaves on a deep space trip traveling at 95% the speed of light. Upon returning the astronauts clock has measured ten years, so yhe astronaut has aged 10 years. However, when the astronaut reunites with his earth bound twin, the astronauthe sees that the twin has aged 32 years! This is explained due to the fact that the astronaut’s twin is traveling at relativistic speeds and therefore his « clock » is slowed down.

Juillet 2021 Les robot hunanoidesc

Dans l’étac actul de la scince, le root est est une àine entité élctro mécaniqanique qui des certains domaiens encore limités vise à reproduire en lase améliorant les fontion d’un orgise vivanta nid

Robot — Wikipédia

Lorsue dans quelque décennies les hommes viseronùt s ‘»tablir drablenens sur Mars ou sur certains de se sellits, ils devront le faire en utisosannles meilleurs de d leurs robotz, ceus que l’on pourra qualier du termr de robots humanoides Mais . Ma)is ne peut-on ^creidre qu ceux ne deviennes les meirreàs des aversaàide l’holles, ceud dont ils sauront rrodui les auaùitLes robts huma,desfaire

La taille de l »univers

8 juillet 2021 La taille de l’univers

Il est diffile d’ifficide d’évalu er lt’aiie de l’unier.Leshypotheses à son ègard varien. Onperle aujour’hui d’univers multipe et de trous de ver.

Sa distance géométrique, calculée par le modèle standard de la cosmologie, est de 46,5 milliards d’années-lumière. C’est ce qu’on appelle l’Horizon cosmologique

.

L’Univers observable est en fait une sphère de 93 milliards d’années-lumière de diamètre.

Plus s’amliorent les outils tels les télescope en orbite, plus l’estimation de la taille de l’univers augment

Quels sont l’âge et la masse de l’Univers? – Espace pour la vie

u

21/07/22021 La fin de l’Uunivers


Scénarios principaux

  1. Mort thermique (Big Freeze)
    Dans ce scénario, l’univers continue de s’étendre indéfiniment. L’énergie disponible se disperse progressivement, les étoiles s’éteignent, les galaxies s’éloignent et les trous noirs finissent par disparaître via le rayonnement de Hawking. L’univers devient alors un espace froid et uniforme, où aucune interaction thermique n’est possible, marquant la fin de toute activité cosmique SciencepostSciencepost.
  2. Big Crunch
    Si la gravité finit par surpasser l’expansion, l’univers pourrait se contracter sur lui-même, entraînant un effondrement global. Toute la matière et l’énergie seraient concentrées en une boule extrêmement dense et chaude, inversant symboliquement le Big Bang www.slate.frwww.slate.fr.
  3. Big Rip
    Une expansion accélérée et croissante pourrait déchirer toutes les structures de l’univers, des amas de galaxies jusqu’aux atomes, en raison d’une énergie noire de plus en plus dominante. Ce scénario catastrophique pourrait survenir dans environ vingt-deux milliards d’années selon certaines estimations www.slate.frwww.slate.fr
  4. .
  5. Scénarios liés à l’énergie noire variable
    Des observations récentes suggèrent que l’énergie noire pourrait ne pas être constante. Si elle diminue ou interagit avec d’autres particules hypothétiques comme les axions, l’univers pourrait atteindre un maximum d’expansion avant de se contracter, amorçant un effondrement progressif déjà en cours Science et vieScience et vie+1.

Facteurs déterminants

La fin de l’univers dépend de plusieurs paramètres : le taux d’expansion actuel (constante de Hubble), la densité totale en matière et énergie, la courbure spatiale et la nature exacte de l’énergie noire. Les équations de Friedmann, issues de la relativité générale, permettent de modéliser ces évolutions pour un univers homogène et isotrope WikipediaWikipedia.

Conclusion

Bien que plusieurs scénarios soient envisagés, la mort thermique semble la plus probable à long terme selon notre compréhension actuelle, mais des anomalies dans le comportement de l’énergie noire pourraient modifier ce destin. La recherche continue, notamment via des relevés galactiques et des instruments comme DESI, pour affiner nos prédictions sur le futur du cosmos Science et vieScience et vie+1.

Aveni de la recheche

Juin 2026 Programme por un aumate androide surintelligent

Ce quo l ‘on sait des reherches scintifiques actuelles montre que la plupart sont rientées vers la réalisation le plus tôt possible d’un robot humanoide super intelligent.ent ?

Il sagire de déeopper la prsence humon dans l’espace, espace prochochevoire lointain voir l’univerd futur. Il s’agire d’y étendre les tetnologiidaux planetes de la gaxi susceptile d’abier une préence dde toléer de type humain ave qui collaboior ;Juin 2026 Programme por un aumate androide surintelligent

Ce quo l ‘on sait des reherches scintifiques actuelles montre que la plupart sont rientées vers la réalisation le plus tôt possible d’un robot humanoide super intelligent.ent ?

Il sagire de déeopper la prsence humon dans l’espace, espace prochochevoire lointain voir l’univerd futur. Il s’agire d’y étendre les tetnologiidaux planetes de la gaxi susceptile d’abier une préence dde toléer de type humain ave qui collaboior

Des étroies noires

FLes dernières observations du télescope spatial James-Webb mettent sur le devant de la scène ces étoiles d’un nouveau genre, énormes, quasi-immortelles, et alimentées par la matière noire. 

par Simon Devost.

Ce sont des étoiles énormes qui rassemblent jusqu’à plusieurs millions de fois la masse du Soleil dans un volume tout aussi gigantesque. Elles ne sont pas extrêmement chaudes, seulement 20 000 à 40 000 °C en surface. Ce sont des étoiles à l’intérieur desquelles la fusion nucléaire ne s’est jamais enclenchée, et qui seraient alimentées par l’annihilation de particules de matière noire”, décrit Katherine Freese, pionnière du concept à l’université du Texas. 

les étoiles noires ne sont pas particulièrement plus sombres que les autres, ce sont des astres dont l’énergie proviendrait de la matière noire… cette substance obscure, dont on ne sait rien, dont l’existence a été pressentie dans les années 1930, puis étayée dans les années 1970 par les observations de l’astronome américaine Vera Rubin. C’est elle qui remarque alors que les étoiles situées en périphérie des galaxies tournent plus vite que ne le prévoit la théorie.

Dans l’œil de JWST

Tout est parti de là, à la fin des années 1980, de travaux théoriques sur la matière noire. ”Notre but était d’enquêter sur le comportement de ces particules, raconte Pierre Salati, de l’université Savoie Mont Blanc. Nous développions toute une panoplie de méthodes pour tenter de les détecter : essayer de les générer dans des accélérateurs de particules, trouver les traces de leurs interactions avec la matière ordinaire… Et nous avons eu l’idée d’une nouvelle voie : traquer le dégagement d’énergie dû à leur annihilation, qui pourrait survenir dans le cœur des étoiles.” Quelques articles, des calculs théoriques laissés sans suite, ou presque. Jusqu’aux travaux de Katherine Freese en 2007, qui relancent l’idée : “Nous nous intéressions aux situations extrêmes, comme celle du tout début de l’Univers, explique la chercheuse. Et c’est là que le concept nous est apparu plausible. ” C’est là aussi que surgit le terme “étoile noire” – une référence épique au morceau éponyme des Grateful Dead.

Le scénario se tient : oui, au tout début de l’Univers, juste après le Big Bang, il y a près de 13,7 milliards d’années, des étoiles de matière noire auraient pu se former, “quand tout était plus serré et plus dense”, décrit Katherine Freese. “On pense que la matière était composée quasi-exclusivement des éléments les plus légers qui soient, l’hydrogène et l’hélium, qui formaient des nuages gigantesques. La matière noire, plus massive, devait s’agglutiner pour générer des surdensités : des halos. La gravitation aidant, le gaz se serait aggloméré tout autour, formant petit à petit des astres démesurément gros”, déroule Julien Lavalle, directeur de recherche CNRS au Laboratoire Univers et particules de Montpellier.

Car si la matière noire est bien composée de particules massives – ces wimps, pour weakly interactive massive particles, imaginés par les physiciens –, elle serait capable de s’auto-annihiler dans un flash énergétique. De grandes quantités d’énergie auraient donc pu commencer à émerger du cœur de ces halos, empêchant le gaz de s’effondrer totalement pour lancer les réactions de fusion nucléaire. Un équilibre se serait créé entre la gravitation et la pression de radiation issue de cette énergie cherchant à s’échapper. “

Les calculs que nous avons menés depuis montrent qu’elles seraient composées d’à peine 1 % de matière noire, précise Cosmin Ilie, qui les étudie à l’université Colgate, à Hamilton, aux états-Unis. Mais cette manne suffirait amplement pour faire briller une étoile puisque le taux de conversion de masse en énergie des réactions d’annihilation avoisine les 100 %, contre environ 7 % pour la fusion nucléaire. ”

“C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”Pierre Salati, université Savoie Mont Blanc

Des particules inconnues aux propriétés étranges qui, en s’auto-annihilant, forgeraient des astres bizarres, aussi gros que froids, rougeâtres probablement ; un Univers peuplé de monstres sombres incroyablement énergétiques. Tout à coup, c’est une autre genèse de l’Univers qui se dessine, structurée par des astres noirs.

Une genèse qui résonne avec les observations du fleuron de l’astronomie, le télescope James-Webb (JWST) qui, depuis quatre ans, du haut de son orbite autour du Soleil, plonge toujours plus loin, toujours plus profond dans le cosmos. 500 millions d’années après le Big Bang, 300 millions d’années, moins de 200 aujourd’hui… les clichés captés par JWST ne cessent de surprendre les astronomes. Tout semble s’être passé plus vite que prévu. 

“Des galaxies impossibles”

Partout dans l’univers primordial, le télescope voit des galaxies étonnamment matures ; des trous noirs déjà supermassifs ; des nuages denses de poussières… Comment de tels continents cosmiques, de tels astres ont-ils pu se former en quelques dizaines de millions d’années ? Comment la matière s’est-elle concentréeFLes dernières observations du télescope spatial James-Webb mettent sur le devant de la scène ces étoiles d’un nouveau genre, énormes, quasi-immortelles, et alimentées par la matière noire. 

par Simon Devost.

Ce sont des étoiles énormes qui rassemblent jusqu’à plusieurs millions de fois la masse du Soleil dans un volume tout aussi gigantesque. Elles ne sont pas extrêmement chaudes, seulement 20 000 à 40 000 °C en surface. Ce sont des étoiles à l’intérieur desquelles la fusion nucléaire ne s’est jamais enclenchée, et qui seraient alimentées par l’annihilation de particules de matière noire”, décrit Katherine Freese, pionnière du concept à l’université du Texas. 

les étoiles noires ne sont pas particulièrement plus sombres que les autres, ce sont des astres dont l’énergie proviendrait de la matière noire… cette substance obscure, dont on ne sait rien, dont l’existence a été pressentie dans les années 1930, puis étayée dans les années 1970 par les observations de l’astronome américaine Vera Rubin. C’est elle qui remarque alors que les étoiles situées en périphérie des galaxies tournent plus vite que ne le prévoit la théorie.

Dans l’œil de JWST

Tout est parti de là, à la fin des années 1980, de travaux théoriques sur la matière noire. ”Notre but était d’enquêter sur le comportement de ces particules, raconte Pierre Salati, de l’université Savoie Mont Blanc. Nous développions toute une panoplie de méthodes pour tenter de les détecter : essayer de les générer dans des accélérateurs de particules, trouver les traces de leurs interactions avec la matière ordinaire… Et nous avons eu l’idée d’une nouvelle voie : traquer le dégagement d’énergie dû à leur annihilation, qui pourrait survenir dans le cœur des étoiles.” Quelques articles, des calculs théoriques laissés sans suite, ou presque. Jusqu’aux travaux de Katherine Freese en 2007, qui relancent l’idée : “Nous nous intéressions aux situations extrêmes, comme celle du tout début de l’Univers, explique la chercheuse. Et c’est là que le concept nous est apparu plausible. ” C’est là aussi que surgit le terme “étoile noire” – une référence épique au morceau éponyme des Grateful Dead.

Le scénario se tient : oui, au tout début de l’Univers, juste après le Big Bang, il y a près de 13,7 milliards d’années, des étoiles de matière noire auraient pu se former, “quand tout était plus serré et plus dense”, décrit Katherine Freese. “On pense que la matière était composée quasi-exclusivement des éléments les plus légers qui soient, l’hydrogène et l’hélium, qui formaient des nuages gigantesques. La matière noire, plus massive, devait s’agglutiner pour générer des surdensités : des halos. La gravitation aidant, le gaz se serait aggloméré tout autour, formant petit à petit des astres démesurément gros”, déroule Julien Lavalle, directeur de recherche CNRS au Laboratoire Univers et particules de Montpellier.

Car si la matière noire est bien composée de particules massives – ces wimps, pour weakly interactive massive particles, imaginés par les physiciens –, elle serait capable de s’auto-annihiler dans un flash énergétique. De grandes quantités d’énergie auraient donc pu commencer à émerger du cœur de ces halos, empêchant le gaz de s’effondrer totalement pour lancer les réactions de fusion nucléaire. Un équilibre se serait créé entre la gravitation et la pression de radiation issue de cette énergie cherchant à s’échapper. “

Les calculs que nous avons menés depuis montrent qu’elles seraient composées d’à peine 1 % de matière noire, précise Cosmin Ilie, qui les étudie à l’université Colgate, à Hamilton, aux états-Unis. Mais cette manne suffirait amplement pour faire briller une étoile puisque le taux de conversion de masse en énergie des réactions d’annihilation avoisine les 100 %, contre environ 7 % pour la fusion nucléaire. ”

“C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”Pierre Salati, université Savoie Mont Blanc

Des particules inconnues aux propriétés étranges qui, en s’auto-annihilant, forgeraient des astres bizarres, aussi gros que froids, rougeâtres probablement ; un Univers peuplé de monstres sombres incroyablement énergétiques. Tout à coup, c’est une autre genèse de l’Univers qui se dessine, structurée par des astres noirs.

Une genèse qui résonne avec les observations du fleuron de l’astronomie, le télescope James-Webb (JWST) qui, depuis quatre ans, du haut de son orbite autour du Soleil, plonge toujours plus loin, toujours plus profond dans le cosmos. 500 millions d’années après le Big Bang, 300 millions d’années, moins de 200 aujourd’hui… les clichés captés par JWST ne cessent de surprendre les astronomes. Tout semble s’être passé plus vite que prévu. 

“Des galaxies impossibles”

Partout dans l’univers primordial, le télescope voit des galaxies étonnamment matures ; des trous noirs déjà supermassifs ; des nuages denses de poussières… Comment de tels continents cosmiques, de tels astres ont-ils pu se former en quelques dizaines de millions d’années ? Comment la matière s’est-elle concentrée

 ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

S ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. 

Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Les étoiles noires

Les dernières observations du télescope spatial James-Webb mettent sur le devant de la scène ces étoiles d’un nouveau genre, énormes, quasi-immortelles, et alimentées par la matière noire. 

par Simon Devos, publié le 01 juillet 2026

Le concept est fou. Si extravagant que même les auteurs de science-fiction les plus audacieux ne l’avaient pas vu venir. Il y a bien le film de John Carpenter de 1974, et l’étoile de la mort de Star Wars – cette arme capable de détruire une planète tout entière est surnommée étoile noire dans la première traduction française – mais cela n’a rien à voir avec les astres étranges qui secouent aujourd’hui la communauté des astrophysiciens. “Ce sont des étoiles énormes qui rassemblent jusqu’à plusieurs millions de fois la masse du Soleil dans un volume tout aussi gigantesque. Elles ne sont pas extrêmement chaudes, seulement 20 000 à 40 000 °C en surface. Ce sont des étoiles à l’intérieur desquelles la fusion nucléaire ne s’est jamais enclenchée, et qui seraient alimentées par l’annihilation de particules de matière noire”, décrit Katherine Freese, pionnière du concept à l’université du Texas. 

Voilà le secret de l’oxymore : les étoiles noires ne sont pas particulièrement plus sombres que les autres, ce sont des astres dont l’énergie proviendrait de la matière noire… cette substance obscure, dont on ne sait rien, dont l’existence a été pressentie dans les années 1930, puis étayée dans les années 1970 par les observations de l’astronome américaine Vera Rubin. C’est elle qui remarque alors que les étoiles situées en périphérie des galaxies tournent plus vite que ne le prévoit la théorie.

Dans l’œil de JWST

Tout est parti de là, à la fin des années 1980, de travaux théoriques sur la matière noire. ”Notre but était d’enquêter sur le comportement de ces particules, raconte Pierre Salati, de l’université Savoie Mont Blanc. Nous développions toute une panoplie de méthodes pour tenter de les détecter : essayer de les générer dans des accélérateurs de particules, trouver les traces de leurs interactions avec la matière ordinaire… Et nous avons eu l’idée d’une nouvelle voie : traquer le dégagement d’énergie dû à leur annihilation, qui pourrait survenir dans le cœur des étoiles.” Quelques articles, des calculs théoriques laissés sans suite, ou presque. Jusqu’aux travaux de Katherine Freese en 2007, qui relancent l’idée : “Nous nous intéressions aux situations extrêmes, comme celle du tout début de l’Univers, explique la chercheuse. Et c’est là que le concept nous est apparu plausible. ” C’est là aussi que surgit le terme “étoile noire – une référence épique au morceau éponyme des Grateful Dead.

Soutenez un magazine scientifique indépendant

Abonnez-vous à partir de 4,90€ / mois sans engagement et accédez à tous nos numéros

Le scénario se tient : oui, au tout début de l’Univers, juste après le Big Bang, il y a près de 13,7 milliards d’années, des étoiles de matière noire auraient pu se former, “quand tout était plus serré et plus dense”, décrit Katherine Freese. “On pense que la matière était composée quasi-exclusivement des éléments les plus légers qui soient, l’hydrogène et l’hélium, qui formaient des nuages gigantesques. La matière noire, plus massive, devait s’agglutiner pour générer des surdensités : des halos. La gravitation aidant, le gaz se serait aggloméré tout autour, formant petit à petit des astres démesurément gros”, déroule Julien Lavalle, directeur de recherche CNRS au Laboratoire Univers et particules de Montpellier. Car si la matière noire est bien composée de particules massives – ces wimps, pour weakly interactive massive particles, imaginés par les physiciens –, elle serait capable de s’auto-annihiler dans un flash énergétique. De grandes quantités d’énergie auraient donc pu commencer à émerger du cœur de ces halos, empêchant le gaz de s’effondrer totalement pour lancer les réactions de fusion nucléaire. Un équilibre se serait créé entre la gravitation et la pression de radiation issue de cette énergie cherchant à s’échapper. “Les calculs que nous avons menés depuis montrent qu’elles seraient composées d’à peine 1 % de matière noire, précise Cosmin Ilie, qui les étudie à l’université Colgate, à Hamilton, aux états-Unis. Mais cette manne suffirait amplement pour faire briller une étoile puisque le taux de conversion de masse en énergie des réactions d’annihilation avoisine les 100 %, contre environ 7 % pour la fusion nucléaire. ”

“C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”Pierre Salati, université Savoie Mont Blanc

Des particules inconnues aux propriétés étranges qui, en s’auto-annihilant, forgeraient des astres bizarres, aussi gros que froids, rougeâtres probablement ; un Univers peuplé de monstres sombres incroyablement énergétiques. Tout à coup, c’est une autre genèse de l’Univers qui se dessine, structurée par des astres noirs. Une genèse qui résonne avec les observations du fleuron de l’astronomie, le télescope James-Webb (JWST) qui, depuis quatre ans, du haut de son orbite autour du Soleil, plonge toujours plus loin, toujours plus profond dans le cosmos. 500 millions d’années après le Big Bang, 300 millions d’années, moins de 200 aujourd’hui… les clichés captés par JWST ne cessent de surprendre les astronomes. Tout semble s’être passé plus vite que prévu. 

“Des galaxies impossibles”

Partout dans l’univers primordial, le télescope voit des galaxies étonnamment matures ; des trous noirs déjà supermassifs ; des nuages denses de poussières… Comment de tels continents cosmiques, de tels astres ont-ils pu se former en quelques dizaines de millions d’années ? Comment la matière s’est-elle concentrée si vite ? En point d’orgue, JWST distingue d’étranges points rougeâtres, des lueurs bien localisées en toile de fond de ses observations les plus profondes. De petites taches qui ressemblent à des galaxies primordiales immenses, extrêmement massives. “Ces observations nous laissent totalement perplexes : nous avons beau refaire les calculs, nous n’arrivons toujours pas à expliquer comment des galaxies ont pu grandir autant en un temps si court”, résume Malcolm Fairbairn, du King’s College de Londres. Et ce n’est pas un détail isolé dans le tableau : plus de 300 de ces “galaxies impossibles du James-Webb” ont été répertoriées.

Et si les étoiles noires étaient responsables de cette accélération dans la création du cosmos ? Et si les points rouges étaient des étoiles noires ? La question monte depuis quelques mois. “En observant à nouveau ces astres lointains, cette fois-ci avec le spectromètre NIRSpec du James-Webb, nous avons montré que pour au moins quatre d’entre eux, le spectre lumineux correspond exactement à nos prédictions sur les étoiles noires, affirme Cosmin Ilie. Ils cochent toutes les cases pour ce nouveau type d’astre. ” L’un des points rouges en particulier est au cœur de l’attention. “Il présente une signature étrange : de l’hélium ionisé, qui ne peut a priori pas s’expliquer autrement que par la présence d’une étoile noire, seul astre possédant une température adéquate pour générer cet élément assez peu commun !”, s’exclame le chercheur.

Juste après le Big Bang

Pour l’équipe, ces points rouges ancestraux ne correspondent pas à des galaxies, mais bien à des étoiles noires individuelles isolées, qui ont pu se former dans des surdensités de matière noire présentes juste après le Big Bang. Et croître de manière complètement démesurée par rapport aux étoiles classiques, leur rayonnement plus doux repoussant assez peu le gaz environnant. Jusqu’à ce qu’elles s’effondrent brutalement… Expliquant par là même la présence prématurée relevée par JWST de trous noirs supermassifs. 

Car les étoiles noires n’auraient vécu que quelques centaines de millions d’années. “Au-delà, la densité de matière noire dans leur cœur ne suffit plus à compenser la pression du gaz qui continue de s’accumuler tout autour, détaille Paolo Gondolo à l’université de l’Utah, aux Etats-Unis, qui a contribué à l’émergence du concept à la fin des années 2000. Les étoiles noires forment une très bonne piste pour expliquer ces trous noirs très tôt dans l’Univers.”

Transparent

Et le pouvoir des astres sombres ne s’arrête pas là : le chercheur a aussi publié une étude montrant que leur douce lumière pourrait avoir participé à la réionisation, un autre des grands mystères du début de l’Univers sur lequel planchent les astrophysiciens. Comment le cosmos est-il devenu transparent ? Comment la brume d’atomes neutres qui saturait le milieu interstellaire s’est-elle dissipée quelques centaines de millions d’années après le Big Bang ? Il faut qu’un rayonnement, quelque chose ait électrisé cette matière, transformé les atomes en ions… Les étoiles noires s’imposent aujourd’hui comme candidates à la métamorphose. 

“Nous regardons aussi si elles ont pu contribuer à générer des éléments lourds, comme l’oxygène ou le carbone, ajoute Sohan Ghodla, de l’université d’Auckland, en Australie. Cela semble être possible, mais seulement si les wimps sont des particules très lourdes, formant un cœur assez petit pour l’étoile, et permettant à la fusion nucléaire de s’enclencher dans l’enveloppe gazeuse. ”

“C’est du sérieux, nous sommes peut-être à l’aube d’un bouleversement en physique”, se réjouit Pierre Salati. “Nous avons imaginé pour la première fois l’existence des étoiles noires il y a presque vingt ans, et sur une base purement théorique. Et aujourd’hui, nous réalisons qu’elles permettraient de résoudre à elles seules plusieurs problèmes majeurs de la cosmologie”, sourit Katherine Freese.

Une vraie révolution…

Sans compter qu’avec elles, les chercheurs disposent d’un outil pour tenter d’avancer sur la compréhension de la matière noire elle-même. “Nous essayons de modéliser des étoiles noires en testant différentes masses pour les wimps, de resserrer l’étau autour d’eux”, confie Sohan Ghodla. “La nature de la matière noire est l’un des plus grands mystères de la physique fondamentale, rappelle Malcolm Fairbairn. Si nous pouvons le résoudre en confirmant l’existence de ces étoiles noires, ce serait une véritable révolution.” 

Un nouvel espoir qui pousse les astrophysiciens jusqu’à envisager des extrémités vertigineuses : les étoiles noires pourraient-elles être là, tout près ? Dans notre Voie lactée ? Dans l’Univers proche ? Et si oui, pourrait-on les voir ? Les étudier ? Voilà deux ans qu’Isabelle John, à l’université de Turin, replonge aux origines du concept pour étudier l’idée. “Cette option avait été laissée de côté, notamment parce qu’on était arrivé à la conclusion que même si des étoiles comme le Soleil étaient en petite partie alimentées par l’annihilation de matière noire, cela resterait trop difficile à détecter.”

Avec ses collègues, elle a testé un cas concret : une colonie d’étoiles quasi-immortelles, alimentées à près de 50 % par l’annihilation de wimps. Elles se cacheraient au centre des galaxies, et notamment de la Voie lactée. “C’est le seul endroit où l’on suppose que la matière noire est encore présente en grande quantité, précise la chercheuse. Nous pouvons donc imaginer que la durée de vie des étoiles qui y vivent, qui dépend de leur masse de départ, soit largement prolongée grâce à ce processus. L’annihilation leur permettrait de briller bien plus longtemps que prévu par les modèles ne tenant compte que de la fusion. C’est en tout cas une piste qui peut mener à des détections concrètes d’annihilation de wimps, par le biais d’étoiles qui dévieraient légèrement de la théorie.” Certes, les observations du centre galactique sont encore difficiles à obtenir, et il faudra sûrement des années avant de pouvoir trancher l’existence de ce processus au sein de ces étoiles. Mais la piste est lancée. La clé de l’annihilation – et donc de l’existence même – des wimps pourrait se nicher au sein de notre propre galaxie. Les étoiles noires pourraient être là, tout près de nous.

juin 2026 Deux typs d’éruption auour du troi noir de ne galaxie

Les chercheurs ont identifié deux types distincts d’éruptions autour de Sagittarius A* qui révèlent des mécanismes physiques d’une complexité fascinante. Le premier type correspond à des scintillements courts et faibles qui semblent résulter de fluctuations turbulentes dans le disque d’accrétion du trou noir. Ce disque, composé de gaz et de poussières en rotation rapide, est soumis à des forces gravitationnelles et magnétiques extrêmes. Ces perturbations créent des compressions localisées du plasma, un gaz chaud et électriquement chargé qui entoure Sagittarius A*. Lorsque ce plasma est comprimé, il émet une explosion temporaire de rayonnement, semblable à une éruption solaire surdimensionnée. Bien que ces scintillements soient relativement faibles et de courte durée, leur fréquence élevée contribue à l’activité incessante observée autour du trou noir.

Le deuxième type d’éruption est beaucoup plus spectaculaire. Il s’agit d’éruptions longues et brillantes causées par un phénomène appelé reconnexion magnétique. Ce processus se produit lorsque des lignes de champ magnétique s’entremêlent, se brisent et se reconnectent soudainement dans des configurations différentes. Cette reconnexion libère une énergie colossale sous forme de particules accélérées à des vitesses proches de celle de la lumière, ce qui produit un rayonnement intense qui illumine temporairement le cœur de la Voie lactée.

La reconnexion magnétique est un phénomène connu dans l’astrophysique, mais son intensité près de Sagittarius A* dépasse tout ce que nous observons ailleurs. Farhad Yusef-Zadeh compare cette reconnexion à une étincelle géante d’électricité statique, mais à l’échelle cosmique, qui libère une énergie inimaginable. Ces éruptions lumineuses offrent un aperçu des processus physiques extrêmes qui se déroulent près des trous noirs supermassifs et ouvrent la voie à de nouvelles théories sur l’interaction entre champs magnétiques et matière cosmique.

Un décalage temporel mystérieux

En observant simultanément deux longueurs d’onde, les chercheurs ont fait une découverte surprenante : un décalage temporel entre les éruptions observées à 2,1 microns et celles à 4,8 microns. La lumière à plus courte longueur d’onde semble précéder celle à plus longue longueur d’onde d’un intervalle qui peut aller jusqu’à 40 secondes.

Ce décalage pourrait s’expliquer par le synchrotron, un phénomène dans lequel des particules accélérées tournent en spirale autour des lignes de champ magnétique en perdant progressivement de l’énergie. Ces observations offrent un aperçu sans précédent des processus physiques complexes qui se déroulent à proximité immédiate d’un trou noir supermassif.

Répercussions pour l’astrophysique

Ces découvertes remettent en question certaines hypothèses sur le comportement des trous noirs. Elles pourraient aider à mieux comprendre la dynamique des disques d’accrétion, les processus de reconnexion magnétique et, plus largement, l’interaction des trous noirs avec leur environnement. Cela a également des implications majeures pour la cosmologie, notamment en ce qui concerne l’évolution des galaxies.

Yusef-Zadeh espère approfondir ces questions en utilisant le JWST pour observer Sagittarius A* sans interruption pendant vingt-quatre heures. Cette observation prolongée permettrait de détecter des motifs d’activité qui échappent actuellement à l’analyse.

×

rédit : CC0 Domaine publi



Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

Sagitarius A1, le trou noir cantrel de Voie Lactée

trou noir galaxie

Découverte: le trou noir central de notre galaxie pourrait anéantir la

La découverte récente du trou noir central de notre galaxie, Sagittarius A*, a révélé un vent puissant qui pourrait avoir des conséquences astronomiques. Les scientifiques ont identifié une cavité géante en forme de cône dans le gaz froid entourant le trou noir, indiquant qu’une force provenant du trou noir, sous la forme d’un vent puissant ou d’un jet, était indispensable pour créer cette structure. Cette observation a confirmé que les trous noirs supermassifs, comme Sagittarius A*, génèrent des vents chauds et puissants qui sont projetés vers l’extérieur, influençant ainsi l’évolution des galaxies. 

Mais pourrail – il un trou de ver, faisant communiquer notre univers avec un autre?