06/01/2026. Les européens ne doivent pas laisser Donald Trump s’emparer du Groenland


En janvier 2025, Jean-Noël Barrot déclarait que la France était « prête à réfléchir » à l’envoi de troupes européennes au Groenland, « si nos intérêts de sécurité sont en jeu ». Objectif : montrer à Donald Trump que l’Europe est capable de se mobiliser pour l’intégrité de son territoire, et le contraindre à adopter une autre voie que celle de la force.

Reste à savoir dans quel cadre un tel déploiement pourrait intervenir. Ou dit autrement, si celui-ci impliquerait seulement les pays capables de dépêcher des forces sur place, et si le Royaume-Uni (désormais hors de l’Union européenne) pourrait y prendre part, au nom de la solidarité avec ses voisins et en dépit de sa relation privilégiée avec Washington.

Autre option, mise cette fois sur la table par le spécialiste Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique : couper aux Gafam l’accès au marché numérique européen, pesant pour 400 millions de consommateurs. « Nous autres Européens ne pourrions ni ne voudrions nous passer de la plupart des fournisseurs américains. Mais les réseaux sociaux (entre autres entreprises) pourraient bien en subir les conséquences. Nous dépendons des États-Unis, et ils dépendent de nous. À ce jeu-là, on peut être deux », juge-t-il sur son compte X, avant de préciser qu’une telle issue nécessiterait du « courage » de la part de l’UE. Ce qui n’est pas vraiment la qualité première qui caractérise l’institution.

Quoi qu’il en soit, les habitants du Groenland, eux, sont attachés à leur appartenance au Danemark. Seuls 6 % d’entre eux souhaitaient passer sous contrôle des États-Unis, d’après une enquête de janvier 2025. Mais dans cette affaire, il n’est pas sûr que leur voix soit beaucoup entendue.

L’Eurotpe doit faire preuve de vigilance face aux menaces annexionnistes de Donald Trump. Les dirigeants européens doivent être conscients des implications géopolitiques et diplomatiques de l’annexion du Groenland, qui pourrait avoir des répercussions sur la sécurité et la coopération trans aatlantique. L’Eurotpe doit également être prête à intervenir si Trmp cherchait ent à s’emparer du Groenland, en respectant le droit international et en évitant toute agression territoriale. 

L’Europe a-t-elle les moyens d’empêcher Donald Trump d’annexer le Groenland comme il menace de le faire ?

La plus grande île au monde, habitée par 57 000 personnes, regorge de ressources en hydrocarbures et en minerais (or, graphite, cuivre, nickel, fer, zinc…). Très peu de gisements sont aujourd’hui exploités, en raison de l’immense calotte glaciaire qui la traverse et des lois environnementales. Mais Donald Trump ambitionne de passer outre, flairant le potentiel très rentable des forages. « Drill, baby, drill ! », martelait-il lors de sa campagne présidentielle. Un slogan que l’on pourrait traduire par « Fore, bébé, fore ! ». Le réchauffement climatique accentue la fonte des glaces et ouvre de nouveaux accès aux ressources naturelles.

Donald Trump sait qu’une course contre la montre est engagée, notamment parce que la Russie et la Chine ont le même objectif que lui. En face, l’Europe semble bien démunie. Pourtant, si le Groenland ne fait pas formellement partie de l’Union européenne, il appartient à un pays qui en est membre. De nombreux observateurs relèvent une exceptionnelle unité des pays européens ces dernières semaines, qui affichent leur solidarité au Danemark face à l’expansionnisme belliqueux de Donald Trump. « Il y a eu une unanimité, ce qui n’est pas toujours le cas au sein de l’Union Européenne, sur la question du soutien au Groenland et au Danemark », confirme le chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique Alexandre Taithe sur France Culture.

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Au sein de l’UE, certains pays se montrent même très déterminés à empêcher l’annexion du Groenland. Ainsi Emmanuel Macron s’est-il rendu sur place en juin 2025, avant un déplacement du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot deux mois plus tard. « L’Allemagne a aussi renforcé ses liens avec le Groenland en envoyant un de ses plus gros navires militaires pendant l’été », observe Alexandre Taithe. Un volontarisme destiné à contrecarrer le procès en inertie régulièrement instruit contre les dirigeants européens, accusés de se montrer trop faibles face aux États-Unis.

Pourtant, de nombreuses voix continuent de critiquer l’attitude de l’Union européenne sur le dossier groenlandais. L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a estimé sur franceinfo que « Donald Trump ne peut pas prendre les Européens au sérieux tant qu’ils ne décident pas d’agir ensemble », leur reprochant notamment de ne pas avoir signé de « pacte de souveraineté » en commun. Le député européen Raphaël Glucksmann exige lui aussi de la « fermeté » et une « solidarité » des chefs d’État et de gouvernement de l’UE, jugeant que « les courbettes devant Trump pour essayer de le calmer ne fonctionnent pas ».

Peu d’actes mis sur la table

Même Nathalie Loiseau, pourtant membre du camp présidentiel, n’hésite pas à critiquer l’attitude d’Emmanuel Macron et de ses homologues européens. « Cette fois-ci, les dirigeants européens vont-ils enfin dire à Trump ce qu’ils pensent de sa diplomatie du bon plaisir ? Où vont-ils encore tenter de ménager son ego, au risque de nous humilier une fois de plus ? La politique de l’apaisement qu’ils pratiquent est un échec », attaque-t-elle, inquiète que le scénario vénézuélien ne se reproduise au Groenland.

En réalité, l’Union européenne apparaît démunie face aux menaces d’invasion d’un État souverain. « Le Groenland est un territoire autonome du Royaume du Danemark, seuls les Groenlandais et les Danois peuvent décider d’un changement de ce statut », a bien affirmé la haute représentante de l’UE, Kaja Kallas. Mais au-delà des postures et des protestations, peu d’actes sont mis sur la table.

Impuissants, les Européens ? Faux, répond le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Invité sur TF1 ce 5 janvier, Pascal Confavreux a exprimé sa « solidarité » avec le Groenland, expliquant qu’il ne pouvait y avoir « de modification des frontières par la force ». Surtout, il a lié cette menace au « réarmement militaire » qui a lieu partout en Europe. « On s’y prépare, a-t-il poursuivi. Le projet de loi de finances prévoit d’augmenter le budget militaire ». Plus de moyens pour l’armée… et c’est tout ?

Vers l’envoi de militaires européens au Groenland ?

Depuis le Parlement européen, Raphaël Glucksmann propose la mise en place d’une « base militaire européenne pérenne au Groenland ». Cela enverrait, selon lui, « un signal de fermeté face à Trump et permettrait de tuer l’argument américain sur notre incapacité à assurer la sécurité du Groenland ». Une proposition loin d’être isolée, puisque le gouvernement l’avait formulée il y a un an.

En janvier 2025, Jean-Noël Barrot déclarait que la France était « prête à réfléchir » à l’envoi de troupes européennes au Groenland, « si nos intérêts de sécurité sont en jeu ». Objectif : montrer à Donald Trump que l’Europe est capable de se mobiliser pour l’intégrité de son territoire, et le contraindre à adopter une autre voie que celle de la force.

Reste à savoir dans quel cadre un tel déploiement pourrait intervenir. Ou, dit autrement, si celui-ci impliquerait seulement les pays capables de dépêcher des forces sur place, et si le Royaume-Uni (désormais hors de l’Union européenne) pourrait y prendre part, au nom de la solidarité avec ses voisins et en dépit de sa relation privilégiée avec Washington.

Autre option, mise cette fois sur la table par le spécialiste Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique : couper aux Gafam l’accès au marché numérique européen, pesant pour 400 millions de consommateurs. « Nous autres Européens ne pourrions ni ne voudrions nous passer de la plupart des fournisseurs américains. Mais les réseaux sociaux (entre autres entreprises) pourraient bien en subir les conséquences. Nous dépendons des États-Unis, et ils dépendent de nous. À ce jeu-là, on peut être deux », juge-t-il sur son compte X, avant de préciser qu’une telle issue nécessiterait du « courage » de la part de l’UE. Ce qui n’est pas vraiment la qualité première qui caractérise l’institution.

Quoi qu’il en soit, les habitants du Groenland, eux, sont attachés à leur appartenance au Danemark. Seuls 6 % d’entre eux souhaitaient passer sous contrôle des États-Unis, d’après une enquête de janvier 2025. Mais dans cette affaire, pas sûr que leur voix soit beaucoup entenduele les moyens d’empêcher Donald Trump d’annexer le Groenland comme il menace de le faire ?

06/01/2026 Incertitude concernant le programme franco allemand SCAF

Le système de combat aérien du futur (SCAF) (Future Combat Air SystemFCAS) est un projet européen concernant d’un ensemble de systèmes d’armes aériens interconnectés impliquant la France, l’Allemagne, l’Espagne ainsi que la Belgique, en tant que membre observateur.

Le projet prévoit le développement d’un SCAF pour chaque pays participant, qui connectera les capacités militaires nationales actuelles (Dassault Rafale pour la France, Eurofighter Typhoon pour l’Allemagne et l’Espagne, dronesavions de surveillance, de ravitaillement en vol, systèmes de commandement) .

En particulier, les SCAF possèdent un sous-ensemble développé en commun, le système d’armes de nouvelle génération (SAGN, en anglais Next Generation Weapon System ou NGWS), qui lui-même comprend un avion de combat de nouvelle génération (avion de chasse de sixième génération) accompagné de drones. L’ensemble sera interconnecté au sein d’un cloud (informatique) spécifique.

Cependant aujourd’hui la décision de s’engager dans ce projet ne suscit$te pas l’enthousiasme des gouvernements concernés La France et l’Allemagne ont reporté leur décision sur le SCAF, faute d’avoir trouvé une solution au conflit qui oppose Dassault à Airbus.

Aussi le dossier est en train de devenir encombrant au plan politique. Les Etats respectifs avaient fixé un délai. Mais il s’est écoulé sans avancée notable. En août, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron avaient donné jusqu’à fin décembre à leurs ministres de la Défense pour résoudre le différend qui oppose les deux pays sur le système de combat aérien du futur (SCAF).

Du fait d’un agenda franco-allemand « très chargé en matière de politique étrangère et de sécurité », aucune décision définitive « n’a encore été prise », a déclaré mercredi un porte-parole du gouvernement allemand, sans évoquer de nouvelle date.

Voir aussi SUPER RAFALE – Et si la France avait déjà son chasseur de 6e génération ?

05/O1/2O26 La mission DART

Une mission réussie en septembre 2022, dans la nuit du 26 au 27, lorsque la sonde DART s’est écrasée sur Dimorphos. DART avait bien dévié ce dernier, sauf que l’impact a provoqué un événement imprévu, notamment une déformation importante du satellite et une perturbation de l’équilibre entre celui-ci et Didymos.Un Un article, publié dans la revue scientifique Planetary Science Journal, détaille les observations post-impact de cette mission et leurs implications pour les futures recherches sur les astéroïdes.

Derek Richardson, professeur d’astronomie à l’Université du Maryland et responsable du groupe de recherche sur DART, indique que Dimorphos a subi une déformation importante, dont un large cratère et une modification permanente de sa forme. Ce qui a probablement changé son interaction avec son astéroïde parent. Initialement, elle avait la forme d’un hamburger, mais après l’impact, elle est devenue plus allongée comme un ballon de rugby. Par ailleurs, sa trajectoire évolutive  avait été perturbée et, selon les chercheurs, elle risquerait de se tordre de façon chaotique dans sa tentative de retrouver l’équilibre gravitationnel avec Didymos. Ils ajoutent que les durées de stabilisation de la rotation et de dispersion des débris restent incertaines.

Bien que DART n’ait pas touché Didymos, celui-ci et son satellite naturel sont liés par la gravité. Selon les scientifiques en charge du projet, les débris dispersés par l’impact ont perturbé l’équilibre entre l’astéroïde et sa lune, raccourcissant l’orbite de Dimorphos autour de Didymos. La forme de ce dernier est cependant restée inchangée. Ce qui, d’après eux, semble indiquer qu’il est suffisamment solide et rigide pour maintenir sa forme, même après avoir perdu de la masse pour former sa lune. «
À l’origine, Dimorphos était probablement en équilibre et orienté vers Didymos, comme la Lune l’est toujours par rapport à la Terre « Maintenant, son orientation est perturbée, ce qui signifie qu’il peut osciller et pourrait même effectuer des rotations chaotiques et imprévisibles* », explique le professeur Richardson. La préoccupation principale est de savoir si Dimorphos est suffisamment stable pour supporter une sonde et des instruments de recherche.

(https://www.neozone.org/aerospatiale/sonde-spatiale-lucy-transportera-messages-pour-quiconque-retrouvera/)

04/01/2026 Les compagnies pétrolières américaines au pouvoir au Vénézula

Donald Trump a déclaré qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre au Venezuela pour exploiter ses réserves de brut, lors de sa conférence de presse à Mar-a-Lago (Floride), samedi 4 janvier, après la capture du président Nicolas Maduro. « Nos compagnies pétrolières, les plus importantes au monde, vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars, réparer les infrastructures gravement endommagées (…) et commencer à générer des revenus pour le pays », a affirmé Donald Trump.

« L’embargo sur tout le pétrole vénézuélien reste pleinement en vigueur », a-t-il aussi souligné. Washington impose des sanctions économiques au Venezuela depuis 2017, dont un embargo pétrolier instauré en janvier 2019 durant le premier mandat de Donald Trump visant à asphyxier économiquement le pays qui dépend de ses exportations de pétrole
t en 2025, Donald Trump a mis fin aux licences pétrolières qui permettaient à des multinationales du pétrole et du gaz d’opérer au Venezuela malgré les sanctions. Seul l’américain Chevron a bénéficié d’une exception, mais il n’a plus le droit de verser de l’argent au pouvoir. En partenariat avec l’entreprise publique PDVSA et ses affiliés, il exploite quatre champs de pétrole dans le pays.

Une production modeste, mais de grandes réserves

Source Agence internationale de l’énergie

Le sol du Venezuela renfermait en 2023 environ 303 milliards de barils, soit environ 17% des réserves mondiales. Mais avec un peu moins d’un million de barils par jour selon l’Opep, le Venezuela est loin de figurer parmi les principaux producteurs de pétrole. Des années de mauvaise gestion et de corruption ont fait chuter ce chiffre après un pic à plus de trois millions au début des années 2000.

A cause de l’embargo américain, Caracas est contraint de commercialiser ce pétrole sur le marché noir avec des fortes remises, en direction principalement de l’Asie. Washington a en outre imposé un « blocus total » aux « pétroliers sous sanctions »  venant du Venezuela. Le pétrole vénézuélien est de qualité moindre et finit transformé en diesel ou en sous-produits comme l’asphalte, et non en essence. Les Etats-Unis disposent sur le pourtour du golfe du Mexique de raffineries spécifiquement conçues il y a plusieurs décennies pour le traiter.

Donald Trump a déclaré qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre au Venezuela pour exploiter ses réserves de brut, lors de sa conférence de presse à Mar-a-Lago (Floride), samedi 4 janvier, après la capture du président Maduro. « Nos compagnies pétrolières, les plus importantes au monde, vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars, réparer les infrastructures gravement endommagées (…) et commencer à générer des revenus pour le pays », a affirmé le président des Etats-Unis.

« L’embargo sur tout le pétrole vénézuélien reste pleinement en vigueur », a-t-il aussi souligné. Washington impose des sanctions économiques au Venezuela depuis 2017, dont un embargo pétrolier instauré en janvier 2019 durant le premier mandat de Donald Trump visant à asphyxier économiquement le pays qui dépend de ses exportations de pétrole. Au début de son second mandat en 2025, Donald Trump a mis fin aux licences pétrolières qui permettaient à des multinationales du pétrole et du gaz d’opérer au Venezuela malgré les sanctions. Seul l’américain Chevron a bénéficié d’une exception, mais il n’a plus le droit de verser de l’argent au pouvoir. En partenariat avec l’entreprise publique PDVSA et ses affiliés, il exploite quatre champs de pétrole dans le pays.

A cause de l’embargo américain, Caracas est contraint de commercialiser ce pétrole sur le marché noir avec des fortes remises, en direction principalement de l’Asie. Washington a en outre imposé un « blocus total » aux « pétroliers sous sanctions » allant et venant du Venezuela. Le pétrole vénézuélien est de qualité moindre et finit transformé en diesel ou en sous-produits comme l’asphalte, et non en essence. Les Etats-Unis disposent sur le pourtour du golfe du Mexique de raffineries spécifiquement conçues il y a plusieurs décennies pour le traiter.

04/01/2026 Le tyrannosaure nain a-t-il existé?

Vifs débats chez les spécialistes des tyrannosaures… Le Nanotyrannus est-il un T. rex adolescent, ou une espèce distincte de petite taille ? Près de 80 ans après sa découverte, les études se contredisent et le débat fait toujours rage…

Les tyrannosaures nous sont familiers. Les T. rex occupent une place de choix parmi les carnivores du cinéma. Mais les connait-t-on vraiment ?

D’abord, sachez que les tyrannosaures, c’est bien plus que le T. rex. La famille des Tyrannosauridae, de son nom scientifique, compte plusieurs espèces des genres Tyrannosaurus, bien sûr, mais aussi TarbosaurusDaspletosaurusAlbertosaurusGorgosaurus… Ils ont vécu à des moments différents du Crétacé, dans différents endroits de ce qu’on appelle aujourd’hui l’Asie et l’Amérique du Nord. Mais ils ont tous une allure semblable : de dangereux prédateurs géants sur deux pattes…

Trouver un nouveau fossile de cette famille n’est donc pas une surprise totale pour les paléontologues. D’ailleurs, en 1946, un paléontologue a décrit le fossile d’un petit tyrannosauridé, et un autre l’a baptisé Nanotyrannus en 1988, le “tyran nain”. Mais par la suite, plusieurs paléontologues l’ont plutôt considéré comme un T. rex  juvénile. Et le débat fait rage depuis ce temps.

En 2020, une étude ostéologique (des os) a révélé que l’animal était encore en croissance, ce qui prouve qu’il s’agissait d’un jeune.  Nanotyrannus a alors été effacé.

Mais voilà qu’une étude de 2025, basée sur de nouveaux spécimens, la fait ressurgir ! Selon les chercheurs, l’animal avait environ 20 ans, donc n’était pas un juvénile, et il avait plus de dents et moins de vertèbres qu’un T. rex.

Affaire classée ? Pas du tout ! Déjà, d’autres paléontologues réfutent l’étude. Le Nanotyrannus aurait vécu à la même époque et au même endroit que le T. rex, en exploitant la même niche écologique, ce qui est peu crédible, biologiquement parlant…

Histoire à suivre.

03/0//2026 Découvrir les planètes invisibles

source
passion-astronomie.com

Les planètes invisibles, souvent appelées planètes errantes ou fantômes, sont des objets célestes qui ne brillent pas et ne renvoient aucune lumière visible. Elles se trouvent à des distances telles que celles d’une étoile, mais ne sont pas visibles à l’œil nu. Ces planètes sont souvent découvertes grâce à des méthodes indirectes telles que la méthode du transit et la méthode des vitesses radiales. Dans l’immensité de l’univers, les astronomes font face à un défi de taille : observer des objets célestes situés à des années-lumière de notre Terre. En quête de planètes invisibles, ces scientifiques déploient des techniques sophistiquées pour détecter des mondes cachés autour d’étoiles lointaines. Ces méthodes reposent sur des principes physiques ingénieux et nécessitent un équipement de pointe. Partons à la découverte des outils secrets utilisés par les astronomes pour révéler l’invisible.

Pour découvrir des planètes invisibles, les astronomes utilisent des techniques avancées telles que le transit, la vitesse radiale et l’effet Doppler. Ces méthodes permettent de détecter la présence de planètes autour d’étoiles lointaines, souvent masquées par la luminosité de leur étoile hôte. Les scientifiques explorent également des méthodes d’imagerie directe et l’astrométrie pour étudier ces exoplanètes. Les avancées technologiques, comme le télescope spatial James Webb, offrent des capacités d’observation sans précédent, permettant de rechercher des signes de vie potentiels. 

Essayer de voir une luciole qui vole autour d’un phare… à des kilomètres de distance ! Ce défi métaphorique illustre bien la complexité de l’observation astronomique. Les planètes ne brillent pas par elles-mêmes, et leur lumière est souvent noyée par celle de leur étoile hôte. Pour surmonter cet obstacle, les astronomes doivent redoubler d’ingéniosité et de technologie.

Les contraintes de l’observation

Observer l’invisible nécessite de contourner plusieurs contraintes : la distance astronomique, la faible luminosité des planètes et les perturbations atmosphériques. Ces défis imposent l’utilisation de méthodes indirectes pour détecter la présence de planètes autour d’étoiles lointaines.

Pour surmonter cet obstacle, les astronomes doivent redoubler d’ingéniosité et de technologie.es sur la présence de vie ailleurs dans l’univers.

Les techniques d’observation des planètes invisibles révèlent l’ingéniosité des astronomes, capables de transformer l’inconnu en connaissance.. Les techniques d’optique adaptative et les coronographes, qui masquent la lumière des étoiles, jouent un rôle crucial dans cette prouesse.

La méthode du transit : une lumière qui vacille

Principe de la méthode

La méthode du transit repose sur un principe simple mais efficace : lorsque qu’une exoplanète passe devant son étoile, elle bloque une partie de la lumière de cette étoile. Cette diminution de luminosité, bien que minime, est mesurable avec des instruments appropriés. Imaginez que vous observez une ampoule allumée, et qu’une mouche passe devant. Vous remarqueriez une très légère baisse de luminosité.

Lorsqu’une exoplanète transite devant son étoile, la lumière de cette dernière diminue périodiquement. Cette technique permet non seulement de détecter la présence de la planète mais aussi de déterminer sa taille et son orbite. Les données obtenues sont précieuses pour comprendre la composition et les caractéristiques de ces mondes lointains.

Vitesse radiale et effet Doppler : écouter les étoiles

Principe de la méthode

La vitesse radiale repose sur l’observation des petits mouvements de va-et-vient que l’étoile effectue sous l’effet de la gravité de sa planète. Cette danse cosmique crée des changements dans la lumière de l’étoile observés grâce à l’effet Doppler. Ce phénomène est similaire au changement de tonalité d’une ambulance qui passe : la lumière d’une étoile change légèrement de couleur selon qu’elle s’approche ou s’éloigne de nous.

Analyse des données

En mesurant ces variations de couleur, les astronomes peuvent déduire non seulement l’existence d’une exoplanète mais aussi sa masse et sa distance par rapport à l’étoile. Cette méthode, bien qu’indirecte, est d’une précision redoutable et a permis la découverte de nombreuses exoplanètes.

Pour mener à bien ces observations minutieuses, les astronomes s’appuient sur des télescopes d’une précision extrême, constituant un véritable arsenal technologique.

Des télescopes de haute précision : l’arsenal des astronomes

Les télescopes modernes sont des merveilles de technologie. Dotés de miroirs gigantesques et de capteurs ultrasensibles, ils capturent la lumière des étoiles avec une précision inouïe. Ces instruments permettent d’analyser les infimes variations de luminosité et de couleur nécessaires à la détection des exoplanètes.

Le rôle des observatoires

Les observatoires astronomiques sont stratégiquement situés pour minimiser les interférences atmosphériques et lumineuses. Ces installations, souvent perchées au sommet de montagnes ou en orbite autour de la Terre, offrent des conditions optimales pour l’observation de l’univers.

Avec la technologie actuelle atteignant des sommets, l’avenir de l’astronomie s’oriente vers la photographie directe de ces mondes invisibles, un rêve qui devient réalité pour les scientifiques.

Photographier l’invisible : l’avenir de l’astronomie

Les progrès récents

Les dernières avancées technologiques permettent désormais de photographier directement certaines exoplanètes, bien que cela reste un exploit rare. Les techniques d’optique adaptative et les coronographes, qui masquent la lumière des étoiles, jouent un rôle crucial dans cette prouesse.

Perspectives d’avenir

L’avenir de l’astronomie est prometteur, avec de nouvelles missions spatiales et des télescopes encore plus puissants en développement. Ces outils ouvriront la voie à l’exploration détaillée des atmosphères planétaires, offrant peut-être des indices sur la présence de vie ailleurs dans l’univers.

Les techniques d’observation des planètes invisibles révèlent l’ingéniosité des astronomes, capables de transformer l’inconnu en connaissance grâce à des méthodes astucieuses et des technologies avancées. Ces découvertes enrichissent notre compréhension de l’univers et ouvrent la voie à des horizons encore inexplorés.

01/01/2026. La salamandre de Sibérie

Une Salamandre de Sibérie, Salamandrella keyserlingii, fossilisa été découverte dans les couches jurassiques de Sibérie, datant de 167 millions d’années. Cette découverte enrichit notre compréhension de l’évolution des amphibiens au cours du Jurassique moyen. Les paléontologues ont identifié quatre vertèbres fossilisées dans la carrière de Berezovsky, une zone souvent qualifiée de « cimetière animalien raison du nombre élevé de spécimens retrouvésmentireb

Les scientifiques viennent de redonner vie à cette minuscule créature après qu’eut passé 24 000Il ne Ce n’est pas de la science-fiction: Le fossile dégelé a recommencé à bouger. Il a survécu à des conditions ayant anéanti des espèces entières pendant l’âge de glace.

Assez peu connue du grand public, cette espèce de l’ordre des urodèles est pourtant l’un des rares vertébrés capables de survivre entièrement gelé, dans un état de vie suspendue, pendant des mois, voire des années. Lors des hivers sibériens, son corps peut atteindre des températures allant jusqu’à -55 °C, peut-on lire dans MDPI.

Ce phénomène extrême serait fatal pour presque tout autre animal, car la formation de cristaux de glace dans les cellules entraîne généralement la rupture des membranes et la mort des tissus.

Mais la salamandre de Sibérie a développé une solution. Son corps produit du glycérol, une molécule « antigel » qui agit en abaissant le point de congélation de ses liquides corporels. Ainsi, les cellules ne gèlent pas entièrement et l’intégrité des tissus est préservée.

Le temps de l’hibernation

Chaque automne, l’hibernation débute aux alentours de septembre et se prolonge jusqu’à la avril et mai selon les régions. Durant tout ce temps, les salamandres se cachent dans des troncs d’arbres ou autres abris et elles restent figées. Congelées, elles peuvent survivre ainsi plusieurs mois.

Une équipe de scientifiques qui a étudié l’espèce dans le bassin du fleuve Kolyma, a même pu réanimer un individu piégé dans la glace pendant plusieurs années, rapportait NewScientist en 1993. Mais beaucoup de salamandres décèdent malheureusement lorsque les températures sont trop basses.

Les salamandrelles de Sibérie peuvent survivre congelées en produisant un « antigel » naturel. © Nat Geo Animals

Un modèle pour la science du futur

Aujourd’hui, Salamandrella keyserlingii n’est pas considérée comme une espèce menacée. Selon la Liste rouge de l’UICN, elle est classée comme « préoccupation mineure ».

Son incroyable capacité à survivre dans des conditions extrêmes en fait néanmoins un objet d’étude majeur pour les biologistes. Des recherches en cryobiologie pourraient s’inspirer de ses mécanismes naturels pour développer des techniques de congélation de tissus, d’organes, voire de cellules humaines destinées à la médecine.

02/01/2026 La salamandre de Sibérie

Une Salamandre de Sibérie fossilisée salamandre de Sibérie, Salamandrella keyserlingii, fossilisa été découverte dans les couches jurassiques de Sibérie, datant de 167 millions d’années. Cette découverte enrichit notre compréhension de l’évolution des amphibiens au cours du Jurassique moyen. Les paléontologues ont identifié quatre vertèbres fossilisées dans la carrière de Berezovsky, une zone souvent qualifiée de « cimetière animalien raison du nombre élevé de spécimens retrouvésmentireb

Les scientifiques viennent de redonner vie à cette minuscule créature après qu’elle ait passé 24 000 ans gelée dans la glace sibérienne. Ce n’est pas de la science-fiction : l’organisme a dégelé et a recommencé à bouger. Il a survécu à des conditions ayant anéanti des espèces entières pendant l’âge de glace. Dans cette compilation, nous décomposons comment cela est possible et ce que cela signifie pour la vie sur Terre (et au-delà), ainsi que d’autres découvertes fascinantes trouvées dans la glace.

Assez peu connue du grand public, cette espèce de l’ordre des urodèles est pourtant l’un des rares vertébrés capables de survivre entièrement gelé, dans un état de vie suspendue, pendant des mois, voire des années. Lors des hivers sibériens, son corps peut atteindre des températures allant jusqu’à -55 °C, peut-on lire dans MDPI.

Un incroyable mécanisme

Ce phénomène extrême serait fatal pour presque tout autre animal, car la formation de cristaux de glace dans les cellules entraîne généralement la rupture des membranes et la mort des tissus.

Mais la salamandre de Sibérie a développé une solution. Son corps produit du glycérol, une molécule « antigel » qui agit en abaissant le point de congélation de ses liquides corporels. Ainsi, les cellules ne gèlent pas entièrement et l’intégrité des tissus est préservée.

On trouve également la salamandre de Sibérie au nord du Kazakhstan, en Chine et jusqu’en Corée du Nord.

Le temps de l’hibernation

Chaque automne, l’hibernation débute aux alentours de septembre et se prolonge jusqu’à la avril et mai selon les régions. Durant tout ce temps, les salamandres se cachent dans des troncs d’arbres ou des cachettes et restent figées. Congelées, elles peuvent survivre ainsi plusieurs mois.

Une équipe de scientifiques qui a étudié l’espèce dans le bassin du fleuve Kolyma, a même pu réanimer un individu piégé dans la glace pendant plusieurs années, rapportait NewScientist en 1993. Mais beaucoup de salamandres décèdent malheureusement lorsque les températures sont trop basses.

Les salamandrelles de Sibérie peuvent survivre congelées en produisant un « antigel » naturel. © Nat Geo Animals

Un modèle pour la science du futur

Aujourd’hui, Salamandrella keyserlingii n’est pas considérée comme une espèce menacée. Selon la Liste rouge de l’UICN, elle est classée « préoccupation mineure ».

Son incroyable capacité à survivre dans des conditions extrêmes en fait néanmoins un objet d’étude majeur pour les biologistes. Des recherches en cryobiologie pourraient s’inspirer de ses mécanismes naturels pour développer des techniques de congélation de tissus, d’organes, voire de cellules humaines destinées à la médecine.

01/01/2026/La guerre contre la science est déclarée

Depuis le retour de Trump, les universités, les scientifiques et jusqu’à l’idée même de science font l’objet d’attaques sans précédent. Une mise au pas théorisée par un courant de pensée qui prend le contre-pied de la philosophie des Lumières : les lumières obscures.

par Pierre-Yves Bocquet, publié le 17 décembre 2025

Les coups de boutoir de l’administration Trump contre la science sont devenus si fréquents que l’on finirait presque par oublier leur violence. Comme lorsque, fin septembre, le président des États-Unis déclare devant l’assemblée générale des Nations unies que le réchauffement climatique est “la plus grande arnaque jamais perpétrée dans le monde, faite par des gens stupides”. “Cela ne m’a pas surpris, même si ça ne m’a pas fait plaisir : il l’avait déjà dit”, confesse le chercheur en politique environnementale François Gemenne. Coauteur du 6e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), il fait pourtant partie des personnes “stupides” pointées du doigt par l’homme le plus puissant du monde, devant une assemblée restée silencieuse face à une telle dénégation du consensus scientifique. Un signe parmi beaucoup d’autres que nous sommes entrés dans une nouvelle ère. Celle où la science n’est plus respectée ni considérée comme l’un des fondements des sociétés modernes. “Elle est pourtant le socle sur lequel on peut débattre en démocratie : si nous ne partageons plus la même réalité, il n’y a plus de débat possible, et donc plus de démocratie, rappelle François Gemenne. Le problème des scientifiques, c’est qu’ils disent la vérité, et que la vérité est parfois déloyale : les faits ne se conforment pas aux opinions.”

Chasse aux sorcières

Dès les premiers jours de son retour à la Maison-Blanche, Trump entreprend de se désengager de l’accord de Paris sur le climat, de sabrer les budgets accordés aux universités, de nommer de nouveaux directeurs à la tête des agences de recherche et des hauts fonctionnaires dénués de toutes compétences scientifiques, d’interdire l’utilisation de certains mots dans les publications de recherche… “C’est tout le modèle des universités de recherche américaines qui est attaqué, estime Brian Sandberg, professeur d’histoire à la Northern Illinois University, l’un des rares chercheurs en poste à oser critiquer publiquement cette politique. Le gel ou la suppression des subventions a stoppé les activités de recherche sur le changement climatique, les sciences de l’environnement, les énergies renouvelables, la santé des femmes, la santé LGBTQ+, mais aussi bien d’autres domaines. Le démantèlement partiel ou quasi total de nombre d’institutions fédérales a fortement réduit leur capacité à soutenir les activités de recherche fondamentale et appliquée. Je crains que la plupart des chercheurs que je connais n’osent plus s’exprimer en raison de l’effet dissuasif des attaques actuelles.” Un climat de défiance et d’autocensure qui n’est pas sans rappeler les heures les plus sombres du maccarthysme et la chasse aux sorcières : “On n’est plus très loin des arrestations arbitraires pour opinions divergentes, comme cela se fait déjà pour les chercheurs étrangers”, pointe François Gemenne. 

Il y a eu le courant des Lumières au XVIIIe siècle ; il s’agit maintenant d’installer son pendant sombreArnaud Miranda, docteur en théorie politique et spécialiste des ­pensées réactionnaires au Cevipof

“Nous assistons en fait à la fin d’un long cycle qui avait commencé au XVIIIe siècle avec les Lumières”, estime Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis, à l’Institut de relations internationales et stratégiques. La lutte contre l’irrationnel, l’arbitraire et l’obscurantisme qu’avaient théorisée les philosophes des Lumières, et sur laquelle la science a prospéré depuis, laisse désormais la place à des discours alternatifs, qui se retrouvent dans un courant de pensée dont le nom à lui seul donne la mesure de l’ambition : Dark Enlightenment, les “lumières obscures”. 

Installer une autre réalité

Sous la plume d’esprits scientifiques comme Franklin, Descartes, Buffon ou Condorcet, les Lumières avaient participé à positionner la science comme une autorité émancipée de la tutelle de la religion, fondée sur la raison, l’égalitarisme et l’universalisme, au service de la connaissance et du bien commun. Les lumières obscures estiment au contraire que la science est dévoyée, qu’elle prône des contre-vérités – comme l’égalité entre les individus – et qu’elle n’est au service que d’elle-même, en pervertissant les esprits pour conforter son propre pouvoir, au détriment de l’État. “Il y a eu le courant des Lumières au XVIIIe siècle ; il s’agit maintenant d’installer son pendant sombre”, résume Arnaud Miranda, docteur en théorie politique et spécialiste des pensées réactionnaires au Cevipof.

Gourous de l’alt-right

Ce courant de pensée a pris sa source dans les années 2010, sous le clavier d’un alors obscur ingénieur informaticien californien, Curtis Yarvin. Sous le pseudo de Mencius Moldbug, il partage sur son blog une critique acerbe de l’incapacité chronique des grandes démocraties à résoudre leurs problèmes. Une diatribe aux accents volontiers ironiques, emplie de références à la pop culture geek qui finira par être repérée et mise en lumière par des gourous de l’alt-right, l’extrême droite américaine, comme Steve Bannon et surtout le philosophe britannique Nick Land. 

Cet ex-professeur de l’université de Warwick, cofondateur de la Cybernetic Culture Research Unit, publie en 2012 The Dark Enlightenment, véritable manifeste fondateur des lumières obscures, en citant abondamment Moldbug, qu’il désigne comme le “seigneur Sith des néoréactionnaires”, en référence aux guerriers adeptes du côté obscur de la Force dans Star Wars. “Yarvin n’est pas un intellectuel, note Arnaud Miranda. C’est un pamphlétaire. Land, en revanche, est un vrai philosophe, qui se réclame de grands noms, en particulier français, comme Gilles  Deleuze et Félix Guattari, mais dont il interprète les idées de façon assez libre.”

Ces attaques systématiques contre la science et la vérité sont révélatrices d’une politique fasciste, qui cherche à installer une autre réalitéFrançois Gemenne, chercheur en politique environnementale, coauteur du 6e rapport du GIEC

Yarvin et Land proposent de remplacer la démocratie actuelle, selon eux inefficace donc, par un régime autoritaire quasi-monarchique en mettant à la tête du pays un roi-PDG aux pouvoirs élargis, sur le modèle de Singapour, Dubaï ou Hong Kong. Un système où les hauts QI doivent régner, explique Arnaud Miranda : “Pour Yarvin, la société doit être hiérarchisée et dirigée par des élites. Mais pas celles d’aujourd’hui, sorties des universités qu’il estime corrompues au niveau des idées, car moralisées et progressistes, acquises à la cause démocrate. Pour lui, l’élite doit faire preuve d’une intelligence naturelle, reconnaissable à la maîtrise des technologies numériques et à la création d’entreprises à succès.”

La Cathédrale

Avec les médias, les universités forment ce que Yarvin appelle “la Cathédrale” ; à savoir “les institutions intellectuelles au cœur de la société moderne, tout comme l’Église était au centre de la société médiévale”, explique-t-il sur son blog. “Les universités sont vues par Yarvin et Land comme des prescriptrices de ces idées d’universalisme et d’égalitarisme, soutenues par la sphère médiatique, qui influencent négativement les élites de l’administration formées dans ces mêmes universités, détaille Arnaud Miranda. Selon lui, la Cathédrale empêche l’État de voir la réalité en face et de prendre les mesures qui s’imposent, à savoir s’extraire de la démocratie dans laquelle les élites progressistes l’ont enfermée, considérée comme un frein à la liberté et à la prospérité.” C’est ainsi que les universités, et à travers elles la science, seraient la cause de tous nos maux, et ce de façon consciente et organisée. “Yarvin avance que ces institutions n’existent pas pour servir l’intérêt général, comme elles le prétendent, mais pour endoctriner et contrôler, perpétuant ce qu’il considère comme une adhésion hypocrite à des principes d’égalité et de représentation qui, en réalité, sapent la liberté”, complète Roger Burrows, professeur à l’école d’études politiques de l’université de Bristol.

Un projet dûment théorisé

En conséquence, “puisque l’université est le cœur de l’ancien régime, il est absolument indispensable à la réussite de tout changement de régime que toutes les universités accréditées soient liquidées, tant sur le plan physique qu’économique”, écrit Yarvin. CQFD. “Trump fédère une convergence de luttes de différents courants : néo­réactionnaires, mais aussi cryptofascistes, ultra­religieux, révisionnistes, libertariens… qui partagent tous un même projet : mettre en place un régime autoritaire comme l’a fait Viktor Orban en Hongrie, décrypte Romuald Sciora. Et pour ce type de régime, les universités sont toujours la première cible : plus on fait taire l’intelligence, plus on peut installer des discours alternatifs dans le but de réécrire l’histoire et le récit national d’une Amérique blanche, fière et prospère. Quitte à renier la science.” “Ces attaques systématiques contre la science et la vérité sont en fait révélatrices d’une politique fasciste, qui cherche à installer une autre réalité”, assène François Gemenne. 

En tant que mouvement anti­rationnel, les lumières obscures retiennent les formes qui vont dans le sens de leurs idées anti-égalitaires et antidémocratiquesBenjamin Noys, professeur de théorie critique à l’université de Chichester, en Angleterre

Derrière les frasques apparemment imprévisibles de Donald Trump se cache donc un projet dûment pensé, théorisé et désormais scrupuleusement déployé, même si le président n’a jamais ouvertement prêté allégeance aux lumières obscures : “On ne peut pas le prouver, mais il y a des parallèles assez troublants entre les écrits de Yarvin et ce que l’on observe depuis le retour de Trump au pouvoir, observe Arnaud Miranda. J. D. Vance, l’actuel vice-président, a d’ailleurs déjà publiquement cité Yarvin comme une de ses références. Le maillon central dans cette affaire, c’est Peter Thiel. C’est lui qui a fait connaître Yarvin à J. D. Vance.”

Hard reset

Ce milliardaire américain et néo-zélandais, cofondateur de PayPal avec Elon Musk, a ouvertement soutenu la campagne de J. D. Vance. “Il a aussi financé celle de Michael Anton, l’influent directeur de la planification politique de Trump, qui relaie régulièrement des thèses néo­réactionnaires”, reprend le chercheur. Thiel a également un temps employé l’actuel conseiller scientifique de Trump, Michael Kratsios. Et il est considéré comme le point d’entrée des lumières obscures chez les geeks de la Silicon Valley, où elles prospèrent. “La création du DOGE, un temps piloté par Elon Musk, colle en tout point avec l’idéal de Yarvin : c’est ce qu’il appelle le programme RAGE, pour “Retire All Government Employees”, licencier tous les fonctionnaires”, observe Arnaud Miranda. 

Accélérationnisme

Un “hard reset”, dans le jargon geek de Yarvin, destiné à éliminer l’“État profond” dont se plaint régulièrement Donald Trump. Thiel est aussi le point de rencontre entre les lumières obscures et une autre idéologie dont il est l’un des chantres, et qui fait elle aussi fureur chez les géants de la tech : l’accélérationnisme. Un autre dogme, pas moins inquiétant à vrai dire, qui appelle à accélérer le développement de l’intelligence artificielle et l’émergence de l’humain augmenté pour sauver le monde – nous vous en parlions dans notre précédent hors-série sur le temps.

Mais au fait, comment les golden boys de la tech peuvent-ils adhérer à des attaques en règle contre la recherche, avec laquelle ils coopèrent étroitement au quotidien ? “Les lumières obscures embrassent la technologie et certaines formes de technoscience, notamment celles qui concernent la manipulation génétique, la fusion de l’humain avec la technologie et l’extension de la vie, ce qu’on pourrait regrouper sous le terme ‘eugéniste’”, décode Benjamin Noys, professeur de théorie critique à l’université de Chichester, en Angleterre. En tant que mouvement anti­rationnel, elles s’opposent à la science en général, mais retiennent les formes de science qui vont dans le sens de leurs idées anti-égalitaires et antidémocratiques.”

Nous assistons à un affaiblissement inquiétant des capacités scientifiques des États-UnisRomany Webb, chercheuse à la Columbia Law School

L’adhésion de J. D. Vance aux thèses des lumières obscures ne fait plus de doute depuis un discours d’une rare violence, proféré en 2021 à la tribune d’un congrès conservateur, dans lequel il désigne les universités et les professeurs comme des “ennemis” – sous les applaudissements nourris de la salle –, en reprenant presque mot pour mot les arguments de Yarvin. “L’accession de J. D. Vance à la vice-présidence des États-Unis marque un tournant majeur et inquiétant dans la politique américaine, reflétant la banalisation des lumières obscures”, insiste Roger Burrows. La tendance était déjà sensible lors du premier mandat du milliardaire, entre 2017 et 2021, mais à un degré bien moindre. “Sous Trump 1, il y avait encore une forme de respect pour les institutions. Tout a basculé depuis l’attaque du Capitole”, estime François Gemenne. “Trump s’est radicalisé dans l’opposition entre ses deux mandats”, abonde Romuald Sciora. “Pendant le premier mandat, il y avait eu des assauts contre la science, notamment pendant l’épidémie de Covid – on se rappelle que Trump préconisait à l’époque de se soigner à l’eau de Javel –, mais l’administration n’était pas totalement loyale”, confirme William Genieys, chercheur spécialiste des États-Unis au Centre d’études européennes et de politiques comparées. “Cette fois-ci, les attaques de l’administration Trump contre la science ont déjà été bien plus étendues et plus néfastes que celles survenues lors du premier mandat, confirme Romany Webb, chercheuse à la Columbia Law School, qui a mis en place depuis fin 2016 un recensement scrupuleux de ces assauts. Je pense que nous assistons déjà à un affaiblissement inquiétant des capacités scientifiques des États-Unis. Les effets sont extrêmement profonds et se feront sentir pendant de nombreuses années. Il est difficile d’imaginer à quel point la situation est grave.” 

Une déferlante

Yasmine Belkaid, directrice générale de l’Institut Pasteur, s’inquiétait mi-octobre au micro de RTL : “Les États-Unis ont pendant longtemps investi énormément dans la recherche. Aujourd’hui, on a un gouvernement qui passe des messages faux aux populations en inventant des associations entre vaccination et autisme sans aucune preuve scientifique. C’est un cauchemar, car ces gens ont une influence non seulement aux États-Unis, mais sur le monde.” Et dès le mois de mars, alors que la déferlante n’en était qu’à ses débuts, l’Académie des sciences française s’alarmait : “La suppression des contributions américaines aux organisations météorologiques et de santé mondiale risque d’avoir des répercussions dramatiques, notamment sur la surveillance des maladies émergentes et des phénomènes climatiques extrêmes.” “Sans compter que beaucoup de recherches à l’international reposent sur les États-Unis”, ajoute Romuald Sciora.

Des pans entiers qui s’effondrent

Reste à savoir jusqu’où cette guerre va aller. Dans son projet de budget 2026 présenté en avril, l’administration Trump a proposé une nouvelle baisse drastique d’environ 30 % des crédits fédéraux destinés à la recherche, provoquant un tollé dans les cercles scientifiques. “Ne vous y trompez pas : si le Congrès adopte le budget du président, les conséquences pour l’avenir de notre nation seront catastrophiques. Les États-Unis ne participeront plus à la course mondiale pour le leadership en matière de recherche – ils l’auront perdue”, réagissait dans un communiqué publié dans la foulée, le 2 mai, l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS), l’organisation à but non lucratif qui édite la prestigieuse revue Science.

Incroyable docilité

Il semble que l’appel ait été en partie entendu, nous confie Erin Heath, la directrice des relations avec le gouvernement fédéral de l’AAAS : “Une forte mobilisation a conduit le Congrès américain à rejeter cette proposition de budget et à rédiger des projets de loi de crédits plus favorables à l’entreprise scientifique. Le Sénat a, par exemple, recommandé un financement stable pour la National Science Foundation et une augmentation de 400 millions de dollars pour les National Institutes of Health. En revanche, les domaines de l’énergie propre et des sciences du climat ont subi des coupes disproportionnées, et les sciences sociales ont également été touchées. Mais les batailles budgétaires pour l’exercice fiscal 2026 sont encore en cours.” Un accord budgétaire a été trouvé mi-novembre pour mettre fin au shutdown

[la paralysie des activités fédérales tant que le budget n’est pas voté]

jusqu’au 30 janvier, sans certitudes sur les orientations du reste de l’année. “Le problème, c’est qu’en attendant, l’administration Trump en a profité pour faire tomber des pans entiers de certaines agences”, observe William Genieys. 

L’idéologie trumpienne se répand déjà à travers le monde. Il est à craindre que la défiance envers la science aille en grandissantRomuald Sciora , directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis, à l’Institut de relations internationales et stratégiques

Reste une ultime inconnue : la capacité de réaction du monde académique, jusqu’ici quasiment inexistante. À quelques exceptions près comme Yale, Princeton ou Harvard, peu d’institutions ont osé faire front face aux attaques du gouvernement. “Je suis assez surpris de la facilité avec laquelle tout cela se déploie, et de la docilité de certaines universités”, souffle François Gemenne. “Il est assez incroyable de voir que des universités comme Columbia, dont certains départements ont été mis sous tutelle fédérale, se soient couchées, s’étonne aussi Romuald Sciora, de nationalité franco-américaine. Même Orban n’a pas osé faire ça en Hongrie. Harvard essaie bien de résister, mais jusqu’à quand pourra-t-elle se passer des subventions fédérales ?” “Est-ce que ces attaques en règle contre l’université vont entraîner une réaction ? s’interroge Arnaud Miranda. Pour l’instant, force est de constater que c’est l’apathie.” Pour Brian Sandberg, l’idéologie des lumières sombres suscite peu de réactions parce qu’elle bénéficie d’un écho plutôt favorable dans une société de plus en plus méfiante vis-à-vis de la science : “Les positions antivaccins et antiscience, qui rejettent jusqu’aux notions mêmes de santé publique et de savoir académique, semblent être devenues courantes depuis la pandémie de Covid-19, par l’entremise des réseaux sociaux et des médias extrémistes qui les amplifient.”

L’Europe n’est pas à l’abri

“L’idéologie trumpienne se répand déjà à travers le monde, prévient Romuald Sciora. Avec le Dark Enlightenment, il est à craindre que la défiance envers la science aille en grandissant. Le trumpisme est comme un cancer agressif : il y aura peut-être des périodes de rémission, mais on ne reviendra pas en arrière.” “Ça ne va pas s’arrêter avec Trump, estime lui aussi François Gemenne. Et l’Europe n’est pas à l’abri : partout, les discours se radicalisent.” La plus grande des démocraties serait-elle en passe de faire basculer le monde sous le règne des lumières obscures ? “Il y a plus de lumière et de sagesse dans beaucoup d’hommes réunis que dans un seul”, s’émerveillait au début du XIXe siècle le Français Alexis de Tocqueville, béat d’admiration devant une démocratie américaine alors naissante, directement inspirée des Lumières. C’était il y a deux siècles.

30/12/2025 Découverte de l’étoile la plus lointaine jamais observée

Détectée dans une galaxie qui existait seulement 900 millions d’années après le Big Bang, l’étoile Earendel pourrait nous permettre d’en apprendre davantage sur une période encore méconnue de l’histoire de l’univers.

En utilisant le télescope spatial Hubble, des astronomes ont observé ce qu’ils pensent être une étoile individuelle dans une galaxie très lointaine : l’étoile la plus éloignée et la plus primordiale jamais observée.

« C’est de loin l’étoile la plus éloignée jamais vue », affirme Jane Rigby de la NASA, co-autrice de l’article qui décrit cette découverte et qui a été publié dans la revue scientifique Nature.

Voir ci-dessous référence et abstract

« Il s’agira de notre plus grande opportunité d’étudier comment était une étoile massive au début de notre univers. » L’étoile a été surnommée Earendel, d’après le nom en vieil anglais pour « étoile du matin » ou « lumière montante ». Elle ne date que de 900 millions d’années après le Big Bang. La précédente détentrice du record, surnommée Icarus, existait environ 4,3 milliards d’années après e Big Bang Cela signifie que Earendel existait peu de temps après que l’univers naissant a émergé d’une ère d’obscurité, lorsque certaines des premières galaxies étaient en plein développement.

Les scientifiques estiment qu’Earendel est au moins cinquante fois plus massive que notre Soleil, mais il se pourrait qu’il s’agisse d’une paire d’étoiles binaires plutôt que d’une seule étoile. Des observations de suivi seront effectuées par le biais du télescope spatial James Webb (JWST) de la NASA, ce qui devrait aider à confirmer si l’objet est bien une étoile, ou s’il s’agit de quelque chose de totalement différent.

Pour en savoir pus, voir

L’étoile la plus lointaine jamais observée a été découverte | National Geographic | National Geographic

Référence

We may have found proof of the biggest stars ever seen

The Author(s)Devesh Nandal, Daniel J. Whalen, Muhammad A. Latif, and Alexander Heger

Published 2025 November 12 • © 2025. T. Published by the American Astronomical Society.
The Astrophysical Journal LettersVolume 994Number 1

The advent of the James Webb Space Telescope has revealed a wealth of new galaxies just a few hundred Myr after the Big Bang, a few of which exhibit unusual N/O ratios that are difficult to explain with stellar populations today. While Wolf–Rayet stars in multiple-burst populations, very massive or rapidly rotating primordial stars, general relativistic explosions of metal-enriched supermassive stars, or the precursors of globular clusters can in principle account for the N excess in the galaxies GN-z11 and CEERS 1019, no known stars or supernovae can explain the far higher N/O ratio of 0.46 in GS 3073 at redshift z = 5.55. Here we show that the extreme N abundances in GS 3073 can be produced by 1000–10,000 M⊙ primordial (Pop III) stars. We find that these are the only candidates that can account for its large N/O ratios and its C/O and Ne/O ratios. GS 3073 is thus the first conclusive evidence in the fossil abundance record of the existence of supermassive Pop III stars at cosmic dawn.

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