11/02/2023 Combien de temps la République française pourra-t-elle enseigner ses valeurs à l’école ?

Ces valeurs sont connues. Mais il n’est pas inutile de les appeler ici. Elles s’appellent laîcité ou neutralité religieuse face à des croyances qui affirment que tout vient de Dieu et doit y retourner. Elles s’appellent égalité entre les sexes face à des religions qui veulent enfermer les femmes dans la soumission aux hommes aussi bien dans les domaines professionnels que privés. Elles s’appellent neutralité vestimentaire face à des consignes qui veulent imposer le voile et l’abaya aux filles et la tenue musulmane aux garçons, ceci d’ailleurs tant aux élèves qu’aux enseignants.

Dans beaucoup d’établissements, ceci se traduit souvent aussi par l’interdiction faite aux filles de fréquenter la piscine et la salle de sport.

Plus gravement, des émissions de télévisions privées de plus en plus utilisées comme support à l’enseignement, à l’école comme que dans les activités sociales annexesdonnent la parole en toute illégalité à des imams salafistes virulents, tels un certain Nader Halimi, cité par Le Point (26 Janvier 2023, p.54), qui se présentent comme des soldats d’Allah.

On peut craindre que ces mêmes réseaux sociaux ne servent bientôt de tribune à des combattants djihadistes francophones chassés du Moyen Orient et décidés à reconstruire en France, notamment dans les banlieues dites sensibles, un Etat Islamique à la française qui, une fois établi auprès des jeunes, ne pourra plus être éradiqué.

11/02/2023 Quand l’Australie était une mer

Une mer peu profonde mais d’une vaste étendue recouvrait, iI y a entre 150 et 100 millions d’années-bp, une grande partie de ce qu’est aujourd’hui  le continent australien. Dans cette mer, dite  Eromanga Sea, vivaient en grand nombre un plésiosaure nommés Elasmosaurus . Celui-ci avait un très long cou ; mais après sa mort sa  tête était souvent arrachée de celui-ci et était difficile à identifier au sein des couches d’ossements trouvés sur les sites fossilifères.

Récemment cependant le paléontologue australien travaillant pour le Queensland Museum, le Dr Espen Knutsen  , eut la chance de trouver un squelette entier. Sa tête bien que très abîmée, permis de mieux se représenter l’évolution de ce groupe et par répercussion celle des autres espèces identifiées dans cette zone.

D’autres restes de plésiosaures et d’ichthysaures unt été retrouvés dans cette zone et envoyés pour étude au Museum of Tropical Queensland à Townsville

Images reconstituées

https://www.jurassic-world.com/plesiosaure

09/02/2023 Aux Etats-Unis, le concept de « race » ne devrait plus être utilisé dans le domaine médical

Ce qui semble évident en Europe vient seulement d’être affirmé aux Etats-Unis par l’organisation des professionnels de santé regroupés au sein de l’AMA, American Medical Association.

Dans une réunion générale spéciale regroupant la quasi totalité de ses représentants, l’AMA a pris acte de ce qui est devenu, notamment en Europe, une évidence. Le concept de race est une construction sociale et non biologique. Il ne doit plus être utilisé dans le domaine juridique pour définir un délit ou le type de répression que celui-ci devrait mériter.

Autrement dit et pour parler plus clairement le fait d’être noir (black voire nigger) ne doit plus être considéré en termes de délit comme justifiant une sévérité spéciale, non plus qu’une indulgence particulière. Au contraire, le fait de considérer la race comme une catégorie résultant d’une constructrice sociale et non comme découlant d’une réalité biologique doit avoir, selon l’AMA, d’importants résultats favorables.

Remarquons cependant que l’on retrouve à propos de la race en biologie les mêmes débats que ceux intéressant l’espèce en biologie animale ? Une espèce est un groupe d’individus interféconds présentant des caractères communs (phénotype). C’est l’unité de base de la classification biologique. Cela ne veut pas dire que les mâles et les femelles au sein d’une espèce donnée ont nécessairement des comportements identiques

Références

AMA wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_m%C3%A9dicale_am%C3%A9ricaine

AMA https://www.ama-assn.org/
New AMA policies recognize race as a social, not biological, construct

08/02/2023 L’Ouest est déjà en guerre avec la Russie

Selon le premier ministre hongrois Victor Orban, l’Ouest est déjà en guerre avec la Russie

Viktor Orban: West Is ‘In A War With Russia’

« Nous avons de gros problèmes », déclare Viktor Orbán à propos de l’Europe. « Elle doit comprendre que la Russie ne peut pas se permettre de perdre – et ne perdra pas. Le temps joue en faveur de la Russie. La Russie est un pays immense et peut mobiliser une vaste armée. L’Ukraine est déjà à court de troupes. Lorsque cela se produira, que se passera-t-il ? »

« Si la prochaine offensive de printemps de la Russie est couronnée de succès, les pays de l’OTAN vont être confrontés à la question suivante : devons-nous envoyer des soldats se battre pour l’Ukraine ? Cette question préoccupe un nombre croissant d’Européens, dont les pays risquent d’être dévastés si la guerre s’étend… L’Occident est « en guerre contre la Russie. C’est la réalité. Chaque jour, nous nous enfonçons davantage », explique Orbán.

Les forces légères utilisées par la Russie au début de l’opération militaire spéciale ont été jugées suffisantes par Moscou pour amener Kiev à demander la paix, mais l’OTAN a ensuite commencé à lancer de nouvelles armes et des « mercenaires » dans la bataille. Les Russes ont rapidement fait marche arrière, ont retiré leurs forces expéditionnaires et se sont concentrés sur la destruction des hommes et du matériel des FAU (Forces armées ukrainiennes).

Les FAU, incapables d’agir stratégiquement, se sont engagées dans des batailles territoriales sur le front du Donbass. Il en résulte une destruction monumentale des hommes et du matériel des FAU.

Après avoir épuisé une grande partie de l’ancien stock de munitions soviétiques détenu par les États de l’OTAN, les commanditaires de Kiev ont redoublé d’efforts en envoyant des « volontaires » et du matériel occidental toujours plus perfectionné. Pourtant, il n’y a pas de nouvelle stratégie de l’OTAN car il n’y a plus d’armée ukrainienne à proprement parler. Tout ce que l’Occident peut faire, c’est continuer à essayer d’entraîner les Russes dans le bourbier dans lequel ils se sont eux-mêmes mis il y a quelques mois.

De même que les conséquences des sanctions massives sur l’énergie russe et l’interdiction des banques russes d’accéder à SWIFT n’ont pas été pensées à l’avance par Washington, il en va de même pour les conséquences découlant de la prochaine phase de la « guerre financière » au sens large – l’intention de mettre en œuvre une simple monnaie numérique liée à l’or – pour une « compensation » en temps réel entre les banques centrales asiatiques – remplaçant les notions précédentes d’une monnaie commerciale liée aux matières premières, qui sont régulièrement rejetées en Occident.

L’Iran et la Russie viennent toutefois de connecter leurs systèmes nationaux de messagerie financière : 52 banques iraniennes et 106 banques russes sont désormais reliées par l’équivalent russe de SWIFT – le Système de transfert de messages financiers (SPFS).

La poussée financière occidentale initiale visant à faire s’ effondrer l’économie russe s’est retournée contre elle en faisant monter les prix de l’énergie au profit des rivaux occidentaux. Toutefois, c’est la prochaine étape de la Russie – si elle est mise en œuvre – qui menace de faire grimper les prix des produits de base, de miner les marchés financiers occidentaux et, finalement, de faire s’effondrer leurs devises. En d’autres termes, l’OTAN, en agissant de manière impétueuse (c’est-à-dire en poursuivant l’escalade en Ukraine), peut devenir un prétexte pour assurer l’avenir de la Russie en tant que super-État asiatique, ce qui, en fin de compte, marquera la fin de la route pour les monnaies fiduciaires

06/02/2023 Les Russes au Mali

Le départ de l’armée francaise du Mali, « chassés » par les « colonels » ayant pris le pouvoir à Bamako, n’apporte aucun des bénéfices promis par ces derniers. On a appris que quatorze soldats maliens membres de la Minusma avaient été tués et onze blessés lors d’affrontements avec les djihadistes dans le centre du pays, selon un nouveau bilan donné par l’armée. Le précédent bilan faisait état la veille d’au moins 12 soldats maliens tués lors de ces combats qui ont eu lieu entre Mopti et Ségou après plusieurs attaques menées contre l’armée avec des bombes artisanales.

De son côté, l’armée malienne affirme avoir neutralisé «31 terroristes», dans un communiqué transmis à l’AFP.

Le Mali traverse une période d’instabilité et de conflit depuis le coup d’État militaire de 2012 et l’occupation du nord par des groupes armés. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) intervient depuis juillet 2014. Cependant, en raison des multiples « obstructions » du régime malien, « les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies » pour continuer les opérations Barkhane (française) et Takuba (commandos associés de quatorze pays européens, dont l’Allemagne et le Royaume-Uni).

Les liens qui reliaient la France au Mali se distendaient chaque jour un peu plus. Après la rupture diplomatique, c’est la coupure humanitaire qui touche directement les populations civiles. En effet, depuis la parution d’un communiqué daté du 21 novembre, le gouvernement de transition au Mali a interdit, « avec effet immédiat », toutes les activités menées sur son sol par des ONG opérant sur financement ou avec l’appui matériel ou technique de la France, y compris dans l’humanitaire. Une interdiction dont les effets sur la population malienne la plus démunie commencent à se faire sentir en cette fin d’année, rapporte le « Journal du Mali ».

Par intermédiaire du groupe paramilitaire russe Wagner, c’est la Russie qui a pris la place de la France. On le sait depuis la révélation de son arrivée sur le sol malien en décembre 2021. La société privée Wagner qui emploie des mercenaires souvent recrutés directement dans les prisons n’intervient jamais gratuitement. Au Mali, elle paraît payée pour son appui aux colonels qui désormais gouvernent le Mali. Et, si tel est bien le cas, comment les versements sont-ils financés , vu la pauvreté du gouvernement légal ?

Avant même le déploiement de forces militaires, les hommes d’Evgueni Prigojine, patron de Wagner, ont commencé à prospecter dans le domaine aurifère dont le Mali est l’un des premiers producteurs en Afrique. Or, leurs recherches n’ont jusqu’ici débouché sur la signature d’aucun contrat d’exploitation minière, aucun accaparement de mine n’a été effectué comme en République centrafricaine. Wagner travaillerait-il donc à perte au Mali, laissant ses interventions en Centrafrique, en Libye ou au Soudan financer ce déploiement, jugé plus stratégique dans la mesure où il sape l’influence occidentale, en particulier française ?

Un document officiel malien a éclairé plusieurs chancelleries. Daté du 30 juillet 2022 et « publié par erreur » en fin d’année, selon une source occidentale, le budget rectifié de l’Agence nationale de la sécurité d’Etat (ANSE) malienne, autrement dit les services maliens de renseignement, laisse en effet apparaître une envolée des dépenses de cette structure placée sous l’autorité directe du président de la République, Assimi Goïta, et dirigée par l’un des piliers de la junte, le colonel Modibo Koné.

Les autorisations d’engagement de l’ANSE, initialement chiffrées à hauteur de 2 milliards de francs CFA pour 2022 (3 millions d’euros), ont ainsi été réévaluées en cours d’année à 71,4 milliards de francs CFA (108 millions d’euros). Les crédits de paiement, soit la limite des dépenses possibles pour la couverture des autorisations d’engagement, fixés pour leur part à 13,7 milliards de francs CFA (21 millions d’euros) ont, eux, été rectifiés à 103,7 milliards de francs CFA, soit une augmentation de plus de 135 millions d’euros pour l’année 2022.

« La surallocation de budgets à des institutions ou à des ministères ne correspondant à aucune dépense publique est une pratique commune dès lors que l’on veut maquiller des versements », assure une source diplomatique convaincue,que le financement des mercenaires russes est à chercher dans cette ligne budgétaire. Une conviction renforcée par le montant de l’augmentation qui correspond, peu ou prou, au contrat de 6 milliards de francs CFA par mois (un peu plus de 9 millions d’euros), évoqué en septembre 2021 par l’agence de presse Reuters, lorsque l’Etat malien était encore en négociation avec le groupe Wagner.

La question se posait déjà depuis la révélation de leur arrivée sur le sol malien en décembre 2021. La société privée Wagner qui emploie des mercenaires est-elle payée pour son appui aux colonels putschistes ? Et, si tel est bien le cas, comment les versements sont-ils financés ?

Avant même le déploiement de forces militaires, les hommes d’Evgueni Prigojine, patron de l’entreprise russe, ont commencé à prospecter dans le domaine aurifère dont le Mali est l’un des premiers producteurs en Afrique. Or, leurs recherches n’ont jusqu’ici débouché sur la signature d’aucun contrat d’exploitation minière, aucun accaparement de mine n’a été effectué comme en République centrafricaine. Wagner travaillerait-il donc à perte au Mali, comptant sur ses interventions en Centrafrique, en Libye ou au Soudan financer ce déploiement, jugé plus stratégique dans la mesure où il sape l’influence occidentale, en particulier française ?

Un document officiel malien a manifestement éclairé plusieurs chancelleries. Daté du 30 juillet 2022 et « publié par erreur » en fin d’année, selon une source occidentale, le budget rectifié de l’Agence nationale de la sécurité d’Etat (ANSE), les services maliens de renseignement, laisse en effet apparaître une envolée des dépenses de cette structure placée sous l’autorité directe du président de la République, Assimi Goïta, et dirigée par l’un des piliers de la junte, le colonel Modibo Koné.

Les autorisations d’engagement de l’ANSE, initialement chiffrées à hauteur de 2 milliards de francs CFA pour 2022 (3 millions d’euros), ont ainsi été réévaluées en cours d’année à 71,4 milliards de francs CFA (108 millions d’euros). Les crédits de paiement, soit la limite des dépenses possibles pour la couverture des autorisations d’engagement, fixés pour leur part à 13,7 milliards de francs CFA (21 millions d’euros) ont, eux, été rectifiés à 103,7 milliards de francs CFA, soit une augmentation de plus de 135 millions d’euros pour l’année 2022.

« La surallocation de budgets à des institutions ou à des ministères ne correspondant à aucune dépense publique est une pratique commune dès lors que l’on veut maquiller des versements », assure une source diplomatique convaincue que le financement des mercenaires russes est à chercher dans cette ligne budgétaire. Une conviction renforcée par le montant de l’augmentation qui correspond, peu ou prou, au contrat de 6 milliards de francs CFA par mois (un peu plus de 9 millions d’euros), évoqué en septembre 2021 par l’agence de presse Reuters, lorsque l’Etat malien était encore en négociation avec le groupe de mercenaires. Une somme par la suite confirmée par le général américain Stephen Townsend, le commandant d’Africom.

La date du 30 juillet 2022 figurant sur ce document n’est également pas anodine. Le 3 juillet, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avait levé les sanctions économiques et financières imposées six mois plus tôt à Bamako en raison du non-respect des délais de la période de transition, censée en premier lieu s’achever en février 2022 . En retirant ces mesures de restriction qui ont fait exploser l’endettement de l’Etat malien sur le marché intérieur et obligé la junte à geler une partie de ses versements à ses nouveaux alliés russes durant les premiers mois de leur déploiement , la région a en effet redonné au gouvernement des capacités d’emprunt sur les marchés extérieurs.

Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe, a conclu, mardi 7 février, une « visite d’amitié et de travail » d’une journée à Bamako, au Mali, dont chaque partie ne semble avoir que des raisons de se satisfaire. Effectué dans le cadre d’une tournée sur le continent africain qui l’a mené d’abord en Afrique du Sud, au Eswatini (ex-Swaziland), en Angola et en Erythrée, ce premier voyage d’un chef de la diplomatie russe au Mali, en dépit de la longue tradition de coopération entre les deux pays (notamment sous la présidence de Modibo Keïta, de 1960 à 1968), avait une valeur symbolique particulière. Bamako est en effet depuis un peu plus d’un an le point le sensible de la présence russe en Afrique.

Pour les colonels putschistes maliens, la venue de Sergueï Lavrov est une évidente marque de considération, qui témoigne auprès de leur opinion de la solidité de leur relation avec Moscou, devenu leur premier partenaire depuis leur deuxième coup d’Etat, en mai 2021, et la rupture avec la France qu’il a entraînée. Pour la Russie, cette visite permet d’amplifier son opération de séduction régionale interafricaine au moment où la junte au pouvoir au Burkina Faso voisin montre un intérêt pour le virage prorusse opéré par Bamako, et où les promesses du Kremlin trouvent un écho grandissant en Afrique, en premier lieu au Sahel.

Un succès diplomatique russe

Il s’agit d’un succès non négligeable alors que les Etats-Unis, comme la Chine, déploient des efforts pour courtiser le continent dans un contexte de recomposition des relations internationales. Affichant une parfaite complicité avec son homologue Abdoulaye Diop, qui n’a pas manqué de remercier son invité pour son soutien dans la lutte « contre les terroristes et leurs sponsors étrangers », M. Lavrov a placé, dès sa descente d’avion, les fondements de l’amitié entre les deux pays sous le signe de « la défense de la justice sur la scène internationale, agressivement foulée aux pieds ». Lors d’une conférence de presse commune, le chef de la diplomatie malienne a de son côté mis l’accent sur « l’avantage comparatif » de « cette coopération qui se fait sur la base des demandes » de son pays et sans volonté de monter « une partie des Maliens contre les autres ». Chacun aura ici reconnu les cibles : les Occidentaux au sens large, la France en particulier.

Si les partenariats russo-maliens dans les domaines de l’agriculture, des mines, des infrastructures ou de l’énergie restent à construire, la coopération militaire entre les deux pays bat son plein. Ces derniers mois, Moscou a livré à Bamako des hélicoptères de combat, des avions de chasse – dont des Sukhoï 25 –, des missiles sol-air et des systèmes radars.

« L’armée malienne démontre désormais sa capacité à organiser des opérations complexes, notamment dans le centre du pays. Leur bilan est pour l’instant peu convaincant au regard de la progression des groupes djihadistes et de la forte augmentation des violences envers les civils, remarque Ibrahim Maïga, conseiller Sahel auprès de l’organisation International Crisis Group. Cependant, elles permettent aux autorités de transition de communiquer sur la fiabilité de ce nouveau partenaire qui répond rapidement à leurs demandes et d’asseoir leur légitimité auprès d’une partie de la population, alors que les politiques de stabilisation menées par les Occidentaux n’ont pas eu l’efficacité escomptée. »

Les caisses publiques maliennes ne sont désormais plus soumises à la même pression, mais la solution d’un financement du Groupe Wagner par la « SE », la Sécurité d’Etat malienne, craignant de devoir subir les interrogatoires de ses agents, n’est peut-être que provisoire. « L’objectif de Wagner semble toujours de rentabiliser sa présence à travers l’exploitation des ressources naturelles », prévient un diplomate.

Après avoir monté, comme l’a révélé l’hebdomadaire Jeune Afrique en janvier, plusieurs sociétés – Prime Security, Alpha Development, Marko Mining – qui ne sont pas parvenues à s’octroyer les mines ciblées, les cadres de Wagner pourraient avoir incité les autorités maliennes de transition à créer, le 17 novembre 2022, la Société de recherche et d’exploitation minière du Mali (Sorem SA), chargée d’accroître les revenus de l’Etat. Une mesure suivie, onze jours plus tard, de l’annonce par le ministère des mines de la suspension de tous les permis d’exploration et d’exploitation afin d’« améliorer le processus de délivrance et de suivi des autorisations » et de « mieux servir les acteurs du secteur ».

Plus de deux mois après, la menace d’une redistribution des permis d’exploitation n’a cependant pas été mise à exécution. « Les Canadiens [premiers acteurs miniers du pays avec les société Barrick Gold et B2Gold] semblent jusqu’ici assez contents », convient un observateur étranger. Parallèlement, les combattants de Wagner déployés au Mali n’ont pas vu leurs rangs décroître. Au contraire, une source occidentale évoque même une augmentation de leurs effectifs qui seraient désormais compris « entre 1 500 et 2 000 hommes ».

07/02/23 La Stratégie de Défense nationale américaine

La Maison Blanche publie tous les ans un rapport dit National Defense Strategy (NDS) qui précise les orientations pour les mois suivants de la politique de défense américaine et l’importance des moyens militaires à y affecter. Celui de la dernière année de l’administration de Donald Trump visait à empêcher l’invasion par la Russie des Etats Baltes et une attaque avec d’importants moyens amphibies de Taiwan par la Chine.

Il reste à voir si ces deux objectifs resteront d’actualité pour la présidence Biden dans la prochaine National Defense Strategy qui devrait être publiée rapidement. Il semble que l “integrated deterrence,” selon le mot du Secrétaire à la Défense Lloyd Austin, deviendra une priorité. Il s’agira de faire de ce concept d’intégration un objectif s’imposant à toute l’administration fédérale. Mais comment y arriver connaissant la spécificité et le refus de coopérer des différentes armes.

La tâche sera facilitée pour l’Administration Biden. Il apparaît aujourd’hui que le Kremlin, faute de ressources, n’a pas l’intention de conduire des « opérations militaires spéciales » au delà de ses frontières avec l’Ukraine. Quant à Pékin, il n’a ni les moyens ni sans doute l’intérêt permettant un quelconque débarquement sérieux en franchissant le détroit de Taiwan

07/02/2022 Il se confirme que les spermatozoïdes sont des moteurs de l’évolution chez les mammifères

Chez les mammifères, les plus connus étant les humains, la concurrence darwinienne pour la survie ne se produit pas seulement au niveau des comportements des individus, de la naissance jusqu’à la mort. Elle a lieu de façon déterminante cher les futurs parents, avant la fécondation.

Elle repose en particulier sur la concurrence que se livrent après la pénétration et au moment de l’éjaculation des millions de spermatozoïdes provenant du mâle . Les spermatozoïdes, ou gamètes mâles, sont de petites cellules (3µ de large et 60µ de long) très mobiles dont la structure a pour but d’amener les chromosomes paternels à l’intérieur de l’ovocyte. L’ovocyte est la cellule reproductrice féminine, Les ovocytes sont stockés dans les ovaires (ovaire droit et ovaire gauche) depuis la naissance., en attendant un éventuel rapprochement avec un spermatozoïde;

Au moment de l’éjaculation, des millions de spermatozoïdes se lancent dans une course pour décider lequel aura la chance de rencontrer l’ovule et ainsi transmettre son patrimoine génétique. Mais leur course commence bien avant ce départ, dans les testicules, où chaque spermatozoïde se prépare pour la course.

A ce moment-là, lors d’un processus nommé spermatogenèse, le génome de ces cellules se charge de mutations à une vitesse accélérée, selon une étude publiée le 21 décembre 2022 dans la revue Nature ) Et si jamais ces mutations favorisent la reproduction, le spermatozoïde ou ses descendants auront des atouts supplémentaires pour affronter cette compétition.

Cette accumulation de mutations survient pendant la dernière étape de la spermatogenèse, lorsque le génome de ces cellules est compacté au maximum. “Durant cette étape, une grande partie des histones (des protéines autour desquelles l’ADN est enroulé),  est remplacée par d’autres protéines appelées protamines, afin de condenser l’ADN dans la tête du spermatozoïde”, selon Florent Murat, chargé de recherche à l’Inrae à Rennes et auteur de l’étude (https://www6.rennes.inrae.fr/lpgp/Les-chercheurs/Florent-Murat)

Référence

The molecular evolution of spermatogenesis across mammals

Nature 
volume613,  pages 308–316 (2023

Abstract

The testis produces gametes through spermatogenesis and evolves rapidly at both the morphological and molecular level in mammals1,2,3,4,5,6, probably owing to the evolutionary pressure on males to be reproductively successful7. However, the molecular evolution of individual spermatogenic cell types across mammals remains largely uncharacterized. Here we report evolutionary analyses of single-nucleus transcriptome data for testes from 11 species that cover the three main mammalian lineages (eutherians, marsupials and monotremes) and birds (the evolutionary outgroup), and include seven primates. We find that the rapid evolution of the testis was driven by accelerated fixation rates of gene expression changes, amino acid substitutions and new genes in late spermatogenic stages, probably facilitated by reduced pleiotropic constraints, haploid selection and transcriptionally permissive chromatin. We identify temporal expression changes of individual genes across species and conserved expression programs controlling ancestral spermatogenic processes. Genes predominantly expressed in spermatogonia (germ cells fuelling spermatogenesis) and Sertoli (somatic support) cells accumulated on X chromosomes during evolution, presumably owing to male-beneficial selective forces. Further work identified transcriptomal differences between X- and Y-bearing spermatids and uncovered that meiotic sex-chromosome inactivation (MSCI) also occurs in monotremes and hence is common to mammalian sex-chromosome systems. Thus, the mechanism of meiotic silencing of unsynapsed chromatin, which underlies MSCI, is an ancestral mammalian feature. Our study illuminates the molecular evolution of spermatogenesis and associated selective forces, and provides a resource for investigating the biology of the testis across mammals.

06/02/2023 À qui appartiennent des empreintes de pieds humains vieilles de 300 000 ans ?

Ref. https://theconversation.com/a-qui-appartiennent-ces-empreintes-de-pieds-vieilles-de-300-000-ans-195953

Au cours de leurs recherches sur l’évolution humaine, les paléoanthropologues se concentrent généralement sur des restes osseux fossilisés. Toutefois, un autre type de vestige est de plus en plus utilisé : les empreintes de pieds laissées par nos prédécesseurs et conservées à travers le temps. À la différence des restes osseux, les empreintes ouvrent une fenêtre sur de brefs moments de vie d’individus disparus. Par cette échelle temporelle très particulière, leur étude fournit de nombreuses informations inédites sur les comportements locomoteurs mais aussi la composition de groupes ayant vécu il y a des centaines de milliers voire millions d’années. Malheureusement, les empreintes de pieds fossiles sont particulièrement rares du fait de leur fragilité. Quand elles sont découvertes, un véritable travail d’enquête commence.

En 2020, 87 empreintes de pieds ont été découvertes au pied de la falaise d’Asperillo sur la côte de l’espace naturel de Doñana, au sud-ouest de l’Espagne.

Lors de la première étude de ces empreintes, publiée dans la revue Scientific Reports en 2021 (voir ci-dessous) il est apparu qu’elles avaient été laissées par un groupe composé d’enfants, d’adolescents et d’adultes. Afin d’estimer l’âge de ces individus à partir de leurs empreintes de pieds les scientifiques se sont référés à des traces analogues.

Précédemment des individus d’âges variés avaient laissé des empreintes dans un sol similaire à celui de Doñana. Les empreintes ont ensuite été mesurées et des relations statistiques avaient été établies entre les dimensions des empreintes et leurs caractéristiques biologiques telles que leur taille ou leur âge. Ces relations ont alors été appliquées aux empreintes fossiles qui avaient été mesurées. Par ailleurs, l’emplacement de ces empreintes qui se trouvaient derrière des traces animales bien identifiées (oiseaux, cerfs, bovins…) ont laissé penser qu’elles appartenaient à d’éventuels chasseurs provenant de ce groupe préhistorique.

L’une des questions était de savoir à quelle espèce humaine appartenaient ceux qui avaient laissé ces empreintes. Dans la plupart des cas les empreintes de pieds ne sont pas associées à une espèce sur la base de critères anatomiques, comme le sont les restes osseux fossiles, mais à partir du contexte chronologique.

C’est pourquoi les chercheurs ont attribué ces empreintes à des Néandertaliens sur la base de la seule référence temporelle disponible, une date de 106 000 ans obtenue lors d’une étude du site réalisée au milieu des années 2000. Une telle attribution se justifiait car les Néandertaliens étaient la seule espèce connue à occuper la péninsule ibérique et plus largement l’Europe de l’ouest à cette date.

Cependant, en continuant l’étude de ce site, les chercheurs ont procédé à un échantillonnage du sol où ont été découvertes les empreintes afin d’obtenir des datations plus précises. Les résultats de cette étude publiés en octobre dans la revue Scientific Reports et référencés ci-dessous sont surprenants : le sol n’est pas daté de 106 000 mais de 296 000 ans. Les empreintes sont donc beaucoup plus vieilles qu’estimées.

Cette différence dans les dates obtenues est non seulement due aux avancées méthodologiques dans les techniques utilisées pour étudier les empreintes mais également à la position des échantillons datés, positions insistant davantage sur le niveau des empreintes que les premières datations

La nouvelle datation a placé les empreintes dans un nouveau contexte géographique et environnemental. Le continent européen était sur le point de subir un changement climatique radical il y a 300 000 ans. Des conditions relativement chaudes faisaient place à des conditions beaucoup plus froides, précurseur d’une ère glaciaire. À cette époque, le niveau de la mer sur le continent européen était en moyenne 60 mètres en dessous de son niveau actuel. Le littoral du sud-ouest de l’Espagne était alors à 20 ou 25 kilomètres au large de sa position actuelle.

Outre ces changements environnementaux et géographiques, cette nouvelle chronologie est à l’origine d’une question essentielle : est-ce que des Néandertaliens ont vraiment réalisé ces empreintes ? Pour répondre à cette question, il a fallu se pencher sur les archives paléontologiques pour savoir quelle espèce était présente il y a 296 000 ans au cours de la période appelée le Pléistocène moyen.

Selon les paléoanthropologues, les individus ayant vécu au cours de cette époque appartenaient à la « lignée néandertalienne ». Une « lignée » comme la « lignée néandertalienne » ou la « lignée humaine » est composée de plusieurs espèces apparentées. La « lignée néandertalienne » est ainsi composée de Néandertaliens, aussi appelés Homo neanderthalensis, et d’une espèce plus ancienne, Homo heidelbergensis, dont certains seraient à l’origine des Néandertaliens.

Malheureusement, les restes osseux fossiles datant de cette période sont relativement pauvres et dispersés non seulement temporellement mais aussi géographiquement. Ils montrent cependant que les premiers Néandertaliens et les derniers Homo heidelbergensis étaient tous les deux présents en Europe lorsque les empreintes de Doñana ont été réalisées.

Les autres sites où des empreintes de pieds ont été découvertes ne sont pas d’une grande aide. En effet, dans tout le Pléistocène moyen européen, seuls quatre sites ont livré des empreintes : Terra Amata en France (380 000 ans), Roccamonfina en Italie (345 000 ans), Biache-Vaast en France (236 000 ans) et Theopetra en Grèce (130 000 ans). Alors que les empreintes des deux premiers sites ont été attribués à Homo heidelbergensis, celles des deux suivants ont été attribuées à Homo neanderthalensis.

La présence de deux espèces en Europe au cours de cette période rend complexe une attribution des empreintes de Doñana à l’une ou l’autre de ces espèces. Une option serait de comparer les caractéristiques reflétées par les empreintes de pieds à l’anatomie des pieds des deux espèces pour savoir de quelle espèce elles se rapprochent le plus. Toutefois, les restes de pieds datant du Pléistocène moyen ne sont que peu connus. Ils sont presque tous issus du site espagnol de Sima de Los Huesos près d’Atapuerca et apparentés à Homo neanderthalensis.

Par ailleurs, ces restes sont très fragmentaires et aucun pied complet n’a été retrouvé pour le moment. En outre, la morphologie d’une empreinte ne résulte pas uniquement des caractéristiques anatomiques mais aussi d’autres facteurs comme la nature du sol (son humidité, sa granulométrie, sa minéralogie…). Il est donc rare de trouver des empreintes de pieds reflétant des caractéristiques anatomiques parfaitement conservées (traces des orteils, voûte plantaire…) et encore plus rare dans les milieux dunaires comme à Doñana où les empreintes peuvent être endommagées et détruites par l’action du vent et des marées.

L’attribution de ces empreintes à l’une ou l’autre espèce est également compliquée par l’absence de consensus chez les paléoanthropologues concernant la lignée néandertalienne et la définition d’Homo heidelbergensis. Différents modèles d’évolution ont été proposés, mais cette question est encore loin d’être résolue, étant donné la rareté des archives fossiles et la complexité des relations évolutives soulignées par les dernières études sur l’ADN ancien.

Ainsi, les empreintes de pieds de Doñana ont probablement été laissées par des individus appartenant à la lignée néandertalienne. Savoir qui des Néandertaliens ou de leurs ancêtres apparentés, les Homo heidelbergensis, ont laissé ces traces est une question encore ouverte. Malgré ces incertitudes, le site de Doñana complète considérablement les connaissances sur les occupations des humains en Europe au cours du Pléistocène et sur l’évolution qui s’en est suivie.

Pour en savoir plus, voir

Nature Scientific Reports 
volume 11, Article number: 4103 (2021)
 Published: 11 March 2021

Abstract

Here, we report the recent discovery of 87 Neandertal footprints on the Southwest of the Iberian Peninsula (Doñana shoreline, Spain) located on an upper Pleistocene aeolian littoral setting (about 106 ± 19 kyr). Morphometric comparisons, high resolution digital photogrammetric 3D models and detailed sedimentary analysis have been provided to characterized the footprints and the palaeoenvironment. The footprints were impressed in the shoreline of a hypersaline swamped area related to benthic microbial mats, close to the coastline. They have a rounded heel, a longitudinal arch, relatively short toes, and adducted hallux, and represent the oldest upper Pleistocene record of Neandertal footprints in the world. Among these 87 footprints, 31 are longitudinally complete and measure from 14 to 29 cm. The calculated statures range from 104 to 188 cm, with half of the data between 130 and 150 cm. The wide range of sizes of the footprints suggests the existence of a social group integrated by individuals of different age classes but dominated, however, by non-adult individuals. The footprints, which are outside the flooded area are oriented perpendicular to the shoreline. These 87 footprints reinforce the ecological scenario of Neandertal groups established in coastal areas.

05/02/2023 La prochaine guerre mondiale est-elle engagée ?

Oui, pense Zoltan Pozsar, expert financier au Crédit Suisse. Il l’avait déjà souligné, dans son dernier essai Guerre et paix . Il y indiquait que cette guerre était bien engagée, en énumérant simplement les événements de 2022 :

  • Le blocus financier de la Russie par le G7
  • Le blocus énergétique de l’UE par la Russie
  • Le blocus technologique de la Chine par les États-Unis (l’Amérique prépositionne des sites pour soutenir les opérations).
  • Le blocus naval de Taïwan par la Chine (la Chine montre qu’elle est prête)
  • Le « blocus » américain du secteur des véhicules électriques de l’UE avec la loi sur la réduction de l’inflation.
  • Le « mouvement de tenaille » de la Chine autour de l’ensemble de l’OPEP+ avec la tendance croissante à facturer les ventes de pétrole et de gaz en renminbi.

Cette liste équivaut à un  bouleversement  géopolitique majeur – éloignant de manière décisive le monde de la soi-disante  » vie d’avant  » (à laquelle tant de membres de la classe des consommateurs aspirent ardemment à à retrouver) vers un état de guerre intermédiaire.

La liste de Pozsar montre que les plaques tectoniques de la géopolitique sont sérieusement en mouvement – des mouvements qui s’accélèrent et s’entremêlent de plus en plus, mais qui sont encore loin d’être stabilisés. La « guerre » sera probablement un élément perturbateur majeur (au minimum), jusqu’à ce qu’un certain équilibre soit rétabli. Et cela peut prendre quelques années.

Quoi qu’il en soit, Pozsar nous laisse quatre conclusions économiques clés (avec de brefs commentaires) Elle ne surprendront, il faut le dire, que ceux qui n’ont pas étudié les deux guerres mondiales du 20 siècle :

Ainsi la guerre crée une dynamique financière nouvelle et façonne une pensée différente. Plus important encore, la  guerre  n’est pas un phénomène stable. Elle peut commencer par des frappes mesquines sur l’infrastructure d’un rival, puis, à chaque fois que la tâche progresse, glisser vers une guerre totale. Dans sa guerre contre la Russie, l’OTAN ne se contente pas d’élargir sa mission, elle intervient sur le terrain, craignant une humiliation de l’Ukraine dans le sillage de la débâcle de l’Afghanistan.

L’UE espère arrêter ce glissement bien avant une guerre totale. Il s’agit néanmoins d’une pente très glissante. Le but de la guerre est d’infliger de la souffrance et d’affaiblir l’ennemi. Dans cette mesure, elle est ouverte à la mutation. Les sanctions formelles et les plafonds sur l’énergie se transforment rapidement en sabotage de pipelines ou en saisie de pétroliers.

La Russie et la Chine, cependant, ne sont certainement pas naïves. Elles se sont occupées à mettre en place leur propre théâtre de guerre, avant un potentiel affrontement plus large avec l’OTAN. Elles peuvent désormais prétendre avoir établi une relation stratégique, non seulement avec l’OPEP+, mais aussi avec l’Iran et les principaux producteurs de gaz. La Russie, l’Iran et le Venezuela représentent environ 40 % des réserves pétrolières prouvées dans le monde, et chacun d’entre eux vend actuellement du pétrole à la Chine pour des renminbis et non du dollar avec une forte décote. Les pays arabes du CCG représentent 40 % supplémentaires des réserves pétrolières prouvées et sont courtisés par la Chine pour qu’ils acceptent des renminbis pour leur pétrole, en échange d’investissements transformateurs. Il s’agit d’un nouvel espace de combat important qui se prépare – mettre fin à l’hégémonie du dollar

La partie adverse a porté le coup initial, en sanctionnant la Russie, c’est-à-dire la moitié de la production de l’OPEP et ses 40 % de réserves pétrolières mondiales. Cette tentative a échoué : l’économie russe a survécu et, sans surprise, les sanctions ont fait perdre ces États à l’Europe, qui les a cédés politiquement à la Chine.

Entre-temps, la Chine courtise l’autre moitié de l’OPEP avec une offre difficile à refuser : « Au cours des « trois à cinq prochaines années », la Chine ne paiera pas seulement plus de pétrole en renminbi – mais, plus important encore, elle paiera  avec de nouveaux investissements dans les industries pétrochimiques aval en Iran, en Arabie saoudite et, plus largement, dans le Golfe.

Le point essentiel ici est, qu’à l’avenir, une plus grande partie de la « valeur ajoutée » (au cours de la production) sera captée localement, au détriment des industries occidentales. Ou, en d’autres termes, l’axe Chine-Russie allume les feux d’une insurrection structurelle contre l’Occident dans une grande partie du reste du monde.. Ses actions visent à « faire bouillir lentement la grenouille » (expression suisse signifiant cuire à petit feu) non seulement l’hégémonie du dollar, mais aussi celle d’une économie occidentale désormais peu compétitive.

Cela ne semble peut-être pas si évident, mais il s’agit d’une guerre financière. Si l’UE se contente de choisir la « solution de facilité » pour sortir de sa situation de non-compétitivité (en accordant des subventions pour permettre des importations à forte marge), cela signifiera pour elle beaucoup moins de production intérieure – et plus d’inflation – car les alternatives qui gonflent les prix sont importées de l’Est. L’Occident, qui prend la « décision facile » (puisque sa stratégie en matière de renouvelables n’a pas été bien réfléchie), constatera probablement que l’arrangement se fera au détriment de la croissance.

L’Europe sera particulièrement touchée. Elle a choisi de devenir dépendante du Gaz de Schiste GNL américain, juste au moment où la production des gisements de schiste américains a atteint son maximum, la production existante étant probablement destinée au marché intérieur américain. Il n’est pas nécessaire de réfléchir, ni de prendre des décisions difficiles, lorsque les dirigeants ont la conviction inébranlable que l’Occident est le centre de l’univers. Il suffit de remettre à plus tard, en attendant que l’inexorable se déploie.

L’histoire récente des guerres éternelles menées par les États-Unis est une preuve supplémentaire de cette lacune occidentale : ces guerres zombies s’éternisent pendant des années sans justification plausible, pour être ensuite abandonnées sans cérémonie. La logique stratégique a toutefois été plus facilement supprimée et oubliée lors de guerres d’insurrection – par opposition à la lutte contre deux États concurrents bien armés et comparables.

Le même dysfonctionnement s’est manifesté dans de nombreuses crises occidentales à évolution lente : néanmoins, nous persistons… parce que la protection de la psychologie fragile de nos dirigeants – et d’un secteur influent de l’opinion publique – est prioritaire. L’incapacité d’envisager de perdre pousse nos élites à préférer le sacrifice de leur propre peuple, plutôt que de voir leurs illusions démasquées.

Par conséquent, la réalité ne doit pas être reniée. Nous vivons un entre-deux insaisissable – tant de choses se passent, mais si peu de mouvement. Ce n’est que lorsque le déclenchement de la crise ne pourra plus être ignoré – même par les médias et les censeurs de la technologie – qu’un effort réel pourra être fait pour s’attaquer aux causes profondes.

05/02/2023 Il faut encore augmenter le budget militaire américain

Le budget militaire fédéral des Etats-Unis devrait être encore augmenté. C’est ce qu’affirme le site southfront.org (référence ci-dessous), qui ne se cache pas de faire écho, en tous domaines intéressant la défense, aux exigences du Complexe militaro-industriel américain.

Rappelons que cette structure dirige discrètement les Etats-Unis à la place d’un pouvoir fédéral devenu impuissant, non pas seulement du fait de l’état mental de l’actuel président mais parce que ces questions, dans tous les Etats, y compris les démocraties européennes, doivent se décider hors toute transparence.
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Voici ce qu’écrit SouthFront le 3 février 2023 (traduction due à https://www.dedefensa.org/article/impuissance-de-lusine-a-gaz/

Alors que Washington a promis d’envoyer près de 30 milliards de dollars d’aide militaire à l’Ukraine, ainsi de reconstituer ses propres réserves, le Pentagone a jusqu’à présent signé des contrats pour moins de 10 milliards de dollars, selon le Wall Street Journal.

Dans le même temps, les nouveaux contrats importants n’ont pas encore entraîné un boom chez les entrepreneurs militaires du Pentagone, qui sont confrontés à des défaillances dans la chaîne d’approvisionnement, à un marché du travail difficile et au processus d’acquisition d’armes, qui peut s’étendre sur des années.

Lockheed Martin Corp, l’une des plus grandes entreprises de défense au monde, qui produit les missiles antichars Javelin et les lance-roquettes HIMARS, a déclaré qu’elle s’attendait à une baisse de ses ventes annuelles pour la deuxième année consécutive. Le partenaire de Lockheed, Raytheon Technologies Corp, ne s’attend pas non plus à une forte augmentation des ventes avant 2024.

Le secteur américain de la défense est en baisse d’environ 6 % depuis le début de l’année, soit une performance inférieure de 12 points de pourcentage à celle du marché boursier en général.

Un gros problème pour les fabricants d’armes américains est l’écart entre les déclarations du Pentagone sur le montant de l’assistance militaire à l’Ukraine et les sommes qu’il consacre réellement à l’achat de nouvelles armes auprès des entreprises de défense.

Les taux élevés de consommation de munitions ont également été une surprise pour les productions militaires américaines, écrit le WSJ.

En décembre, l’Ukraine avait dépensé autant de missiles Stinger que les États-Unis en avaient produit en 13 ans, ainsi que des missiles pour les complexes Javelin fabriqués en 5 ans, écrit le Wall Street Journal.

Les entreprises de défense américaines tentent de faire face aux commandes, en surmontant les problèmes de pénurie de main-d’œuvre et les difficultés de production, qui résultent de la nécessité d’accroître rapidement la production.

Auparavant, le secrétaire d’État américain à la marine Carlos del Toro avait prévenu que la prolongation du conflit en Ukraine pendant six mois ou un an constituerait une menace pour les chaînes d’approvisionnement du complexe militaro-industriel américain.

À la mi-novembre déjà, CNN, citant des sources, faisait état de l’épuisement des stocks de certains types d’armes et de munitions dans l’armée américaine. Notamment les munitions d’artillerie de 155 mm et les systèmes antiaériens portables Stinger, les missiles antiradar HARM, les missiles surface-surface GMLRS et les systèmes antichars portables Javelin.

Référence (parfois inaccessible)

https://southfront.org/us-fail-to-meet-needs-of-war/