09/04/2023 Faut-il se résigner face aux incohérences de la cosmologie classique ?

Appelons cosmologie classique celle qui s’intéresse à l’évolution de l’univers telle qu’elle apparaît dans les études actuelles concernant l’histoire de l’espace et du temps. Ainsi ces études prévoient que l’univers, dans la suite de son mouvement actuelle d’expansion constamment accélérée, se viderait progressivement de matière, jusqu’à disparaître en tant que contenu. Il pourrait éventuellement reparaître sous la forme d’un ou de nouveaux univers comportant éventuellement de nouvelles formes de matière.

Parler d’incohérences dans ces hypothèses ne veut pas dire remettre en cause celles-ci. Nous n’en avons pas les moyens. Il s’agit seulement de signaler qu’elles ne devraient pas être considérées comme les seules références utiles dans la vie de tous les jours

Nous avons vu dans l’article précédent que la théorie quantique des champs est une approche en physique théorique pour construire des modèles décrivant l’évolution des particules, en particulier leur apparition ou disparition lors des processus d’interaction. Elle prévoit qu’un vide, supposé correspondre à un espace-temps vide, est empli d’une activité physique prenant la forme de fluctuations d’énergie. Ces fluctuations font apparaître des particules qui s’annihilent aussi tôt qu’apparues. Ceci signifie que le vide quantique, malgré son nom, n’est pas un vide.

D’où provient l’espace-temps lui-même ? Pour répondre, il faut se référer à l’époque dite Planck Epoch https://simple.wikipedia.org/wiki/Planck_epoch survenue quelques trillionièmes de seconde après le Big Bang. A ce point, l’espace et le temps subissent des fluctuations quantiques.

Pour bien comprendre la question il faudra une théorie dite de la gravitation quantique, qui sera une synthèse de la théorie de la gravitation d’Eisntein et de la mécanique quantique apparue au début du 20e siècle.

De premières tentatives existent en ce sens, sous les noms de string theory et de loop quantum gravity. Dans ces théories, l’espace et le temps sont considérés comme émergents à partir de processus quantiques opérant à un niveau sub-macroscopique, processus dont nous n’avons encore aucune idée précise..

Pour aller plus loin, les théories se référant à la gravitation quantique soupçonnent qu’une cause physique aurait été présente dans le temps de Planck, quelque chose comme un élément précurseur de l’espace et du temps d’aujourd’hui. Il est trop tôt pour en avoir une idée.

Dans ces tentatives, l’espace et le temps sont considérés comme émergents, telles les vagues à la surface de l’océan. Ce que nous ressentons comme de l’espace et du temps sont le résultats de processus quantiques opérant au niveau microscopique. Nous ne les comprenons pas encore étant des créatures trop enracinées dans le niveau macroscopique.

Concernant la Planck Epock  notre compréhension de l’espace et du temps s’effondre. Nous ne pouvons pas nous référer à des considérations de causalité, Cependant toutes les théories de gravitation quantique font allusion à quelque cause physique agissant dans le temps de Planck, un précurseur quantique de l’espace et du temps. Mais d’où viendrait il ?

Malheureusement la meilleure physique d’aujourd’hui ne peut apporter de réponse. Il lui faudrait progresser dans le sens de la «théorie de tout » theory of everything. Mais est-ce possible ? Disons qu’aujourd’hui la physique n’a jamais apporté la preuve de quelque chose provenant de rien. Mieux vaudrait étudier cela que la faisabilité de missiles intercontinentaux porteurs de charges nucléaires.

06/04/2023. Comment le Big Bang aurait-il pu sortir de rien

Adaptation d’un article que vient de publier The Conversation
https://theconversation.com/how-could-the-big-bang-arise-from-nothing-171986

L’auteur en est le professeur Alastair Wilson https://alastairwilson.org/

A la fin de l’univers, la dernière étoile se refroidira progressivement et disparaîtra. Ce sera de nouveau le vide, sans signification et sans fin (Brian Cox, Universe)

Toute la matière s’évanouira dans de monstrueux trous noirs qui à leur tour s’évaporeront. L’espace s’étendra vers l’extérieur jusqu’à ce que les dernières lumières soient trop éloignées l’une de l’autre pour interagir. Toute activité cessera.

Mais cessera-t-elle ? De plus en plus de cosmologistes pensent que notre propre Big Bang s’est produit à partir d’un tel vide de matière. Pour répondre à cette question, il faut préciser ce que l’on entend par matière.

Il est certain qu’aucune matière, faite d’atome stables et de molécules, n’existait lors du Big Bang. Pour que les premiers atomes se forment, il fallait que la température refroidisse suffisamment. Les premières particules de matière, protons et neutrons , sont sans doute apparu dix millième de seconde après le Big Bang. Une hypothèse plausible est que le monde physique était auparavant fait d’une soupe de particules élémentaires à courte vie, telles les quarks, dont sont faits les protons et les neutrons. Il y avait alors autant de matière que d’antimatière, constamment crées puis détruites. C’est ce qui fut nommé la “grand unified epoch”. Les particules s’annulaient dans un flash d’énergie, constamment créées et détruites

Mais pourquoi ces particules existaient-elles ? La théorie quantique des champs est une approche en physique théorique pour construire des modèles décrivant l’évolution des particules, en particulier leur apparition ou disparition lors des processus d’interaction. Elle prévoit qu’un vide, supposé correspondre à un espace-temps vide, est empli d’une activité physique prenant la forme de fluctuations d’énergie. Ces fluctuations font apparaître des particules qui s’annihilent aussi tôt qu’apparues. Ceci signifie que le vide quantique, malgré son nom, n’est pas un vide.

D’où provient l’espace-temps lui-même ? Pour répondre, il faut se référer à l’époque dite Planck epoch https://simple.wikipedia.org/wiki/Planck_epoch survenue quelques trillionièmes de seconde après le Big Bang. A ce point, l’espace et le temps subissent des fluctuations quantiques.

Pour bien comprendre la question il faudra une théorie dite de la gravitation quantique, qui sera une synthèse de la théorie de la gravitation d’Eisntein et de la mécanique quantique apparue au début du 20e siècle.

De premières tentatives existent en ce sens, sous les noms de string theory et de loop quantum gravity. Dans ces théories, l’espace et le temps sont considérés comme émergents à partir de processus quantiques opérant à un niveau sub-macroscopique, dont nous n’avons encore aucune idée.

Pour aller plus loin, les théories se référant à la gravitation quantique soupçonnent qu’une cause physique aurait été présente dans le temps de Planck, quelque chose comme un élément précurseur de l’espace et du temps d’aujourd’hui. Il est trop tôt pour en avoir une idée. On dira seulement que dans la nature tout effet possède une cause. Sans cela, il n’y aurait plus de science.

Dans ces tentatives, l’espace et le temps sont considérés comme émergents, telles les vagues à la surface de l’océan. Ce que nous ressentons comme de l’espace et du temps sont le résultats de processus quantiques opérant au niveau microscopique. Nous ne les comprenons pas étant des créatures enracinées dans le niveau macroscopique.

Dans la Plank epoch notre compréhension de l’espace et du temps s’effondre. Nous ne pouvons pas davantage nous référer à des considérations de causalité, tout effet ayant une cause. Cependant toutes les théories de gravitation quantique font allusion à quelque cause physique agissant dans le temps de Planck, un précurseur quantique de l’espace et du temps. Mais d’où viendrait elle ?

Malheureusement la meilleure physique d’aujourd’hui ne peut apporter de réponse. Il lui faudrait progresser dans le sens de la «théorie de tout » theory of everything. Mais est-ce possible ? Disons qu’aujourd’hui la physique n’a jamais donné de preuve de quelque chose venant de rien.

Des cycles à partir de presque rien

Certains font appel au concept de multivers, un univers qui contiendrait un nombre infini d’univers parallèle, ou à celui d’univers cyclique, naissant et renaissant sans cesse. En ce sens, Roger Penrose  prix Nobel 2020 de physique avait proposé un modèle d’univers cyclique nommé conformal cycle cosmology . Il avait étudié la relation mathématique entre un état de l’univers extrêmement dense et chaud, tel qu’il l’était lors du Big Bang, et un univers vide et froid tel qu’il le sera à sa fin.

Il a fait l’hypothèse que ces deux états deviendraient mathématiquement identiques quand poussés à la limite. Ainsi une absence totale de matière pourrait avoir donné naissance à la matière telle que nous la voyons dans notre univers. Dans cette perspective le Big Bang se serait produit à partir de presque rien, autrement dit la matière enfouie dans des trous noirs gigantesques, puis devenue des photons perdus dans le vide, ou plutôt dans un univers presque vide. Mais cet univers n’aurait pas été rien. Il aurait été un univers physique, bien que vide.

Comment passer d’un univers dense à un univers presque vide ? Penrose pour l’expliquer a fait appel à une procédure mathématique complexe dite « conformal rescaling », une transformation géométrique qui modifie la taille d’un objet sans modifier son contenu. Selon cette procédure, ces objets deviennent mathématiquement identiques quand poussés à leurs limites. Ainsi une totale absence de matière aurait pu produire toute la matière constituant l’univers d’aujourd’hui.

Dans la cosmologie cyclique classique, la direction de l’explication va du vieux et froid au jeune et chaud. L’état dense chaud existe parce qu’il avait été précédé d’un état vide froid. Mais le terme de « parce que » n’est pas le bon. Il n’y a pas dans ce cas de cause suivie dans le temps d’effets. C’est non seulement l’état qui change mais le temps. L’état vide froid et l’état plein chaud sont situés dans des références de temps différentes. L’état vide froid continuera indéfiniment pour l’observateur situé dans son échelle de temps, comme l’état plein chaud pour celui entièrement situé dans une échelle temporelle différente.

On pourra dire que l’état chaud et dense provient de l’état vide et froid d’une façon non causale. L’un émerge de l’autre ou s’enracine dans l’autre. Il s’agit là de concepts métaphysiques qui sont actuellement explorés dans le cadre du projet européen dit FraMEPhys (A Framework for Metaphysical Explanation in Physics) https://framephys.org/ Ce projet s’intéressera particulièrement aux concepts de la gravitation quantique où les causes et les effets ordinaires semblent impossibles à relier.

La cosmologie cyclique classique propose des réponses détaillées, bien que spéculatives, à des questions telles que « d’où provient le Big Bang ? ». Mais nous pouvons craindre qu’elle ne répondra pas à la question qui tourmente Penrose, d’où vient la réalité physique elle-même ? Pourquoi il y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? L’une des plus ambitieuses questions en science.

Ceci-dit, nous laisserons de côté ces questions aujourd’hui. Nous nous limiterons à évoquer la question de savoir comment les cycles ont commencé ? S’agit-il de cycles se répétant sans fin, l’état quantique de chaque univers s’expliquant par celui du cycle précédent. Ou bien n’y aurait-il qu’un seul cycle et un seul univers se répétant indéfiniment ? Ces deux approches évitent le besoin d’imaginer des évènements sans cause. Rien ne serait laissé inexpliqué en physique

Penrose envisage une séquence de nouveaux cycles sans fin car cela est conforme à sa propre interprétation de la théorie quantique. En mécanique quantique un système physique se présente comme une superposition d’états au même instant. Il n’adopte un état précis, choisi au hasard, que lorsqu’il est « observé ».

Pour Penrose, chaque cycle implique des éléments quantiques choisis au hasard et donnant lieu à des événements différents. Chaque cycle diffère donc du précédent et donne lieu à des événements différents. Ce sont de bonnes nouvelles pour les physiciens expérimentaux. Ils peuvent espérer avoir des vues de l’univers précédant à travers de faibles traces ou anomalies observées par le satellite Planck

Voir https://academic.oup.com/mnras/article-abstract/495/3/3403/5838759?redirectedFrom=fulltext&login=false

Il y a néanmoins une façon de concilier ces points de vue en convertissant la cosmologie cyclique d’une forme multi-cycle en une forme ne comportant qu’un seul cycle. Dans ce cas la réalité physique consistera en un cycle unique commençant après le Big Bang et débouchant sur un univers vide dans un lointain futur puis recommençant indéfiniment autour du même Big Bang..

Cette interprétation est compatible avec l’hypothèse des mondes multiples (many world interpretation). Celle-ci nous dit que chaque fois que nous mesurons un système en superposition, cette mesure ne sélectionne pas un état au hasard, mais celui qui est compatible avec l’état de notre propre univers. Les autres mesures peuvent se retrouver dans un multivers que nous ne connaîtrons jamais, constitué d’univers qui s’ignoreront toujours.

Les partisan de cette hypothèse affirment que les preuves en sont observables dans les données cosmologiques, résultats de collisions d’autres univers avec le nôtre .

De nouveaux cycles sans fins sont une explication conforme à l’interprétation personnelle de la théorie quantique par Penrose. En mécanique quantique, un système physique existe dans une superposition de différents états dans le même temps. Nous n’en recueillons qu’un au hasard quand nous l’observons. Pour Penrose chaque cycle implique des événements quantiques aléatoires évoluant d’une façon différente. Ceci signifie que chaque cycle différera de celui qui le précède et de celui qui lui succède

Ce sont de bonnes nouvelles pour les physiciens expérimentaux. Ils peuvent espérer avoir des vues de l’univers précédent à travers de faibles traces ou anomalies observées par le satellite Planck. Cependant d’autres physiciens rejettent cette interprétation.

Voir https://academic.oup.com/mnras/article-abstract/495/3/3403/5838759?redirectedFrom=fulltext&login=false

Il y a néanmoins une façon de concilier ces points de vue en convertissant la cosmologie cyclique d’une forme multi-cycle en une forme ne comportant qu’un seul cycle. Dans ce cas la réalité physique consistera en une cycle unique commençant après le Big Bang et débouchant sur un univers vide dans un lointain futur puis recommençant indéfiniment autour du même Big Bang..

Cette interprétation est compatible avec celles des mondes multiples (many world interpretation). Celle-ci nous dit que chaque fois que nous mesurons un système en superposition, cette mesure ne sélectionne pas un état au hasard, mais celui qui est compatible avec l’état de notre propre univers. Les autres mesures peuvent se retrouver dans un multivers que nous ne connaîtrons jamais, constitué d’univers qui s’ignoreront toujours.

Les partisans de cette hypothèse affirment que les preuves en sont observables dans les données cosmologiques, résultats de collisions d’autres univers avec le nôtre

(voir https://theconversation.com/could-cold-spot-in-the-sky-be-a-bruise-from-a-collision-with-a-parallel-universe-78563)

Notre Big Bang serait ainsi la renaissance d’un multivers quantique contenant une infinité d’autres univers différents apparaissant simultanément

An ancient myth

For a philosopher of science, Penrose’s vision is fascinating. It opens up new possibilities for explaining the Big Bang, taking our explanations beyond ordinary cause and effect. It is therefore a great test case for exploring the different ways physics can explain our world. It deserves more attention from philosophers.

For a lover of myth, Penrose’s vision is beautiful. In Penrose’s preferred multi-cycle form, it promises endless new worlds born from the ashes of their ancestors. In its one-cycle form, it is a striking modern re-invocation of the ancient idea of the ouroboros, or world-serpent. In Norse mythology, the serpent Jörmungandr is a child of Loki, a clever trickster, and the giant Angrboda. Jörmungandr consumes its own tail, and the circle created sustains the balance of the world. But the ouroboros myth has been documented all over the world – including as far back as ancient Egypt.

The ouroboros of the one cyclic universe is majestic indeed. It contains within its belly our own universe, as well as every one of the weird and wonderful alternative possible universes allowed by quantum physics – and at the point where its head meets its tail, it is completely empty yet also coursing with energy at temperatures of a hundred thousand million billion trillion degrees Celsius. Even Loki, the shapeshifter, would be impressed.

05/04/2023 La Terre boule de neige

Qu’arrive-t-il quand la Terre se réchauffe? L’histoire de la Terre en fournit plusieurs exemples, dont un qui a le plus marqué les espèces vivantes de l’époque.

L’histoire climatique de la Terre est mouvementée. Elle a connu par le passé plusieurs épisodes de glaciation, dont au moins deux ont eu lieu durant le Cryogénien, il y a 710 à 630 millions d’années. En 1992 et en 1998, des scientifiques ont émis l’hypothèse qu’il y a environ 635 millions d’années, notre planète aurait connu un épisode glaciaire majeur, laissant le globe entièrement recouvert de glace : c’est le modèle dit de la Terre « boule de neige ». Selon les hypothèses, la presque intégralité du globe était alors recouverte de glace. Comment les premières formes de vie qui existaient à cette époque ont-elles fait pour survivre dans ces conditions ?

Une étude publiée dans la revue Nature Communications aborde la question. Nous en donnons ci-dessous les références et l’abstract

Pour le comprendre, Huyue Song de l’Université Chinoise de Géosciences à Wuhan, en Chine, et son équipe ont étudié la composition géochimique de sédiments riches en fossiles de la formation de Nantuo, dans le sud de la Chine, datant de 654 à 635 millions d’années. Ils y ont découvert des traces d’algues photosynthétiques et des preuves d’un cycle aérobie de l’azote dans les eaux de surface : preuves que cette zone conservait de bonnes conditions d’habitabilité malgré le climat glacial de l’époque.

Or, selon les données, ces sédiments se sont déposés entre 30 et 40 degrés de latitude nord, soit bien plus au nord de l’équateur que ce qui était prévu par le modèle de Terre « boule de neige ». Les auteurs suggèrent que ce site et sans doute d’autres de latitude moyenne, en pleine mer, ont servi de refuges aux organismes complexes et leur ont permis de survivre jusqu’à ce que les conditions deviennent plus favorables. Ainsi, ils estiment que la Terre « boule de neige » (« snowball » en anglais) était probablement plutôt une Terre « boule de neige fondante » (« slushball » en anglais) avec une bande libre de glace à l’équateur et des trous dans la couverture glaciaire aux latitudes moyennes.

L’hypothèse de la Terre boule de neige a été proposée pour expliquer des preuves géologiques qui montrent des traces de glaciation intense dans des endroits qui se trouvaient à des latitudes tropicales et équatoriales à cette époque. Les scientifiques pensent que la glaciation a été déclenchée par une combinaison de facteurs, notamment une diminution des niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et une activité volcanique accrue qui a libéré des particules dans l’atmosphère et a réduit encore plus l’effet de serre. Cependant, durant l’épisode de glaciation, les volcans ont continué à produire du CO2 et d’autres gaz à effet de serre qui se sont peu à peu accumulés jusqu’à atteindre un seuil critique où la glace a commencé à fondre, enclenchant ainsi un réchauffement des températures.

Observons qu’aujourd’hui le problème n’est pas tout à fait le même. L’actuel réchauffement libérera à partir des glaces polaires des milliers de virus et bactéries encore inconnus. Ceci propagera des pandémies à côté desquelles l’actuelles due au Covid 19 n’apparaitra que comme une aimable grippe saisonnière

Merci à Sciences et Avenir https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/paleontologie/comment-la-terre-a-survecu-pendant-les-episodes-boules-de-neige_170460

Référence

Mid-latitudinal habitable environment for marine eukaryotes during the waning stage of the Marinoan snowball glaciation

Nature Communications volume 14, Article number: 1564 

Abstract

During the Marinoan Ice Age (ca. 654–635 Ma), one of the ‘Snowball Earth’ events in the Cryogenian Period, continental icesheets reached the tropical oceans. Oceanic refugia must have existed for aerobic marine eukaryotes to survive this event, as evidenced by benthic phototrophic macroalgae of the Songluo Biota preserved in black shales interbedded with glacial diamictites of the late Cryogenian Nantuo Formation in South China. However, the environmental conditions that allowed these organisms to thrive are poorly known. Here, we report carbon-nitrogen-iron geochemical data from the fossiliferous black shales and adjacent diamictites of the Nantuo Formation. Iron-speciation data document dysoxic-anoxic conditions in bottom waters, whereas nitrogen isotopes record aerobic nitrogen cycling perhaps in surface waters. These findings indicate that habitable open-ocean conditions were more extensive than previously thought, extending into mid-latitude coastal oceans and providing refugia for eukaryotic organisms during the waning stage of the Marinoan Ice Age.

04/04/2023. A lire absolument, Asialyst.com

Faut-il rappeler à ceux qui l’ignoraient encore qu’il existe depuis longtemps une source francophone d’informations sur l’Asie au sens large, nommée Asialyst.com.

https://asialyst.com/fr/

Asialyst s’intéresse en priorité à la Chine, l’Inde, la Birmanie, la Birmanie, l’Afghanistan. Mais aucun pays ou zone sensible ne lui échappe. Les relations diplomatique ou commerciale font en priorité l’objet de ses préoccupations, mais tous les thèmes civilisationnels peuvent être évoqués. Asialyst donne si nécessaire la parole à des universitaires, mais multiplie les interviews des personnalités asiatiques et françaises qui comptent, en n’hésitant pas à souligner les différences de points de vue.

Les articles sont suffisamment longs pour être détaillés et constituer de solides sources d’information. Le site est mis à jour régulièrement, en donnant toutes facilités pour retrouver les articles plus anciens.

Autant que l’on puiss savoir vu la fragilité des sources, Asialyst est très consulté, dans les pays directement concernés, mais aussi en Russie et aux Etats-Unis.

Voir également le site Les Crises https://www.les-crises.fr/

Important. Ne pas confondre avec asialist.com

03/04/2023 L’effondrement progressif de l’Otan face à la Russie, la Chine et leurs alliés du Brics. Que devrait faire la France ?

L’Otan a toujours été une création des Etats-Unis pour tenter de se recruter des alliés aux frontières occidentales de l’Empire russe. Aujourd’hui cette alliance est de moins en moins efficace. Cela tient d’abord à ce que ces alliés se révèlent de plus en plus incapables de financer l’effort militaire nécessaire. Ainsi de l’avis général, l’armée allemande est un désastre. Seule la France conserve une force militaire en bon état, y compris dans sa composante nucléaire. Mais elle a toujours pris soin d’affirmer qu’elle refusait de jouer le rôle d’un membre de l’Otan soumis aux Etats-Unis.

Pour leur part, les Etats-Unis seront de moins en moins capables de jouer le rôle pilote qui leur serait nécessaire pour faire de l’Otan une structure à leur service. Même si leur budget militaire reste le plus important du monde, la priorité pour Washington est de faire face en Asie à l’armée chinoise et à ses alliés du Brics. Par ailleurs, au plan politique, qu’il soit interne ou international, une sorte de révolution culturelle sévit au sein des élites, qualifiée parfois de révolution woke, pour procéder en priorité à d’autres dépenses que celles exigées par le complexe militaro-industriel. Il est probable que l’actuel président des Etats-Unis ou son successeur ne présenteront pas comme une urgence un renforcement massif de la puissance militaire, sauf dans le domaine spatial.

Ceci signifie que les membres actuels ou futurs (Ukraine) de l’Otan, hormis les Etats-Unis, seront de moins en moins considérés par la Russie comme une menace existentielle, visant comme certains l’ont prétendu, à un véritable démembrement de l’Empire Russe. Vladimir Poutine devrait le comprendre. Il aurait tout avantage à pacifier les relations avec les membres européens de l’Otan, comme parallèlement et en premier lieu avec la France.

03/04/2023. Les origines de la vie sur Terre

On estime que l’Univers tel que nous la connaissons serait âgé de 14 milliards de nos années environ, décomptées après ses origines. On estime par ailleurs que la planète du système solaire appelée Terre serait apparue il y a environ 5 milliards d’années. Mais aux origines elle n’était pas habitable par les premiers organismes vivants tels que nous les connaissons, c’est-à-dire des virus et des organismes unicellulaires simples vivants dans des flaques d’eau salée. Il a fallu qu’elle se refroidisse suffisamment pour que s’y forme de l’eau liquide.

À ce jour, les plus anciennes traces de vie sur Terre remonteraient à 3,8 milliards d’années, comme semblent l’indiquer des restes fossilisés retrouvés dans les roches sédimentaires. Mais à quoi ressemblait la toute première forme de vie? Comment les éléments qui forment la vie – carbone, hydrogène, oxygène, azote – se sont-ils assemblés pour former les premières cellules vivantes? Quels ont été les facteurs déclencheurs de cet événement initial ?  S’est-il produit une seule fois, la même source de vie foisonnant rapidement pour envahir toute la planète? Ou plusieurs fois, la vie apparaissant successivement en de multiples foyers? Il n’existe pas de réponses définitives à ces questions fondamentales.

Dans l’hypothèse dite panspermie, selon laquelle des formes de vie extraterrestres primitives seraient apparues quelque part dans l’univers et que celles-ci, véhiculées par des météorites, aient été apportées sur la Terre où elles se seraient développées, il faudrait suffisamment de temps. Or ce temps on ne le trouve pas , ceci d’autant plus qu’avec l’expansion de l’univers, les distances à couvrir n’ont cesser de s’allonger .

Il est tentant de penser que sur les milliards de milliards de planètes aujourd’hui révélées par le télescope spatial James Webb se trouvent tout autant de formes de vie plus ou moins différentes, et sur certaines, tout autant sinon plus d’intelligences.

Pour en savoir plus sur les origines de la vie, voir https://actualites.uqam.ca/2017/la-vie-avant-la-vie-un-mystere-qui-passionne-penseurs-et-scientifiques/

Page des éditoriaux


07/09/2033 Le goulot d’étranglement de l’oxygène dans l’Univers

06/09/2023 Les bases neurales de la conscience chez l’humain

06/09/2023 Pourquoi cette passivité en Europe face à la perspective d’une guerre conventionnelle entre l’Occident et la Russie ?

05/09/2023. Réduction du nombre des qubits nécessaires pour corriger les erreurs dans un calculateur quantique

05/09/2023 Effets dévastateurs du passage à l’électrique dans l’industrie automobile

04/09/2023 La France va perdre son avance en matière de fusion nucléaire

04/09/2023« Les Structures fondamentales des sociétés humaines », de Bernard Lahire, La Découverte, « Sciences sociales du vivant », 972 p.,

02/09/2023 Grâce à la Lorraine, une chance pour la voiture à hydrogène en France

01/09/2023 Création en laboratoire d’un monopôle quantique

31/08/2023 La cour européenne des droits de l’homme et la prostitution

31/08/2023 Que cherchent les BRICS

31/08/2023 Madame Scott-Morton, ne vous faites pas plus naïve que vous ne l’êtes.

29/08/2023 Pourquoi la France aurait intérêt à quitter rapidement l’Afrique

29/08/2023 Les trous de ver en anneaux permettront-ils de remonter le temps ?

29/08/2023 Six cents robots humanoïdes chinois

28/08/2023 Fiche de lecture «Le Défi démographique: mythes et réalités» par Bruno Tertrais

28/08/2023 L’Amérique est-elle en guerre avec elle-même ?

27/08/2023 Le sort enviable des amérindiens au Québec

27/08/2023 Le programme européen Human Brain.

26/08/2023 Computers exascale

26/08/20 Les memcomputers, de nouveaux types de calculateurs aux rendements révolutionnaires

25/08/2023 Un nouveau quadcopter kamikaze russe

25/08/2022 Le coup d’Etat au Niger a toute la sympathie des Etats-Unis

24/08/2023 Le programme Africa Hydromet Program

23/08/2023 La National Ignition Facility (USA) maitrisera-t-elle la fusion nucléaire avant la France ?

22/08/2023 Mission européenne Euclid: éclairer l’invisible

22/08/2023 L’homme des glaces était chauve

21/08/2023 Se préparer à une collision entre la Galaxie d’Andromède et la Voie Lactée

21/08/2023 Que sont les métaux étranges ?

20/08/2022 Le muon, une particule élémentaire bien particulière

19/08/2022 Dépenses militaires comparées prévues pour l’année 2024

18/08/2023 Les ondes gravitationnelles. Une possible mémoire de l’espace-temps

17/08/2023 La femme de Jésus

16/08/2023. Sur le Covid, pourquoi ce silence persistant?

15/08/2023 Un nouvel argument en faveur d’une théorie de la gravitation modifiée MOND

14/08/2023 Futures difficultés économiques et politiques de la Chine

14/08/2023 Détection en octobre 2022 du sursaut gamma le plus brillant jamais observé à ce jour.

13/08/2023 L’espace-temps n’oublie jamais

12/08/2023 Le mystère de la langue froide (cold tongue)

11/08/2023 Les cerveaux des enfants de paranthropes atteignaient une taille adulte dès l’âge de trois ans

11/08/2023 Prochain effondrement de l’AMOC

11/08/2023. Nations Unies. World Drug Report.

10/08/2023 Au Niger, un coup d’Etat américain contre la France

09/08/2023 Dates approximatives d’apparition de la vie complexe

09/08/2023. Sur les simulations d’univers

08/08/2022 L’Otan et la Russie (selon Dmitry Orlov)

Nous sommes de ceux qui pensent que fermer la centrale nucléaire de Fessenheim est une absurdité prise pour des raisons de démagogie politique. Bien que premier historiquement de sa série, il pouvait en toute sécurité continuer à produire de l’électricité aussi longtemps que les fleurons du parc nucléaire français.

Il suffisait de lui apporter quelques réparations et mise à niveau de principe, en faisant appel à la main d’œuvre hautement compétente qu’il employait, assisté de quelques sous traitants spécialisés qui ne manquent pas.

Aujourd’hui cependant l’occasion se présente de revenir sur cette erreur. On apprend  que Claude Brender, maire (sans étiquette) de la commune aimerait accueillir le tout premier réacteur modulaire de France – ou plutôt un « démonstrateur » de cet engin, couramment désigné par le sigle anglais SMR, pour « Small Modular Reactors ».

Il s’est entretenu de cette possibilité avec la ministre de le transition écologique. « Ça fait deux-trois ans que je répète à l’envie qu’il faut redonner une vie au site de l’ancienne centrale, argumente Claude Brender, et le meilleur moyen pour ça, c’est d’y produire de nouveau de l’électricité. Comme le calendrier de déploiement des futurs réacteurs EPR2 est très long, pourquoi pas accueillir un démonstrateur du SMR ? Ce serait une sortie par le haut… »

On trouve sur le site The breakthrough une comparaison de ce type de réacteur au regard des autres types ou projets existant déjà. Voir SMR reactor .Il peut produire jusqu’à 300 megawatt en général, mais cela pourrait être beaucoup plus à Fessenheim.

L’intérêt présenté par les SMR en général est qu’ils peuvent remplacer le chauffe-eau (boiler) d’une ancienne centrale à charbon en conservant l’essentiel de l’environnement technique. Ils devraient pouvoir le faire de la même façon dans une centrale atomique et a fortiori à Fessenheim

On ne comprendrait pas que dans ces conditions, sans doute pour satisfaire l’oppositions écologique, le gouvernement actuel persiste à fermer et démanteler Fessenheim.

01/04/2023. Des planètes faites de matière noire

Le télescope spatial James Webb a pu grâce a son optique perfectionnée, détecter au delà du système solaire, plusieurs dizaines de planètes jusque là encore inconnues. Elles sont dite exoplanètes ou planètes extérieures. La plupart gravitent autour d’étoiles proches comme la Terre autour du soleil. Mais certaines peuvent avoir des trajectoires indépendantes. Elles paraissent faites de matière ordinaire. C’est peut-être là que dans quelques années l’on pourrait y détecter des formes de vie.

Cependant certains physiciens théoriciens viennent de proposer, dans un article sur arXiv dont nous publions ci-dessous l’abstract et les références, qu’elles soient composées de matière noire. Ils nomment ces objets des « exoplanètes sombres ».

La matière noire  a un statut quelque peu particulier : bien que notre conception de l’Univers repose aujourd’hui sur le postulat de son existence, elle n’a jamais été observée directement. Elle est censée faire office d’attracteur gravitationnel dans les galaxies ne disposant pas suffisamment d’astres visibles pour conserver leur cohérence dans un univers en expansion.

Les chances de trouver réellement une planète composée de matière noire paraissent réduites du fait que cette matière étant sombre, elle est invisible à l’heure actuelle. Mais sur quoi repose la proposition de ces physiciens ?

La matière noire est usuellement recherchée à l’échelle microscopique des particules. Mais, dans leurs travaux, ces physiciens évoquent des composites : la possibilité de véritables macrostructures composées de matière noire.

« Un état macroscopique de matière noire dont la masse et/ou le rayon sont similaires à ceux d’une planète se comportera comme une exoplanète sombre s’il est lié à un système stellairemême si la physique sous-jacente de l’objet ressemble à quelque chose d’entièrement différent », précisent les auteurs de cette hypothèse .

La physique d’une telle exoplanète pourrait ne ressembler à rien de ce que nous connaissons. Par exemple, elle pourrait avoir une densité infime de 0,03 gramme par centimètre cube ou inversement, avoir une densité plus grande qu’une planète faite de fer. « À l’heure actuelle, il n’existe pas de telles valeurs aberrantes », indiquent les auteurs, mais ils suggèrent que nous soyons peut-être encore incapables de les détecter.

Le seul moyen d’en observer une serait que l’exoplanète sombre soit reliée « gravitationnellement » ou déjà intégrée à un système et non simplement flottante. On pourrait alors mobiliser des techniques de détection indirectes utilisant la lumière pour connaitre la masse, le rayon, la densité d’une exoplanète.

Cependant, une hypothèse aussi révolutionnaire mérite bien davantage d’études. Comment une telle planète se formerait-elle ? Quelle serait l’abondance de ce type d’objets dans l’Univers ? Quel impact sur les autres astres et planètes ? Le cosmos est un ensemble systémique : une hypothèse sur une fraction de celui-ci a d’énormes implications, raison pour laquelle une théorie nécessite souvent plus d’une étude pour être pleinement construite.

Référence

[Submitted on 21 Mar 2023]

Dark Exoplanets

Yang BaiSida LuNicholas Orlofsky

The prevailing assumption is that all exoplanets are made of ordinary matter. However, we propose an unconventional possibility that some exoplanets could be made of dark matter, which we name « dark exoplanets. » In this paper, we explore methods to search for dark exoplanets, including the mass-radius relation, spectroscopy, missing transit, and transit light curve. Specifically, we focus on the transit light curve method and demonstrate how to distinguish partially transparent dark exoplanets from fully opaque ordinary exoplanets using both observed exoplanet data and dark exoplanet mock data. Our analysis shows that dark exoplanets with a large radius (above around 10% of the star radius) and a small optical depth (below around one) can be identified with current telescope sensitivities.

Comments:23 pages, 9 figures
Subjects:Earth and Planetary Astrophysics (astro-ph.EP); Instrumentation and Methods for Astrophysics (astro-ph.IM); High Energy Physics – Phenomenology (hep-ph)
Cite as:arXiv:2303.12129 [astro-ph.EP]
 (or arXiv:2303.12129v1 [astro-ph.EP] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2303.12129


31/03/2023 Abandon par l’US Air Force de son programme de missile hypersonique ARRW

Le Secrétaire à la Défense en charge de l’US Air Force vient de prévenir le sous-comité Défense de la Chambre des Représentants que l’Air Force allait devoir abandonner son programme de missile hypersonique à capacités nucléaires connu sous le nom de AGM-183A Air-launched Rapid Response Weapon (ARRW). Celui-ci ne donnait pas satisfaction.

Voir https://www.zerohedge.com/military/usaf-admits-hypersonic-missile-test-failed

Le 27 juillet dernier, la Chine avait pratiqué ce qu’elle appelle un essai « de routine » de tir de fusées spatiales réutilisables. Aux États-Unis, le Pentagone n’est pas du même avis et affirme que le pays a plutôt réalisé le test d’un missile orbital enfermant un planneur hypersonique. C’est en tout cas ce qu’a vait expliqué le général John Hyten, vice-président de l’état-major interarmées, à CBS News.

Selon lui, la Chine avait lancé un missile à longue portée qui aurait fait le tour du globe terrestre avant de larguer un planneur hypersonique dont l’objectif était d’atteindre une cible située en Chine. Ce type d’armement que ne possèdent pas encore les États-Unis préoccupe suffisamment le Pentagone pour qu’un responsable vienne dévoiler publiquement ce « détail ».

Comment expliquer par ailleurs le fait qu’en ce qui concerne ce genre de missiles, malgré un budget militaire dépassant la somme des budgets des autres puissances, les États-Unis aient pris un tel retard. Celui-ci pourra-t-il être rattrapé ?

30/03/2003. Le point de vue de Pékin. L’hégémonie américaine et ses risques

Nous reprenons ici un longue déclaration du ministre des Affaires Etrangères Chinois en date de février 2023; Chacun pourra juger de la pertinence de ces jugements.

Document officiel du ministère des Affaires étrangères chinois

Source : Ministry of Foreign Affairs of the People’s Republic of China
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises que nous remercions

Table des matières

Introduction
I. L’hégémonie politique – Peser de tout son poids
II. L’hégémonie militaire – L’usage incontrôlé de la force
III. Hégémonie économique – Pillage et exploitation
IV. Hégémonie technologique – Monopole et oppression
V. Hégémonie culturelle – Diffusion de faux récits
Conclusion

Introduction

Depuis qu’après les deux guerres mondiales et la Guerre froide, les États-Unis sont devenus le pays le plus puissant du monde, ils ont fait preuve de davantage d’audace pour s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres pays, exercer, entretenir et abuser de leur hégémonie, encourager la sédition et les infiltrations et déclencher délibérément des guerres, avec des conséquences préjudiciables pour la communauté internationale.

Les États-Unis ont élaboré une règle du jeu hégémonique pour mettre en scène des « révolutions de couleur », provoquer des conflits régionaux et même déclencher directement des guerres sous couvert de promotion de la démocratie, de liberté et de droits humains. Cramponnés à la logique de la Guerre froide, les États-Unis ont renforcé la politique des blocs et attisé les conflits et les confrontations. Ils ont étendu à l’excès le concept de sécurité nationale, abusé des contrôles à l’exportation et imposé des sanctions unilatérales. Ils ont adopté une approche sélective du droit et des règles internationales, les utilisant ou les rejetant comme bon leur semble, et ont cherché à imposer des règles qui servent leurs propres intérêts au nom du maintien d’un « ordre international fondé sur des règles. »

Ce rapport, en présentant les faits pertinents, vise à exposer au grand jour le caractère abusif de l’hégémonie des États-Unis dans les domaines politique, militaire, économique, financier, technologique et culturel, et à attirer davantage l’attention de la communauté internationale sur les dangers des comportements américains en matière de paix et de stabilité mondiales ainsi que pour le bien-être de tous les peuples.

I. L’hégémonie politique – Peser de tout son poids

Les États-Unis tentent depuis longtemps de modeler les autres pays et l’ordre mondial selon leurs propres valeurs et leur propre système politique au nom de la démocratie et des droits humains.

◆ Les exemples d’ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures d’autres pays abondent. Au nom de la « promotion de la démocratie », les États-Unis ont pratiqué une « doctrine néo-Monroe » en Amérique latine, instigué des « révolutions de couleur » en Eurasie et orchestré le « Printemps arabe » en Asie occidentale et en Afrique du Nord, amenant chaos et désastre dans de nombreux pays.

En 1823, les États-Unis ont promulgué la doctrine Monroe. Tout en vantant les mérites d’une « Amérique pour les Américains », ce qu’ils voulaient vraiment, c’était une « Amérique pour les États-Unis. »

Depuis lors, les politiques des gouvernements américains successifs concernant l’Amérique latine et la région des Caraïbes ont été truffées d’ingérence politique, d’intervention militaire et de renversements de régimes. Que ce soit au travers de l’hostilité et du blocus dont Cuba fait l’objet depuis 61 ans ou du renversement du gouvernement Allende au Chili, la politique américaine à l’égard de cette région repose sur une maxime : ceux qui se soumettent prospéreront, ceux qui résistent périront.

L’année 2003 a marqué le début d’une succession de « révolutions de couleur » : la « révolution des roses » en Géorgie, la « révolution orange » en Ukraine et la « révolution des tulipes » au Kirghizstan. Le Département d’État américain a ouvertement admis avoir joué un « rôle central » dans ces « changements de régime ». Les États-Unis se sont également ingérés dans les affaires intérieures des Philippines, chassant le président Ferdinand Marcos Sr. en 1986 et le président Joseph Estrada en 2001 par le biais de ce que l’on appelle les « révolutions du pouvoir du peuple. » [ révolution jaune en raison de la présence de rubans jaunes lors des manifestations suivant l’assassinat du sénateur philippin Benigno Aquino, NdT]

En janvier 2023, l’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo a publié son nouveau livre Never Give an Inch : Fighting for the America I Love [Ne jamais céder d’un pouce : un combat pour l’Amérique que j’aime]. Il y révèle que les États-Unis ont comploté pour intervenir au Venezuela. Le scénario consistait à forcer le gouvernement Maduro à conclure un accord avec l’opposition, à priver le Venezuela de sa capacité à vendre du pétrole et de l’or pour obtenir des devises, à exercer une forte pression sur son économie et à influencer l’élection présidentielle de 2018.

◆ Les États-Unis pratiquent le deux poids deux mesures en matière de règles internationales. Plaçant leur intérêt personnel au premier plan, ils ont délaissé les traités et les organisations internationales, et placé leur législation nationale au-dessus du droit international. En avril 2017, l’administration Trump a annoncé qu’elle couperait tous les financements américains alloués au Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), au prétexte que l’organisation « soutient ou participe à la gestion d’un programme d’avortement sous contrainte ou de stérilisation forcée. » Les États-Unis ont quitté l’UNESCO à deux reprises, en 1984 et en 2017. En 2017, ils ont annoncé qu’ils quittaient l’Accord de Paris sur le changement climatique. En 2018, ils ont annoncé leur retrait du Conseil des droits humains de l’ONU, citant le « parti pris » de l’organisation contre Israël et son incapacité à protéger efficacement les droits humains. En 2019, les États-Unis ont annoncé qu’ils se retiraient du Traité sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire afin de pouvoir développer librement des armes de pointe. En 2020, ils ont annoncé leur retrait du Traité Ciel ouvert.

Les États-Unis ont également constitué le principal obstacle au contrôle des armes biologiques en s’opposant aux négociations sur un protocole de vérification pour la Convention sur les armes biologiques (CIAB) et en empêchant la vérification internationale des activités des pays en matière d’armes biologiques. Seul pays à posséder un stock d’armes chimiques, les États-Unis ont à plusieurs reprises retardé la destruction de ces armes et se sont montrés peu enclins à remplir leurs obligations. Ils sont devenus le principal obstacle à la concrétisation d’un « monde sans armes chimiques. »

◆ Par le biais de leur système d’alliances, les États-Unis sont en train de constituer des petits blocs. Ils ont imposé une « stratégie indo-pacifique » à la région Asie-Pacifique, en créant des clubs exclusifs tels que les Five Eyes [Five Eyes, abrégé FVEY pour la classification, désigne l’alliance des services de renseignement de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis, NdT], le Quad [Dialogue quadrilatéral pour la sécurité : coopération informelle entre les États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde, NdT] et l’AUKUS [accord de coopération militaire tripartite formé par l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni, NdT], et en forçant les pays de la région à prendre parti. Ces pratiques visent essentiellement à créer des divisions dans la région, à attiser la confrontation et à saper la paix.

◆ Les États-Unis portent un jugement arbitraire sur les pratiques démocratiques d’autres pays, et fabriquent un récit fallacieux opposant « démocratie contre autoritarisme » afin d’ inciter à la dissension, à la scission, à la rivalité et à l’affrontement. En décembre 2021, les États-Unis ont accueilli le premier « Sommet pour la démocratie », qui a été critiqué et contesté par de nombreux pays pour son caractère démagogique et sa capacité à diviser le monde. En mars 2023, les États-Unis accueilleront un nouveau « Sommet pour la démocratie », qui reste malvenu et qui, de nouveau ne trouvera aucun soutien.

II. L’hégémonie militaire – l’usage incontrôlé de la force

L’histoire des États-Unis est marquée par la violence et l’expansion. Depuis leur indépendance en 1776, ils ont constamment cherché à s’étendre par la force : ils ont massacré les Indiens, envahi le Canada, déclenché une guerre contre le Mexique, provoqué la guerre hispano-américaine et annexé Hawaï. Après la Seconde Guerre mondiale, parmi les guerres qu’ils ont soit provoquées soit déclenchées, on compte la guerre de Corée, la guerre du Vietnam, la guerre du Golfe, la guerre du Kosovo, la guerre d’Afghanistan, la guerre d’Irak, la guerre de Libye et la guerre de Syrie, ils ont ainsi profité de leur hégémonie militaire pour ouvrir la voie à des objectifs expansionnistes. Ces dernières années, le budget militaire annuel moyen des États-Unis a dépassé les 700 milliards de dollars américains, ce qui représente 40 % du total des dépenses mondiales, soit plus que les 15 pays suivant réunis. Les États-Unis disposent d’environ 800 bases militaires à l’étranger, déployant 173 000 soldats dans 159 pays.

Selon le livre America Invades : How We’ve Invaded or been Militarily Involved with almost Every Country on Earth [Invasions Américaines : comment nous avons envahi ou avons été impliqués militairement dans pratiquement tous les pays au monde, NdT], les États-Unis ont combattu ou ont été militairement impliqués dans la quasi-totalité des quelque 190 pays reconnus par les Nations Unies, à trois exceptions près. Ces trois pays ont été « épargnés » parce que les États-Unis ne les ont pas trouvés sur la carte.

◆ Comme l’a dit l’ancien président Jimmy Carter, les États-Unis sont sans aucun doute la nation la plus va-t-en-guerre de l’histoire du monde. Selon un rapport de l’université Tufts, « Introducing the Military Intervention Project : A new Dataset on US Military Interventions, 1776-2019 » [Le projet d’intervention militaire : une nouvelle analyse des interventions militaires américaines, 1776-2019, NdT], les États-Unis ont entrepris près de 400 interventions militaires dans le monde au cours de ces années là, dont 34 % en Amérique latine et dans les Caraïbes, 23 % en Asie de l’Est et dans le Pacifique, 14 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et 13 % en Europe. Actuellement, leurs interventions militaires au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne se multiplient.

Alex Lo, chroniqueur au South China Morning Post, a souligné que depuis leur fondation, les États-Unis ont rarement fait la distinction entre diplomatie et guerre. Ils ont renversé des gouvernements démocratiquement élus dans de nombreux pays en voie de développement au cours du XXe siècle et les ont immédiatement remplacés par des régimes fantoches pro-américains. Aujourd’hui, en Ukraine, en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie, au Pakistan et au Yémen, les États-Unis réitèrent leurs vieilles tactiques consistant à mener des guerres par procuration, des guerres de basse intensité et des guerres par drones.

◆ L’hégémonie militaire américaine a provoqué des tragédies humanitaires. Depuis 2001, les guerres et les opérations militaires lancées par les États-Unis au nom de la lutte contre le terrorisme ont fait plus de 900 000 morts, dont quelque 335 000 civils, des millions de blessés et des dizaines de millions de déplacés. La guerre d’Irak de 2003 a fait entre 200 000 et 250 000 morts civils, dont plus de 16 000 directement tués par l’armée américaine, et plus d’un million de sans-abri.

Les États-Unis ont généré 37 millions de réfugiés dans le monde. Depuis 2012, le seul nombre de réfugiés syriens a été multiplié par dix. Entre 2016 et 2019, 33 584 décès de civils ont été recensés dans les combats en Syrie, dont 3 833 tués par les bombardements de la coalition dirigée par les États-Unis, la moitié d’entre eux étant des femmes et des enfants. Le 9 novembre 2018, le Public Broadcasting Service (PBS) a rapporté que les frappes aériennes initiées par les forces américaines sur Raqqa ont tué à elles seules 1 600 civils syriens.

La guerre en Afghanistan, qui a duré deux décennies, a ravagé le pays. Au total, 47 000 civils afghans et de 66 000 à 69 000 soldats et policiers afghans non liés aux attentats du 11 septembre ont été tués lors des opérations militaires américaines, et plus de 10 millions de personnes ont été déracinées. En Afghanistan, la guerre a anéanti les fondements du développement économique du pays et plongé le peuple afghan dans la misère. Après la « débâcle de Kaboul » en 2021, les États-Unis ont annoncé qu’ils allaient geler quelque 9,5 milliards de dollars d’actifs appartenant à la banque centrale afghane, une décision considérée comme un « acte de pillage pur et simple. »

En septembre 2022, le ministre turc de l’Intérieur Suleyman Soylu a déclaré lors d’un colloque que les États-Unis avaient mené une guerre par procuration en Syrie, transformé l’Afghanistan en une plantation d’opium et une véritable fabrique d’héroïne, plongé le Pakistan dans la turbulence et laissé la Libye en proie à des troubles civils incessants. Les États-Unis font tout ce qu’il faut pour spolier et asservir les populations de tout pays disposant de ressources minières.

Les États-Unis ont également adopté d’horribles méthodes de guerre. Pendant la guerre de Corée, la guerre du Vietnam, la guerre du Golfe, la guerre du Kosovo, la guerre d’Afghanistan et la guerre d’Irak, les États-Unis ont utilisé des quantités massives d’armes chimiques et biologiques ainsi que des bombes à fragmentation, des bombes au napalm, des bombes au graphite et des bombes à l’uranium appauvri, causant des dommages considérables aux installations civiles, entraînant d’innombrables victimes civiles et créant une pollution durable de l’environnement.

III. Hégémonie économique – pillage et exploitation

Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont été à l’origine du système de Bretton Woods, du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, qui, avec le plan Marshall, ont formé un système monétaire international articulé autour du dollar américain. En outre, les États-Unis ont également instauré la suprématie institutionnelle dans les secteurs économique et financier internationaux en manipulant les systèmes de vote pondérés, ainsi que les règles et les accords conclus par les organisations internationales, notamment « l’approbation à une majorité de 85 % », et en imposant leurs lois et réglementations commerciales nationales. En tirant parti du statut du dollar comme principale monnaie de réserve internationale, les États-Unis perçoivent en fait le « seigneuriage » du monde entier ; et en usant de leur contrôle sur les organisations internationales, ils contraignent les autres pays à se mettre au service de la stratégie politique et économique de l’Amérique.

◆ Les États-Unis exploitent les richesses du monde grâce au « seigneuriage ». Produire un billet de 100 dollars ne coûte qu’environ 17 cents, mais les autres pays doivent débourser 100 dollars en biens réels pour pouvoir se le procurer. Il y a plus d’un demi-siècle, il a été souligné que les États-Unis bénéficiaient de privilèges exorbitants et du déficit illimité et indolore engendré par leur dollar, tout en utilisant ce billet sans valeur pour piller les ressources et les industries des autres nations.

◆ L’hégémonie du dollar américain est la principale source d’instabilité et par conséquent de précarité dans l’économie mondiale. Pendant la pandémie de Covid-19, les États-Unis ont fait une utilisation abusive de leur hégémonie financière internationale et injecté des milliers de milliards de dollars sur le marché mondial, laissant les autres pays, en particulier les économies émergentes, en payer le prix. En 2022, la Fed a mis fin à sa politique monétaire extrêmement souple et a opté pour une hausse agressive des taux d’intérêt, provoquant des turbulences sur le marché financier international et entraînant une dépréciation conséquentes d’autres monnaies telles que l’euro, beaucoup d’entre elles chutant à leur niveau le plus bas depuis 20 ans. En conséquence, un grand nombre de pays en voie de développement ont dû faire face à une forte inflation, à la dépréciation de leur monnaie et à des fuites de capitaux. C’est exactement ce que le secrétaire au Trésor de Nixon, John Connally, a souligné un jour, avec une grande suffisance mais aussi une parfaite précision : « Le dollar est notre monnaie, mais il est votre problème. »

◆ En contrôlant les organisations économiques et financières internationales, les États-Unis imposent des conditions supplémentaires à l’aide qu’ils apportent aux autres pays. Afin de réduire les obstacles à l’afflux de capitaux américains et à la spéculation, les pays bénéficiaires sont tenus de faire progresser la libéralisation financière et d’ouvrir leurs marchés financiers afin que leurs politiques économiques s’alignent sur la stratégie américaine. Selon la Revue d’économie politique internationale, à l’appui des 1 550 programmes d’allègement de la dette accordés par le FMI à ses 131 pays membres entre 1985 et 2014, pas moins de 55 465 conditions politiques supplémentaires ont été attachées à ces programmes.

◆ Les États-Unis étouffent délibérément leurs adversaires via la coercition économique. Dans les années 1980, pour éliminer la menace économique que représentait le Japon, et pour contrôler et utiliser ce dernier au service de l’objectif stratégique des États-Unis, à savoir affronter l’Union soviétique et dominer le monde, les États-Unis ont utilisé leur pouvoir financier hégémonique à l’encontre du Japon et ont conclu les accords du Plaza [Les accords du Plaza sont un accord sur les taux de change signé le 22 septembre 1985 entre les États-Unis, le Japon, l’Allemagne de l’Ouest, le Royaume-Uni et la France, NdT]. Le yen a ainsi été poussé à la hausse et le Japon a été contraint d’ouvrir son marché financier et de réformer son système bancaire. Les accords du Plaza ont porté un coup sévère à la dynamique de croissance de l’économie japonaise, laissant le pays à ce qui devait plus tard s’appeler les « trois décennies perdues. »

◆ L’hégémonie économique et financière de l’Amérique est devenue une arme géopolitique. Multipliant les sanctions unilatérales et la « justice au bras long » [La compétence au bras long est la capacité des tribunaux locaux à exercer leur compétence sur les défendeurs étrangers, que ce soit sur une base légale ou par le biais de la compétence inhérente d’un tribunal, NdT], les États-Unis ont appliqué des lois nationales telles que l’International Emergency Economic Powers Act, le Global Magnitsky Human Rights Accountability Act et le Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act, et introduit une série de décrets visant à sanctionner des pays, des organisations ou des individus précis. Les statistiques montrent que les sanctions américaines contre des entités étrangères ont augmenté de 933 % entre 2000 et 2021. À elle seule, l’administration Trump a imposé plus de 3 900 sanctions, soit trois sanctions par jour. Jusqu’à présent, les États-Unis imposaient ou ont imposé des sanctions économiques à près de 40 pays dans le monde, dont Cuba, la Chine, la Russie, la République populaire démocratique de Corée, l’Iran et le Venezuela, ce qui affecte près de la moitié de la population mondiale. Les « États-Unis d’Amérique » se sont transformés en « États-Unis des sanctions ». Et la « justice au bras long » est devenue un simple outil permettant aux États-Unis d’utiliser les moyens de l’État pour supplanter ses concurrents économiques et s’immiscer dans les affaires internationales courantes. Il s’agit là d’une grave entorse aux principes de l’économie de marché libérale dont les États-Unis se targuent depuis longtemps.

IV. Hégémonie technologique – Monopole et oppression

Les États-Unis cherchent à décourager le développement des autres pays dans les domaines scientifique, technologique et économique en exerçant un pouvoir de monopole, en prenant des mesures répressives et en imposant des restrictions dans les domaines de la haute technologie.

◆ Les États-Unis monopolisent la propriété intellectuelle au nom de la protection. Profitant de la position de faiblesse des autres pays, en particulier des pays en voie de développement, en matière de droits de propriété intellectuelle et de la vacance institutionnelle dans les domaines concernés, les États-Unis engrangent des profits excessifs par le biais de leur monopole. En 1994, les États-Unis ont fait avancer l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (TRIPS) [annexé à l’Accord instituant l’Organisation mondiale du commerce. Il a pour but d’intégrer les droits de propriété intellectuelle dans le système de l’OMC, NdT], imposant des procédures et des normes américanisées en matière de protection de la propriété intellectuelle dans le but de consolider leur monopole dans le domaine de la technologie.

Dans les années 1980, pour freiner le développement de l’industrie japonaise des semi-conducteurs, les États-Unis ont lancé la loi commerciale « super 301 » [La section 301 de la loi sur le commerce extérieur des États-Unis de 1974, permet au Bureau du représentant américain au commerce de prendre des mesures contre les politiques commerciales de pays étrangers, à la demande du président des États-Unis, NdT], renforcé leur pouvoir dans les négociations bilatérales par le biais d’accords multilatéraux, menacé d’accuser le Japon de pratiquer un commerce déloyal et imposé des droits de douane en représailles, obligeant le Japon à signer l’accord américano-japonais sur les semi-conducteurs. En conséquence, les entreprises japonaises de semi-conducteurs ont été presque totalement exclues de la concurrence mondiale et leur part de marché a chuté de 50 % à 10 %. Pendant ce temps, avec le soutien du gouvernement américain, un grand nombre d’entreprises américaines de semi-conducteurs ont saisi l’occasion et se sont emparées de davantage de parts de marché.

◆ Les États-Unis ont politisé et militarisé les questions technologiques et les ont utilisées comme des outils idéologiques. Allant au delà du concept de sécurité nationale, les États-Unis ont fait appel au pouvoir de l’État pour dissuader et sanctionner l’entreprise chinoise Huawei, ils ont restreint l’entrée des produits Huawei sur le marché américain, coupé son approvisionnement en puces et en systèmes d’exploitation, et contraint d’autres pays à interdire à Huawei d’entreprendre la construction d’un réseau 5G sur leur territoire. Ils ont même amené le Canada à placer la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, en détention non justifiée pendant près de trois ans.

Les États-Unis ont inventé toute une série de bonnes raisons pour freiner les entreprises chinoises de haute technologie qui sont compétitives au niveau mondial, et ont placé plus de 1 000 entreprises chinoises sur leurs listes de sanctions. En outre, ils ont également imposé des contrôles en matière de biotechnologie, d’intelligence artificielle et autres technologies de pointe, renforcé les restrictions à l’exportation, durci le contrôle sur les investissements, suspendu les applications chinoises de médias sociaux telles que TikTok et WeChat, et fait pression sur les Pays-Bas et le Japon pour qu’ils restreignent les exportations de puces électroniques et d’équipements ou de technologies connexes vers la Chine.

Les États-Unis ont également pratiqué une politique du deux poids deux mesures à l’égard des professionnels du secteur de la technologie liés à la Chine. Pour mettre à l’écart et refouler les chercheurs chinois, depuis juin 2018, la validité des visas a été raccourcie pour les étudiants chinois qui se spécialisent dans certaines disciplines liées à la haute technologie, on a assisté à des cas répétés au cours desquels des universitaires et des étudiants chinois se rendant aux États-Unis pour des programmes d’échange et des études ont été injustement refoulés et harcelés, et des enquêtes à grande échelle sur les universitaires chinois travaillant aux États-Unis ont été menées.

◆ Au nom de la protection de la démocratie, les États-Unis confortent leur monopole dans le domaine des technologies. En construisant de petits blocs technologiques tels que « l’alliance chip 4 » et le « réseau propre », les États-Unis ont apposé les étiquettes « démocratie » et « droits humains » sur la haute technologie, et ont transformé les questions technologiques en questions politiques et idéologiques, afin de fabriquer des prétextes pour leur blocus technologique à l’encontre d’autres pays. En mai 2019, les États-Unis ont réuni 32 pays à la Conférence de Prague sur la sécurité de la 5G en République tchèque et ont publié la Proposition de Prague dans le but d’exclure les produits 5G Chinois. En avril 2020, Mike Pompeo, alors secrétaire d’État américain, a annoncé la « voie propre 5G », un plan conçu pour construire une alliance technologique dans le domaine de la 5G avec des partenaires liés par leur idéologie commune concernant la démocratie et la nécessité de protéger la « cybersécurité ». Ces mesures sont en réalité des initiatives prises par les États-Unis pour préserver leur hégémonie en matière de technologie par le biais d’alliances technologiques.

◆ Les États-Unis détournent leur hégémonie dans le domaine numérique en menant des cyberattaques et en ayant recours à des écoutes téléphoniques. Ils ont longtemps eu la réputation d’être le « royaume des pirates informatiques », pointés du doigt pour leurs actes de cyber-vol endémiques dans le monde entier. Les moyens dont ils disposent pour mettre en œuvre des cyberattaques et des mesures de surveillance généralisées sont nombreux, notamment en utilisant les signaux des stations de base analogiques pour accéder aux téléphones portables afin de voler des données, en modifiant les applications mobiles, en infiltrant les serveurs de cloud et en volant des données via les câbles sous-marins. La liste est longue.

La surveillance américaine ne fait aucune discrimination. Tout le monde peut devenir la cible de cette surveillance, qu’il s’agisse d’adversaires ou d’alliés, et il s’agit même parfois de dirigeants de pays alliés comme l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel ainsi que plusieurs présidents français. La cybersurveillance et les attaques lancées par les États-Unis, telles que « Prism », « Dirtbox », « Irritant Horn » et « Telescreen Operation » sont autant de preuves que les États-Unis surveillent de près leurs alliés et partenaires. Ces écoutes ont déjà suscité l’indignation dans le monde entier. Julian Assange, fondateur de Wikileaks, un site web qui a révélé les programmes de surveillance des États-Unis, a déclaré : « Ne vous attendez pas à ce qu’une superpuissance mondiale de la surveillance agisse avec honneur ou respect. Il n’y a qu’une seule règle : il n’y a pas de règles. »

V. L’hégémonie culturelle – Propager de faux récits

L’expansion mondiale de la culture américaine est un élément important de la stratégie des États-Unis à l’étranger. Les États-Unis ont souvent utilisé des outils culturels pour renforcer et maintenir leur hégémonie dans le monde.

◆ Les États-Unis insufflent les valeurs américaines dans leurs productions tels que les films. Les valeurs et le mode de vie américains sont étroitement associés aux films et aux émissions de télévision, aux publications, au contenu des médias et aux programmes des institutions culturelles à but non lucratif financées par le gouvernement. Elles façonnent ainsi un univers culturel et une opinion publique dans lesquels la culture américaine prévaut et entretient son hégémonie culturelle. Dans son article The Americanization of the World [L’Américanisation du monde, NdT], John Yemma, un universitaire américain, a dénoncé les vraies armes de l’expansion culturelle américaine : Hollywood, les usines de conception d’images de Madison Avenue et les chaînes de production de Mattel Company et de Coca-Cola.

Pour préserver leur hégémonie culturelle, les États-Unis ont recours à différents vecteurs. Le cinéma américain est le plus utilisé. Il occupe actuellement plus de 70 % du marché mondial. Les États-Unis jouent habilement de leur diversité culturelle pour faire rêver différentes ethnies. Lorsque les films hollywoodiens débarquent dans le monde, ce sont les valeurs américaines qui s’y rattachent qui transparaissent.

◆ L’hégémonie culturelle américaine ne se manifeste pas seulement au travers de leur « intervention directe », mais aussi via une « infiltration des médias » et elle sonne comme « une trompette pour le monde ». Les médias occidentaux dominés par les États-Unis jouent un rôle particulièrement important dans la façon dont est forgée une opinion publique mondiale favorable à l’ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures des autres pays.

Le gouvernement américain censure très sévèrement toutes les entreprises de médias sociaux et exige leur obédience. Le PDG de Twitter, Elon Musk, a admis le 27 décembre 2022 que toutes les plateformes de médias sociaux travaillent avec le gouvernement américain en matière de censure du contenu, a rapporté Fox Business Network. L’opinion publique aux États-Unis est soumise à l’intervention du gouvernement désireux de brider toutes les critiques défavorables. Google fait régulièrement disparaître des sites.

Le ministère américain de la Défense manipule les médias sociaux. En décembre 2022, The Intercept, un site d’investigation américain indépendant, a révélé qu’en juillet 2017, Nathaniel Kahler, un responsable du Commandement central des États-Unis, avait demandé à l’équipe chargée des affaires publiques de Twitter de renforcer les activités de 52 comptes en langue arabe figurant sur une liste qu’il lui avait envoyée, six d’entre eux devant être traités en priorité. L’un de ces six comptes avait pour seule vocation de justifier les attaques américaines par drones au Yémen, notamment en affirmant que ces attaques étaient très précisément ciblées et ne tuaient que des terroristes, et non des civils. Conformément à la directive de Kahler, Twitter a inscrit ces comptes en langue arabe sur une « liste blanche » afin de pouvoir amplifier le contenu de certains messages.

◆ Les États-Unis pratiquent la politique du deux poids deux mesures en matière de liberté de la presse. Ils répriment brutalement et réduisent au silence les médias d’autres pays en recourant à divers moyens. Les États-Unis et l’Europe excluent de leurs territoires les grands médias russes comme Russia Today et Sputnik. Des plateformes comme TwitterFacebook et YouTube limitent très manifestement les comptes officiels de la Russie. NetflixApple et Google ont retiré les chaînes et les applications russes de leurs programmes et de leurs app stores. Une censure draconienne sans précédent est exercée à l’encontre de tous les contenus liés à la Russie.

◆ Les États-Unis se servent de leur hégémonie culturelle pour encourager des « changements en douceur » dans les pays socialistes. Ils mettent en place des médias d’information et des organismes culturels destinés aux pays socialistes. Ils consacrent des fonds publics considérables aux chaînes de radio et de télévision afin d’appuyer cette infiltration idéologique, et ces porte-voix pilonnent les pays socialistes jour et nuit, en des dizaines de langues, avec de la propagande séditieuse.

Les États-Unis se servent de la désinformation comme d’un fer de lance pour attaquer d’autres pays et ont bâti autour d’elle une véritable filière industrielle : des groupes et des individus inventent des histoires et les colportent dans le monde entier pour induire l’opinion publique en erreur grâce à des ressources financières quasi illimitées.

Conclusion

Alors qu’une cause juste vaut à son champion un large soutien, une cause injuste condamne celui qui la défend à être un paria. Les pratiques hégémoniques, dominatrices et tyranniques consistant à utiliser la force pour intimider les faibles, à s’approprier ce qui appartient aux autres par la force et le subterfuge, et à jouer à des jeux de somme nulle [Un jeu de somme nulle est un jeu où la somme des gains et des pertes de tous les joueurs est égale à 0. Cela signifie donc que le gain de l’un constitue obligatoirement une perte pour l’autre, NdT], entraînent de graves préjudices. Les mouvements historiques en faveur de la paix, du développement, de la coopération et du bénéfice mutuel sont inéluctables. Les États-Unis font fi de la vérité en usant de leur puissance et ils piétinent la justice pour servir leurs propres intérêts. Ces pratiques hégémoniques unilatérales, égoïstes et rétrogrades suscitent des critiques et engendrent des oppositions de plus en plus vives de la part de la communauté internationale.

Les pays doivent absolument faire preuve de respect les uns envers les autres et se traiter mutuellement sur un pied d’égalité. Les grands pays devraient se comporter conformément à leur statut et être à l’initiative d’un nouveau mode de relations d’État à État, privilégiant le le dialogue et le partenariat, et non soit la confrontation soit l’alliance. La Chine est opposée à toute forme d’hégémonisme et à toute politique des puissances et elle récuse toute ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. Les États-Unis doivent se livrer à un sérieux examen de conscience. Ils doivent procéder à un véritable bilan critique de leurs actes, renoncer à leur arrogance et à leurs préjugés et abandonner leurs pratiques hégémoniques, dominatrices et tyranniques.

Source : Ministry of Foreign Affairs of the People’s Republic of China, 20-02-2023