Disparus il y a près de 40 000 ans, ces anciens hominidés étaient autrefois réduits au statut de brutes épaisses, mais les récentes découvertes suggèrent une plus grande proximité avec notre espèce.
En 1856, lorsque les ouvriers d’une carrière de la vallée de Néander en Allemagne tombent sur un ensemble d’os fossilisés, ils pensent avoir exhumé le squelette d’un ours. Ils n’ont pas conscience que leur découverte est sur le point de changer le cours de l’histoire : les traces d’un ancêtre de l’Homme disparu il y a près de 40 000 ans.
Les chercheurs ne mettront pas longtemps à réaliser qu’ils ont déjà croisé le chemin de cette espèce à travers des fossiles mis au jour au cours du 19e siècle, mais mal identifiés. La découverte a insufflé un nouvel élan aux scientifiques avides d’explorer de nouvelles théories évolutionnistes, déclenchant une véritable chasse aux fossiles à travers le monde et captivant le grand public avec l’idée d’une mystérieuse espèce parente qui aurait un jour dominé l’Europe.
Baptisés Homo neanderthalensis par le géologue William King en 1864, les Néandertaliens restent à ce jour nos plus proches parents. Voici ce qu’il y a à savoir sur ces ancêtres de l’Homme, de la façon dont ils ont vécu aux conditions qui ont causé leur perte.
À QUOI RESSEMBLAIENT-ILS ?
À première vue, les os fossilisés des Néandertaliens sembleraient presque humains. Il existe toutefois quelques caractéristiques qui différencient cette espèce disparue de l’Homo sapiens moderne.
Outre leur ressemblance avec l’Homme, les Néandertaliens présentaient une proéminence du bourrelet sus-orbitaire, une dentition large et de grands yeux. D’après les chercheurs, ils possédaient un cerveau de taille semblable au nôtre, avec une forme plus allongée. Même si la taille et la structure des cerveaux néandertaliens font encore l’objet de débats, il est désormais admis que le néandertalien moyen mesurait entre 164 et 168 centimètres pour l’homme, et entre 152 et 156 cm pour la femme.
Ces hominidés vivaient autrefois à travers l’Eurasie. Selon les scientifiques, les Néandertaliens auraient développé une musculature compacte et massive pour s’adapter aux climats relativement froids de la région. Dans ces conditions, leur survie aurait nécessité un régime alimentaire de 4 480 calories par jour.
À première vue, les os fossilisés des Néandertaliens sembleraient presque humains. Il existe toutefois quelques caractéristiques qui différencient cette espèce disparue de l’Homo sapiens moderne.
Outre leur ressemblance avec l’Homme, les Néandertaliens présentaient une proéminence du bourrelet sus-orbitaire, une dentition large et de grands yeux. D’après les chercheurs, ils possédaient un cerveau de taille semblable au nôtre, avec une forme plus allongée. Même si la taille et la structure des cerveaux néandertaliens font encore l’objet de débats, il est désormais admis que le néandertalien moyen mesurait entre 164 et 168 centimètres pour l’homme, et entre 152 et 156 cm pour la femme.
Ces hominidés vivaient autrefois à travers l’Eurasie. Selon les scientifiques, les Néandertaliens auraient développé une musculature compacte et massive pour s’adapter aux climats relativement froids de la région. Dans ces conditions, leur survie aurait nécessité un régime alimentaire de 4 480 calories par jour.
La vie du Néandertalien était essentiellement rythmée par la chasse aux mammouths, aux éléphants et aux rhinocéros à laine ou autres représentants de la mégafaune. Nos ancêtres vivaient et voyageaient en groupe, ils utilisaient divers outils, notamment des lances pour satisfaire leur régime riche en viande. Ils se nourrissaient également de plantes, signe que l’Homme de Néandertal « mangeait probablement ce qui était à sa portée en fonction de la situation, de la saison et du climat, » comme le suggère Ainara Sistiaga, géobiologiste au Massachusetts Institute of Technology (MIT), aux États-Unis.
Parfois, cela impliquait également de jeter leur dévolu sur leurs propres congénères. En 2016, une équipe de scientifiques étudiant des ossements néandertaliens dans une grotte belge a découvert les « preuves attestant clairement de la pratique du cannibalisme chez les Néandertaliens en Europe du Nord. »
ÉTAIENT-ILS INTELLIGENTS ?
À l’origine, les chercheurs présumaient que l’Homme de Néandertal était une brute épaisse dotée d’une intelligence rudimentaire et d’un sérieux penchant pour la chasse sanguinaire. Cependant, face à l’accumulation des preuves démontrant des caractéristiques étonnamment humaines, certains chercheurs ont fini par changer d’avis sur la question.
Les Néandertaliens utilisaient des outils à la chasse ou dans un contexte domestique. Ils taillaient des pierres pour créer des armes, des grattoirs ou des haches. Le travail du bois était également répandu, notamment pour fabriquer des lances ou des outils pour creuser.
- Les Néandertaliens auraient également utilisé les peaux des animaux pour créer des vêtements qui pouvaient couvrir jusqu’à 80 % de leurs corps. À l’instar des humains, ils couvraient aussi leurs pieds et d’autres parties sensibles du corps mais puisque les vêtements n’ont pas résisté à l’épreuve du temps, les chercheurs ne peuvent qu’émettre des hypothèses sur la façon dont ils s’habillaient.
Autre découverte majeure : les Néandertaliens étaient capables de pensée symbolique, comme en témoignent les phalanges d’aigle décorées mises au jour sur certains sites archéologiques, ainsi que d’autres objets probablement utilisés lors de rituels funéraires, autant de preuves, selon certains, de l’existence d’une forme avancée de pensée et de tradition. Puis, en 2018, des chercheurs ont annoncé la découverte de peintures rupestres, les plus anciennes du genre, remontant à 65 000 ans. Cependant, la nature abstraite de l’œuvre continue d’alimenter le débat au sein de la communauté scientifique sur les véritables aptitudes mentales des Néandertaliens.
POURPUOI ONT-ILS DISPARU ?
Quoi qu’il en soit, les Néandertaliens ont connu un sort funeste et leur extinction est tout aussi controversée que les autres aspects de leur vie. Les scientifiques s’interrogent encore sur les conditions qui ont entraîné la disparition de l’espèce il y a environ 40 000 ans.
ADN NÉANDERTALIEN
Malgré l’effondrement de leur espèce, il subsiste des traces fascinantes des Néandertaliens dans le patrimoine génétique de certains humains modernes. Jusqu’à 4 % de l’ADN des humains sans ascendance africaine peut être lié aux Néandertaliens, ce qui soutient la thèse de l’accouplement entre les deux espèces.
« Ironiquement, compte tenu de l’actuelle population mondiale estimée à 8 milliards d’individus, il n’y a jamais eu autant d’ADN néandertalien sur Terre, » peut-on lire dans un article signé par Peter C. Kjærgaard, Mark Maslin et Trine Kellberg Nielsen, trois spécialistes de la préhistoire.
Il y a si longtemps que l’Homme de Néandertal n’a plus foulé l’Eurasie qu’il est désormais impossible de répondre avec certitude à toutes nos interrogations. Malgré cela, le mystère qui entoure ces ancêtres de l’Homme et la fascinante perspective d’une proximité avec notre espèce continuent à ce jour d’alimenter la recherche… et la controverse.Les chercheurs ont connaissance de quelques cas de coexistence et parfois même d’accouplement entre Homo neanderthalensis et Homo sapiens, apparu en Afrique il y a environ 300 000 ans. Ce mélange des espèces implique que certains humains modernes descendent des Néandertaliens, bien que les humains aient fini par emporter la bataille génétique. Selon certains scientifiques, l’extinction de l’Homme de Néandertal serait le fruit de la concurrence avec les humains pour la nourriture et l’habitat, ou de la sélectionnnaturelle des caractères humains avantageux. Pour d’autres, les Néandertaliens auraient fini par être en minorité face aux humains à cause de leur tendance à vivre en petit groupe.
Une troisième hypothèse implique le changement climatique : les scientifiques ont documenté une vague de froid qui coïnciderait avec l’extinction des Néandertaliens il y a environ 40 000 ans. Pendant près de mille ans, le phénomène aurait plongé l’Europe centrale dans un climat capable de décimer l’espèce. L’impact aurait été moins sévère dans les régions peuplées par Homo sapiens et, selon les partisans de cette théorie, les humains auraient ensuite investi les régions autrefois peuplées par les Néandertaliens pour devenir l’espèce dominante à travers le monde.
Vient ensuite la théorie des armes : les premiers humains auraient vaincu les Néandertaliens car ils étaient tout simplement mieux armés.
s des Néandertaliens dans le patrimoine génétique de certains humains modernes. Jusqu’à 4 % de l’ADN des humains sans ascendance africaine peut être lié aux Néandertaliens, ce qui soutient la thèse de l’accouplement entre les deux espèces.
« Ironiquement, compte tenu de l’actuelle population mondiale estimée à 8 milliards d’individus, il n’y a jamais eu autant d’ADN néandertalien sur Terre, » peut-on lire dans un article signé par Peter C. Kjærgaard, Mark Maslin et Trine Kellberg Nielsen, trois spécialistes de la préhistoire.
Il y a si longtemps que l’Homme de Néandertal n’a plus foulé l’Eurasie qu’il est désormais impossible de répondre avec certitude à toutes nos interrogations. Malgré cela, le mystère qui entoure ces ancêtres de l’Homme et la fascinante perspective d’une proximité avec notre espèce continuent à ce jour d’alimenter la recherche… et la controverse.
Malgré l’effondrement de leur espèce, il subsiste des traces fascinantes des Néandertaliens dans le patrimoine génétique de certains humains modernes. Jusqu’à 4 % de l’ADN des humains sans ascendance africaine peut être lié aux Néandertaliens, ce qui soutient la thèse de l’accouplement entre les deux espèces.
« Ironiquement, compte tenu de l’actuelle population mondiale estimée à 8 milliards d’individus, il n’y a jamais eu autant d’ADN néandertalien sur Terre, » peut-on lire dans un article signé par Peter C. Kjærgaard, Mark Maslin et Trine Kellberg Nielsen, trois spécialistes de la préhistoire.
Are Neanderthals descendants of modern humans? Michael Marshall takes a look at a radical idea that could rewrite our history
Annéandertaliens : une découverte remet en question leur origine
L’histoire des Néandertaliens, nos cousins disparus, fascine depuis des décennies les scientifiques et le grand public. Leur apparition a longtemps été expliquée par un événement évolutif majeur : une réduction drastique de leur diversité génétique, connue sous le nom de goulot d’étranglement. Cette hypothèse suggérait que les Hommes de Néandertal seraient issus d’une petite population qui aurait survécu à une crise évolutive, ce qui aurait marqué leur lignée dès ses débuts. Cependant, une étude récente basée sur l’analyse de la morphologie de l’oreille interne vient remettre en question cette théorie largement acceptée. En examinant des fossiles qui proviennent d’Espagne et de Croatie, des chercheurs ont en effet découvert que la diversité morphologique des premiers Homo neanderthalensis était bien plus importante que prévu. Cette découverte bouleverse notre compréhension de leur évolution et invite à revoir les scénarios établis sur leur origine.
Une théorie remise en question sur les Néandertaliens
Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que l’apparition d’Homo neanderthalensis résultait d’un goulot d’étranglement génétique, un phénomène qui réduit la variabilité d’une population lorsqu’elle subit une forte diminution de son effectif. Ce scénario s’appuyait sur des études paléogénétiques qui analysent l’ADN ancien extrait des fossiles. Les résultats indiquaient une baisse significative de la diversité génétique chez les Hommes de Néandertal classiques (ceux qui ont vécu il y a environ 100 000 ans).
Les chercheurs en avaient déduit que cette perte de diversité remontait aux origines mêmes de Néandertal, ce qui suggère qu’ils descendaient d’un petit groupe de survivants qui aurait émergé après une crise évolutive. Toutefois, jusqu’ici, cette hypothèse reposait sur des indices indirects et non sur des preuves morphologiques solides.
Une nouvelle approche basée sur l’oreille interne
Pour tester cette hypothèse sous un nouvel angle, une équipe de chercheurs a choisi d’étudier les canaux semi-circulaires de l’oreille interne, une structure essentielle à l’équilibre et au mouvement. La morphologie de ces canaux est influencée par des facteurs génétiques et évolue lentement au fil du temps, ce qui en fait un bon indicateur de la diversité d’une population.
L’étude s’est concentrée sur deux sites fossiles majeurs. Le premier, Sima de los Huesos, en Espagne, est daté d’environ 430 000 ans et contient les restes de pré-Néandertaliens, considérés comme les ancêtres des Néandertaliens. Ce site offre une fenêtre unique sur l’évolution des premiers représentants de cette lignée. Le second site, Krapina, en Croatie, est daté de 130 000 à 120 000 ans et représente des Hommes de Néandertal primitifs, situés entre les pré-Néandertaliens et les Néandertaliens classiques. Ce fossile permet donc d’étudier une période charnière de l’évolution des et d’évaluer l’évolution de leur diversité morphologique.
En comparant la morphologie des canaux semi-circulaires de ces fossiles avec celle des Néandertaliens classiques, les chercheurs ont pu mesurer les changements dans la diversité morphologique au fil du temps. Cette approche offre ainsi un nouvel éclairage sur l’évolution d’Homo neanderthalensis et remet en question l’hypothèse d’un goulot d’étranglement génétique à l’origine de sa lignée.
Des résultats qui bouleversent notre vision de l’évolution néandertalienne
Les analyses ont révélé un résultat inattendu : la diversité morphologique des Homo neanderthalensis primitifs (Krapina) était tout aussi élevée que celle de leurs ancêtres pré-Néandertaliens (Sima de los Huesos). En revanche, cette diversité diminue nettement chez les Néandertaliens classiques. Cela signifie que le goulot d’étranglement ne s’est pas produit au moment de l’apparition de l’Homme de Néandertal, mais bien plus tard dans leur histoire. Ces résultats sont en accord avec les études paléogénétiques qui indiquaient une baisse de diversité génétique il y a environ 110 000 ans, soit bien après la formation de la lignée néandertalienne.
Mercedes Conde-Valverde, co-auteure de l’étude, souligne l’importance de cette découverte : « La réduction de la diversité observée entre l’échantillon de Krapina et les Néandertaliens classiques est particulièrement frappante et fournit une preuve solide d’un goulot d’étranglement tardif, et non à l’origine des Néandertaliens. »
Ces résultats remettent donc en cause l’idée selon laquelle les Hommes de Néandertal sont issus d’une petite population initiale à la diversité génétique réduite.
Origine
Si l’origine des Néandertaliens n’est pas liée à un effondrement de leur diversité génétique, comment expliquer leur émergence ? Plusieurs hypothèses doivent désormais être réévaluées, dont le rôle de l’environnement. Néandertal a effet évolué dans un climat changeant, marqué par des cycles glaciaires et interglaciaires. Ces variations environnementales ont pu influencer leur diversification morphologique et favoriser l’apparition de traits distinctifs au fil du temps.
Il est également possible que des échanges génétiques avec d’autres groupes archaïques aient contribué à leur diversité initiale. Homo neanderthalensis n’était probablement pas isolé et a pu partager des gènes avec d’autres populations humaines présentes en Eurasie.
Quoi qu’il en soit cette étude illustre à quel point la recherche sur l’évolution humaine est en constante évolution. Loin d’être figées, nos connaissances sur les Hommes de Néandertal s’affinent à mesure que de nouvelles méthodes d’analyse, comme l’étude de l’oreille interne, viennent compléter les données génétiques et fossiles.
Voir L’homme de Néandertal — Wikipédia
Out landish Origins Michael Marshall NewScientist April 2006
