15/09/2022 Variations climatiques quotidiennes et théorie du chaos

Dans les zones tempérées de la Terre, les variations climatiques quotidiennes ne sont pas régulières. Elles sont donc difficilement prévisibles par les météorologues. Le temps qu’il fait aujourd’hui ne définit donc pas nécessairement le temps qu’il fera demain. Dans le langage courant, ceci se traduit souvent par une évaluation des chances existant pour que le temps d’aujourd’hui se retrouve demain. Il en est de même pour d’autres échelles de temps, le mois ou l’année par exemple, sachant que plus la période considérée est longue, plus l’incertitude de la prévision s’agrandit.

Est-ce à dire que par exemple le  09/06/09 à 06h00,  La Chaîne Météo puisse annoncer Temps toujours chaotique aujourd’hui . Le temps sera encore très instable aujourd’hui avec des averses et des orages.

C’est évidemment une image tirée du langage courant. Mais l’occasion est bonne pour rappeler que c’est en voulant prédire le temps qu’il fait grâce à des équations déterministes de la physique que la théorie du chaos est née. Aussi bien, en sciences, le concept de « théorie du chaos » a un sens spécifique. Cette discipline étudie le comportement des systèmes dynamiques, systèmes qui évoluent avec le temps, très sensibles aux conditions initiales. Ainsi, des différences infimes dans les conditions initiales entraînent des évolutions totalement différentes, rendant toute prédiction impossible ou difficile à long terme. La théorie du chaos a de nombreuses applications : météorologie, sociologie, physique, informatique, ingénierie, économie, biologie et philosophie.

Pour en savoir plus, on pourra lire ou relire

La Théorie du chaos

James Gleick (Auteur) Christian Jeanmougin (Traduction) Vers une nouvelle science. Paru le 21 avril 2021 Etude (Poche)

14/09/2022  L’A321XLR le nouvel Airbus à long rayon d’action

Le 17 juin 2022, l’aéroport Toulouse-Blagnac a accueilli, pour la première fois, l’A321XLR, le nouvel Airbus à Long Rayon d’action. Il venait de Hambourg. Il va réaliser sa campagne de tests en vol au départ de cet aéroport . Il s’agit d’une étape essentielle avant de pouvoir certifier l’appareil.

Ce premier A321XLR sera prochainement rejoint par deux autres d’ici la fin d’année 2022. Ces prototypes arriveront depuis Hambourg (Allemagne) où ils sont assemblés. Un quatrième avion d’essai en vol fera également partie de ce programme de développement.

Afin de devenir un avion à long rayon d’action, l’A321XLR doit transporter plus de carburant, ce qui signifie augmenter la masse maximale au décollage de l’A321. Cela nécessite à son tour un train d’atterrissage et des systèmes de freinage plus performants. Cependant, comme la poussée du moteur reste inchangée, il a fallu apporter quelques modifications aérodynamiques pour conserver les performances de décollage souhaitées. Cela a entraîné des modifications des caractéristiques physiques du système hypersustentateur – les becs et les volets – ainsi qu’une reprogrammation du système de contrôle de vol, le tout devant être testé en vol et certifié.

« Une fois que ces avions de développement auront tous volé, les essais en vol mondiaux pourront commencer. Parallèlement aux essais en vol, la campagne d’essais en laboratoire au sol se poursuit », précise le Directeur de l’équipe d’ingénierie des essais en vol pour le programme A321XLR sur le site internet de l’avionneur

« L’achèvement de ces activités et la soumission de tous les documents finaux aux autorités de navigabilité vers la fin de l’année prochaine nous permettront de valider et de certifier l’avion complet. Nous pourrons fournir aux compagnies aériennes ce dont elles ont besoin dès le premier jour, lorsque l’A321XLR entrera en service en 2024. »

Dans le même temps, l’avionneur américain Boeing vient de dévoiler son ecoDemonstrator 2022. Il s’agit d’un 777-200ER de 20 ans d’âge, dont la mission est de tester les nouvelles technologies visant à rendre le transport aérien « plus durable et plus sûr . Ce nouvel exemplaire fait partie du programme ecoDemonstrator de Boeing lancé il y a dix ans, qui permet de tester en grandeur nature des technologies qui n’ont pas dépassé, jusqu’à présent, le stade du laboratoire. L’objectif est de décarboniser l’aviation, d’améliorer l’efficacité opérationnelle et de renforcer la sécurité et l’expérience des passagers.

Le nouvel ecoDemonstrator sera le terrain de nombreux tests pendant près de six mois, à compter du début de l’été 2022. Il permettra d’étudier la viabilité d’une trentaine de technologies sélectionnées par Boeing. Parmi les projets qui vont être testés : ceux qui permettent de voler avec moins de carburant, de réduire considérablement le bruit, ou encore ceux qui intègrent des matériaux dits « durables ».

Des avions « neutres en carbone »

Sur ce point, Airbus a dévoilé lundi trois concepts d’avion propulsé à l’hydrogène visant la mise en service d’un appareil commercial zéro émissions en 2035, un « axe stratégique majeur » pour l’avionneur, soumis comme le reste du secteur à une pression croissante de l’opinion publique. Dans le collimateur du mouvement « flygskam » (honte de prendre l’avion) pour ses émissions de CO2 (2 à 3% des émissions mondiales), le secteur aéronautique se hâte pour avancer vers la décarbonisation du transport aérien.

« Il s’agit d’un moment historique pour l’ensemble du secteur de l’aviation commerciale, et nous entendons jouer un rôle de premier plan dans la transition la plus importante que notre industrie ait jamais connue », résume dans un communiqué  le président exécutif d’Airbus qui entend se « positionner comme chef de file dans la décarbonisation de l’industrie aéronautique ».

Airbus étudie trois concepts d’appareils, tous propulsés à l’hydrogène et désignés sous le nom de code « ZEROe » pour « zéro émissions ». Le moteur à hydrogène n’émet pas de pollution puisqu’il ne produit que de la vapeur d’eau. Cela suppose en revanche que l’hydrogène soit lui-même « propre », c’est-à-dire produit par électrolyse de l’eau en utilisant une électricité issue de sources renouvelables ou à tout le moins faiblement carbonées.

Le premier est un turboréacteur « de configuration classique », de 120 à 200 passagers, soit l’équivalent d’un A220 ou d’un A320 et d’une autonomie de plus de 3 500 kilomètres, il serait alimenté par une turbine à gaz fonctionnant à l’hydrogène, stocké dans des réservoirs situés dans la partie arrière du fuselage.

« Le coeur des moteurs d’avion c’est une turbine à gaz », dans laquelle est brûlé du kérosène vaporisé, expliquait cet été le directeur général de l’aviation civile (DGAC) Y brûler de l’hydrogène, « presque aussi énergétique », ne nécessiterait que de légères modifications, selon lui. Le second concept est un avion régional turbopropulseur (à hélices) pouvant embarquer jusqu’à 100 passagers sur 1 800 kilomètres. Le troisième concept est une aile volante d’une capacité et autonomie correspondant au concept de turboréacteur.

Réservoir cryogénique

« Le fuselage exceptionnellement large offre de multiples possibilités pour le stockage et la distribution d’hydrogène, ainsi que pour l’aménagement de la cabine », explique Airbus. Car c’est dans son stockage et son transport à bord que réside la difficulté de l’hydrogène, Il nécessite un espace de stockage à peu près quatre fois supérieur à celui du kérosène et surtout doit être liquéfié à -250 degrés. Les réservoirs cryogéniques doivent en effet résister à la pression et être de forme cylindrique ou sphérique. On ne peut pas en loger partout dans les ailes comme on le fait aujourd’hui »

Cela ouvre la voie à de nombreux changements possibles dans la forme de l’avion, au-delà de moteurs accrochés sous les ailes. Airbus, le motoriste Safran, leur co-entreprise Arianegroup et l’Onera, réunis en consortium, étudient depuis le début de l’année l’utilisation de l’hydrogène pour l’aviation. Le choix et la maturation des technologies prendront cinq ans auxquels s’ajouteront deux ans pour celui des fournisseurs et sites industriels, Selon Airbus ».la mise en programme est prévue aux environs de 2028. Notre ambition est d’être le premier constructeur à mettre en service un tel appareil en 2035 ».

Ce calendrier correspond à l’objectif d’un « avion neutre en carbone », fixé début juin par le gouvernement français, qui a prévu d’y consacrer 1,5 milliard d’euros d’ici à 2022 dans le cadre de son plan de soutien au secteur aéronautique.

Rappelons que les États européens ont fait de l’hydrogène un axe majeur de développement. L’Allemagne a prévu un plan de 9 milliards d’euros pour développer ses usages, la France prévoit 7 milliards d’euros.

13/09/2022. Une raison pouvant expliquer les différences entre Néandertaliens et Sapiens

L’Homme de Néandertal a vécu entre 250.000 et 28.000 ans avant notre ère. Omnivore, il a développé de nombreux outils pour la capture et le dépeçage du gibier. Pour sa part,lLe plus ancien Homo sapiens connu jusqu’à présent a été découvert dans le gisement d’Omo Kibish (Ethiopie) daté de  195 000 ans. Il aurait migré largement pour finalement occuper tous les continents. Son représentant européen le plus connu est l’Homme de Cro-Magnon. Même si quelques paléoanthropologues le contestent encore, il est aujourd’hui admis qu’Homo neanderthalensis était une espèce distincte d’Homo sapiens, mais aussi qu’elle était suffisamment proche de nous pour que ses représentants aient échangé leurs gènes avec certains des ancêtres.

Ainsi l’Homme de Néandertal et l’Homo sapiens ont coexisté plus de 100.000 ans. Les paléoanthropologues recherchent depuis longtemps la raison de la disparition du Néandertalien en tant qu’espèce distincte. Aujourd’hui l’homme moderne peut comporter dans son génome quelques gènes issus du néandertal, ce qui laisse penser que certains d’entre eux aient pu se métisser.

Qu’est-ce qui rend les humains modernes uniques ? La réponse se trouve en partie dans le lobe frontal du néocortex  d’après une étude parue dans Science et référencée ci-dessous. Certes, le volume endocrânien des humains modernes et des Néandertaliens n’était pas différent, ce qui suggère une taille similaire du cerveau et du néocortx . Mais on ignorait jusqu’à présent si une taille identique du néocortex entrainait des différences dans la séquence de leurs acides aminés C’est pourtant le cas de TKTL1, qui ne diffère que d’un seul acide aminé de la variante néandertalienne. Des chercheurs de l’Institut Max Planck de biologie cellulaire moléculaire et de génétique de Dresde (Allemagne) ont trouvé que cette protéine augmentait le nombre d’ un type de cellules du cerveau, appelées cellules gliales radiales basales, qui génèrent la majorité des neurones dans le néocortex en développement.

NB Les cellules glialesse situent dans le système nerveux. Elles entourent les neurones et participent au contrôle de l’environnement chimique et électrique en leur fournissant des nutriments et en éliminant leurs déchets.Les cellules neuroépithéliales, ou cellules neuroectodermiques, sont les cellules formant la paroi du tube neural fermé au début du développement embryonnaire. Les cellules neuroépithéliales s’étendent sur l’épaisseur de la paroi du tube, se connectant à la surface piale et à la surface ventriculaire ou luminale. Ils sont reliés à la lumière du tube par des complexes jonctionnels, où ils forment une couche d’ épithélium pseudostratifiée appelée neuroépithélium .

Les cellules neuroépithéliales sont les cellules souches neurales du système nerveux central. Elle génèrent des cellules progénitrices intermédiaires appelées cellules gliales radiales, qui se différencient à leur tour en neurones et en cellules gliales au cours de la neurogenèse

Davantage de neurones formés avec la variante humaine moderne de TKTL1

Ensuite, les auteurs de l’étude ont voulu connaître la signification de cette modification d’acide aminé pour le développement du néocortex. Ils ont introduit la variante humaine moderne ainsi que la variante néandertalienne de TKTL1 dans le néocortex d’embryons de souris. Il leur est apparu que les cellules gliales radiales basales augmentaient avec la variante humaine moderne de TKTL1, mais pas avec la variante de Néandertal Ainsi, le cerveau des embryons de souris présentant la variante humaine moderne de TKTL1 contenait davantage de neurones.

Afin de savoir si ces mêmes effets étaient retrouvés pour le développement du cerveau  humain, les chercheurs ont utilisé des organoïdes de cerveau humain – des structures miniatures imitant la structure et les fonctions principales du cerveau et cultivées en laboratoire à partir de cellules souches humaines. Ils ont ainsi remplacé l’arginine de la TKTL1 de l’Homme moderne par la lysine de la TKTL1 de Néandertal et ils ont trouvé qu’un nombre moindre de cellules gliales radiales basales étaient produites et, par conséquent, également moins de neurones.

En fait, la TKTL1 de l’humain moderne augmente la synthèse de certains lipides membranaires, lesquels sont nécessaires pour générer le long processus des cellules gliales radiales basales, et donc pour augmenter la production de neurones.

Si l’étude implique que la neurogenèse néocorticale chez les humains modernes est plus importante que chez les Néandertaliens (en particulier dans le lobe frontal), les auteurs estiment que cela a peut-être favorisé les capacités cognitive de l’Homme moderne associées au lobe frontal. Ainsi, l’évolution génétique de notre espèce a probablement contribué au développement du langage et de la coordination motrice volontaire.

La question habituelle reste posée. La mutation est-elle survenue au hasard chez les néandertaliens, ou a-t-elle résulté d’une pression sélective spécifique affectant certains d’entre eux ?

Référence

Human TKTL1 implies greater neurogenesis in frontal neocortex of modern humans than Neanderthals

SCIENCE

9 Sep 2022

Vol 377, Issue 6611

DOI: 10.1126/science.abl6422

3 811

Neanderthal brain development

Neanderthal brains were similar in size to those of modern humans but differed in shape. What we cannot tell from fossils is how Neanderthal brains might have differed in function or organization of brain layers such as the neocortex. Pinson et al. have now analyzed the effect of a single amino acid change in the transketolase-like 1 (TKTL1) protein on production of basal radial glia, the workhorses that generate much of the neocortex (see the Perspective by Malgrange and Nguyen). Modern humans differ from apes and Neanderthals by this single amino acid change. When placed in organoids or overexpressed in nonhuman brains, the human variant of TKTL1 drove more generation of neuroprogenitors than did the archaic variant. The authors suggest that the modern human has more neocortex to work with than the ancient Neanderthal did. —PJH

13/04/2022 L’Ukraine ou l’humiliante défaite de Poutine

Ces derniers mois ont circulé sur Internet de nombreux documents montrant comment Vladimir Poutine avait fini par l’emporter sur tous ses rivaux pour conquérir la Présidence de la Fédération de Russie. Il était prévisible qu’il s’imposerait, peut-être jusqu’à sa mort, dans cette éminente responsabilité, quoiqu’en puissent penser les autres grandes puissances mondiales.

Il pourrait compter pour cela sur le dévouement de la poignée de ministres et de généraux qu’il avait mis à la tête de l’institution militaire. Le monde entier a tout récemment pu les entrevoir le 9 mai alors qu’ils assistaient à Moscou aux défilés militaires traditionnels célébrant la victoire contre le nazisme du 9 mai 1945.

Le 9 mai 2022, il aurait mieux fait de s’enfermer au Kremlin pour réfléchir à la façon dont il pourrait contrer l’offensive éclair grâce à laquelle le jeune président Ukrainien Volodomir Zelinski était en train de chasser l’armée russe des provinces de l’Ukraine précédemment conquises par lui lors des « opérations militaires spéciales » » qu’il avait décidé de mener 6 mois auparavant. Aujourd’hui, Zelinski ne se cache pas de vouloir aller plus loin et « reconquérir la Crimée ».

Poutine pourrait-il compter sur l’armée russe pour l’en empêcher ? Certainement pas. Celle-ci ne dispose plus de blindés ni de munitions. Quant à ses hommes, hormis une poignée de mercenaires prêts à trahir contre rémunération, il ne s’agit plus que de jeunes recrues sans expérience et peu désireux de risquer encore leur vie après les pertes considérables subies dans les dernières semaines. Il faudra des mois pour qu’elle redevienne pleinement opérationnelle, au moins dans cette partie de l’Ukraine.

On notera que le conseil des députés de la municipalité de Smolninskoïe (un quartier de Saint-Pétersbourg) a envoyé une missive officielle à la Douma, la chambre basse du Parlement, réclamant la destitution du chef de l’Etat. Le texte indique que les hostilités en Ukraine « nuisent à la sécurité de la Russie et de ses citoyens », ainsi qu’à l’économie, et qu’elles ne sont pas parvenues à arrêter la progression de l’OTAN vers les frontières russes. Selon ces élus municipaux, les actions du chef du Kremlin relèvent de l’article 93 de la Constitution, selon lequel le président peut être démis de ses fonctions pour « trahison ». Ils n’ont pas hésité à prendre des risques, car une telle démarche pourrait entraîner des années de prison.

Si Poutine était un empereur de l’ancienne Rome il reconnaîtrait ses erreurs puis il se suiciderait en public. Faut-il y compter ?

11/09/2022. Réchauffement climatique et points de non retour

Les experts s’accordent à le dire. Sauf à réussir à diviser nos émissions de gaz à effet de serre de moitié d’ici 2030 et à atteindre la zéro émission nette en 2050, nous n’aurons que 50 % de chance d’atteindre l’objectif fixé en 2015 par l’Accord de Paris sur le climat de limiter le réchauffement climatique anthropique à +1,5 °C au-dessus des températures préindustrielles.

Une nouvelle étude , dont ou trouvera ci-dessous les références et l’abstract vient aujourd’hui confirmer à quel point cela pourrait être dommageable. Une étude que certains n’hésitent pas à qualifier d’étude « la plus importante de tous les temps ». Une étude consacrée aux points de non-retour ou points de basculement (tipping points)

Selon le Giec, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, ils correspondent à des « seuils critiques au-delà desquels un système se réorganise, souvent brutalement et/ou de manière irréversible ». Lorsqu’ils sont franchis, ces seuils déclenchent des bouleversements à grande échelle et potentiellement irréversibles pour telle ou telle région de la Terre et de son atmosphère.

En 2008, Tim Lenton, chercheur à l’université d’Exeter (Royaume-Uni), avait été le premier à évaluer ces points de basculement. Il fait aujourd’hui partie de l’équipe qui propose une mise à jour de cette évaluation. Une mise à jour basée sur une revue de centaines de travaux scientifiques. Le constat est sans appel. « La liste des points de basculement s’est allongée et notre évaluation du risque qu’ils posent a considérablement augmenté »,

Certains scientifiques définissent les points de basculement comme des systèmes qui changent rapidement une fois qu’un seuil est franchi. Or ce n’est pas le cas, par exemple, pour la calotte glaciaire antarctique. Elle pourrait mettre des siècles à fondre. Mais il existe bien un point au-delà duquel la fonte ne peut plus être arrêtée. C’est cette définition-là que les chercheurs ont retenue dans leur nouvelle étude. Celle d’un changement qui s’autoperpétue du fait d’une boucle de rétroaction conduisant irrémédiablement le système vers un nouvel état, même sans réchauffement supplémentaire.  

La nouvelle étude identifie un total de 16 éléments de basculement. Neuf qui affectent effectivement l’ensemble du système Terre et sept avec des conséquences régionales profondes. En 2008, il en avait été signalé neuf seulement. Et pas nécessairement les mêmes. Cette mise à jour devrait donc permettre de recentrer les efforts. D’autant qu’elle décrit aussi les seuils de température pour chacun des points de basculement. Ainsi que leurs échelles de temps et leurs impacts.

Plus inquiétant encore qu’un nombre de points de basculement qui augmente, le fait que les chercheurs estiment que le réchauffement climatique actuel — d’environ +1,2 °C au-dessus des moyennes préindustrielles — a peut-être déjà mené notre Planète au-delà d’un état climatique « sûr ». De premiers points de basculement pourraient même avoir été franchis. De sérieux signaux d’alerte ont été émis du côté de la calotte glaciaire arctique, de la forêt amazonienne ou encore de la circulation méridienne de renversement de l’Atlantique (Amoc). De nombreux travaux suggèrent que la calotte ouest antarctique est extrêmement est proche de son point de non-retour. Si elle ne l’a pas déjà dépassé…

Si nous devions atteindre les fameux +1,5 °C de réchauffement prévus par l’Accord de Paris, quatre autres points de basculement seraient « probablement » franchis et cinq de plus, « possiblement ». Les glaciers de nos montagnes seraient menacés tout comme les forêts boréales. Ce serait bien pire encore si la trajectoire actuelle d’un réchauffement de l’ordre de +2,5 °C était maintenue.

Ces travaux ne doivent toutefois pas être pris pour plus qu’ils ne sont. À savoir, une « bonne première étape » dans l’évaluation des points de basculement. Car les incertitudes restent importantes et les prévisions des modèles climatiques à ce sujet finalement assez peu fiables.

Un autre phénomène reste également à prendre en compte : la cascade de basculement. Une sorte d’effet domino envisagé par les chercheurs d’un point de basculement qui pourrait en entraîner d’autres. Et abaisser ainsi les seuils de non-retour. 

SCIENCE
Exceeding 1.5°C global warming could trigger multiple climate tipping points

9 Sep 2022

Vol 377, Issue 6611

DOI: 10.1126/science.abn7950

Abstract

Climate tipping points are conditions beyond which changes in a part of the climate system become self-perpetuating. These changes may lead to abrupt, irreversible, and dangerous impacts with serious implications for humanity. Armstrong McKay et al. present an updated assessment of the most important climate tipping elements and their potential tipping points, including their temperature thresholds, time scales, and impacts. Their analysis indicates that even global warming of 1°C, a threshold that we already have passed, puts us at risk by triggering some tipping points. This finding provides a compelling reason to limit additional warming as much as possible.

Climate tipping points (CTPs) are a source of growing scientific, policy, and public concern. They occur when change in large parts of the climate system—known as tipping elements—become self-perpetuating beyond a warming threshold. Triggering CTPs leads to significant, policy-relevant impacts, including substantial sea level rise from collapsing ice sheets, dieback of biodiverse biomes such as the Amazon rainforest or warm-water corals, and carbon release from thawing permafrost. Nine policy-relevant tipping elements and their CTPs were originally identified by Lenton et al. (2008). We carry out the first comprehensive reassessment of all suggested tipping elements, their CTPs, and the timescales and impacts of tipping. We also highlight steps to further improve understanding of CTPs, including an expert elicitation, a model intercomparison project, and early warning systems leveraging deep learning and remotely sensed data.

11/09/2022 D’où provenaient les premiers Amérindiens ?

On nomme Amérindiens les peuples autochtones d’Amérique soit les peuples qui habitaient les Amériques avant la colonisation européenne, ainsi que leur descendance. Les termes Amérindiens, Indiens d’Amérique et Indiens sont toujours utilisés pour les désigner. La présence humaine dans cette partie du monde remonte au Paléolithique.

La question de savoir à quelle espèce humaine appartenaient ces premiers homo(s) restait posée. Rappelons qu’en 1989 des restes humains ont été découverts dans une grotte de la province chinoise de Yunnan, au sud-ouest du pays. Selon une première datation au radiocarbone, cet os de cuisse et une partie d’un crâne ont pu être datés à 14.000 ans, soit une période où l’Homo sapiens commençait sa migration à travers le monde.

Mais si la période de ces fossiles était connue, certaines caractéristiques inhabituelles des os laissaient un doute sur l’espèce humaine à laquelle ils appartenaient. Si certains scientifiques ont d’abord pensé à une espèce hybride entre l’homme moderne et une autre espèce plus archaïque, ce groupe nommé « Red Deer People » a pu finalement être identifié grâce un séquençage d’ADN  effectué par des scientifiques chinois.

Le résultat de leurs travaux a été publié le 25 juillet 2022 dans la revue Current Biology. L’ADN a pu révéler que ce crâne appartiendrait à un individu de sexe féminin, un membre des Homo sapiens, soit un ancêtre humain direct. En comparant le génome extrait des fossiles avec des ADN de personnes encore vivantes de diverses parties du monde, les scientifiques ont pu démontrer que cet individu présentait une ascendance avec les premiers Amérindiens.

Ce groupe auquel il appartenait aurait traversé le détroit de Béring afin d’arriver sur le continent et devenir les premiers Américains. Le Détroit de Béring sépare aujourd’hui d’environ 83 km la Sibérie orientale de l’Alaska . Sa profondeur à l’époque n’est pas connue clairement. Les traversées se seraient-elles faites à pied ou dans des embarcations primitives ?

Références

Current Biology https://doi.org/10.1016/j.cub.2022.06.016 (accès réservé)

Volume 32, Issue 14, 25 July 2022, Pages 3095-3109.e5

A Late Pleistocene human genome from Southwest China

Abstract

Southern East Asia is the dispersal center regarding the prehistoric settlement and migrations of modern humans in Asia-Pacific regions. However, the settlement pattern and population structure of paleolithic humans in this region remain elusive, and ancient DNA can provide direct information. Here, we sequenced the genome of a Late Pleistocene hominin (MZR), dated ∼14.0 thousand years ago from Red Deer Cave located in Southwest China, which was previously reported possessing mosaic features of modern and archaic hominins. MZR is the first Late Pleistocene genome from southern East Asia. Our results indicate that MZR is a modern human who represents an early diversified lineage in East Asia. The mtDNA of MZR belongs to an extinct basal lineage of the M9 haplogroup, reflecting a rich matrilineal diversity in southern East Asia during the Late Pleistocene. Combined with the published data, we detected clear genetic stratification in ancient southern populations of East/Southeast Asia and some degree of south-versus-north divergency during the Late Pleistocene, and MZR was identified as a southern East Asian who exhibits genetic continuity to present day populations. Markedly, MZR is linked deeply to the East Asian ancestry that contributed to First Americans.

10/09/2022 Rechercher de la vie dans le cosmos autour de Trappist-1

Jusqu’à présent aucune forme de vie analogue à celle présente en abondance dans les océans ou sur les continents de la Terre n’a être observée sur les planètes du système solaire. Ceci ne veut pas dire qu’il n’en existe pas et qu’il ne faille pas les rechercher, mais les espoirs sont minces

Faut-il alors rechercher de la vie sur des planètes extérieures au système solaire, se situant dans notre galaxie voire dans d’autres galaxie?. Il existerait entre 100 et 1000 milliards de planètes dans notre seule galaxie. Parmi elles, une sur cinq pourrait être une exoplanète hébergeant la vie.

Si l’on admet que l’univers visible contiendrait mille milliards de galaxies et que chacune de ces galaxies contiendrait 100 et 1000 milliards de planètes, le nombre de ces planètes est quasiment incommensurable Les récentes observations faites par le télescope spatial James Webb confirment ces hypothèses
https://www.tf1info.fr/sciences-et-innovation/en-images-les-plus-beaux-cliches-du-telescope-spatial-james-webb-2226412.html

Par ailleurs ces planètes sont si éloignées, en termes d’années lumière, qu’il faut renoncer à toutes communications avec leurs éventuels habitants

Ceci ne retire pas son intérêt à la recherche de formes de vie sur ces planètes. L’on sait que le même télescope James Webb vient de débuter l’observation d’un système rassemblant sept exoplanètes découvert en 2017. Cet ensemble de planètes, semblables à la Terre et situées autour d’une étoile, pourrait réunir les conditions préalables à une éventuelle présence de forme de vie.

En 2017, une équipe internationale dirigée par des chercheurs belges de l’université de Liège à découvert  l’existence de sept exoplanètes, toutes d’une taille proche de celle de la Terre. Elles gravitent autour de Trappist-1, une étoile naine dite rouge située à 39 années-lumière du système solaire.. Ce nom de Trappist rend hommage au télescope du même nom situé au Chili qui a permis cette découverte. Les naines rouges  sont les plus petites et les plus faibles des étoiles ; environ 80% des étoiles sont des naines rouges, mais aucune n’est visible à l’œil nu depuis la Terre

Les sept planètes en question (baptisées b, c, d, e, f, g et h) sont des planètes rocheuses comme la Terre et non des planètes gazeuses, comme Jupiter ou Saturne. Elles sont très proches de leur étoile, à une distante équivalente à celle de Mercure au Soleil. « Si on devait comparer avec notre système solaire, c’est comme si elles étaient situées dans l’orbite de Mercure », indique Marc Ollivier, astronome et directeur de l’Institut d’astrophysique spatiale d’Orsay (Essonne). Cela signifie qu’elles tournent autour de Trappist-1 dans un temps très court, entre un jour et demi, pour la plus proche, et 19 jours, pour la plus éloignée

Autre caractéristique : ce système est situé à moins de quarante années-lumière de la Terre. Sachant qu’une année-lumière équivaut environ à 9 500 milliards de km, Trappist-1 est donc éloignée de près de 370 000 milliards de km de nous. C’est relativement proche de la Terre, quand on sait que la Voie lactée mesure 100.000 années lumière. Ainsi la lumière émise par le Soleil met environ 8 minutes pour nous parvenir. Si le Soleil s’arrêtait de briller, on ne s’en apercevrait que 8 minutes après.

Plusieurs milliers de systèmes exoplanétaires ont déjà été détectés dans l’espace depuis le premier en 1995, mais celui-ci provoque un enthousiasme particulier.  C’est le système le plus proche physiquement de la Terre, avec des planètes qui lui ressemblent et qui sont alignées.

Trois des planètes, la e, la f et la g,  sont situées dans la zone habitable  de Trappist-1, leur étoile, c’est-à-dire ni trop proches ni trop éloignées d’elle, offrant des températures adéquates pour que de l’eau liquide existe à leur surface. 

Le système « Trappist-1 est unique, confirme  Olivia Lim, doctorante à l’Université de Montréal. Toutes les conditions, ou presque toutes, y sont favorables pour la recherche de vie à l’extérieur de notre système solaire. »

Toutefois, si vie il y avait, elle pourrait être bien différente de ce que l’on connaît sur Terre, car la rotation des planètes sur elles-mêmes et leur révolution autour de Trappist-1 pourraient être synchrones. Comme pour la Lune par rapport à la terre, pour laquelle on voit toujours la même face, l’étoile ne verrait qu’une seule face des planètes. Ce serait alors le jour éternel pour cette face et la nuit éternelle pour l’autre. »

Par ailleurs, grâce à ses instruments perfectionnés, James Webb va pouvoir déterminer si ces planètes possèdent une atmosphère et, si elle existe, sa composition. Ceci parce que en observant les planètes lorsqu’elles transitent autour de l’étoile, c’est-à-dire alors qu’elles passent devant l’étoile par rapport à nous, à chaque passage d’une planète devant Trappist-1, James Webb pourra observer la baisse de luminosité de l’étoile, mais aussi décomposer sa lumière, par spectroscopie, comme un arc-en-ciel décompose la lumière du Soleil en plusieurs couleurs.

En multipliant les observations, James Webb pourra donc identifier l’éventuelle présence  de biomarqueurs, soit la présence d’un gaz ou d’une combinaison de gaz, méthane et hydrogène qu’on détecterait dans son atmosphère et qu’on ne puisse pas expliquer par autre chose que la présence d’une forme de vie.

09/09/2022. La menace de la fonte des glaciers antarctiques

Le continent antarctique est la plus grosse réserve de glace de la planète. Quelque 98 % de sa surface sont recouverts d’une couche de glace d’une épaisseur moyenne de 1,6 km. C’est pourquoi la morphologie du sous-sol antarctique reste encore peu connue voire inconnue, alors que petit à petit se dévoile la présence de lacs subglaciaires et de chaînes de montagnes subglaciaires comme celle de Gamburtsev. Cette épaisseur de glace fait de l’Antarctique le continent dont l’altitude moyenne est la plus élevée.

L’Antarctique est le continent dont le climat est le plus froid, le plus sec et le plus venteux. Puisqu’il n’y tombe que peu de précipitations, excepté sur ses parties côtières où elles sont de l’ordre de 200 mm/an, l’intérieur du continent constitue le plus grand désert du monde. À part les bases scientifiques, il n’y a pas d’habitat humain permanent et l’Antarctique n’a pas de population autochtone connue.

Le glacier Thwaites, l’un des glaciers les plus massifs d’Antarctique, mesure plus de 120 kilomètres de large pour une longueur de 600 km (l’équivalant d’un tiers de la France). Il ferait plus de 3 km de haut. En vue de sa taille, il constitue un élément clé pour le maintien de l’équilibre géoclimatique de la planète. Il possède en effet une position stratégique, notamment à l’ouest de l’Antarctique à l’entrée de plusieurs vallées situées en dessous du niveau de la mer. De ce fait, il joue le rôle d’une sorte de barrière, empêchant les autres glaciers de céder et de dériver.

Cependant, en retraçant son histoire, les glaciologues ont remarqué qu’au gré des épisodes de réchauffement par lesquels notre planète est passée, Thwaites serait particulièrement sujet aux changements en comparaison aux autres glaciers. En raison de sa fonte, il serait aujourd’hui responsable de 4% de la hausse des niveaux des mers chaque année, un chiffre qui pourrait passer à 25% en considérant l’accélération du réchauffement climatique. D’après les scientifiques, il serait maintenant dans une phase d’effondrement « rapide ».

Signalons que le concept de « niveau des mers » n’est guère précis. Disons pour simplifier qu’une hausse annuelle de 25% de ce niveau se traduirait par une hausse de quelques centimètres du niveau de la haute mer moyenne. En quelques années des ports comme New-York ou Marseille deviendraient inutilisables sans des travaux considérables.

Référence

Rapid retreat of Thwaites Glacier in the pre-satellite era

https://www.nature.com/articles/s41561-022-01019-9#article-info

Abstract

Understanding the recent history of Thwaites Glacier, and the processes controlling its ongoing retreat, is key to projecting Antarctic contributions to future sea-level rise. Of particular concern is how the glacier grounding zone might evolve over coming decades where it is stabilized by sea-floor bathymetric highs. Here we use geophysical data from an autonomous underwater vehicle deployed at the Thwaites Glacier ice front, to document the ocean-floor imprint of past retreat from a sea-bed promontory. We show patterns of back-stepping sedimentary ridges formed daily by a mechanism of tidal lifting and settling at the grounding line at a time when Thwaites Glacier was more advanced than it is today. Over a duration of 5.5 months, Thwaites grounding zone retreated at a rate of >2.1 km per year—twice the rate observed by satellite at the fastest retreating part of the grounding zone between 2011 and 2019. Our results suggest that sustained pulses of rapid retreat have occurred at Thwaites Glacier in the past two centuries. Similar rapid retreat pulses are likely to occur in the near future when the grounding zone migrates back off stabilizing high points on the sea floor.

Spatial. Le projet SPECULLOS

Ce projet, visant à identifier des planètes proches de la Terre et susceptibles d’héberger de la vie, est encore peu connu.

On lira ci-dessous la réédition d’un article que vient de publier le site Trustmyscience
https://trustmyscience.com/decouverte-2-exoplanetes-potentiellement-habitables-situees-a-100-annees-lumiere/

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Depuis 1995, des centaines d’exoplanètes ont été détectées, révélant que la plupart des étoiles de notre galaxie hébergent leur propre système planétaire. Certains d’entre eux abritent des planètes situées dans la zone habitable de leur étoile, ce qui motive la quête spatiale d’autres formes de vie. Récemment, une équipe internationale a découvert deux super-terres dans la zone habitable de la naine rouge LP 890-9. L’une d’entre elles pourrait être la deuxième exoplanète la plus habitable découverte à ce jour.

À l’ère du télescope spatial James Webb, les exoplanètes terrestres tempérées transitant par des naines rouges, ultra-froides, offrent des opportunités uniques pour caractériser leurs atmosphères, ainsi que pour la recherche des biosignatures de gaz. L’objectif est de comprendre à quelle fréquence et dans quelles conditions la vie peut apparaître.

C’est dans ce but que le projet SPECULOOS (« Search for habitable Planets EClipsing ULtra-cOOl Stars ») a été créé. Bien que SPECULOOS ait démarré officiellement ses opérations scientifiques en 2019, il a été initié en 2011 comme enquête prototype ciblant une cinquante des naines rouges les plus brillantes du côté sud avec le télescope TRAPPIST Sud. Ce prototype d’enquête a conduit à la découverte du système TRAPPIST-11, composé de sept planètes telluriques transitant par une naine ultra-froide M8V proche.

La découverte de ce système de référence a provoqué une vague d’études de suivi théoriques et observationnelles, de sorte que les planètes TRAPPIST-1 sont aujourd’hui les planètes terrestres les mieux étudiées en dehors de notre système solaire. En effet, les auteurs de cette découverte déclaraient en 2017 dans un communiqué : « Le système Trappist-1 est le plus grand trésor de planètes de taille terrestre jamais détectées autour d’une seule étoile ».

Récemment, une équipe internationale de scientifiques, menée par Laetitia Delrez, astrophysicienne à l’Université de Liège, vient d’annoncer la découverte de deux planètes de type « super-Terre » en orbite autour d’une étoile naine rouge sombre, TOI-4306. Il s’agit de la deuxième étoile la plus froide autour de laquelle des planètes sont détectées, après TRAPPIST-1, située à une centaine d’années-lumière de notre Terre. Ces planètes rocheuses sont légèrement plus grandes que la Terre et semblent habitables. D’ailleurs, l’une d’elles pourrait être la deuxième exoplanète la plus habitable découverte à ce jour. Ces travaux sont publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics.

Découverte en synergie

Cette détection de deux super-Terres tempérées transitant par l’étoile naine voisine LP 890-9 fut fortuite. En effet, la planète la plus intérieure (TOI-4306.01) a été détectée pour la première fois par TESS. Cette annonce a déclenché une surveillance photométrique intensive depuis l’Observatoire Sud SPECULOOS, qui a conduit à la découverte d’une deuxième planète en transit à plus longue période, auparavant non détectée par TESS.

Concrètement, la première planète a une taille d’environ 30% supérieure à celle de la Terre et réalise une orbite complète autour de l’étoile en seulement 2,7 jours, bien trop rapide pour y maintenir la vie. Les chercheurs de l’ULiège ont utilisé leurs télescopes terrestres SPECULOOS pour confirmer et caractériser cette planète, et aussi sonder le système en profondeur à la recherche d’autres planètes.

Laetitia Delrez, chargée de recherches FNRS au sein des unités de recherche Astrobiology et STAR (Faculté des Sciences) de l’ULiège, et auteure principale de l’étude, explique dans un communiqué : « TESS recherche des exoplanètes par la méthode des transits, en surveillant la luminosité de milliers d’étoiles simultanément, à l’affut de petites baisses de flux lumineux qui pourraient être causées par le passage de planètes devant leurs étoiles ».

Cependant, l’utilisation de télescopes terrestres est primordiale pour confirmer le caractère tellurique des découvertes et permettre des mesures précises de la taille et des propriétés orbitales. Ce suivi est particulièrement important dans le cas d’étoiles très froides, telles que LP 890-9, qui émettent leur lumière principalement dans le proche infrarouge et pour lesquelles TESS n’a qu’une sensibilité limitée.

C’est pourquoi les télescopes SPECULOOS, dirigés par l’ULiège et installés au sein de l’Observatoire Européen Austral (ESO) de Paranal au Chili (SPECULOOS sud) et à l’Observatoire du Teide à Ténérife (SPECULOOS nord), visent à détecter les planètes terrestres éclipsant certaines des étoiles les plus petites et les plus froides du voisinage solaire. Ils sont dotés de caméras très sensibles dans le proche infrarouge.

Michaël Gillon, maître de recherches FNRS, co-directeur de l’unité de recherches Astrobiology de l’ULiège, déclare : « Le but de SPECULOOS est de rechercher des planètes terrestres potentiellement habitables en transit autour des étoiles les plus petites et froides du voisinage solaire, comme le système planétaire TRAPPIST-1, que nous avons découvert en 2016 grâce à un projet pilote avec notre télescope TRAPPIST-Sud ».

Une planète proche des caractéristiques de la Terre

Ainsi, les observations via SPECULOOS ont permis de confirmer la première planète, mais aussi d’en détecter une deuxième comme mentionnée précédemment. Cette seconde planète, LP 890-9c (renommée SPECULOOS-2c par les chercheurs de l’ULiège), a une taille semblable à la première — environ 40% supérieure à la Terre —, mais présente une période orbitale plus longue, d’environ 8,5 jours. Cette période orbitale, confirmée par la suite avec l’instrument MuSCAT3 à Hawaï, place la planète dans la zone dite « habitable » autour de son étoile.

Francisco J. Pozuelos, chercheur à l’Institut d’Astrophysique d’Andalousie, souligne : « Bien que cette planète soit très proche de son étoile, à une distance environ 10 fois inférieure à celle de Mercure autour de notre soleil, la quantité de rayonnement stellaire qu’elle reçoit reste faible, et pourrait permettre la présence d’eau liquide à la surface de la planète, pour autant qu’elle ait une atmosphère suffisante ».

Cette présence potentielle d’eau liquide serait principalement due au fait que l’étoile LP 890-9 est environ 6,5 fois plus petite que le Soleil et qu’elle a une température de surface deux fois moins élevée. De facto, même si la planète est plus proche, elle présente tout de même des «conditions propices à la vie ».

Par la suite, les chercheurs veulent étudier ce système, notamment SPECULOOS-2c, grâce au télescope spatial James Webb afin de caractériser son atmosphère, comme ce fut le cas récemment pour l’exoplanète WASP-39b. Comme le précise Laetitia Delrez, contrairement aux planètes du système TRAPPIST-1, il faut tenir compte du fait que « LP 890-9c est située à proximité de la limite intérieure de la zone habitable et pourrait par conséquent avoir une atmosphère particulièrement riche en vapeur d’eau, ce qui boosterait alors ses signaux atmosphériques ».

Les auteurs concluent : « La découverte de LP 890-9c offre une opportunité unique de pouvoir mieux comprendre et contraindre les conditions d’habitabilité autour des étoiles les plus petites et froides de notre voisinage solaire ».

Source : Astronomy & Astrophysics

08/09/2022. Guerre en Ukraine. Une nouvelle bipolarisation du monde

Lors d’une réunion agitée les 22/23 juin 2022, le Conseil Européen a accepté que l’Ukraine et la Moldavie déposent leur candidature à l’Union Européenne. La Georgie s’est fait reconnaître une « perspective européenne ».

Un mois après l’Albanie et la Macédoine du Nord ont été engagées à poursuivre leur procédure d’admission. Enfin les six pays des Balkans qui avaient fait acte de candidature plusieurs années auparavant ont vu leur candidature acceptée. Il s’agit de l’Albanie, la Bosnie Herzegovine, le Kosovo, le Montenegro, la Macédoine du Nord et la Serbie.

La simplification des procédures d’accession a également été reconnue. Rappelons qu’il s’agit pour le pays candidat de prouver qu’il satisfait aux Critères de Copenhague concernant notamment le respect de la règle de droit, des droits humains, de la protection des minorités et des règles de l’économie de marché. Ensuite l’accession des nouveaux membres doit être votée à l’unanimité des Etats-membres.

Il est clair que si l’on voulait utiliser plus efficacement l’Union européenne pour faire barrage à l’influence de la Russie, cette simplification s’imposait.

Dans le même temps, Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping s’apprêtent à se rencontrer en Ouzbékistan, la semaine prochaine.

La visite est symbolique. Pour se première grande sortie à l’étranger, Xi Jinping ne choisit pas Joe Biden mais Vladimir Poutine. Des bruits couraient dans les chancelleries concernant une volonté d’indépendance de la Chine à l’égard de la Russie. Mais pour le moment, il semble qu’il n’en soit rien.