08/09/2022..Combien d’êtres conscients dans l’univers connu?

Chaque jour, le miroir de 6,5 mètres du JWST observe et communique les images de sources aussi variées que des galaxies ou des étoiles apparues dans le premier milliard d’années de l’Univers, des amas de galaxies plus proches, des supernovæ, des exoplanètes, des planètes de notre système solaire, des comètes ou des astéroïdes…Ainsi un article de l’astrophysicien Hervé Dole, dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract commente la présence hypothétique du plus lointain proto-amas de galaxies jamais repéré, 600 millions d’années après le Big Bang.

Un proto-amas est un regroupement de galaxies qui deviendra un véritable amas des millions d’années plus tard, avec beaucoup de gaz intergalactique chaud en son sein
https://www.sciencesetavenir.fr/espace/univers/decouverte-du-plus-long-filament-de-gaz-intergalactique_150316). 

Une observation plus récente provenant d’une équipe internationale pilotée par l’université de Californie à Santa Cruz, qui a détecté pour la première fois la présence de dioxyde de carbone dans une atmosphère d’exoplanète, Wasp-39b, à 700 années-lumière de la Terre, et que Nature a publié le 29 août
.https://www.nature.com/articles/d41586-022-02350-2

Cette planète, surnommée un Jupiter chaud, est trop chaude pour pouvoir abriter la vie. Mais le dioxyde de carbone est considéré comme une biosignature, pouvant révéler la présence antérieure d’une forme de vie analogue à la nôtre.

Pour résumer ce sont des milliards de milliards de planètes qui ont du constituer ou constituent encore l’univers visible. Sur ces planètes ont du se trouver ou se trouvent encore un nombre incommensurable d’êtres vivants dotés de cerveaux et consécutivement de conscience. Peut-on penser qu’ils se représentent celle-ci comme le font les croyances religieuses ou les neurosciences terrestres?

Référence

A lensed protocluster candidate at z=7.66 identified in JWST observations of the galaxy cluster SMACS0723-7327

https://doi.org/10.48550/arXiv.2208.04930

N. LaporteA. ZitrinH.DoleG. Roberts-BorsaniL.J. FurtakC. Witten

According to the current paradigm of galaxy formation, the first galaxies have been likely formed within large dark matter haloes. The fragmentation of these massive haloes led to the formation of galaxy protoclusters, which are usually composed of one to a few bright objects, surrounded by numerous fainter (and less massive) galaxies. These early structures could have played a major role in reionising the neutral hydrogen within the first billion years of the Universe; especially, if their number density is significant. Taking advantage of the unprecedented sensitivity reached by the James Webb Space Telescope (JWST), galaxy protoclusters can now be identified and studied in increasing numbers beyond z≥ 6. Characterising their contribution to the UV photon budget could supply new insights on the reionisation process. We analyse the first JWST dataset behind SMACS0723-7327 to search for protoclusters at z≥6, combining the available spectroscopic and photometric data. We then compare our findings with semi-analytical models and simulations. In addition to two bright galaxies (≤26.5 AB in F277W), separated by ∼11\arcsec and spectroscopically confirmed at zspec=7.66, we identify 6 additional galaxies with similar colors in a θ∼20\arcsec radius around these (corresponding to R∼60−90 kpc in the source plane). Using several methods, we estimate the mass of the dark matter halo of this protocluster, ∼4×1011M⊙, consistent with various predictions. The physical properties of all protocluster members are also in excellent agreement with what has been previously found at lower redshifts: star-formation main sequence and protocluster size. This detection adds to just a few protoclusters currently known in the first billion years of the universe. Such z≥7 galaxy protoclusters may play an important role in cosmic reionisation.

30 Aug 2022

 

07/09/2022 La guerre entre les États-Unis et l’OTAN contre la Russie

La guerre entre les États-Unis et l’OTAN contre la Russie, provoquée initialement par la volonté américaine de poursuivre l’encerclement de la Russie en intégrant l’Ukraine dans l’alliance, n’est pas prêt de se terminer. La guerre a déjà entraîné la mort de dizaines de milliers de soldats et de civils ukrainiens, la mort de dizaines de milliers de soldats russes et l’effondrement de la vie économique ukrainienne.

Les principaux bénéficiaires du conflit sont les entrepreneurs américains et européens du secteur de la défense, qui enregistrent les plus grosses commandes depuis des décennies. S’y ajoutent les entreprises américaines du secteur de l’énergie, qui ont augmenté leurs exportations de gaz et de pétrole sur le marché européen à des prix records.

Malgré le désastre économique qui menace l’Europe, les États-Unis ne font qu’intensifier leur engagement dans la guerre. La Maison-Blanche vient de demander lundi au Congrès d’allouer 11 milliards de dollars supplémentaires à la guerre en Ukraine, ce qui vient s’ajouter aux 50 milliards de dollars déjà alloués à ce jour. Il est devenu indéniable que la Maison-Blanche est en train de supprimer presque toutes les restrictions qui subsistent quant à l’implication des États-Unis dans cette guerre.

Dans un article intitulé «Pourquoi les États-Unis deviennent plus audacieux dans leur soutien à l’Ukraine» (Why the US is becoming more brazen with its Ukraine support, https://vpk.name/en/629058_why-is-the-us-becoming-more-brazen-in-its-support-of-ukraine.html), The Hill https://thehill.com/ indique que «le gouvernement Biden arme l’Ukraine avec des armes qui peuvent causer de sérieux dommages aux forces russes. Contrairement au début de la guerre, les responsables américains ne semblent pas inquiets de la réaction de Moscou».

L’article cite William Taylor, ancien ambassadeur américain en Ukraine, qui a déclaré: «Au fil du temps, le gouvernement a reconnu qu’il pouvait fournir aux Ukrainiens des armes de plus gros calibre, plus performantes, à plus longue portée et plus lourdes. Les Russes n’ont pas réagi…. Le gouvernement Biden s’en est inquiété au début – et il s’en inquiète encore dans une certaine mesure – mais la crainte de provoquer les Russes a diminué».

L’article note que le mois dernier, «des responsables de la défense ont déclaré que les États-Unis enverraient pour la première fois à l’Ukraine des drones de surveillance ScanEagle, des véhicules MaxxPro lourdement blindés qui résistent aux mines et des systèmes de missiles antichars guidés TOW, ainsi que diverses nouvelles munitions». Ces éléments s’ajoutent aux missiles antiradiation à grande vitesse AGM-88, ainsi qu’à une augmentation massive du nombre de systèmes de missiles à longue portée HIMARS (High Mobility Artillery Rocket Systems) .

The Hill ajoute: «À l’avenir, de nombreux reportages indiquent que les États-Unis prévoient d’envoyer prochainement des munitions d’artillerie Excalibur à guidage de précision: des armes qui peuvent parcourir jusqu’à 70 kilomètres et qui aideraient les Ukrainiens à cibler les positions et les postes de commandement russes difficilement accessibles».

L’article cite un responsable américain anonyme qui a déclaré: «Je pense que les responsables américains en matière militaire, ainsi que la communauté du renseignement, sont d’instinct plus tournés vers l’avant et plus agressifs qu’auparavant… Nous avons beaucoup plus d’espace de notre côté pour prendre des mesures qui aideront l’Ukraine sans avoir une peur injustifiée de la façon dont Poutine va réagir».

Pendant ce temps, les médias américains applaudissent l’offensive ukrainienne dans le sud de l’Ukraine, que la Maison-Blanche utilise comme prétexte pour étendre considérablement la participation américaine à la guerre. À ce jour, les États-Unis ont fourni des centaines de drones et d’avions, des centaines de véhicules, des dizaines de milliers de missiles et des millions de cartouches de munition. Mais comme le précise The Hill, cela n’est qu’un acompte alors que les États-Unis préparent une intervention «plus agressive» dans la guerre.

(Adaptation d’un article du World Socialist Web Site paru en anglais le 6 septembre 2022

06/09/2022 Le megalodon aurait pu facilement dévorer une baleine de 8m de long

C’est ce qu’affirme une reconstruction en 3D de ce prédateur géant. Il devait mesurer jusqu’16m de long et peser plus de 60tonnes

Des chercheurs du Royal Veterinary College (Grande Bretagne) ont reconstitué ce requin en utilisant des dents et des vertèbres fossilisées et en utilisant un logiciel ayant précédemment servi à estimer la taille du Tyrannosaurus Rex.

L’image 3D en résultant donnerait une idée convenable de ce qu’était ce requin, vu de l’extérieur et de l’intérieur. Il apparaît qu’il devait avoir besoin de 20 fois plus de calories par jour que le moderne Grand Requin Blanc. Cinq coups de mâchoire seulement lui aurait permis de le dévorer. Son extinction a du avoir un important impact sur les équilibres entre espèces.

Pour en savoir plus, voir l’article référencé ci-dessous

The extinct shark Otodus megalodon was a transoceanic superpredator: Inferences from 3D modeling

SCIENCE ADVANCES
17 Aug 2022
Vol 8, Issue 33
DOI: 10.1126/sciadv.abm9424

Abstract

Although shark teeth are abundant in the fossil record, their bodies are rarely preserved. Thus, our understanding of the anatomy of the extinct Otodus megalodon remains rudimentary. We used an exceptionally well-preserved fossil to create the first three-dimensional model of the body of this giant shark and used it to infer its movement and feeding ecology. We estimate that an adult O. megalodon could cruise at faster absolute speeds than any shark species today and fully consume prey the size of modern apex predators. A dietary preference for large prey potentially enabled O. megalodon to minimize competition and provided a constant source of energy to fuel prolonged migrations without further feeding. Together, our results suggest that O. megalodon played an important ecological role as a transoceanic superpredator. Hence, its extinction likely had large impacts on global nutrient transfer and trophic food webs.



06/09/2022 Que cherchent ceux qui décident de bombarder la centrale de Zaporiija? Un nouveau Tchernobyl?

Rappelons que le site industriel de la centrale nucléaire ukrainienne dite ZNPP Zaporizhzhia Nuclear Power Plant ou Zaporiija subit des bombardements constants, au risque de provoquer une catastrophe. Depuis plusieurs semaines, Russes et Ukrainiens s’accusent mutuellement de ces bombardements.

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) doit rendre, mardi 6 septembre, son rapport sur la situation de la centrale nucléaire occupée par les forces russes.  Rafael Grossi publiera un rapport sur la situation en matière de sûreté, sécurité et garanties en Ukraine comprenant notamment les constatations de sa mission à Zaporijjia et il rendra compte au Conseil de sécurité de l’ONU de la mission menée à la centrale. Dés que ces éléments seront rendus publics, nous verrons s’il y a lieu ici de les commenter.

La centrale dispose de 6 réacteurs alimentés avec de l’uranium 235. Depuis mars le site est sous contrôle de l’armée russe, mais celle-ci en a laissé la maintenance aux équipes ukrainiennes habituelles.

Les bombardements ne visent pas directement les dômes des réacteurs, construits selon des normes dites VVER.1000 adoptées après la catastrophe de Tchernobyl. Leur épaisseur de plus de 2M doit en principe les protéger d’impacts directs. Mais le bombardements de leurs services annexes et des lignes électrique qu’ils alimentent provoque régulièrement des incendies pouvant mettre en péril la centrale elle-même. Il est inévitable de débrancher les réacteurs

C’est désormais le cas concernant le dernier réacteur encore en fonctionnement à Zaporijia. L’opérateur d’État ukrainien Energoatom a annoncé lundi sur Telegram que le sixième réacteur de cette centrale nucléaire ukrainienne, qui est aussi la plus grande d’Europe, a été débranché du réseau ce lundi. 

C’est un « incendie provoqué par un bombardement » qui a endommagé une ligne électrique reliant ce réacteur au réseau ukrainien, d’où son débranchement, a expliqué l’opérateur sur son réseau social. Il a aussi précisé que les forces russes, qui occupent la centrale, ont mené « au cours des trois derniers jours » un « bombardement intensif de la zone autour de la centrale ».

05/09/2022 Ukraine, l’incertitude de la guerre.

A ce jour, l’ « incertitude de la guerre » (fog of war) pèse sur les chances de succès de la contre-offensive ukrainienne pour reprendre le contrôle de la région de Kherzon après 6 jours d’occupation russe. Le silence pèse sur les média. Tout ce que l’on en sait à Kiev sont les sirènes des ambulances évacuant des blessés et les appels aux dons de sang.

Le président ukrainien Volodomir Zelinsky ne parle de plus de reconquérir le terrain perdu mais de contenir l’offensive russe. Quant à l’état-major russe, il insiste sur les difficultés de réapprovisionnement, notamment en munitions et en carburant, qui l’obligent à ralentir son opération.

Les médias américains s’appuient sur ces déclarations pour justifier les milliards de dollars d’armement envoyés en Ukraine par les Etats-Unis. Mais ils ne disent pas que le Pentagone se demande de plus en plus si ces matériels atteignent bien leurs destinataires, compte tenu des prélèvements clandestins qu’ils subissent tout au long des chaînes de transport et de distribution.

L’hiver venant, et il vient tôt dans ces régions, beaucoup d’experts prévoient une pause d’au moins 6 mois dans l’offensive russe et les contre-offensives ukrainiennes, les deux parties se retranchant chacune sur ses positions. Ceci veut dire que les populations civiles qui n’ont pu être évacuées et que nul n’approvisionnera mourront par milliers. Ceci malgré les cris d’indignation de la Croix-Rouge internationale.

95/09/2022 Le cosmisme russe

Beaucoup d’Européens se demandent comment la Russie contemporaine peut développer de nouvelles technologies révolutionnaires, telles que le missile hypersonique « intelligent » Zircon, tout en restant en profondeur fidèle au refus d’une science se voulant transhumaniste ou post-humaine

On peut trouver la réponse à cette question dans une philosophie spiritualiste russe traditionnelle nommée le cosmisme. Vladimir Poutine qui en touts circonstances multiplie les signe de croix ne se réfère pas au catholicisme romain, mais au cosmisme russe.;.

Le numéro de novembre 2020 de la revue du Club d’Izborsk vise à démontrer l’opposition entre cosmisme et science transhumaniste. Le transhumanisme y est présenté comme le prolongement du progressisme évolutionniste, visant à émanciper l’individu des contraintes de la nature humaine par son hybridation avec la machine. Le cosmisme, au contraire, est décrit comme une quête eschatologique de spiritualisation de l’humanité, guidée par une interprétation littérale des promesses bibliques de résurrection.

Si les auteurs russes publiés par le du Club d’Izborsk critiquent la foi scientiste dans l’amélioration technique de l’homme, ils refusent aussi la technophobie bioconservatrice ou écologiste. Le cosmisme leur sert ainsi de fondement à une idéologie de synthèse qu’ils intitulent « traditionalisme technocratique », et qui allie modernité technologique et conservatisme religieux.

Cette idéologie permet de retrouver les héritages de l’histoire russe en revendiquant à la fois la puissance technologique et industrielle de l’Union soviétique et les valeurs traditionnelles orthodoxes de la Russie tsariste. Plus encore, le président du Club d’Izborsk, Aleksandr Prokhanov, écrivain et rédacteur en chef du journal de droite Zavtra, emploie la formule « cosmisme-léninisme » pour soutenir que le sens profond de l’utopisme industrialiste de Lénine émanait de la « doctrine des cosmistes russes » et la prolongeait. La réinvention de l’héritage cosmiste produit ainsi un récit national unifié qui répond à la volonté du régime de Vladimir Poutine d’oblitérer les conflits mémoriels en affirmant l’« indivisibilité » et la « continuité » de l’histoire russe.

Par ailleurs, le cosmisme est promu par les membres du Club d’Izborsk comme fondement d’un « nouveau projet global de développement alternatif que la Russie pourrait exprimer et proposer ». Le mariage de la science moderne et du traditionalisme politique vise ici à contredire les théories occidentales classiques de la modernisation, qui prévoient que le développement économique entraîne la convergence des sociétés vers un même modèle politique de démocratie libérale. À contre-courant du libertarianisme et du cosmopolitisme qu’ils attribuent à la Silicon Valley, les idéologues du Club font l’apologie de la modernisation stalinienne, emmenée par un État autoritaire et une économie dirigiste et collectiviste.

En remplacement de l’idéal déchu de la société bolchevique, le cosmisme permet de renouveler une conception impérialiste et messianiste de la finalité de la science. Les grands projets scientifiques promus par le Club (exploration spatiale et sous-marine, développement de l’Arctique, recherche sur l’amélioration des capacités humaines) ont ici partie liée avec la défense de la « civilisation » russe et de sa « sécurité spirituelle ». La science devient ainsi le vecteur de réalisation du « rêve russe », qui doit s’exporter et se substituer au rêve américain en opposant au transhumanisme les « idéaux du cosmisme russe » et d’une « science spirituelle ». Le Club d’Izborsk est inséré dans des réseaux de pouvoir influents qui lui permettent de propager ses idées. En juillet 2019, le président du Club Aleksandr Prokhanov était ainsi invité au Parlement pour présenter son film « La Russie – nation du rêve », dans lequel il promouvait sa vision d’une mythologie nationale scientifique et spirituelle.

Le Club d’Izborsk est également proche de figures clés des élites conservatrices – l’oligarque monarchiste Konstantin Malofeev ou encore Dmitri Rogozine, le directeur de l’Agence spatiale Roscosmos. Enfin, il a ses entrées au cœur du complexe militaro-industriel. Témoin de ces liens, un bombardier stratégique porteur de missiles Tupolev Tu95-MC fut baptisé du nom du Club, « Izborsk », en 2014.

En outre, les références au cosmisme imprègnent les discours des plus hautes autorités. Valeri Zorkine, le président de la Cour constitutionnelle, citait récemment un fervent propagateur du cosmisme, Arseni Gulyga (1921-1996), pour inciter à élargir le sens de la destinée commune du peuple russe, inscrite dans le préambule de la Constitution, à une signification globale tournée vers le « salut universel ».

Le cosmisme s’érige ainsi en mythologie nationale qui répond aux deux impératifs du régime russe actuel : la course à la puissance et la définition d’un imaginaire politique alternatif à la modernité occidentale.

Référence

Merci à The Conversation
https://theconversation.com/le-cosmisme-une-mythologie-nationale-russe-contre-le-transhumanisme-

04/09/2022. Réchauffement climatique et hausse de l’océan antarctique

L’Antarctique est un continent à part entière situé dans l’hémisphère Sud et recouvert d’une calotte glaciaire à près de 98 %. On y trouve sous la glace des montagnes pouvant culminer jusqu’à 4 900 mètres d’altitude, la hauteur du Mont Blanc.. L’épaisseur de cette glace peut dans certaines régions dépasser 1,6 km

Aujourd’hui, avec le réchauffement climatique une partie de cette glace risquera de fondre. Ceci entraînera une hausse substantielle du niveau des mers, aussi bien dans l’hémisphère sud qu’à terme et dans une moindre mesure dans l’hémisphère nord. Cependant la fonte du glacier antarctique sera un phénomène beaucoup plus complexe que la fonte de l’Arctique.

Une étude publiée dans la revue Science, référencée ci-dessous, relate la mise au jour d’un gigantesque réservoir d’eau souterrain sous la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental. Une découverte qui pourrait bouleverser l’estimation des conséquences du changement climatique. Une équipe scientifique américaine s’est intéressée au sous-sol de l’Antarctique occidental. En profondeur, prise entre la roche mère et la glace mouvante, une couche de sédiments très anciens renfermerait d’importante quantités d’eau salée.

Les auteurs de l’étude expliquent que les sédiments qu’ils ont détecté auraient été formés lorsque des boues et des sables océaniques se sont retrouvés saturés d’eau de mer, il y a plusieurs milliers d’années (5000-7000 ans environ), à une période où la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental était beaucoup moins étendue qu’aujourd’hui.

Selon les chercheurs, si l’on pouvait extraire toute cette eau et la rassembler à la surface, le niveau des mers augmenterait d’environ 600 mètres.

Pour eux, de telles réserves d’eau dans les sédiments ne seraient pas présentes uniquement dans leur zone d’étude, mais également à d’autres endroits sous la calotte Antarctique. Ce qui aurait, le cas échéant, des implications majeures pour les modèles qui servent à anticiper les effets du réchauffement climatique.

Ces réservoirs souterrains auraient en effet le potentiel de modifier l’écoulement de la glace en surface : si les sédiments absorbent l’eau douce qui serpente entre les blocs de glace au-dessus d’eux, ils empêchent celle-ci de s’accumuler à l’interface, freinant ainsi le glissement des blocs. Mais si en revanche la calotte glaciaire s’affine, alors, la pression exercée sur les sédiments diminue. Ces derniers peuvent par conséquent relâcher l’eau qu’ils contiennent, favorisant le glissement des glaces et la vitesse de leur fonte.

L’équipe compte désormais mener une étude similaire mais cette fois-ci, au niveau du glacier Thwaites. De la taille de la Grande-Bretagne ou de la Floride, ce glacier fait l’objet d’une surveillance accrue de la part de chercheurs américains et britanniques, en raison de sa vitesse de fonte – qui a doublé au cours des 30 dernières années – laissant craindre une contribution significative à la hausse du niveau de la mer et à la montée des eaux sur les côtes.

Référence

SCIENCE VOL. 376, NO. 659 3
A DYNAMIC SALINE GROUNDWATER SYSTEM MAPPED BENEATH AN ANTARCTIC ICE STREAM

Shallow, dynamic subglacial water systems provide lubrication that facilitates the movement of overlying ice. But are these thin layers the whole story? Gustafson et al. show that the subglacial sediments beneath Whillans Ice Stream in West Antarctica are saturated with a mixture of fossil seawater and freshwater from the glacier (see the Perspective by Chu). This groundwater, extending downward for more than a kilometer, contains more than 10 times as much fluid volume as the shallow hydrologic system above and actively exchanges with it. Therefore, it has the potential to modulate ice streaming and subglacial biogeochemical reactions.

Abstract

Antarctica’s fast-flowing ice streams drain the ice sheet, with their velocity modulated by subglacial water systems. Current knowledge of these water systems is limited to the shallow portions near the ice-bed interface, but hypothesized deeper groundwater could also influence ice streaming. Here, we use magnetotelluric and passive seismic data from Whillans Ice Stream, West Antarctica, to provide the first observations of deep sub–ice stream groundwater. Our data reveal a volume of groundwater within a >1-kilometer-thick sedimentary basin that is more than an order of magnitude larger than the known subglacial system. A vertical salinity gradient indicates exchange between paleo seawater at depth and contemporary basal meltwater above. Our results provide new constraints for subglacial water systems that affect ice streaming and subglacial biogeochemical processes.

03/09/2022. Le Gaz Naturel Liquéfié LNG devrait dominer le marché de l’énergie ces 50 prochaines années

A l’âge de la lutte contre le réchauffement climatique, le Gaz Naturel Liquéfié LNG produit en brûlant beaucoup moins de gaz à effets de serre que le charbon et le pétrole. Inutile d’ajouter qu’il est bien plus facile à utiliser que l’énergie nucléaire. Il est de plus en plus souvent qualifié d’énergie verte, à condition que les installations soient convenablement surveillées pour éviter les fuites de méthane.

Les scénarios actuels prévoient que vers 2050 il satisfera de 20 à 25% des besoins en énergie primaire, ceci alors que la part du charbon et du pétrole ne cessera pas de décliner.

La région indo-pacifique devrait représenter la moitié de la demande de LNG en 2025. La demande européenne augmentera également, d’une façon difficile à préciser, en fonction des sanctions imposées aux achats de gaz russe par les Etats-Unis et des contre-sanctions décidées par le Kremlin.

Ces circonstances sont favorables aux projets de gazoducs visant à faciliter l’exportation de gaz russe vers l’Asie du sud-est et notamment le Turkmenistan. Le président de Gazprom Alexis Miller vient de s’en entretenir avec le président Turkmène Serdar Berdimuhamedov .

Au delà de l’Inde et du Turkmenistan, ce gazoduc pourrait intéresser l’Afghanistan (Aujourd’hui dirigée par les Talibans) et le Pakistan. Il est déjà nommé TAPI (Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan-India pipeline).

Selon Gazprom, la Russie dispose de réserves de gaz dans les gisements du Yamal, en Sibérie du Nord-Ouest permettant une exploitation d’au moins 100 ans aux rythmes actuels.

Notes

  1. Voir FOX Business August 29, 2022 Taliban closes in on gasoline deal with Russia
    Taliban in negotiations with Russia for wheat, gas and oil supplies
    https://www.foxbusiness.com/energy/taliban-closes-gasoline-deal-russia

2. Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_naturel_liqu%C3%A9fi%C3%A9

03/09/2022 De combien les centrales nucléaires françaises augmentent-elles le réchauffement climatique ?

Au moment où le gouvernement francais envisage de mettre en service dans les prochaines années au moins cinq nouvelles centrales nucléaires, les partisans des centrales à énergies renouvelables (Hydraulique. Eolienne. Solaire. Biomasse, Géothermique) font valoir que celles-ci sont seules capables de produire de l’électricité sans contribuer sensiblement au réchauffement climatique. Ils reprochent aux pouvoirs publics français de céder aux pression du « lobby nucléaire » en ne fermant pas le plus tôt possible, soit dans les 15 à 25 ans les centrales nucléaires en service, pour les remplacer par du renouvelable.

Pour savoir de quoi l’on parle, il est intéressant de se reporter aux évaluations concernant les rejets en mer d’eau chaude provenant du refroidissement des centrales nucléaires en fonctionnement

Voir https://dcsmm.milieumarinfrance.fr/content/download/5185/file/MMN_PI_12_Modification_regime_thermique.pdf .pdf oir

On lit par exemple dans ce document (résumé)

La sous-région marine Manche-mer du Nord compte 5 centrales thermiques de production d’électricité situées sur le littoral, dont 4 nucléaires et une au charbon . Chaque centrale comprend plusieurs unités de production indépendantes.

Les rejets thermiques des centrales sont effectués selon deux modes : • rejets au large (Flamanville, Paluel et Penly) • rejets à la côte ou vers un port (Gravelines et Le Havre respectivement).

Les rejets thermiques sont constitués d’eau de mer, pompée pour refroidir les condenseurs des turbines à vapeur de chaque unité de production. Les débits de rejet de chaque unité de production varient pour le nucléaire entre 45 m3 ·s-1 (unités existantes) et environ 60 m3 ·s-1 (nouveaux réacteurs EPR). Après échauffement dans le condenseur, l’eau est acheminée vers un « puits de rejet », puis transite dans une galerie souterraine jusqu’à un ouvrage de rejet coiffé d’un diffuseur, débouchant sur le fond marin, à plusieurs centaines de mètres de la côte dans les zones de fort courant. Ce dispositif permet une bonne dilution de l’échauffement produit par chaque unité de production .

Pour les CNPE (centrale nucléaire de production d’électricité) une réglementation spécifique est déclinée dans des décisions administratives relatives aux prises d’eau et rejets. Ces décisions sont élaborées sur la base d’études d’impact détaillées faisant l’objet d’une consultation du public. L’objet de cette réglementation et des surveillances associées est de garantir l’absence d’échauffement préjudiciable au milieu récepteur, dès le voisinage immédiat du rejet.

Les contrôles portent d’une part sur l’étude du panache thermique (mesures in situ des températures et modèles de simulation numérique) et d’autre part sur un programme de surveillance écologique et halieutique annuel.

Les valeurs limites imposées sont assez homogènes, ainsi pour les sites nucléaires :
• l’écart de température entre l’eau prélevée et l’eau réchauffée ne doit pas dépasser 15 °C (12 °C pour Gravelines) ;
• de novembre à mai, la température de l’eau de mer à la sortie immédiate du rejet en mer doit être inférieure à 30 °C (35 °C de juin à octobre) ;
• la température de l’eau de mer à proximité des rejets à un point fixé dans les décisions administratives doit toujours être inférieure à 30 °C. De plus, des situations spécifiques temporaires telles que l’indisponibilité d’une pompe du circuit de refroidissement ou le nettoyage de la station de pompage ont été intégrées dans les arrêtés.

Les situations visées peuvent conduire à un échauffement temporaire plus important avec une puissance thermique plus faible (car le débit est alors plus faible). Le respect de cette réglementation fait l’objet de contrôles réguliers par EDF.

Le respect des températures réglementées dans le milieu récepteur a été démontré pour chaque site par des campagnes de mesures réalisées avant puis après la mise en service des unités de production (thermographes immergés, et thermographies aériennes). Ces mesures ont en outre permis d’étalonner dans les années 1980 et 1990 des modèles hydrodynamiques de rejet permettant de réaliser des simulations de la tache thermique, y compris dans le champ lointain du rejet, en tenant compte des conditions de marée et environnementales.

02/09/2022 Comment se procurer sur Mars même l’oxygène nécessaire aux futures missions

Alors que les médias français discutent interminablement du poids qu’ont pris les marabouts africains parmi certains membres de l’équipe de France de football, bien peu abordent l’exploit que représente pour l’humanité le fait qu’un appareil révolutionnaire placé à bord de Perseverence, le nouveau robot à 6 roues de la Nasa récemment débarqué sur le sol de la planète Mars, ait réussi à extraire de l’oxygène à partir du gaz carbonique (CO2) qui constitue l’essentiel de l’atmosphère ténue de la planète. Cet appareil, est nommé Mars Oxygen In-Situ Resource Utilization Experiment (MOXIE).

Sa réalisation a été financée conjointement par les Space Technology Mission Directorate (STMD) et le Human Exploration and Operations Mission Directorate de la Nasa. Il apportera des éléments à la station météorologique dite Mars Environmental Dynamics Analyzer. (MEDA)

Des lors que des cosmonautes humains seront débarqués sur Mars, ils auront besoin d’oxygène pour respirer. Il serait impensable que ceux-ci l’apportent avec eux de la Terre. Outre aux humains, l’oxygène sera indispensable pour participer à la propulsion des fusées de retour sur la Terre. Il faut donc le produire sur place. .L’actuel MOXIE peut produire 4,6 grammes d’oxygène à l’heure, de quoi permettre 10 minutes d’activité à un humain. Une équipe de 4 cosmonautes désirant séjourner 1 an sur Mars aurait besoin d’1 tonne d’oxygène pour vivre. La fusée de retour nécessitera 7 tonnes de carburant et 25 tonnes d’oxygène.

Embarquer un convertisseur plus puissant que MOXIE qui pèserait environ 1 tonne et pourrait produire en 1 an 25 tonnes d’oxygène serait plus économique que transporter ces 25 tonnes de la Terre. Encore faudrait-il qu’il supporte des températures de 800 degrés Celsius nécessaires à son fonctionnement. Pour ce faire, MOXIE est fabriqué à partir de pièces imprimées en nickel qui refroidissent les gaz les traversant.

MOXIE ne sera pas le premier appareil fabriquant de l’oxygène dans l’espace. Ce sera le premier utilisant les ressources de la planète d’accueil pour ce faire, ce que la Nasa nomme que le in-situ resource utilization.