Nous avons souvent rappelé ici que la fusion nucléaire constituera dans quelques années une source d’énergie majeure, dépassant en performance les énergies renouvelables. La France abrite à Cadarache le centre de recherche internationale ITER au sein duquel collaborent activement une vingtaine de pays. ITER ne sera pas lui-même un centre de production mais de mise en commun d’expériences à partir de leurs propres tokamaks de recherche.
Le rapport cité en référence, dont nous publions l’abstract, concerne une avancée importante vers la fusion nucléaire du tokamak sud-coréen KSTAR sur lequel repose le projet Kepko Korea Superconducting Tokamak Advanced Researchhttps://home.kepco.co.kr/kepco/EN/G/htmlView/ENGFHP006.do?menuCd=EN070706
KSTAR est un Tokamak situé à Daejeon en Corée du Sud. Il doit contribuer aux efforts de recherches sur le confinement magnétique du plasma pour le projet ITER. Le projet a été approuvé en 1995 et la construction du KSTAR s’est achevée le 14 septembre 2007 pour une première mise en route en juin 2008.
Les chercheurs sud-coréens ont annoncé avoir réussi une réaction de fusion à très haute température. La température était celle nécessitée par un réacteur en vraie grandeur. Le plasma ainsi créé a été conservé stable pendant 30 secondes. C’est là un exploit jamais réussi jusqu’à présent. S le plasma avait touché ne fut-ce qu’une fraction de seconde les parois du réacteur, il se serait brutalement refroidi en détériorant tout l’équipement.
Les techniques de confinement magnétique utilisées jusqu’à présent pour conserver le plasma au centre du dispositif sont beaucoup plus approximatives :
Edge transport barrier ETB ou Internal transport barrier ITB
Les chercheurs utilisèrent au KSTAR une barrière de type ITB améliorée qui augmente la température au centre du plasma et la refroidir vers l’extérieur. Ils réussirent à arrêter la réaction au bout de 30 secondes pour mieux l’étudier ultérieurement et mettre au point pour l’avenir des parois de réacteur à base de tungstène. Il faudra sans doute imaginer une procédure utilisant la technique dite des conducteurs superioniques ou fast-ion conduction permettant d’extraire la chaleur produite pour lui donner des applications utiles (voir https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rsta.2019.0451)
A sustained high-temperature fusion plasma regime facilitated by fast ions
Nuclear fusion is one of the most attractive alternatives to carbon-dependent energy sources. Harnessing energy from nuclear fusion in a large reactor scale, however, still presents many scientific challenges despite the many years of research and steady advances in magnetic confinement approaches. State-of-the-art magnetic fusion devices cannot yet achieve a sustainable fusion performance, which requires a high temperature above 100 million kelvin and sufficient control of instabilities to ensure steady-state operation on the order of tens of seconds. Here we report experiments at the Korea Superconducting Tokamak Advanced Research device producing a plasma fusion regime that satisfies most of the above requirements: thanks to abundant fast ions stabilizing the core plasma turbulence, we generate plasmas at a temperature of 100 million kelvin lasting up to 20 seconds without plasma edge instabilities or impurity accumulation. A low plasma density combined with a moderate input power for operation is key to establishing this regime by preserving a high fraction of fast ions. This regime is rarely subject to disruption and can be sustained reliably even without a sophisticated control, and thus represents a promising path towards commercial fusion reactors.
Nous lisons le 22 mars 2022 dans Libération : « Pour conclure, Poutine n’a tout de même pas pu s’empêcher d’agiter de nouveau la menace nucléaire : «Si l’intégrité territoriale de notre pays est menacée, nous utiliserons certainement tous les moyens à notre disposition pour défendre la Russie et notre peuple. Ce n’est pas du bluff.»
En relisant ces propos tels que rapportés par Libération, nous n’y voyons pas d’allusion à une menace nucléaire précise formulée par Poutine contre l’Occident. D’ailleurs le porte parole de l’ambassade russe interrogé par Radio-France le 21 au soir n’a pas voulu confirmer ce propos.
Cela peut se comprendre. L’Ukraine et l’est de la Russie sont si proches que les vents d’ouest-nord-ouest dominants en été rapporteraient inévitablement tous les rejets nucléaires provenant d’une explosion atomique russe vers l’envoyeur. Il en serait de même de l’emploi d’armes atomiques de faible puissance. L’une de celles-ci suffirait à rayer de la carte une ou deux villes frontières russes.
Quant à utiliser un missile balistique intercontinental ICBM pour frapper l’Europe ou les Etats-Unis, Dieu merci, personne ne l’envisage à Moscou, autant que l’on sache.
Le conflit en Ukraine pourrait connaître dans les prochains jours une escalade considérable. Mardi 20 septembre, les républiques séparatistes prorusses de Louhansk et de Donetsk, dans le Donbass, ont annoncé la tenue, du 23 au 27 septembre, de référendums sur leur territoire visant à approuver leur rattachement à la Fédération de Russie. Les autorités des régions de Kherson et de Zaporijjia les ont suivi quelques heures plus tard, annonçant un scrutin aux mêmes conditions. Ce rattachement fait que Moscou pourra les considérer comme des provinces russes et réagir en conséquence si elles étaient attaquées par Kiev
Peu auparavant, le 18 septembre, après une réunion à Samarkande du sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (SCO ou OCS https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coop%C3%A9ration_de_Shanghai), Vladimir Poutine et XI Jinping qui participaient à la réunion (virtuelle pour cause de pandémie) purent affirmer sans être contredits que les Etats-Unis méritaient de figurer parmi les Etats terroristes car ils armaient et finançaient l’Ukraine dans la guerre dite du Donbass que l’Ukraine menait contre la Russie. Ils traitèrent de mensonges les tortures et les exécutions sommaires dénoncées par l’Occident et attribuées à la Russie.
Rappelons que l’OCS promeut depuis l’origine une doctrine des relations internationales clairement démarquée de la vision occidentale. La vision occidentale met avant tout l’accent sur la démocratie, les droits de l’homme et le libéralisme économique. De son côté, selon les termes employés par le ministère des Affaires étrangères de la Chine, l’OCS respecte les principes de base suivants : « l’adhésion aux buts et principes de la Charte des Nations unies, le respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chacun, la non-ingérence dans les affaires intérieures de chacun, l’égalité entre tous les États membres et le règlement de toutes les questions par la négociation »
Ces principes, souvent qualifiés d’« esprit de Shanghai », constituent selon les déclarations de l’OCS la base d’un nouveau modèle de sécurité et de coopération régionale, d’État à État, respectueux des différences et sans alignement forcé sur les positions des États les plus puissants
Nous republions ici un article de Paul Craig Robert PaulCraigRoberts.org publié le 26 septembre 2022 en anglais
As readers know, I have been concerned for many years that Russia’s toleration of endless insults and provocations would continue to encourage more and worst provocations until red lines are crossed that result in direct conflict between the two major nuclear powers. All these years the Kremlin, unable to understand, or to accept, that its role as Washington’s enemy #1 was set in stone, relied on a strategy of zero to minimal responses in order to undercut the image of a dangerous and aggressive Russia set on restoring the Soviet Empire.
This diplomatic strategy, like Russia’s Ukraine strategy, has completely failed.
The Kremlin’s disastrous Ukraine strategy began when the Kremlin paid more attention to the Sochi Olympics than it did to Washington’s overthrow of the Ukraine government. The Kremlin’s mistakes were put on an accelerating path when the Kremlin refused the Donbass’ request to be reunited with Russia like the former Russian province of Crimea. This left the Donbass Russians, formerly a part of Russia, to suffer persecution by Ukraine’s Nazi militias, shelling of civilian areas, and partial occupation by Ukrainian forces from 2014 until February, 2022 when the Russian Army began clearing Donbass of Ukrainian forces in order to prevent a prepared Ukrainian invasion of the Donbass republics. Having waited 8 years to act, the Kremlin now faced a large, western trained and equipped army plus fanatical Nazi regiments.
One would have thought that by this time the Kremlin would have learned from its extraordinary mistakes and realized that, finally, it needed to demonstrate that it was provoked. Without any question, what was called for was a Russian attack that closed down Ukraine, destroying the government, all civilian infrastructure and ending the conflict immediately. Instead, the Kremlin compounded its mistakes. It announced a limited intervention, the purpose of which was to clear Ukrainian forces out of Donbass. It left the government and civilian infrastructure of its enemy untouched, thereby enabling its enemy to resist the intervention on highly favorable terms.
To be clear, there is no doubt that the Russians can clear Donbass of Ukrainian forces and have about completed the task. The Kremlin’s mistake was not realizing that the West would not permit the intervention to be limited.
The Kremlin warned the West about interfering in the operation, declaring that if the US and NATO got involved, Russia would regard those countries as “combatants.” But the West got involved, slowly and carefully at first to test the waters and then more and more aggressively as what the West originally expected would be at most a week long conflict is now in its seventh month with the Kremlin again talking about negotiation with Zelensky and the Russian advance apparently on hold. Far from treating the NATO countries as combatants, the Kremlin still provides Europe with energy to the extent that Europe permits Russia to do so. High Russian officials have spoken as if proving Russia to be a reliable energy supplier is more important than the lives of its soldiers fighting against western trained and equipped Ukraine forces supplied by European countries whose armaments industries are running on Russian energy.
I correctly predicted that Russian half measures would result in the widening of the war.
Here is the opening sentence of the report and some excerpts:
“The Biden administration is arming Ukraine with weapons that can do serious damage to Russian forces, and, unlike early in the war, U.S. officials don’t appear worried about Moscow’s reaction.”
“’Over time, the administration has recognized that they can provide larger, more capable, longer-distance, heavier weapons to the Ukrainians and the Russians have not reacted,’ former U.S. Ambassador to Ukraine William Taylor told The Hill.
“’The Russians have kind of bluffed and blustered, but they haven’t been provoked. And there was concern [over this] in the administration early on — there still is to some degree — but the fear of provoking the Russians has gone down,’ added Taylor, who is now with the U.S. Institute of Peace.”
“’We were a bit more careful at first … not knowing if Putin would find and attack supply lines and convoys, not being sure if he would escalate, and also not being sure if Ukraine could use what we have [given] them or hold out for long against Russia,’ said Michael O’Hanlon, a military analyst at the Washington, D.C.-based think tank Brookings Institution.”
“Since June, the U.S. has steadily been increasing High Mobility Artillery Rocket Systems to the country, which American service members have trained Ukrainian troops to use in batches.
“Looking ahead, multiple reports have indicated that the U.S. plans to soon send Excalibur precision-guided artillery munitions — weapons that can travel up to 70 kilometers and would help the Ukrainians target dug-in Russian positions and command posts.
“Part of the shift in messaging can be attributed to the fact Kyiv defied international expectations and did not quickly fall when Russia first attacked, according to Nathan Sales, a former State Department official who most recently served as the acting undersecretary for civilian security, democracy and human rights.”
As I said would be the case, the Kremlin’s limited operation was seen in the West as a half measure that provided the West with the opportunity to widen the war. Now with winter approaching the conflict is widening with shipments of long range powerful weapons capable of attacking Donbass, Crimea, and other parts of Russia from western Ukraine that was spared Russian invasion.
As I also said would be the case, by lengthening the war with its go-slow tactics in order to minimize civilian casualties, a noble intent, Russia gave the West the opportunity to characterize the Russian intervention as running out of steam from exhausted munitions and high Russian casualties. The picture of Russian failure has had the effect I expected of making the West more confident about its combatant role. Here are excerpts from The Hill’s report confirming that:
“Another part of the equation: Recent intelligence that indicates Russia is feeling the sting of Western-imposed sanctions and a military service force that is dwindling in power as the war wears on.
“Last month, Reuters reported that major Russian airlines such as Aeroflot have grounded their planes so they can be stripped for spare parts, taking components from some of their planes to keep others airworthy.
“And facing losses on the battlefield, Putin last month sought to boost Russia’s combat personnel by more than 130,000 troops by eliminating the upper age limit for new recruits and encouraging prisoners to join.
“U.S. officials think the effort is ‘unlikely to succeed.’”
“Taken altogether, the intelligence paints a picture of a country [Russia] struggling to maintain its own institutions, much less fire back at Western nations for aiding Ukraine.
“’I think the instincts of the people in the departments and agencies, particularly State and Defense and the intelligence community, I think their instincts are to be more forward leaning and more aggressive,’” one former senior government official said.
“’We have a lot more space on our side, I think, to take actions that will assist Ukraine without being unjustifiably afraid of how Putin is going to respond,’ they added.”
One can reason that the Kremlin made all these mistakes because it did not want to scare more of Europe into NATO by demonstrating its military prowess in a lightening conquest of Ukraine. But it is Russia’s halfway measures that have given Finland and Sweden the confidence to join NATO as they see no threat to themselves from being NATO members. A devastating Russian blow to Ukraine would have caused all of Europe to rethink NATO membership as no European country would want to face the prospect of war with Russia. Instead, what the Kremlin has produced is a British prime minister who is prepared to engage Russia in nuclear war, and a NATO that intends to keep the Ukrainian conflict going.
A careless or hostile reader might conclude from my article that I am an advocate of Russian military success. To the contrary, I am an advocate of minimizing the risk of nuclear war. Steven Cohen and I are the two who from the beginning saw how Washington’s interference in Ukraine with the overthrow of the government charted a course that could end in nuclear Armageddon. Cohen was reviled by his own liberal-left, and I was declared a “Putin dupe/agent.”
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L’article a été republié en Russe
Пол Робертс: «Ограниченная операция Кремля была воспринята на Западе как полумера» Москва зря миндальничает с Киевом, надо бить по мостам, дорогам, правительственным зданиям, считает американский политолог
L’euro numérique est défini par la Banque Centrale Européenne, sur son site www.ecb.europa.eu/paym/digital_euro/html/index.fr.html comme étant un moyen de paiement équivalent aux billets en euros, mais sous une forme dématérialisée.
Cette monnaie électronique serait émise par l’Eurosystème (la BCE et les banques centrales nationales de la zone euro) et accessible à tous, les ménages comme les entreprises. Elle existerait parallèlement aux espèces, sans les remplacer, et constituerait une solution de paiement supplémentaire, plus facile à utiliser, tout en contribuant à l’accessibilité et à l’inclusion des migrants.
Contrairement aux crypto-monnaies telles que le Bitcoin, l’ethereum ou encore les stable coins, dont les prix sont souvent volatils, et qui ne sont pas garantis par une institution publique, l’euro numérique serait digne de confiance, car garanti par une banque centrale.
Le 17 Juillet 2022, la Banque Centrale Européenne (BCE), a dévoilé les cinq acteurs qui participeront à des travaux sur l’euro numérique. Amazon figure parmi les candidats retenus. C’est une annonce qui n’a pas manqué de faire réagir sur les questions de la souveraineté.
Les travaux en question consisteront à développer des prototypes pour les interfaces utilisateurs de cet euro-numérique. Dans le cadre de sa phase d’investigation, la BCE avait lancé un « appel à la manifestation d’intérêt » en avril dernier. Parmi les 54 candidats, voici les cinq entités retenues :
La société bancaire espagnole CaixaBank ;
Le spécialiste du paiement italien Nexi ;
La multinationale française Worldline, également spécialiste du paiement ;
L’European Payments Initiative (EPI) ;
Amazon.
Cette dernière aura à charge de proposer une solution axée sur le paiement dans le commerce électronique.
Une partie de la communauté financière française s’est montrée réticente à la présence du géant du Web américain dans cette liste. En effet, cela réactive le débat sur la souveraineté européenne, ainsi que cette dépendance technologique à des acteurs américains.
On sait qu’Amazon domine en France le secteur du commerce électronique. Elle dispose de dizaines de millions d’information sur les vendeurs et les acheteurs. Ses nouvelles compétences en matière d’euro numérique augmenteront encore son pouvoir., y compris son pouvoir politique. Ce n’est évidemment pas le cas des autres entités.
Ajoutons qu’Amazon informe directement la CIA américaine sur les affaires et les personnes qui intéressent cette dernière.
Vladimir Poutine était présent au sommet (virtuel, Covid 19 oblige) des BRICS le jeudi 23 juin. Les cinq Etats constituant ce mouvement: Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud ont confirmé l’utilité, selon eu, de cette entente. On sait que la Russie avait beaucoup fait pour constituer ce mouvement comme une alternative à l’Otan piloté par Washington. Mais contrairement à l’Otan, les Brics n’ont pas d’ambitions militaires .
Vladimir Poutine a rappelé qu’« un rôle de meneur de la part des pays des BRICS est plus que jamais nécessaire pour élaborer une politique unificatrice, positive, visant à créer un système mondial réellement multipolaire ». Même thème pour le président chinois, Xi Jinping : « Notre sommet aujourd’hui arrive à un moment crucial pour choisir l’avenir de l’humanité. En tant que marchés émergents clés et pays en développement, nous, les pays des BRICS, devons assumer nos responsabilités. »
Le communiqué final relate qu’ils ont abordé la « situation en Ukraine » et appelé à des discussions entre Moscou et Kiev. Pour ces chefs d’Etat, pas question de boycotter la Russie, ce qui risquerait de renforcer l’inflation et l’insécurité alimentaire. Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a souligné l’inquiétude en Afrique à ce sujet : « Nous sommes préoccupés par le fait que l’attention et les ressources de la communauté internationale ont été détournées d’autres conflits et crises humanitaires. »
Pour sa part, Vladimir Poutine a dénoncé le « cynisme » des Occidentaux sur les risques de crise alimentaire, le vendredi 24 juin, lors d’un « Dialogue de haut niveau sur le développement global » rassemblant les dirigeants des BRICS et ceux d’autres pays (Algérie, Argentine, Cambodge, Egypte, Indonésie, Sénégal).
On désigne généralement du terme de monde bipolaire un monde où deux catégories de grandes puissances se répartissent les pouvoirs. Ces pouvoirs sont d’abord politiques : capacité de définir puis d’imposer un ordre international commun à un groupe de nations trop faibles pour pour faire reconnaître leur droit à l’indépendance. Ces pouvoirs sont aussi économiques. Ils permettent d’accéder aux ressources terrestres avant les rivaux, et donc de choisir la façon dont ces puissances consommeront ces ressource ou les transformeront, soit pour leur marchés intérieurs soit pour l’exportation. Il s’ensuit nécessairement enfin que ces pouvoirs sont aussi militaires car généralement aucun des pouvoirs précédemment énumérés ne s’obtient sans faire appel à la force des armes.
Au 20e siècle le monde n’avait rien de bipolaire, il était, si l’on peut employer cette expression, monopolaire. Initialement, c’étaient les puissances européennes qui s’étaient partagées ces pouvoirs, Allemagne, Royaume uni et France avant 1945. Mais, à la suite des deux guerres mondiales, celles-ci s’étaient épuisées. Ce furent les Etats-Unis, riches de ressources considérables, qui s’arrogèrent la direction du monde. Le monde devint monopolaire sous la direction des Etats-Unis.
Cependant la Russie s’était donné en 1917 un régime dit communiste qui dès cette date n’avait pas reconnu le droit que s’étaient arrogés les Etats-Unis et leurs alliés pour définir l’ordre mondial. Après de nombreuses difficultés, que nous n’évoquerons pas ici, la Russie réussit à se donner une force militaire suffisante pour tenir tête au monde monopolaire que Washington et ses alliés européens voulaient imposer aux autres puissances.
Il parut évident à tous les gouvernements, s’ils voulaient éviter une troisième guerre mondiale qui serait mortelle pour tous, arme nucléaire aidant, qu’il fallait reconnaître le concept de monde bipolaire. Il y aurait le pôle occidental et le pôle russo-chinois, la Chine dans l’intervalle s’étant sur certains points, alliée avec la Russie. La cinquantaine d’Etats qui s’étaient dits précédemment non alignés, seraient obligés de choisir un camp.
Ceci fut fait. Cependant au sein du pôle occidental, la domination des Etats-Unis est devenue insupportable pour beaucoup. C’est notamment le cas pour la France et dans une moindre mesure, pour l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. Dans ces pays, l’hypothèse d’un troisième pôle, si l’on peut dire, est de plus en plus envisagée. D’autres Etats dans le monde la verraient eux-aussi avec faveur. Au sein de ce pôle pourraient être conduites des actions intéressant l’ensemble de la planète et donc l’ensemble des Etats.
On citera la prévention coordonnée contre les grandes pandémies, la lutte contre les effets du réchauffement climatique, la protection des milieux naturels menacés, une exploration raisonnée de l’espace et des astres proches.
Sur le site russe Natsionalnaya Oborona (National Defense) Sergey Naryshkin, chef des services de renseignement russes, vient de publier un essai relatant les hauts faits de la CIA ces cinquante dernières années. Le titre de cet essai, 75 bougies sur le gâteau d’anniversaire de la CIA 75 candles on the CIA Cake ne doit tromper personne. Il s’agit de rappeler que si la Russie est efficace, notamment pour monter ce que les milieux du renseignement nomment des « coups tordus », la CIA américaine ne l’est pas moins.
Il y a quarante ans, Naryshkin venait d’être diplômé de la Felix Dzerzhinsky Higher School du KGB alors que Poutine travaillait dans les services du KGB à Leningrad. Ils firent connaissance et convinrent de renforcer l’influence de l’URSS dans le monde . Pour cela, la meilleure arme de Naryshkin fut de dénoncer non seulement les mensonges délibérés de la CIA, mais aussi ses erreurs.
La plus étonnante de celles-ci se produisit lorsque la CIA annonça le 20 septembre que la première bombe atomique russe exploserait à la mi-1953 alors que 22 jours auparavant, l’Union soviétique avait réussi avec succès l’explosion d’un engin nucléaire. Plus connu fut le fait que la CIA n’avait pas prévu que Poutine annoncerait en mars 2018 au Parlement Russe qu’il possédait un missile hypersonique pratiquement invulnérable. On peine à imaginer que de telles réalisations mobilisant inévitablement de nombreux ingénieurs, aient pu se faire sans que la CIA n’en ait eu vent.
Cependant, le nombre des gouvernements renversés à la suite d’interventions discrète d’agents de la CIA est bien supérieur au nombre de ses erreurs. Le premier exemple en a été le renversement du Premier ministre iranien Mohammed Mossadegh dès qu’il voulut nationaliser les champs de pétrole iranien. La CIA devint très vite un agent à tout faire de l’impérialisme américain.
Ce fut, selon Naryshkin, Allan Dulles https://fr.wikipedia.org/wiki/Allen_Dulles qui fut le premier responsable de cette transformation. Il introduisit à la CIA une agressivité tous azimuts et un manque de sens moral qui avait déjà caractérisé ce même Dulles à Berne en 1942-45 quand il fut chef de station de l’OSS prédécesseur de la CIA où il n’hésita pas à négocier avec les Nazis.
L’essai de Sergey Naryshkin mentionne la liste interminable des coups d’état, interventions militaires directes, assassinats, sabotages, enlèvements. auxquels participât la CIA.
Le Président Lyndon Johnson connaissait tout cela. Il n’avait pas hésité à qualifier la CIA de damné syndicat du meurtre, « damn murder corporation » mais il ne fit rien pour l’en empêcher.
Au contraire lui et ses successeurs fermèrent les yeux lorsqu’il apprirent que des laboratoires financés par la CIA avait « probablement » contribué au cancer de la thyroide de Kirchner (Argentine), du lymphome de Lugo (Paraguay, du cancer du larynx de Lula da Silva (Brésil), du lymphome de Dilma Roussef, du cancer de la trachée de Hugo Chavez (Vénézuéla) et bien entendu des 8 tentatives d’assassinat par empoisonnement microbien menées contre Fidel Castro entre 1960 et 1965.
Particulièrement vulnérable aux conséquences du réchauffement climatique, le Pakistan, peuplé de 220 millions d’habitants, fait face depuis mi-juillet à une mousson particulièrement violente.
Pour les Etats occidentaux confrontés depuis des mois au sein de leurs populations musulmanes à un terrorisme islamique qui prend ses meilleurs appuis au Pakistan, les difficultés climatiques actuelles de ce pays seront plutôt une bonne nouvelle.
Faut-il rappeler que Imran Khan, nommé Premier ministre en 2018, avait fondé le parti islamique PTI (Pakistan Tehreek-e-Insaf ou Mouvement du Pakistan pour la Justice). Celui-ci avait mis en place, non seulement au Pakistan, mais aussi en Inde, un réseau de corruption pratiquant aussi le soutien au terrorisme islamique qui avait plongé le pays dans une crise permanente.
Ses contacts avec la Chine, avec laquelle il collabore en vue d’une campagne de dédollarisation des échanges bilatéraux, ne passent pas non plus inaperçus, surtout auprès des Américains.
Ce n’est pourtant pas à cette impopularité nationale ou internationale qu’il convient d’attribuer la chute de son gouvernement en 2022, mais à des erreurs politiques dont la principale a été de défier la puissante armée pakistanaise, notamment sur la question de la nomination du futur commandant en chef de l’ISI (Inter Service Intelligence).
Alors que les condamnations occidentales se multiplient contre les Russes, Khan se rend à Moscou où il rencontre Vladimir Poutine le jour même de l’invasion et annonce la neutralité du Pakistan.
Ses contacts étroits avec la Chine, avec laquelle il collabore en vue d’une campagne de dédollarisation des échanges bilatéraux, ne passent pas non plus inaperçus, surtout auprès des Américains.
Tout laisse penser que dans les mois et années à venir, une crise humanitaire de grande ampleur attend le Pakistan. La destruction massive des récoltes annonce déjà une insécurité alimentaire accrue. Outre la faim, la population risque également d’être confrontée à la propagation de maladies liées à la contamination des eaux. Dans ces conditions, des pertes humaines additionnelles sont à prévoir
On sait que le Pakistan dispose de l’arme nucléaire balistique intercontinentale