05/03/2022 Poutine organisera-t-il une crise énergétique majeure en Europe ?

Les économies européennes sont de plus en plus consommatrices d’énergie, principalement sous forme d’électricité. Cette énergie provient d’abord de la consommation de pétrole et de gaz dans des centrales classiques. Mais elle provient aussi des centrales nucléaires sur le modèle des centrales françaises. On ne mentionnera pas les sources d’énergie renouvelables dont la production est encore marginale.

Concernant le pétrole et le gaz russes, qui par exemple satisfont aujourd’hui environ 40% des besoins de l’Allemagne, Poutine n’a pas encore décidé, à titre de contre-sanctions, de fermer les robinets. Mais il est prévisible qu’il le fera dans les jours qui viennent, soit délibérément soit en conséquence de son offensive actuelle en Ukraine, qui détruiront les installations par lesquelles transite le gaz russe exporté vers l’Europe.

Concernant les centrales nucléaires, il pourra très facilement bombarder les générateurs ukrainiens, comme l’a montré l’accident récent survenu dans la centrale de Zaporijia. Même si le cœur des réacteurs, bien protégé, ne devrait pas devenir de nouveaux Tchernobyl, les centrales cesseraient de produire.

Comme l’Europe n’est pas à jour officiellement en guerre avec la Russie, elle ne devrait pas s’inquiéter. Mais ce ne serait plus le cas si elle entreprenait des actions jugées hostiles par Moscou.

Gaz russe. Nord Stream 2
Voir https://www.mediapart.fr/journal/international/280122/nord-stream-2-le-gazoduc-qui-ebranle-la-diplomatie-allemande

04/03/2022. Commencer à « voir » la matière noire

La matière noire ou matière sombre est une forme de matière qui n’a jamais pu être observée directement. D’où son nom. Néanmoins son existence hypothétique permet de rendre compte de certaines observations astrophysiques telles que la masse des galaxies ou les propriétés des fluctuations du fond diffus cosmologique

En ce qui concerne les origines et la composition de la matière noire, différentes hypothèses sont explorées  gaz interplanétaire, étoiles mortes,  naines brunes, trous noirs.etc. Dans le cadre du modèle cosmologique standard, celui-ci est dominé par la matière noire dont on suppose qu’elle est constituée de particules jamais vues sur Terre dans des accélérateurs ou des détecteurs. Elle ne peut interagir avec la matière standard et avec elle-même que par la gravitation.

Cette matière est quasi indispensable pour rendre compte des caractéristiques du rayonnement fossile, soit la première lumière de l’univers, qui a été émise 380 000 ans après le big bang, il y a donc plus de 13 milliards d’années. Elle est également indispensable pour comprendre l’existence des galaxies.

L’étude référencée ci-dessous, dont nous publions ici les références et l’abstract, indique que dans certaine conditions, il serait possible d’observer certains « halos évolutifs » de la matière noire ayant modelé les galaxies depuis l’origine de l’univers.

Référence

Astronomy et Astrophysique. Observational evidence of evolving dark matter profiles at z ≤ 1

Received: 18 July 2021 Accepted: 11 January 2022

Abstract

Context. In the concordance cosmological scenario, the cold collisionless dark matter component dominates the mass budget of galaxies and interacts with baryons only via gravity. However, there is growing evidence that the former, instead, responds to the baryonic (feedback) processes by modifying its density distribution. These processes can be captured by comparing the inner dynamics of galaxies across cosmic time.

Aims. We present a pilot study of dynamical mass modeling of high redshift galaxy rotation curves, which is capable of constraining the structure of dark matter halos across cosmic time.

Methods. We investigate the dark matter halos of 256 star-forming disk-like galaxies at z ∼ 1 using the KMOS Redshift One Spectroscopic Survey. This sample covers the redshifts 0.6 ≤ z ≤ 1.04, effective radii 0.69 ≤ Re[kpc] ≤ 7.76, and total stellar masses 8.7 ≤ log(Mstar [M]) ≤ 11.32. We present a mass modeling approach to study the rotation curves of these galaxies, which allow us to dynamically calculate the physical properties associated with the baryons and the dark matter halo. For the former we assume a Freeman disk, while for the latter we employ the NFW (cusp) and the Burkert (cored) halo profiles, separately. At the end, we compare the results of both cases with state-of-the-art galaxy simulations (EAGLE, TNG100, and TNG50).

Results. We find that the “cored” dark matter halo emerged as the dominant quantity from a radius 1–3 times the effective radius. Its fraction to the total mass is in good agreement with the outcome of hydrodynamical galaxy simulations. Remarkably, we found that the dark matter core of z ∼ 1 star-forming galaxies are smaller and denser than their local counterparts.

Conclusions. Dark matter halos have gradually expanded over the past 6.5 Gyrs. That is, observations are capable of capturing the dark matter response to the baryonic processes, thus giving us the first piece of empirical evidence of “gravitational potential fluctuations” in the inner region of galaxies that can be verified with deep surveys and future missions.

03/03/2022. Proposer à l’Ukraine d’entrer dans l’Union Européenne

Il suffit de regarder une carte de l’Otan pour comprendre que Vladimir Poutine se serait senti militairement encerclé si l’Ukraine était entré dans l’Otan. Or c’est bien cette entrée de l’Ukraine dans l’Otan que recherchait depuis des années les stratèges américains

L’expérience a montré que l’Otan, loin d’être une alliance défensive, comporte des membres qui avaient accepté sous les pressions américaines, qu’il y soit installé des plates-formes de lancement de missiles de plus en plus puissants. Ces missiles peuvent sans difficulté frapper Moscou et toutes les provinces occidentale de la Russie. L’entrée dans l’Otan d’une Ukraine acceptant de se soumettre à Washington aurait resserré l’étau.

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L’Otan n’avait plus de raison d’être. Or bien au contraire, l’Otan a non seulement continué à exister, mais elle passé du statut d’alliance défensive à celui d’outil au service de l’expansionnisme des États-Unis.

Profitant de l’état de délabrement de l’ex-république socialiste fédérative soviétique de Russie, les États-Unis ont fait avancer l’Otan vers l’Est. Tous les ex-alliés de l’URSS au sein du Pacte de Varsovie ont été intégrés à l’Otan entre 1990 et 2020, y compris Croatie et Slovénie qui faisaient partie de la Yougoslavie non-alignée avant sa destruction, ainsi que l’Albanie. L’Otan a même étendu son emprise sur les anciennes républiques baltes de l’URSS, ce qui fait qu’une région de la Russie, Kaliningrad, est totalement encerclée par l’Otan.

En ce qui concerne l’Ukraine elle-même il était très vite apparu après ces événements qu’elle était partagée entre partisans du maintien de l’alliance avec la Russie et ceux demandant un rapprochement avec les Etats-Unis et par conséquent avec l’Union européenne.

Sur ce point, il faut rappeler que, en novembre 2013, l’Ukraine avait renoncé à signer un accord d’association avec l’Union européenne et relancé, selon l’expression utilisée « un dialogue actif avec Moscou ». Ce revirement a entraîné d’importantes manifestations pro-européennes à Kiev rassemblant des centaines de milliers de personnes, l’occupation du Maïdan Nézalejnosti et de la mairie, avec comme mot d’ordre la démission du président de l’époque Viktor Ianoukovytch. Rapidement, Kiev, la capitale ukrainienne, s’est transformée en champ de bataille. La légitimité de Viktor Ianoukovytch a été d’autant plus remise en cause après la mort de 75 manifestants tués par balle le jeudi 20 février 2014. Le 22 février 2014, Ianoukovytch a quitté Kiev pour Kharkiv et le régime politique était renversé.

Alors que des rumeurs évoquaient sa démission, le président a démenti, il a refusé de démissionner, parlé d’un « coup d’État » qu’il a comparé à l’arrivée des Nazis en Allemagne. Quelques heures plus tard, le Parlement a voté sa destitution et fixe au 25 mai suivant la prochaine élection présidentielle. Dans le même temps la libération de l’ancienne Première Ministre Ioulia Tymochenko est votée et Oleksandr Tourtchynov est choisi pour diriger pour quelques mois l’Ukraine par intérim.

En fin de compte, ces affrontements ont fait au moins 82 morts chez les manifestants et 16 morts chez les forces de l’ordre. Après un bref passage par l’Est de l’Ukraine, le président déchu s’est réfugié en Russie. Un mandat d’arrêt a été lancé contre lui pour « meurtres de masse ».

Aujourd’hui, il semble que Vladimir Poutine ait voulu protéger la Russie d’une entrée de l’Ukraine dans l’OtanManifestement l’emploi de colonnes de chars comme argument politique a été malheureux. Il a entraîné l’effet contraire .

En riposte, la meilleure solution pour les Européens serait de proposer à l’actuel président ukrainien Volodymyr Zelensky d’entrer d’urgence dans l’Union européenne.

Rédaction provisoire à la date du 03/02, 21 h

02/03/2022. Offensive russe et inflation

Même si l’offensive russe contre l’Ukraine ne s’étend pas à d’autres pays européens, elle aura nécessairement un effet destructeur sur les économies européennes.

On peut raisonnablement penser que cette offensive ne prendra pas une forme nucléaire, même sous la forme minimum que serait l’utilisation d’armes nucléaires tactiques dite aussi de faibles intensité. Les unités au contact sont suffisamment rapprochées pour que l’armée russe puisse espérer avoir la possibilité d’échapper aux retombées de ses propres frappes, même si celles-ci se faisaient par le biais de tirs de missiles à longue portée.

Par contre, si l’offensive russe se poursuivait et s’intensifiait, elle pourrait prendre la forme de contre-sanctions qui auraient sur les économies européennes des effets inflationnistes que celles-ci supporteraient mal. La Russie, actuellement, fournit à l’Europe du pétrole, du gaz et des céréales qui sont indispensables à des pays tels que l’Allemagne. Une contre-sanction consistant à couper le robinet du gaz russe, par exemple, mettrait momentanément en difficulté l’économie de l’Allemagne qui avait refusé de se doter comme la France de centrales nucléaires.

Depuis plusieurs années, les pays européens ont mis en place des outils leur permettant de lutter contre la déflation. Une des causes de celle-ci est l’excédent de l’offre sur la demande, qui se traduit notamment par une baisse de l’emploi et une augmentation du chômage. Il convient donc de faire appel à des procédures de relance. La plus notable de celle-ci, au niveau de l’Etat, est le déficit budgétaire à petite dose. Celui-ci n’entraîne pas de réactions négative des citoyens.

Au contraire, si une inflation se mettait en place, elle nécessiterait des mesures destinées à redresser les comptes budgétaires. Il s’agirait notamment de diminuer les investissements publics et surtout augmenter les impôts sur la consommation. Les citoyens verraient ceci avec hostilité. Ce qui fragiliserait les gouvernements et limiterait leurs aptitudes à lutter contre une offensive russe qui se prolongerait.

01/03/2022 Offensive russe. Qu’en est-il de la Chine ?

Dans le conflit actuel, le soutien de la Chine à la Russie pourrait être décisif. Or il semble très relatif.

Si comme certains l’avaient envisagé, Pékin avait dès les premiers jours annoncé qu’il joignait ses forces à celles de la Russie dans l’offensive menée par cette dernière contre l’Ukraine occidentale et à terme contre l’Occident, ce soutien aurait pu être décisif. Ainsi se serait mis en place une union non seulement militaire et économique, mais également diplomatique engageant deux superpuissances (toutes deux disposant de l’arme atomique) ayant l’ambition de s’imposer à une partie de la terre.

Or à ce jour il n’en est encore rien. Opposé aux sanctions économiques contre la Russie, Pékin n’a pas les moyens de permettre à Moscou de les contourner totalement. L’Empire du milieu n’est pas le premier partenaire économique de Moscou, il pèse pour 15 % de ses exportations et 20 % de ses importations. C’est l’Union européenne (UE) qui détient ce titre avec 37 % des échanges commerciaux de la Russie en 2020, soit 3 fois celui de la Chine.

Malgré tout, les produits phares que la Russie exporte sont justement ceux dont Pékin est importateur, hydrocarbures et céréales. Au premier jour de la guerre, jeudi 24 février, les douanes chinoises ont ;annoncé qu’elles levaient les restrictions aux importations de blé russe mises en place jusque-là pour des raisons phytosanitaires. Une décision que Pékin a, selon les experts, surtout prise pour répondre à ses propres besoins. Mais qui revêt évidemment une portée symbolique considérable.

Par ailleurs, depuis 2019, un gazoduc dit Sila Sibiri (ou Power of Siberia, « force de Sibérie ») relie la Russie à la Chine. Par ce gazoduc et des livraisons de gaz GNL, Moscou a fourni, en 2021, 16,5 milliards de mètres cubes de gaz à la Chine. Un précédent contrat prévoyait la livraison de 38 milliards de mètres cubes par an à l’horizon 2025. Le 4 février, les deux pays ont annoncé l’achat par la Chine de 10 milliards de mètres cubes supplémentaires par an pendant vingt-cinq à trente ans grâce à un nouveau pipeline, Sila Sibiri 2, qui entrerait en activité à partir de 2030.

La Chine voit sans doute d’un bon œil une dépendance accrue de Moscou à son égard. Mais elle n’a aucun intérêt à sacrifier sa relation avec les Occidentaux. Jusqu’en 1992, le produit intérieur brut russe dépassait celui de la Chine. Depuis c’est l’inverse et l’écart ne cesse de croître. Le PIB chinois est près de dix fois supérieur au PIB russe. La Russie ne figure même pas parmi les dix principaux partenaires commerciaux de Pékin.

Selon un expert, « de nombreuses entreprises chinoises souffrent déjà du fait des sanctions. Si elles ne peuvent pas utiliser l’euro ou le dollar dans leurs affaires avec la Russie, elles vont y réfléchir à deux fois avant d’aider les entreprises russes »

01/03/2022 12h. Les nouvelles armes russes.

L’offensive de Vladimir Poutine contre l’Ukraine ne se limitera pas à l’envoi de colonnes de chars et à des bombardements classiques visant Kharkiv et d’autres villes importantes avant de se généraliser dans le cadre d’une attaque massive contre Kiev.

Cette offensive fera certainement appel aux armes dites de nouvelle génération que Moscou ne se cache pas de mettre au point et d’utiliser expérimentalement depuis plusieurs mois. C’est ainsi que les manœuvres militaires stratégiques entreprises le 20 février 2022 par Vladimir Poutine avaient mis en œuvre des moyens considérables. Il ne s’agissait pas seulement d’exercices de chars à la frontière avec l’Ukraine, pour impressionner l’Otan.

Ces manœuvres avaient impliqué le lancement de missiles balistiques et de missiles de croisières tous susceptibles de porter des charges nucléaires tactiques. Y ont participé l’armée de l’air et les flottes de la mer du Nord et de la mer Noire

Par ailleurs, un missile balistique Intercontinental ICBM avait été lancé du Cosmodrome de Plesetsk en Russie du NW, visant la péninsule du Kamchatka après une traversée de 5.700 km. Le sous-marin nucléaire Karelia avait de son côté envoyé un missile balistique R-29RMU depuis la mer de Barentz en Arctique et visant le Kamchatka.

Les unités et les sous-marins des flottes de la Mer Noire et de la Mer du Nord avaient enfin lancé en vraie grandeur plusieurs exemplaires de la nouvelle arme russe révolutionnaire, le missile de croisière hypersonique Zircon, capable de pénétrer sans difficultés les défenses antiaériennes des porte-avions américains

On y ajoutera les bombardements à longue distance conduits par des bombardiers stratégiques TU 95 âgés de plus de 50 ans et toujours en service.

Si l’on regarde attentivement les séquences de télévision diffusées ce jour et concernant le début de l’offensive russe contre Kiev, il semble que l’emploi de nouveaux missiles intelligents ait déjà commencé.

Note au 01/03/2022 14 h

Ajoutons que pour nous l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne s’impose d’urgence, quelles que soient les difficultés juridiques. Il s’agit évidemment de l’Ukraine présidée par l’héroïque président Zelenski. Nous y reviendrons très vite.

28/02/2022 11h Poutine. Pourquoi tant d’erreurs ?

A la date et l’heure où cet article a été écrit et où commencent les discussions entre Russes et Ukrainiens en Biélorussie concernant l’évacuation des réfugiés, nous pouvons constater que Poutine en décidant d’attaquer l’Ukraine a fait plusieurs erreurs stratégiques :

  • Sous-estimer la résistance des ukrainiens de tous milieux et le véritable héroïsme du président Volodimir Zelensky. Celui-ci au lieu de fuir s’est comporté en véritable chef d’Etat et chef de guerre.
  • Sous-estimer les faiblesses de l’armée russe conventionnelle. Ceci a été particulièrement visible concernant les régiments de chars. La télévision a montré de nombreux blindés arrêtés du fait de pannes non immédiatement réparables.
  • Sous-estimer la résistance politique de l’Union européenne. Les différents gouvernements européens ont surmonté leurs divergences politiques et économiques devant l’urgence d’opposer à Poutine un front uni. Peut-être dira-t-on que Poutine a été un véritable père de l’Europe. Plus immédiatement, ces événements verront sans doute se constituer une véritable armée européenne disposant d’armes fabriquées en Europe.
  • Sous-estimer les effets des sanctions occidentales, notamment dans le domaine bancaire et financier. Sous estimer aussi la résistance des intérêts russes touchés.
  • Sous estimer la puissance des réseaux sociaux pour assurer l’information et la mobilisation des citoyens, y compris en Russie.

    Par contre Poutine avait probablement parié sur le lâcheté des Etats-Unis et celle de l’actuel président Biden. En ce cas, pari gagné. Les Américains ne feront rien.

27/02/2022. Poutine face aux sanctions occidentales

L’Occident n’a pas réagi militairement à l’offensive de Vladimir Poutine en Ukraine. La raison en est simple. Sauf à utiliser des armes nucléaires tactiques, l’Otan, à supposer qu’elle le veuille, n’a pas les moyens terrestres, aériens ou maritimes capables de s’opposer à l’offensive russe comme le fait encore avec un admirable courage le président ukrainien Volodymyr Zelinsky. Seule la France dispose de forces armées respectables, mais elles sont pour le moment engagées sur d’autres terrains. Quant aux Etats-Unis, ils réservent l’essentiel de leurs ressources militaires aux futurs affrontement avec la Chine dans le Pacifique

Par contre, à la suite de son offensive militaire en Ukraine, Poutine s’est vu infliger par l’occident un certain nombre de sanctions économiques aggravées par rapport à celle qu’il subit déjà. Dans un premier temps, celles-ci n’ont eu aucun effet. On n’arrête pas des blindés avec des droits de douanes. Mais qu’en sera-t-il dans les jours suivants ?

La principale sanction a consisté à bloquer les transactions effectuées à travers le réseau SWIFT par les principales institutions financières russes, notamment les deux plus grandes banques du pays : Sberbank et VTB Bank. Elles ne peuvent plus opérer en Europe et n’ont plus accès aux marchés financiers internationaux et aux transactions en dollars. Rappelons que Swift signifie Society of Worldwide Interbank Financial Telecommunication. Il s’agit en fait plus importants réseaux de messagerie bancaire et financière, permettant les règlements interbancaires entre les établissements financiers du monde entier.

Créée en 1973, la société Swift, basée en Belgique, a lancé son propre réseau en 1977. Ouvert en 2001 aux entreprises privées, il permet, entre autres, la transmission des informations bancaires nécessaires à une transaction. C’est un moyen de faciliter le transfert d’argent à l’international utilisé par des milliers de banques, qui permet la transmission rapide d’informations entre les banques, pour que ces dernières puissent réaliser rapidement les différents paiements ou virements. Ces deux banques, détiennent à elles seules 750 milliards de dollars d’actifs, la moitié du système bancaire russe. En réaction, la Banque de Russie a annoncé hier des mesures de soutien pour continuer à assurer « les services à tous les clients comme d’habitude ». De plus Moscou pourrait trouver dans les banques chinoises une alternative d’accès au marché des capitaux.

La Russie compte sur son stock d’or et ses réserves de change pour faire face à ce blocus financier. En dix ans, la banque centrale russe a accumulé beaucoup d’or dont les réserves sont passées de 450 tonnes en 2007 à 2 300 tonnes fin 2021, soit pratiquement autant que la France (2 436,4 tonnes). Moscou a aussi constitué des réserves financières estimées à 640 milliards de dollars ce qui lui permettra de tenir relativement longtemps face à l’asphyxie économique que met en place l’Occident. Malgré cela en 24 heures la Bourse de Moscou a perdu 40 % et le rouble a perdu plus de 5 % ce qui diminue d’autant le pouvoir d’achat des habitants.

Ajoutons que la force de frappe des chars russes s’est beaucoup dégradée, pannes, manque de carburants, accidents divers ont accumulé les épaves le long du chemin. Le bon sens voudrait que Poutine s’en rende compte et rentre chez lui. Mais ne sera-t-il pas tenté d’élever les enchères ?

26/02/2022 Une « étonnante » découverte

Nous pouvons légitimement nous étonner de découvrir que les Etats occidentaux n’avaint pas su avant le 22 février 2022 que Vladimir Poutine avait pris la décision de mener ce même jour une offensive militaire contre l’Ukraine et ses forces armées, ceci bien au delà des républiques du Donbass.

Cette offensive avait impliqué la mobilisation d’importants régiments de blindés et de forces aériennes destinées à neutraliser les résistances que les armées de l’Otan ne manqueraient pas d’opposer aux offensives russes. Ceci ne pouvait pas se faire du côté russe sans une active préparation conduite les jours précédents et qui ne pouvait pas échapper aux observateurs occidentaux, à commencer par ceux de l’Otan.

Ce sont notamment les mouvements de blindés et de véhicules de ravitaillement qui aurait du alerter les spécialistes de l’Otan. Mais plus encore ce sont les nombreux messages échangés nécessairement par radio ou par un internet crypté entre les commandements et les unités qui auraient du semer l’alerte.

A quoi bon disposer de moyens d’observation et de communication terrestres mais aussi satellitaires les plus performants du monde si ceux ci se révèlent aussi aveugles er désorientés que des rats brutalement tirés hors de leurs égouts.

26/02/2022. Que veut Poutine?

Que veut Poutine ?

Au 26/02/2022, alors que les chars russes sont prêt à entrer dans Kiev, la question n’a toujours pas de réponse.

Eliminons d’emblée l’hypothèse que Poutine serait simplement paranoïaque, enivré de sa puissance militaire. On peut penser que se trouvent au Kremlin suffisamment de conseillers civils et militaires pour, si cela était le cas, le ramener à la raison.

Ce n’est pas sans raisons profondes que les intérêts russes qui étaient jusqu’ici de plus en plus tournés vers l’international auraient accepté de se voir imposer des « sanctions » qui sans être insupportables seraient très coûteuses au moins dans le court terme.

Pour les uns, Poutine voudrait définitivement empêcher l’Ukraine et les autres républiques séparatistes de Lituanie et Moldavie de rejoindre l’Union Européenne et a fortiori l’Otan. Non sans raisons, il voit ces organisations comme constituant une machine de guerre américaine encerclant progressivement la Russie y compris avec des armes nucléaires tactiques.

Dans cette hypothèse, Poutine a progressé jusqu’à Kiev pour se donner ensuite les moyens de négocier quelque chose en échange de son retrait, par exemple l’autonomie des oblasts de Zaporijia et de Kherson, en sus de ceux de Donestk et Louhansk, lui permettant de joindre la Russie à la Mer Noire et de contrôler entièrement la mer d’Azov…

Pour d’autres, Poutine voudrait rappeler à ses concitoyens qu’il sera vital quoiqu’il en coûte, de renforcer l’appareil militaire russe et continuer à développer des armes de dernière génération tels que les missiles hypersoniques (dont certains semblent frapper Kiev aujourd’hui).

De plus, les services de renseignement russes connaissent parfaitement le fait qu’avec un budget de plus de 600 milliards de dollars le complexe militaro-industriel américain a décidé de renforcer la présence militaire américaine dans le monde, y compris dans le domaine spatial.

Aurait-il fallu cependant dans l’une ou dans l’autre de ces hypothèses envoyer des chars en Ukraine, commencer à faire de Kief un champ de ruines et parallèlement faire du jeune président ukrainien un héros véritable ? On peut en douter.