13/03/2022 Poutine en difficultés imprévues ?

Il est hasardeux de faire des prévisions concernant l’issu d’un conflit en cours. Cependant, aujourd’hui, dans la véritable guerre qui oppose les Russes et les Ukrainiens il paraît bien que Vladimir Poutine se soit engagé dans une voie dont la seule issue serait une guerre encore plus élargie. D’ores et déjà, il a fait bombarder une ville à la frontière de la Pologne. Or la Pologne est membre de l’Otan. Un Polonais tué et cela pourrait être une guerre avec l’Otan, autrement dit une guerre mondiale.

En premier lieu, ni lui ni son état-major de généraux n’avaient prévu semble-t-il la résistance du peuple ukrainien. Les images qui nous parviennent montrent que les femmes, voire les adolescents, sont désormais mobilisées aux cotés de ce qui reste de l’armée ukrainienne.

En second lieu, cette armée reste une véritable armée. Malgré les difficultés de commandement que lui impose la destruction de ses voies de communication, elle applique une consigne stricte, surveiller de près les difficultés que peuvent rencontrer au moins passagèrement les unités blindées russes et à chaque fois riposter de façon appropriée.

Ainsi les chars russes ont du mal à mener les combats de rue auxquels les oblige leur propre progression en ville, c’est-à-dire notamment combattre des adversaires situés en altitude au-dessus d’eux. Ils n’ont guère de visibilité vers le haut ni beaucoup de protection contre les tirs ni les simples cocktails Molotov venant des étages supérieurs. Leur ravitaillement en carburant est aussi plus compliqué. Certes les blindés peuvent tirer sur les immeubles les plus proches, mais s’ils voulaient neutraliser toutes les fenêtres, comme le ferait un bombardement aérien systématique, ils ne le pourraient pas.

Ceci signifie que si les Russes ont déjà détruit des villes de taille intermédiaire, comme Marioupol et sérieusement atteint d’autres villes dont Loutsk et Ivano-Frankvist, il leur sera pratiquement impossible de bombarder sérieusement Kiev et ses banlieues, beaucoup plus étendues.

Un autre facteur qui protégera Kiev est son statut de capitale de la religion orthodoxe ukrainienne. Si les Russes bombardait Kiev et ses monuments religieux, ils produiraient le même effet que s’ils bombardaient le Vatican. C’est une nation toute entière qui se soulèverait contre eux, sans mentionner les orthodoxes russes eux-mêmes. Or s’ils le peuvent pas détruire Kiev, mais doivent se borner à l’encercler à distance, le président ukrainien Zelenski pourra toujours s’y réfugier et y poursuivre ses appels à l’aide.

Ajoutons que Poutine ne pourra pas rester indéfiniment insensible aux protestations des oligarques et de la population de la Russie occidentale qu’exaspèrent les sanctions de plus en plus sévères provenant de l’Occident.

12/03/2022. Sanctionner la Russie? Pas si simple.

Le parc nucléaire français est composé de 56 réacteurs à eau pressurisée en service, répartis entre 18 centrales. En 2019, il a produit 379,5 TWh, soit 70,6% de la production d’électricité en France métropolitaine. La France peut donc envisager sans trop de crainte de s’interdire à titre de sanction contre la Russie d’importer du gaz ou du pétrole russe.

Ce n’est pas le cas d’autres pays européens, en premier lieu l’Allemagne qui importe de Russie 40% de son gaz et 25% de son pétrole . Il en résulte que l’Europe hésite à couper ses importations de pétrole et de gaz venues de Russie. Car sa dépendance énergétique reste très importante.

A moyen terme cependant il semble que la crise actuelle puisse accélérer la transition énergétique afin de délaisser les énergies fossiles au profit des renouvelables. Cependant pour acter ce virage, il faudra du temps.

Pourrait-on envisager un retour au charbon ? Non car l’Union européenne (UE) manque presque autant de charbon facilement exploitable que de pétrole. Elle importe ainsi 20% de son charbon de Russie. De plus l’image serait désastreuse, dans la perspective de la chasse aux énergies carbonées.

Quant au nucléaire, en 2019, il représentait 13 % de l’énergie brute disponible dans l’UE, et la moitié des Vingt-Sept sont équipés de centrales. Plusieurs nations, notamment l’Allemagne, cherchaient à se dénucléariser. La crise ukrainienne pourrait réhabiliter l’énergie atomique, non dépendante des Russes.  Certains pays, comme la France et la Belgique, réfléchissent à la façon de retarder la fermeture de leurs centrales. Mais le nucléaire ne peut être vu comme la seule solution d’autant plus qu’en cas de bombardement massif, chaque centrale pourrait se transformer en bombe thermonucléaire.

Selon Patrice Geoffron, professeur d’économie et spécialiste de l’énergie, le nucléaire fournit de l’électricité mais seulement pour un quart de notre consommation énergétique – les transports, par exemple, reposent encore massivement sur le pétrole. En outre, bâtir un parc nucléaire prend du temps, et cela ne pourrait pas peser sur la prochaine décennie.

Ajoutons que la guerre en Ukraine est autant une promotion pour le nucléaire civil qu’un plaidoyer contre lui.  Selon Barbara Nicoloso, enseignante à Sciences Po Lille en écologie et directrice de l’association Virage Énergie,  : « C’est la première fois qu’un conflit se déroule dans un pays disposant de sites nucléaires civils, et on voit les questions de sécurité pour l’ensemble du continent que cela pose. Si une centrale nucléaire se fait bombarder, que va devenir l’Europe ? Cette guerre montre les risques de cette énergie ».

Ajoutons  qu’ avec le renouvelable se pose la question du stockage de l’énergie, le vent ou le soleil n’agissant pas 24h/24. Cela demandera des investissements en batteries et en hydrogène vert, pour avoir une énergie disponible en permanence.

Reste la solution des économies d’énergie. Cela n’est pas tenable de consommer autant. Il faudra une transformation sociétale importante, avec moins de déplacements en voiture individuelle, moins de chauffage grâce à de meilleurs logements thermiques. Mais là encore, cela demandera du temps.

12/03/2022. Coloniser Mars avant de coloniser la Lune

Il faut plusieurs jours, avec les engins spatiaux actuel, pour relier la planète Mars à la Terre. Il ne leur faut que quelques minutes pour faire la traversée Terre-Lune. Malgré cette différence, les projets qui permettraient à des humains de s’installer durablement sur Mars ont la préférence dans les études actuelles. Cela tient au fait que Mars, il y a trois milliards d’années, disposait de conditions proches de celles existant sur la Terre, avec notamment la présence d’eau en grandes quantités et d’un climat tempéré au moins aux pôles. Il n’est pas exclu qu’il y reste de l’eau accessible, ainsi que différentes ressources alluvionnaires exploitables.

Parmi les projets d’installation durable sur Mars, le plus sérieux est celui étudié actuellement par la Nasa, le Seti (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) et plusieurs universités américaines, ainsi qu’avec la société Space X . SpaceX, officiellement Space Exploration Technologies Corporation, est une entreprise américaine spécialisée dans le domaine de l’astronautique et du vol spatial. Elle a été fondée par l’industriel visionnaire américain Elon Musk et gère actuellement le vaisseau spatial Starship qui a déjà accompli des liaisons en orbite terrestre. (voir https://www.spacex.com/).

Ce projet prévoit que, des avant 2030, des Starships pourraient être utilisés comme précurseurs d’une future station martienne permanente, dite Mars Alpha Base. Cette date est certainement trop optimiste, d’autant plus que le projet doit prévoir le transfert sur Mars des centaines ou milliers de tonnes de carburant nécessaires à des missions prolongés. Néanmoins, elle peut être retenue à titre indicatif. Le déroulement de la mission consistera d’abord à étudier les sites martiens les plus favorables à l’atterrissage et au retour des premières navettes inhabitées. Les starships sont conçus pour revenir sur Terre avec leurs propres moyens.

Pour la suite le projet indique que la future station martienne habitée pourrait prévoir l’accommodation d’un équipage permanent d’une dizaine de personnes. En attendant la mise en place d’une telle station, les équipages devraient vivre à l’intérieur des Startships. Ceux-ci sont conçus pour permettre le retour sur Terre. Il serait en effet inacceptable de prévoir des missions sans retour. Par ailleurs, avant l’arrivée des premiers colons permanents, il faudra mettre en place des unités robotisées permettant l’extraction ou la fabrication des éléments nécessaires à la vie.

Les sceptiques feront valoir que les Terriens n’auront pas les ressources budgétaires permettant tous ces investissements. Mais ils pourraient les avoir en économisant sur les budgets militaire. Le Pentagone, a lui seul, consomme environ 650 milliards de dollars annuels. A ce prix, ce ne serait pas seulement une base martienne qui pourrait être envisagée, mais une véritable ville.

Note

Extraire de l’Oxygène sur la Lune
https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exploration-lunaire-tout-savoir-extracteur-oxygene-va-poser-lune-97234/

11/03/2022 Guerre en Ukraine et crise dans le spatial

L’invasion militaire russe en Ukraine, qui a débuté le 24 février 2022, révèle à quel point l’Occident est dépendant de l’Ukraine pour ses activités spatiales. Plusieurs fusées américaines et européennes sont menacées et de nombreux vols Soyouz sont annulés.

Pendant l’ère soviétique, l’Ukraine était l’un des berceaux du programme spatial, surtout dans le domaine des moteurs-fusées. En 2011, le pays était toujours l’une des cinq plus grandes puissances spatiales au monde. L’Ukraine avait produit plus de 130 fusées et permis la mise en orbite de près de 250 satellites pour une vingtaine de pays.

Parmi les fusées ukrainiennes symboliques se trouvait la fusée Dnepr et la fusée Zenit, dont une version était même capable de décoller depuis une plateforme maritime. Après l’annexion de la Crimée en 2014, l’activité des lanceurs a décliné mais l’Ukraine continuait d’exporter en Occident. Le constructeur historique Ioujnoïe est d’ailleurs en train de développer un nouveau lanceur nommé Cyclone, destiné à être propulsé depuis le Canada.

Pour la fusée européenne Vega et sa version plus performante Vega-C, l’agence spatiale européenne ESA et Ioujnoïe développent l’étage supérieur Avum, en charge de fa mise en orbite des satellites. L’invasion russe réduira l’approvisionnement alors qu’une version 100 % européenne de la fusée Vega (Vega-E) n’est attendue qu’en 2026.

Côté américain, la fusée Antares est équipée de moteurs russes pour son étage principal sous maîtrise d’œuvre ukrainienne. Or Antares est entièrement dédié à l’envoi de cargos Cygnus pour la station spatiale internationale (ISS). Pour l’instant, les États-Unis disposent de réserves pour réaliser encore deux vols. Après, il faudra peut-être transférer le cargo Cygnus sur un autre lanceur.

Les fusées américaines Atlas-V de la United Launch Alliance (ULA) utilisent aussi des moteurs russes. La Russie n’approvisionnera plus ces moteurs et ne fournira plus son expertise, mais l’ULA a précisé qu’elle disposait de suffisamment de moteurs avant de passer à la fusée 100 % américaine Vulcan dans les prochaines années.

Ajoutons que l’on dénombre plusieurs start-up du spatial eu Europe et aux États-Unis qui sont en partenariat avec des contractuels ukrainiens pour concevoir les moteurs de leurs futures fusées. Certaines ont même des employés en Ukraine qui ont quitté le pays ou pris les armes.

Rappelons que la fusée russe Soyouz décollait aussi de Kourou, en partenariat avec Arianespace. Il n’en n’est désormais plus rien. Les équipes russes ont été rappelées au pays et plus aucun vol Soyouz-ST n’est prévu désormais. Le spatial européen va beaucoup en souffrir alors que la fusée Ariane 6 tarde à venir. La Soyouz, elle, ne volera plus que pour des clients russes.

Aux Etats-Unis, Boeing et SpaceX, les deux sous-traitants privés, accusent trois ans de retard sur le calendrier. Leurs véhicules, respectivement le Starliner et le Crew Dragon, n’ont pas encore fini leurs tests et reçu toutes les autorisations de la Nasa.

Source
https://www.la-croix.com/Economie/Monde/Americains-esperent-mettre-fin-leur-dependance-Soyouz-russe-2020-01-19-1201072725

Voir aussi

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/la-guerre-en-ukraine-revele-crument-les-lacunes-de-l-autonomie-de-l-industrie-spatiale-europeenne-905748.html

10/03/2022 Vladimir Poutine et l’Otan

L’OTAN a toujours été présenté par les Etats-Unis et leurs alliés comme une alliance défensive contre d’éventuelles agressions militaires provenant de la Russie.

On lit sur le site de l’ Otan

Chaque jour, les pays membres de l’Otan se consultent et prennent des décisions sur des questions de sécurité, à tous les niveaux et dans une grande variété de domaines. Une « décision de l’Otan » est l’expression de la volonté collective de l’ensemble des 30 membres, étant donné que toutes les décisions sont prises par consensus (à l’unanimité). Des centaines de représentants et d’experts civils et militaires se rendent quotidiennement au siège de l’Otan pour échanger des informations, partager des idées et contribuer à la prise de décisions selon les besoins, en coopération avec les délégations des pays et les services du Siège. https://www.nato.int/nato-welcome/index_fr.html

En fait, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est une alliance militaire formée en 1949 par 12 pays, dont les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et la France. Créée peu après la Seconde Guerre mondiale, elle avait pour objectif de contrer la menace d’expansion russe d’après-guerre en Europe.

De nos jours, l’Otan sert de système de défense collective à la trentaine de pays qui y souscrivent. Les pays membres s’engagent à se défendre mutuellement contre toute attaque visant un pays membre — un engagement inscrit dans l’article le plus célèbre du traité, l’article 5.

Il y avait longtemps que l’Ukraine avait exprimé son désir d’adhérer à l’Otan : le pays avait entamé un processus formel afin de lancer un plan d’action en vue d’une demande d’adhésion à l’Otan en 2008. Cette adhésion lui aurait permis de faire appel à l’Organisation dans le cas d’une offensive de la Russie. Plus généralement elle aurait officialisé l’adhésion de l’Ukraine au « camp occidental » .

Cette adhésion, encouragée par Washington, avait suscité beaucoup de réserve de la part des autres membres. Il y avait des problèmes de corruption, de mauvaise gestion, des zones en crise et en conflit en Ukraine. Cela a fait hésiter beaucoup de gouvernements concernant la stabilité et les allures démocratiques du pays. Or , la décision d’admettre un pays tiers doit être unanime au sein des pays membres.

Par ailleurs, déjà à l’époque, Vladimir Poutine avait affirmé que toute tentative d’étendre l’Otan à ses frontières serait considérée comme une « menace directe », exprimant ses préoccupations quant à l’extension de l’alliance militaire et politique fondée pour contrer l’ex-Union soviétique.

La Russie a toujours considéré l’Otan comme une alliance non seulement défensive mais offensive. Chacun des pays de l’Otan peut abriter des systèmes d’armes offensives susceptibles atteindre Moscou et la Russie occidentale.

Ces armes sont fabriquées et vendues par des complexes militaro-industriels et politiques très puissants. En principe, elles ne devraient pas être utilisées. Mais seuls les gouvernements forts peuvent s’en assurer. Qui pourrait garantir qu’un futur gouvernement ukrainien en serait capable? A supposer même qu’il ne veuille pas attaquer la Russie, un accident pourrait survenir. Chacun sait qu’une simple grenade explosant par accident, en période de tension, pourrait provoquer une guerre nucléaire?

NB. Au 10/03, il semble que Volodymyr Zelenski ne demanderait pas l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan.

09/03/2022 Des molécules chimiques nécessaires à la vie se trouvent dans l’espace profond

Il y a déjà plus de 10 ans, des astrophysiciens en étudiant des image fournies par le réseau de radiotélescope Alma (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array) au Chili, avaient observé le disque protoplanétaire de l’étoile Oph-IRS 48 située à environ 444 années-lumière du Soleil dans la constellation d’Ophiocus. Rappelons que les étoiles se forment à partir d’un nuage de gaz et de poussières dont la partie centrale s’effondre sur elle-même. Puis, à l’intérieur du nuage résiduel, la matière restant se rassemble en un disque ; le disque protoplanétaire, qui va donner naissance aux corps planétaires (planètes, planètes naines, astéroïdes).

Or des observations récentes effectuées à l’aide d’Alma ont permis de repérer plusieurs molécules organiques complexes dans cette région, dont le méthoxyméthane, la plus grande molécule trouvée à ce jour dans un disque. Le méthoxyméthane, appelé aussi éther méthylique ou bien encore diméthyléther (DME), est un corps chimique qui fait partie de la famille des éthers. L’observation et l’étude de ces molécules permet ainsi de mieux comprendre la formation des différents corps importants pour la chimie prébiotique (antérieure à la vie).

Il se trouve que cette molécule est un précurseur permettant l’apparition dans des réactions chimiques de molécules prébiotiques de plus grandes tailles pouvant servir à l’apparition de la vie. On connaissait déjà l’existence de cette molécule et d’autres relevant de l’exobiologie dans des nuages moléculaires où l’on sait que naissent des étoiles entourées de disques protoplanétaires. Mais c’est la première fois que l’on montre que cette molécule peut aussi se retrouver dans un tel disque et donc potentiellement aussi sur des planètes capables de faire naître et se développer des formes de vie similaires à celles que l’on connaît sur Terre.

Cette observation conforte l’hypothèse selon laquelle la vie pourrait apparaître n’importe où dans l’univers connu, des lors que des conditions favorables seraient réunies. Or qui dit vie dit le plus souvent conscience et souvent aussi technologies et sciences. Malheureusement nous ne le saurons jamais vu les distances incommensurables qui nous sépareront toujours de ces planètes. ______________________________________________

Référence

A major asymmetric ice trap in a planet-forming disk. First detection of dimethyl ether
https://www.eso.org/public/archives/releases/sciencepapers/eso2205/eso2205a.pdf

The complex organic molecules (COMs) detected in star-forming regions are the precursors of the prebiotic molecules that can lead to the emergence of life. By studying COMs in more evolved protoplanetary disks we can gain a better understanding of how they are incorporated into planets. This paper presents ALMA band 7 observations of the dust and ice trap in the protoplanetary disk around Oph IRS 48. We report the first detection of dimethyl ether (CH3OCH3 ) in a planet-forming disk and a tentative detection of methyl formate (CH3OCHO). We determined column densities for the detected molecules and upper limits on non-detected species using the CASSIS spectral analysis tool. The inferred column densities of CH3OCH3 and CH3OCHO with respect to methanol (CH3OH) are of order unity, indicating unusually high abundances of these species compared to other environments. Alternatively, the 12CH3OH emission is optically thick and beam diluted, implying a higher CH3OH column density and a smaller emitting area than originally thought. The presence of these complex molecules can be explained by thermal ice sublimation, where the dust cavity edge is heated by irradiation and the full volatile ice content is observable in the gas phase. This work confirms the presence of oxygen-bearing molecules more complex than CH3OH in protoplanetary disks for the first time. It also shows that it is indeed possible to trace the full interstellar journey of COMs across the different evolutionary stages of star, disk, and planet formation.

08/03/2022. Les néo-nazis en Ukraine

Une « bande de néo-nazis en Ukraine »

Ce terme a été plusieurs fois utilisé par Vladimir Poutine pour justifier l’envoi de forces armées en Ukraine. Il ne désigne pas quelques dizaines d’individus, mais quelques milliers

En Europe, où le terme de nazi évoque les massacres de la seconde guerre mondiale les opinions publiques refusent cette excuse. Elles préfèrent parler de guerre injustifiée mené contre l’Ukraine par un Poutine en mal de popularité mais de quelques milliers, entre 10 et 20 000.

Thierry Maissan nous donne les précisions suivantes (cf. https://www.voltairenet.org/article215853.html)

Il faut se souvenir qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS ont chacun fait prisonnier de nombreux dignitaires nazis. Tous ont essayé de récolter leurs informations. Mais si, au bout de huit mois, les Soviétiques les ont renvoyés chez eux, les Américains en ont conservé un certain nombre et les ont recyclés. Chacun sait que, par exemple, le savant nazi qui imagina les V2, Werner von Braun, devint le directeur de la Nasa (opération « Paperclip »). Ou encore que le conseiller spécial du chancelier Adolf Hitler pour l’Ordre nouveau en Europe, Walter Hallstein, devint le premier président de la Commission européenne. Ou encore que l’alpiniste Heinrich Harrer fut chargé par la CIA d’élever le Dalaï-Lama. Ce que l’on sait moins, c’est que la CIA recycla aussi de nombreux SS et policiers de la Gestapo un peu partout dans le monde. Elle plaça par exemple le gestapiste Klaus Barbie à la tête de la Bolivie où il parvint à assassiner Che Guevara, ou le SS Alois Brunner en Syrie (alors alliée de Washington).

Durant toute la Guerre froide, la CIA utilisa les nazis. Cependant, le président Jimmy Carter chargea l’amiral Stansfield Turner de remettre de l’ordre dans l’agence, d’y limiter le rôle de ces agents et d’en finir avec les dictatures. La plupart des nazis furent renvoyés, mais ceux qui pouvaient agir dans le Pacte de Varsovie furent conservés. Ainsi le président Ronald Reagan célébra les « nations captives » d’Europe de l’Est, créant une suite d’associations pour déstabiliser les États membres du Pacte de Varsovie, voire l’URSS.

C’est donc de manière tout à fait logique, qu’en 2007, la CIA organisa à Ternopol (Ukraine) un congrès pour rassembler les néo-nazis européens et les jihadistes moyen-orientaux anti-Russes. Il fut présidé par le nazi ukrainien Dmitro Yarosh et l’émir tchétchène Dokou Umarov. Toutefois ce dernier, recherché par Interpol, ne put pas se rendre sur place. Il envoya donc un message vidéo de soutien. Par la suite, les néo-nazis et les jihadistes se battirent ensemble pour imposer l’Émirat islamique d’Itchkérie à la place de la République tchétchène.

En 2013, l’Otan forma au combat de rue les hommes du même Dmitro Yarosh en Pologne. De la sorte, ils furent opérationnels lors du changement de régime diligenté par Victoria Nuland (https://fr.wikipedia.org/wiki/Victoria_Nuland) en Ukraine  et nommé: la « révolution de la dignité » dite aussi « EuroMaïdan ». La plupart des journalistes sur place ont remarqué la présence inquiétante de ces nazis, mais les personnalités occidentales qui venaient participer à cette « révolution », comme Bernard-Henri Lévy étaient aveugles.

Dans les mois qui suivirent, la présence de cinq ministres nazis dans le gouvernement de transition provoqua les référendums d’indépendance des oblasts de Donestz et Lougansk. Le président Petro Porochenko, sur les conseils des amis d’Hunter Biden, les organisa en unités militaires qu’il plaça à la frontière des nouvelles Républiques populaires de Donestz et de Lougansk. Les groupes néo-nazis étaient financés par le parrain de la mafia locale Ihor Kolomoïsky.

Pour renverser le président Porochenko, Ihor Kolomoïsky fabriqua de toutes pièces un nouvel homme politique en produisant une série de télévision, Serviteur du peuple, dont l’acteur principal était un certain Volodymyr Zelensky. Lorsque celui-ci fut élu président il accepta toutes les suggestions la Maison-Blanche. Il dressa des monuments en hommage à Stepan Bandera, le chef des Collaborateurs nazis durant la Seconde Guerre mondiale. En définitive, il soutint son idéologie selon laquelle la population ukrainienne a deux origines, d’une part scandinave et proto-germanique, d’autre part slave, seuls les premiers sont de véritables Ukrainiens, les seconds ne sont que des Russes, des sous-hommes. Il promulgua, le 21 juillet 2021, une « Loi sur les peuples autochtones » qui prive les Ukrainiens d’origine salve de la jouissance des Droits de l’homme et des libertés fondamentales. Cette loi n’a pas encore été appliquée.

Durant sept ans, les groupes nazis ont massacré des habitants du Donbass, au hasard. L’Allemagne et la France, garants des accords de Minsk, n’ont rien fait . Les Nations unies elles mêmes ont fermé les yeux. Pendant sept ans, ces groupes se sont développés. Ils sont passés de centaines de soldats à des milliers.

A la demande de Victoria Nuland, le président Zelensky nomma Dmitro Yarosh conseiller spécial du chef des armées. Ce dernier, réorganisa les néo-nazis en deux bataillons et en groupes urbains. Il lança une vaste attaque des oblasts séparatistes le week-end de la Conférence sur la sécurité de Munich, déclenchant ainsi la réponse russe.

Le 3 mars, le bataillon nazi Aïdar fut vaincu par l’armée russe (https://katehon.com/fr/news/defaite-du-bataillon-nazi-aidar). Le président Zelensky nomma alors son commandant gouverneur d’Odessa avec pour mission d’empêcher les armées russes de faire la jonction entre la Crimée et la Transnistrie.

Tous ces faits sont indiscutables. On peut estimer que la réponse de la Russie est disproportionnée et inappropriée, mais pas qu’elle soit injustifiée.

07/03/2022. Quel avenir pour la coopération entre l’Europe et la Russie dans le domaine spatial?

Jusqu’à ce jour, la Russie et l’Europe coopéraient de façon très productive dans divers programmes intéressant l’espace. Le lanceur spatial russe Soyouz était la figure la plus emblématique de cette coopération.

Il s’agit d’un lanceur soviétique puis russe dont la conception remonte aux années 1950 qui fut utilisé initialement pour lancer les vaisseaux avec équipage du programme Soyouz. Ce lanceur, d’un peu plus de 310 tonnes et 46 mètres de haut, peut placer une charge utile de 7 tonnes en orbite basse. Il est notamment utilisé de nos jours pour mettre en orbite des satellites militaires russes, les équipages de la Station spatiale internationale, lancer les vaisseaux cargo Progress qui ravitaillent la Station spatiale internationale et pour mettre sur orbite des satellites scientifiques russes ou européens.

Grâce à sa fiabilité et son faible coût de production, il est toujours apprécié malgré la rusticité des techniques employées. À fin 2017, plus de 1 880 lanceurs Soyouz ont été lancés, avec un taux de réussite proche de 98 %. De juillet 2011 (retrait du service de la navette spatiale américaine) à mai 2020 (premier vol habité du Crew Dragon de la Nasa, Soyouz était le seul véhicule capable d’envoyer un équipage vers la station spatiale international ISS. L’Agence spatiale russe Roscosmos a toujours assuré sa mise en œuvre. Par ailleurs, la Russie avait toujours loué son site de lancement de Baïkonour au Kazakhstan à ceux qui souhaitaient l’utiliser.

Qu’en sera-t-il désormais ?

« Il n’y a pas de négociation sur OneWeb : le gouvernement britannique ne vendra pas ses parts », a aussitôt répondu Kwasi Kwarteng, le secrétaire d’Etat britannique au commerce.

Devant cette fin de non-recevoir, Roscomos a mis sa menace à exécution : le lanceur a été retiré du pas de tir.

Arianespace qui, par l’intermédiaire de sa filiale Starsem, avait commandité le lancement, a alors confirmé ce qui ressemble à la fin prématurée de l’un de ses plus gros contrats sur Soyouz, dans un communiqué de presse intitulé « Suspension des lancements Soyouz opérés par Arianespace et Starsem », et qui précise : « Concernant le lancement ST38 opéré pour OneWeb depuis Baïkonour, il a été reporté sine die suite aux conditions posées par Roscosmos pour poursuivre les opérations ».

06/03/2022. Réédition d’un article de stratpol.com

On lira ci-dessous un long article publié par le site russophile https://stratpol.com/ Centre d’analyses politico-stratégiques, qui offre sur la guerre actuelle en Ukraine un point de vue favorable à la Russie. Bien entendu nous laissons à l’auteur la responsabilité de ses opinions.

Sur le même sujet, mais bien plus critique à l’égard de Poutine on lira aussi Agoravox https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/guerre-en-ukraine-le-retour-de-la-239910

Voir également Mediapart https://www.mediapart.fr/journal/international/040322/isole-dans-sa-tour-d-ivoire-comment-poutine-en-est-arrive-lancer-l-invasion-de-l-ukraine

Ajoutons que, quelle que soit la validité du point de vue de Vladimir Poutine, ce n’est pas l’envoi de colonnes de chars et des bombardements intensifs sur les villes ukrainiennes qui peut justifier ce point de vue. JPB pour Europe-solidaire

Comprendre la crise ukrainienne en germe depuis huit ans
   Olivier Amos 

L’intervention militaire russe en Ukraine du 24 février a provoqué un émoi international. Récemment arrivé en Russie, j’ai souhaité comprendre l’origine et les enjeux de ce conflit prévisible. Voici un résumé de cette situation souvent mal comprise en Occident.

Historiquement, l’Ukraine est le foyer de l’état slave : la “Rus de Kiev” nait au Xème siècle, fondée par des vikings. C’est le berceau historique de la Russie. Kiev en sera la capitale avant d’être déplacée à Vladimir, puis à Moscou au XVème siècle.

L’Ukraine sera envahie par les Mongols puis à plusieurs reprises par la Pologne. L’Ouest du pays est depuis constitué d’une population qui en est majoritairement issue. Elle a été marquée par les persécutions bolchéviques (Holodomor), puis a acquis son indépendance à la chute de l’URSS.

Les années 90 voient un rapprochement économique de l’Ukraine avec le marché occidental, des accords de démilitarisation de l’ancien pays soviétique, en même temps que la promesse de l’OTAN de ne pas s’étendre à l’Est. L’Ouest du pays commerce principalement avec l’Europe pendant que l’Est (plus industriel) noue des accords commerciaux avec la Russie. Les relations entre l’ex-URSS et l’occident sont au rapprochement et à l’entente réciproque. Mais à partir de 1999, l’OTAN commence à s’étendre progressivement dans les pays de l’ex bloc soviétique, ce qui va provoquer un basculement de la politique étrangère russe à la fin des années 2000, prémices de la crise ukrainienne.

A partir des années 2010, les minorités ultra-nationalistes exercent une pression sur le pouvoir pour persécuter la minorité russophone de l’est du pays et rapprocher l’Ukraine de l’Europe. Le gouvernement pro-russe n’accédant pas à leurs revendications, ces groupes « ukronazis » (Svoboda, régiment Azov, Bandera, Pravy Sektor…), soutenus par les USA et l’Europe qui y trouvaient un intérêt stratégique, ont profité des manifestations populaires de 2013 pour provoquer son renversement lors de la révolution sanglante du Maïdan en 2013-2014. Les membres de l’ancien gouvernement (pro-russe) ont été emprisonnés ou exilés.

A la suite de ces évènements, la Crimée (russophone) vote massivement pour son indépendance et son rattachement à la Russie, qui sont toujours contestés par l’Ukraine et l’Europe. L’occident met alors en place des sanctions économiques contre la Russie, qui réplique avec des sanctions symétriques (qui pénalisent essentiellement les exportations agricoles françaises).

Pour trouver une issue à ces tensions, un nouvel exécutif (pro-européen) a signé en 2014 le protocole de Minsk, sous l’égide de l’OSCE (dont la France fait partie), qui garantissait entre autres la protection des populations russes, la démilitarisation des zones frontières, la libération des prisonniers, la fin des mesures discriminatoires et l’autonomie du Donbass. Cet espoir d’un retour à la normale a suscité un enthousiasme de toute la population ukrainienne.

Mais devant l’échec de son application, de nouveaux accords de Minsk 2 ont été rédigés en 2015 pour obtenir un cessez-le-feu, une démilitarisation de la zone tampon et une décentralisation administrative.

Malheureusement les gouvernements successifs, corrompus par les oligarques ukrainiens et noyautés par des groupes radicaux, n’ont pas tenu leurs engagements et continué la persécution des habitants du Donbass (privation de ressources sociales, déplacement de population, reprise des bombardements, emprisonnement des opposants politiques…). Ce qui a provoqué une quasi-guerre civile entre les milices indépendantistes pro-russes et l’armée ukrainienne.

La situation a empiré pendant sept ans malgré les demandes répétées de la Russie de mettre fin à ces exactions et de faire enfin appliquer les accords de Minsk. De surcroit, l’Ukraine s’est engagée dans un processus d’intégration dans l’OTAN qui ouvre la porte à l’installation de forces armées américaines à la frontière russe, ce que la Russie ne peut accepter pour sa sécurité (tout comme l’installation des missiles russes à Cuba constituaient une menace inacceptable pour les USA).

C’est ce qui a décidé la Russie à reconnaitre officiellement l’indépendance des républiques de Donetsk et Lougansk (LDNR) en début de semaine (à mettre en parallèle avec la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par l’occident). Les combats ne cessant pas, elle a enclenché la suite logique de ce processus, en intervenant militairement pour protéger ces populations et mettre un terme à cette persécution. L’autre objectif affiché est de neutraliser les forces ukrainiennes pour préserver ses intérêts stratégiques vitaux face à l’OTAN.

Poutine s’est longuement exprimé devant le peuple russe pour rappeler le contexte et préciser ses intentions, la traduction de son discours permet de comprendre les enjeux russes de cette intervention militaire.

Les premiers mouvements semblent indiquer que cette offensive sera rapide et que la présence militaire sera limitée au Donbass. Mais les buts affichés lors de l’allocution du président russe laissent penser que cette opération ne s’arrêtera qu’après le renversement du gouvernement de Zelensky et la neutralisation des groupes armés extrémistes. Vous pouvez suivre l’évolution des évènements sur la chaîne Stratpol.

La population russe est dans l’expectative, les plus jeunes sont surpris de la radicalité de l’intervention russe, alors que les plus vieux s’attendaient à cette opération depuis longtemps (certains ne comprenaient pas que le Donbass n’ait pas été rattaché à la Russie en même temps que la Crimée).

Les expatriés « temporaires » français craignent pour leurs intérêts professionnels et dénoncent cette offensive. Les expatriés « permanents » qui se sont intégrés depuis des années (généralement en se mariant à des Russes, en ayant des enfants et en créant leur entreprise ici) sont au contraire plutôt convaincus de la légitimité de l’intervention russe même s’ils espéraient une autre issue au conflit du Donbass.

Leur crainte principale aujourd’hui c’est que l’occident choisisse l’escalade belliciste. Nous pouvons néanmoins espérer un apaisement pour la suite car autant la Russie n’a politiquement rien à gagner à envahir la partie ouest anti-russe de l’Ukraine, autant l’Europe a tout à perdre de nouvelles sanctions dont on voit déjà les effets délétères (explosion du prix des énergies fossiles, qui profite aux USA pour exporter leur gaz de schiste), l’inflation des prix et l’effondrement boursier qui va en résulter.

Une issue rapide passerait par la mise en place d’accords de paix entre les protagonistes et une désescalade diplomatique après les sanctions.

05/03/2022. L’Ukraine et l’Otan

L’Ukraine constituait pour les Etats-Unis une des dernière étapes avant l’encerclement de la Russie par l’Otan. Il ne faut pas s’étonner dans ces conditions que Moscou ait après beaucoup d’hésitations décidé de réagir. Sachant qu’il n’obtiendrait rien par des négociations avec l’Otan, il a du se résoudre à utiliser la force, notamment l’envoi de chars, dans l’espoir d’empêcher l’Ukraine de s’engager totalement au service des Etats-unis et afin qu’elle puisse conserver un statut de relative neutralité.

Ce projet réussira probablement dans les prochains jours. Sous peu, après Marioupol et d’autres villes de l’est de l’Ukraine, Kiev sera obligé de se rendre. Vladimir Poutine se satisfera-t-il de ce succès, ce qui serait raisonnable ou voudra-t-il obtenir le ralliement de l’ensemble de l’Ukraine, on le saura vite.

Pour la Chine en tous cas, selon l’expression de l’anbassadeur chinois Zhang, l’Ukraine devrait devenir un pont entre l’est et l’Ouest et non un enjeu de confrontation entre super-puissances

http://chnun.chinamission.org.cn/eng/hyyfy/202202/t20220226_10645830.htm

Note au 06/03/2022

On pourra consulter le site https://stratpol.com/ Centre d’analyses politico-stratégiques qui offre sur la guerre actuelle en Ukraine un point de vue favorable à la Russie