06/08/2022 Prévisions sur le changement climatique

Ce ne sont pas les mêmes organismes qui font des prévisions météorologiques à 5-6 jours et ceux qui s’efforcent de proposer des hypothèses à moyen, long et très long terme intéressant le changement climatique.

Parmi ceux-ci la plus écoutée est la Climate Modelling Alliance https://clima.caltech.edu/ dépendant de l’Institut Californien de Technologie. Cette organisation annonce s ‘être dotée de trois structures permettant les prévisions à long terme en utilisant les données d’observation à la fois les plus anciennes et les plus récentes.

  • La Climate Machine est un modèle de la Terre conçu comme un système d’apprentissage automatique (deep machine learning) utilisant différentes sources de données pertinentes provenant de sources précédentes ou d’observations immédiates. Il produit à la demandes des simulations concernant les prochains événements, tels les perturbations atmosphériques ou les turbulences océaniques en tel ou tel lieu. Ces simulations réduisent les incertitudes.
  • La Scalable platform ou plateforme d’’extensibilité assure la capacité du système à s’adapter à un changement d’ordre de grandeur de la demande, en particulier sa capacité à maintenir ses fonctionnalités et ses performances en cas de forte demande.
  • Un Hub tous publics ouvert. Ce hub permettra à tous les organismes nationaux ou internationaux d’accéder aux donnés et applications. S’ils le souhaitent ils pourront ajouter leurs propres observations ou prévisions concernant différents impacts climatiques.

Le CMA travaille en liaison de plus en plus étroite avec la Nasa

https://science.jpl.nasa.gov/division/earth-science/?tab=projects

04/08/2022 L’agriculture verticale

Des centaines de millions d’humains subsistant aujourd’hui pour l’essentiel des ressources de différentes formes d’agricultures traditionnelles verront avec le changement climatique et les mouvements migratoires ces ressources diminuer voire disparaître.

Les « fermes verticales » pratiquant l ‘agriculture en étages et en ville, divisant par trois, quatre, voire plus l’emprise au sol et les besoins en eau, seront-elles une partie de la solution pour nourrir les habitants des pays menacés par le changement climatique ? Circuits courts, peu de besoins de pesticide, économie d’eau, le modèle paraît intéressant.

C’est Dickson Despommier, le microbiologiste américain qui, dans son livre The Vertical Farm. Feeding the World in the 21st Century (2011) a proposé ces solutions.

Les investissements initiaux pour mettre en place ces fermes verticales seront importants. Il faudra construire des bâtiments résistant à la rouille, à la pourriture et faciles à entretenir tant dans les étages qu’en sous-sols. Il faudra par ailleurs que les nouvelles espèces s’habituent à vivre sous un éclairage artificiel permanent, fourni par des leds ou diodes électroluminescentes, dispositif opto-électronique capable d’émettre de la lumière lorsqu’il est parcouru par un courant électrique. Des vents artificiels permettront les fécondations. Des obscurités artificielles pourraient être organisées, mais elles réduiraient considérablement les vitesses de croissance des végétaux.

Il est clair qu’une telle évolution serait impossible sans la participation des actuels propriétaires et exploitants agricoles. On pourrait envisager des parcelles de culture traditionnelles juxtaposées à des fermes verticales appartenant aux mêmes personnes. Inutile de préciser que des organismes de crédit agricole s’intéressent de plus en plus à la question.

Ailleurs, au Japon, en Chine et en Inde, des experts gouvernementaux commencent eux-aussi à étudier sérieusement la question.

04/08/2022 Toujours pas de limitations à l’emploi des armes autonomes

On appelle armes autonomes des armes entrant en fonction sans intervention d’un humain censé contrôler leur mise à feu. Ceux qui veulent proscrire, ou du moins limiter en cas de conflit l’emploi de telles « armes autonomes », dites parfois « robots tueurs » seront une nouvelle fois déçus.

Les fabricants et vendeurs de ces armes font valoir leurs multiples avantages. Le premier de ceux-ci est qu’elles économisent du personnel. Dans l’artillerie classique les chefs de pièces n’ouvraient le feu qu’après l’autorisation donnée à distance par des sous-officiers affectés en première ligue et dits DLO (Détachement Liaison-Observation). Beaucoup de ces DLO sont tombés à l égal des fantassins alors qu’ils étaient moins facilement remplaçables.

Cependant les armes autonomes sont loin d’être parfaites. C’est ainsi qu’elles confondent facilement amis et adversaires. Sur le champ de bataille, rien ne ressemble plus à des blindés ennemis que des blindés amis. Beaucoup de militants pacifistes réclament ainsi que les armes autonomes soient soumises aux mêmes contrôles que les armes chimiques et biologiques.

Ainsi des experts gouvernement ont tenu sous l’égide des Nations Unis du 13 au 17 décembre 2021 des journées d’étude visant à interdire l’usage des armes autonomes. Mais la Russie a refusé d’y participer au prétexte que le concept était mal défini. Il existe des exceptions tels que celles concernant l’usage des mines terrestres.

Mais les fabricants d’armes autonomes présentent déjà des prototypes de drones dits intelligents capables d’identifier seuls leurs cibles avec un degré de sécurité raisonnable. C’est le cas du KUB-BLA russe identifiés près de Kiev ou du missile miniature multi-lames Swithchblade 300 qui semble avoir récemment été employé avec succès.

03/08/ 2022 Identification du génome d’ancêtres des premiers aborigènes australiens

Des scientifiques ont extrait et analysé l’ADN intact d’une femme ayant vécu il y a 7.200 ans découverte dans une grotte de Sulawesi en Indonésie. Les résultats ont mis en évidence une lignée humaine jusqu’ici inconnue qui aurait voyagé depuis l’Asie jusqu’à cette région bien plus tôt qu’on ne le pensait.

Dans une étude publiée par la revue Nature, dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract, des scientifiques viennent d’annoncer avoir identifié une lignée humaine inconnue. Un groupe dont l’histoire ancestrale ne ressemblerait à aucune de celle d’aucune population jusqu’ici observée.

La preuve en serait des ossements humains mis au jour en 2015 dans une grotte appelée Leang Panninge située sur l’île de Sulawesi (ou Célèbes). Les analyses ont montré qu’il s’agissait d’une jeune femme de 17-18 ans qui avait été enterrée en position foetale, partiellement recouverte de pierres et entourée de divers outils et ossements animaux.

L’ensemble a permis de déterminer que cette personne appartenait à la culture Toalean, un mystérieux groupe de chasseurs-cueilleurs qui vivait dans le sud-ouest de la péninsule de Sulawesi il y a entre 8.000 et 1.500 ans. C’est la première fois qu’un squelette relativement complet pouvait être attribué à cette culture.

De plus des prélèvement de génome bien conservés ont permis de conclure qu’il s’agissait du premier indice génétique direct de la culture Toalean mais aussi du premier ADN humain ancien obtenu en Wallacea, la zone qui regroupe les îles situées entre Bornéo et la Nouvelle-Guinée. Le génome de la jeune femme a montré qu’il était en partie similaire à celui des Aborigènes australiens et des habitants actuels de la Nouvelle-Guinée et de l’ouest du Pacifique. Ceci incluant de l’ADN hérité des Dénisoviens, distants cousins des Néandertaliens.

Ce résultat confirme l’hypothèse selon laquelle ces chasseurs-cueilleurs étaient apparentés aux premiers humains ayant gagné la Wallacea il y a environ 65.000 ans. « Ils furent les premiers habitants du Sahul, le supercontinent qui a émergé durant le Pléistocène quand le niveau global des océans a baissé« , a précisé le professeur Adam Brumm de la Griffith University qui a co-dirigé l’étude.

A cette époque, le Sahul comprenait l’Australiela Tasmanie et la Nouvelle-Guinée réunies par des ponts terrestres. « Pour atteindre le Sahul, ces pionniers ont réalisé des traversées océaniques à travers la Wallacea, mais on sait peu de choses sur leurs voyages.

Genome of a middle Holocene hunter-gatherer from Wallacea

Nature  volume 596, pages 543–547 (2021)

Abstract

Much remains unknown about the population history of early modern humans in southeast Asia, where the archaeological record is sparse and the tropical climate is inimical to the preservation of ancient human DNA So far, only two low-coverage pre-Neolithic human genomes have been sequenced from this region. Both are from mainland Hòabìnhian hunter-gatherer sites: Pha Faen in Laos, dated to 7939–7751 calibrated years before present (yr cal BP; present taken as AD 1950), and Gua Cha in Malaysia (4.4–4.2 kyr cal BP). Here we report, to our knowledge, the first ancient human genome from Wallacea, the oceanic island zone between the Sunda Shelf (comprising mainland southeast Asia and the continental islands of western Indonesia) and Pleistocene Sahul (Australia–New Guinea). We extracted DNA from the petrous bone of a young female hunter-gatherer buried 7.3–7.2 kyr cal BP at the limestone cave of Leang Panninge in South Sulawesi, Indonesia. Genetic analyses show that this pre-Neolithic forager, who is associated with the ‘Toalean’ technocomplex shares most genetic drift and morphological similarities with present-day Papuan and Indigenous Australian groups, yet represents a previously unknown divergent human lineage that branched off around the time of the split between these populations approximately 37,000 years ago. We also describe Denisovan and deep Asian-related ancestries in the Leang Panninge genome, and infer their large-scale displacement from the region today.

03/08/2022. Nouvelles hypothèses concernant la matière noire

Les particules de matière noire n’ont jamais été observées mais leur existence permettrait de rendre compte de l’existence des galaxies et des amas de galaxies. Celles-ci ne se formeraient pas si elles ne comportaient pas environ 60% de matière invisible leur permettant d’être sensibles aux équations de la mécanique céleste de Newton.

On se demande actuellement cependant si les premières découvertes de galaxies très primitives par le télescope James-Webb, galaxies observées comme elles étaient il y a plus de 13 milliards d’années, ne sont pas un début de réfutation de la théorie de la matière noire et une confirmation de la théorie MOND (Modified Newtonian Dynamics.)

Un article publié dans Physical Review Letters par une équipe internationale de chercheurs de l’université de Nagoya au Japon suggère une nouvelle hypothèse. On y trouvera ci-dessous les références et l’abstract.

L’effet de lentille gravitationnelle évoqué par l’article, en l’occurrence celui dit faible ou encore de cisaillement gravitationnel, est un effet de déviation des rayons lumineux par un champ de gravitation conduisant à déformer l’image initiale d’une galaxie par une masse importante interposée entre cette galaxie et un observateur. On peut déduire de cette déformation la masse du corps la produisant, de sorte que mesurer des effets de lentille gravitationnelle permet de sonder des distributions de masses dans le cosmos observable, y compris des masses de matière noire qui elle-même ne rayonne pas.

On s’est servi de cet effet pour estimer la présence et les modifications de la répartition de la matière noire jusqu’à il y a environ 8 à 10 milliards d’années en remontant dans le passé. .

L’équipe japonaise est parvenue à faire des observations de ce genre au-delà des 8 milliards d’années en mesurant les effets des galaxies détectées sur les mesures de Planck du rayonnement fossile. On n’était pas allé plus loin auparavant car les galaxies, dont les images étaient déformées par la gravitation, étaient trop peu lumineuses pour permettre des mesures valables.

Mais désormais, les chercheurs peuvent remonter jusqu’à il y environ 12 milliards d’années dans le passé du cosmos observable.

Cependant, bien que cela soit encore à confirmer, les caractéristiques des tailles des concentrations de matière noire entre il y a 8 et 12 milliards d’années ne semblent pas suivre les prédictions du Modèle cosmologique standard, les fluctuations de densité de matière noire pendant cette période semblent plus faibles qu’on ne s’y attendait.

Si cela était exact, selon un des chercheurs, « cela suggérerait que l’ensemble du modèle est défectueux à mesure que vous remontez plus loin dans le temps. C’est excitant parce que si le résultat tient après la réduction des incertitudes, cela pourrait suggérer une amélioration du modèle qui vraiment fournir la nature de la matière noire elle-même. « 

Avec cet objectif en vue les cosmologistes doivent encore augmenter le volume et la précision des données disponibles, ce qu’ils pourront bientôt faire avec la mise en service de l’observatoire Vera C. Rubin, anciennement appelé le LSST

Voir https://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/astronomie-rayonnement-fossile-cle-cosmologie-1085/_

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First Identification of a CMB Lensing Signal Produced by 1.5 Million Galaxies at z∼4: Constraints on Matter Density Fluctuations at High Redshift

[Submitted on 29 Mar 2021 (v1), last revised 5 Jun 2022 (this version, v2)]

https://arxiv.org/abs/2103.15862

We report the first detection of the dark matter distribution around Lyman break galaxies (LBGs) at high redshift through the Cosmic Microwave Background (CMB) lensing measurements with the public {\it Planck} PR3 κ map. The LBG sample consists of 1,473,106 objects with the median redshift of z∼4 that are identified in a total area of 305 deg2 observed by the Hyper Suprime-Cam (HSC) Strategic Survey Program (SSP) survey. After careful investigations of systematic uncertainties, such as contamination from foreground galaxies and Cosmic Infrared Background (CIB), we obtain the significant detection of the CMB lensing signal at 5.1σ that is dominated by 2-halo term signals of the LBGs. Fitting a simple model consisting of the Navarro-Frenk-White (NFW) profile and the linear-bias model, we obtain the typical halo mass of 2.9+9.5−2.5×1011h−1M⊙. Combining the CMB lensing and galaxy-galaxy clustering signals on the large scales, we demonstrate the first cosmological analysis at z∼4 that constrains (Ωm0, σ8). We find that our constraint on σ8 is roughly consistent with the {\it Planck} best-fit cosmology, while this σ8 constraint is lower than the {\it Planck} cosmology over the 1σ level. This study opens up a new window for constraining cosmological parameters at high redshift by the combination of CMB and high-z galaxies as well as studying the interplay between galaxy evolution and larges-scale structure at such high redshift, by upcoming CMB and optical and near-infrared imaging surveys.

02/9/2022 Guerre en Ukraine. Refuser de négocier ne mènerait à rien

L’évolution récente du conflit opposant la Russie et l’Ukraine montre qu’aucune solution militaire n’est désormais envisageable.

Concernant la Russie, en dehors du recours à l’arme atomique, face à la résistance des nationalistes ukrainiens galvanisés par Volodymyr Zelinsky, elle ne paraît pas capable d’occuper l’ensemble de l’Ukraine. Les moyens matériels et humains lui manquent pour cela. Une mobilisation générale s’imposerait. Mais celle-ci paralyserait toutes les activités et serait mal perçu par la population.

Concernant l’Ukraine les capacités de résistance voire offensives de son armée ont surpris le monde entier. Après avoir reculé sur tous les fronts, elle a paru ces derniers jours pouvoir reprendre localement l’initiative. Mais ceci n’ira pas loin face à la Russie qui regagne progressivement le contrôle de la situation.

Dans les prochaines semaines, les belligérants devront choisir entre combattre encore ou négocier. Ni Vladimir Poutine ni Volodymyr Zelinsky n’ont envisagé publiquement cette solution. Mais selon les informations non officielles qui circulent, elle est fortement recommandée par l’Union Européenne, les Etats-Unis et sans doute la Chine.

La négociation, si elle avait lieu, viserait à laisser à la Russie le contrôle des zones russophones de l’actuelle Ukraine. Quant à ce qui resterait de l’Ukraine, Kiev reprendrait une pleine et entière souveraineté. L’entrée à l’ONU, à l’Otan et même dans l’Union européenne de cette Ukraine ainsi réduite serait facilitée. Ajoutons que la liberté de circulation maritime dans les détroits et dans les grands ports tels qu’Odessa serait garantie au plan international.

La France sur le Continent africain. Le bon exemple de Centrale Casablanca

 Plusieurs grandes écoles françaises se sont installées au Maroc. Parmi elles, Centrale Casablanca se donne comme objectif de devenir « la première école de référence d’ingénieurs à l’horizon 2025 » sur le continent africain.

L’école Centrale de Casablanca réside dans un bâtiment de verre moderne, situé à Bouskoura en périphérie de la capitale économique du Maroc http://www.centrale-casablanca.ma/fr/

Fin mai 2022, les étudiants et leurs familles sont venus en nombre pour participer à la cérémonie de remise des diplômes qui clôt l’année scolaire 2020-2021 . Les 150 lauréats et lauréates, vêtus classiquement d’une toge noire et d’une coiffe, sont venus chercher leur diplomes d’ingénieurs. Ils sont désormais « corporate business developer », « data scientist », « consultant supply chain », « fondateur de start-up ». Certains sont tout de même ingénieurs.

Ils sont originaires d’une dizaine de pays africains et les futurs représentants de Centrale Casablanca qui se veut d’être « la première école de référence d’ingénieurs sur le continent à l’horizon 2025, et pas la deuxième ! », selon la directrice de l »Ecole devant un public marocain, mais aussi béninois, sénégalais ou burkinabé.

On notera que la France ne renonce pas ainsi à être présente en Afrique, malgré les efforts d’un islamisme terroriste qui cherche à l’en éliminer. Encore faudra-t-il que ces jeunes ingénieurs trouvent en Afrique même et pas seulement en Europe, des emplois correspondants à leurs diplômes.

01/08/2022 Une nouvelle arme russe

Après le sous-marin nucléaire Belgorod et ses -torpilles Poséidon, le canon électromagnétique Stupor et le laser Peresvet Le missile hypersonique russe Zircon va prochainement compléter l’arsenal des nouvelles armes dont disposent les forces armées russes. Vladimir Poutine a présenté le Zircon dimanche 3I juillet depuis Saint-Pétersbourg, où avait lieu une parade navale en l’honneur de la Journée de la Flotte russe. Il a précisé que ce missile de croisière hypersonique « ne connaît aucun obstacle »« Leur livraison aux forces armées russes va commencer dans les prochains mois »

Le Zircon appartient à une famille de nouvelles armes ultramodernes, appelées les « invincibles » par Vladimir Poutine. Fabriqué par la société KB Mashinostroyeniya (KBM), il est long de 8 mètres et peut voler à Mach 9, soit neuf fois la vitesse du son. Sa portée théorique maximale est de 1 000 kilomètres. Il pourrait être doté d’une tête nucléaire tactique mais son emploi en ce sens ne se justifierait que dans le cadre d’une guerre mondiale.

Dans l’immédiat une salve de Zircon pourrait incapaciter un porte-avions américain tel que le nouveau USS Harry Truman. Rappelons que du 17 au 22 juin 2022, deux unités du Carrier Strike Group n° 8 du porte-avions USS Harry S. Truman ont fait escale sur le littoral méditerranéen. Ce Groupe dispose de barrières anti-missiles, mais seraient elles efficaces face au Zircon ?

Plus vraisemblablement la Russie pourrait utiliser la menace de tels missiles dans la protection de la vaste zone maritime de l’océan glacial arctique dont semble-t-il elle envisage de se réserver l’usage. 1)

1) Voir Les enjeux militaires russes en Arctique depuis les années 1960 https://nemrod-ecds.com/?p=394

L’OSINT, Open Source Intelligence

On nomme OSINT des méthodes d’espionnage (intelligence) utilisant des sources d’information accessibles à tous (journaux, sites web, conférences…) à des fins de renseignement concernant le concurrent ou l’adversaire. Pratiquée depuis longtemps avec des techniques plus sommaires, l’OSINT a vu son emploi exploser dans le cadre de la préparation d’une éventuelle guerre entre les Etats-Unis. la Russie et la Chine.

D’ores et déjà, dans le cadre de la guerre en Ukraine, les belligérants y ont largement recours pour connaître l’état de l’adversaire mais aussi les réactions que provoquent ) l ‘étranger leurs propres décisions et comportements. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les partisans de Kiev ont largement recours à l’OSINT pour vérifier des informations diffusées sur Internet, particulièrement sur les réseaux sociaux, et, le cas échéant, démasquer les fausses nouvelles.

Le renseignement utilisant les sources et les documents disponibles a toujours existé dans les siècles précédents. Mais l’origine de l’OSINT remonte à la Seconde Guerre mondiale. C’est à cette époque que le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt a créé le Foreign Broadcast Monitoring Service (FBMS), ayant pour mission d’écouter, de transcrire et d’analyser les programmes de propagande conçus et diffusés par l’Axe. Développé à la suite de l’attaque de Pearl Harbor, ce programme deviendra le Foreign Broadcast Intelligence Service, appelé à être placé sous l’autorité de la CIA.

En 1939, parallèlement à la structure américaine, les Britanniques chargent la British Broadcasting Corporation (BBC) de déployer un service destiné à scruter la presse écrite et les émissions radio pour produire des « Digest of Foreign Broadcasts », qui deviendront les « Summary of World Broadcasts » (SWB) puis le BBC Monitoring.

La guerre froide accentue ces pratiques d’observation des informations ouvertes, faisant rapidement de ces dernières un élément majeur du renseignement, voire sa principale source d’information, y compris sur les capacités et les intentions politiques adverses. Leur exploitation permet également d’identifier et d’anticiper les menaces et de lancer les premières alertes.

Mais le terme d’OSINT n’est apparu réellement que dans les années 1980 à l’occasion de la réforme des services de renseignement américains, devenue nécessaire pour s’adapter aux nouveaux besoins d’information, notamment en matière tactique sur le champ de bataille. La loi sur la réorganisation du renseignement aboutit en 1992. Elle sera suivie en 1994 par la création, au sein de la CIA, du Community Open Source Program et du Community Open Source Program Office (COSPO).

Les attentats du 11 Septembre ont changé beaucoup de choses pour l’OSINT. En effet, c’est à la suite de la réforme de 2004 portant sur le renseignement et la prévention du terrorisme, l’Intelligence Reform and Terrorism Prevention Act qu’est créé, en 2005, le Centre Open Source (OSC) chargé de filtrer, transcrire, traduire, interpréter et archiver les actualités et les informations de tous types de médias.

Si l’OSINT est née de la nécessité de capter des informations à des fins militaires, le secteur privé n’a pas tardé à s’emparer de ces techniques, notamment dans la sphère de l’intelligence économique. Cette discipline a connu de nombreuses mutations au fil de son évolution : dans les premiers temps, il s’agissait d’accéder à des contenus recelant des informations parfois délicates à obtenir, mais l’explosion des nouvelles technologies a orienté davantage l’OSINT vers l’identification des informations pertinentes parmi la multitude de celles disponibles. C’est ainsi que se sont développés les outils et méthodes à même de trier ces informations et, particulièrement, de discerner celles susceptibles d’être trompeuses ou falsifiées.

En Ukraine, une utilisation déjà relativement ancienne

Si l’OSINT a gagné ses lettres de noblesse en Ukraine en permettant de valider ou d’invalider certains contenus, notamment diffusés sur les réseaux sociaux depuis février 2022, il faut remonter plus loin dans le temps pour mesurer sa réelle montée en puissance.

En effet, dès la révolution du Maïdan en 2014, les séparatistes pro-russes du Donbass et leurs soutiens ont diffusé un grand nombre de contenus, soutenus par Moscou, cherche à discréditer le nouveau gouvernement de Kiev. L’ampleur fut telle que les Occidentaux ont rapidement parlé de guerre hybride (même si le terme continue de faire l’objet de débats) pour décrire la mobilisation de l’information. On parle également d’« information warfare » – c’est-à-dire l’art de la guerre de l’information – qui sert en temps de conflits autant qu’en temps de paix.

Rapidement, des structures issues de la société civile sont mises en place afin de discréditer les fausses nouvelles dont le nombre explose sur la toile. Au-delà de ces initiatives, beaucoup d’internautes commencent à vérifier les contenus qui leur parviennent et à se familiariser avec des outils de base pour, par exemple, identifier ou géo-localiser une image, afin de voir si elle est réellement représentative du sujet qu’elle est censée illustrer.

Certaines communautés se spécialisent sur des domaines plus ou moins précis. À titre d’exemple, InformNapalm se consacre aux contenus touchant aux sujets militaires et, en ne se limitant pas seulement à l’Ukraine, a constitué une base de données qui recense notamment les pilotes russes actifs sur le théâtre syrien.

Ce savoir-faire, acquis par nécessité depuis 2014, s’est renforcé au fil du temps, notamment à la faveur des vagues de désinformation liées à la pandémie de Covid-19. Ces réseaux ont permis aux Ukrainiens et à leurs soutiens d’être immédiatement très opérationnels au début de la guerre. En outre, le besoin croissant des journalistes de vérifier leurs sources a aussi participé à développer le recours à l’OSINT qui, disposant d’une multitude d’outils souvent disponibles en Open Source, facilite la pratique de fact checking.

Enjeu de gouvernance et consolidation des réseaux

On le voit, l’une des forces de l’OSINT consiste à s’appuyer sur une société civile parfaitement légitime à s’autosaisir en fonction de ses centres d’intérêt. Cette dynamique a permis la création de réseaux efficaces et transnationaux.

Cependant, si les États peuvent eux aussi déployer des compétences d’OSINT, un enjeu majeur demeure : coordonner les besoins et les capacités. En effet, les États pourraient avoir avantage à se saisir des réseaux efficaces de l’OSINT, particulièrement dans un contexte de conflit. Cependant, outre le risque relatif à l’infiltration de ces réseaux, la capacité de recenser les besoins de l’État et de mettre ces derniers en relation avec la communauté susceptible d’y répondre représente une difficulté majeure.

D’un point de vue organisationnel, à moyen et long terme, se pose également la question de la structuration de la ressource OSINT pour les gouvernements. Dans le cas de l’Ukraine, le gouvernement est encore jeune, l’indépendance remontant à août 1991. En outre, contraint depuis 2014 de faire face à un conflit puis, depuis février 2022 à à une invasion massive, la problématique peut être difficile à résoudre. De fait, il s’agit de trouver un équilibre entre l’urgence de la gestion quotidienne du conflit et la mise en place d’une organisation dont la finalité serait de manager l’OSINT au regard de la centralisation des besoins, de leur transmission ou du renforcement d’un vivier de compétences.

Pour essayer de répondre à cette problématique, un projet d’audit des besoins, préalable à l’élaboration d’un cadre organisationnel et juridique, a été mis en place. Piloté par l’Institute for Information Security – une ONG créée en 2015 et centrée sur les enjeux relatifs à la sécurité de l’information tant pour l’État que pour la société et les individus –, le projet « Strengthening the Institutional Capacity of Public Actors to Counteract Disinformation » (Renforcement de la capacité institutionnelle des acteurs publics à lutter contre la désinformation) a débuté en avril 2022 alors que le conflit faisait déjà rage. Il doit aboutir en mars 2023. Son objectif est d’améliorer la capacité institutionnelle des autorités publiques et des institutions de la société civile ukrainienne pour identifier et combattre la désinformation.

Parallèlement, un projet de Centre d’excellence de l’OSINT est mis en route, notamment porté par Dmitro Zolotoukhine, vice-ministre ukrainien de la politique d’information de 2017 à 2019, et mené en partenariat avec l’Université Mohyla de Kiev et avec le secteur privé, notamment ukrainien. Son objet est de construire un pont entre les différentes strates de la société pour constituer un lieu de recherche et de développement. Cette démarche s’inscrit clairement dans le droit fil de celle qui a présidé à la création des Centres d’excellence pilotés par l’OTAN – qui, à Tallinn, portent sur la cyberdéfense, à Riga sur la communication stratégique et à Vilnius sur la sécurité énergétique – ou encore dans celle du Centre d’excellence européen pour la lutte contre les menaces hybrides d’Helsinki.

Reste à savoir si les Occidentaux qui soutiennent l’Ukraine soutiendront également ce projet alors même que ce pays est aujourd’hui un point phare de l’OSINT et que l’UE, qui prend très au sérieux les risques liés à la désinformation, tout particulièrement depuis la pandémie, vient de renforcer son arsenal contre ces menées hostiles, notamment au travers de son code de bonnes pratiques paru en 2022.

Source

Invasion russe de l’Ukraine : l’heure de gloire de l’OSINT

https://theconversation.com/invasion-russe-de-lukraine-lheure-de-gloire-de-losint-187388

Publié le 25 juillet 2022

31/07/2022. Découverte d’un Trou Noir proche de la Voie Lactée

L’existence des trous noirs a été longtemps mise doute, car par définition ils ne sont pas observables directement. Néanmoins elle n’est plus guère discutée car elle permet de comprendre la plupart des phénomènes observés par l’astronomie classique comme par la physique quantique. C’est ainsi que la rotation des astres constituant la Voie Lactée s’expliquerait mal sans l’existence d’un trou noir massif situé au centre gravitationnel de celle-ci.

Wikipedia : Dans le cadre de la relativité générale, un trou noir est défini comme une singularité gravitationnelle occultée par un horizon absolu appelé horizon des évènements. Selon la physique quantique, un trou noir est susceptible de s’évaporer par l’émission d’un rayonnement de corps noir appelé rayonnement de Hawking.

Un trou noir n’émet aucune lumière. Néanmoins, nombreux sont ceux surpris en train d’absorber la matière qui les entoure, la poussière, les gaz ou même des étoiles pour les plus gros. Avant d’être absorbés, ces éléments entrent à grande vitesse en rotation autour du trou noir.

Ce faisant, ils émettent de grandes quantités de radiations, notamment dans les rayons X. C’est ainsi que les astrophysiciens peuvent les repérer. Certains trous noirs absorbent peu de matière et n’émettent pratiquement pas d’ondes électromagnétiques. Ils peuvent ainsi échapper aux instruments. C’est un tel objet qui vient d’être découvert dans le grand nuage de Magellan, une des galaxies satellites de la Voie Lactée.

Une équipe d’experts internationaux réputée pour avoir démystifié plusieurs découvertes de trous noirs a découvert ce trou noir qu’ils ont nommé le système VFTS 243. Pesant 9 masses solaires, il orbite autour d’une étoile bleue et chaude faisant 25 fois la masse du Soleil. Son identification n’est pas encore tout à fait certaine mais comme le signalent les auteurs de l’étude ci-dessous publiée dans la revue Nature Astronomy, dont nous donnons les références et le résumé, c’est à ce jour le candidat le plus crédible.

Pour le mettre en évidence, l’équipe a étudié plusieurs années durant la nébuleuse de la Tarentule, une vaste région de formation d’étoiles dans le grand nuage de Magellan, à l’aide de l’instrument FLAMES, un spectrographe installé sur le Très grand télescope de l’ESO. Ils ont scruté près de 1000 étoiles massives à la recherche de celles qui pourraient avoir des trous noirs comme compagnons.

Il est extrêmement difficile d’identifier ces compagnons en tant que trous noirs car il existe de nombreuses autres possibilités se présentant de la même façons : étoiles à neutrons, naines brunes, planètes géantes… Finalement, c’est VFTS 243 qui semble être le plus prometteur.

Les trous noirs de masse stellaire se forment lorsque des étoiles massives arrivent en fin de vie et s’effondrent sous l’effet de leur propre gravité. Dans une étoile binaire, un système de deux étoiles tournant l’une autour de l’autre, ce processus laisse derrière lui un trou noir en orbite autour d’une étoile compagne lumineuse. Ces dernières ont généralement une masse moyenne comprise entre 5 et 10 masses solaires.

Les détecteurs d’ondes gravitationnelles LIGO et VIRGO ont toutefois observé indirectement des trous noirs d’une trentaine de masses solaires. Et à l’autre extrême, le télescope Chandra a mis en évidence un trou noir d’à peine 2,7 masses solaires, issu de la collision de deux étoiles à neutrons.

Autre particularité du trou noir VFTS 243 : il s’est formé sans que l’étoile dont il est le reliquat n’ait explosé sous forme de supernova. « L’étoile qui a formé le trou noir VFTS 243 semble s’être effondrée entièrement, sans aucun signe d’une explosion antérieure« , explique dans un communiqué de l’ESO, Tomer Shenar de l’Université d’Amsterdam. « Des preuves de ce scénario de collapsus direct sont apparues récemment, mais notre étude fournit sans doute l’une des indications les plus directes. Cela a d’énormes implications pour comprendre l’origine des fusions de trous noirs dans le cosmos »

De là à penser qu’un trou noir minuscule puisse se former au centre de Paris, il y a plus qu’un pas.

Référence

An X-ray-quiet black hole born with a negligible kick in a massive binary within the Large Magellanic Cloud

https://www.nature.com/articles/s41550-022-01730-y

Abstract

Stellar-mass black holes are the final remnants of stars born with more than 15 solar masses. Billions are expected to reside in the Local Group, yet only a few are known, mostly detected through X-rays emitted as they accrete material from a companion star. Here, we report on VFTS 243: a massive X-ray-faint binary in the Large Magellanic Cloud. With an orbital period of 10.4 d, it comprises an O-type star of 25 solar masses and an unseen companion of at least nine solar masses. Our spectral analysis excludes a non-degenerate companion at a 5σ confidence level. The minimum companion mass implies that it is a black hole. No other X-ray-quiet black hole is unambiguously known outside our Galaxy. The (near-)circular orbit and kinematics of VFTS 243 imply that the collapse of the progenitor into a black hole was associated with little or no ejected material or black-hole kick. Identifying such unique binaries substantially impacts the predicted rates of gravitational-wave detections and properties of core-collapse supernovae across the cosmos