23/03/2022 L’impact de la guerre en Ukraine sur les économies en développement

La conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement UNCTAD vient de publier un premier rapport analysant les conséquences de la guerre en Ukraine sur le commerce, les finances et les investissements technologiques des économies du tiers-monde. Les résultats sont catastrophiques, alors que le monde se remet à peine de la pandémie. Des famines et les troubles sociaux en résultant sont à prévoir.

On notera que la responsabilité de la guerre en Ukraine n’est que très rarement imputée à l’offensive russe du 24 février. Pour les experts de très nombreux pays, cette offensive n’était que la conséquence de la volonté des Etats-Unis de faire de l’Ukraine un membre docile de l’Otan, à partir de laquelle des attaques pourraient très facilement être lancées contre Moscou et la Russie occidentale.

La Chine, pour sa part, ne perd pas de temps à la recherche de responsabilités. Comme l’explique un excellent article (à lire en entier) du journal quasi-officiel Global Times, son problème actuel est d’éviter la stagnation de son développement et l’interruption de sa modernisation. https://www.globaltimes.cn/page/202203/1255162.shtml, l

Référence

UNCTAD UNITED NATIONS CONFERENCE ON TRADE AND DEVELOPMENT has prepared a rapid assessment of the impact of war in Ukraine on trade and development, and interrelated issues in the areas of finance, technology, investment and sustainable development. The results confirm a rapidly worsening outlook for the world economy, underpinned by rising food, fuel and fertilizer prices, heightened financial volatility, sustainable development divestment, complex global supply chain reconfigurations and mounting trade costs. This rapidly evolving situation is alarming for developing countries, and especially for African and least developed countries, some of which are particularly exposed to the war in Ukraine and its effect on trade costs, commodity prices and financial markets. The risk of civil unrest, food shortages and inflation-induced recessions cannot be discounted, particularly given the fragile state of the global economy and the developing world as a result of the COVID-19 (coronavirus disease) pandemic.
https://unctad.org/system/files/official-document/osginf2022d1_en.pdf

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22/03/2022 L’avion franco-allemand de combat du futur SCAF décollera-t-il un jour

On peut en douter. Cet avion devrait être l’élément essentiel du « Système de combat aérien du futur » (SCAF) européen, dont les maîtres d’œuvre sont Dassault Aviation et Airbus-Allemagne.

Les ministres de la défense allemande et française, Ursula von der Leyen et Florence Parly, avaient notifié aux deux avionneurs, le 6 février 2022, le premier contrat d’études du projet.

Concernant le moteur, un accord établissant la répartition des tâches entre le motoriste français Safran et son partenaire allemand MTU a également été officialisé.. Le français Safran Aircraft Engines sera responsable de l’architecture du moteur et de son intégration dans l’avion, l’allemand MTU se chargera des services et de la maintenance.

Pour ce qui est de la construction, Safran s’occupera des parties chaudes du moteur et des turbines haute pression, MTU du reste. L’objectif est de tester un propulseur entre 2025 et 2027, pour un premier essai en vol en 2038 sur les avions existants. L’Espagne a rejoint le projet peu après

Les enjeux du SCAF, programme évalué à 100 milliards d’euros au moins, sont considérables. Le chasseur F-35 américain de Lockheed Martin, livré depuis 2015 à onze pays dont cinq européens, menace d’imposer sa norme pour longtemps aux alliés de Washington dans le monde entier.

Le SCAF représente la seule chance de maintenir une souveraineté européenne dans ce domaine. Outre l’avion, le projet envisage des plates-formes volantes dont on ne connaît pas encore toutes les technologies. Ces « systèmes » voleront avec d’autres avions et des drones. Ils seront capables de franchir des défenses anti-aériennes russes et chinoises. Pour la France, le SCAF portera l’arme nucléaire.

Outre-Rhin, le SCAF ne fait pas l’unanimité. Ces derniers mois, Mme von der Leyen s’est ainsi vu reprocher de ne pas suffisamment défendre les intérêts de l’Allemagne, en laissant à la France un rôle jugé excessif dans la conduite du projet.

Le SCAF est la première décision d’ampleur de Berlin en matière d’équipement militaire depuis l’annonce du chancelier Olaf Scholz, le 27 février, de consacrer 100 milliards d’euros à la modernisation de l’armée allemande. Et elle risque de susciter des tensions entre Berlin et ses partenaires s’agissant de défense européenne, France en tête.

En effet, la ministre de la défense, Christine Lambrecht, a annoncé, lundi 14 mars, l’achat d’avions furtifs (jusqu’à 35) de fabrication américaine, des F-35 du constructeur Lockheed Martin, pour remplacer partiellement la vieille flotte de 85 Tornado, utilisés depuis quarante ans, dont le dernier doit être mis hors service au plus tard en 2030.  

Apparemment, elle n’avait jamais entendu parler du SCAF

22/03/2022. Un nouveau rapport du GIEC

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publie aujourd’hui un nouveau rapport intitulé Changements climatiques 2021 : les éléments scientifiques. Le rapport fournit les connaissances les plus avancées et les plus récentes sur la science du climat et vient confirmer l’influence indiscutable de l’Homme sur le climat, la nécessité de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et l’importance d’agir maintenant pour tenter d’inverser la tendance.

Le rapport propose des scénarios sur l’avenir et affirme un lien évident entre le changement climatique et la fréquence et intensité des phénomènes extrêmes. En témoignent les événements meurtriers observés actuellement dans différentes parties du globe (incendies dévastateurs, vagues de chaleur, inondations etc.) alors que le réchauffement climatique actuel n’est “que” de 1,1°C par rapport à l’ère pré-industrielle. Le scénario tendanciel d’un réchauffement autour de 5°C, voire davantage, d’ici la fin du siècle, aura donc des effets dévastateurs dès 2025.

On reproche au GIEC de ne pas mettre assez en évidence les liens entre le réchauffement et l’explosion démographique qui se poursuit en Afrique (six enfants par femme environ) et plus généralement la course au progrès qui est le plus souvent une course au suicide. Mais que proposer qui soit acceptable ?

21/03/2022 Jusqu’à quand Vladimir Poutine poursuivra-il son actuelle offensive en Ukraine ?

Autant que l’on sache cette question est de plus en plus posée en Russie même. Le montant des dépenses de campagne ne cesse de s’accroître, alors que l’armée russe piétine sur presque tous les fronts. Ce sont les consommateurs russes qui en souffrent les premiers. Mais tous les investissements d’avenir sont également au régime sec, notamment dans les nouvelles technologie et le spatial, là où la Chine a décidé de faire jeu égal avec Moscou.

On objectera que la présente guerre permet de tester les armements russes de la nouvelle génération , tel le missile intelligent hypersonique kinjal. Mais utiliser une telle arme destinée à détruire un porte-avion, pour attaquer un dépôt militaire parait pitoyable. Quant aux chars d’assaut chacun a pu voir aux actualité des dizaines d’unités immobilisées sur le bord des routes ou versées dans des fossés faute d’une maintenance adéquate. Mettre la main sur les vastes ressources énergétiques de l’Ukraine alors que la Russie peine à vendre son pétrole et son gaz n’a pas plus de sens.

De plus en plus d’experts en géopolitique affirment que Poutine n’arrêtera son offensive en Ukraine que lorsqu’il aura imposé à cette dernière de rentrer définitivement dans la Fédération de Russie. Il ne lui suffira pas que l’Ukraine refuse de participer à l’Otan. Dans ce cas, Poutine ne se comporterait pas de façon rationnelle. L’Ukraine n’est plus ce qu’elle était du temps de Staline. Il serait temps qu’il s’en rende compte

Voir https://fr.gatestoneinstitute.org/18340/poutine-envahi-ukraine

20/03/2022 La guerre en Ukraine durera-t-elle indéfiniment

Elle durera en tous cas aussi longtemps que dureront les croyances religieuses en Russie et en Ukraine.

L’Ukraine est divisée entre deux églises orthodoxes, l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine, qui s’était séparée en 1990 de l’Eglise orthodoxe Russe, et l’Eglise Orthodoxe Ukrainienne, Patriarcat de Moscou. Mais en 2018-2019 le Patriarcat Œcuménique de Constantinople, le primus inter pares du monde orthodoxe, avait reconnu l ‘autocéphalie (indépendance) de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine. Cette reconnaissance avait résulté de la volonté du gouvernement de Kiev après l’invasion de la Crimée et du Donbass par Moscou.

Or l’Eglise orthodoxe d’Ukraine, conjointement avec l’Eglise Grecque Catholique d’Ukraine., ont plusieurs fois fait connaître leur volonté de voir l’Ukraine adhérer à l’Union européenne et à l’Otan.  

Au contraire, Vladimir Poutine n’a cessé d’affirmer dès le début de la guerre qu’il avait déclenché lui-même, sa volonté de faire triompher l’unité religieuse profonde entre la Russie et l’Ukraine. On lira à ce sujet son long article de 2021 https://www.rusemb.org.uk/article/708. Selon ses proches, il fait souvent remarquer que son patron, St Vladimir, était à la fois prince de Novgorod et grand prince de Kiev. Ceci peut-il expliquer la relative réserve avec laquelle il fait bombarder la capitale religieuse.

Quoiqu’il en soit, pour le moment, les différentes religions russes et ukrainiennes profitent des événements. Elles se font concurrence pour mettre à l’abri les milliards de dollars des oligarques et apporter des secours aux victimes des bombardements et aux réfugiés

19/03/2022. Les nouvelles armes russes

Nous avions ici même relayé les annonces faire il a quatre ans par Vladimir Poutine, selon lesquelles la Russie disposait désormais de nouvelles armes présentées comme invincibles. Un minimum de recherches dans les publications scientifiques de l’époque nous avait convaincu qu’il ne s’agissait pas de paroles en l’air.

Nous nous étions alors étonné de constater que ces annonces n’avaient provoqué aucune réaction de la part des gouvernements impliqués. Ils avaient continué à s’équiper de matériels virtuellement dépassés, techniquement comme en pratique. Une explication à cet aveuglement tenait sans doute au fait que les industries de l’armement dans les pays considérés ne voulaient pas voir remettre en cause les programmes industriels dont ils étaient bénéficiaires.

On en arrivait à des incohérences comme celles consistant à prévoit de mettre en chantier des porte-avions coûtant plusieurs milliards de dollar alors qu’un « missile intelligent » indétectable de quelques milliers de dollars pouvait le rendre incapable de manœuvrer.

Aujourd’hui, l’on découvre que la Russie utilise dans son offensive contre l’Ukraine une partie de sa nouvelle génération de missiles, qualifiés d' »invincibles », d' »hypersoniques », à portée illimitée ou invisibles des radars, quatre ans après avoir été dévoilés par Vladimir Poutine.

On citera (voir https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/industries/invincibles-hypersoniques-ou-invisibles-ces-armes-que-la-russie-a-mis-au-point-en-une-decennie_AD-202203190220.html)

– Les missiles hypersoniques Avangard  capables de changer de cap et d’altitude à très haute vitesse, les rendant « pratiquement invincibles » selon Vladimir Poutine. Testés avec succès en décembre 2018, leur vitesse a alors atteint Mach 27, soit 27 fois la vitesse du son. Ils ont réussi à toucher une cible située à environ 6000 km, selon le ministère russe de la Défense.

– Utilisés pour la première fois vendredi par l’armée russe, les missiles hypersoniques Kinjal (« poignard » en russe) ont permis selon Moscou la destruction d’un entrepôt souterrain d’armements dans l’ouest de l’Ukraine.

Ce type de missiles, très manoeuvrable, est censé défier les systèmes de défense anti-aérienne. Ils ont atteint, lors des essais, toutes leurs cibles à une distance pouvant atteindre 1.000 à 2.000 km. Ils équipent les avions de guerre MiG-31. Leur emploi en Ukraine est une première mondiale pour un armement hypersonique, selon des experts.

-Le missile lourd balistique intercontinental de cinquième génération Sarmat est censé lui aussi échapper aux défenses antimissiles. D’un poids dépassant 200 tonnes, il est plus performant que son prédécesseur – le missile Voïevoda d’une portée de 11.000 km – et « n’a pratiquement pas de limites en matière de portée », selon M. Poutine, qui l’a jugé à même de « viser des cibles en traversant le pôle Nord comme le pôle Sud ».

– Les caractéristiques techniques des systèmes laser de combat Peresvet (du nom d’un moine guerrier du XIVe siècle) sont secrètes. Ils sont prêts au combat depuis décembre 2019, selon le ministère de la Défense.

Le Poséidon, drone sous-marin élaboré pour la dissuasion nucléaire russe, sera capable de se déplacer à plus d’un kilomètre de profondeur, à une vitesse de 60 à 70 noeuds, tout en restant invisible pour les systèmes de détection, selon une source au sein du complexe militaro-industriel russe, citée par l’agence officielle TASS.

Des tests du système Poséidon ont eu lieu au printemps 2020 pour équiper à terme le sous-marin nucléaire Belgorod, navire qui a été mis à l’eau en 2019 mais dont la mise en service a été repoussée, selon l’agence Tass, au moins jusqu’à l’été 2022.

– Là aussi d’une « portée illimitée », toujours selon Vladimir Poutine, et capables de surmonter quasiment tous les systèmes d’interception, les missiles de croisière Bourevestnik  à propulsion nucléaire sont en cours de développement par l’armée russe. Leurs caractéristiques techniques sont secrètes.

JP.Baquiast

19/03/2022 L’union sacrée contre Poutine va-t-elle tuer toute forme d’opposition en Occident ?

Il paraît indéniable que Vladimir Poutine ne cherche pas seulement à éliminer toute opposition en Ukraine. Il a entrepris de rétablir en Russie même une véritable dictature non seulement économique mais aussi politique et culturelle.

Les voix de tous ceux qui dans les dernières années avaient cru possible de constituer l’amorce d’une opposition au régime sont désormais obligées de se taire, sauf à faire l’objet de poursuites non seulement politiques, mais de plus en plus policières et judiciaires. L’exemple le plus récent est celui de la jeune activiste russe Marina Ovsiannikova qui avait brandit un panneau Non à la guerre lors d’une émission de télévision et qui est désormais accusée de trahison.

Mais s’opposer à Poutine ne doit pas signifier en Occident, Union européenne ou Etats-Unis, renoncer à toute critique de ce que l’on appelle l’ordre occidental . Celui-ci est caractérisé par la domination de classes sociales minoritaires qui se sont approprié depuis des années toutes les responsabilités politiques économiques ou scientifiques. De même les grands médias financés par ces classes décrivent le monde en termes les plus favorables aux intérêts de celles-ci.

Dénoncer Poutine et sa dictature ne doit pas servir d’excuse pour renoncer à tenter de promouvoir des changements en profondeur dans l’ordre dominant. En France, sur ces sujets, les premiers débats précédant les élections présidentielles d’avril 2022 en France ne sont guère éclairants.

18/03/2022 Le retour des communs

Le site Médiapart vient de publier un article au titre quelque peu énigmatique, intitulé «L’ Impasse des nationalisations. Le retour des communs ».

En résumant beaucoup, nous dirons que les auteurs de l’article défendent l’idée que dans toutes les sociétés existent des biens et valeurs qui ne peuvent pas faire l’objet d’une appropriation, qu’elle soit privée ou collective. Ainsi (l’exemple est de nous), l’accès de tous à un langage symbolique commun constitue une valeur sans laquelle l’idée même de vie sociale perdrait tout sens car une telle vie repose sur les échanges langagiers entre les individus. Le langage est donc un bien commun que nuls, individus ou groupes sociaux ne doivent pouvoir s’approprier afin d’en faire l’objet d’un profit non partagé. Le libre accès à l’air et à l’eau sont aussi dans ce cas.

Les sociétés primitives, autant que l’on sache, avaient défini un bien plus grand nombre de biens communs non susceptibles d’appropriations spéculatives que les sociétés modernes. Avec le triomphe du capitalisme libéral à partir du 18 siècle en Europe, le nombre des biens communs a considérablement diminué. Tout a paru pouvoir donner lieu à appropriation et à commerce.

Cependant, le socialisme européen avait proposé un retour en arrière . A nouveau il avait paru nécessaire de combattre l’appropriation privé de certains biens et services, autrement dit nécessaire de « nationaliser », selon l’expression commune, les plus importants d’entre eux. Ceci se fit en France après la seconde guerre mondiale.

Ces nationalisations sont vite apparues comme des impasses, selon l’expression de l’article, en ce sens que dès les origines, ce furent des classes dirigeantes peu différentes de celles pratiquant la propriété des biens de production qui prirent le contrôle des nouveaux outils.

Aujourd’hui, l’on peut faire la même constatation en ce qui concerne les sociétés informatisées. Ce seront toujours semble-il les entreprises dominantes dites des big Five ou big Seven qui contrôleront l’informatisation des sociétés occidentales. Il en sera de même en Russie ou en Chine.

Ajoutons qu’avec la militarisation croissante des sociétés modernes, de plus en plus d’éléments encore considérés aujourd’hui comme des communs redeviendront des secrets militaires.

Références

Au-delà de la propriété , Pierre Dardot  (La Découverte, 2018),

Benjamin Coriat, dans un ouvrage collectif sur Le Retour des communs (Les liens qui libèrent, 2015)

18/03/2022 Spatial européen. Fin de la coopération avec la Russie, ou simple mise en sommeil ?

La guerre en Ukraine se répercute jusque dans l’espace. L’Agence spatiale européenne (ESA) a mis un terme jeudi 17 mars à sa coopération avec la Russie, en réponse à l’invasion de l’Ukraine. Cette décision entraîne notamment la suspension de la mission russo-européenne ExoMars.

L’ESA qui regroupe 25 pays dont la France a « reconnu l’impossibilité de poursuivre la coopération en cours avec (l’agence spatiale russe) Roscosmos pour un lancement de la mission ExoMars en 2022 », selon un communiqué de son conseil exécutif.

L’agence spatiale russe Roscosmos avait pris les devants dès le 26 février : à l’annonce des sanctions européennes, elle avait riposté par une suspension des activités de son lanceur Soyouz depuis le port spatial européen de Kourou, en Guyane française, et rappelé la petite centaine d’ingénieurs et techniciens qui y était installés. Le chef de l’Agence spatiale russe, Dmitri Rogozine, a dit jeudi regretter la suspension de la mission ExoMars. Il l’a qualifiée d' »événement très amer pour tous les enthousiastes spatiaux » et « très regrettable ».

Si les lancements de nombreuses missions de l’ESA reposaient jusqu’ici sur l’utilisation du lanceur russe Soyouz depuis Kourou en Guyane française, d’autres l’étaient depuis le site de Baïkonour, au Kazakhstan. C’est de là qu’une fusée russe Proton devait emporter en septembre prochain le rover de l’ESA, dit Rosalind Franklin, avant que l’atterrisseur Kazatchok, lui aussi russe, le dépose sur le sol martien.

La mission, initialement prévue en 2020 et reportée à cause de la pandémie due au Covid, est aujourd’hui gravement compromise, d’autant plus que la fenêtre de tir vers Mars ne s’ouvre que tous les deux ans. Le programme russo-européen a coûté 2 milliards d’euros et avait été initié par les Européens voilà 20 ans. Le conseil de l’ESA a en conséquence autorisé son directeur général, Josef Aschbacher, « à engager une étude industrielle accélérée pour mieux cerner les options possibles pour faire avancer la mission du rover ExoMars ». Josef  Aschbacher a constaté lors d’un point de presse qu’un « lancement cette année est exclu » et impossible « au moins avant 2026 ». Il a mentionné qu’une « coopération avec la Nasa  est aussi une option » pour exécuter la mission. La Nasa était le premier partenaire des Européens sur ce programme mais l’agence spatiale américaine avait mis un terme à sa collaboration avec l’ESA en 2012, prétendument faute de budget, mais en fait pour se réserver le monopole de l’exploration de Mars.

Ces événements appellent trois constatations. En engageant une guerre contre l’Ukraine, Vladimir Poutine avait-il conscience qu’il condamnait pour une durée indéterminée les très nombreuses recherches scientifiques associant les universités et les industriels russes avec leurs homologues occidentaux. La connaissance scientifique en général prendra ainsi plusieurs années de retard. Pour ce qui concerne les Etats européens, prendront-ils conscience de leur côté qu’il est des domaines stratégiques de recherche qui doivent être financés par les budgets européens, plutôt que confiés à des partenariats peu fiables avec d’autres puissances scientifiques. Dans le cas précis de l’exploration planétaire, celle de la Lune et Mars en premier lieu, l’Europe devrait faire comme le fait aujourd’hui la Chine, prendre seule en charge les programmes correspondants.

Indiquons enfin que dans le cas précis de la mission Exomars, les investissements nécessaires mener celle-ci à terme sont infimes au regard d’autres dépenses prises en charge partiellement par les budgets publics tels que l’aménagement de sites touristiques.

17/03/2022. Le paradoxe de l’information est-il résolu?

Précisons tout de suite que si ce paradoxe était résolu, le problème le plus intrigant de la physique moderne serait également résolu. Ce problème résulte de l »incompatibilité mille fois constatée expérimentalement entre la cosmologie classique, dite aussi physique einsténienne et la cosmologie quantique. Pour la première un objet se situe nécessairement dans un espace-temps à 4 dimensions. Qu’il soit observé ou non ne change rien à l’affaire. Pour la seconde il n’est pas possible de définir un objet quantique en le situant dans l’espace ou le temps. On parle d’indétermination et de superposition. C’est seulement quand le corps est « observé » que son statut se précise, et ceci seulement pour l’observateur.

En astrophysique, le paradoxe de l’information est un paradoxe mis en évidence par Stephen Hawking en 1976, paradoxe qui oppose les lois de la mécanique quantique à celles de la relativité générale. En effet, la relativité générale implique qu’une information pourrait fondamentalement disparaître dans un trou noir, à la suite de l’évaporation de celui-ci. Cette perte d’information implique une non-réversibilité et une évolution linéaire des états quantiques, en contradiction fondamentale avec les postulats de la mécanique quantique. C’est en cosmologie, et plus précisément dans la cosmologie des trous noirs, que ce paradoxe a des résultats particulièrement intrigants

Les trous noirs sont des phénomènes encore mal compris. En effet, il n’est pas possible de déterminer a posteriori ce qui est entré dans le trou noir, C’est notamment le cas de l’information. Cependant, vue d’un observateur éloigné, l’information n’est jamais complètement disparue.

En astrophysique, le paradoxe de l’information est un paradoxe mis en évidence par Stephen Hawking en 1976, paradoxe qui oppose les lois de la mécanique quantique à celles de la relativité générale. En effet, la relativité générale implique qu’une information pourrait fondamentalement disparaître dans un trou noir, à la suite de l’évaporation de celui-ci. Cette perte d’information implique une non-réversibilité et une évolution non unitaire des états quantiques, en contradiction fondamentale avec les postulats de la mécanique quantique.  Ainsi la théorie générale de la relativité d’Einstein affirme que les informations sur ce qui entre dans un trou noir n’ont jamais complètement disparu.

Pour en savoir plus, voir
https://hitek.fr/actualite/paradoxe-information-hawking-resolu-trou-noir_33830

Référence

Quantum hair and black hole information

XavierCalmetaStephen D.H.Hsub

Volume 827Get
10 april 2022

Abstract

It has been shown that the quantum state of the graviton field outside a black hole horizon carries information about the internal state of the hole. We explain how this allows unitary evaporation: the final radiation state is a complex superposition which depends linearly on the initial black hole state. Under time reversal, the radiation state evolves back to the original black hole quantum state. Formulations of the information paradox on a fixed semiclassical geometry describe only a small subset of the evaporation Hilbert space, and do not exclude overall unitarity.