06/09/2022 Que cherchent ceux qui décident de bombarder la centrale de Zaporiija? Un nouveau Tchernobyl?

Rappelons que le site industriel de la centrale nucléaire ukrainienne dite ZNPP Zaporizhzhia Nuclear Power Plant ou Zaporiija subit des bombardements constants, au risque de provoquer une catastrophe. Depuis plusieurs semaines, Russes et Ukrainiens s’accusent mutuellement de ces bombardements.

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) doit rendre, mardi 6 septembre, son rapport sur la situation de la centrale nucléaire occupée par les forces russes.  Rafael Grossi publiera un rapport sur la situation en matière de sûreté, sécurité et garanties en Ukraine comprenant notamment les constatations de sa mission à Zaporijjia et il rendra compte au Conseil de sécurité de l’ONU de la mission menée à la centrale. Dés que ces éléments seront rendus publics, nous verrons s’il y a lieu ici de les commenter.

La centrale dispose de 6 réacteurs alimentés avec de l’uranium 235. Depuis mars le site est sous contrôle de l’armée russe, mais celle-ci en a laissé la maintenance aux équipes ukrainiennes habituelles.

Les bombardements ne visent pas directement les dômes des réacteurs, construits selon des normes dites VVER.1000 adoptées après la catastrophe de Tchernobyl. Leur épaisseur de plus de 2M doit en principe les protéger d’impacts directs. Mais le bombardements de leurs services annexes et des lignes électrique qu’ils alimentent provoque régulièrement des incendies pouvant mettre en péril la centrale elle-même. Il est inévitable de débrancher les réacteurs

C’est désormais le cas concernant le dernier réacteur encore en fonctionnement à Zaporijia. L’opérateur d’État ukrainien Energoatom a annoncé lundi sur Telegram que le sixième réacteur de cette centrale nucléaire ukrainienne, qui est aussi la plus grande d’Europe, a été débranché du réseau ce lundi. 

C’est un « incendie provoqué par un bombardement » qui a endommagé une ligne électrique reliant ce réacteur au réseau ukrainien, d’où son débranchement, a expliqué l’opérateur sur son réseau social. Il a aussi précisé que les forces russes, qui occupent la centrale, ont mené « au cours des trois derniers jours » un « bombardement intensif de la zone autour de la centrale ».

05/09/2022 Ukraine, l’incertitude de la guerre.

A ce jour, l’ « incertitude de la guerre » (fog of war) pèse sur les chances de succès de la contre-offensive ukrainienne pour reprendre le contrôle de la région de Kherzon après 6 jours d’occupation russe. Le silence pèse sur les média. Tout ce que l’on en sait à Kiev sont les sirènes des ambulances évacuant des blessés et les appels aux dons de sang.

Le président ukrainien Volodomir Zelinsky ne parle de plus de reconquérir le terrain perdu mais de contenir l’offensive russe. Quant à l’état-major russe, il insiste sur les difficultés de réapprovisionnement, notamment en munitions et en carburant, qui l’obligent à ralentir son opération.

Les médias américains s’appuient sur ces déclarations pour justifier les milliards de dollars d’armement envoyés en Ukraine par les Etats-Unis. Mais ils ne disent pas que le Pentagone se demande de plus en plus si ces matériels atteignent bien leurs destinataires, compte tenu des prélèvements clandestins qu’ils subissent tout au long des chaînes de transport et de distribution.

L’hiver venant, et il vient tôt dans ces régions, beaucoup d’experts prévoient une pause d’au moins 6 mois dans l’offensive russe et les contre-offensives ukrainiennes, les deux parties se retranchant chacune sur ses positions. Ceci veut dire que les populations civiles qui n’ont pu être évacuées et que nul n’approvisionnera mourront par milliers. Ceci malgré les cris d’indignation de la Croix-Rouge internationale.

95/09/2022 Le cosmisme russe

Beaucoup d’Européens se demandent comment la Russie contemporaine peut développer de nouvelles technologies révolutionnaires, telles que le missile hypersonique « intelligent » Zircon, tout en restant en profondeur fidèle au refus d’une science se voulant transhumaniste ou post-humaine

On peut trouver la réponse à cette question dans une philosophie spiritualiste russe traditionnelle nommée le cosmisme. Vladimir Poutine qui en touts circonstances multiplie les signe de croix ne se réfère pas au catholicisme romain, mais au cosmisme russe.;.

Le numéro de novembre 2020 de la revue du Club d’Izborsk vise à démontrer l’opposition entre cosmisme et science transhumaniste. Le transhumanisme y est présenté comme le prolongement du progressisme évolutionniste, visant à émanciper l’individu des contraintes de la nature humaine par son hybridation avec la machine. Le cosmisme, au contraire, est décrit comme une quête eschatologique de spiritualisation de l’humanité, guidée par une interprétation littérale des promesses bibliques de résurrection.

Si les auteurs russes publiés par le du Club d’Izborsk critiquent la foi scientiste dans l’amélioration technique de l’homme, ils refusent aussi la technophobie bioconservatrice ou écologiste. Le cosmisme leur sert ainsi de fondement à une idéologie de synthèse qu’ils intitulent « traditionalisme technocratique », et qui allie modernité technologique et conservatisme religieux.

Cette idéologie permet de retrouver les héritages de l’histoire russe en revendiquant à la fois la puissance technologique et industrielle de l’Union soviétique et les valeurs traditionnelles orthodoxes de la Russie tsariste. Plus encore, le président du Club d’Izborsk, Aleksandr Prokhanov, écrivain et rédacteur en chef du journal de droite Zavtra, emploie la formule « cosmisme-léninisme » pour soutenir que le sens profond de l’utopisme industrialiste de Lénine émanait de la « doctrine des cosmistes russes » et la prolongeait. La réinvention de l’héritage cosmiste produit ainsi un récit national unifié qui répond à la volonté du régime de Vladimir Poutine d’oblitérer les conflits mémoriels en affirmant l’« indivisibilité » et la « continuité » de l’histoire russe.

Par ailleurs, le cosmisme est promu par les membres du Club d’Izborsk comme fondement d’un « nouveau projet global de développement alternatif que la Russie pourrait exprimer et proposer ». Le mariage de la science moderne et du traditionalisme politique vise ici à contredire les théories occidentales classiques de la modernisation, qui prévoient que le développement économique entraîne la convergence des sociétés vers un même modèle politique de démocratie libérale. À contre-courant du libertarianisme et du cosmopolitisme qu’ils attribuent à la Silicon Valley, les idéologues du Club font l’apologie de la modernisation stalinienne, emmenée par un État autoritaire et une économie dirigiste et collectiviste.

En remplacement de l’idéal déchu de la société bolchevique, le cosmisme permet de renouveler une conception impérialiste et messianiste de la finalité de la science. Les grands projets scientifiques promus par le Club (exploration spatiale et sous-marine, développement de l’Arctique, recherche sur l’amélioration des capacités humaines) ont ici partie liée avec la défense de la « civilisation » russe et de sa « sécurité spirituelle ». La science devient ainsi le vecteur de réalisation du « rêve russe », qui doit s’exporter et se substituer au rêve américain en opposant au transhumanisme les « idéaux du cosmisme russe » et d’une « science spirituelle ». Le Club d’Izborsk est inséré dans des réseaux de pouvoir influents qui lui permettent de propager ses idées. En juillet 2019, le président du Club Aleksandr Prokhanov était ainsi invité au Parlement pour présenter son film « La Russie – nation du rêve », dans lequel il promouvait sa vision d’une mythologie nationale scientifique et spirituelle.

Le Club d’Izborsk est également proche de figures clés des élites conservatrices – l’oligarque monarchiste Konstantin Malofeev ou encore Dmitri Rogozine, le directeur de l’Agence spatiale Roscosmos. Enfin, il a ses entrées au cœur du complexe militaro-industriel. Témoin de ces liens, un bombardier stratégique porteur de missiles Tupolev Tu95-MC fut baptisé du nom du Club, « Izborsk », en 2014.

En outre, les références au cosmisme imprègnent les discours des plus hautes autorités. Valeri Zorkine, le président de la Cour constitutionnelle, citait récemment un fervent propagateur du cosmisme, Arseni Gulyga (1921-1996), pour inciter à élargir le sens de la destinée commune du peuple russe, inscrite dans le préambule de la Constitution, à une signification globale tournée vers le « salut universel ».

Le cosmisme s’érige ainsi en mythologie nationale qui répond aux deux impératifs du régime russe actuel : la course à la puissance et la définition d’un imaginaire politique alternatif à la modernité occidentale.

Référence

Merci à The Conversation
https://theconversation.com/le-cosmisme-une-mythologie-nationale-russe-contre-le-transhumanisme-

04/09/2022. Réchauffement climatique et hausse de l’océan antarctique

L’Antarctique est un continent à part entière situé dans l’hémisphère Sud et recouvert d’une calotte glaciaire à près de 98 %. On y trouve sous la glace des montagnes pouvant culminer jusqu’à 4 900 mètres d’altitude, la hauteur du Mont Blanc.. L’épaisseur de cette glace peut dans certaines régions dépasser 1,6 km

Aujourd’hui, avec le réchauffement climatique une partie de cette glace risquera de fondre. Ceci entraînera une hausse substantielle du niveau des mers, aussi bien dans l’hémisphère sud qu’à terme et dans une moindre mesure dans l’hémisphère nord. Cependant la fonte du glacier antarctique sera un phénomène beaucoup plus complexe que la fonte de l’Arctique.

Une étude publiée dans la revue Science, référencée ci-dessous, relate la mise au jour d’un gigantesque réservoir d’eau souterrain sous la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental. Une découverte qui pourrait bouleverser l’estimation des conséquences du changement climatique. Une équipe scientifique américaine s’est intéressée au sous-sol de l’Antarctique occidental. En profondeur, prise entre la roche mère et la glace mouvante, une couche de sédiments très anciens renfermerait d’importante quantités d’eau salée.

Les auteurs de l’étude expliquent que les sédiments qu’ils ont détecté auraient été formés lorsque des boues et des sables océaniques se sont retrouvés saturés d’eau de mer, il y a plusieurs milliers d’années (5000-7000 ans environ), à une période où la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental était beaucoup moins étendue qu’aujourd’hui.

Selon les chercheurs, si l’on pouvait extraire toute cette eau et la rassembler à la surface, le niveau des mers augmenterait d’environ 600 mètres.

Pour eux, de telles réserves d’eau dans les sédiments ne seraient pas présentes uniquement dans leur zone d’étude, mais également à d’autres endroits sous la calotte Antarctique. Ce qui aurait, le cas échéant, des implications majeures pour les modèles qui servent à anticiper les effets du réchauffement climatique.

Ces réservoirs souterrains auraient en effet le potentiel de modifier l’écoulement de la glace en surface : si les sédiments absorbent l’eau douce qui serpente entre les blocs de glace au-dessus d’eux, ils empêchent celle-ci de s’accumuler à l’interface, freinant ainsi le glissement des blocs. Mais si en revanche la calotte glaciaire s’affine, alors, la pression exercée sur les sédiments diminue. Ces derniers peuvent par conséquent relâcher l’eau qu’ils contiennent, favorisant le glissement des glaces et la vitesse de leur fonte.

L’équipe compte désormais mener une étude similaire mais cette fois-ci, au niveau du glacier Thwaites. De la taille de la Grande-Bretagne ou de la Floride, ce glacier fait l’objet d’une surveillance accrue de la part de chercheurs américains et britanniques, en raison de sa vitesse de fonte – qui a doublé au cours des 30 dernières années – laissant craindre une contribution significative à la hausse du niveau de la mer et à la montée des eaux sur les côtes.

Référence

SCIENCE VOL. 376, NO. 659 3
A DYNAMIC SALINE GROUNDWATER SYSTEM MAPPED BENEATH AN ANTARCTIC ICE STREAM

Shallow, dynamic subglacial water systems provide lubrication that facilitates the movement of overlying ice. But are these thin layers the whole story? Gustafson et al. show that the subglacial sediments beneath Whillans Ice Stream in West Antarctica are saturated with a mixture of fossil seawater and freshwater from the glacier (see the Perspective by Chu). This groundwater, extending downward for more than a kilometer, contains more than 10 times as much fluid volume as the shallow hydrologic system above and actively exchanges with it. Therefore, it has the potential to modulate ice streaming and subglacial biogeochemical reactions.

Abstract

Antarctica’s fast-flowing ice streams drain the ice sheet, with their velocity modulated by subglacial water systems. Current knowledge of these water systems is limited to the shallow portions near the ice-bed interface, but hypothesized deeper groundwater could also influence ice streaming. Here, we use magnetotelluric and passive seismic data from Whillans Ice Stream, West Antarctica, to provide the first observations of deep sub–ice stream groundwater. Our data reveal a volume of groundwater within a >1-kilometer-thick sedimentary basin that is more than an order of magnitude larger than the known subglacial system. A vertical salinity gradient indicates exchange between paleo seawater at depth and contemporary basal meltwater above. Our results provide new constraints for subglacial water systems that affect ice streaming and subglacial biogeochemical processes.

03/09/2022. Le Gaz Naturel Liquéfié LNG devrait dominer le marché de l’énergie ces 50 prochaines années

A l’âge de la lutte contre le réchauffement climatique, le Gaz Naturel Liquéfié LNG produit en brûlant beaucoup moins de gaz à effets de serre que le charbon et le pétrole. Inutile d’ajouter qu’il est bien plus facile à utiliser que l’énergie nucléaire. Il est de plus en plus souvent qualifié d’énergie verte, à condition que les installations soient convenablement surveillées pour éviter les fuites de méthane.

Les scénarios actuels prévoient que vers 2050 il satisfera de 20 à 25% des besoins en énergie primaire, ceci alors que la part du charbon et du pétrole ne cessera pas de décliner.

La région indo-pacifique devrait représenter la moitié de la demande de LNG en 2025. La demande européenne augmentera également, d’une façon difficile à préciser, en fonction des sanctions imposées aux achats de gaz russe par les Etats-Unis et des contre-sanctions décidées par le Kremlin.

Ces circonstances sont favorables aux projets de gazoducs visant à faciliter l’exportation de gaz russe vers l’Asie du sud-est et notamment le Turkmenistan. Le président de Gazprom Alexis Miller vient de s’en entretenir avec le président Turkmène Serdar Berdimuhamedov .

Au delà de l’Inde et du Turkmenistan, ce gazoduc pourrait intéresser l’Afghanistan (Aujourd’hui dirigée par les Talibans) et le Pakistan. Il est déjà nommé TAPI (Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan-India pipeline).

Selon Gazprom, la Russie dispose de réserves de gaz dans les gisements du Yamal, en Sibérie du Nord-Ouest permettant une exploitation d’au moins 100 ans aux rythmes actuels.

Notes

  1. Voir FOX Business August 29, 2022 Taliban closes in on gasoline deal with Russia
    Taliban in negotiations with Russia for wheat, gas and oil supplies
    https://www.foxbusiness.com/energy/taliban-closes-gasoline-deal-russia

2. Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_naturel_liqu%C3%A9fi%C3%A9

03/09/2022 De combien les centrales nucléaires françaises augmentent-elles le réchauffement climatique ?

Au moment où le gouvernement francais envisage de mettre en service dans les prochaines années au moins cinq nouvelles centrales nucléaires, les partisans des centrales à énergies renouvelables (Hydraulique. Eolienne. Solaire. Biomasse, Géothermique) font valoir que celles-ci sont seules capables de produire de l’électricité sans contribuer sensiblement au réchauffement climatique. Ils reprochent aux pouvoirs publics français de céder aux pression du « lobby nucléaire » en ne fermant pas le plus tôt possible, soit dans les 15 à 25 ans les centrales nucléaires en service, pour les remplacer par du renouvelable.

Pour savoir de quoi l’on parle, il est intéressant de se reporter aux évaluations concernant les rejets en mer d’eau chaude provenant du refroidissement des centrales nucléaires en fonctionnement

Voir https://dcsmm.milieumarinfrance.fr/content/download/5185/file/MMN_PI_12_Modification_regime_thermique.pdf .pdf oir

On lit par exemple dans ce document (résumé)

La sous-région marine Manche-mer du Nord compte 5 centrales thermiques de production d’électricité situées sur le littoral, dont 4 nucléaires et une au charbon . Chaque centrale comprend plusieurs unités de production indépendantes.

Les rejets thermiques des centrales sont effectués selon deux modes : • rejets au large (Flamanville, Paluel et Penly) • rejets à la côte ou vers un port (Gravelines et Le Havre respectivement).

Les rejets thermiques sont constitués d’eau de mer, pompée pour refroidir les condenseurs des turbines à vapeur de chaque unité de production. Les débits de rejet de chaque unité de production varient pour le nucléaire entre 45 m3 ·s-1 (unités existantes) et environ 60 m3 ·s-1 (nouveaux réacteurs EPR). Après échauffement dans le condenseur, l’eau est acheminée vers un « puits de rejet », puis transite dans une galerie souterraine jusqu’à un ouvrage de rejet coiffé d’un diffuseur, débouchant sur le fond marin, à plusieurs centaines de mètres de la côte dans les zones de fort courant. Ce dispositif permet une bonne dilution de l’échauffement produit par chaque unité de production .

Pour les CNPE (centrale nucléaire de production d’électricité) une réglementation spécifique est déclinée dans des décisions administratives relatives aux prises d’eau et rejets. Ces décisions sont élaborées sur la base d’études d’impact détaillées faisant l’objet d’une consultation du public. L’objet de cette réglementation et des surveillances associées est de garantir l’absence d’échauffement préjudiciable au milieu récepteur, dès le voisinage immédiat du rejet.

Les contrôles portent d’une part sur l’étude du panache thermique (mesures in situ des températures et modèles de simulation numérique) et d’autre part sur un programme de surveillance écologique et halieutique annuel.

Les valeurs limites imposées sont assez homogènes, ainsi pour les sites nucléaires :
• l’écart de température entre l’eau prélevée et l’eau réchauffée ne doit pas dépasser 15 °C (12 °C pour Gravelines) ;
• de novembre à mai, la température de l’eau de mer à la sortie immédiate du rejet en mer doit être inférieure à 30 °C (35 °C de juin à octobre) ;
• la température de l’eau de mer à proximité des rejets à un point fixé dans les décisions administratives doit toujours être inférieure à 30 °C. De plus, des situations spécifiques temporaires telles que l’indisponibilité d’une pompe du circuit de refroidissement ou le nettoyage de la station de pompage ont été intégrées dans les arrêtés.

Les situations visées peuvent conduire à un échauffement temporaire plus important avec une puissance thermique plus faible (car le débit est alors plus faible). Le respect de cette réglementation fait l’objet de contrôles réguliers par EDF.

Le respect des températures réglementées dans le milieu récepteur a été démontré pour chaque site par des campagnes de mesures réalisées avant puis après la mise en service des unités de production (thermographes immergés, et thermographies aériennes). Ces mesures ont en outre permis d’étalonner dans les années 1980 et 1990 des modèles hydrodynamiques de rejet permettant de réaliser des simulations de la tache thermique, y compris dans le champ lointain du rejet, en tenant compte des conditions de marée et environnementales.

02/09/2022 Comment se procurer sur Mars même l’oxygène nécessaire aux futures missions

Alors que les médias français discutent interminablement du poids qu’ont pris les marabouts africains parmi certains membres de l’équipe de France de football, bien peu abordent l’exploit que représente pour l’humanité le fait qu’un appareil révolutionnaire placé à bord de Perseverence, le nouveau robot à 6 roues de la Nasa récemment débarqué sur le sol de la planète Mars, ait réussi à extraire de l’oxygène à partir du gaz carbonique (CO2) qui constitue l’essentiel de l’atmosphère ténue de la planète. Cet appareil, est nommé Mars Oxygen In-Situ Resource Utilization Experiment (MOXIE).

Sa réalisation a été financée conjointement par les Space Technology Mission Directorate (STMD) et le Human Exploration and Operations Mission Directorate de la Nasa. Il apportera des éléments à la station météorologique dite Mars Environmental Dynamics Analyzer. (MEDA)

Des lors que des cosmonautes humains seront débarqués sur Mars, ils auront besoin d’oxygène pour respirer. Il serait impensable que ceux-ci l’apportent avec eux de la Terre. Outre aux humains, l’oxygène sera indispensable pour participer à la propulsion des fusées de retour sur la Terre. Il faut donc le produire sur place. .L’actuel MOXIE peut produire 4,6 grammes d’oxygène à l’heure, de quoi permettre 10 minutes d’activité à un humain. Une équipe de 4 cosmonautes désirant séjourner 1 an sur Mars aurait besoin d’1 tonne d’oxygène pour vivre. La fusée de retour nécessitera 7 tonnes de carburant et 25 tonnes d’oxygène.

Embarquer un convertisseur plus puissant que MOXIE qui pèserait environ 1 tonne et pourrait produire en 1 an 25 tonnes d’oxygène serait plus économique que transporter ces 25 tonnes de la Terre. Encore faudrait-il qu’il supporte des températures de 800 degrés Celsius nécessaires à son fonctionnement. Pour ce faire, MOXIE est fabriqué à partir de pièces imprimées en nickel qui refroidissent les gaz les traversant.

MOXIE ne sera pas le premier appareil fabriquant de l’oxygène dans l’espace. Ce sera le premier utilisant les ressources de la planète d’accueil pour ce faire, ce que la Nasa nomme que le in-situ resource utilization.

01/09/2022 A quoi correspondent les mouvements oculaires rapides

 Toi dont la large main cache les précipices
Asomnambule errant au bord des édifices
Ô Satan, prends pitié de ma longue misère ! CB

Beaucoup de choses restent ignorées concernant les relations qui chez de nombreux sujets s’établissent entre les mouvements du corps durant le sommeil et le contenu des rêves. C’est notamment le cas concernant ce que l’on nomme les mouvements oculaires rapides ou REM, rapid eye movements, survenant pendant la phase du sommeil dit  sommeil paradoxal . Correspondent-ils à des états de conscience virtuels dont le sujet au réveil perd le souvenir, ou tiennent-ils à d’autres causes non encore élucidées.

Le point intéressant est que ces REM s’observent chez tous les mammifères, la plupart des oiseaux et certains serpents.

Les expériences relatées dans le document référencé ci-dessous semblent montrer que chez la souris les REM sont identiques, que l’animal rêve ou qu’il explore son environnement en état de veille active. Est-ce à dire que la souris rêve lorsqu’elle est éveillée ?

Note

Rappelons que le sommeil paradoxal correspond (wikipedia) au nom de sommeil REM. Il fait suite au sommeil lent (« sommeil à ondes lentes » désignant les stades 3 et 4), et constitue le cinquième et dernier stade d’un cycle du sommeil. Une « nuit » comprend de trois à six cycles successifs d’une durée chacun de 90 à 120 minutes. Chez une personne normale, la durée du sommeil paradoxal occupe environ 25 % de la durée d’une nuit, et s’accroît à chaque cycle jusqu’au réveil1.

C’est la phase du sommeil au cours de laquelle les rêves dont on se souvient se produisent.

Il se caractérise par des mouvements oculaires rapides, d’où le nom anglais Rapid Eye Movement, une atonie musculaire, une respiration et un rythme cardiaque irréguliers, une température corporelle déréglée. On observe une dilatation des organes pelviens et une érection qui, chez le mâle, peut être suivie d’éjaculations. L’activité électrique du cerveau est proche de celle de l’éveil, comme le montre le tracé électroencéphalographique.

On l’observe non seulement chez l’être humain mais aussi chez la majorité des mammifères placentaires, chez les oiseaux et chez certains reptiles (lézards2). Son déclenchement peut être observé par le placement d’électrodes au niveau du pont, du corps géniculé et du cortex visuel (parfois appelé cortex occipital).

Le sommeil paradoxal est déclenché par l’horloge ultradienne, située dans le pont et le bulbe, qui dirige trois sous-systèmes :

  1. Celui responsable d’une activation du cortex cérébral qui ressemble à l’éveil. Cependant certains neurotransmetteurs comme la sérotonine, la noradrénaline, l’histamine et la dopamine ne sont pas libérés. Tandis que l’hippocampe, qui joue un rôle dans la mémorisation, est plus excité que pendant l’éveil. C’est lui qui semble être responsable des images des rêves et aussi de la programmation du cortex;
  2. Celui responsable des mouvements oculaires (d’où le nom anglais du sommeil paradoxal : Rapid Eye Movement Sleep ou REM, « (partie du sommeil) où les yeux bougent rapidement »), d’après Michel Jouvet pas liés aux rêves mais à la programmation du cerveau
  3. Et le système capable de bloquer au niveau de la moelle épinière l’activité des nerfs responsable de l’atonie musculaire3. Durant le sommeil paradoxal, le tractus olfactif est inhibé (le corps ne réagit plus aux odeurs), mais le nerf trijumeau reste actif (une irritation par exemple due à un excès de CO2 peut induire un réveil4).

Pendant le sommeil paradoxal, le corps suspend les fonctions ordinaires d’homéostasie, et le tronc cérébral paralyse l’organisme, ce qui empêche le sujet de se lever pour « vivre ses rêves ». La fréquence cardiaque et la fréquence respiratoire deviennent irrégulières, et la température corporelle devient plus sensible au milieu de l’organisme5.

A cognitive process occurring during sleep is revealed by rapid eye movements

Science 25 Aug 2022
Vol 377, Issue 6609,pp. 999-1004

DOI: 10.1126/science.abp8852

The meaning of rapid eye movement

Sleep includes phases characterized by rapid eye movement (REM) that were known to be associated with dreaming. But are these eye movements related to the contents of consciousness in that sleep state? Senzai and Scanziani recorded head direction cells in the anterior dorsal nucleus of the thalamus in mice during wake and sleep (see the Perspective by De Zeeuw and Canto). The direction and amplitude of rapid eye movements encoded the direction and amplitude of the heading of mice in their virtual environment during REM sleep. It was possible to predict the actual heading in the real and virtual world of the mice during wake and REM sleep, respectively, using saccadic eye movements. —

Abstract

Since the discovery of rapid eye movement (REM) sleep, the nature of the eye movements that characterize this sleep phase has remained elusive. Do they reveal gaze shifts (changement regard) in the virtual environment of dreams or simply reflect random brainstem activity? Tronc cérébral We harnessed the head direction (HD) system of the mouse thalamus, a neuronal population whose activity reports, in awake mice, their actual HD as they explore their environment and, in sleeping mice, their virtual HD. We discovered that the direction and amplitude of rapid eye movements during REM sleep reveal the direction and amplitude of the ongoing changes in virtual HD. Thus, rapid eye movements disclose gaze shifts in the virtual world of REM sleep, thereby providing a window into the cognitive processes of the sleeping brain.

31/08/22 La galaxie en rotation la plus lointaine jamais observée

Des chercheurs viennent de découvrir la galaxie en rotation la plus lointaine jamais observée. Elle a traversé plus de 13,26 milliards d’années-lumière avant d’arriver à nous. Elle a été nommée MACS1149-JD1, raccourci en JD1. Sa particularité !est sa vitesse de rotation : JD1 tourne sur elle-même bien plus lentement que les galaxies en rotation provenant d’une époque moins ancienne, y compris la Voie lactéei. Il est probable que JD1 soit à un stade initial de développement d’un mouvement de rotation », selon Akio Inoue, coauteur d’une étude publiée dans la revue The Astrophysical Journal et professeur à l’Université Waseda (voir ci-dessous référence et abstract).

La théorie la plus acceptée concernant les causes de la formation des toutes premières galaxies suggère qu’elles sont apparues à partir des fluctuations primordiales de densité, qui sont à l’origine des structures de l’Univers. Ces fluctuations ont donné lieu à des zones denses, constituées à la fois de matière noire (matière invisible pour les instruments actuels) et de gaz. Petit à petit, le gaz s’est condensé, et les amas de matière se sont agrandis: naissent alors les toutes premières galaxies durant la réionisation.

L’ionisation est l’action qui consiste à ajouter ou enlever des charges à un atome ou une molécule électriquement neutre, qui devient ainsi un ion (chargé positivement ou négativement). Elle peut être due à des causes physiques telles que la présence de radiations. La  réionisation représente l’époque, juste après les âges sombres, où un grand nombre d’atomes existant dans l’Univers ont été ionisés par le rayonnement intense de la probable première génération d’étoiles  à avoir illuminé l’Univers, les étoiles de population III.

Ces étoiles, non observées aujourd’hui, sont considérées comme ayant été très massives, et de ce fait, eurent une durée de vie relativement courte. Leur masse importante leur a permis de rayonner à une température suffisamment élevée pour ioniser le milieu interstellaire environnant.

La formation stellaire n’entre en jeu qu’après la création de ces galaxies primordiales. C’est lorsqu’un nuage de gaz contenu dans la galaxie, appelé nébuleuse, s’effondre sur lui-même par gravitation qu’une étoile se forme. Dans une galaxie, ce processus entre en jeu de nombreuses fois, d’abord au niveau du centre de la galaxie, là où la majorité des poussières et du gaz se trouve, puis petit à petit vers la périphérie lorsque cette formation stellaire s’excentre.

La mise en rotation se développe dès les premiers instants des galaxies, lorsqu’elles ne sont encore que des halos de matière. Mais elle s’accélère ensuite, poussée par la formation d’étoiles qui accentuent les effets gravitationnels subis de part et d’autre de la galaxie.

Ainsi, pour déterminer le stade d’évolution d’une galaxie, les astronomes utilisent les propriétés des étoiles et des gaz qui la composent, comme leur mouvement ou leur âge. Pour ces observations, ils font appel à l’effet dit de lentille gravitationnelle , soit  lorsqu’un objet particulièrement massif déforme la lumière des objets qui se situent derrière lui par rapport à l’observateur. Cet effet permet d’agrandir certains objets trop peu lumineux pour être observés directement, en amplifiant la lumière qu’ils émettent. Ils apparaissent cependant déformés, ce qui oblige les chercheurs à les reconstruire à partir des données collectées.

JD1 , la galaxie évoquée ici a été découverte par le télescope Alma (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), situé au Chili.. Elle a fait l’objet de diverses campagnes d’observation effectuées entre octobre 2018 et décembre 2018, pour un total de presque 10 heures d’observation. Pour connaître son âge, les chercheurs ont mesuré grâce à Alma son décalage vers le rouge, aussi appelé « redshift ». Il correspond au décalage du spectre lumineux vers de plus grandes longueurs d’onde lorsqu’un objet s’éloigne de l’observateur. C’est l’effet Doppler

Or, à cause de l’expansion de l’Univers, plus une galaxie est ancienne, donc lointaine, plus elle s’éloigne vite de nous. Avec un décalage spectral particulièrement élevé (coté z = 9,1), les chercheurs lui ont attribué une population stellaire âgée de quelques centaines de millions d’années, suggérant alors une époque de formation plus ancienne, d’environ z = 15. 

« Au-delà de la découverte de galaxies à décalage vers le rouge élevé, à savoir très éloignées, l’étude de leur mouvement interne du gaz et des étoiles fournit une motivation pour comprendre le processus de formation des galaxies dans l’Univers à un stade le plus ancien possible », explique le professeur Richard S. Ellis, coauteur de l’étude et chercheur à l’University College de Londres. 

Avec un diamètre de 3.000 années-lumière, contre 100.000 pour la Voie lactée, JD1 se révèle, comme l’explique l’étude, dominée par la rotation, et non par la dispersion. En ce cas, la dispersion des vitesses est bien inférieure à la vitesse de rotation des étoiles qui composent la galaxie.

Cette propriété a permis aux chercheurs de modéliser la dynamique de JD1, et d’en déduire d’autres de ses caractéristiques. Notamment, celles des étoiles qui la composent. Elle contient de nombreuses étoiles matures, âgées d’environ 300 millions d’années, donc apparues il y a plus de 13,5 milliards d’années. « Cela montre que la population stellaire de JD1 s’est formée à une époque encore plus ancienne de l’âge cosmique.

Référence

Possible Systematic Rotation in the Mature Stellar Population of a z = 9.1 Galaxy
https://iopscience.iop.org/article/10.3847/2041-8213/ac7447

Published 2022 July 1 • © 2022. The Author(s). Published by the American Astronomical Society.

Abstract

We present new observations with the Atacama Large Millimeter/submillimeter Array for a gravitationally lensed galaxy at z = 9.1, MACS1149-JD1. [O iii] 88 μm emission is detected at 10σ with a spatial resolution of ∼0.3 kpc in the source plane, enabling the most distant morphokinematic study of a galaxy. The [O iii] emission is distributed smoothly without any resolved clumps and shows a clear velocity gradient with ΔVobs/2σtot = 0.84 ± 0.23, where ΔVobs is the observed maximum velocity difference and σtot is the velocity dispersion measured in the spatially integrated line profile, suggesting a rotating system. Assuming a geometrically thin self-gravitating rotation disk model, we obtain ${V}_{\mathrm{rot}}/{\sigma }_{V}={0.67}_{-0.26}^{+0.73}$, where Vrot and σV are the rotation velocity and velocity dispersion, respectively, still consistent with rotation. The resulting disk mass of ${0.65}_{-0.40}^{+1.37}\times {10}^{9}$ M is consistent with being associated with the stellar mass identified with a 300 Myr old stellar population independently indicated by a Balmer break in the spectral energy distribution. We conclude that the most of the dynamical mass is associated with the previously identified mature stellar population that formed at z ∼ 15.

30/08/2022 La Chine et l’Europe vont-elles interrompre leurs relations économiques ?

Dès le début des opérations russes en Ukraine, s’est posée la question de savoir l’appui que donnerait Pékin à Moscou pour la suite de ces opérations. Officiellement la Chine par la voix de ses représentants officiels a fait savoir que rien ne changerait dans le bon état de ses relations avec la Russie. Mais il était improbable qu’elle accepta de partager les sanctions que Washington avait décidé d’imposer à la Russie par l’intermédiaire des relations entre les Etats européens individuellement, ou par le biais de la Commission européenne collectivement.

Rappelons que en juillet 2022, l’Union européenne avait reconduit pour six mois supplémentaires, jusqu’au 31 janvier 2023, les sanctions économiques liées à l’ « agression militaire » de la Russie contre l’Ukraine, sanctions qui soit dit en passant, pénalisent tout autant l’Europe que la Russie.

Or les bonnes relations économiques entre la Chine et l’Europe sont devenues indispensables tant pour l’une que pour l’autre. La Chine fournit à l’Europe des matières premières de plus en plus indispensables à l’industrie de cette dernière. C’est le cas du lithium composant essentiel pour les batteries des nouveaux véhicules électriques.

La Chine n’est plus seulement exportatrice de produits finis bon marché mais importatrice de produits européens de luxe. Enfin, ses ingénieurs coopèrent avec leurs homologues européens dans le cadre de programmes de recherche scientifique et techniques avancés, y compris dans le spatial et la physique fondamentale.

Dans le domaine peu connu des routes commerciales terrestres unissant la Chine et l’Europe de nouvelles voies de communication routières et ferroviaires sont en cours de mise en place, modifiant les portes d’entrée des marchandises en Europe et incitant les entreprises à reconfigurer davantage leurs chaînes d’approvisionnement.

Ainsi transporteurs et logisticiens ouvrent aujourd’hui de nouvelles liaisons ferroviaires, notamment via le corridor central transcaspien (middle corridor). La compagnie Maersk AP Moller, la plus grande compagnie maritime au monde, a lancé, avec un premier train en avril 2022, un nouveau service ferroviaire entre la Chine et la Roumanie qui relie l’empire du Milieu et l’Europe en 40 jours. Les trains venant de Chine traversent le Kazakhstan depuis le hub de Khorgos jusqu’au port d’Aktau sur la mer Caspienne. Les marchandises sont ensuite transportées en barge jusqu’au port de Bakou en Azerbaïdjan pour se diriger vers le port de Poti en Géorgie puis celui de Constanta en Roumanie, le plus grand port de la mer Noire.

Quant à lui, Rail Bridge Cargo, logisticien ferroviaire néerlandais, relie lui Zhengzhou (Chine) et Duisburg-Neuss (Allemagne) via le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et la Géorgie en 23-25 jours par une route multimodale. Enfin, Nurminem Logistics, logisticien finlandais et pionnier du corridor transcaspien, a lancé, en mai 2022, en coopération avec Kazakhstan Railways, son premier train de fret utilisant le corridor transcaspien.

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