13/04/2022 L’Ukraine ou l’humiliante défaite de Poutine

Ces derniers mois ont circulé sur Internet de nombreux documents montrant comment Vladimir Poutine avait fini par l’emporter sur tous ses rivaux pour conquérir la Présidence de la Fédération de Russie. Il était prévisible qu’il s’imposerait, peut-être jusqu’à sa mort, dans cette éminente responsabilité, quoiqu’en puissent penser les autres grandes puissances mondiales.

Il pourrait compter pour cela sur le dévouement de la poignée de ministres et de généraux qu’il avait mis à la tête de l’institution militaire. Le monde entier a tout récemment pu les entrevoir le 9 mai alors qu’ils assistaient à Moscou aux défilés militaires traditionnels célébrant la victoire contre le nazisme du 9 mai 1945.

Le 9 mai 2022, il aurait mieux fait de s’enfermer au Kremlin pour réfléchir à la façon dont il pourrait contrer l’offensive éclair grâce à laquelle le jeune président Ukrainien Volodomir Zelinski était en train de chasser l’armée russe des provinces de l’Ukraine précédemment conquises par lui lors des « opérations militaires spéciales » » qu’il avait décidé de mener 6 mois auparavant. Aujourd’hui, Zelinski ne se cache pas de vouloir aller plus loin et « reconquérir la Crimée ».

Poutine pourrait-il compter sur l’armée russe pour l’en empêcher ? Certainement pas. Celle-ci ne dispose plus de blindés ni de munitions. Quant à ses hommes, hormis une poignée de mercenaires prêts à trahir contre rémunération, il ne s’agit plus que de jeunes recrues sans expérience et peu désireux de risquer encore leur vie après les pertes considérables subies dans les dernières semaines. Il faudra des mois pour qu’elle redevienne pleinement opérationnelle, au moins dans cette partie de l’Ukraine.

On notera que le conseil des députés de la municipalité de Smolninskoïe (un quartier de Saint-Pétersbourg) a envoyé une missive officielle à la Douma, la chambre basse du Parlement, réclamant la destitution du chef de l’Etat. Le texte indique que les hostilités en Ukraine « nuisent à la sécurité de la Russie et de ses citoyens », ainsi qu’à l’économie, et qu’elles ne sont pas parvenues à arrêter la progression de l’OTAN vers les frontières russes. Selon ces élus municipaux, les actions du chef du Kremlin relèvent de l’article 93 de la Constitution, selon lequel le président peut être démis de ses fonctions pour « trahison ». Ils n’ont pas hésité à prendre des risques, car une telle démarche pourrait entraîner des années de prison.

Si Poutine était un empereur de l’ancienne Rome il reconnaîtrait ses erreurs puis il se suiciderait en public. Faut-il y compter ?

11/09/2022. Réchauffement climatique et points de non retour

Les experts s’accordent à le dire. Sauf à réussir à diviser nos émissions de gaz à effet de serre de moitié d’ici 2030 et à atteindre la zéro émission nette en 2050, nous n’aurons que 50 % de chance d’atteindre l’objectif fixé en 2015 par l’Accord de Paris sur le climat de limiter le réchauffement climatique anthropique à +1,5 °C au-dessus des températures préindustrielles.

Une nouvelle étude , dont ou trouvera ci-dessous les références et l’abstract vient aujourd’hui confirmer à quel point cela pourrait être dommageable. Une étude que certains n’hésitent pas à qualifier d’étude « la plus importante de tous les temps ». Une étude consacrée aux points de non-retour ou points de basculement (tipping points)

Selon le Giec, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, ils correspondent à des « seuils critiques au-delà desquels un système se réorganise, souvent brutalement et/ou de manière irréversible ». Lorsqu’ils sont franchis, ces seuils déclenchent des bouleversements à grande échelle et potentiellement irréversibles pour telle ou telle région de la Terre et de son atmosphère.

En 2008, Tim Lenton, chercheur à l’université d’Exeter (Royaume-Uni), avait été le premier à évaluer ces points de basculement. Il fait aujourd’hui partie de l’équipe qui propose une mise à jour de cette évaluation. Une mise à jour basée sur une revue de centaines de travaux scientifiques. Le constat est sans appel. « La liste des points de basculement s’est allongée et notre évaluation du risque qu’ils posent a considérablement augmenté »,

Certains scientifiques définissent les points de basculement comme des systèmes qui changent rapidement une fois qu’un seuil est franchi. Or ce n’est pas le cas, par exemple, pour la calotte glaciaire antarctique. Elle pourrait mettre des siècles à fondre. Mais il existe bien un point au-delà duquel la fonte ne peut plus être arrêtée. C’est cette définition-là que les chercheurs ont retenue dans leur nouvelle étude. Celle d’un changement qui s’autoperpétue du fait d’une boucle de rétroaction conduisant irrémédiablement le système vers un nouvel état, même sans réchauffement supplémentaire.  

La nouvelle étude identifie un total de 16 éléments de basculement. Neuf qui affectent effectivement l’ensemble du système Terre et sept avec des conséquences régionales profondes. En 2008, il en avait été signalé neuf seulement. Et pas nécessairement les mêmes. Cette mise à jour devrait donc permettre de recentrer les efforts. D’autant qu’elle décrit aussi les seuils de température pour chacun des points de basculement. Ainsi que leurs échelles de temps et leurs impacts.

Plus inquiétant encore qu’un nombre de points de basculement qui augmente, le fait que les chercheurs estiment que le réchauffement climatique actuel — d’environ +1,2 °C au-dessus des moyennes préindustrielles — a peut-être déjà mené notre Planète au-delà d’un état climatique « sûr ». De premiers points de basculement pourraient même avoir été franchis. De sérieux signaux d’alerte ont été émis du côté de la calotte glaciaire arctique, de la forêt amazonienne ou encore de la circulation méridienne de renversement de l’Atlantique (Amoc). De nombreux travaux suggèrent que la calotte ouest antarctique est extrêmement est proche de son point de non-retour. Si elle ne l’a pas déjà dépassé…

Si nous devions atteindre les fameux +1,5 °C de réchauffement prévus par l’Accord de Paris, quatre autres points de basculement seraient « probablement » franchis et cinq de plus, « possiblement ». Les glaciers de nos montagnes seraient menacés tout comme les forêts boréales. Ce serait bien pire encore si la trajectoire actuelle d’un réchauffement de l’ordre de +2,5 °C était maintenue.

Ces travaux ne doivent toutefois pas être pris pour plus qu’ils ne sont. À savoir, une « bonne première étape » dans l’évaluation des points de basculement. Car les incertitudes restent importantes et les prévisions des modèles climatiques à ce sujet finalement assez peu fiables.

Un autre phénomène reste également à prendre en compte : la cascade de basculement. Une sorte d’effet domino envisagé par les chercheurs d’un point de basculement qui pourrait en entraîner d’autres. Et abaisser ainsi les seuils de non-retour. 

SCIENCE
Exceeding 1.5°C global warming could trigger multiple climate tipping points

9 Sep 2022

Vol 377, Issue 6611

DOI: 10.1126/science.abn7950

Abstract

Climate tipping points are conditions beyond which changes in a part of the climate system become self-perpetuating. These changes may lead to abrupt, irreversible, and dangerous impacts with serious implications for humanity. Armstrong McKay et al. present an updated assessment of the most important climate tipping elements and their potential tipping points, including their temperature thresholds, time scales, and impacts. Their analysis indicates that even global warming of 1°C, a threshold that we already have passed, puts us at risk by triggering some tipping points. This finding provides a compelling reason to limit additional warming as much as possible.

Climate tipping points (CTPs) are a source of growing scientific, policy, and public concern. They occur when change in large parts of the climate system—known as tipping elements—become self-perpetuating beyond a warming threshold. Triggering CTPs leads to significant, policy-relevant impacts, including substantial sea level rise from collapsing ice sheets, dieback of biodiverse biomes such as the Amazon rainforest or warm-water corals, and carbon release from thawing permafrost. Nine policy-relevant tipping elements and their CTPs were originally identified by Lenton et al. (2008). We carry out the first comprehensive reassessment of all suggested tipping elements, their CTPs, and the timescales and impacts of tipping. We also highlight steps to further improve understanding of CTPs, including an expert elicitation, a model intercomparison project, and early warning systems leveraging deep learning and remotely sensed data.

11/09/2022 D’où provenaient les premiers Amérindiens ?

On nomme Amérindiens les peuples autochtones d’Amérique soit les peuples qui habitaient les Amériques avant la colonisation européenne, ainsi que leur descendance. Les termes Amérindiens, Indiens d’Amérique et Indiens sont toujours utilisés pour les désigner. La présence humaine dans cette partie du monde remonte au Paléolithique.

La question de savoir à quelle espèce humaine appartenaient ces premiers homo(s) restait posée. Rappelons qu’en 1989 des restes humains ont été découverts dans une grotte de la province chinoise de Yunnan, au sud-ouest du pays. Selon une première datation au radiocarbone, cet os de cuisse et une partie d’un crâne ont pu être datés à 14.000 ans, soit une période où l’Homo sapiens commençait sa migration à travers le monde.

Mais si la période de ces fossiles était connue, certaines caractéristiques inhabituelles des os laissaient un doute sur l’espèce humaine à laquelle ils appartenaient. Si certains scientifiques ont d’abord pensé à une espèce hybride entre l’homme moderne et une autre espèce plus archaïque, ce groupe nommé « Red Deer People » a pu finalement être identifié grâce un séquençage d’ADN  effectué par des scientifiques chinois.

Le résultat de leurs travaux a été publié le 25 juillet 2022 dans la revue Current Biology. L’ADN a pu révéler que ce crâne appartiendrait à un individu de sexe féminin, un membre des Homo sapiens, soit un ancêtre humain direct. En comparant le génome extrait des fossiles avec des ADN de personnes encore vivantes de diverses parties du monde, les scientifiques ont pu démontrer que cet individu présentait une ascendance avec les premiers Amérindiens.

Ce groupe auquel il appartenait aurait traversé le détroit de Béring afin d’arriver sur le continent et devenir les premiers Américains. Le Détroit de Béring sépare aujourd’hui d’environ 83 km la Sibérie orientale de l’Alaska . Sa profondeur à l’époque n’est pas connue clairement. Les traversées se seraient-elles faites à pied ou dans des embarcations primitives ?

Références

Current Biology https://doi.org/10.1016/j.cub.2022.06.016 (accès réservé)

Volume 32, Issue 14, 25 July 2022, Pages 3095-3109.e5

A Late Pleistocene human genome from Southwest China

Abstract

Southern East Asia is the dispersal center regarding the prehistoric settlement and migrations of modern humans in Asia-Pacific regions. However, the settlement pattern and population structure of paleolithic humans in this region remain elusive, and ancient DNA can provide direct information. Here, we sequenced the genome of a Late Pleistocene hominin (MZR), dated ∼14.0 thousand years ago from Red Deer Cave located in Southwest China, which was previously reported possessing mosaic features of modern and archaic hominins. MZR is the first Late Pleistocene genome from southern East Asia. Our results indicate that MZR is a modern human who represents an early diversified lineage in East Asia. The mtDNA of MZR belongs to an extinct basal lineage of the M9 haplogroup, reflecting a rich matrilineal diversity in southern East Asia during the Late Pleistocene. Combined with the published data, we detected clear genetic stratification in ancient southern populations of East/Southeast Asia and some degree of south-versus-north divergency during the Late Pleistocene, and MZR was identified as a southern East Asian who exhibits genetic continuity to present day populations. Markedly, MZR is linked deeply to the East Asian ancestry that contributed to First Americans.

10/09/2022 Rechercher de la vie dans le cosmos autour de Trappist-1

Jusqu’à présent aucune forme de vie analogue à celle présente en abondance dans les océans ou sur les continents de la Terre n’a être observée sur les planètes du système solaire. Ceci ne veut pas dire qu’il n’en existe pas et qu’il ne faille pas les rechercher, mais les espoirs sont minces

Faut-il alors rechercher de la vie sur des planètes extérieures au système solaire, se situant dans notre galaxie voire dans d’autres galaxie?. Il existerait entre 100 et 1000 milliards de planètes dans notre seule galaxie. Parmi elles, une sur cinq pourrait être une exoplanète hébergeant la vie.

Si l’on admet que l’univers visible contiendrait mille milliards de galaxies et que chacune de ces galaxies contiendrait 100 et 1000 milliards de planètes, le nombre de ces planètes est quasiment incommensurable Les récentes observations faites par le télescope spatial James Webb confirment ces hypothèses
https://www.tf1info.fr/sciences-et-innovation/en-images-les-plus-beaux-cliches-du-telescope-spatial-james-webb-2226412.html

Par ailleurs ces planètes sont si éloignées, en termes d’années lumière, qu’il faut renoncer à toutes communications avec leurs éventuels habitants

Ceci ne retire pas son intérêt à la recherche de formes de vie sur ces planètes. L’on sait que le même télescope James Webb vient de débuter l’observation d’un système rassemblant sept exoplanètes découvert en 2017. Cet ensemble de planètes, semblables à la Terre et situées autour d’une étoile, pourrait réunir les conditions préalables à une éventuelle présence de forme de vie.

En 2017, une équipe internationale dirigée par des chercheurs belges de l’université de Liège à découvert  l’existence de sept exoplanètes, toutes d’une taille proche de celle de la Terre. Elles gravitent autour de Trappist-1, une étoile naine dite rouge située à 39 années-lumière du système solaire.. Ce nom de Trappist rend hommage au télescope du même nom situé au Chili qui a permis cette découverte. Les naines rouges  sont les plus petites et les plus faibles des étoiles ; environ 80% des étoiles sont des naines rouges, mais aucune n’est visible à l’œil nu depuis la Terre

Les sept planètes en question (baptisées b, c, d, e, f, g et h) sont des planètes rocheuses comme la Terre et non des planètes gazeuses, comme Jupiter ou Saturne. Elles sont très proches de leur étoile, à une distante équivalente à celle de Mercure au Soleil. « Si on devait comparer avec notre système solaire, c’est comme si elles étaient situées dans l’orbite de Mercure », indique Marc Ollivier, astronome et directeur de l’Institut d’astrophysique spatiale d’Orsay (Essonne). Cela signifie qu’elles tournent autour de Trappist-1 dans un temps très court, entre un jour et demi, pour la plus proche, et 19 jours, pour la plus éloignée

Autre caractéristique : ce système est situé à moins de quarante années-lumière de la Terre. Sachant qu’une année-lumière équivaut environ à 9 500 milliards de km, Trappist-1 est donc éloignée de près de 370 000 milliards de km de nous. C’est relativement proche de la Terre, quand on sait que la Voie lactée mesure 100.000 années lumière. Ainsi la lumière émise par le Soleil met environ 8 minutes pour nous parvenir. Si le Soleil s’arrêtait de briller, on ne s’en apercevrait que 8 minutes après.

Plusieurs milliers de systèmes exoplanétaires ont déjà été détectés dans l’espace depuis le premier en 1995, mais celui-ci provoque un enthousiasme particulier.  C’est le système le plus proche physiquement de la Terre, avec des planètes qui lui ressemblent et qui sont alignées.

Trois des planètes, la e, la f et la g,  sont situées dans la zone habitable  de Trappist-1, leur étoile, c’est-à-dire ni trop proches ni trop éloignées d’elle, offrant des températures adéquates pour que de l’eau liquide existe à leur surface. 

Le système « Trappist-1 est unique, confirme  Olivia Lim, doctorante à l’Université de Montréal. Toutes les conditions, ou presque toutes, y sont favorables pour la recherche de vie à l’extérieur de notre système solaire. »

Toutefois, si vie il y avait, elle pourrait être bien différente de ce que l’on connaît sur Terre, car la rotation des planètes sur elles-mêmes et leur révolution autour de Trappist-1 pourraient être synchrones. Comme pour la Lune par rapport à la terre, pour laquelle on voit toujours la même face, l’étoile ne verrait qu’une seule face des planètes. Ce serait alors le jour éternel pour cette face et la nuit éternelle pour l’autre. »

Par ailleurs, grâce à ses instruments perfectionnés, James Webb va pouvoir déterminer si ces planètes possèdent une atmosphère et, si elle existe, sa composition. Ceci parce que en observant les planètes lorsqu’elles transitent autour de l’étoile, c’est-à-dire alors qu’elles passent devant l’étoile par rapport à nous, à chaque passage d’une planète devant Trappist-1, James Webb pourra observer la baisse de luminosité de l’étoile, mais aussi décomposer sa lumière, par spectroscopie, comme un arc-en-ciel décompose la lumière du Soleil en plusieurs couleurs.

En multipliant les observations, James Webb pourra donc identifier l’éventuelle présence  de biomarqueurs, soit la présence d’un gaz ou d’une combinaison de gaz, méthane et hydrogène qu’on détecterait dans son atmosphère et qu’on ne puisse pas expliquer par autre chose que la présence d’une forme de vie.

09/09/2022. La menace de la fonte des glaciers antarctiques

Le continent antarctique est la plus grosse réserve de glace de la planète. Quelque 98 % de sa surface sont recouverts d’une couche de glace d’une épaisseur moyenne de 1,6 km. C’est pourquoi la morphologie du sous-sol antarctique reste encore peu connue voire inconnue, alors que petit à petit se dévoile la présence de lacs subglaciaires et de chaînes de montagnes subglaciaires comme celle de Gamburtsev. Cette épaisseur de glace fait de l’Antarctique le continent dont l’altitude moyenne est la plus élevée.

L’Antarctique est le continent dont le climat est le plus froid, le plus sec et le plus venteux. Puisqu’il n’y tombe que peu de précipitations, excepté sur ses parties côtières où elles sont de l’ordre de 200 mm/an, l’intérieur du continent constitue le plus grand désert du monde. À part les bases scientifiques, il n’y a pas d’habitat humain permanent et l’Antarctique n’a pas de population autochtone connue.

Le glacier Thwaites, l’un des glaciers les plus massifs d’Antarctique, mesure plus de 120 kilomètres de large pour une longueur de 600 km (l’équivalant d’un tiers de la France). Il ferait plus de 3 km de haut. En vue de sa taille, il constitue un élément clé pour le maintien de l’équilibre géoclimatique de la planète. Il possède en effet une position stratégique, notamment à l’ouest de l’Antarctique à l’entrée de plusieurs vallées situées en dessous du niveau de la mer. De ce fait, il joue le rôle d’une sorte de barrière, empêchant les autres glaciers de céder et de dériver.

Cependant, en retraçant son histoire, les glaciologues ont remarqué qu’au gré des épisodes de réchauffement par lesquels notre planète est passée, Thwaites serait particulièrement sujet aux changements en comparaison aux autres glaciers. En raison de sa fonte, il serait aujourd’hui responsable de 4% de la hausse des niveaux des mers chaque année, un chiffre qui pourrait passer à 25% en considérant l’accélération du réchauffement climatique. D’après les scientifiques, il serait maintenant dans une phase d’effondrement « rapide ».

Signalons que le concept de « niveau des mers » n’est guère précis. Disons pour simplifier qu’une hausse annuelle de 25% de ce niveau se traduirait par une hausse de quelques centimètres du niveau de la haute mer moyenne. En quelques années des ports comme New-York ou Marseille deviendraient inutilisables sans des travaux considérables.

Référence

Rapid retreat of Thwaites Glacier in the pre-satellite era

https://www.nature.com/articles/s41561-022-01019-9#article-info

Abstract

Understanding the recent history of Thwaites Glacier, and the processes controlling its ongoing retreat, is key to projecting Antarctic contributions to future sea-level rise. Of particular concern is how the glacier grounding zone might evolve over coming decades where it is stabilized by sea-floor bathymetric highs. Here we use geophysical data from an autonomous underwater vehicle deployed at the Thwaites Glacier ice front, to document the ocean-floor imprint of past retreat from a sea-bed promontory. We show patterns of back-stepping sedimentary ridges formed daily by a mechanism of tidal lifting and settling at the grounding line at a time when Thwaites Glacier was more advanced than it is today. Over a duration of 5.5 months, Thwaites grounding zone retreated at a rate of >2.1 km per year—twice the rate observed by satellite at the fastest retreating part of the grounding zone between 2011 and 2019. Our results suggest that sustained pulses of rapid retreat have occurred at Thwaites Glacier in the past two centuries. Similar rapid retreat pulses are likely to occur in the near future when the grounding zone migrates back off stabilizing high points on the sea floor.

Spatial. Le projet SPECULLOS

Ce projet, visant à identifier des planètes proches de la Terre et susceptibles d’héberger de la vie, est encore peu connu.

On lira ci-dessous la réédition d’un article que vient de publier le site Trustmyscience
https://trustmyscience.com/decouverte-2-exoplanetes-potentiellement-habitables-situees-a-100-annees-lumiere/

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Depuis 1995, des centaines d’exoplanètes ont été détectées, révélant que la plupart des étoiles de notre galaxie hébergent leur propre système planétaire. Certains d’entre eux abritent des planètes situées dans la zone habitable de leur étoile, ce qui motive la quête spatiale d’autres formes de vie. Récemment, une équipe internationale a découvert deux super-terres dans la zone habitable de la naine rouge LP 890-9. L’une d’entre elles pourrait être la deuxième exoplanète la plus habitable découverte à ce jour.

À l’ère du télescope spatial James Webb, les exoplanètes terrestres tempérées transitant par des naines rouges, ultra-froides, offrent des opportunités uniques pour caractériser leurs atmosphères, ainsi que pour la recherche des biosignatures de gaz. L’objectif est de comprendre à quelle fréquence et dans quelles conditions la vie peut apparaître.

C’est dans ce but que le projet SPECULOOS (« Search for habitable Planets EClipsing ULtra-cOOl Stars ») a été créé. Bien que SPECULOOS ait démarré officiellement ses opérations scientifiques en 2019, il a été initié en 2011 comme enquête prototype ciblant une cinquante des naines rouges les plus brillantes du côté sud avec le télescope TRAPPIST Sud. Ce prototype d’enquête a conduit à la découverte du système TRAPPIST-11, composé de sept planètes telluriques transitant par une naine ultra-froide M8V proche.

La découverte de ce système de référence a provoqué une vague d’études de suivi théoriques et observationnelles, de sorte que les planètes TRAPPIST-1 sont aujourd’hui les planètes terrestres les mieux étudiées en dehors de notre système solaire. En effet, les auteurs de cette découverte déclaraient en 2017 dans un communiqué : « Le système Trappist-1 est le plus grand trésor de planètes de taille terrestre jamais détectées autour d’une seule étoile ».

Récemment, une équipe internationale de scientifiques, menée par Laetitia Delrez, astrophysicienne à l’Université de Liège, vient d’annoncer la découverte de deux planètes de type « super-Terre » en orbite autour d’une étoile naine rouge sombre, TOI-4306. Il s’agit de la deuxième étoile la plus froide autour de laquelle des planètes sont détectées, après TRAPPIST-1, située à une centaine d’années-lumière de notre Terre. Ces planètes rocheuses sont légèrement plus grandes que la Terre et semblent habitables. D’ailleurs, l’une d’elles pourrait être la deuxième exoplanète la plus habitable découverte à ce jour. Ces travaux sont publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics.

Découverte en synergie

Cette détection de deux super-Terres tempérées transitant par l’étoile naine voisine LP 890-9 fut fortuite. En effet, la planète la plus intérieure (TOI-4306.01) a été détectée pour la première fois par TESS. Cette annonce a déclenché une surveillance photométrique intensive depuis l’Observatoire Sud SPECULOOS, qui a conduit à la découverte d’une deuxième planète en transit à plus longue période, auparavant non détectée par TESS.

Concrètement, la première planète a une taille d’environ 30% supérieure à celle de la Terre et réalise une orbite complète autour de l’étoile en seulement 2,7 jours, bien trop rapide pour y maintenir la vie. Les chercheurs de l’ULiège ont utilisé leurs télescopes terrestres SPECULOOS pour confirmer et caractériser cette planète, et aussi sonder le système en profondeur à la recherche d’autres planètes.

Laetitia Delrez, chargée de recherches FNRS au sein des unités de recherche Astrobiology et STAR (Faculté des Sciences) de l’ULiège, et auteure principale de l’étude, explique dans un communiqué : « TESS recherche des exoplanètes par la méthode des transits, en surveillant la luminosité de milliers d’étoiles simultanément, à l’affut de petites baisses de flux lumineux qui pourraient être causées par le passage de planètes devant leurs étoiles ».

Cependant, l’utilisation de télescopes terrestres est primordiale pour confirmer le caractère tellurique des découvertes et permettre des mesures précises de la taille et des propriétés orbitales. Ce suivi est particulièrement important dans le cas d’étoiles très froides, telles que LP 890-9, qui émettent leur lumière principalement dans le proche infrarouge et pour lesquelles TESS n’a qu’une sensibilité limitée.

C’est pourquoi les télescopes SPECULOOS, dirigés par l’ULiège et installés au sein de l’Observatoire Européen Austral (ESO) de Paranal au Chili (SPECULOOS sud) et à l’Observatoire du Teide à Ténérife (SPECULOOS nord), visent à détecter les planètes terrestres éclipsant certaines des étoiles les plus petites et les plus froides du voisinage solaire. Ils sont dotés de caméras très sensibles dans le proche infrarouge.

Michaël Gillon, maître de recherches FNRS, co-directeur de l’unité de recherches Astrobiology de l’ULiège, déclare : « Le but de SPECULOOS est de rechercher des planètes terrestres potentiellement habitables en transit autour des étoiles les plus petites et froides du voisinage solaire, comme le système planétaire TRAPPIST-1, que nous avons découvert en 2016 grâce à un projet pilote avec notre télescope TRAPPIST-Sud ».

Une planète proche des caractéristiques de la Terre

Ainsi, les observations via SPECULOOS ont permis de confirmer la première planète, mais aussi d’en détecter une deuxième comme mentionnée précédemment. Cette seconde planète, LP 890-9c (renommée SPECULOOS-2c par les chercheurs de l’ULiège), a une taille semblable à la première — environ 40% supérieure à la Terre —, mais présente une période orbitale plus longue, d’environ 8,5 jours. Cette période orbitale, confirmée par la suite avec l’instrument MuSCAT3 à Hawaï, place la planète dans la zone dite « habitable » autour de son étoile.

Francisco J. Pozuelos, chercheur à l’Institut d’Astrophysique d’Andalousie, souligne : « Bien que cette planète soit très proche de son étoile, à une distance environ 10 fois inférieure à celle de Mercure autour de notre soleil, la quantité de rayonnement stellaire qu’elle reçoit reste faible, et pourrait permettre la présence d’eau liquide à la surface de la planète, pour autant qu’elle ait une atmosphère suffisante ».

Cette présence potentielle d’eau liquide serait principalement due au fait que l’étoile LP 890-9 est environ 6,5 fois plus petite que le Soleil et qu’elle a une température de surface deux fois moins élevée. De facto, même si la planète est plus proche, elle présente tout de même des «conditions propices à la vie ».

Par la suite, les chercheurs veulent étudier ce système, notamment SPECULOOS-2c, grâce au télescope spatial James Webb afin de caractériser son atmosphère, comme ce fut le cas récemment pour l’exoplanète WASP-39b. Comme le précise Laetitia Delrez, contrairement aux planètes du système TRAPPIST-1, il faut tenir compte du fait que « LP 890-9c est située à proximité de la limite intérieure de la zone habitable et pourrait par conséquent avoir une atmosphère particulièrement riche en vapeur d’eau, ce qui boosterait alors ses signaux atmosphériques ».

Les auteurs concluent : « La découverte de LP 890-9c offre une opportunité unique de pouvoir mieux comprendre et contraindre les conditions d’habitabilité autour des étoiles les plus petites et froides de notre voisinage solaire ».

Source : Astronomy & Astrophysics

08/09/2022. Guerre en Ukraine. Une nouvelle bipolarisation du monde

Lors d’une réunion agitée les 22/23 juin 2022, le Conseil Européen a accepté que l’Ukraine et la Moldavie déposent leur candidature à l’Union Européenne. La Georgie s’est fait reconnaître une « perspective européenne ».

Un mois après l’Albanie et la Macédoine du Nord ont été engagées à poursuivre leur procédure d’admission. Enfin les six pays des Balkans qui avaient fait acte de candidature plusieurs années auparavant ont vu leur candidature acceptée. Il s’agit de l’Albanie, la Bosnie Herzegovine, le Kosovo, le Montenegro, la Macédoine du Nord et la Serbie.

La simplification des procédures d’accession a également été reconnue. Rappelons qu’il s’agit pour le pays candidat de prouver qu’il satisfait aux Critères de Copenhague concernant notamment le respect de la règle de droit, des droits humains, de la protection des minorités et des règles de l’économie de marché. Ensuite l’accession des nouveaux membres doit être votée à l’unanimité des Etats-membres.

Il est clair que si l’on voulait utiliser plus efficacement l’Union européenne pour faire barrage à l’influence de la Russie, cette simplification s’imposait.

Dans le même temps, Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping s’apprêtent à se rencontrer en Ouzbékistan, la semaine prochaine.

La visite est symbolique. Pour se première grande sortie à l’étranger, Xi Jinping ne choisit pas Joe Biden mais Vladimir Poutine. Des bruits couraient dans les chancelleries concernant une volonté d’indépendance de la Chine à l’égard de la Russie. Mais pour le moment, il semble qu’il n’en soit rien.

08/09/2022..Combien d’êtres conscients dans l’univers connu?

Chaque jour, le miroir de 6,5 mètres du JWST observe et communique les images de sources aussi variées que des galaxies ou des étoiles apparues dans le premier milliard d’années de l’Univers, des amas de galaxies plus proches, des supernovæ, des exoplanètes, des planètes de notre système solaire, des comètes ou des astéroïdes…Ainsi un article de l’astrophysicien Hervé Dole, dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract commente la présence hypothétique du plus lointain proto-amas de galaxies jamais repéré, 600 millions d’années après le Big Bang.

Un proto-amas est un regroupement de galaxies qui deviendra un véritable amas des millions d’années plus tard, avec beaucoup de gaz intergalactique chaud en son sein
https://www.sciencesetavenir.fr/espace/univers/decouverte-du-plus-long-filament-de-gaz-intergalactique_150316). 

Une observation plus récente provenant d’une équipe internationale pilotée par l’université de Californie à Santa Cruz, qui a détecté pour la première fois la présence de dioxyde de carbone dans une atmosphère d’exoplanète, Wasp-39b, à 700 années-lumière de la Terre, et que Nature a publié le 29 août
.https://www.nature.com/articles/d41586-022-02350-2

Cette planète, surnommée un Jupiter chaud, est trop chaude pour pouvoir abriter la vie. Mais le dioxyde de carbone est considéré comme une biosignature, pouvant révéler la présence antérieure d’une forme de vie analogue à la nôtre.

Pour résumer ce sont des milliards de milliards de planètes qui ont du constituer ou constituent encore l’univers visible. Sur ces planètes ont du se trouver ou se trouvent encore un nombre incommensurable d’êtres vivants dotés de cerveaux et consécutivement de conscience. Peut-on penser qu’ils se représentent celle-ci comme le font les croyances religieuses ou les neurosciences terrestres?

Référence

A lensed protocluster candidate at z=7.66 identified in JWST observations of the galaxy cluster SMACS0723-7327

https://doi.org/10.48550/arXiv.2208.04930

N. LaporteA. ZitrinH.DoleG. Roberts-BorsaniL.J. FurtakC. Witten

According to the current paradigm of galaxy formation, the first galaxies have been likely formed within large dark matter haloes. The fragmentation of these massive haloes led to the formation of galaxy protoclusters, which are usually composed of one to a few bright objects, surrounded by numerous fainter (and less massive) galaxies. These early structures could have played a major role in reionising the neutral hydrogen within the first billion years of the Universe; especially, if their number density is significant. Taking advantage of the unprecedented sensitivity reached by the James Webb Space Telescope (JWST), galaxy protoclusters can now be identified and studied in increasing numbers beyond z≥ 6. Characterising their contribution to the UV photon budget could supply new insights on the reionisation process. We analyse the first JWST dataset behind SMACS0723-7327 to search for protoclusters at z≥6, combining the available spectroscopic and photometric data. We then compare our findings with semi-analytical models and simulations. In addition to two bright galaxies (≤26.5 AB in F277W), separated by ∼11\arcsec and spectroscopically confirmed at zspec=7.66, we identify 6 additional galaxies with similar colors in a θ∼20\arcsec radius around these (corresponding to R∼60−90 kpc in the source plane). Using several methods, we estimate the mass of the dark matter halo of this protocluster, ∼4×1011M⊙, consistent with various predictions. The physical properties of all protocluster members are also in excellent agreement with what has been previously found at lower redshifts: star-formation main sequence and protocluster size. This detection adds to just a few protoclusters currently known in the first billion years of the universe. Such z≥7 galaxy protoclusters may play an important role in cosmic reionisation.

30 Aug 2022

 

07/09/2022 La guerre entre les États-Unis et l’OTAN contre la Russie

La guerre entre les États-Unis et l’OTAN contre la Russie, provoquée initialement par la volonté américaine de poursuivre l’encerclement de la Russie en intégrant l’Ukraine dans l’alliance, n’est pas prêt de se terminer. La guerre a déjà entraîné la mort de dizaines de milliers de soldats et de civils ukrainiens, la mort de dizaines de milliers de soldats russes et l’effondrement de la vie économique ukrainienne.

Les principaux bénéficiaires du conflit sont les entrepreneurs américains et européens du secteur de la défense, qui enregistrent les plus grosses commandes depuis des décennies. S’y ajoutent les entreprises américaines du secteur de l’énergie, qui ont augmenté leurs exportations de gaz et de pétrole sur le marché européen à des prix records.

Malgré le désastre économique qui menace l’Europe, les États-Unis ne font qu’intensifier leur engagement dans la guerre. La Maison-Blanche vient de demander lundi au Congrès d’allouer 11 milliards de dollars supplémentaires à la guerre en Ukraine, ce qui vient s’ajouter aux 50 milliards de dollars déjà alloués à ce jour. Il est devenu indéniable que la Maison-Blanche est en train de supprimer presque toutes les restrictions qui subsistent quant à l’implication des États-Unis dans cette guerre.

Dans un article intitulé «Pourquoi les États-Unis deviennent plus audacieux dans leur soutien à l’Ukraine» (Why the US is becoming more brazen with its Ukraine support, https://vpk.name/en/629058_why-is-the-us-becoming-more-brazen-in-its-support-of-ukraine.html), The Hill https://thehill.com/ indique que «le gouvernement Biden arme l’Ukraine avec des armes qui peuvent causer de sérieux dommages aux forces russes. Contrairement au début de la guerre, les responsables américains ne semblent pas inquiets de la réaction de Moscou».

L’article cite William Taylor, ancien ambassadeur américain en Ukraine, qui a déclaré: «Au fil du temps, le gouvernement a reconnu qu’il pouvait fournir aux Ukrainiens des armes de plus gros calibre, plus performantes, à plus longue portée et plus lourdes. Les Russes n’ont pas réagi…. Le gouvernement Biden s’en est inquiété au début – et il s’en inquiète encore dans une certaine mesure – mais la crainte de provoquer les Russes a diminué».

L’article note que le mois dernier, «des responsables de la défense ont déclaré que les États-Unis enverraient pour la première fois à l’Ukraine des drones de surveillance ScanEagle, des véhicules MaxxPro lourdement blindés qui résistent aux mines et des systèmes de missiles antichars guidés TOW, ainsi que diverses nouvelles munitions». Ces éléments s’ajoutent aux missiles antiradiation à grande vitesse AGM-88, ainsi qu’à une augmentation massive du nombre de systèmes de missiles à longue portée HIMARS (High Mobility Artillery Rocket Systems) .

The Hill ajoute: «À l’avenir, de nombreux reportages indiquent que les États-Unis prévoient d’envoyer prochainement des munitions d’artillerie Excalibur à guidage de précision: des armes qui peuvent parcourir jusqu’à 70 kilomètres et qui aideraient les Ukrainiens à cibler les positions et les postes de commandement russes difficilement accessibles».

L’article cite un responsable américain anonyme qui a déclaré: «Je pense que les responsables américains en matière militaire, ainsi que la communauté du renseignement, sont d’instinct plus tournés vers l’avant et plus agressifs qu’auparavant… Nous avons beaucoup plus d’espace de notre côté pour prendre des mesures qui aideront l’Ukraine sans avoir une peur injustifiée de la façon dont Poutine va réagir».

Pendant ce temps, les médias américains applaudissent l’offensive ukrainienne dans le sud de l’Ukraine, que la Maison-Blanche utilise comme prétexte pour étendre considérablement la participation américaine à la guerre. À ce jour, les États-Unis ont fourni des centaines de drones et d’avions, des centaines de véhicules, des dizaines de milliers de missiles et des millions de cartouches de munition. Mais comme le précise The Hill, cela n’est qu’un acompte alors que les États-Unis préparent une intervention «plus agressive» dans la guerre.

(Adaptation d’un article du World Socialist Web Site paru en anglais le 6 septembre 2022

06/09/2022 Le megalodon aurait pu facilement dévorer une baleine de 8m de long

C’est ce qu’affirme une reconstruction en 3D de ce prédateur géant. Il devait mesurer jusqu’16m de long et peser plus de 60tonnes

Des chercheurs du Royal Veterinary College (Grande Bretagne) ont reconstitué ce requin en utilisant des dents et des vertèbres fossilisées et en utilisant un logiciel ayant précédemment servi à estimer la taille du Tyrannosaurus Rex.

L’image 3D en résultant donnerait une idée convenable de ce qu’était ce requin, vu de l’extérieur et de l’intérieur. Il apparaît qu’il devait avoir besoin de 20 fois plus de calories par jour que le moderne Grand Requin Blanc. Cinq coups de mâchoire seulement lui aurait permis de le dévorer. Son extinction a du avoir un important impact sur les équilibres entre espèces.

Pour en savoir plus, voir l’article référencé ci-dessous

The extinct shark Otodus megalodon was a transoceanic superpredator: Inferences from 3D modeling

SCIENCE ADVANCES
17 Aug 2022
Vol 8, Issue 33
DOI: 10.1126/sciadv.abm9424

Abstract

Although shark teeth are abundant in the fossil record, their bodies are rarely preserved. Thus, our understanding of the anatomy of the extinct Otodus megalodon remains rudimentary. We used an exceptionally well-preserved fossil to create the first three-dimensional model of the body of this giant shark and used it to infer its movement and feeding ecology. We estimate that an adult O. megalodon could cruise at faster absolute speeds than any shark species today and fully consume prey the size of modern apex predators. A dietary preference for large prey potentially enabled O. megalodon to minimize competition and provided a constant source of energy to fuel prolonged migrations without further feeding. Together, our results suggest that O. megalodon played an important ecological role as a transoceanic superpredator. Hence, its extinction likely had large impacts on global nutrient transfer and trophic food webs.