02/10/ 2022. Détection d’un trou noir proche.

De moins en moins d’astrophysiciens mettent en doute l’existence des trous noirs. Ceux ci sont aujourd’hui définis comme  un objet céleste si compact (autrement dit si dense, si lourd) que l’intensité de son champ gravitationnel (la force gravitationnelle se faisant sentir à sa surface) empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper. 
La force gravitationnelle est le phénomène de réaction physique qui cause l’attraction mutuelle entre deux corps. En général, cette attraction se fait entre un objet et un astre comme la Terre ou la Lune. Cette force produit une accélération gravitationnelle

Contrairement à une erreur souvent faite, le trou noir ne révèle pas l’existence d’un univers dans lequel ne se trouverait aucune matière, ce qui n’aurait guère de sens. Ainsi les trous noirs massifs se trouvant au centre des galaxies ne signifient pas que les astres de ces galaxies orbitent autour du vide. Ils orbitent au contraire autour d’une accumulation d’astres si dense qu’elle empêche toute forme de lumière ou de matière de s’en échapper.

Les trous noirs ne se forment pas seulement au centre des galaxies. On en découvre partout dans l’univers. Les principaux sont les trous noirs « stellaires » (quelques dizaines de fois la masse du Soleil) et les « supermassifs » (quelques millions de fois la masse du Soleil). Il existe aussi les trous noirs « intermédiaires » et « miniatures ». Les plus fréquents proviennent de naines blanches.

Une naine blanche est un objet céleste de forte densité, issu de l’évolution d’une étoile de masse modérée ayant épuisé ses réserves de gaz et ne pouvant donc plus entretenir de réactions thermonucléaires. Cet objet acquiert alors une taille jusqu’à 10 fois moindre, et conserve longtemps une température de surface élevée, d’où son nom de « naine blanche ».Elle a éjecté ses couches supérieures sous forme de nébuleuse planétaire. Une naine blanche de la masse du Soleil possède un rayon de 7.000 km et un cm3 de sa matière, dite dégénérée et dominée par des effets quantiques et relativistes) pèse alors une tonne.

L’article dont l’on trouvera ci-dessous les références et l’abstract relate la découverte récente permise par la mission spatiale européenne Gaïa d’un trou noir situé à 1.500 années lumières de la Terre. Ceci signifie que la lumière, s’il en émettait, mettrait 1500 ans à nous parvenir. Cette découverte fera date car il s’agit du premier trou noir vraiment noir observé.

Il a été détecté indirectement grâce à une étoile qui orbite autour de lui, comparable à notre Soleil. Le mouvement anormal de cette étoile, enregistré par le télescope spatial Gaïa, avait intrigué des astrophysiciens. Leurs calculs paraissent indiscutables. La seule façon d’expliquer cette trajectoire est la présence d’un compagnon dix fois plus lourd, et infiniment plus sombre, un trou noir. Les chercheurs se demandent même s’il n’y a pas en fait deux trous noirs, rapprochés, qui tournent l’un autour de l’autre.

Cela fait une centaine d’années que les physiciens recherchent ces trous noirs. Ecette dernière découverte fera date. Pas seulement parce que c’est le plus proche de la Terre jamais découvert – trois fois plus proche que le précédent record. Surtout parce que c’est le premier trou noir vraiment noir détecté.

Les 20 autres trous noirs connus jusqu’ici dans la Voie lactée sont tous en train d’absorber des nuages de gaz ou une étoile alentour : ils sont donc relativement faciles à détecter, grâce aux rayons X émis lors des opérations ce très violent festin. Mais là non : les télescopes ne voient littéralement rien.

Référence

A Sun-like star orbiting a black hole

We report discovery of a bright, nearby (G=13.8; d=480 pc) Sun-like star orbiting a dark object. We identified the system as a black hole candidate via its astrometric orbital solution from the Gaia mission. Radial velocity monitoring validated and refined the Gaia solution, and spectroscopy ruled out significant light contributions from another star. Joint modeling of radial velocities and astrometry constrains the companion mass to M2=9.8±0.2M⊙. The spectroscopic orbit alone sets a minimum companion mass of M2>5M⊙; if the companion were a 5M⊙ star, it would be 500 times more luminous than the entire system. These constraints are insensitive to the assumed mass of the luminous star, which appears as a slowly-rotating G dwarf (Teff=5850 K, logg=4.5, M=0.93M⊙), with near-solar metallicity ([Fe/H] = -0.2) and an unremarkable abundance pattern. We find no plausible astrophysical scenario that can explain the orbit and does not involve a black hole. The orbital period, Porb=185.6 days, is longer than that of any known stellar-mass black hole binary, and the eccentricity is modest, e=0.45. The system’s Galactic orbit is typical of thin-disk stars, suggesting that it formed in the Milky Way disk with at most a weak natal kick. Explaining the system’s formation with standard binary evolutionary models is challenging: it is difficult for the luminous star to survive a common envelope event under standard assumptions, and difficult for it to end up in a wide orbit afterward. Formation models involving triples or dynamical assembly in an open cluster may be more promising. This is the nearest known black hole by a factor of 3, and its discovery suggests the existence of a sizable population of dormant black holes in binaries. Future Gaia releases will likely facilitate the discovery of dozens more.

Comments:29 pages, 15 figures, 1-2 black holes. Submitted to MNRAS
Subjects:Solar and Stellar Astrophysics (astro-ph.SR); Astrophysics of Galaxies (astro-ph.GA)
Cite as:arXiv:2209.06833 [astro-ph.SR]
 (or arXiv:2209.06833v1 [astro-ph.SR] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2209.06833 Focus to learn more


30/09/2022 Nordstream

Il n’existe pas aujourd’hui de pays au monde qui puissent se passer de gazoducs ou oléoducs, soit pour transporter en interne le gaz qu’ils produisent ou utilisent, soit pour importer le gaz qu’ils ne produisent pas ou exporter celui qu’ils produisent en excès. Ces gazoducs sont soit terrestres soit sous- marins. Poser ou réparer des gazoducs terrestres ne pose pas de problèmes particuliers sauf s’ils traversent des pays hostiles.

Ce n’est pas le cas des gazoducs sous-marins, dès qu’ils atteignent une profondeur de quelques mètres. Ils exigent des installations terrestres et flottantes considérables. L’utilisation de drones sous-marins de plus en plus envisagée ne résoudra pas toutes difficultés.

Concernant la réparation des fuites de méthane qui affectent aujourd’hui Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique  il faudrait  selon les ingénieurs couper une section des pipelines, puis la changer en ressoudant le tout. Dans la réalité, l’opération serait plus compliquée. Elle exigerait d’intervenir entre 40m et 80m de profondeur, avec des infrastructures équivalentes à celles qui ont été utilisées lors de la construction des gazoducs.

Les Pays ou organisations dites terroristes qui auraient provoqué ces fuites ont du affronter des difficultés de même nature, rendues plus difficiles par la nécessité d’opérer discrètement dans des aires maritimes sensibles soumises à une surveillance constante, y compris satellitaire, de tous les pays concernés. Pourquoi n’auraient-ils pas été repérés?

https://www.tf1info.fr/international/russie-nord-stream-1-est-probablement-perdu-aux-yeux-de-certains-experts-le-gazoduc-serait-irreparable-2233753.html

Note

En réponse cette question on lira une analyse de Thierry Meyssan en date du 4/10/2022
https://www.voltairenet.org/article218154.html

Les deux explications se complètent

29/09/2022 Reconstitution du noyau originel de la Voie lactée



Notre Galaxie, la Voie lactée, est considérée comme de taille moyenne. Son diamètre est estimé à 100.000 années-lumière. Elle abrite entre 100 et 400 milliards d’étoiles. C’est une galaxie spirale barrée, c’est-à dire est une galaxie spirale dont les bras spiraux n’émergent pas du centre de la galaxie, mais d’une barre constituée d’étoiles traversant ce centre. Elle contient néanmoins un halo d’étoiles tout autour du disque galactique. La densité d’étoiles y est plus faible Comme la plupart des galaxies à disque, elle s’est formée principalement par des collisions avec d’autres galaxies plus petites. Elle les a ensuite attirées petit à petit, jusqu’à ce que les deux systèmes ne fassent plus qu’un. 
Aujourd’hui, des chercheurs ont étudié une autre partie de notre Galaxie : ce qu’ils appellent son noyau . Il s’agit des étoiles qui se situeraient près du centre et dateraient des premiers instants de la Voie lactée, soit moins d’un milliard d’années après le Big Bang. Les résultats de leur étude ont été prépubliés sur le serveur arXiv. On en trouvera ci-dessous les références et l’abstract.

Dans ce que l’on nomme l’archéologie galactique, les chercheurs tentent de comprendre l’histoire de la formation des galaxies, qu’il s’agisse de la nôtre ou de celles qui l’entourent. Or, d’après l’étude citée, deux scénarios peuvent mener à une galaxie à disque aussi massive que la Voie Lactée. Il se forme d’abord un noyau primitif, composé d’étoiles pauvres en métaux, comportant principalement de l’hydrogène et de l’hélium. Ceci parce qu’au tout début de l’Univers, seuls les éléments les plus légers étaient présents. Des nuages plus denses, appelés protogalaxies, se sont ensuite formés, et c’est à partir d’eux que les premières étoiles, puis les galaxies, sont nées  Les éléments plus lourds que l’hélium, qualifiés de « métaux » en astrophysique, ne se sont répartis dans le milieu stellaire qu’après la formation des premières supernovas. On nomme ainsi des explosions d’étoiles massives en fin de vie. Ainsi, selon l’étude, « les galaxies à disques massifs comme la Voie lactée hébergent une population stellaire ancienne, pauvre en métaux et concentrée au centre ».

A la suite de la création de ce premier noyau se produisent les fusions entre galaxies s’accompagnant de la formation d’étoiles primitives : « dans le contexte de la formation hiérarchique de galaxies à disques massifs comme la Voie lactée, nous devrions nous attendre à ce que les étoiles les plus anciennes et les plus pauvres en métaux se soient formées au sein d’une des surdensités principales qui ont fusionné tôt pour former la protogalaxie, ou se soient formées tôt dans des galaxies satellites distinctes qui ont finalement fusionné avec le corps principal. Le premier chenal est communément appelé formation in situ, le second formation accumulée dite aussi formation accrétée ». Le but des chercheurs était de distinguer ces deux scénarios.

Ainsi donc la création d’étoiles au sein d’un nuage d’hydrogène et d’hélium, puis différentes collisions ont conduit à l’agrandissement de la Voie Lactée. Les chercheurs évoquent également une collision avec la galaxie Gaïa-Encelade il y a 11,5 milliards d’années et plusieurs collisions successives avec la galaxie satellite naine du Sagittaire, toujours en orbite aujourd’hui autour de la Voie lactée. En plus de ces deux événements bien connus aujourd’hui-, l’étude évoque d’autres indices caractéristiques d’une galaxie agrandie par accrétion : « Un nombre croissant de composants supplémentaires accrétés distincts de la Galaxie ont été identifiés ».

18.000 étoiles retrouvées avec une métallicité très faible

Pour retrouver le noyau in situ, les chercheurs identifié environ 2 millions d’étoiles géantes, situées à moins de 30° du centre galactique, dans la direction de la constellation du Sagittaire. Ils ont ensuite entrepris de calculer leur métallicité, en se basant sur la quantité de fer relative de ces étoiles par rapport à l’hydrogène, et en comparant avec le Soleil. Pour cela, ils ont utilisé les dernières données récoltées par le satellite Gaia, dévoilées le 12 juillet 2022. Et ils ont dénombré un amas de 18.000 étoiles, à la fois anciennes, datant d’il y a près de 12,5 milliards d’années, et pauvres en métal ! Le tout pour une masse mesurée de 5.107 masses solaires, mais évalué à 108 masses solaires en prenant en compte l’obscurcissement par la poussière, soit environ 0,2 % de la masse totale de la galaxie. 

Jusqu’à aujourd’hui, des étoiles anciennes et pauvres en métallicité avaient été trouvées, comme SDSS J102915+172927 âgée d’environ 13 milliards d’années, ou encore HE 1523-0901, la plus âgée de la galaxie, située dans le halo galactique. Mais elles se trouvent toutes isolées : c’est la première fois qu’un tel amas aussi ancien est trouvé ! L’étude explique aussi que les étoiles trouvées « ne montrent aucune rotation nette », contrairement aux étoiles de métallicité supérieure qui sont « dominées par la rotation ». Un résultat qui témoigne d’autant plus de l’ancienneté de ces étoiles, formées alors que la galaxie n’en était pas encore une, et n’avait pas encore enclenché sa rotation !

Ainsi, pour les chercheurs, « toutes ces informations correspondent à une image dans laquelle ce cœur pauvre en métaux de la Voie lactée constitue le composant proto-galactique le plus ancien de notre Galaxie ». Ils concluent en expliquant que leurs résultats « ne désignent en aucun cas une nouvelle composante stellaire distincte de la Voie lactée », et que « la distribution spatiale de cette population mérite d’être modélisée quantitativement ». Des études supplémentaires permettront d’en savoir plus sur ce noyau in situ de la Voie Lactée et ainsi sur son passé.

Référence

The Poor Old Heart of the Milky Way

Submitted on 6 Sep 2022]

Massive disk galaxies like our Milky Way should host an ancient, metal-poor, and centrally concentrated stellar population. This population reflects the star formation and enrichment in the few most massive progenitor components that coalesced at high redshift to form the proto-Galaxy. While metal-poor stars are known to reside in the inner few kiloparsecs of our Galaxy, current data do not yet provide a comprehensive picture of such a metal-poor « heart » of the Milky Way. We use information from Gaia DR3, especially the XP spectra, to construct a sample of 2 million bright (BP <15.5 mag) giant stars within 30∘ of the Galactic Center with robust [M/H] estimates, δ [M/H] ≲0.1. For most sample members we can calculate orbits based on Gaia RVS velocities and astrometry. This sample reveals an extensive, ancient, and metal-poor population that includes ∼18,000 stars with −2.7< [M/H] <−1.5, representing a stellar mass of ≳5×107 M⊙. The spatial distribution of these [M/H] <−1.5 stars has a Gaussian extent of only σRGC∼2.7 kpc around the Galactic center, with most of these orbits being confined to the inner Galaxy. At high orbital eccentricities, there is clear evidence for accreted halo stars in their pericentral orbit phase. Stars with [M/H] <−2 show no net rotation, whereas those with [M/H] ∼−1 are rotation dominated. Most of the tightly bound stars show [α/Fe]-enhancement and [Al/Fe]-[Mn/Fe] abundance patterns expected for an origin in the more massive portions of the proto-Galaxy. These central, metal-poor stars most likely predate the oldest part of the disk (τage≈12.5 Gyrs), which implies that they formed at z≳5, forging the proto-Milky Way.



Subjects:Astrophysics of Galaxies (astro-ph.GA)
Cite as:arXiv:2209.02722 [astro-ph.GA]
 (or arXiv:2209.02722v1 [astro-ph.GA] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2209.02722 Focus to learn more

28/09/2022 Fuites sur le gazoduc Nordstream 2 en mer Baltique

Nous ne reviendrons pas ici sur cet « incident ». Au soir du 28 septembre, l’accord semble unanime. Il s’agit d’un acte terroriste, pour ne pas parler d’un acte de guerre. Mais aucun consensus n’existe concernant l’auteur de cet acte du guerre, qui est jusqu’ici resté silencieux. On sait seulement que ce sabotage, à cette profondeur, nécessitait des moyens techniques considérables.

Bien que son ouverture ait été annulée en début d’année en représailles à l’invasion russe de l’Ukraine, le gazoduc avait été « préparé techniquement » et « rempli de gaz », a expliqué lundi à l’AFP Ulrich Lissek, porte-parole de la société Nord Stream 2. Ce pipeline devait renforcer les capacités d’exportation de gaz russe directement vers l’Allemagne, en supplément du premier gazoduc Nord Stream. Ce dernier a été complètement arrêté début septembre par Gazprom.

La Russie, fréquemment accusée, a refusé toute responsabilité. On ne voit pas en effet quels avantages elle tirerait de ce sabotage, qui la privera pendant un temps indéterminé, des revenus qu’elle attendait de la vente à l’Allemagne des hydrocarbures russes. Moscou va demander une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU au sujet des fuites, après avoir sommé Joe Biden de dire si les États-Unis étaient à l’origine de ce « sabotage ». Une insinuation jugée « ridicule » selon la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

Mais alors, cui bono ? A qui profite le crime ? On peut penser que c’est au puissant lobby gazo-pétrolier américain. Celui-ci veut rendre impossible l’acquisition par les Européens de gaz russe. Depuis plusieurs mois, les pétroliers américains ont financé la construction de navires méthaniers porteurs de Gaz Naturel Liquéfié CNL extrait en abondance aux Etats-Unis et qu’ils s’efforcent de vendre à toute l’Europe, obligeant cette dernière à la construction de coûteuses infrastructures portuaires. Ils ont toutes les ressources nécessaires pour saboter un gazoduc.

Voir https://www.nouvelobs.com/monde/20220928.OBS63792/accident-ou-sabotage-ce-que-l-on-sait-des-fuites-sur-les-gazoducs-en-mer-baltique.html

28/09/2022 Nucléaire français. Ne pas promettre si l’on ne peut pas tenir

Beaucoup en France pensent aujourd’hui que la filière nucléaire française, sous la responsabilité d’EDF-RTE, constitue un atout pous le pays, tant au plan technique qu’économique. C’est la raison pour laquelle la France n’a encore que peu investi dans le domaine des énergies renouvelables, notamment solaires.

L’Allemagne qui pour des raisons électorales, ne fait que peu appel au nucléaire, subit aujourd’hui les conséquences de ce choix. Les importations massives de gaz et pétrole russes sur lesquelles elle comptait sont aujourd’hui compromises par des fuites https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/ce-que-l-on-sait-des-fuites-sur-les-gazoducs-nord-stream-1-et-2-en-mer-baltique_5384107.html affectant le gazoduc Nordstream, fuites dont les causes sont aujourd’hui inconnues, mais qui relèvent probablement de l’actuel conflit entre l’Europe et la Russie.

Quant à la France, faut-il rappeler qu’aujourd’hui 26 réacteurs nucléaires sont à l’arrêt . Mails ils devraient avoir redémarré leur production d’électricité au cours de l’hiver, selon la direction de RTE, gestionnaire du réseau. En effet, la France fait face à une indisponibilité exceptionnelle de son parc de 56 réacteurs. La tenue du calendrier de retour au réseau jouera un rôle essentiel dans la gestion électrique du prochain hiver, a prévenu RTE, le gestionnaire du réseau.

À l’origine de cette situation, le retard des maintenances décennales, dû au Covid, et la découverte l’hiver dernier de problèmes de corrosion, contraignant EDF à entreprendre un contrôle quasi général de son parc nucléaire. La direction d’EDF a donc détaillé son calendrier pour les 26 réacteurs aujourd’hui à l’arrêt dans l’Hexagone : cinq doivent repartir en septembre, cinq en octobre, suivis de sept supplémentaires en novembre, trois en décembre, trois en janvier puis deux en février

Mais  ceci mobilise du temps industriel et notamment des ingénieurs et techniciens spécialisé. Selon EDF «  Si, il y a dix ans, on avait pu lancer deux ou trois chantiers de réacteurs, on aurait pu avoir  des spécialistes aujourd’hui rares, tuyauteurs, soudeurs, robinetiers, chaudronniers… Ce déficit de compétences affecte la capacité à réparer au rythme souhaité.

La loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte en est responsable Elle prévoit « 5° De réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025

Aujourd’hui la France a finalement choisi de relancer l’atome, notamment par la voix d’Emmanuel Macron qui à Belfort en février 2022 a souhaité la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR. Mais ceci sera-t-il possible en s’en tenant aux ressources françaises, notamment à un moment où la France mobilisera de plus en plus de compétences dans le cadre du Programme Iter.

Voir

Un naufrage français

https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/09/29/edf-ou-l-histoire-d-un-naufrage-francais_6143752_3234.html

27/09/2022 Stocker de l’électricité par gravité.

Pour stocker de l’électricité, trois techniques sont actuellement utilisées : la batterie, qui n’est rien d’autre qu’un assemblage de piles, la Station de transfert par pompage-turbinage (STEP), dont le premier exemplaire a été installé au début du XXe siècle, et le stockage par air comprimé, inventé il y a près de 50 ans.

Depuis quelques années, un nouveau concept est en cours d’expérimentation Il s’agit du stockage « gravitaire » à base de blocs de béton développé par Energy Vault, une start-up américaine dont le siège d’exploitation est situé en Suisse. Suivant un principe inspiré de la STEP, le système hisse des poids en béton au sommet d’une structure pour accumuler de l’électricité, sous forme d’énergie de pesanteur.

Pour décharger l’électricité, il suffit de laisser ces blocs tomber au sol. Dans leur descente, ils entraînent des câbles qui animent un alternateur, produisant du courant. À l’origine, le système se présente sous la forme d’une grue à bras multiples, équipée de treuils pour empiler ou étaler les blocs.

Un prototype est opérationnel depuis juin 2020 à Ticino en Suisse. De part sa conception, l’installation accuse quelques défauts, comme une prise au vent importante et une faible surface balayée par les flèches.

Energy Vault a donc dévoilé une version plus évoluée de son concept. Le système de stockage est désormais contenu dans un immense bâtiment rectangulaire. Les blocs de béton circulent à la manière d’un ascenseur, dans une cage métallique. Ils peuvent être hissés et redescendus dans n’importe quelle cellule de la structure, à la verticale comme à l’horizontale.

Sans préciser les détails techniques, la société évoque simplement une autonomie de 2 à 12 heures, selon le dimensionnement. La puissance et la capacité du système évoluerait en fonction du nombre de modules installé. Chaque module serait capable de stocker 10 MWh d’électricité, sans que l’on connaisse ses dimensions, sa puissance, son rendement ni la quantité de béton nécessaire.

Malgré les incertitudes sur l’efficacité du concept, quelques opérateurs ont manifesté de l’intérêt. En Californie, deux producteurs d’électricité ont commandé un premier système de 275,2 MWh dont la mise en service est prévue pour mi-2023. Mais le plus gros contrat vient de Chine. Energy Vault a signé un accord pour y développer un projet de 2 GWh en Mongolie intérieure, dont les détails n’ont pas été précisés.

Dans un communiqué , la société évoque une première installation pilote de 25 MW de puissance et 100 MWh de capacité à Rudong, proche de Shanghai, dont les travaux ont démarré en mars 2022.

Remerciement

https://www.revolution-energetique.com/

25/09/2022 Des batteries électriques quantiques rechargeables en un clin d’oeil.

Les véhicules modernes à propulsion électrique font appel à des parcs d’accumulateurs embarqués dont le poids considérable obère une partie de leur charge utile. Ceci tient essentiellement au fait que ces accumulateurs dits aussi batteries sont avec les technologies actuelles très longs à recharger et qu’il faut éviter de les décharger complètement. Des batteries qui se chargeraient en quelques secondes changeraient complément les données du problème. Aujourd’hui les physiciens pratiquant la physique quantique considèrent que cet exploit, comme beaucoup d’autres de même nature, serait réalisable dans le cadre de cette physique. De plus, selon cette physique, plus la batterie serait de taille importante, plus vite elle se rechargerait.

Le terme de batterie doit être entendu ici dans son sens électrochimique. Dans une telle batterie, les électrons et les ions sont séparés de facto, ce qui leur permet d’accumuler de l’énergie. Connecter les électrodes qui leur correspondent libère cette énergie et, en ce cas, produit un courant électrique. Recharger la batterie à partir d’un courant électrique oblige à les déconnecter de nouveau

Aujourd’hui, les batteries rechargeables dites lithium-ion https://www.centrale-energie.fr/spip/spip.php?article354 ont été mises au point en 2019 et sont devenues la règle compte-tenu de leurs grandes capacités et rapidité de recharge. Mais elles présentent des inconvénients que ne devraient pas avoir les batteries quantiques.

Il y a 10 ans environ, des chercheurs européens des université de Dantzig et de Leuwen proposèrent au plan théorique le concept de batterie quantique. Ils s’appuyèrent sur l’expérience que l’on a depuis des décennies du monde quantique. Le monde quantique n’est pas définissable en soi. Faute d’observateur, les particules quantiques n’ont pas de propriétés précises. Elles peuvent être par exemple dans des états dits de superposition ou d’intrication.

Charger une batterie conventionnelle suppose le déplacement de milliards de milliards d’électrons. Il serait difficile de représenter cela en termes quantiques. Les concepts plus globaux de la thermodynamique suffisent. Ils sont donc utilisés pour décrire le comportement des moteurs, des pompes, des batteries et autres machines. On cherche aujourd’hui en cosmologie à les utiliser pour comprendre les corps noirs voire l’univers lui-même. Il n’est pas nécessaire pour cela de décrire le comportement quantique des simples particules, fussent-elles nommées des qu-bits, des particules quantiques.

Néanmoins, en ce qui concerne la vitesse de charge, la réalisation d’une batterie quantique permettrait, tout au moins en théorie, d’obtenir des vitesses de charge quasi-instantanées. si les composants individuels de cette batterie avaient des propriétés quantiques de superposition et d’intrication, recharger électriquement ce composant se répercuterait presque instantanément sur tous les autres composants.

Resterait en pratique à fabriquer une batterie quantique. Au vu du coût et du temps de déploiement des calculateurs quantiques d’aujourd’hui, la réalisation de batteries quantiques de conception relativement proche de celle de ces calculateurs et destinées à équiper des millions de véhicules n’est pas pour demain.

Mieux vaut s’armer de patience

Voir https://www.ibs.re.kr/cop/bbs/BBSMSTR_000000000738/selectBoardArticle.do?nttId=21132&pageIndex=1&searchCnd=&searchWrd=

24/09/2022 Fusion nucléaire. De nouveaux progrès

Nous avons souvent rappelé ici que la fusion nucléaire constituera dans quelques années une source d’énergie majeure, dépassant en performance les énergies renouvelables. La France abrite à Cadarache le centre de recherche internationale ITER au sein duquel collaborent activement une vingtaine de pays. ITER ne sera pas lui-même un centre de production mais de mise en commun d’expériences à partir de leurs propres tokamaks de recherche.

Le rapport cité en référence, dont nous publions l’abstract, concerne une avancée importante vers la fusion nucléaire du tokamak sud-coréen KSTAR sur lequel repose le projet Kepko Korea Superconducting Tokamak Advanced Research https://home.kepco.co.kr/kepco/EN/G/htmlView/ENGFHP006.do?menuCd=EN070706

KSTAR est un Tokamak situé à Daejeon en Corée du Sud. Il doit contribuer aux efforts de recherches sur le confinement magnétique du plasma pour le projet ITER. Le projet a été approuvé en 1995 et la construction du KSTAR s’est achevée le 14 septembre 2007 pour une première mise en route en juin 2008.

Les chercheurs sud-coréens ont annoncé avoir réussi une réaction de fusion à très haute température. La température était celle nécessitée par un réacteur en vraie grandeur. Le plasma ainsi créé a été conservé stable pendant 30 secondes. C’est là un exploit jamais réussi jusqu’à présent. S le plasma avait touché ne fut-ce qu’une fraction de seconde les parois du réacteur, il se serait brutalement refroidi en détériorant tout l’équipement.

Les techniques de confinement magnétique utilisées jusqu’à présent pour conserver le plasma au centre du dispositif sont beaucoup plus approximatives :

Edge transport barrier ETB ou Internal transport barrier ITB

Les chercheurs utilisèrent au KSTAR une barrière de type ITB améliorée qui augmente la température au centre du plasma et la refroidir vers l’extérieur. Ils réussirent à arrêter la réaction au bout de 30 secondes pour mieux l’étudier ultérieurement et mettre au point pour l’avenir des parois de réacteur à base de tungstène. Il faudra sans doute imaginer une procédure utilisant la technique dite des conducteurs superioniques ou fast-ion conduction permettant d’extraire la chaleur produite pour lui donner des applications utiles (voir https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rsta.2019.0451)

A sustained high-temperature fusion plasma regime facilitated by fast ions

https://www.nature.com/articles/s41586-022-05008-1

7 sept.22

Abstract

Nuclear fusion is one of the most attractive alternatives to carbon-dependent energy sources. Harnessing energy from nuclear fusion in a large reactor scale, however, still presents many scientific challenges despite the many years of research and steady advances in magnetic confinement approaches. State-of-the-art magnetic fusion devices cannot yet achieve a sustainable fusion performance, which requires a high temperature above 100 million kelvin and sufficient control of instabilities to ensure steady-state operation on the order of tens of seconds. Here we report experiments at the Korea Superconducting Tokamak Advanced Research device producing a plasma fusion regime that satisfies most of the above requirements: thanks to abundant fast ions stabilizing the core plasma turbulence, we generate plasmas at a temperature of 100 million kelvin lasting up to 20 seconds without plasma edge instabilities or impurity accumulation. A low plasma density combined with a moderate input power for operation is key to establishing this regime by preserving a high fraction of fast ions. This regime is rarely subject to disruption and can be sustained reliably even without a sophisticated control, and thus represents a promising path towards commercial fusion reactors.

23/09/2022. Astrophysique. Articles récents concernant les trous noirs et collisions de galaxies

Faute de temps pour les commenter, nous publions ici les références de cinq articles d’actualité concernant les sujets ci-dessus.

https://lejournal.cnrs.fr/articles/voici-la-toute-premiere-image-dun-trou-noir

https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-voie-lactee-devoile-son-trou-noir

https://www.cnrs.fr/fr/les-astronomes-revelent-la-premiere-image-du-trou-noir-au-coeur-de-notre-galaxie

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https://theconversation.com/images-de-science-ce-que-le-telescope-james-webb-nous-apprend-sur-les-collisions-de-galaxies-190460

https://theconversation.com/images-de-science-le-telescope-james-webb-nous-emmene-13-milliards-dannees-dans-le-passe-186791

22/09/2022 Menaces nucléaires russes. Quelles menaces précisément ?

Nous lisons le 22 mars 2022 dans Libération : « Pour conclure, Poutine n’a tout de même pas pu s’empêcher d’agiter de nouveau la menace nucléaire : «Si l’intégrité territoriale de notre pays est menacée, nous utiliserons certainement tous les moyens à notre disposition pour défendre la Russie et notre peuple. Ce n’est pas du bluff.»

En relisant ces propos tels que rapportés par Libération, nous n’y voyons pas d’allusion à une menace nucléaire précise formulée par Poutine contre l’Occident. D’ailleurs le porte parole de l’ambassade russe interrogé par Radio-France le 21 au soir n’a pas voulu confirmer ce propos.

Cela peut se comprendre. L’Ukraine et l’est de la Russie sont si proches que les vents d’ouest-nord-ouest dominants en été rapporteraient inévitablement tous les rejets nucléaires provenant d’une explosion atomique russe vers l’envoyeur. Il en serait de même de l’emploi d’armes atomiques de faible puissance. L’une de celles-ci suffirait à rayer de la carte une ou deux villes frontières russes.

Quant à utiliser un missile balistique intercontinental ICBM pour frapper l’Europe ou les Etats-Unis, Dieu merci, personne ne l’envisage à Moscou, autant que l’on sache.