15/02/2022 De nouveaux variants du covid-19 découverts chez des rats d’égout

Comme leur nom l’indique, les rats d’égout rattus norveginicus se trouvent en abondance dans les égouts des grandes villes. Ils en sortent régulièrement, notamment pour explorer des dépôts d’ordures déposées sans précautions dans beaucoup de rues mal tenues. Ils peuvent être occasionnellement en contact avec des humains, notamment les égoutiers chargé de leur destruction. Dans les siècles précédents, on les avait non sans raison accusés de transmettre le bacille de la peste, yercinia pestis/

C’est pourquoi une nouvelle étude menée par des scientifiques américains suscite l’inquiétude. Ceux-ci annoncent (voir référence ci-dessous) avoir découvert un nouveau variant du coronavirus chez des rats vivants dans les égouts de la ville de New-York. Ils auraient pu être infectés par l’eau ou des excréments, apparemment sans conséquence pour leur santé.

Cette souche pourrait être transmise par les rats à l’homme, comme cela avait été le cas avec la chauve-souris dans le cas de l’actuelle épidémie de coronavirus.

Référence

https://www.nature.com/articles/s41467-022-28246-3

Tracking SARS-CoV-2 genetic diversity is strongly indicated because diversifying selection may lead to the emergence of novel variants resistant to naturally acquired or vaccineinduced immunity. To monitor New York City (NYC) for the presence of novel variants, we deep sequence most of the receptor binding domain coding sequence of the S protein of SARS-CoV-2 isolated from the New York City wastewater. Here we report detecting increasing frequencies of novel cryptic SARS-CoV-2 lineages not recognized in GISAID’s EpiCoV database. These lineages contain mutations that had been rarely observed in clinical samples, including Q493K, Q498Y, E484A, and T572N and share many mutations with the Omicron variant of concern. Some of these mutations expand the tropism of SARS-CoV-2 pseudoviruses by allowing infection of cells expressing the human, mouse, or rat ACE2 receptor. Finally, pseudoviruses containing the spike amino acid sequence of these lineages were resistant to different classes of receptor binding domain neutralizing monoclonal antibodies. We offer several hypotheses for the anomalous presence of these lineages, including the possibility that these lineages are derived from unsampled human COVID-19 infections or that they indicate the presence of a non-human animal reservoir.

13/02/2022 Coopération industrielle dans le spatial militaire français

Par le terme de spatial militaire, on entend aujourd’hui tous réseaux de satellites principalement dédiés à la transmission de communications comme à l’observation de la Terre et du domaine spatial proche à des fins militaires. On désigne aussi les programmes définissant le domaine de travail de ces équipements au service des forces armées respectives.

La France dispose aujourd’hui de trois satellites militaires en charge du programme CSO (Composante Spatiale Optique) sous la tutelle de la DGA (Direction Générale de l’Armement). Les industriels français en charge de ces programmes sont Airbus Space et Thales Alenia Space (TAS). Ils se livraient jusqu’à présent à une concurrence féroce, excluant toute coopération.

Aujourd’hui cependant les deux entreprises vont signer un accord pour mettre en place, toujours sous l’égide de la DGA, une équipe industrielle commune dans l’observation spatiale. Elle sera en charge du programme IRIS (deux satellites), qui succédera à CSO (Composante Spatiale Optique, trois satellites) et du programme « Céleste ». Le premier proposera des capacités d’observation optique renouvelées , tandis que le second devra améliorer le renseignement d’origine électromagnétique, c’est-à-dire la captation de signaux en tous genre

La ministre des Armées Florence Parly a donné son approbation à ce programme lors d’un comité ministériel d’investissement qui s’est tenu en décembre dernier et qui a entériné une co-maîtrise d’oeuvre Airbus Space et TAS sur IRIS. Ce schéma industriel vaut également pour l’export où les deux entreprises se livraient une concurrence souvent contre-productive.

Un schéma industriel commun est également en train d’être étudié sur le même modèle pour le programme CELESTE, qui succédera à la constellation de trois satellites CERES (Capacité de renseignement électromagnétique spatiale). Cette double opération (IRIS et CELESTE) a enterré pour un certain temps l’idée des pouvoirs publics de fusionner les deux constructeurs.

Pour en savoir plus

CSO https://fr.wikipedia.org/wiki/Composante_spatiale_optique. La Composante Spatiale Optique (CSO) est une série de trois satellites de reconnaissance optique faisant partie du programme d’armement français MUSIS (Multinational Space-based Imaging System). Déployés entre 2018 et 2022, ceux-ci doivent succéder, avec des performances accrues, aux satellites de génération précédente, Helios 2.

Voir aussi en date du 16 octobre 2020 https://www.nextinpact.com/article/44167/le-renseignement-spatial-evolue-rapidement-france-va-deployer-nouveaux-satellites. Ce dernier article devra être actualisé sur la base du présent article

13/02/2022. L’Otan sur tous les fronts

L’Otan, dont on ne saluera jamais assez l’altruisme, s’est penchée sur le problème de la dépendance de l’Europe au gaz russe, a rapporté le journal espagnol La Vanguardia (accès payant).

L’Organisation étudie la possibilité de construire un gazoduc entre l’Espagne et la France, qui relierait la Catalogne espagnole à l’Allemagne et permettrait de réduire la dépendance de l’Europe centrale au gaz russe. Ceci se ferait en utilisant des réservoirs espagnols contenant déjà du gaz naturel liquéfié (GNL) américain importé.

Officiellement,Washington, par intermédiaire de l’Otan, tente ainsi de créer en Europe une coalition de pays importateurs de GNL américain afin de réduire la dépendance des pays d’Europe centrale, notamment de l’Allemagne, au gaz de Russie.

Les États-Unis ont proposé par ailleurs une nouvelle fois aux Allemands de bloquer le gazoduc Nord Stream 2 au profit d’un projet alternatif (alimenté autant que possible en GNL américain). Inutile préciser que celui-ci traverserait l’atlantique à bord de super-pétroliers gaziers américains.

Le plan général consiste à « transformer la péninsule Ibérique en plate forme de distribution capable d’affaiblir significativement la forte dépendance de l’Allemagne et de l’Europe centrale du gaz russe », indique le quotidien. L’option de relancer le projet abandonné de corridor gazier Midcat est également à l’étude « dans le nouveau contexte historique » pour acheminer du gaz algérien en Europe centrale. Il s’agit de repenser l’ancien projet du général de Gaulle des années 1950 pour livrer du gaz algérien dans les usines sur le Rhin. 

Le nouveau gazoduc envisagé par l’Otan devrait également acheminer en Europe centrale du gaz liquéfié regazéifié américain arrivant dans les terminaux côtiers espagnols. 

Il est prévu d’évoquer ce projet pendant une assemblée générale de l’Otan en juin. L’Allemagne étudierait sérieusement cette proposition, car elle souhaite diversifier les fournisseurs de GNL

Cependant, d’après les experts, l’Europe ne peut pas remplacer le gaz russe. Ni l’Algérie ni les pays asiatiques et a fortiori les Etats-Unis ne peuvent l’aider en ce sens. 

Le journal L’Avanguardia n’a pas précisé pourquoi l’Otan avait commencé à s’occuper des questions économiques de l’Europe.

Références

https://www.axegaz.com/gaz-naturel-liquefie/perspectives-du-gnl.php

https://totalenergies.com/fr/expertise-energies/projets/petrole-gaz/gnl/yamal-lng

Et si la russie coupait le gaz à l’europe https://korii.slate.fr/biz/energie-ukraine-invasion-russie-couper-gaz-europe-gnl-etats-unis-qatar-dependance-plan-b

12/02/2022 L’implantation de puces électroniques dans le cerveaux de singes tourne à la catastrophe

Il n’y a que de lointains rapports entre le tissu cérébral des primates constitué de milliards de neurones et de dizaines de milliards de synapses et des implants de puces électrotechniques destinées à combler certaines lacunes de ce tissu, lacunes dues soit à des accidents soit à des tumeurs.

Même si théoriquement aujourd’hui il est possible d’obtenir des neurones artificiels de taille comparable, connecter des circuits biologiques de dotés de fonctions complexes et encore mal connues et ceux de puces électroniques greffées dans le tissu cérébral au terme d’une opération nécessairement destructrice et faite très largement à l’aveugle n’a que peu de chances d’aboutir à des concordances suffisante pour que l’influx nerveux se transmette convenablement.

De telles opérations ne réussissent, non sans mal d’ailleurs, que lorsqu’il s’agit de circuits relativement simples, reliant une zone motrice bien identifiée du cortex moteur à un membre artificiel qui n’assurera que des mouvements élémentaires

Il fallait s’y attendre cependant. Le milliardaire Elon Musk a tenté l’expérience chez des singes. Des puces cérébrales conçues par sa société Neuralink, ont causé de graves dommages aux singes utilisés comme cobayes, à en croire une plainte déposée par un groupe de défense des animaux auprès du département américain de l’Agriculture.

Les primates ont enduré des « souffrances extrêmes » après s’être vu implanter des puces dans le cerveau. L’un d’entre eux a notamment perdu plusieurs doigts et orteils « peut-être à cause d’une automutilation ou d’un autre traumatisme non spécifié ». Un autre individu a développé une infection cutanée peu après la pose d’électrodes dans son cerveau, alors qu’un troisième a été pris de vomissements et de halètements, avant de « s’effondrer de fatigue ». Au total, 15 singes sur 23 ont dû être euthanasiés, selon la plainte du Physicians Committee for Responsible Medicine.

Si l’on en croit la communication d’Eurolink, celle-ci ne tardera pas cependant à recommencer.

Références

https://fr.sputniknews.com/20190718/connecter-les-cerveaux-aux-ordinateurs-une-startup-delon-musk-a-cree-des-technologies-speciales-1041713152.html

https://fr.sputniknews.com/20220212/lexperimentation-sur-les-puces-cerebrales-delon-musk-tourne-au-fiasco-1055116151.html

12/02/2922. Du métavers à l’apocalypse quantique

Du métavers à l’apocalypse quantique

Les techniques de la réalité augmentée et du métavers font déjà apparaître à des personnes munies de lunettes spéciales la réalité sous des angles et avec des images différentes de ce que qu’ils verraient sans ces lunettes. Elles suscitent un intérêt croissant, car leurs applications sont désormais multiples, aussi bien au plan artistique que scientifique.

Mais elles suscitent aussi l’inquiétude. Les entreprises et bientôt les gouvernement qui y ont recours ne vont-ils pas imposer aux citoyens mal informés des visions du monde conformes à leurs intérêts et ne correspondant pas à la « réalité » dans laquelle ils sont immergées.Le port actuel de lunettes spéciales deviendra inutile. Avec un peu de pessimisme, l’on pourrait parler d’un univers apocalyptique.

Dans le monde quantique, cette perspective est indispensable à la connaissance. La matière au plan des particules n’y est plus située dans le temps ni dans l’espace. Les ordinateurs quantiques, dotés de bits quantiques, fonctionnent sur ce principe. Ils ont déjà des applications utiles et en auront de plus en plus.

L’une de ces révolutions, déjà bien esquissée, concerne le concept de réalité. Existe-t-il une réalité indépendante de celui qui l’observe, que ce soit un humain, un végétal ou un virus ? Et si oui, comment la définir ?

Sur ce sujet, voir :

https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tavers#:~:text=Un%20m%C3%A9tavers%20(de%20l’anglais,sont%20accessibles%20via%20interaction%203D.

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9alit%C3%A9_augment%C3%A9e

https://www.rt.com/op-ed/548477-quantum-apocalypse-doomsday-realistic/?utm_

11/02/2022 . Ukraine. Jouer à se faire peur

La Russie n’attaquera jamais la première l’ Ukraine. Vladimir Poutine l’a assuré à Emmanuel Macron lors de leur entretien à Moscou. Il n’ a pas de raison de ne pas lui faire confiance.S’il le faisait l’Amérique riposterait immédiatement et ce serait la guerre nucléaire mondiale. De son coté Joe Biden se sait incapable d’intervenir en Ukraine, faute notamment de forces terrestres suffisantes. Lui non plus d’ailleurs ne veut pas de guerre avec la Russie. On le comprend.

L’Ukraine pour sa part renforce constamment ses moyens militaires, notamment en matériels de guerre. On pourrait penser qu’elle préparerait une offensive, sinon contre les Russes, du moins contre les Ukrainiens russophones séparatistes du Donbass. Mais il ne s’agit que de gesticulations de la part du président Volodymyr Oleksandrovytch Zelensky. Lui aussi sait très bien qu’en ce cas, il ne serait pas soutenu par l’Otan, bien incapable de déployer des moyens sérieux contre l’armée russe qui ne manquerait pas de réagir.

Si Zelensky était raisonnable, au lieu de s’acharner sur le Donbass, il insisterait pour que l’Europe et la Russie coopèrent avec lui pour mettre en valeurs les ressources naturelles de l’Ukraine et reconstituer son appareil industriel.

17/02/2022 Nouveau succès pour la fusion nucléaire

Communication de l’Eurofusion consortium :

L’objectif de la campagne était de caractériser, avec la nouvelle paroi de JET semblable à celle d’ITER et à l’aide de nouveaux diagnostics, le comportement du plasma de fusion dans des expériences deutérium-tritium et avec des conditions attendues dans ITER pour préparer le pilotage de ce futur démonstrateur de fusion. La mission a été remplie avec un bon accord entre les prédictions de la puissance de fusion et les observations pour les durées maximales accessibles au JET.

Pour atteindre ce nouveau record, le tokamak européen a subi une transformation profonde, à laquelle l’Institut de recherche sur la fusion par confinement magnétique du CEA (CEA-IRFM) a activement participé. En 2011, le carbone composant les parois intérieures du tokamak a été remplacé par du béryllium et du tungstène, qui absorbent beaucoup moins le tritium que le carbone. JET présente ainsi une configuration plus proche de celle d’ITER mais un volume dix fois plus petit, ce qui en fait un banc d’essai essentiel pour le futur démonstrateur international, dont les premiers plasmas sont prévus avant 2030 et en 2035 pour le mélange deutérium-tritium.

JET est cependant limité à des durées de quelques secondes car ses parois intérieures ne sont pas refroidies activement et ses bobines de champ magnétique ne sont pas supraconductrices.

C’est pourquoi le tokamak supraconducteur WEST (W Environment in Steady-State Tokamak) du CEA-IRFM, installé sur le centre CEA de Cadarache (Bouches-du-Rhône), constitue un banc d’essai complémentaire de JET pour préparer l’exploitation d’ITER. En effet, contrairement à JET, ses bobines sont supraconductrices et ses parois en tungstène sont activement refroidies, ce qui va lui permettre à partir de 2022 de développer les techniques de contrôle pour des durées de production de plasma de deutérium (sans tritium) de plusieurs minutes, comme ce sera le cas pour ITER.

Note

Les scientifiques du consortium EUROfusion, auquel participe notamment le CEA français Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies), ont enregistré le 21 décembre 2021 la production de 59 mégajoules d’énergie de fusion nucléaire pendant plusieurs secondes dans le Joint European Torus (JET), le seul tokamak (sorte de réacteur à fusion nucléaire) opérationnel au monde utilisant du deutérium et du tritium, installé au Royaume-Uni.

Les réacteurs nucléaires que nous connaissons actuellement fonctionnent sur le principe de la fission, qui consiste à casser des noyaux atomiques d’uranium et de plutonium en projetant dessus un neutron.

​Avec 59 mégajoules d’énergie de fusion produite pendant 5 secondes, le tokamak JET a surpassé en 2021 son précédent record établi en 1997 (21,7 mégajoules). Cette campagne expérimentale a été menée par les scientifiques d’EUROfusion, parmi lesquels une trentaine de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens du CEA.

L’objectif de la campagne était de caractériser, avec la nouvelle paroi de JET semblable à celle d’ITER et à l’aide de nouveaux diagnostics, le comportement du plasma de fusion dans des expériences deutérium-tritium et avec des conditions attendues dans ITER pour préparer le pilotage de ce futur démonstrateur de fusion. La mission a été remplie avec un bon accord entre les prédictions de la puissance de fusion et les observations pour les durées maximales accessibles au JET.

Pour atteindre ce nouveau record, le tokamak européen a subi une transformation profonde, à laquelle l’Institut de recherche sur la fusion par confinement magnétique du CEA (CEA-IRFM) a activement participé. En 2011, le carbone composant les parois intérieures du tokamak a été remplacé par du béryllium et du tungstène, qui absorbent beaucoup moins le tritium que le carbone. JET présente ainsi une configuration plus proche de celle d’ITER mais un volume dix fois plus petit, ce qui en fait un banc d’essai essentiel pour le futur démonstrateur international, dont les premiers plasmas sont prévus avant 2030 et en 2035 pour le mélange deutérium-tritium.

JET est cependant limité à des durées de quelques secondes car ses parois intérieures ne sont pas refroidies activement et ses bobines de champ magnétique ne sont pas supraconductrices.

C’est pourquoi le tokamak supraconducteur WEST (W Environment in Steady-State Tokamak) du CEA-IRFM, installé sur le centre CEA de Cadarache (Bouches-du-Rhône), constitue un banc d’essai complémentaire de JET pour préparer l’exploitation d’ITER. En effet, contrairement à JET, ses bobines sont supraconductrices et ses parois en tungstène sont activement refroidies, ce qui va lui permettre à partir de 2022 de développer les techniques de contrôle pour des durées de production de plasma de deutérium (sans tritium) de plusieurs minutes, comme ce sera le cas pour ITER. La fusion nucléaire, au contraire, vise à réunir deux noyaux de deutérium et de tritium (des variants de l’hydrogène) sous l’effet d’une très haute pression et d’une chaleur extrème (150 millions de degrés Celsius, soit 10 fois celle du soleil). Des conditions dans lesquelles la matière est à l’état de plasma, celle que l’on retrouve au cœur des étoiles.

Cette fusion entraîne la libération d’un neutron qui, en percutant les parois d’un tokamak, dégage de la chaleur. Celle-ci est ensuite récupérée pour alimenter une turbine, à l’instar des installations électriques classiques.

Un tokamak est un dispositif de confinement magnétique expérimental explorant la physique des plasmas et les possibilités de produire de l’énergie par fusion nucléaire.

Dans cette machine géante en forme de « donut » qu’est le tomakak, les scientifiques situés près de la ville anglaise d’Oxford ont battu le précédent record établi en 1997, selon l’Autorité britannique de l’énergie atomique. Cinq secondes étant la limite à laquelle la machine peut maintenir la puissance avant que ses aimants ne surchauffent. Mais il s’agit de l’énergie nécessaire pour assurer les besoins, pendant cinq secondes, de 35 000 foyers, a expliqué Joe Milnes, le directeur des opérations du JET. 

On comprend mieux pourquoi, une fois cette technologie de fusion nucléaire maîtrisée, le potentiel de puissance pourrait largement assurer les besoins en électricité du monde entier.

Le programme de recherche baptisé ITER ambitionne en tout cas « d’offrir à l’humanité une source d’énergie propre, sans déchet nucléaire et virtuellement inépuisable ».

Et les résultats annoncés ce mercredi montrent la possibilité de créer de l’énergie de fusion pendant cinq secondes, le maximum possible pour que les aimants en cuivre du JET ne surchauffent pas. Une expérience qui représente l’aboutissement de près de 40 ans de travail. 

Et surtout des données encourageantes qui confortent un peu plus encore l’intérêt de la conception du réacteur à fusion ITER, encore plus avancé que le JET, en construction dans le sud de la France. Car le futur tokamak d’ITER mesurera 29 mètres de haut pour 28 mètres de diamètre et pèsera approximativement 23.000 tonnes. Il sera équipé d’aimants supraconducteurs qui permettront de générer de l’énergie de fusion pendant plus longtemps, possiblement plus de 300 secondes.

Pour en savoir plus

1) ITER

ITER est une organisation internationale dont le site de recherche et d’expérimentation est installé dans le nord des Bouches-du-Rhône. Environ 1.200 chercheurs et 2.500 personnes y travaillent. Elle est financée par sept membres, représentant 35 pays (l’Union Européenne, les USA, la Chine, l’Inde, la Russie, la Corée-du-Sud et le Japon), et comptant plus de la moitié de la population mondiale et 80 % du PIB.

2) Le plasma en physique

Le plasma est un état de la nature (au même titre que le liquide, le solide ou le gaz). C’est de la matière partiellement ou totalement ioniseé. L’ionisation est l’action qui consiste à ajouter ou enlever des charges à un atome électriquement neutre, qui devient ainsi un ion (chargé positivement ou négativement).

Les plasmas sont un milieu constitué d’un mélange de particules neutres, d’ions positifs(atomes ou molécules ayant perdu un ou plusieurs électrons) et d’électrons négatifs. Un plasma est électriquement neutre et ses particules interagissent les unes avec les autres.

10/02/2022 Relance du nucléaire en France

On peut penser que par l’annonce à Belfort d’une relance du programme français de centrales nucléaires, Emmanuel Macron a considérablement augmenté le nombre de ceux qui voteront pour lui lors des prochaines élections présidentielles.

En effet, une grande majorité de citoyens considèrent que le parc français de réacteurs constituent un atout inestimable dans un monde où, malgré certaines économies, les besoins en électricité ne cessent de croître. De plus, alors que l’emploi s’est fait plus rare, le maintien sur chaque site d’équipes très qualifiées est apprécié à sa juste valeur. A cet égard, la fermeture de la centrale alsacienne de Fessenheim, alors qu’elle aurait pu sans risques rester en activité au moins 10 ans de plus, était considéré comme une faute grave.

Concernant les énergies renouvelables, notamment dans le solaire et l’hydro-électricité, Emmanuel Macron a voulu rassurer en affirmant que les investissements seraient poursuivis. Mais la crainte de voir les campagnes françaises se couvrir d’éoliennes et les côtes se garnir de générateurs sous-marins, s’est dissipée – toutes solution dont le coût industriel et environnemental sera considérable.

On rappellera que le gestionnaire de Réseau de Transport d’Electricité RTE dans une étude qui détaille les chemins possibles pour atteindre la neutralité carbone en 2050, intitulée « Futurs énergétiques 2050 », a présenté deux scénarios. Le premier (dit N2) escompte le lancement d’un programme « ambitieux » et « rapide » de construction de nouveaux réacteurs, à raison d’une paire tous les trois ans à partir de 2035 pour atteindre 14 nouveaux réacteurs EPR à l’horizon 2050. Le deuxième (N03) table sur une mise en chantier encore plus volontariste, avec 14 réacteurs EPR et quelques mini-réacteurs de type SMR pour atteindre « un mix de production reposant à parts égales sur les renouvelables et le nucléaire à l’horizon 2050 ». Ce scénario repose toutefois sur l’hypothèse d’une prolongation très large de la durée de vie des réacteurs existants, et d’un approvisionnement en uranium sans aléas diplomatiques.

Concernant les énergies renouvelables, notamment dans le solaire et l’hydro-électricité, Emmanuel Macron a voulu rassurer en affirmant que les investissements seraient poursuivis. Mais la crainte de voir les campagnes françaises se couvrir d’éoliennes et les côtes se garnir de générateurs sous-marins, s’est dissipée – toutes solutions dont le coût industriel et environnemental serait considérable.

Ajoutons que la relance du nucléaire de fission permettra en parallèle à la France d’investir davantage dans le nucléaire de fusion grâce à des ressources accrues notamment au plan humain.





09/02/2022 ITER. Un succès pour le tokamak chinois

Il y a trois an, la Chine entreprenait la construction de son réacteur à fusion nucléaire expérimental, le tokamak HL-2M. Les responsables du projet viennent d’annoncer qu’après avoir été mis en service avec succès, ce tokamak a battu un record. Il a atteint la température de 120 millions de degrés.

Rappelons que la fusion nucléaire est considérée, en concurrence avec les énergies renouvelables, comme pouvant résoudre, mieux que la fission, les problèmes d’énergie du monde de demain. Produire de l’énergie en rapprochant à très haute température des noyaux atomiques, en ce cas de l’hydrogène — comme le fait naturellement le Soleil — se réalise sans émission de gaz à effet de serre, sans production de déchets radioactifs et avec moins de risques d’accident.

Compte tenu de son expérience dans le domaine de l’énergie atomique, la France avait proposer d’héberger à Cadarache des équipes de recherche internationale investissant dans la fusion. C’est ce qui a donné naissance au consortium international ITER. Le futur tokamak d’ITER (encore conçu pour la recherche et non pour produire de l’électricité), devrait entrer en service dans une dizaine d’années. En attendant, les pays membres développent leur propre projet de tokamak. L’actuel tokamak français s’appelle Tore supra.

La Chine, membre d’ITER, avait annoncé en 2019 que son réacteur à fusion nucléaire expérimental le plus performant serait opérationnel en 2020. C’est ce qui a été fait il y a quelques jours avec la mise en service du tokamak HL-2M Sino UNIted Spherical Tokamak . surnommé « soleil artificiel ». À terme, sa chambre de confinement magnétique devrait générer une chaleur  de plus de 200 millions de degrés Celsius. C’est plus de dix fois plus la température qui règne au cœur du soleil.

On notera que les États-Unis, sous la pression du lobby pétrolier, ont pris beaucoup de retard dans ce domaine essentiel.

Sur ITER, voir https://www.20minutes.fr/sciences/3227379-20220208-nucleaire-va-allumer-petit-soleil-provence-iter-poursuite-energie-etoiles

09/02/2022. Dépenses militaires ou dépenses d’exploration spatiale.

Le budget militaire des Etats-Unis est de plus de 750 milliards de dollars. Environ le tiers de cette somme alimente directement les industries militaires américaines afin entretenir et renouveler le matériel en service dans l’US Army.

De la même façon, mais pour des sommes bien inférieures, la Russie, la Chine, l’Inde et en Europe la France dépensent des milliards de dollars en armements divers. Ces dépenses ont des retombées civiles, mais pour des montants sans comparaisons.

Dans le même temps l’Agence spatiale europénne prépare la mission spatiale Jupiter Icy Moons Explorer, en abrégé JUICE. Celle-ci doit être lancée en aout 2023 par une fusée Ariane 5 vers les satellites de Jupiter, Callisto, Europe et Ganymède Après les avoir étudiés à plusieurs reprise, la sonde se placera en orbite autoour de Ganymede pour des observations plus aprofondis.

L’objectif central de la mission est de déterminer si des conditions propices à l’émergence à la vie sont présentes dans les océans qui semblent exister sour une couche de glace de surface. Il s’agirat de déterminer les caractéristiques de ces océans et de reconstituer les modalités de leur formation. Des études plus poussées seront effectuées sur Callisto et plus particulièrement Ganymède qui présente la particularité de comporter un champ magnétique notable. La sonde spatiale doit également faire avancer les connaissances sur l’atmophère et la magnétosphère de Jupiter.

On trouve dans le NewScientist du 22 janvier 2022, p. 48, un entretien avec le planétologue britannique Leigh Fletcher. Il y explique comment une meilleure connaissance de ces planétoides aidera à mieux comprendre les origines du système solaire, de la Terre et peut-être de la vie sur cette dernière.

Compte tenu des budgets actuels de la NASA, de l’ESA et autres agences spatiales, ii faudra attendre des décennies avant que des sondes ne se posent sur ces planètes pour les étudier de façon plus approfondie, voire peut-être même y découvrir de forme de vie encore inconnues. N’envisageons même pas d’y débarquer des missions humaines.