15/03/2023 Réduire les erreurs des calculateurs quantiques

Cette réduction d’erreurs serait indispensable si l’on voulait remplacer éventuellement les calculateurs classiques par des calculateurs quantiques. Mais pour cela cette réduction devrait être évolutive (scalable)

En informatique quantique, un qubit est un système quantique à deux niveaux, qui représente la plus petite unité de stockage d’information quantique. Ces deux niveaux représentent chacun un état de base du qubit et en font donc l’analogue quantique du bit. Cependant, les qu-bits sont susceptibles d’interférences et d’erreurs qui doivent être idetifiées et corrigées si l’on veut obtenir des calculateurs quantiques aussi efficaces que les calculateurs classiques. Cela sera encore plus nécessaire lorsque l’on voudra leur soumettre des problèmes aussi difficiles que ceux rencontrés dans la physique et la cosmologie actuelles .

Une réponse à cet enjeu est nommée la correction des codes de surface (surface code correction). Il s’agit d’augmenter le nombre des qubits physiques qui travaillent ensemble sur une même question comme s’ils étaient un même qubit logique. Cette méthode est utilisée par les calculateurs classiques, mais elle est ici rendue plus difficile par le fait qu’un qubit s’y présente comme une superposition d’états, zéro et un et que tout effort pour le mesurer directement détruits les données.

C’est pourquoi une équipe de Google dirigée par Hartmut Neven a montré que la taille des qubits quantiques pouvait être augmentée et que ceci entraine une réduction du taux d’erreurs. Si ceci pouvait être vérifié, un calculateur quantique pourrait traiter des problèmes aussi complexes que le font les calculateurs classiques, sinon plus

Rappel. Grâce à la propriété de superposition quantique, un qubit stocke une information qualitativement différente de celle d’un bit. D’un point de vue quantitatif, la quantité d’information gérée par un qubit est virtuellement plus grande que celle contenue dans un bit, mais elle n’est accessible qu’en partie au moment d’une mesure

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Référence

Published: 22 February 2023

Suppressing quantum errors by scaling a surface code logical qubit

Google Quantum AI

Nature  volume614, pages 676–681 (2023

Abstract

Practical quantum computing will require error rates well below those achievable with physical qubits. Quantum error correction1,2 offers a path to algorithmically relevant error rates by encoding logical qubits within many physical qubits, for which increasing the number of physical qubits enhances protection against physical errors. However, introducing more qubits also increases the number of error sources, so the density of errors must be sufficiently low for logical performance to improve with increasing code size. Here we report the measurement of logical qubit performance scaling across several code sizes, and demonstrate that our system of superconducting qubits has sufficient performance to overcome the additional errors from increasing qubit number. We find that our distance-5 surface code logical qubit modestly outperforms an ensemble of distance-3 logical qubits on average, in terms of both logical error probability over 25 cycles and logical error per cycle ((2.914 ± 0.016)% compared to (3.028 ± 0.023)%). To investigate damaging, low-probability error sources, we run a distance-25 repetition code and observe a 1.7 × 10−6 logical error per cycle floor set by a single high-energy event (1.6 × 10−7 excluding this event). We accurately model our experiment, extracting error budgets that highlight the biggest challenges for future systems. These results mark an experimental demonstration in which quantum error correction begins to improve performance with increasing qubit number, illuminating the path to reaching the logical error rates required for computation.

15/03/2023 La serpentinisation : apparition de la vie dans le système solaire

Dans le système solaire, une vie de type terrestre n’a été identifiée que sur la planète Terre, dans les eaux océaniques et les eaux douces, sur les terres émergées et dans les airs, au dessous d’une certaine altitude..

Elle est recherchée cependant sur les autres planètes rocheuses, Mars et ses satellites notamment. En dehors du système solaire, on suppose que les planètes hébergeant une vie de type terrestre sont nombreuses mais elles sont trop éloignées pour que même avec un télescope spatial aussi performant que le James Webb on puisse pour le moment l’identifier.

Il n’existe donc pas d’éléments suffisants pour remettre en cause l’affirmation de certains exobiologistes selon laquelle la vie n’est apparue que sur la Terre, faute de la présence ailleurs des éléments dont elle aurait eu besoin.

Ceci dit, il convient de préciser le processus selon lequel, même en présence d’éléments favorables, la vie est apparue sur la Terre. Ceci se serait fait, autant que l’on sache aujourd’hui, le long des dorsales océaniques, ainsi concernant l’océan Atlantique, le long de la dorsale médio-atlantique ou mid-atlantic ridge.

La dorsale médio-atlantique, appelée aussi ride médio-atlantique, est un relief essentiellement sous-marin qui se situe au milieu de l’océan Atlantique et dans l’océan Arctique. Elle commence à 333 kilomètres au sud du pôle Nord par 87° de latitude nord. Elle s’arrête près de l’île Bouvet par 54° de latitude sud. Wikipédia

Dans ces dorsales sont apparus très tôt des évents. Il s’agit de conduits naturels laissant échapper des gaz. Ces évents, dits aussi fumeurs, monts hydrothermaux, cheminées hydrothermales, sources hydrothermales sont situés sur l’axe des dorsales  océaniques ainsi qu’à proximité des bassins arrière-arc. Ils sont une conséquence des mouvements des plaques tectoniques. Ils évacuent une partie de la chaleur interne de la Terre. C’est en 1977 que ces monts et la vie sous-marine luxuriante qui leur est associée ont été découverts aux îles Galápagos par le submersible américain Alvin. Cet écosystème privé de lumière est basé sur une production primaire assurée par des bactéries chimiosynthétiques qui vivent libres ou en symbiose avec les organismes.

Parmi les hypothèses envisagées concernant l’apparition de la vie sur Terre, l’une ne repose que sur les propriétés intrinsèques de notre planète et fait intervenir un processus géologique majeur : la serpentinisation de la lithosphère océanique.

On appelle serpentinisation une réaction hydrothermale d’hydratation et d’oxydation des roches basiques et ultra-basiques océaniques. La serpentinisation apporte en effet des réponses fortes aux contraintes du vivant : une source d’énergie, des molécules organiques par synthèse abiotique, les briques des principales bio-macromolécules ainsi qu’un espace confiné pouvant faire office de réacteur chimique du vivant.

Ceci dit, on en sait encore très peu sur ces processus fondamentaux, compte tenu du coût des navires scientifiques d’exploration. Un intérêt particulier sera donc attaché à la mission de 40 jours du Falkor T00, anciennement appelé Polar Queen et dédié à la recherche industrielle sous-marine. Il a quitté San Juan de Puerto Rico, équipé de 30 équipements de recherche originaux dont deux petits sous-marins. Il étudiera plus complètement les évents hydrothermaux accessibles et les nombreuses formes de vie, encore mal connues, qui y prospèrent. Il est loué à cette fin par le Schmidt Ocean Institute de Palo Alto et embarquera une centaine de scientifiques.

Pour en savoir plus

Falcor T00 https://www.vesselfinder.com/fr/vessels/details/9523378

Serpentinisation océanique et vie primitive 28/01/2014
Article
Marie-Laure Pons
ENS de Lyon – Laboratoire de Géologie de Lyon
https://planet-terre.ens-lyon.fr/ressource/serpentinisation-oceanique-vie-primitive.xml#lieu-propice

14/03/2023 Australie, Etats-Unis et Royaume-Uni s’associent pour réaliser une nouvelle génération de sous-marins

Ce nouveau partenariat militaire entre les trois pays, qui va impliquer un très gros effort industriel, doit permettre de produire des sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire. SMNA Ces sous-marins sont à distinguer des SNLE , sous-marins nucléaires lanceurs d’engins dédiés au lancement de missiles sur de longues distances

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sous-marin_nucl%C3%A9aire_d%27attaque

Les sous-marins nucléaires d’attaque (abrégés en SNA en français et SSN pour « Ship Submersible Nuclear » selon le code OTAN) sont des sous-marins à propulsion nucléaire. Contrairement aux SNLE qui ont pour seule mission la dissuasion nucléaire, les SNA sont destinés à des missions de protection, de renseignement et de projection de puissance.

Le premier de cette classe de navires de guerre fut l’USS Nautilus de l’US Navy qui entra en service en 1955.

Ces sous-marins sont des chasseurs. Ils ont plusieurs rôles  (source Wikipedia)

  • Lutte anti-sous-marine : détection, pistage et éventuellement destruction de sous-marins adverses (SNA, SNLE ou sous-marins diesel), en mission individuelle (patrouille) ou en protection d’un groupe de combat de surface, notamment d’un groupe aéronaval ;
  • Lutte anti-navire : soit en mission de protection d’un groupe de surface, ou en mission offensive : blocus naval, stratégies d’interdiction ;
  • Action contre des installations à terre avec l’emploi de missiles de croisière ;
  • Renseignement : interception électronique, prises de vues optiques et infra-rouge discrètes ;
  • Participation à des actions de forces spéciales avec le débarquement de commandos et de nageurs de combat ;
  • Minage en eaux hostiles.uelques dizaines de minutes, en déchargeant entièrement ses batteries.
  • Armement de principe
  • Torpilles : il s’agit de torpilles lourdes à long rayon d’action, généralement filoguidées, à autodirecteur acoustique actif ou passif.
  • Missiles aérodynamiques à changement de milieu (c’est-à-dire lançable en plongée) de 2 types :
  • Mines

SNA en France

Six SNA de classe Rubis sont entrés en service dans la Marine nationale entre 1983 et 1993. Ils sont basés dans le port militaire de Toulon. Les SNLE étant basés à celui de Brest, à l’île Longue. Les Rubis sont la seule classe de sous-marins d’attaque actuellement en service depuis le retrait des derniers sous-marins à propulsion classique en 2001. L’escadrille des sous-marins d’attaque (ESNA) dépend de la Force océanique stratégique qui a assimilé les forces sous-marines à la fin du xxe siècle.

Un programme de remplacement par six SNA du Programme Barracuda (classe Suffren) a démarré le 21 décembre 2006. Le premier bâtiment, le Suffren est lancé le 12 juillet en 2019. D’une longueur de 99 mètres et d’un diamètre de 8,8 mètres, il est armé de missiles de croisière navals, de torpilles lourdes filoguidées F21, de missiles antinavire Exocet SM39 modernisé et de capacité de mouillage de mines. Sa propulsion est hybride : un réacteur à eau pressurisée dérivé des chaufferies équipant les SNLE type Le Triomphant et le porte-avions Charles de Gaulle, deux turbines de propulsion, deux turbo alternateurs et deux moteurs électriques. Son immersion peut dépasser 300 mètres de profondeur. Son équipage est de 65 personnes, plus commandos, et sa disponibilité est supérieure à 270 jours par an. Le 3 juin 2022 à Brest, le Suffren entre officiellement au service actif.

La commande du 4e SNA est notifiée à DCNS en juillet 2014. En raison des restrictions budgétaires, le dernier SNA de cette classe ne devrait pas être opérationnel avant 2030

13/03/2023 La Chine teste ses lasers sur Hawaï et se prépare apparemment à la guerre

Le 28 janvier, la Subaru-Asahi Star Camera, qui diffuse en direct les images prises par le télescope Subaru à Hawaï, a filmé des faisceaux laser verts tombant en pluie sur le volcan Mauna Kea. Les lasers ne provenaient pas, comme on l’a cru à l’origine, d’un satellite de la NASA. Ils ne pouvaient provenir que d’une seule source : le satellite chinois Daqi-1/AEMS.

Pourquoi la Chine a-t-elle attaqué au laser un volcan endormi sur la grande île d’Hawaï ?,« C’est un satellite chinois qui mesure les polluants, entre autres choses », a déclaré Roy Gal, directeurde l’Institut d’astronomie de l’Université d’Hawaï au journal The Hill. Dans le même journal, l’ ancien chef d’état-major des Marine Forces Pacific a déclaré qu’à son « humble avis, il serait bizarre d’affirmer que les Chinois – qui comptent au nombre des plus gros pollueurs de la planète – s’intéresseraient soudain aux polluants au point de collecter des données de ce côté-ci du Pacifique ».

Richard Fisher du Centre international d’évaluation et de stratégie basé en Virginie a émis d’autres hypothèses concernant l’intérêt soudain des scientifiques chinois pour l’atmosphère d’Hawaï. Selon lui, le satellite Daqi-1 est un parfait exemple du caractère dual du programme spatial chinois. Il utilise des lasers puissants pour la recherche sur l’environnement ou les gaz à effet de serre, mais ces données sur la densité atmosphérique et le mauvais temps peuvent également être mises au service du nouvel avion hypersonique de la Chine porteur d’ogives nucléaires. Celui-ci a besoin de mesures météorologiques précises pour aider les ogives à atteindre leurs cibles.»

Les données environnementales peuvent avoir d’autres applications militaires. Le satellite chinois au-dessus d’Hawaï suivait probablement les mouvements de sous-marins américains depuis leur point d’origine jusqu’à la zone Indo-Pacifique. « Il n’est pas exclu que les capacités anti-sous-marines de plus en plus sophistiquées de la Chine permettent aujourd’hui de menacer les sous-marins américains en opérations », a déclaré Brandon Weichert, auteur de Winning Space: How America Remains a Superpower (La Bataille de l’Espace, comment l’Amérique demeure un superpouvoir). « Des lasers avancés mis en orbite peuvent scruter la profondeur des océans pour localiser et suivre les sous-marins américains qui tentent de se déplacer « en silence et dans les grands fonds ».

Fisher note également que les lasers verts peuvent servir à mesurer les fonds marins. « Il n’est pas exclu que la Chine ait réussi à développer des lasers verts compacts et plus puissants pour mieux surveiller les fonds marins, et même effectuer qui sait, des missions anti-sous-marins et anti-mines, depuis l’espace ».

Ce même 28 janvier , le désormais célèbre ballon espion chinois est entré dans l’espace aérien de l’Alaska, dans les Aléoutiennes. Au cours de son vol de huit jours à travers les États-Unis et le Canada, l’engin a eu un bel aperçu de la force de dissuasion nucléaire américaine.

Le ballon, transportant apparemment du matériel de surveillance, a traversé au moins 48 États le 31 janvier. C’est seulement le 4 février, au large de Myrtle Beach, qu’un F-22 de l’US Air Force a abattu ce dirigeable qui surveillait, entre autres installations, les bases de Malmstrom, FE Warren et Minot Air Force, qui abritent toutes les missiles balistiques intercontinentaux américains Minuteman III.

Le ballon est également passé à proximité de la base aérienne de Whiteman, qui abrite la flotte de bombardiers B-2 à capacité nucléaire.

Plus inquiétant encore, l’engin a survolé la base aérienne d’Offutt, le siège du Strategic Command qui a autorité sur l’ensemble du dispositif nucléaire américain. Ce parcours suggère que la Chine cherchait à recueillir des informations en vue d’une frappe sur les sites nucléaires américains.

Si on ajoute à cela les lasers verts qui ont collecté des données atmosphériques utiles à une frappe par un engin volant hypersonique sur Hawaï, les planificateurs de la défense américains ont tous les éléments en main pour être se sentir alarmés.

Après le ballon espion, trois autres « objets » ont traversé l’espace aérien nord-américain. Ces intrus, ont également été abattus, mais leur origine et leur destination demeurent un mystère.

La fond de l’affaire est que ces intrusions ont pris le Pentagone au dépourvu. C’est seulement après que le ballon espion chinois ait pénétré l’espace aérien américain que le Pentagone a passé en revue les données radar précédemment collectées. Il s’est alors rendu compte que d’autres intrusions avaient eu lieu au cours des années précédentes.

« Les Américains ont perdu toute initiative », a déclaré Weichert. « Notre manque de réponse décisive et coordonnée à ces menaces – ou le refus de considérer toutes les éventualités – a diminué notre capacité dissuasive. La Chine croit maintenant qu’elle peut mettre à profit cette inertie. »

En ce moment où la dissuasion s’érode, le Parti communiste mobilise rapidement la société chinoise pour la guerre. Cette préparation implique, entre autres, qu’il serait dangereux de considérer que la pluie de lasers chinois du 28 janvier était uniquement à finalité civile.

13/03/2023 Entrée en vigueur du Partenariat régional économique global (RCEP)


Le Partenariat régional économique global (RCEP) est entré en vigueur samedi 1er janvier 2022. Ce traité entre dix pays d’Asie et du Pacifique autour de la Chine devient l’accord commercial le plus important au monde en termes de produit intérieur brut.

Le RCEP concerne au 1er janvier 2022 six pays membres de l’ASEAN (Brunei, Cambodge, Laos, Singapour, Thaïlande et Vietnam), la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Chine ainsi que le Japon ; le 1er février 2022 la Corée du Sud et le 18 mars 2022 la Malaisie.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Partenariat_%C3%A9conomique_r%C3%A9gional_global

La principale différence entre le RCEP et le TPP précédent est qu’il ne contient pas d’engagements majeurs sur le travail, l’environnement, la propriété intellectuelle, les entreprises publiques et d’autres domaines visés par les précédents TPP et CPTPP. Ainsi en est-il dans l’important domaine du commerce électronique, en cours de négociation.

Il est clair que l’abaissement des droits intéresse particulièrement la Chine, devenue importatrice

Note

Les négociations sur cet accord ont commencé en novembre 2012. Beaucoup d’observateurs le voient comme un accord alternatif à l’accord de partenariat transpacifique (PTP, ou TPP en anglais), notamment à la suite de l’annonce de l’abandon de Donald Trump après son l’élection en 2016. L’accord vise principalement une réduction des droits de douane, avec pas ou peu d’ouverture des marchés publics, d’harmonisation des normes ou encore de conventions sur le droit du travail ou de l’environnement.

L’Inde avait prévu d’intégrer ce projet, avant de changer d’avis en quittant les négociations en 2010. Le retrait de l’Inde, lié notamment à sa rivalité avec la Chine et à sa crainte de subir des importations venant de cette dernière, induit une influence supplémentaire de la Chine dans l’accord

L’accord a été signé le 15 novembre 2020 lors d’un sommet virtuel de l’ASEAN (lutte contre le Covid 19 oblige. L’unification des règles d’origine semble être un des points les plus importants de l’accord De plus, l’accord constitue le premier accord de libre-échange entre la Chine, la Corée du Sud et le Japon. Cependant, s’il concerne un tiers de la population et près de 30 % du commerce mondial5, cet accord laisse encore de côté une bonne partie des produits agricoles et des services, et ne prévoit pas d’unification des normes.

La ratification de six États de l’ASEAN et de trois autres États est nécessaire pour que l’accord entre en vigueur. En février 2021, le parlement thaïlandais ratifie l’accord, suivi en mars 2021 par le Chine, puis par Singapour en avril 2021, le Japon en juin 2021 et le Cambodge en septembre 2021. En novembre 2021, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ratifient l’accord à leur tour.

Il entre en vigueur le 1er janvier 2022.

11/03/2023 La France doit maintenir son avance mondiale en matière de fusion nucléaire

Nous avons souvent ici rappelé que la France s’appuyant sur 50 d’expérience dans le nucléaire de fission, avait su faire du programme international ITER, basé au Centre de recherche de Cadarache, une référence internationale pour les quelques cinquante pays qui ont décidé d’investir dans ce qui sera au sens propre comme figuré, l’énergie de demain.

https://www.iter.org/fr/proj/inafewlines

En France, dans le département des Bouches-du-Rhône, 35 pays sont engagés dans la construction du plus grand tokamak jamais conçu, une machine qui doit démontrer que la fusion — l’énergie du Soleil et des étoiles — peut être utilisée comme source d’énergie à grande échelle, non émettrice de CO2, pour produire de l’électricité. Les résultats du programme scientifique d’ITER seront décisifs pour ouvrir la voie aux centrales de fusion électrogènes de demain.

L’objectif principal d’ITER est de générer des « plasmas en combustion », et d’en comprendre le comportement. Dans un plasma en combustion, l’énergie libérée par le noyau d’hélium issu de la réaction de fusion deutérium-tritium est suffisante pour entretenir la température du milieu, réduisant ainsi, voire supprimant totalement le besoin de recourir à des systèmes de chauffage externes.

ITER doit également mettre en œuvre et assurer l’intégration de l’ensemble des technologies essentielles au fonctionnement d’un réacteur de fusion industriel (aimants supraconducteurs, télémanipulation en milieu extrême, extraction de puissance, etc.). Le programme doit en outre valider les différents concepts de « modules tritigènes » qui permettront aux futurs réacteurs de produire au sein même de la machine le tritium indispensable à leur fonctionnement.

Des milliers d’ingénieurs et de scientifiques ont contribué à la conception d’ITER depuis que l’idée d’une collaboration internationale sur l’énergie de fusion a été lancée en 1985. Les Membres d’ITER (la Chine, l’Union européenne, l’Inde, le Japon, la Corée, la Russie et les États-Unis) se sont réunis dans une collaboration de trente-cinq ans pour construire et exploiter l’installation expérimentale ITER. Un réacteur de démonstration pourra être conçu sur la base de ce retour d’expérience. Ces pays ne s’interdisent de développer pour leur compte un centre de fusion, mais ils se sont engagés à partager leurs expériences

Avantages de la fusion 

Le combustible est abondant « Les combustibles sont pratiquement inépuisables », selon Paul Vandenplas, professeur émérite à l’Ecole royale militaire et fondateur du laboratoire de recherche sur la fusion à l’ERM. https://www.rma.ac.be/fr/antenne. L’un est le deutérium. On le trouve dans l’eau, c’est de l’‘eau lourde’ : une molécule sur 6 000 est du deutérium. » L’autre est le tritium, à fabriquer à partir du lithium. « On le trouve en quantité énorme dans la croûte terrestre, dans la mer… », précise Vincent Massaut (CSK-CEN).

Pas de risque d’emballement nucléaire« Une explosion de type Fukushima est impossible par les lois physiques, selon Paul Vandenplas. Au maximum, un accident aurait des retombées à 2-3 km de la centrale. Il y aurait sans doute un dégagement de tritium (radioactif) à travers les parois. Mais le danger est très minime. » « On pourrait penser que le plasma chauffé à 100 millions de C°, s’il touche la paroi, fasse tout fondre, ajoute Vincent Massaut. En fait, il n’y a que quelques grammes de gaz qui sont très très chauds. Si le plasma touche la paroi, c’est lui qui ‘s’éteint’. » Et au moindre incident, on ferme une vanne et le combustible n’arrive plus. »

Peu des déchets radio actifs. « Les produits radioactifs auraient une courte vie, et pourraient être enfouis dans le sol, indique Paul Vandenplas. « Il y aura des déchets radioactifs dans un réacteur à fusion (car les neutrons vont heurter et activer les parois), souligne Vincent Massaut, mais très maîtrisables. Ce seront des déchets à courte vie radioactive. Deux cents ans après la fermeture, on n’en parlera plus. » Avec la fission, les déchets peuvent rester radioactifs durant des milliers d’années.

 L’étude de la fusion contrôlée n’a aucune application militaire directe. « Il existe déjà une application de la fusion nucléaire, c’est la bombe H (à hydrogène). Mais pour amorcer cette bombe à fusion nucléaire, il faut de toute façon une énorme énergie, à savoir une bombe à fission nucléaire. Ce qui montre que la fusion contrôlée ne saurait jouer aucun rôle, note Paul Vandenplas. De toute façon, personne ne pense à cela . Cela dit, l’implosion par laser permet de mieux comprendre la physique d’un début d’explosion de bombe H. Et d’étudier la fiabilité de l’armement thermo-nucléaire, comment une bombe H se dégrade, vieillit… » Et le confinement magnétique n’a aucune application militaire possible, parce que l’énergie est beaucoup trop petite.

Les inconvénients de la fusion

La complexité. « L’inconvénient de la fusion ? C’est qu’on ne l’a pas encore, estime Vincent Massaut. Tellement c’est difficile. » Pour y parvenir, il faut en effet atteindre des conditions de température et de pression extrêmes, comme à l’intérieur d’une étoile. Les grandes puissances investissent. Mais pas de façon prioritaire. « Parce que les retombées commerciales sont à trop longue échéance » , regrette Paul Vandenplas .

Trop tardive. « Pour l’instant, ça n’existe pas. Cela fait 50 ans que les scientifiques disent que la fusion, ce sera pour dans 50 ans, selon Jan Vandeputte, expert nucléaire chez Greenpeace. Même si c’est une réalité pour 2050, ce sera trop tard pour remplacer la fission nucléaire. Le Giec dit qu’il faut ‘décarboniser’ la société pour 2050. La fusion vient trop tard ! »

Observons que plus tarde à commencer, plus les résultats seront tardifs

D’autres types de déchets . Pour Jan Vandeputte, si la durée de vie radioactive des déchets sera en effet moins longue, il y aura en revanche davantage de déchets, d’un autre type et plus volumineux. « Par exemple, les structures métalliques dégradées par les radiations neutroniques qui sont plus intensives. Il faudra les remplacer. » Autre problème : « la prolifération nucléaire ». Certains pays s’intéressent à la recherche en fusion car cela leur permet d’avoir accès au tritium aussi utilisé dans les bombes à fission nucléaire. « Or, les pays impliqués dans Iter, comme la Corée ou le Japon, veulent l’arme nucléaire. »

De premiers résultats

Des scientifiques américains et le gouvernement des Etats-Unis ont annoncé, mardi 13 décembre, avoir réussi une percée majeure dans le domaine de la fusion nucléaire. Cette prouesse se retrouvera« dans les livres d’histoire », a estimé la ministre de l’Energie américaine, Jennifer Granholm, lors d’une conférence de presse. Les Américains assurent, pour la première fois, avoir produit en laboratoire davantage d’énergie que celle utilisée pour provoquer la réaction.

11/03/2023 La France doit rester une référence mondiale en matière de fission nucléaire

La filière nucléaire français dite à fission, a depuis 50 ans représenté un atout considérable pour la France. En premier lieu, elle lui a évité de dépendre des importations de pétrole venu du Moyen-Orient et des chantages permanents du complexe militaro-pétrolier américain. D’autre part et surtout elle lui a permis de développer une industrie nucléaire qui représente 6,7% de l’emploi industriel français. Avec ses 220 000 employés et ses 3 200 entreprises dont 85% sont des TPE et PME, elle participe largement au dynamisme de l’industrie française, et contribue, par ses implantations sur tout le territoire, au développement des tissus économiques locaux. Elle comprend 220 000 salariés, 3 000 entreprises dont 85% de TPE et PME. Elle représente 47,5 Mds d’euros de chiffre d’affaire.

Cf Gifen https://www.gifen.fr/le-gifen/filiere-nucleaire

Cependant elle a toujours suscité contre elle des oppositions violentes, qui se sont traduite par des campagnes virulentes au niveau politique. A chaque élection, des oppositions réclamaient la réduction du nombre des centrales et la diminution des effectifs de leurs techniciens éprouvés. Beaucoup sont partis dans d’autres secteurs intéressant notamment les industries de consommation. Ils sont très difficiles à remplacer aujourd’hui.

Plus gravement, les économies imposées par des gouvernement voulant financer les investissements dans le domaine des industries dites vertes, ont entraîné une diminution dangereuse des dépenses de maintenance des réacteurs. Aujourd’hui ainsi l’on découvre de plus en plus de fissures potentiellement dangereuses, dites de « fatigue thermique », sur des conduites d’urgence « considérées comme sensibles à la corrosion sous contrainte » dans le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime) et le réacteur 3 de la centrale de Cattenom (Moselle), selon une note récente de l’Autorité de Sureté Nucléaire

Cette découverte intervient deux jours après la révélation d’une fissure de taille encore jamais vue dans le réacteur de Penly 1, sur une conduite d’urgence servant à inonder d’eau le réacteur en cas d’accident nucléaire. Cette fissure « s’étend sur 155 mm, soit environ le quart de la circonférence de la tuyauterie, et sa profondeur maximale est de 23 mm, pour une épaisseur de tuyauterie de 27 mm », avait détaillé l’ASN. Le phénomène dit de « corrosion sous contrainte » a été identifié depuis octobre 2021 sur plusieurs sites, mais générait de plus petites fissures et sur d’autres zones de ces tuyauteries.

EDF doit remettre à l’ASN une stratégie de contrôle révisée dans les prochains jours. Au total, l’électricien va devoir vérifier 200 soudures dans l’ensemble de son parc. De quoi provoquer potentiellement des arrêts prolongés de réacteurs et soulever des incertitudes sur la production nucléaire en 2023.

La question des déchets radioactifs n’ a été que tardivement évoquée, mais aujourd’hui, le temps passant, elle devient, selon Julien Bayou, député EELV de Paris, un « enjeu civilisationnel ». Il faut les enfouir de plus en plus profond. Quant à les exporter, plus aucun pays n’en veut.

Le réchauffement climatique pose partout des problèmes. Pour être refroidi, les réacteurs ont besoin de plus en plus d’eau. Or la plupart des centrales doivent se satisfaire de fleuves dont le niveau ne cesse de baisser.

Les centrales EPR

Les nouvelles génération de centrales dites européennes à eau pressurisée (EPR) sont construites sous de nouvelles normes de sécurité nationales et internationales après l’accident de Fukushima de 2011. Pour diminuer la probabilité d’accident grave elles exigent notamment un meilleur système de refroidissement. L’objectif est d’apporter de l’eau en cas d’accident pour faire refroidir le cœur, ce qui n’a pas été possible à Fukushima et a donc provoqué la fusion des trois réacteurs de Daiichi.

Située sous l’EPR se trouve une grande piscine en matériaux réfractaire résistant sous haute température qui doit récupérer le cœur du réacteur fondu s’il n’avait pas été possible de le refroidir et qu’il a percé la cuve. Ce dispositif est censé contenir l’accident et limiter considérablement les rejets de radioactivité à l’extérieur. Cependant les solutions permettant de refroidir rapidement le combustible ne sont pas encore claires.

La puissance nette d’un réacteur EPR atteint 1 660 MWe (mégawatts), c’est un rendement supérieur aux modèles antérieurs (de 900 MWe à 1450 MWe). Un réacteur de 900 MWe produit en moyenne chaque mois 500 000 MWh, ce qui correspond à la consommation de 400 000 foyers environ.

Une des dernières caractéristiques des EPR et qu’ils produisent moins de déchets radioactifs à vie longue (-30% par kWh). 

Logiquement il faudrait en construire rapidement 8 en France, alors que le seul EPR en construction en France cumule désormais un retard de 12 ans par rapport à sa mise en service initial et que son coût a été multiplié par quatre

Le plan de relance France 2030 met la lumière sur les SMR
En 2021, Emmanuel Macron dévoilait il y a un an le plan d’investissement France 2030. Avec 54 milliards d’euros, ce plan doit permettre de rattraper le retard industriel français, d’investir massivement dans les technologies innovantes ou encore de soutenir la transition écologique. Dans ce plan, subitement séduit par le nucléaire, le Président met en avant les « Small modular reactors » (SMR). Il souhaite investir 1 milliard d’euros d’ici 2030 pour « faire émerger en France des réacteurs nucléaires de petite taille, dits Small Modular Réactor

Le principe de fonctionnement est le même que celui des autres centrales. Seul l’aspect extérieur va changer puisque le SMR a la forme d’un grand cylindre en acier inoxydable (25 à 30 mètres de haut et 4 mètres de diamètre) .

La puissance est comprise entre 10 et 300 MWe. Des projets de SMR vont utiliser des filières de réacteurs nucléaires existantes et miniaturisées, tandis que d’autres explorent de nouveaux concepts de réacteurs pour un déploiement sur le plus long terme. L’objectif de ces réacteurs n’est pas de remplacer ce qui existe déjà mais de proposer des complément. Par sa taille, la conception de ces modèles permet une construction en usine plus importante. Il s’en suit des modes de fabrication plus prévisibles basés sur les économies de série.

https://www.economie.gouv.fr/france-2030

Prochain article

Les avantages de la fusion nucléaire. La France doit conserver son leadership

10/03/2023 L’univers cyclique

L’Hypothèse généralement acceptée selon laquelle l’univers que nous connaissons serait né de rien après une explosion dite Bang Bang ne précise pas la suite de ce processus.

L’Univers se dilatéra-t-il à l’infini avec augmentation de son entropie, autrement dit de son désordre, du fait de la création continue de nouvelles formes de matière de plus en plus dispersées, étoiles et galaxies notamment?

Au contraire, après une phase de dilation, l’univers se condensera-t-il à nouveau pour retrouver sa forme initiale, autrement son absence de matière organisée (Big Crunch) – jusqu’à éventuellement repartir dans un nouveau cycle (Big Bang cyclique), le tout indéfiniment ?

Il y a quelques années, le cosmologiste  théoricien Paul Steinhardt a revu ces questions avec sa collègue Anna Ijjas. A la suite de leurs travaux (nous simplifions) les deux chercheurs ont publié un article sur arXiv faisant intervenir un champ scalaire. Nous en reprenons ci-dessous la présentation
https://arxiv.org/abs/2108.07101

Rappelons qu’un champ scalaire est une fonction de plusieurs variables qui associe un seul nombre (ou scalaire) à chaque point de l’espace. Les champs scalaires sont utilisés en physique pour représenter les variations spatiales de grandeurs scalaires. comme celui du boson de Higgs, et des équations gouvernant une interaction entre ce champ et l’expansion du cosmos observable. Ce champ scalaire, parfois dit de quintessence, peut servir à décrire la nature de l’énergie noire et il autorise l’accélération de l’expansion du cosmos à se changer en décélération avec contraction.

Article

Submitted on 16 Aug 2021 (v1), last revised 6 May 2022 (this version, v2)]
Entropy, Black holes, and the New Cyclic Universe
Anna IjjasPaul J. Steinhardt

We track the evolution of entropy and black holes in a cyclic universe that undergoes repeated intervals of expansion followed by slow contraction and a smooth (non-singular) bounce. In this kind of cyclic scenario, there is no big crunch and no chaotic mixmaster behavior. We explain why the entropy following each bounce is naturally partitioned into near-maximal entropy in the matter-radiation sector and near-minimal in the gravitational sector, satisfying the Weyl curvature conditions conjectured to be essential for a cosmology consistent with observations. As a result, this kind of cyclic universe can undergo an unbounded number of cycles in the past and/or the future.

Fiche de lecture. Between apes and humans.  Gregory Forth. Mai 2022

On a beaucoup parlé des hommes ou hominoides de Florès, à une époque où l’on s’interrogeait sur la possibilité qu’il ait existé plusieurs espèces humaines ayant coexisté très récemment sur la Terre.

Ce livre publié le 3 mai 2022 par Pegasus Books a été écrit par l’anthropologue Gregory Forth. Il s’agit d’une remarquable investigation sur les hommes de Flores, et sur la question de savoir s’ils vivent encore, et de quelle façon.

Il y a plusieurs années, Gregory Forth procédant à des études sur l’ile de Florès, en indonésie, avait rencontré des habitants discutant de créatures mi-singe mi-hommes qui auraient vécu il y a quelques années sur les pentes volcaniques proches. Depuis il avait continué à étudier ces propos en cherchant la façon de les expliquer en tant que symboles imaginaires du monde sauvage.

Cependant récemment vint la découverte de l’Hommes de Flores (Homo floresiensis) . I l s’agit semble-t-il d’ une espèce éteinte du genre Homo, dont des fossiles ont été découverts en 2003 dans la grotte de Liang Bua, sur l’île indonésienne de Florès/ Les outils lithiques trouvés sur le site couvrent une période allant de 190 000 à 50 000 ans, tandis que les fossiles humains ont été datés en 2016 entre 100 et 60.000 bp

Homo floresiensis était de petite taille (entre 1 m et 1,10 m), peut-être en raison d’un processus de nanisme insulaire, à l’instar d’autres populations de l’île.

Les premiers fossiles trouvés en 2003 incluaient le crâne et une bonne partie du squelette post-crânien d’un même individu . Au cours des mois et des années suivantes, d’autres fossiles furent mis au jour dans les couches sédimentaires de la grotte, mais ils étaient plus fragmentaires. Les fossiles découverts à ce jour représentent en tout neuf individus appartenant à la même espèce7.

En 2005, l’étude de l’ensemble des fossiles provenant de la grotte de Liang Bua découverts à cette date (rassemblant au moins un crâne, deux tibias, une omoplate, un fémur, deux radius, un cubitus, une vertèbre et des phalanges de doigts et d’orteils) permit aux découvreurs de confirmer l’existence de la nouvelle espèce Homo floresiensis

Une nouvelle étude sur ces humains minuscules découverts sur l’île de Florès, en Indonésie, et qui y ont vécu jusqu’à il y a environ 50.000 ans, apporte un nouvel éclairage. Selon ses auteurs, Homo floresiensis n’est pas un cousin d’Homo erectus, et encore moins un Homo sapiens malade. Le petit Homme est beaucoup plus ancien que cela. Les Hommes de Florès seraient une population survivante d’une espèce vieille de plus de 1,7 million d’années.

Voir aussi

https://www.the-scientist.com/reading-frames/book-excerpt-from-between-ape-and-human-69917

n Anthropologist on the Trail of a Hidden Hominoid

By Gregory Forth

09/03/2023 L’archerie avec des pointes de silex en Europe

L a méthode de chasse consistant à tirer des flèches sur un animal avec une sarbacane n’a de chance de réussir que si l’animal est de petite taille. Cependant les premiers sapiens ayant utilisé cette technique ont vite découvert qu’en utilisant des pointes de flèche en bois durcies dans le feu ou mieux encore constituées d’un fragment de silex, l’arme devenait plus meurtrière. Il en était de même si la pointe était empoisonnée de poisons végétaux ou même de sécrétions humaines.

Un peu plus tard ces premiers sapiens ont appris à réaliser des arcs et des flèches augmentant considérablement la porté et la fiabilités des tirs. Cette technique était encore récemment en usage dans certaines parties du monde où l’emploi des armes à feu n’avait pu se généraliser vu leur coût. Mais fabriquer un arc et des flèches efficaces n’est pas facile. Des siècles, voire des millénaires ont du y être consacrés
(Comment fabriquer un arc et des flèches – wikiHow https://fr.wikihow.com/fabriquer-un-arc-et-des-fl%C3%A8ches)

En février 2022, l’équipe scientifique dite de la Grotte Mandrin, dans la Drôme, faisait paraître une étude dans Science Advances qui repoussait de 10 à 12 millénaires la plus ancienne preuve de l’arrivée des premiers Homo sapiens en Europe. Nous apprenions que ceux-ci étaient arrivés sur le continent dès le 54e millénaire.

Il y a un an, en février 2022, la même équipe faisait paraître une étude dans Science Advances qui repoussait de 10 à 12 millénaires la plus ancienne preuve de l’arrivée des premiers Homo sapiens en Europe. Il en ressort que les premiers Hommes modernes étaient bien arrivés sur le continent dès le 54e millénaire.
https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.abj9496

Les mêmes chercheurs présentent aujourd’hui une nouvelle étude publiée dans la même revue. Cette étude montre que ces premiers hommes modernes maîtrisaient parfaitement l’archerie, repoussant l’origine de ces technologies remarquables en Eurasie de quelque 40 000 ans

Ils ont découvert, dans un niveau archéologique daté de 54 000 ans, appelé « Néronien », quelque 1 500 petites pointes en silex, triangulaires et standardisées, certaines mesurant moins d’un centimètre de long. Cette industrie lithique est très particulière et se distingue techniquement très nettement des artisanats néandertaliens retrouvés dans cette grotte avant et après les vestiges abandonnés par Homo sapiens.

En revanche, ces artisanats de silex du Néronien montrent des ressemblances frappantes avec des collections archéologiques contemporaines attribuées elles aussi à Homo sapiens et que l’on retrouve dans l’est de la Méditerranée.

Référence

L’accès en ligne de cette nouvelle étude n’est pas encore possible. Nous en publierons l’adresse dès qu’elle sera disponible