31/3/2022. Budget de la Nasa pour 2023

Alors que les Etats-Unis peinent aujourd’hui à maintenir leur domination dans les domaines économiques ou même militaires, notamment face à la Chine, ils ont plus que jamais l’intention de renforcer leur actuelle domination ou souveraineté dans le domaine de l’espace. Ceci qu’il s’agisse de l’espace sous-orbital ou orbital, de l’espace interplanétaire, de l’espace planétaire proche (Lune, Mars) ou de l’espace galactique profond

En témoigne le budget de 26 milliards de dollars que vient de présenter la Nasa pour l’année 2023. A ce budget, il faudrait ajouter ceux des agences militaires et forces armées qui restent confidentiels.

https://www.space.com/nasa-budget-request-26-billion-for-2023

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/nasa-nouveau-budget-faramineux-nasa-propose-maison-blanche-97649/

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Alors que l’ESA, l’Agence spatiale européenne, s’est dotée d’un budget « record » de 14,4 milliards de dollars pour la période 2020-2024, l’administration Biden propose 26 milliards de dollars à la Nasa pour la seule année 2023. 

Retourner sur la Lune dès 2025

Sans surprise, le budget prévoit de renforcer la position dominante des États-Unis dans de nombreux domaines, dont, et cela ne surprendra personne, les vols habités et l’exploration. En course avec la Chine pour s’installer durablement sur la Lune, la Nasa souhaite avec son programme Artemis prendre une longueur d’avance. L’administration Biden prévoit de dépenser 7,6 milliards de dollars pour l’exploration, ce qui lui semble suffisant pour permettre le retour d’Américains sur la Lune dès 2025. Un optimisme que nous ne partageons pas – 1,5 milliard de dollars sont prévus pour les atterrisseurs lunaires d’Artemis.

Alors que l’on aurait pu penser que la durée de vie de la Station spatiale internationale soit réduite en raison de la crise sans précédent que traversent les relations spatiales entre les Occidentaux, les Japonais et les Russes, l’administration Biden prévoit toujours de l’utiliser jusqu’en 2030. 224 millions de dollars sont prévus pour aider le secteur privé américain à lancer le développement et la mise en service de stations spatiales commerciales de façon à amorcer une transition avec l’ISS et ne pas laisser les États-Unis sans « maison » en orbite basse. Toujours en orbite basse, le développement économique des orbites basses est pris très au sérieux par les États-Unis qui prévoient d’y consacrer quelque 1,6 milliard de dollars pour aider la recherche et le développement de technologies qui pourraient servir à tout un tas de nouvelles activités dont certaines n’existent pas encore. Les perspectives d’avenir de ce LEO hub promettent des débouchés commerciaux et un important panel de nouvelles activités. Elles prennent l’allure d’une nouvelle course à l’espace – cette fois-ci commerciale, et encore plus rapide que celle des années 1960 –  et que semblent avoir déjà perdue l’Europe et l’Agence spatiale européenne.

Des missions d’observation de la Terre inédites 

Dans le domaine des Sciences, près de 8 milliards de dollars pourraient être dépensés (7,988 exactement). 2,4 milliards de dollars sont prévus pour les Sciences de la Terre avec la poursuite du développement des missions GeoCarb (observatoire géostationnaire du carbone), de l’observatoire de la radiance et de la réfractivité absolues du climat CLARREO-Pathfinder et de PACE. Cette mission inédite sera capable de collecter des mesures radiométriques et polarimétriques de l’océan et de l’atmosphère, à partir desquelles seront relevées des données océaniques, écologiques et biogéochimiques, ainsi que des données portant sur les nuages et les particules aérosols

Les missions réalisées en collaboration internationale Nisar avec l’Inde et Swot avec la France sont, elles aussi, confortées. Nisar est un satellite d’observation de la Terre qui embarquera pour la première fois un radar à synthèse d’ouverture qui utilisera deux fréquences radar différentes : la bande L et la bande S. Quant à Swot, il s’agit d’un satellite d’altimétrie de nouvelle génération qui s’inscrit dans la continuité de Jason-1-2-3. Cette mission est destinée à l’étude de la topographie des océans et des eaux de surface continentales, lacs et cours d’eau, le débit des rivières, et à déterminer de façon à la fois très fine et très précise le niveau des océans.

Les missions réalisées en collaboration internationale Nisar avec l’Inde et Swot avec la France sont, elles aussi, confortées. Nisar est un satellite d’observation de la Terre qui embarquera pour la première fois un radar à synthèse d’ouverture qui utilisera deux fréquences radar différentes : la bande L et la bande S. Quant à Swot, il s’agit d’un satellite d’altimétrie de nouvelle génération qui s’inscrit dans la continuité de Jason-1-2-3. Cette mission est destinée à l’étude de la topographie des océans et des eaux de surface continentales, lacs et cours d’eau, le débit des rivières, et à déterminer de façon à la fois très fine et très précise le niveau des océans.

Pour les sciences planétaires, ce sera 3,16 milliards de dollars. Toutes les missions prévues seront financées. Que ce soit la mission de retour d’échantillons martiens MSR, Viper qui a pour objectif de découvrir de l’eau dans le sous-sol du pôle Sud lunaire ou Europa Clipper à destination de la lune Europe de Jupiter. Quant aux missions liées aux astéroïdes et à la protection planétaire comme Dart et NEO-Surveyor, elles sont aussi financées.

Des observatoires spatiaux pour répondre à des questions nouvelles

Concernant les sciences spatiales, 1,556 milliard de dollars sont proposés pour poursuivre la réalisation de l’observatoire Nancy Grace Roman qui devrait définir le destin de l’Univers (entre autres), SPHEREx, pour explorer les origines de l’Univers et de la vie et le télescope spatial gamma pour étudier l’évolution de la Voie lactée (Cosi). On notera que le budget propose la clôture de la mission de l’Observatoire stratosphérique pour l’astronomie infrarouge (Sofia), conformément aux conclusions de l’enquête décennale concernant sa faible productivité scientifique.

L’héliophysique, les relations Terre-Soleil et l’influence du Soleil dans le Système solaire ne sont pas oubliées avec 760 millions. Plusieurs missions seront soutenues. Le budget soutient les efforts visant à améliorer les prévisions météorologiques spatiales.

On l’oublie souvent, mais la Nasa ce n’est pas seulement le spatial. C’est aussi une agence qui œuvre dans le domaine de l’aviation. Quelque 970 millions de dollars sont prévus, dont 500 pour réduire l’impact climatique de l’aviation et amorcer ou renforcer le développement de technologies nécessaires à l’avion zéro émission. Les programmes X-59 (avion supersonique) et X-57 (avion électrique) sont confortés.

30/03/2022. Un saut technologique, industriel et stratégique pour le Rafale français

C’est ce que représentera le standard F4 correspondant à la nouvelle génération de l’avion de combat de Dassault Aviation prévue pour 2024

Cette version modernisée permettra au pilote de tirer des bombes bien plus importantes sur coordonnées GPS. Le pilote rentrera les coordonnées GPS de la cible, avant ou pendant le vol et sera en mesure de tirer dans un périmètre de 50 kilomètres des bombes allant jusqu’à une tonne.

Le F4 sera également équipé d’un viseur de casque Scorpion, fourni par Thales. Il s’agit d’une grande première sur le Rafale. Jusqu’à présent, le pilote devait aligner l’appareil en direction de la cible pour viser. Désormais, il aura simplement à tourner la tête en direction de l’avion ennemi et pourra ainsi viser grâce à un affichage sur son casque. Lorsque le succès de la mission se joue en quelques fractions de secondes, la compréhension rapide de l’environnement tactique et l’interaction facilitée avec les autres systèmes d’armes sont décisifs.

Le Rafale va également jouir d’un développement important de ses fonctions de combat collaboratif. Les communications et échanges de données entre appareils seront démultipliées grâce au système de radio CONTACT, compatible avec le système Scorpion de l’Armée de Terre.

Enfin, le système de maintenance ira encore plus loin. Depuis la première génération, les Rafales sont équipés d’un système d’auto-diagnostic leur permettant de prévoir la maintenance des éventuels problèmes ou réparations à effectuer. Sur ce nouveau standard, le système sera à “maintenance prédictive”, ce qui signifie que les réparations seront anticipées. De quoi réduire les coûts et améliorer la disponibilité des appareils, de 275 h/an jusqu’à 300 h/an.

Ces informations ont été reçues avec intérêt par les pays actuels ou futurs utilisateurs de Rafale. Dans le même temps cependant, Lockheed Martin (USA) devrait vendre pour 33 milliards d’euros 440 F-35 à onze pays, dont cinq d’Europe (Danemark, Italie, Norvège, Pays-Bas et Royaume-Uni). Où est l’Europe de la défense ?

On rappellera que ces derniers mois, les F-35 ont accumulé les dysfonctionnement. Citons notamment l’US Navy qui a perdu l’un de ses F-35C (version embarquée CATOBAR) après un appontage raté pour une raison inconnue sur le porte-avions USS Carl Vinson (CVN-70) le 24 janvier 2022. Précédemment le 30 novembre 2021 un F-35 britannique s’était perdu en Méditerranée.

28/03/2022 Cesser de diaboliser Poutine

Pour tous les Etats en conflit, aussi puissantes que soient leurs forces militaires, il est indispensable de montrer que les forces adverses sont au service de gouvernements criminels ou corrompus, sinon déments au sens propre du terme.

C’est la raison pour laquelle Vladimir Poutine est présenté aux opinions européennes et nord-américaines comme représentant un danger mondial. Selon les cas, il est dépeint comme un dictateur proche de ce que fut Hitler ou Staline, ou bien comme incapable de prendre des décisions raisonnables, voire comme un fou drogué. Il n’est, faut-il le dire, rien de tout cela .

Le paradoxe est d’autant plus grand que dans le même temps Joe Biden l’actuel président des Etats, commandant les forces armées les plus puissantes du monde, est gentiment moqué pour son langage incohérent.

Les médias occidentaux, au service pour la plupart du grand capital financier américain, ne font rien pour redresser cette image de Poutine. Il est vrai qu’ils ne risqueront plus d’être contredits par la presse russe, désormais interdite d’antenne dans l’Union européenne.

Quant on veut par exemple consulter rt.com, on obtient ce message Ce site est inaccessible rt.com n’autorise pas la connexion.

28/03/2022 Les « sanctions » contre la Russie

L’Ouest va-t-il continuer à se sanctionner lui-même ?

L’Ouest (Les Etats-Unis et leurs alliés européens) avaient vertueusement réagi aux dernières « opérations spéciales » de la Russie, pour ne pas dire à la guerre menée par cette dernière pour réintégrer l’Ukraine dans ce que l’on nommait jadis le Bloc Soviétique.

Ainsi la Russie a-elle été menacée par l’Ouest de ne plus pouvoir exporter de pétrole ou de semences et céréales vers l’Union européenne. Ce fut seulement quelques jours après que le même Ouest a paru découvrir que, faute des sources d’énergies nucléaires et des terres agricoles en jachère dont disposait la France, il faudrait continuer à faire appel à la Russie.

Il y a plus grave. L’Ouest a découvert maintenant qu’en conséquence de la guerre menée sur son sol, l’Ukraine ne pourra plus alimenter en grains et semences les nombreux pays qui en Afrique et au Moyen Orient comptaient sur ces exportations pour faire la soudure. Un effondrement économique (cf. Bruno Le Maire) voire de véritables famines, plus ou moins longues, devraient s’en suivre.

On notera qu’aucun des pays du continent africain ni des régions d’Asie occidentale, d’Asie centrale, d’Asie du Sud et du Sud-Est n’a imposé de sanctions à la Russie. À l’issue d’une visite à Hanoï, le Premier ministre malaisien Ismail Sabri Yaakob a déclaré : “Nous avons discuté du conflit russo-ukrainien et convenu que la Malaisie et le Vietnam resteraient neutres sur cette question. Quant aux sanctions contre la Russie, nous ne les soutenons pas. Les parties ne soutiennent pas les sanctions unilatérales ; nous ne reconnaissons que les restrictions qui pourraient être imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies”.

27/03/2022 Iter. Etat d’avancement

Au 27/03 on trouve dans 20 Minutes, que nous remercions, les informations suivantes concernant l’avancement du programme international Iter. Ce programme vise à réaliser le prototype d’un réacteur à fusion. La technique de la fusion permettra d’obtenir contrairement à l’actuelle fission, une énergie nuclaire abondante et sans déchets radioactifs.

En passant le sas d’entrée du bâtiment où est actuellement assemblé le futur Tokamak d’Iter, le gigantisme et la puissance suggérée par cette installation désarçonnent. « C’est ici qu’on va allumer le petit soleil », présente Robert Arnoux, le directeur de la communication d’Iter. C’est dans cette cuve de 30 mètres de haut et 30 mètres de diamètre que la communauté internationale entend reproduire artificiellement la réaction nucléaire qui se produit au cœur du soleil et des étoiles. e programme de recherche ambitionne « d’offrir à l’humanité une source d’ énergie propre, sans déchet nucléaire et virtuellement inépuisable ».

Iter, c’est quoi ?

Iter est une organisation internationale dont le site de recherche et d’expérimentation est installé dans le nord des Bouches-du-Rhône, à la frontière du Var, du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence. Environ 1.200 chercheurs et 2.500 personnes sur les chantiers y travaillent. Elle est financée par sept membres, représentant 35 pays (l’Union Européenne, les USA, la Chine, l’Inde, la Russie, la Corée-du-Sud et le Japon), et comptant plus de la moitié de la population mondiale et 80 % du PIB.

Le site s’étend sur 180 hectares – dont 42 de bâtis, sur lequel sont implantés une cinquantaine de bâtiments à vocation industrielle. La pièce maîtresse de cette installation, le tokamak Iter (une chambre sphérique de confinement magnétique dans laquelle sont produites les réactions nucléaires), est en cours d’assemblage. Celui-ci a démarré en mai 2020 et devrait s’achever courant 2025. Avec un volume de 850 m3 (30 mètres de haut pour 30 mètres de diamètre), il présente des dimensions sans équivalent.

La fusion, comment ça marche ?

Les réacteurs nucléaires que nous connaissons actuellement fonctionnent sur le principe de la fission, qui consiste à casser des noyaux atomiques d’uranium et de plutonium en projetant dessus un neutron. La fusion nucléaire, au contraire, vise à réunir deux noyaux de deutérium et de tritium (des variants de l’hydrogène) sous l’effet d’une très haute pression et d’une chaleur dantesque (150 millions de degrés Celsius, soit 10 fois celle du soleil). Des conditions dans lesquelles la matière est à l’état de plasma, celle que l’on retrouve au cœur des étoiles. Cette fusion entraîne la libération d’un neutron qui, en percutant les parois du tokamak, dégage de la chaleur. Celle-ci est ensuite récupérée pour alimenter une turbine, à l’instar des installations électriques classiques.

Quelles sont les difficultés ?

Aucun matériau connu ne résiste à pareille température. Alors les scientifiques ont recours à de monumentaux aimants refroidis par cryogénie qui ceinturent l’intérieur de l’édifice et y contiennent la fusion.

Pour l’heure, ils sont déjà parvenus sur de tout petits tokamaks (30 m3), à générer des plasmas non nucléaires, en fusionnant des noyaux d’hydrogène. Mais les scientifiques se heurtent à différents écueils, à commencer par l’instabilité de cette réaction qui a pour l’heure était maintenue au maximum 17 minutes et 36 secondes, le 6 janvier dernier dans le tokamak chinois. Au cours de cette séquence, les scientifiques sont parvenus à produire presque autant d’énergie que celle consommée lors de l’impulsion pour atteindre l’état de plasma.

Aussi, le petit volume de ces tokamaks à hydrogène ne permet pas d’envisager la création de plasma nucléaire. Des écueils que l’envergure du tokamak d’Iter devrait permettre de surmonter.

C’est pour quand ?

L’assemblage du tokamak Iter, dont la construction a commencé en mai 2020, devrait produire son premier plasma courant 2026. 60 % des pièces, construites dans les différents pays membres, ont déjà été livrées.

Les scientifiques se donnent ensuite dix ans pour prendre en main la machine et vérifier l’alignement des champs magnétiques avant de lancer le premier plasma nucléaire. « L’objectif d’Iter est de démontrer la faisabilité technique, scientifique et industrielle de la fusion nucléaire de l’hydrogène. Celui-ci sera atteint lorsque les réactions produiront dix fois plus d’énergie que celle injectée pour lancer la réaction », explique Robert Arnoux. « Dans un gramme d’hydrogène, se trouve l’équivalent énergétique de huit tonnes de pétrole. Mais ceux qui ont posé les premières pierres de cette aventure n’en verront pas l’application industrielle », conclut celui qui compare souvent le projet Iter avec celui des cathédrales ; une cathédrale pour le XXIe siècle.

26/03/2022 La théorie de la gravitation quantique se précise

Ce terme désigne une théorie hypothétique visant à décrire l’univers d’une façon compatible tant avec la théorie de la relativité générale d’Einstein qu’avec celles de la physique quantique.

Rappelons que pour la première théorie, une particule de la physique einsténienne pourrait être décrite par des cordonnés la situant dans l’espace-temps où nous vivons. Pour la seconde, celle de la physique quantique, une particule ne peut avoir de coordonnées précises. Elles varient selon les conditions de l’observation. C’est ce que précise l’équation de Schrödinger.

La physique quantique repose sur plusieurs postulats, tous vérifiés :
La dualité onde-corpuscule : les objets quantiques peuvent être décrits au niveau microscopique comme des ondes. C’est le cas notamment avec la lumière, qui est portée par un photon, une particule, et qui se comporte comme une onde.
La superposition des états : une particule peut être dans plusieurs états à la fois. Un électron qui tourne autour d’un atome peut être sur tous les points de l’orbite en même temps, et à toutes ses vitesses possibles.
La quantification : certaines données de ces particules, comme l’énergie, ne peuvent pas prendre toutes les valeurs possibles pour autant. Ses valeurs forment un ensemble de résultats, que l’on appelle « quanta » et qui donnent leur nom à la physique quantique.
Le principe d
indétermination : on ne peut pas donner en même temps avec exactitude la position et la vitesse d’une particule. Cette incertitude est structurelle et répond au hasard (on utilise des calculs de probabilités). Albert Einstein n’aimait d’ailleurs pas ce principe et avait déclaré « Dieu ne joue pas aux dés ». Niels Bohr, l’un des pères de la physique quantique lui avait répondu : « Qui êtes-vous pour dire à Dieu ce qu’il doit faire? »
La mesure influe sur
l’état de la particule : une fois mesuré, l’état de la particule n’est plus superposé. C’est la conclusion de la célèbre expérience de pensée d’Erwin Schrödinger. Un chat est enfermé dans une boîte avec un flacon de gaz mortel relié à un matériau radioactif. SI la radioactivité dépasse un certain seuil, le flacon est cassé et le chat est empoisonné. Selon le principe de superposition des états, le chat dans sa boîte close est donc à la fois mort et vivant. Si on ouvre la boîte, et donc si on prend une mesure, on connait l’état réel du chat.
L’effet tunnel : un objet quantique peut traverser un obstacle, comme une partie du noyau d’un atome le fait avec la radioactivité.
L’intrication : deux particules peuvent former un système lié. Quand l’une bouge, l’autre aussi. Et cela, quelle que soit la distance entre les deux mais sans échanges d’informations.


Pour Rana Adhikari, professeur de physique à Caltech, il devrait être possible désormais l’observer la pertinence de la théorie de la gravitation quantique.

Dans ce but, il fait l’hypothèse selon laquelle l’espace n’est pas parfaitement homogène. Dans cette hypothèse, l’espace serait constitué de particules infiniment petites, qu’il nomme par analogie des pixels. Un pixel d’espace est si petit qu’agrandi à la taille d’un grain de sable, ce grain de sable deviendrait aussi grand qu’une galaxie. Selon lui, si l’on retenait cette hypothèse d’un monde pixélisé, les contradictions évoquées ci-dessus entre relativité générale et physique quantique disparaîtraient. La théorie de la gravitation quantique deviendrait enfin utilisable pour décrire l’univers à toutes échelles.

Encore faudrait-il trouver des preuves expérimentales de cette pixelisation de l’espace. La professeure de physique théorique Kathryn Zurek suggère que de telles preuves pourraient être trouvées dans l’observation des trous noirs. Elle a fondé un groupe de travail rassemblant des théoriciens et des praticiens, nommé Quantum gRavity and Its Observational Signatures (QuRIOS). Elle espère ainsi pouvoir préciser ce que serait la gravitation quantique.

Accessoirement, le concept de trou noir serait précisé. S’agirait-il de domaines d’espace si dense et où la gravité serait si forte que rien ne sortirait du cœur du trou noir. Ou s’agirait-il de portes entrouvertes vers d’autres univers ?

25/03/2022. De futurs lanceurs pour des vols habités à destination de la Lune et de Mars

Aux Etats-Unis, en dépit des séquelles de la crise actuelle due au Covid, cet objectif est de plus en plus d’actualité. Il permettra de montrer au monde que l’Amérique ne renonce pas à conserver sa domination dans l’espace (spatial dominance) d’autant plus que le Chine a décidé avec d’importants moyens de lui disputer ce titre.

Aujourd’hui la Nasa et l’entrepreneur privé Elon Musk développent, a la fois en compétition et souvent en coopération, deux projets de lanceurs lourds habitables capables de permettre à des équipages de résider durablement sur la Lune d’abord, sur Mars ensuite. puis de revenir sur Terre.

Il s’agit du Space Launch System de la Nasa et du lanceur géant Starship de SpaceX.. Ces futurs lanceurs sont conçus pour servir d’habitation et de laboratoires géants sur les planètes ciblées. Leurs étages supérieurs devront évidemment permettre le retour sur Terre des équipages le souhaitant, leurs temps de mission accomplis.

Selon les projets, les lanceurs devraient rester en position verticale sur leurs planètes, afin de faciliter leur retour. Dans d’autres schémas, certains d’entre eux pourraient rester couchés au sol, afin de faciliter le travail des équipes scientifiques.

25/03/2022. Les BRICS et la guerre en Ukraine

Le terme de BRICS désigne un groupe de cinq pays qui se réunissent depuis 2011 en sommets annuels : BrésilRussieIndeChine et Afrique du Sud . Il a été créé à l’initiative de la Russie et de ses alliés l’Inde et la Chine pour faire écouter la voix de pays refusant le rôle de porte-parole universel que s’étaient attribué les États-Unis depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Aujourd’hui cependant, avec la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine, les Brics ont du mal à se faire entendre .

A priori la présence des Etats-Unis, avec celle des Etats de l’Union européenne, dans le groupe de ceux qui dénoncent l’intervention militaire russe, pourrait faire penser que l’Inde et surtout la Chine se positionneraient, au moins sur le plan diplomatique, en soutien de Moscou. Mais jusqu’à ce jour Delhi et Pékin, sans le faire savoir officiellement, manifestent plus que de la réserve à l’égard de l’initiative russe.

Cela tient sans doute à ce que pour eux, les conflits d’intérêts stratégiques, aussi importants qu’ils puissent être ne doivent pas prendre une forme militaire. Dans celle-ci, il n’a pas de gagnants mais que des perdants, à supposer même que les adversaires se refusent à utiliser des armes nucléaires dites de faible intensité.

Pour les BRICS, comme ils l’avait fait savoir par la Déclaration de New Delhi, les seules guerres légitimes à mener sont des guerres contre les effets des modifications climatiques. Cela s’était traduit   par la création d’une banque de développement et d’une réserve monétaire d’urgence par ces pays qui comptent plus de trois milliards d’habitants et représentent environ 25 % de la production économique mondiale.

Il serait temps que Vladimir Poutine, qui avait cosigné cette Déclaration, s’en souvienne aujourd’hui.  

24/03/2022

Une boussole stratégique pour renforcer la sécurité et la défense de l’UE au cours de la prochaine décennie.

Ce terme de boussole désigne une série de propositions adoptées par le Conseil de l’Europe le 24 mars 2022 en la présence de Joe Biden, président des Etats-Unis. Nous ne commenterons pas à ce stade le réalisme de ces propositions, au regard de la réduction permanente des ressources budgétaires.

https://newsroom.consilium.europa.eu/embed/234322

Aujourd’hui, le Conseil a officiellement approuvé la boussole stratégique alors que nous assistons au retour de la guerre en Europe.

La boussole dote l’Union européenne d’un plan d’action ambitieux pour renforcer la politique de sécurité et de défense de l’UE d’ici à 2030.

L’environnement sécuritaire devenu plus hostile nous impose de faire un bond décisif et d’accroître notre capacité et notre volonté d’agir, de renforcer notre résilience ainsi que d’investir davantage et mieux dans nos capacités de défense.

La force de notre Union réside dans l’unité, la solidarité et la détermination. La boussole stratégique a pour objectif de faire de l’UE une garante de la sécurité plus forte et aux capacités renforcées. L’UE doit être en mesure de protéger ses citoyens et de contribuer à la paix et à la sécurité internationales. Cela est d’autant plus important alors que la guerre est revenue en Europe, à la suite de l’agression injustifiée et non provoquée de la Russie contre l’Ukraine, et que des mutations géopolitiques majeures sont à l’œuvre. La boussole stratégique renforcera l’autonomie stratégique de l’UE et sa capacité à travailler avec ses partenaires pour préserver ses valeurs et ses intérêts.

Une Union plus forte et plus capable sur les questions de sécurité et de défense contribuera positivement à la sécurité globale et transatlantique et est complémentaire à l’OTAN, qui reste le fondement de la défense collective pour ses membres. Elle accroîtra également son soutien à l’ordre mondial fondé sur des règles et articulé autour des Nations unies.

Les menaces augmentent et le coût de l’inaction est évident. La boussole stratégique guidera notre action. Elle définit une voie ambitieuse pour l’avenir de notre politique de sécurité et de défense pour la prochaine décennie. Elle nous aidera à assumer nos responsabilités en matière de sécurité, face à nos citoyens et au reste du monde. Si nous n’agissons pas maintenant, alors quand le ferons-nous?

La boussole stratégique fournit une évaluation commune de l’environnement stratégique dans lequel l’Union évolue ainsi que des menaces et des défis auxquels elle est confrontée. Le document formule des propositions d’action concrètes assorties d’un calendrier de mise en œuvre très précis, afin de renforcer la capacité de l’UE à agir de manière décisive en cas de crise et de défendre sa sécurité et ses citoyens.

La boussole couvre tous les aspects de la politique de sécurité et de défense et s’articule autour de quatre piliers: agirinvestirtravailler en partenariat et assurer la sécurité.

Agir

Pour être capable d’agir rapidement et avec fermeté dès lors qu’une crise survient, avec des partenaires si possible et seule si nécessaire, l’UE:

– mettra sur pied, pour différents types de crises, une capacité de déploiement rapide de l’UE conséquente, pouvant compter jusqu’à 5 000 militaires

– sera prête à déployer, dans un délai de 30 jours, 200 experts pleinement équipés dans le cadre d’une mission PSDC (politique de sécurité et de défense commune=, y compris dans des environnements complexes.

– effectuera de manière régulière des exercices réels sur terre et en mer

– renforcera la mobilité militaire

– renforcera les missions et opérations PSDC civiles et militaires (Politique de sécurité et de défense commune) en favorisant un processus décisionnel rapide et plus flexible, en faisant preuve de davantage de fermeté et en assurant une solidarité financière accrue.

– fera pleinement usage de la facilité européenne pour la paix pour soutenir ses partenaires.

Assurer la sécurité

Afin de renforcer sa capacité à anticiper, à dissuader et à réagir face aux menaces et défis actuels et à ceux surgissant rapidement, et à préserver les intérêts de l’UE en matière de sécurité, l’UE:

– développera ses capacités d’analyse du renseignement

– mettra en place une boîte à outils hybride et des équipes d’intervention rassemblant différents instruments visant à détecter un large éventail de menaces hybrides et à y réagir

– renforcera la boîte à outils cyberdiplomatique et mettra en place une politique de l’UE en matière de cyberdéfense afin d’être mieux préparée aux cyberattaques et de mieux y réagir

– créera une boîte à outils relative aux activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger

– élaborera une stratégie spatiale de l’UE pour la sécurité et la défense

– renforcera le rôle de l’UE en tant qu’acteur de la sûreté maritime

INVESTIR

Les États membres se sont engagés à augmenter sensiblement leurs dépenses de défense pour répondre à notre ambition collective de combler les lacunes critiques en matière de capacités militaires et civiles et à renforcer notre base industrielle et technologique de défense européenne. L’Union européenne:

– échangera sur les objectifs nationaux en ce qui concerne l’augmentation et l’amélioration des dépenses de défense pour répondre à nos besoins en matière de sécurité

– élaborera de nouvelles mesures d’incitation pour que les États membres s’engagent dans le développement collaboratif des capacités et investissent conjointement dans des moyens stratégiques et des capacités de nouvelle génération pour opérer sur terre, en mer, dans les airs, dans le cyberespace et dans l’espace extra-atmosphérique

– stimulera l’innovation technologique pour la défense afin de combler les lacunes stratégiques et de réduire les dépendances technologiques et industrielles

Travailler en partenariat

Pour faire face aux menaces et aux défis communs, l’UE:

– renforcera la coopération avec les partenaires stratégiques tels que l’OTAN, les Nations unies et les partenaires régionaux, notamment l’OSCE, l’UA et l’ASEAN

– établira des partenariats bilatéraux plus adaptés avec des pays partageant les mêmes valeurs et des partenaires stratégiques, tels que les États-Unis, le Canada, la Norvège, le Royaume-Uni, le Japon et d’autres

– établira des partenariats sur mesure dans les Balkans occidentaux, dans notre voisinage oriental et méridional, en Afrique, en Asie et en Amérique latine, notamment en intensifiant le dialogue et la coopération, en favorisant la participation aux missions et opérations PSDC et en soutenant le renforcement des capacités

Contexte et prochaines étapes

La première version de la boussole stratégique a été présentée par le haut représentant en novembre 2021, sur la base de la toute première analyse des menaces à laquelle les services de renseignement des 27 États membres de l’UE ont contribué et d’une phase de dialogue structuré entre les États membres, les institutions et les experts de l’UE. Des versions successives ont été examinées en février et mars 2022 afin de tenir compte du débat entre les États membres et des paquets « Défense » et « Espace » de la Commission du 15 février, ainsi que des derniers développements au niveau international, notamment l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine. La boussole stratégique contribue directement à la mise en œuvre du programme de Versailles.

Une fois approuvée, la boussole stratégique devrait ensuite être adoptée par le Conseil européen des 24 et 25 mars 2022.

Offensive russe en Ukraine : des missiles hypersoniques mais une hécatombe de généraux tués au combat

Des missiles hypersoniques de type Avangard sont désormais utilisés en Ukraine, selon le Kremlin. Censés pouvoir échapper aux systèmes de défense adverses, ces nouveaux missiles ont été utilisés à deux reprises. Leur emploi est une première mondiale. Jusqu’ici, la Russie n’avait jamais fait état de son utilisation dans les deux conflits où elle est belligérante En utilisant ce genre d’armes, le Kremlin « tente de retrouver un élan » dans le conflit où son armée semble s’enliser. a affirmé le ministre américain de la Défense Lloyd Austin, estimant que ces armements ne « changeaient pas la donne ».

En quoi consistent ces armes ? Pourquoi Moscou y a recours ? Elles peuvent maintenir des vitesses supérieures à Mach 5, c’est-à-dire cinq fois la vitesse du son : autour de 6.000 km à l’heure minimum. Ce sont donc des armes très rapides (même si elles le sont moins que les missiles balistiques intercontinentaux qui volent jusqu’à Mach 20), mais elles ont un avantage indéniable : elles sont difficilement détectables. Et elles sont manoeuvrables sur la quasi-totalité de leur vol, ce qui les rend bien plus précises.

Ces missiles appartiennent à une famille de nouvelles armes développées par la Russie. les missiles hypersoniques russes Avangard Ils sont capables de changer de cap et d’altitude à très haute vitesse, les rendant « pratiquement invincibles » selon Vladimir Poutine . Ce dernier a comparé la percée scientifique et militaire de leur développement « à la création du premier satellite artificiel de la Terre », le célèbre Spoutnik.

Dans le même temps, faute de composants et de pièces détachées, Uralvagonzavod, la principale usine russe de blindés, ne pourraient plus produire, ni réparer les blindés endommagés par l’armement antichar des forces armées ukrainiennes. L’usine installée à Nizhni Tagil aurait même été contrainte de cesser temporairement la production. Elle produit notamment les chars T-72B3, T-80 et T-90.

Par ailleurs, avec sans doute plus de 10.000 hommes morts au combat lors du premier mois de guerre en Ukraine, les pertes humaines de l’armée russe sont considérables. Elles dépasseraient celles observées mensuellement par l’ensemble des belligérants durant la première guerre mondiale.

De plus les généraux russes ont été cinq –peut-être six à en croire les autorités ukrainiennes– à avoir trouvé la mort depuis le début de la guerre. Les renseignements occidentaux estiment à vingt le nombre de ces haut gradés engagés dans la guerre. Un quart d’entre eux seraient donc déjà tombés, et les opérations sont loin d’être terminées.

Ce serait l’absence de personnels de commandement intermédiaire (sous-officiers) ainsi que de réseaux d’information et de communication qui expliquerait ce record. Ainsi lorsqu’un convoi de blindés se trouve immobilisé, des officiels supérieurs sont obligés eux-mêmes de se rendre en tête de convoi pour s’informer. Ils représentent alors des cibles faciles