06/05/2022 Les marchés internationaux de l’énergie et les sanctions américaines

Si l’on exclue l’énergie nucléaire et l’énergie verte, encore peu commercialisées, ce terme de marchés internationaux de l’énergie désigne les marchés du charbon, du pétrole et du gaz naturel liquéfié. La Russie est traditionnellement une grande productrice dans ces domaines

Depuis l’offensive russe en Ukraine, les Occidentaux ont décidé de lui imposer un certain nombre de sanctions se traduisant notamment par ce que l’on a nommé un embargo sur le gaz, c’est-à-dire des mesure administratives ou militaires visant à empêcher la libre circulation du gaz russe.

Il en est résulté une compétition entre l’Europe et la Russie. La première, l’Europe, notamment l’Allemagne et la Hongrie, cherchent à se procurer du gaz ailleurs qu’en Russie. La seconde, la Russie, appliquant la politique dite du « Look east », cherche à vendre son gaz ailleurs qu’en Europe. quitte à accepter d’en diminuer le prix. L’Amérique espère bénéficier de cette compétition, dans la mesure où grâce à son gaz de schiste, elle est devenue récemment exportatrice de gaz.

Il en est de même de la Chine et de l’Inde. Celles-ci, grosses importatrices de gaz et de pétrole, comptent profiter de prix russes nécessairement réduits pour le cas échéant augmenter leurs achats. Sans attendre d’ailleurs, la Russie vient de leur proposer d’acheter du gaz non plus en dollars mais dans leurs monnaies nationales.

Aujourd’hui, après deux ans d’austérités résultant de la crise du Covid, avec une hausse des prix de l’énergie et une baisse générale de la consommation auxquelles s’ajoutent les conséquences de la guerre en Ukraine qui diminuent l’accès aux blés et céréales ukrainiens, les consommateurs européens souhaitent voir s’alléger rapidement cette politique à l’égard de la Russie – autrement dit pouvoir acheter le gaz et le pétrole russes sans hausses dues à des sanctions américaines, décidées de l’autre côté de l’Atlantique.

Note La proposition soumise par la Commission européenne aux Etats membres prévoit un arrêt des importations de brut dans les six mois et des produits raffinés d’ici à fin 2022. Elle accorde une dérogation d’une année jusqu’à la fin 2023 à la Hongrie et à la Slovaquie, deux pays enclavés et dépendants des livraisons par l’oléoduc Droujba.

La durée de cette dérogation a été jugée insuffisante par la Hongrie et la Slovaquie. La République tchèque a demandé à en bénéficier. Cette durée a été portée jusqu’à fin 2024 dans la nouvelle version du projet. La République tchèque se voit également accorder cette possibilité.

En 2021, la Russie a fourni 30% du brut et 15% des produits pétroliers achetés par l’Union européenne. Les trois pays qui demandent une dérogation représentent « un faible pourcentage » des achats, a souligné la Commission.

Pour l’avenir, les faits parlent d’eux-mêmes. Les exportations russes de Gaz naturel vers la Chine ont augmenté de 60% pendant les 4 premiers mois de 2022 par rapport à celles correspondant à la même période en 2021, selon le russe Gazprom.. Par ailleurs le même Gazprom étudie les plans d’un autre pipeline dit Soyuz Vostok qui reliera la Russie et la Chine à travers la Mongolie – soit 50 milliards de m3 de gaz chaque année.

05/05/2022. Avenir de l’Union européenne. Propositions

Avenir de l’Union Européenne. Trente ans pour en faire une superpuissance scientifique.

La Conférence sur l’avenir de l’Europe s’achève le 9 mai 2022 et, avec elle, la possibilité de contribuer à la plate forme de propositions mise en place. Pour une raison matérielle, nous n’avons pas pu y participer. D’ores et déjà, on peut regretter que manque une proposition essentielle, qui ne figure apparemment nulle part dans cette plate forme. Nous la reformulons ici. Il s’agirait de faire en trente ans, voire plus tôt, de l’Europe une superpuissance scientifique. La France compte tenu de ses capacités, jouerait un rôle essentiel dans cet objectif.

D’ores et déjà, une vive compétition s’est engagée au plan mondial entre les Etats-Unis et le bloc russo-chinois pour dominer ce que l’on pourrait nommer les secteurs d’avenir de la recherche scientifique et technique. Le bloc européen et plus particulièrement la France, y joue un rôle important, compte tenu de plus d’un siècle de réalisation. Mais ce rôle encore bien inférieur à ce qu’il pourrait être.

Compte tenu d’une évolution des sciences et des technologies qui n’a jamais été si rapide, nous pourrions pour notre part mentionner un certain nombre de domaines où prendre du retard équivaudrait pour l’UE et plus particulièrement pour la France à un suicide rapide.

  • intelligence artificielle et biologie artificielle visant à obtenir robots intelligents et des humains progressivement augmentés. Préalablement, des objectifs analogues seront poursuivis au bénéfice d’autres espèces vivantes.
  • Mise en place de nouveaux satellites suborbitaux.
  • Présence permanente sur la Lune dans au moins une station lunaire .
  • Préparation de débarquements de quelques jours sur Mars ou ses satellites.
  • Dans le domaine océanique, mise en place de vastes espaces protégés interdits à toute exploitation commerciale et dédiés aux sciences océaniques.
  • En matière de médecine, étude approfondie de virus et de bactéries susceptibles de provoquer de nouvelles pandémies.

04/05/2022 Corruption en Ukraine

Du point de vue des autorités et des médias russes, l’un des aspects principaux de la guerre entre la Russie d’un côté et l’Ukraine appuyée sur l’Occident de l’autre était le rôle central des néo-nazis ukrainiens, dits aussi banderistes,  dans la vie politique du pays. Les nouvelles autorités ukrainiennes et les pays occidentaux qui les soutiennent préfèrent cependant rejeter les accusations de ce genre, les qualifiant de « propagande mensongère du Kremlin ».Mais peut-on vraiment considérer que toutes les forces « patriotiques » et « proeuropéennes », qui ont pris part au coup d’État de 2014 en Ukraine et renversé le président Viktor Ianoukovitch sont des banderistes (du nom de Stepan Bandera, nationaliste ukrainien ayant collaboré avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale) ? Aujourd’hui, quel rôle jouent-elles en appui du président Volodymyr Zelinsky

Depuis de nombreuses années, la vie politique ukrainienne fut déterminée via l’opposition entre deux parties du pays qui étaient plus au moins égales en termes d’électorat : c’était l’Ouest, réuni avec la région centrale, et le Sud-Est. Ces deux régions sont différentes de point de vue culturel : les habitants de l’Est parlent presque exclusivement russe, tandis que dans l’Ouest, l’ukrainien est plus répandu. Il y a aussi une différence économique : l’Est est industriel et l’Ouest est agricole.

Le nationalisme ukrainien a émergé durant le premier tiers du XXe siècle, et ressemble au nazisme allemand et à plusieurs autres idéologies d’extrême-droite de l’époque, d’où ses traits caractéristiques comme l’intolérance politique, le penchant à l’action directe et à la violence, ainsi que le refus des droits des minorités. Les nationalistes d’Ukraine estiment nécessaire de construire la nation avec une « main de fer », opprimant tous les éléments non-ukrainiens de la société. Mais il y a un problème : ces éléments non-ukrainiens représentent en Ukraine une majorité. Il y en a beaucoup même en Galicie, la région la plus ukrainophone du pays.

Analysant l’Ukraine, certains experts font une distinction entre le nationalisme modéré et le nationalisme extrême, comme chez les autres peuples européens. Mais dans ce cas-là, c’est faux. Lors de leur formation, tous les mouvements nationalistes européens étaient « modérés » et ce ne qu’après qu’ils acquéraient des ailes extrémistes. Quant au nationalisme ukrainien, cette idéologie était extrême dès le début.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les nationalistes ukrainiens ont formé l’UPA (Armée insurrectionnelle ukrainienne). Armée de guérilla dirigée par Stepan Bandera et par sa main droite Roman Choukhevitch, elle agissait principalement dans l’Ouest du pays. Cette période fut la plus célèbre de l’histoire du nationalisme ukrainien.

Malgré des relations assez tendues avec les occupants allemands, les banderistes considéraient toujours comme leur ennemi principal l’URSS. C’était dû à l’idéologie du nationalisme ukrainien, selon laquelle c’étaient les Russes qui étaient les principaux rivaux du peuple ukrainien. L’activité de l’UPA a atteint son apogée en 1944 et 1945 et durant les premières années d’après-guerre, lorsque les banderistes se sont mis à coopérer avec les services secrets britanniques et américains.

Cependant, au milieu des années 1950, la plupart des militants nationalistes ont rendu les armes, revenant à une vie pacifique. Quant à Bandera, il s’est rendu à Munich où il vivait sous la protection de l’intelligence service britannique jusqu’en 1959, l’année où il a été assassiné par l’agent du KGB Bogdan Stachinsky. Ce dernier l’a tué à l’aide d’un pistolet spécial chargé d’une seringue avec du cyanure de potassium.

En avril 2014, le ministère russe de la Défense a rendu publics plusieurs documents portant sur les activités des banderistes durant la Seconde Guerre mondiale. Les données dévoilées mettent en lumière le soutien logistique rendu par l’UPA à l’armée allemande, ainsi que leur participation au nettoyage ethnique. Outre les Juifs, les banderistes exterminaient les représentants d’autres nations. De plus, même les Ukrainiens qui étaient contre le nationalisme, ont été soumis à la terreur de l’UPA. Néanmoins, les enfants ukrainiens apprennent aujourd’hui à honorer ces gens comme des héros.

Contrairement à l’Ukraine du Sud-Est, qui n’a pas acquis d’idéologie ni d’identité dominante après la chute de l’URSS, l’Ukraine de l’Ouest est devenue nationaliste. C’est pourquoi même lorsque les représentants du Sud-Est étaient au pouvoir à Kiev, la politique sociale du pays était toujours déterminée par les nationalistes de Galicie. Le système d’enseignement et les médias étaient imbus de nationalisme. Les enfants ukrainiens lisaient des manuels qui présentaient une vue ultra-nationaliste de l’histoire du pays. Les chaînes de télévisions diffusaient régulièrement des programmes promouvant les idées du nationalisme ukrainien.

Pour beaucoup, les années Ianoukovitch restent surtout associées à la prédation économique organisée au sommet de l’Etat et à la corruption généralisée. Les estimations de détournement varient de 10 à 40 milliards d’euros. Plusieurs enquêtes sur Victor Ianoukovitch ont été ouvertes depuis 2014, mais aucune n’a encore abouti à une condamnation.

« Juger Ianoukovitch dans des dossiers de corruption impliquerait d’enquêter sérieusement sur des gens qui sont encore là et qui sont parfois devenus des soutiens du nouveau pouvoir », expliquait au Monde Daria Kaleniouk, de l’ONG Centre d’action contre la corruption, lors de l’ouverture du procès de Ianoukovitch pour « haute trahison », à l’été 2017. Ceux-ci se retrouvent principalement au sein du Bloc d’opposition, le successeur du Parti des régions de Viktor Ianoukovitch. Plus encore, la mise au jour des relations troubles entre économie et politique constituerait une menace pour l’ensemble du système ukrainien

Le combat pour récupérer les fonds volés est tout aussi chaotique. Selon un rapport du Centre d’action contre la corruption, 50 millions d’euros devaient être récupérés en 2015 et remis au budget de l’Etat. Seuls 3 400 euros l’ont été, notamment à cause de la complexité des schémas financiers impliquant des paradis fiscaux. Des gels d’avoirs décidés en 2014 dans plusieurs pays européens ont été levés les uns après les autres, faute d’action côté ukrainien.

04/05/2022 La fin de l’expansion de l’univers

Source
https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-fin-expansion-univers-serait-bientot-19340/

En 1998, des scientifiques découvraient, par deux études effectuées en parallèle, que les supernovas de type SN Ia s’éloignaient les unes des autres de plus en plus vite. Ces supernovas, issues de systèmes binaires contenant une naine blanche, sont considérées comme des points de repère en cosmologie, aussi appelées chandelles standard, car leur luminosité reste constante avec le temps. Or, lorsque les chercheurs ont évalué la distance qui les séparait en fonction du temps, ils ont observé que celle-ci augmentait de plus en plus vite en fonction du temps ! On savait déjà à ce moment-là que l’Univers était en expansion, mais le modèle du Big Bang supposait une décélération de cette expansion : les observations démontrèrent l’inverse.

La seule explication trouvée pour expliquer ce phénomène impliquait la présence d’une pression négative causée par une substance inconnue. Nommée « énergie noire », les calculs ont depuis montré qu’elle remplit plus de 70 % du contenu énergétique de notre Univers, sans qu’on soit pour autant capables de l’identifier. Indétectable malgré de nombreuses tentatives, plusieurs théories ont essayé malgré tout de la modéliser. Le modèle le plus utilisé actuellement est le modèle cosmologique standard, qui suppose une accélération constante et qui dépend de la constante cosmologique Λ, qui représente l’énergie du vide. Dans ce cas, l’accélération est constante, donc l’expansion continuera indéfiniment. Mais il existe Plus exactement, l’énergie noire serait comme une substance déterminée par un champ scalaire, appelée quintessence. À chaque point de l’espace est associée une valeur de cette quintessence V(Φ), qui dépend de la densité d’énergie et de matière qui l’entoure. Elle varie alors dans le temps, et s’oppose ainsi à la théorie qui associe l’énergie noire à la constante cosmologique. Sa longueur d’onde serait de l’ordre de la taille de l’Univers, lui attribuant alors une énergie cinétique presque nulle. Comme la pression associée à la quintessence dépend du rapport entre énergie cinétique et énergie potentielle, celle-ci est négative, donc cohérente avec une énergie répulsive. 

D’après ce modèle, la quintessence peut interagir avec la matière ordinaire lorsqu’elle est en grande quantité, tel un système stellaire, ou plus gros encore, une galaxie. Ainsi, au tout début de l’Univers, alors qu’il était encore compact, la quintessence et la matière auraient interagi fortement, créant comme un boum d’accélération. Puis à mesure que les astres s’éloignent, la densité de matière diminue pour devenir presque une constante, donc l’interaction avec la quintessence aussi.

Plus exactement, l’énergie noire serait comme une substance déterminée par un champ scalaire, appelée quintessence. À chaque point de l’espace est associée une valeur de cette quintessence V(Φ), qui dépend de la densité d’énergie et de matière qui l’entoure. Elle varie alors dans le temps, et s’oppose ainsi à la théorie qui associe l’énergie noire à la constante cosmologique. Sa longueur d’onde serait de l’ordre de la taille de l’Univers, lui attribuant alors une énergie cinétique presque nulle. Comme la pression associée à la quintessence dépend du rapport entre énergie cinétique et énergie potentielle, celle-ci est négative, donc cohérente avec une énergie répulsive. 

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Dans une étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, (voir références ci-dessous) un groupe de cosmologues a approfondi l’idée de quintessence. Et leur modèle prédit plusieurs changements pour l’expansion de l’Univers : d’abord, son accélération décélérera puis stoppera prochainement, puis au lieu de s’étendre l’Univers va se contracter petit à petit. Leurs calculs supposent une augmentation progressive de l’énergie cinétique et en parallèle une diminution de l’énergie potentielle : d’où l’évolution vers une pression positive, qui tend à contracter l’Univers au lieu de l’étirer : « à mesure que la densité d’énergie potentielle positive diminue et que la densité d’énergie cinétique vient à la dépasser, la phase actuelle d’expansion accélérée se terminera et passera en douceur à une période d’expansion décélérée. Ensuite, à mesure que le champ scalaire continue d’évoluer vers le bas du potentiel, la densité d’énergie potentielle deviendra suffisamment négative pour que la densité d’énergie totale et, par conséquent, le paramètre de Hubble H(t), atteigne zéro. Par conséquent, l’expansion (H > 0) s’arrêtera complètement et passera progressivement à la contraction (H < 0). », expliquent les chercheurs dans l’étude.

Leurs calculs se basent à la fois sur les données observationnelles, et sur une combinaison entre des équations d’état cosmologiques et les équations de Friedmann : ils décrivent ainsi mathématiquement l’évolution du potentiel de champ scalaire, et montrent qu’il diminue petit à petit. Plus étonnamment encore, les intervalles de temps entre l’expansion accélérée et décélérée, puis vers la contraction sont très petits reportés sur une échelle cosmologique ! Comparable à des échelles géologies, selon les chercheurs, l’accélération s’arrêterait dans moins de 65 millions d’années, soit autant de temps qu’il y a eu entre la fin des dinosaures et nous ! 

Quant à la contraction, d’après leur modèle qui suppose une évolution cyclique, elle se produirait lentement, en des milliards d’années. L’Univers se rendrait soit à un stade similaire à celui du Big Bang, soit au Big Crunch : ce sera alors la fin de l’espace-temps tel que nous le connaissons. Ensuite, une nouvelle phase d’expansion, et ainsi de suite. Les chercheurs concluent sur les grandes incertitudes qui accompagnent leur modèle : peu de données disponibles, donc beaucoup de variations dans les résultats. Mais un élément commun demeure, peu importe la théorie utilisée : « nos trois développements théoriques différents pointent vers le même résultat : la fin de l’expansion pourrait survenir étonnamment bientôt », conclut leur étude.__

Référence

Rapidly descending dark energy and the end of cosmic expansion

April 5, 2022  https://doi.org/10.1073/pnas.2200539119

Significance

Although the universe is expanding at an accelerating rate today, this paper presents a simple mechanism by which a dynamical form of dark energy (known as quintessence) could cause the acceleration to come to end and smoothly transition from expansion to a phase of slow contraction. That raises questions, How soon could this transition occur? And at what point would it be detectable? The conclusions are that the transition could be surprisingly soon, maybe less than 100 million y from now, and yet, for reasons described in the main text, it is not yet detectable today. The scenario is not far-fetched. In fact, it fits naturally with recent theories of cyclic cosmology and conjectures about quantum gravity.

Abstract

If dark energy is a form of quintessence driven by a scalar field ϕϕ evolving down a monotonically decreasing potential V(ϕ)V(ϕ) that passes sufficiently below zero, the universe is destined to undergo a series of smooth transitions. The currently observed accelerated expansion will cease; soon thereafter, expansion will come to end altogether; and the universe will pass into a phase of slow contraction. In this paper, we consider how short the remaining period of expansion can be given current observational constraints on dark energy. We also discuss how this scenario fits naturally with cyclic cosmologies and recent conjectures about quantum gravity.

03/05/2022 Faudra-t-il laisser les djihadistes s’installer tranquillement au Mali ?

Le 2 mai 2022, les autorités maliennes ont rompu les Accords de statut des forces (Sofa) qui fixaient le cadre juridique de la présence au Mali des forces française Barkhane et européenne Takuba. mais aussi le traité de coopération en matière de défense qui unit le Mali et la France. Cette dénonciation devrait accélérer le retrait en cours de la France de l’opération Barkhane.

L’Opération Barkhane est une opération militaire menée au Sahel et au Sahara par l’armée française, avec une aide secondaire d’armées européennes alliées. Elle vise à lutter contre les groupes armés salafistes djihadistes dans le Sahel. Lancée le 1ᵉʳ août 2014, elle remplace les opérations Serval et Épervier.

Les groupes djihadistes visés sont principalement  Ansar Dine qui compte environ  800 hommes au Mali et AQMI, plus de mille. Mais ces estimations sont peu précises. Le nombre des combattants varie en fonction de l’opposition qu’ils rencontrent.

Si le retrait de la France se précisait, on peut penser que les djihadistes se compteraient par milliers, au Mali et plus encore au Sahel. Parmi eux se trouveront de plus en plus de terroristes islamistes venant commettre des attentats en France et en Europe.

Rappelons qu’alors que plusieurs autres ressources du pays (comme le fer, la bauxite ou le pétrole) restent encore largement inexploitées, le plus grand intérêt d’un pays comme la France est surtout de garder la paix au Mali, notamment pour protéger les gisements d’uranium qu’elle utilise au Niger voisin

La junte au pouvoir dit fustiger les «atteintes flagrantes» de la part des forces françaises présentes dans le pays à la souveraineté nationale et de «multiples violations» de l’espace aérien malien. Rappelons que ces « violations » découlent essentiellement des patrouilles aériennes d’avions et d’hélicoptères permettant d’identifier et combattre les groupes djihadistes.

La France n’est pas l’Ukraine. C’est une chance pour la junte malienne. Ses membres n’auront pas à se défendre contre les frappes de groupes paramilitaires tels que le régiment Azov (Kiev) ou le groupe russe Wagner qui mènent des opérations meurtrières à la marge des actions militaires.

02/05/2022 La bataille russe pour le Donbass

Il apparaît aujourd’hui que la Russie est en train de battre sans doute définitivement les forces ukrainiennes sous le commandement du sémillant président Volodimir Zelinsky. Ces forces elles-mêmes sont massivement aidées par les Etats-Unis au risque de provoquer un embrasement pouvant dégénérer en guerre nucléaire mondiale.

Le fait est que la bataille avait initialement mal commencé pour Moscou. Des colonnes de troupes russes, avançant en Ukraine sans prêter le genre d’attention à la sécurité des itinéraires et à la protection des flancs qui accompagne normalement les opérations offensives, se sont retrouvées coupées et anéanties par des embuscades ukrainiennes bien préparées. De plus, au lieu de plier sous la pression, l’armée ukrainienne, – tant l’armée régulière que les forces territoriales, – a tenu bon et s’est battue, en utilisant  avec un grand succès. des armes antichars portatives, – des ‘Javelin” de fabrication américaine et des NLAW de fabrication britannique, I

Cependant, malgré des revers initiaux coûteux, l’armée russe a poursuivi son attaque, réalisant des gains impressionnants dans le sud, où les forces russes opérant depuis la Crimée ont sécurisé la ville stratégique de Kherson et ont progressé vers la ville tout aussi importante de Marioupol. Là, elles ont rejoint les forces russes et ses alliées de la République de Donetsk pour encercler les forces ukrainiennes qui défendaient Marioupol. Elles ont fini par enfermer les survivants, au nombre de plusieurs milliers, dans les souterrains en béton armé de l’usine sidérurgique Azovstal.

Plus au nord, les forces russes, ainsi que les forces des républiques de Donetsk et de Lougansk, ont avancé vers l’ouest pour chasser les forces ukrainiennes de leurs positions préparées afin de prendre le contrôle de la totalité du territoire englobant la région du Donbass.

Si la sécurisation de l’intégrité territoriale de la région du Donbass était l’un des principaux objectifs de l’opération militaire spéciale russe, la Russie a mené à cette fin de vastes opérations de soutien, notamment une avancée de diversion vers Kiev destinée à fixer les forces ukrainiennes sur place et à détourner les renforts du front oriental, ainsi qu’une feinte amphibie au large d’Odessa dans le même but.

Pour qu’une attaque ou une feinte de diversion soit viable sur le plan opérationnel, elle doit être crédible, ce qui signifie que les forces chargées de la mission doivent être agressives dans l’exécution de la diversion, même dans des conditions défavorables.

L’avancée russe sur Kiev a été réalisée par une force de quelque 40 000 hommes opérant sur deux axes, l’un se dirigeant vers le sud, l’autre poussant vers le sud-ouest depuis la direction de Tchernihiv. Les avancées terrestres ont été précédées de plusieurs assauts aériens visant les aérodromes situés dans les environs de Kiev. Que les renseignements russes aient ou non indiqué que Kiev était mûr pour un coup de main, que les parachutistes et les forces spéciales russes menant les assauts aient été trop agressifs dans la réalisation de l’attaque, ou une combinaison des deux, la réalité était que Kiev était bien défendue par un mélange d’armée régulière et de forces territoriales qui n’étaient pas enclines à abandonner la capitale ukrainienne sans se battre. Pendant plus d’un mois, les forces russes ont avancé sur Kiev, lançant des attaques par à-coups qui ont pénétré dans la banlieue nord et menacé d’encercler la ville par l’est et l’ouest.

Il n’en demeure pas moins qu’une force de 40 000 hommes, aussi agressive soit-elle, ne peut prendre et tenir une ville de quelque trois millions d’habitants défendue par un mélange de 60 000 soldats réguliers, de réserve et territoriaux. Mais cela n’a jamais été leur tâche.

« Ces actions [i.e., l’avancée sur Kiev] », a annoncé le colonel général Sergey Rudskoy, premier chef adjoint de l’état-major russe, lors d’un briefing le 26 mars, « sont menées dans le but de causer des dommages aux infrastructures militaires, aux équipements et au personnel des forces armées ukrainiennes, dont les résultats nous permettent non seulement d’immobiliser leurs forces et de les empêcher de renforcer leur groupement dans le Donbass, mais aussi ne leur permettront pas de le faire jusqu’à ce que l’armée russe libère complètement les territoires de laRépublique populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk ».

La prétendue “bataille de Kiev” est un exemple clair de la différence entre la perception et la réalité. L’interprétation ukrainienne est que ses forces ont vaincu de manière décisive les militaires russes aux abords de Kiev, ce qui les a obligés non seulement à battre en retraite, mais aussi à revoir complètement les objectifs stratégiques de l’opération militaire spéciale. Ce point de vue a été repris sans hésitation par des médias occidentaux complaisants.

L’un des principaux résultats de cette “victoire” ukrainienne a été la capacité du président ukrainien Zelenski à tirer parti de cette perception pour modifier fondamentalement la façon de penser de ses partisans en Occident, ce qui a entraîné une augmentation des sommes allouées à la fourniture d’armes à l’Ukraine, ainsi que de la qualité des armes elles-mêmes, l’Occident délaissant les armes antichars légères au profit de blindées et de pièces d’artillerie plus lourdes.

La nécessité de ce changement radical de priorité en matière d’armement n’était pas explicite, d’autant plus que l’Ukraine avait, selon son propre récit, vaincu la Russie de manière décisive en utilisant ces mêmes armes antichars légères. La réalité, cependant, est que les opérations russes de la phase 1 ont infligé des dommages quasi mortels à l’armée ukrainienne, tuant et blessant des dizaines de milliers de soldats tout en détruisant la majeure partie de l’armement lourd de l’Ukraine, – l’artillerie, les chars et les véhicules de combat blindés essentiels à la conduite d’une guerre interarmes moderne. La raison pour laquelle l’Ukraine a demandé davantage de chars, de véhicules blindés et d’artillerie à ses fournisseurs occidentaux est qu’elle avait épuisé ses stocks disponibles.

Mais l’équipement était le moins important des soucis de l’Ukraine. Une armée n’est bonne que si elle est capable de soutenir logistiquement ses forces pendant le combat, et l’un des principaux objectifs de la campagne russe de la phase-1 était de détruire les installations de stockage de carburant et de munitions de l’Ukraine et de dégrader le commandement et le contrôle ukrainiens. Le résultat est que si l’Ukraine a tenu Kiev, elle l’a fait à un coût énorme en termes d’efficacité globale du combat. Et tandis que la Russie a pu se retirer du front de Kiev et bénéficier d’une période de repos, de réarmement et de réorientation l’armée ukrainienne est restée sous la pression des attaques aériennes russes incessantes et des bombardements de missiles de croisière à guidage de précision et de l’artillerie russe.

La perception, lorsqu’elle est soumise à la lumière crue de la réalité, se révèle être un peu plus qu’un vœu pieux. C’est le cas de la “bataille de Kiev”, au cours de laquelle l’armée ukrainienne s’est retrouvée avec un territoire qui n’avait plus aucune utilité pour les Russes. La Russie a pu redéployer ses forces pour mieux soutenir son objectif premier, la prise du Donbass, laissant les forces ukrainiennes de Kiev figées sur place.

La réalité est que Kiev était une feinte russe magistrale qui a façonné la situation stratégique globale en Ukraine en faveur de la Russie, et que la bataille de Marioupol est également terminée en termes d’impact stratégique sur la campagne globale. Ce qui reste, c’est la dure vérité du fait que l’Ukraine est en train de perdre sa guerre contre la Russie.

Telle est la situation actuelle de l’armée ukrainienne face aux Russes dans le Donbass aujourd’hui. Les Ukrainiens, dépourvus de toute artillerie significative, sont à la merci de l’artillerie et des lance-roquettes russes qui pilonnent leurs positions jour après jour, sans répit. Les troupes russes ont adopté une approche très délibérée de l’engagement avec leurs adversaires ukrainiens. Finies les avancées rapides de colonnes et de convois non protégés ; désormais, les Russes isolent les défenseurs ukrainiens, les bombardent avec l’artillerie, puis se rapprochent prudemment et détruisent ce qui reste avec l’infanterie soutenue par des chars et des véhicules de combat blindés. Le rapport de pertes dans ces combats est impitoyable pour l’Ukraine, avec des centaines de soldats perdus chaque jour en termes de tués, de blessés et de personnes qui se sont rendues, alors que les pertes russes se mesurent en dizaines.

Non seulement la Russie peut manœuvrer pratiquement à volonté le long du front en se rapprochant des défenseurs ukrainiens et en les détruisant, mais les troupes russes opèrent également avec une liberté absolue dans la profondeur, ce qui signifie qu’elles peuvent se retirer pour se ravitailler, se réarmer et se reposer sans craindre les tirs d’artillerie ou les forces de contre-attaque ukrainiennes. Les Ukrainiens, quant à eux, restent cloués au sol, incapables de bouger de crainte d’être détectés et détruits par la puissance aérienne russe, et sont donc condamnés à être isolés et détruits par les troupes russes en temps voulu.

Il n’y a pratiquement aucun espoir de renforcement ou de secours pour les forces ukrainiennes opérant sur les lignes de front ; la Russie a paralysé les lignes ferroviaires qui servaient de voie de ravitaillement, et la probabilité que les forces ukrainiennes qui ont reçu des armes lourdes fournies par l’Occident atteignent les lignes de front avec une force discernable est pratiquement nulle. La bataille du Donbass atteint son point culminant, lorsque l’armée ukrainienne passe rapidement d’une force capable de fournir un semblant de résistance à une force qui a perdu toute capacité de combat significative.

Telle est la situation à l’aube du troisième mois de l’opération militaire russe en Ukraine. Si la fin d’un conflit est toujours une question politique, une chose est sûre : si l’opération se prolonge pendant un quatrième mois, le champ de bataille sera très différent de celui que le monde voit actuellement. La bataille pour le Donbass et l’est de l’Ukraine est pratiquement terminée. C’est la dure réalité, et aucun vœu pieux ni aucune gestion de la perception de la part de Zelenski ou de ses partenaires américains ne peuvent y changer quoi que ce soit.

Références

ex-UN weapons inspector Scott Ritter https://www.youtube.com/watch?v=OSkpIq3T-Zc

https://www.dedefensa.org/article/ukrisisentree-dans-son-troisieme-mois

02/05/2022. Quel intérêt présenterait pour les Etats-Unis la fin de la guerre en Ukraine ?

La fin de cette guerre pourrait résulter de raisons différentes. Chacune d’elles représenterait un manque à gagner considérable pour Washington et le Complexe militaro-industriel américain. Autrement dit derrière les discours officiels de Joe Biden incitant à la paix entre Vladimir Poutine et Volodimir Zelensky on ne voit de raisons objectives pour que le département d ‘Etat américain et la Maison Blanche interviennent d’une façon quelque peu efficace pour que les hostilités s’apaisent.

La guerre affaiblit considérablement la Russie, l’ennemi historique. Celle ci y consacre un budget militaire difficile à évaluer mais de plusieurs milliards de dollars chaque mois. De plus elle entraîne des « sanctions occidentales » dont le poids pour la Russie ne cesse d’augmenter. Il en est ainsi de la cessation par l’Europe des importations de pétrole et gaz russes. En contrepartie d’ailleurs le secteur pétrolier et gazier américain voit ses débouchés vers l’Europe augmenter de façon inespérée.

Mais c’est principalement aujourd’hui dans le domaine des industries militaires que la guerre profite aux entreprises américaines. Le président américain Joe Biden vient ainsi d’obtenir du Congrès d’allouer une aide d’urgence triplant l’aide actuelle. Cette aide s’inscrit dans le domaine économique mais elle est surtout militaire. 20 milliards pour fournir des armements à Kiev (et regarnir les stocks américains) ; 8,5 milliards d’assistance économique, alors que le PIB ukrainien devrait chuter d’un tiers cette année ; 3 milliards d’aide humanitaire et alimentaire. Cette somme s’ajoute aux 13,7 milliards de dollars d’aide à l’Ukraine déjà votés. Mis bout à bout, le montant est considérable: 43,7 milliards de dollars soit davantage que le budget français de la défense en 2022.

On ajoutera que la poursuite de la guerre en Ukraine permettra aux Etats-Unis de rejoindre honorablement le « concert des nations » européennes dont ils s’étaient quelque peu éloignés du fait de leur engagement contre la Chine dans le pacifique sud

01/05/2022 L’espace-temps peut-il être décomposé en particules individuelles observables (pixels)

La théorie de la gravité quantique vise à unifier la physique einsténienne et la physique quantique. Ces deux physiques sont profondément différentes. Néanmoins la science moderne les valide toutes deux et en tire des applications expérimentales également vérifiables et pour la plupart vérifiées.

Un certain nombre de physiciens, théoriques ou expérimentaux, visent actuellement les unifier. La principale question posée est de savoir si l’espace-temps, celui dans lequel nous vivons, peut être « quantifié » c’est-à-dire décomposé en constituants individuels appelés ici pixels en dessous desquels il n’est plus possible de descendre.

Pour prendre une image, nous dirions qu’une symphonie, donnant l’impression d’être unifiée, peut être quantifiée ou pixélisée , c’est-à-dire décomposée en notes individuelles, jouées l’une après l’autre par le musicien. C’est cette quantification ou pixelisation qui est la marque de l’univers quantique – doù ce nom de quantique.

Compte tenu de l’incroyable petitesse des échelles en question la plupart des physiciens ont renoncé à les rapprocher, bien qu’ils en soupçonnent l’existence, par exemple dans les trous noirs ou au sein des ondes gravitationnelles que recherchent les détecteurs du même nom.

Ce n’est pas le cas de Kathryn Zurek, professeure de physique théorique. Elle a mis en place une collaboration interacadémique visant à développer un projet dit Quantum gRavity and Its Observational Signatures (QuRIOS). Celle-ci rassemble des théoriciens des cordes, sans pratique expérimentale, et des théoriciens des particules désireux de conduire des expériences dans leur domaine mais n’ayant pas jusqu’ici travaillé sur la gravité quantique.

Le premier objectif sera de réaliser en laboratoire, sans faire appel à des instruments sophistiqués, une expérience baptisée Gravity from Quantum Entanglement of Space-Time (GquEST). Celle-ci ne cherchera pas à détecter des unités élémentaires de l’espace-temps, mais leurs interconnexions éventuelles donnant naissance à des particules observables. Ainsi la force électromagnétique peut être décomposée en particules nommés photons, qui composent la lumière visible.

Concernant la gravité quantique la principale question à résoudre sera de savoir si l’espace-temps, aussi réduit que possible, resterait homogène, comme l’eau d’un lac par beau temps, ou donnerait naissance à une surface devenant écumeuse comme ce lac par mauvais temps. C’est cette dernière hypothèse que privilégient la plupart des cosmologistes. Ils ont même nommé gravitons ces hypothétiques ondulations écumeuses. Mais ils ne sont pas capables à ce jour d’en donner des représentations mathématiques recevables.

Pour en savoir plus
https://magazine.caltech.edu/post/quantum-gravity

30/04/2022 L’Inde sous estime son importance diplomatique

. Après la rencontre à Washington entre les chefs de la diplomatie et de la défense américains et indiens, le premier ministre britannique Boris Johnson s’est rendu en visite à New Delhi, où devrait également venir dans les prochains jours la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

L’Occident vise manifestement à faire sortir l’Inde de sa neutralité à l’égard de la Russie. Dans le conflict actuel dit de la guerre du Donbass, le premier ministre indien Narendra Modi a plusieurs fois répété que l’ Inde voulait rester neutre. Il n’a pas condamné la Russie mais seulement appelé à mettre immédiatement un terme aux violences en Ukraine. 

A l’issue des pourparlers, l’UE et l’Inde sont convenues de créer un conseil de commerce et de technologies. Cela pourrait être considéré comme un succès de la présidente de la Commission européenne. Car une telle structure n’existe qu’entre l’Union européenne et les États-Unis. 

Pendant sa rencontre avec le premier ministre indien Narendra Modi, Ursula von der Leyen a déclaré qu’une telle coopération était aujourd’hui plus que jamais.nécessaire. Elle a également promis d’augmenter les livraisons d’armes à l’Inde. Les deux responsables ont par ailleurs évoqué la proposition de créer une zone de libre-échange. Les négociations à ce sujet étaient menées encore en 2013 mais ont été suspendues à cause des divergences sur la réduction des taxes et la protection des brevets.

L’UE considère l’importance de l’inde non pas en relation avec la crise ukrainienne, mais du point de vue de la confrontation avec la Chine. L’Inde, avec sa population de presque 1,4 milliard d’habitants, est perçue comme une alliée clé censée aider à freiner l’ascension de la Chine sur la scène mondiale.

Le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar a déclaré que les parties avaient échangé leurs avis sur les conséquences politiques et économiques du conflit en Ukraine. Un échange d’avis n’implique pas que les interlocuteurs partagent leurs approches. De toute évidence, l’Inde continuera de manœuvrer entre l’Occident et la Russie. L’Inde est prête à commercer avec tout le monde. Cela ne signifie pas qu’elle cède à la pression politique. 

La ligne de la politique étrangère du pays a été confiée par la ministre des Finances Nirmala Sitharaman dans une interview à l’agence Bloomberg. « L’Inde veut être un ami fiable du monde libéral. Mais elle a besoin de l’aide de la Russie pour défendre ses frontières ». L’Inde était depuis longtemps impliquée dans des litiges frontaliers avec le Pakistan et la Chine. Il lui a fallu faire la guerre avec ces deux pays. D’autant plus qu’ils agissent conjointement contre l’Inde. New Delhi ne peut pas se permettre de se disperser. Il doit rester fort pour pouvoir se défendre.

On regrettera que que l’Inde, sixième grande puissance du monde, ne s’engage pas davantage pour résoudre la crise actuelle en Ukraine.

30/04/2022. La guerre en Ukraine et le complexe militaro-industriel américain.

Le président américain Joe Biden a demandé au Congrès de voter un nouveau plan d’aide à l’Ukraine d’un montant de 33 milliards de dollars, dont 20 sont destinés à un matériel militaire qui semble de plus en plus offensif : drones, hélicoptères, alors que des pays européens ont déjà livré aux Ukrainiens des chars. 

Il est difficile de ne pas voir là l’intervention du Complexe militaro industriel CMI américain. L’expression « complexe militaro-industriel » désigne l’ensemble constitué par l’industrie de l’armement, les forces armées et les décideurs publics d’un gouvernement, et le jeu de relations complexes entre ces trois pôles destiné à influencer les choix publics.

Il ne faut pas être grand expert pour deviner que Volodymyr Velinsky et l’armée ukrainienne ne verront pas grand chose de ces milliards, Le temps que les matériels correspondants soient livrés et que les militaires ukrainiens apprennent à s’en servir, ce ne sera pas seulement le Donbass mais toute l’Ukraine qui seront conquis par les Russes.

Mieux vaudrait que les occidentaux dès maintenant proposent à Vladimir Poutine de mener conjointement de grands programmes scientifiques tels notamment l’exploration de l’espace profond interplanétaire.

Il serait facile de faire en sorte que le CMI américain, comme son homologue russe, en tirent quelques profits.