03/09/2022 De combien les centrales nucléaires françaises augmentent-elles le réchauffement climatique ?

Au moment où le gouvernement francais envisage de mettre en service dans les prochaines années au moins cinq nouvelles centrales nucléaires, les partisans des centrales à énergies renouvelables (Hydraulique. Eolienne. Solaire. Biomasse, Géothermique) font valoir que celles-ci sont seules capables de produire de l’électricité sans contribuer sensiblement au réchauffement climatique. Ils reprochent aux pouvoirs publics français de céder aux pression du « lobby nucléaire » en ne fermant pas le plus tôt possible, soit dans les 15 à 25 ans les centrales nucléaires en service, pour les remplacer par du renouvelable.

Pour savoir de quoi l’on parle, il est intéressant de se reporter aux évaluations concernant les rejets en mer d’eau chaude provenant du refroidissement des centrales nucléaires en fonctionnement

Voir https://dcsmm.milieumarinfrance.fr/content/download/5185/file/MMN_PI_12_Modification_regime_thermique.pdf .pdf oir

On lit par exemple dans ce document (résumé)

La sous-région marine Manche-mer du Nord compte 5 centrales thermiques de production d’électricité situées sur le littoral, dont 4 nucléaires et une au charbon . Chaque centrale comprend plusieurs unités de production indépendantes.

Les rejets thermiques des centrales sont effectués selon deux modes : • rejets au large (Flamanville, Paluel et Penly) • rejets à la côte ou vers un port (Gravelines et Le Havre respectivement).

Les rejets thermiques sont constitués d’eau de mer, pompée pour refroidir les condenseurs des turbines à vapeur de chaque unité de production. Les débits de rejet de chaque unité de production varient pour le nucléaire entre 45 m3 ·s-1 (unités existantes) et environ 60 m3 ·s-1 (nouveaux réacteurs EPR). Après échauffement dans le condenseur, l’eau est acheminée vers un « puits de rejet », puis transite dans une galerie souterraine jusqu’à un ouvrage de rejet coiffé d’un diffuseur, débouchant sur le fond marin, à plusieurs centaines de mètres de la côte dans les zones de fort courant. Ce dispositif permet une bonne dilution de l’échauffement produit par chaque unité de production .

Pour les CNPE (centrale nucléaire de production d’électricité) une réglementation spécifique est déclinée dans des décisions administratives relatives aux prises d’eau et rejets. Ces décisions sont élaborées sur la base d’études d’impact détaillées faisant l’objet d’une consultation du public. L’objet de cette réglementation et des surveillances associées est de garantir l’absence d’échauffement préjudiciable au milieu récepteur, dès le voisinage immédiat du rejet.

Les contrôles portent d’une part sur l’étude du panache thermique (mesures in situ des températures et modèles de simulation numérique) et d’autre part sur un programme de surveillance écologique et halieutique annuel.

Les valeurs limites imposées sont assez homogènes, ainsi pour les sites nucléaires :
• l’écart de température entre l’eau prélevée et l’eau réchauffée ne doit pas dépasser 15 °C (12 °C pour Gravelines) ;
• de novembre à mai, la température de l’eau de mer à la sortie immédiate du rejet en mer doit être inférieure à 30 °C (35 °C de juin à octobre) ;
• la température de l’eau de mer à proximité des rejets à un point fixé dans les décisions administratives doit toujours être inférieure à 30 °C. De plus, des situations spécifiques temporaires telles que l’indisponibilité d’une pompe du circuit de refroidissement ou le nettoyage de la station de pompage ont été intégrées dans les arrêtés.

Les situations visées peuvent conduire à un échauffement temporaire plus important avec une puissance thermique plus faible (car le débit est alors plus faible). Le respect de cette réglementation fait l’objet de contrôles réguliers par EDF.

Le respect des températures réglementées dans le milieu récepteur a été démontré pour chaque site par des campagnes de mesures réalisées avant puis après la mise en service des unités de production (thermographes immergés, et thermographies aériennes). Ces mesures ont en outre permis d’étalonner dans les années 1980 et 1990 des modèles hydrodynamiques de rejet permettant de réaliser des simulations de la tache thermique, y compris dans le champ lointain du rejet, en tenant compte des conditions de marée et environnementales.

02/09/2022 Comment se procurer sur Mars même l’oxygène nécessaire aux futures missions

Alors que les médias français discutent interminablement du poids qu’ont pris les marabouts africains parmi certains membres de l’équipe de France de football, bien peu abordent l’exploit que représente pour l’humanité le fait qu’un appareil révolutionnaire placé à bord de Perseverence, le nouveau robot à 6 roues de la Nasa récemment débarqué sur le sol de la planète Mars, ait réussi à extraire de l’oxygène à partir du gaz carbonique (CO2) qui constitue l’essentiel de l’atmosphère ténue de la planète. Cet appareil, est nommé Mars Oxygen In-Situ Resource Utilization Experiment (MOXIE).

Sa réalisation a été financée conjointement par les Space Technology Mission Directorate (STMD) et le Human Exploration and Operations Mission Directorate de la Nasa. Il apportera des éléments à la station météorologique dite Mars Environmental Dynamics Analyzer. (MEDA)

Des lors que des cosmonautes humains seront débarqués sur Mars, ils auront besoin d’oxygène pour respirer. Il serait impensable que ceux-ci l’apportent avec eux de la Terre. Outre aux humains, l’oxygène sera indispensable pour participer à la propulsion des fusées de retour sur la Terre. Il faut donc le produire sur place. .L’actuel MOXIE peut produire 4,6 grammes d’oxygène à l’heure, de quoi permettre 10 minutes d’activité à un humain. Une équipe de 4 cosmonautes désirant séjourner 1 an sur Mars aurait besoin d’1 tonne d’oxygène pour vivre. La fusée de retour nécessitera 7 tonnes de carburant et 25 tonnes d’oxygène.

Embarquer un convertisseur plus puissant que MOXIE qui pèserait environ 1 tonne et pourrait produire en 1 an 25 tonnes d’oxygène serait plus économique que transporter ces 25 tonnes de la Terre. Encore faudrait-il qu’il supporte des températures de 800 degrés Celsius nécessaires à son fonctionnement. Pour ce faire, MOXIE est fabriqué à partir de pièces imprimées en nickel qui refroidissent les gaz les traversant.

MOXIE ne sera pas le premier appareil fabriquant de l’oxygène dans l’espace. Ce sera le premier utilisant les ressources de la planète d’accueil pour ce faire, ce que la Nasa nomme que le in-situ resource utilization.

01/09/2022 A quoi correspondent les mouvements oculaires rapides

 Toi dont la large main cache les précipices
Asomnambule errant au bord des édifices
Ô Satan, prends pitié de ma longue misère ! CB

Beaucoup de choses restent ignorées concernant les relations qui chez de nombreux sujets s’établissent entre les mouvements du corps durant le sommeil et le contenu des rêves. C’est notamment le cas concernant ce que l’on nomme les mouvements oculaires rapides ou REM, rapid eye movements, survenant pendant la phase du sommeil dit  sommeil paradoxal . Correspondent-ils à des états de conscience virtuels dont le sujet au réveil perd le souvenir, ou tiennent-ils à d’autres causes non encore élucidées.

Le point intéressant est que ces REM s’observent chez tous les mammifères, la plupart des oiseaux et certains serpents.

Les expériences relatées dans le document référencé ci-dessous semblent montrer que chez la souris les REM sont identiques, que l’animal rêve ou qu’il explore son environnement en état de veille active. Est-ce à dire que la souris rêve lorsqu’elle est éveillée ?

Note

Rappelons que le sommeil paradoxal correspond (wikipedia) au nom de sommeil REM. Il fait suite au sommeil lent (« sommeil à ondes lentes » désignant les stades 3 et 4), et constitue le cinquième et dernier stade d’un cycle du sommeil. Une « nuit » comprend de trois à six cycles successifs d’une durée chacun de 90 à 120 minutes. Chez une personne normale, la durée du sommeil paradoxal occupe environ 25 % de la durée d’une nuit, et s’accroît à chaque cycle jusqu’au réveil1.

C’est la phase du sommeil au cours de laquelle les rêves dont on se souvient se produisent.

Il se caractérise par des mouvements oculaires rapides, d’où le nom anglais Rapid Eye Movement, une atonie musculaire, une respiration et un rythme cardiaque irréguliers, une température corporelle déréglée. On observe une dilatation des organes pelviens et une érection qui, chez le mâle, peut être suivie d’éjaculations. L’activité électrique du cerveau est proche de celle de l’éveil, comme le montre le tracé électroencéphalographique.

On l’observe non seulement chez l’être humain mais aussi chez la majorité des mammifères placentaires, chez les oiseaux et chez certains reptiles (lézards2). Son déclenchement peut être observé par le placement d’électrodes au niveau du pont, du corps géniculé et du cortex visuel (parfois appelé cortex occipital).

Le sommeil paradoxal est déclenché par l’horloge ultradienne, située dans le pont et le bulbe, qui dirige trois sous-systèmes :

  1. Celui responsable d’une activation du cortex cérébral qui ressemble à l’éveil. Cependant certains neurotransmetteurs comme la sérotonine, la noradrénaline, l’histamine et la dopamine ne sont pas libérés. Tandis que l’hippocampe, qui joue un rôle dans la mémorisation, est plus excité que pendant l’éveil. C’est lui qui semble être responsable des images des rêves et aussi de la programmation du cortex;
  2. Celui responsable des mouvements oculaires (d’où le nom anglais du sommeil paradoxal : Rapid Eye Movement Sleep ou REM, « (partie du sommeil) où les yeux bougent rapidement »), d’après Michel Jouvet pas liés aux rêves mais à la programmation du cerveau
  3. Et le système capable de bloquer au niveau de la moelle épinière l’activité des nerfs responsable de l’atonie musculaire3. Durant le sommeil paradoxal, le tractus olfactif est inhibé (le corps ne réagit plus aux odeurs), mais le nerf trijumeau reste actif (une irritation par exemple due à un excès de CO2 peut induire un réveil4).

Pendant le sommeil paradoxal, le corps suspend les fonctions ordinaires d’homéostasie, et le tronc cérébral paralyse l’organisme, ce qui empêche le sujet de se lever pour « vivre ses rêves ». La fréquence cardiaque et la fréquence respiratoire deviennent irrégulières, et la température corporelle devient plus sensible au milieu de l’organisme5.

A cognitive process occurring during sleep is revealed by rapid eye movements

Science 25 Aug 2022
Vol 377, Issue 6609,pp. 999-1004

DOI: 10.1126/science.abp8852

The meaning of rapid eye movement

Sleep includes phases characterized by rapid eye movement (REM) that were known to be associated with dreaming. But are these eye movements related to the contents of consciousness in that sleep state? Senzai and Scanziani recorded head direction cells in the anterior dorsal nucleus of the thalamus in mice during wake and sleep (see the Perspective by De Zeeuw and Canto). The direction and amplitude of rapid eye movements encoded the direction and amplitude of the heading of mice in their virtual environment during REM sleep. It was possible to predict the actual heading in the real and virtual world of the mice during wake and REM sleep, respectively, using saccadic eye movements. —

Abstract

Since the discovery of rapid eye movement (REM) sleep, the nature of the eye movements that characterize this sleep phase has remained elusive. Do they reveal gaze shifts (changement regard) in the virtual environment of dreams or simply reflect random brainstem activity? Tronc cérébral We harnessed the head direction (HD) system of the mouse thalamus, a neuronal population whose activity reports, in awake mice, their actual HD as they explore their environment and, in sleeping mice, their virtual HD. We discovered that the direction and amplitude of rapid eye movements during REM sleep reveal the direction and amplitude of the ongoing changes in virtual HD. Thus, rapid eye movements disclose gaze shifts in the virtual world of REM sleep, thereby providing a window into the cognitive processes of the sleeping brain.

31/08/22 La galaxie en rotation la plus lointaine jamais observée

Des chercheurs viennent de découvrir la galaxie en rotation la plus lointaine jamais observée. Elle a traversé plus de 13,26 milliards d’années-lumière avant d’arriver à nous. Elle a été nommée MACS1149-JD1, raccourci en JD1. Sa particularité !est sa vitesse de rotation : JD1 tourne sur elle-même bien plus lentement que les galaxies en rotation provenant d’une époque moins ancienne, y compris la Voie lactéei. Il est probable que JD1 soit à un stade initial de développement d’un mouvement de rotation », selon Akio Inoue, coauteur d’une étude publiée dans la revue The Astrophysical Journal et professeur à l’Université Waseda (voir ci-dessous référence et abstract).

La théorie la plus acceptée concernant les causes de la formation des toutes premières galaxies suggère qu’elles sont apparues à partir des fluctuations primordiales de densité, qui sont à l’origine des structures de l’Univers. Ces fluctuations ont donné lieu à des zones denses, constituées à la fois de matière noire (matière invisible pour les instruments actuels) et de gaz. Petit à petit, le gaz s’est condensé, et les amas de matière se sont agrandis: naissent alors les toutes premières galaxies durant la réionisation.

L’ionisation est l’action qui consiste à ajouter ou enlever des charges à un atome ou une molécule électriquement neutre, qui devient ainsi un ion (chargé positivement ou négativement). Elle peut être due à des causes physiques telles que la présence de radiations. La  réionisation représente l’époque, juste après les âges sombres, où un grand nombre d’atomes existant dans l’Univers ont été ionisés par le rayonnement intense de la probable première génération d’étoiles  à avoir illuminé l’Univers, les étoiles de population III.

Ces étoiles, non observées aujourd’hui, sont considérées comme ayant été très massives, et de ce fait, eurent une durée de vie relativement courte. Leur masse importante leur a permis de rayonner à une température suffisamment élevée pour ioniser le milieu interstellaire environnant.

La formation stellaire n’entre en jeu qu’après la création de ces galaxies primordiales. C’est lorsqu’un nuage de gaz contenu dans la galaxie, appelé nébuleuse, s’effondre sur lui-même par gravitation qu’une étoile se forme. Dans une galaxie, ce processus entre en jeu de nombreuses fois, d’abord au niveau du centre de la galaxie, là où la majorité des poussières et du gaz se trouve, puis petit à petit vers la périphérie lorsque cette formation stellaire s’excentre.

La mise en rotation se développe dès les premiers instants des galaxies, lorsqu’elles ne sont encore que des halos de matière. Mais elle s’accélère ensuite, poussée par la formation d’étoiles qui accentuent les effets gravitationnels subis de part et d’autre de la galaxie.

Ainsi, pour déterminer le stade d’évolution d’une galaxie, les astronomes utilisent les propriétés des étoiles et des gaz qui la composent, comme leur mouvement ou leur âge. Pour ces observations, ils font appel à l’effet dit de lentille gravitationnelle , soit  lorsqu’un objet particulièrement massif déforme la lumière des objets qui se situent derrière lui par rapport à l’observateur. Cet effet permet d’agrandir certains objets trop peu lumineux pour être observés directement, en amplifiant la lumière qu’ils émettent. Ils apparaissent cependant déformés, ce qui oblige les chercheurs à les reconstruire à partir des données collectées.

JD1 , la galaxie évoquée ici a été découverte par le télescope Alma (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), situé au Chili.. Elle a fait l’objet de diverses campagnes d’observation effectuées entre octobre 2018 et décembre 2018, pour un total de presque 10 heures d’observation. Pour connaître son âge, les chercheurs ont mesuré grâce à Alma son décalage vers le rouge, aussi appelé « redshift ». Il correspond au décalage du spectre lumineux vers de plus grandes longueurs d’onde lorsqu’un objet s’éloigne de l’observateur. C’est l’effet Doppler

Or, à cause de l’expansion de l’Univers, plus une galaxie est ancienne, donc lointaine, plus elle s’éloigne vite de nous. Avec un décalage spectral particulièrement élevé (coté z = 9,1), les chercheurs lui ont attribué une population stellaire âgée de quelques centaines de millions d’années, suggérant alors une époque de formation plus ancienne, d’environ z = 15. 

« Au-delà de la découverte de galaxies à décalage vers le rouge élevé, à savoir très éloignées, l’étude de leur mouvement interne du gaz et des étoiles fournit une motivation pour comprendre le processus de formation des galaxies dans l’Univers à un stade le plus ancien possible », explique le professeur Richard S. Ellis, coauteur de l’étude et chercheur à l’University College de Londres. 

Avec un diamètre de 3.000 années-lumière, contre 100.000 pour la Voie lactée, JD1 se révèle, comme l’explique l’étude, dominée par la rotation, et non par la dispersion. En ce cas, la dispersion des vitesses est bien inférieure à la vitesse de rotation des étoiles qui composent la galaxie.

Cette propriété a permis aux chercheurs de modéliser la dynamique de JD1, et d’en déduire d’autres de ses caractéristiques. Notamment, celles des étoiles qui la composent. Elle contient de nombreuses étoiles matures, âgées d’environ 300 millions d’années, donc apparues il y a plus de 13,5 milliards d’années. « Cela montre que la population stellaire de JD1 s’est formée à une époque encore plus ancienne de l’âge cosmique.

Référence

Possible Systematic Rotation in the Mature Stellar Population of a z = 9.1 Galaxy
https://iopscience.iop.org/article/10.3847/2041-8213/ac7447

Published 2022 July 1 • © 2022. The Author(s). Published by the American Astronomical Society.

Abstract

We present new observations with the Atacama Large Millimeter/submillimeter Array for a gravitationally lensed galaxy at z = 9.1, MACS1149-JD1. [O iii] 88 μm emission is detected at 10σ with a spatial resolution of ∼0.3 kpc in the source plane, enabling the most distant morphokinematic study of a galaxy. The [O iii] emission is distributed smoothly without any resolved clumps and shows a clear velocity gradient with ΔVobs/2σtot = 0.84 ± 0.23, where ΔVobs is the observed maximum velocity difference and σtot is the velocity dispersion measured in the spatially integrated line profile, suggesting a rotating system. Assuming a geometrically thin self-gravitating rotation disk model, we obtain ${V}_{\mathrm{rot}}/{\sigma }_{V}={0.67}_{-0.26}^{+0.73}$, where Vrot and σV are the rotation velocity and velocity dispersion, respectively, still consistent with rotation. The resulting disk mass of ${0.65}_{-0.40}^{+1.37}\times {10}^{9}$ M is consistent with being associated with the stellar mass identified with a 300 Myr old stellar population independently indicated by a Balmer break in the spectral energy distribution. We conclude that the most of the dynamical mass is associated with the previously identified mature stellar population that formed at z ∼ 15.

30/08/2022 La Chine et l’Europe vont-elles interrompre leurs relations économiques ?

Dès le début des opérations russes en Ukraine, s’est posée la question de savoir l’appui que donnerait Pékin à Moscou pour la suite de ces opérations. Officiellement la Chine par la voix de ses représentants officiels a fait savoir que rien ne changerait dans le bon état de ses relations avec la Russie. Mais il était improbable qu’elle accepta de partager les sanctions que Washington avait décidé d’imposer à la Russie par l’intermédiaire des relations entre les Etats européens individuellement, ou par le biais de la Commission européenne collectivement.

Rappelons que en juillet 2022, l’Union européenne avait reconduit pour six mois supplémentaires, jusqu’au 31 janvier 2023, les sanctions économiques liées à l’ « agression militaire » de la Russie contre l’Ukraine, sanctions qui soit dit en passant, pénalisent tout autant l’Europe que la Russie.

Or les bonnes relations économiques entre la Chine et l’Europe sont devenues indispensables tant pour l’une que pour l’autre. La Chine fournit à l’Europe des matières premières de plus en plus indispensables à l’industrie de cette dernière. C’est le cas du lithium composant essentiel pour les batteries des nouveaux véhicules électriques.

La Chine n’est plus seulement exportatrice de produits finis bon marché mais importatrice de produits européens de luxe. Enfin, ses ingénieurs coopèrent avec leurs homologues européens dans le cadre de programmes de recherche scientifique et techniques avancés, y compris dans le spatial et la physique fondamentale.

Dans le domaine peu connu des routes commerciales terrestres unissant la Chine et l’Europe de nouvelles voies de communication routières et ferroviaires sont en cours de mise en place, modifiant les portes d’entrée des marchandises en Europe et incitant les entreprises à reconfigurer davantage leurs chaînes d’approvisionnement.

Ainsi transporteurs et logisticiens ouvrent aujourd’hui de nouvelles liaisons ferroviaires, notamment via le corridor central transcaspien (middle corridor). La compagnie Maersk AP Moller, la plus grande compagnie maritime au monde, a lancé, avec un premier train en avril 2022, un nouveau service ferroviaire entre la Chine et la Roumanie qui relie l’empire du Milieu et l’Europe en 40 jours. Les trains venant de Chine traversent le Kazakhstan depuis le hub de Khorgos jusqu’au port d’Aktau sur la mer Caspienne. Les marchandises sont ensuite transportées en barge jusqu’au port de Bakou en Azerbaïdjan pour se diriger vers le port de Poti en Géorgie puis celui de Constanta en Roumanie, le plus grand port de la mer Noire.

Quant à lui, Rail Bridge Cargo, logisticien ferroviaire néerlandais, relie lui Zhengzhou (Chine) et Duisburg-Neuss (Allemagne) via le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et la Géorgie en 23-25 jours par une route multimodale. Enfin, Nurminem Logistics, logisticien finlandais et pionnier du corridor transcaspien, a lancé, en mai 2022, en coopération avec Kazakhstan Railways, son premier train de fret utilisant le corridor transcaspien.

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29/08/2022 Que se passera-t-il en cas de prévision de rencontre avec un astéroïde « tueur »

La Terre souffrira probablement dans les prochaines décennies de guerres nucléaires entre grandes puissances, ou plus simplement du dérèglement climatique provoqué notamment par des modifications légères de son orbite autour du Soleil. Mais il n’est pas exclu qu’elle rencontre un astéroïde de grande taille non encore observé gravitant au sein du système solaire voire provenant de l’espace profond.

Peu connu encore, le Groupe juridique international de défense planétaire des Nations unies est chargé  d’étudier la meilleure solution possible pour échapper à un éventuel astéroïde dit « tueur ». Ce Groupe est dirigé par la scientifique française Alissa Haddaj (voir https://space4women.unoosa.org/content/2020-mentor-alissa-j-haddaji.

Celle-ci dirige également le Consortium spatial de Harvard https://spaceconsortium.com/ Cette réflexion sous l’égide de l’Onu est menée en parallèle de la mission expérimentale DART de la Nasa https://fr.wikipedia.org/wiki/Double_Asteroid_Redirection_Test, dont un engin doit percuter un astéroïde fin septembre 2022 pour dévier sa trajectoire.

La défense planétaire vise à prévoir ce qui doit être fait en cas de menace d’un astéroïde ou d’une comète. Si on découvre un objet qui fait plus de 50 mètres de diamètre et qui a plus d’1 % de chance d’impacter la terre, on active le groupe consultatif SMPAG (Space mission planning advisory group), approuvé par le comité scientifique du conseil des affaires spatiales des Nations unies et composé des agences spatiales de différents pays. Si l’astéroïde fait plus de 300 mètres, on parle d’impact continental, et s’il fait plus d’un kilomètre, 25 % des espèces vivantes seraient éradiquées.

En cas de menace d’un astéroïde, il n’est pas envisageable de tenter de le faire exploser , car cela créerait une pluie de morceaux tout aussi dangereuse. Il serait possible de le percuter et de le détourner grâce à cet impact, ce que les missions DART de la NASA et Hera de l’Agence spatiale européenne (ESA) vont tester très prochainement.

Si l’astéroïde est très gros ou que l’on s’y prend très tard, il serait possible de provoquer l’explosion d’une charge nucléaire à côté de l’astéroïde, faisant ainsi fondre une partie de la roche qui se détacherait et le pousserait de l’autre côté, par réaction.

Il est stipulé dans le Traité de l’espace qu’il est interdit d’envoyer une arme dans l’espace. De plus, le Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires interdit toute explosion nucléaire. S’il s’avérait que l’on ait besoin d’envoyer une charge nucléaire, il faudrait que le Conseil de sécurité des Nations unies suspende temporairement ces règles en autorisant une dérogation à ce traité.

Des schémas de prise de décision ont été élaborés. Le groupe IAWN https://iawn.net (International Asteroid Warning Network, chargé de détecter les astéroïdes et d’évaluer les risques, préviendrait les Nations unies et le groupe SMPAG ainsi que les politiques du ou des pays possiblement affectés. La décision sera prise au niveau politique sur conseil du SMPAG.

29/08/2022 Fiche de lecture. En savoir davantage sur les différents types de missiles balistiques et missiles de croisière

Un nombre croissant de pays considèrent désormais les missiles balistiques et les missiles de croisière comme des armes indispensables, au coût abordable par rapport à ceux des porte-avions et bases militaires terrestres. Ils peuvent être équipés d’armes de destrution massives, nucléires ou bactériologiques.

Mais, sans aller jusque la, équipés seulement de tètes conventionnelles, ils peuvent être utilisés comme engins de bombardement sophistiqués, notamment contre les installations et bases militaires ennemies comme aussi dans les combats urbains. La Russie en fait actuellement un large usage dans la guerre qu’elle mène en Ukraine.

Ils sont de ce fait devenus indispensables non seulement aux grandes puissance, mais aussi à tous les pays voulant prendre le contrôle d’une région d’importance stratégique, ainsi la Corée du Nord et l’Iran, sans mentionner Israël.

Ces missiles bénéficient tous les jours d’améliorations destinées à les rendre plus fiables et plus efficaces. Sur ce plan, il est de moins facile de distinguer entre missiles balistiques intercontinentaux et missiles de croisière. Ainsi les ballistic missile-launched hypersonic glide vehicles (HGVs) peuvent être lancés par des fusées de grande taille, et adopter des trajectoires de rentrée qui se modifient d’elles-mêmes et sont incontrôlables.

On trouvera ci-dessous les références d’un document très facile à lire et abondamment illustré publié par le Defence Intelligence Ballistic Missiles Analysis Committee
https://media.defense.gov/2021/Jan/11/2002563190/-1/-1/1/2020%20BALLISTIC%20AND%20CRUISE%20MISSILE%20THREAT_FINAL_2OCT_REDUCEDFILE.PDF

On remarquera qu’aucun document concernant la France ne s’y trouve.

Voir aussi

https://www.capihttps://www.capital.fr/economie-phttps://www.capital.fr/economie-politique/le-missile-hypersonique-chinois-df-17-nouveau-cauchemar-des-officiers-americains-1392038

https://www.capitahttps://www.capital.fr/entreprises-marches/defense-cette-technologie-que-les-americains-veulent-developper-face-a-la-menace-des-missiles-hypersoniques-chinois-et-russes-1444729l

28/08/2022 Volodomir Zelensky de plus en plus personnellement en difficulté ?

Dans l’actuel conflit entre la Russie et l’Ukraine, il semble que le soutien de la communauté internationale à Kiev ne cesse de reculer. Ainsi la proposition que l’ONU condamne l »opération militaire spéciale » de la Russie en Ukraine ne vient d’être approuvée que par 56 Etats-membres sur 193, alors qu’en mars 2022, 141 membres avaient voté pour une condamnation.

Dans le même temps, la popularité de Volodomir Zelensky semble en voie de s’effondrer.. Son addiction à la drogue est de plus en plus commentée. Selon un propos évidemment contestable du président Turc Recep Erdogan qui avait rencontré récemment Zelinsky à Lvov, ce dernier lui avait paru particulièrement flottant, se plaignant d’être mal informé. Ceci ne l’avait pas empêche de multiplier les purges dans son appareil militaire, le fragilisant alors que ce dernier n’en avait pas besoin.

On notera, dans le sens de ce qui précède, que le quotidien allemand Handelsblat vient d’écrire que la cohésion interne du gouvernement ukrainien est en danger. Volodomir Zelenski encore célébré à l’étranger comme un seigneur de la guerre (war hero) est de moins en moins capable de s’imposer à son état-major composé d’anciens collègues de son entreprise de télévision. Les bruits concernant un coup d’état contre lui sont de plus en plus persistants

La prochaine arrivée de l’hiver montrera ce qu’il en est. En attendant Joe Biden prend soin d’élargir le plus possible le nombre de ses interlocuteurs à Kiev .

Voir au 25 août 2022 Handelsblatt
Selenskis Entzauberung: Verschwieg er seinem Volk die Wahrheit?https://www.handelsblatt.com/politik/ukraine-krieg-selenskis-entzauberung-verschwieg-er-seinem-volk-die-wahrheit/28619264.html

29/08/2022 Qu’est-ce que l’inflation ?

L’inflation se définit généralement comme un excès de la demande globale de biens et services que l’offre de ces mêmes biens et services est insuffisante pour satisfaire. Dans ce cas apparaît une compétition entre les demandeurs pour accéder aux biens et services disponibles. Dans une économie de marché, cette situation se traduit par une hausse des prix. Les demandeurs disposant des revenus les plus élevé acceptent de payer un prix supérieur pour acquérir les biens et services disponibles.

En principe ; la hausse des prix de marché incite un nombre plus grand de producteurs à produire davantage pour satisfaire la demande. S’ils le font, l’inflation s’arrête d’elle-même, mais les demandeurs disposant des revenus les plus faibles ne peuvent plus acquérir aux nouveaux prix les biens et services dont ils auraient besoin, faute des revenus suffisants.

Les gouvernements sous la pression des organisations représentant ces demandeurs sont alors tentés de taxer les prix. Mais ceux-ci ne pouvant plus s’élever découragent les producteurs de produire davantage dans des conditions qu’ils jugent trop peu rémunératrices. On voit s’organiser des « marchés noir » ; plaies de la France durant la seconde guerre mondiale et la libération.

Ajoutons qu’un certain nombre de facteurs favorisent les tensions inflationnistes. Il s’agit des conflits militaires dans les zones de production, comme c’est le cas aujourd’hui en Ukraine. Ces conflits entraînent également souvent des mouvements migratoires qui peuvent pénaliser les productions dans les pays d’accueil. Il s’agit également des variations climatiques qui se traduisent dans un certain nombre de domaines par des sécheresses ou des inondations réduisabt l’offre. Il s’agit aussi à terme, notamment en Afrique, d’une hausse excessive de la natalité.

Sur la longue période, l’excès de la demande sur l’offre a toujours représenté une puissante incitation à la recherche de progrès scientifiques et techniques rétablissant un équilibre entre les demandes et les offres. Autrement dit une légère inflation paraît préférable à une déflation excessive. Encore faut-il que les gouvernements soient suffisamment populaires pour faire accepter les contraintes de cette légère inflation.

27/08/2022. Protéger la Lune d’une exploitation sauvage

La Lune sera vraisemblablement l’objet de missions provenant des puissances spatiales actuelles (USA, Russie, Chine) ou futures visant à l’exploiter pour ses ressources propres, y conduire de nouvelles expériences scientifiques ou en faire une base pour des missions plus lointaines, vers Mars ou ses satellites notamment.

Il est à craindre que ces nouvelles missions se déroulent non dans une saine ambiance de coopération mais dans un climat de compétition. Or la Lune est un environnement non seulement fragile mais dangereux. Le principal de ces dangers, encore peu connu, est l’épaisse couche de poussière de régolithe qui au moindre mouvement des engins, se soulève et vient obstruer les orifices vitaux, y compris ceux des humains car elle est irrespirable.

On peut à ce jour signaler la création d une organisation à but non lucratif, For All Moon-kind https://www.forallmoonkind.org/ qui est composée d’experts de l’espace et de vétérans de la NASA. Elle s’est donné pour mission de soutenir la création de zones de protection autour des sites jugés indispendables pour la suite de l’exploration scientifique de la Lune et plus généralemnt de l’espace , comme première version des zones de sécurité.

Bien qu’initialement motivées par cette exaspérante poussière lunaire, les zones de sécurité pourraient constituer un point de départ pour le développement d’un système fonctionnel de gestion des ressources et du territoire dans l’espace. Une telle action permettrait de protéger les sites historiques importants. Elle pourrait également avoir l’avantage de présenter la gestion des ressources comme un outil de conservation, plutôt que d’exploitation.–