27/10/22. Allemagne. Du miracle à la déroute

Pendant des décennies, l’Allemagne avait été citée en référence aux Français qui n’arrivaient pas à concilier la recherche d’un minimum d’indépendance internationale et la stabilité économique

L’Allemagne dès la sortie de la 2e guerre mondiale avait toujours ridiculisé le rêve gaullien visant à de doter d’une force de défense indépendante des Etats-Unis. De même l’idéal hérité de la résistance française visant à mettre en place des services publics industriels et commerciaux financés par l’impôt et non par la Bourse a toujours fait rire à Berlin. Enfin le coût de l’énergie nucléaire française était jugé comme une simple dépense de prestige alors que l’Europe disposait de réserves de gaz naturel disponibles jusqu’à la fin du siècle.

Il ne fallut que quelques années pour que ce rêve ne s’effondre. Les opérations militaires spéciales menées par Vladimir Poutine en Ukraine, à la frontière de l’Allemagne, montrèrent que celle-ci ne pouvait opposer la moindre résistance face à l’armée russe et ce malgré le triste état actuel de celle-ci.

Dans le même temps, les perspectives ouvertes aux grandes puissances par l’exploration méthodique de l’espace et des planètes proches laissèrent l’Allemagne dépassée, ne fut-ce que par la France. L’Allemagne n’a toujours rien à proposer équivalent à Kourou ou Ariane 6.

Dans le domaine enfin de la recherche scientifique, et technique, par exemple en matière d’homme artificiel susceptible d’être installé sur la Lune ou Mars, on ne voit pas que l’Allemagne puisse offrir autre chose que d’excellents robots de cuisine.

26/10/22. De plus en plus de méthane émis par l’homme

Alors que le méthane est reconnu comme un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2 et responsable d’environ 30% du réchauffement climatique, les quantité de méthane émises par l’homme ne cessent d’augmenter.

Installée dans la Station spatiale internationale, la mission EMIT de la NASA principalement destinée a observer les émissions de poussières terrestre dans l’atmosphère a identifié plus de 50 très gros émetteurs de ce gaz effet de serre,

https://earth.jpl.nasa.gov/emit/

Ainsi, dans l’Etat américain du Nouveau-Mexique, un panache long d’environ 3,3 kilomètres a été détecté au niveau de l’un des plus grands champs pétrolifères du monde. Il en est de même au Turkménistan. EMIT y a identifié douze panaches issus d’une infrastructure gazière et pétrolière à l’est de la ville portuaire de Hazar. Le vent soufflant vers l’ouest, certains de ces panaches s’étendent sur plus de 32 kilomètres. En Iran, au sud de Téhéran, un panache d’au moins 4,8 kilomètres a été observé, issu d’un complexe de traitement des déchets. Les décharges peuvent représenter une source majeure de méthane, celui-ci résultant alors de la décomposition.

Les scientifiques estiment que ces trois sites relâchent respectivement 50 400, 18 300 et 8500 kg de méthane par heure. Certains des panaches détectés «sont parmi les plus grands jamais vus», a déclaré dans un communiqué Andrew Thorpe, du Jet Propulsion Laboratory

EMIT est le premier d’une nouvelle classe de spectrographes imageurs destinés à observer la Terre Mais les méthodes de détection par satellite des fuites de méthane se sont déjà grandement développées ces dernières années.

Le méthane est responsable d’environ 30% du réchauffement de la planète. Même s’il reste beaucoup moins longtemps dans l’atmosphère que le CO2, il a un pouvoir de réchauffement 80 fois supérieur sur une période de 20 ans. Une réduction des émissions de méthane est ainsi cruciale pour permettre de respecter les objectifs de l’accord de Paris sur le climat.

En Inde on notera que le logiciel INAPH (Information Network on Animals Productivity and Health), créé par l’organisation indienne NDDB (National Dairy Development Board) répertorie 12 millions d’animaux et intervient auprès de 112 000 villages. Sur cette application, les éleveurs peuvent savoir en temps réel l’apport qu’ils doivent fournir à leurs vaches en matière de minéraux, de protéines et d’énergie. Ceci permet d’éviter une production de méthane excessive

Lors du Global Agenda for Sustainable Livestock Meeting, l’INAPH a ainsi enregistré une baisse des émissions de méthane de 12 à 15 % dans l’ensemble du pays. Il s’agit d’une amélioration de taille dans la préservation de l’environnement, l’Inde possédant la plus grande population de bétail au monde. 



25/10/22. Un grand pas vers la vie artificielle synthétique.

Des chercheurs japonais viennent de réussir la reproduction « dans un tube à essai » , c’est-à-dire en dehors d’une cellule vivante, de ribosomes artificiels. Il s’agit d’un grand pas vers la réalisation d’organismes quasi-vitaux entièrement synthétiques

Les ribosomes sont des complexes ribonucléoprotéiques présents dans toutes les cellules eucaryotes et procaryotes. Extrêmement bien conservés au cours de l’évolution, ils ont pour fonction de synthétiser les protéines en décodant l’information contenue dans l’ARN messager (voir wikipedia)  Certains chercheurs pensent qu’aux origines de la vie, ils ont été capables de se regrouper et de se répliquer avant même d’être incorporés dans des cellules.

Mais la réplication des ribosomes est un processus complexe dont certains points sont encore mal connus.Elle implique plus de deux cent types de molécules qui interviennent d’une façon bien déterminée. Les chercheurs japonais auteurs de l’article référencé ci-dessous ont consacré 7 années de recherche pour obtenir une réplication en laboratoire.

Pour ce faire, ils ont mis en présence du DNA codant pour l’organisation de ces ribosomes et du cytoplasme liquide provenant de cellules de E.coli ou colibacilles ; Mais ils ont du faire appel à des logiciels d’intelligence artificielle pour obtenir une formule permettant la réplication des ribosomes en 3 heures environ. Ils devront par la suite démontrer que ces ribosomes artificiels pourront eux-aussi se reproduire dans les mêmes conditions, voire plus efficacement.

Autrement dit, la vie artificielle d’origine biologique n’est pas pour demain. Sera-t-il possible d’aller plus vite en cherchant à produire des formes de vie entièrement synthétiques

Référence

https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2022.08.29.505692v1
29 aout 2022

Reconstitution of ribosome self-replication outside a living cell

Summary

Ribosome biogenesis, a recursive process of pre-existing ribosomes self-replicating nascent ones, is pivotal in the self-replication of life. In Escherichia coli, three ribosomal RNAs (rRNAs) are transcribed, and 54 ribosomal proteins (r-proteins) are synthesized by pre-existing ribosomes as structural components12. They are cotranscriptionally assembled in a cooperative hierarchy under the support of ∼100 accessory factors13. The reconstitution of ribosome biogenesis outside a living cell is an essential goal to understand the self-replication of life. However, this goal could not have been achieved so far due to its complexity. Here, we report the successful in vitro reconstitution of the entire ribosome biogenesis process. We hypothesized that mimicking in vivo ribosome biogenesis16 could result in in vitro ribosome biogenesis. Specifically, we found that coactivating the transcription of an rRNA operon, as well as the transcription and translation of 54 r-protein genes encoding r-proteins, and the coordinated ribosomal assembly in a cytoplasm-mimicking reaction solution, resulted in highly efficient in vitro reconstitution of ribosome biogenesis. Our achievement represents a critical step toward revealing fundamental principles underlying the self-replication of life and creating self-replicating artificial cells7. We also succeeded in engineering rRNA and r-proteins by only adding mutant ribosomal genes in the reaction, enabling high-throughput and unconstrained creation of artificial ribosomes with altered or enhanced functionality812.

24/10/22 Poutine propose à Recep Erdogan de construire un hub gazier en Turquie

Lors de leur rencontre à Astana le 13 octobre, les deux chefs d’Etat ont discuté une proposition russe visant à reconstruire la partie détruite par sabotage du gazoduc Nordstream 2 afin de recommencer à alimenter en gaz russe non seulement la Turquie mais les Etats européens qui le souhaiteraient, Allemagne, Italie et Grèce notamment.

Selon les échos disponibles, Berlin serait très intéressé, mais n’oserait pas accepter de peur de susciter la colère de Washington.

On notera que l’Iran, actuellement menacé de sanctions par les Etats-Unis, devrait être partie prenante à cet accord.

Logiquement le prochain pas pour la Russie sera de s’entendre avec le Qatar, troisième exportateur mondial. L’émir du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani rencontrera Vladimir Poutine le plus tôt possible à Moscou, après une première rencontre au sommet de la CICA  Conference on Interaction and Confidence-Building Measures in Asia

Ces trois pays sont membres du Gas Exporting Countries Forum (GECF).

23/10/22 Gravité et magnétisme, les deux forces qui structurent l’univers

Il est généralement admis, depuis Newton, que le Big Bang produisit un univers de particules soumises à une force à laquelle ni rien ni personne ne pouvait échapper, la loi universelle de la gravitation ou loi de l’attraction universelle. Cette loi décrit la gravitation comme une force responsable de la chute des corps et du mouvement des astres… Wikipédia Il est souvent fait remarquer que la loi repose une contradiction. Elle n’explique pas comment l’univers aurait pu exploser alors que par définition, il était à l’origine constitué de particules liées ensemble par la gravitation. Mais peu importe ici.

Le point important est que la matière constituant l’univers était composé de particules qui très rapidement, s’organisèrent en amas de galaxies, galaxies, étoiles, planètes et débris divers. Cette organisation, toujours en cours aujourd’hui, est donc un produit de l’attraction universelle résultant de la gravité.

Or aujourd’hui une nouvelle force, la force magnétique, est apparue comme un facteur d’organisation de l’univers aussi puissant que la force de gravité. Le physicien Hanness Alfven fit remarquer dans les années 1950 qu’elle affecte les particules électriquement chargées. Or l’essentiel de la matière dans l’univers se présente comme un « plasma », un gaz fait de particules chargées.

La force exercée sur un plasma par le magnétisme est comparable à celle exercée par la gravité. C’est ce qui se produit au centre de la Terre. Du métal liquéfié par la chaleur y circule produisant le champ magnétique entourant la planète. Mais ce facteur aurait-il pu agir à l’échelle de l’univers, notamment pour générer des structures telles que les amas de galaxies et galaxies ?.

Vers la fin du 20e siècle, des astronomes remarquèrent que le plasma se situant à l’intérieur des amas de galaxies pouvait atteindre des températures de plusieurs millions de degrés. Peu de temps après ils purent vérifier leur hypothèse en utilisant des laboratoires destinés à améliorer les performances des lasers expérimentaux, tel que le Omega Laser Facility de l’Université de Rochester aux Etats-Unis.

Ils constatèrent des turbulences résultant des amplifications du champ magnétique du plasma utilisées. Par la suite, ils utilisèrent le plus puissant des lasers disponibles celui du Lawrence Livermore National Laboratory. Ils y retrouvèrent des variations fortes et subites de température telles qu’observées dans certains amas de galaxies. Celles-ci pourraient participer à la forme des amas et des galaxies elles-mêmes.

Beaucoup en concluent aujourd’hui que le magnétisme joue dans l’univers un rôle organisationnel aussi important que la gravité.

22/10/22. Découverte d’un gigantesque trou noir dans le proche environnement terrestre.

« Il est plus proche du Soleil que tout autre trou noir connu, à une distance de 1 550 années-lumière« , selon l’astrophysicienne Sukanya Chakrabarti, de l’Université de l’Alabama. C’est donc aussi le trou noir le plus proche de la Terre.

La professeure d’astrophysique est l’auteure principale de l’étude publiée dans l’Astrophysical journal, qui a révélé cette découverte

Cf Europa Press. Un gigantesque trou noir 12 fois plus gros que le Soleil dans le jardin de la Terre ». C’est-à-dire dans le proche environnement de notre planète.


Les trous noirs sont restés des objets d’observations uniques et encore relativement mystérieux pour les scientifiques qui les étudient. Au contraire des étoiles et autres objets célestes proches qui se bornent à ressentir une attraction gravitationnelle, aucune lumière ne peut s’échapper d’un trou noir. Une propriété que les rend complètement invisibles à l’observation. Les scientifiques déduisent leur présence des corps extérieurs qui semblent graviter autour du vide.

Pour trouver celui-ci, la professeure Chakrabarti et son équipe ont donc analysé les données de près de 200.000 étoiles binaires découvertes au cours de l’été par la mission satellite Gaia de l’Agence spatiale européenne.

« Dans certains cas, comme pour les trous noirs supermassifs au centre des galaxies, ils peuvent conduire à la formation et à l’évolution des galaxies »« On ne sait toujours pas comment ces trous noirs affectent la dynamique galactique dans la Voie lactée. »

Rappelons que l’on considère généralement les trous noirs comme conduisant non à un hypothétique vide cosmologique mais comme des espaces où la densité de matière ou de lumière est si élevée qu’aucune particule y entrant ne peut en ressortir 

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Reférence

[Submitted on 10 Oct 2022]

An interacting Galactic black hole candidate in a binary system with a main-sequence star

https://arxiv.org/abs/2210.https://arxiv.org/abs/2210.0500305003

We describe the discovery of a solar neighborhood (d=474~pc) binary system consisting of a main-sequence sunlike star and a massive non-interacting black hole candidate. We selected this system from the \textit{Gaia} DR3 binary catalog based on its high mass ratio and location close to the main sequence. The spectral energy distribution (SED) of the visible star is well described by a single stellar model, indicating that no contribution from another luminous source is needed to fit the observed photometry. We derive stellar parameters from a high S/N Magellan/MIKE spectrum, classifying the star as a main-sequence star with Teff=5972 K, logg=4.54, and M=0.91~\msun. The spectrum also shows no indication of a second luminous component. We have measured radial velocities of this system with the Automated Planet Finder, Magellan, and Keck over the past three months, which we use to determine the spectroscopic orbit of the binary. We show that the velocity data are consistent with the \textit{Gaia} astrometric orbit and provide independent evidence for a massive dark companion. From a combined fit of the astrometric and spectroscopic data, we derive a companion mass of 11.9+2.0−1.6\msun. We conclude that this binary system harbors a massive black hole on an eccentric (e=0.45±0.02), long-period (185.4±0.1 d) orbit. The main-sequence star that orbits this black hole is moderately metal-poor ([Fe/H]=−0.30), on a Galactic orbit similar to thin disk stars. Our conclusions are independent of \cite{ElBadry2022Disc}, who recently reported the discovery of the same system, and find a marginally lower companion mass than we do here.

Comments:22 pages, 13 figures, submitted to AAS journals
Subjects:Astrophysics of Galaxies (astro-ph.GA)
Cite as:arXiv:2210.05003 [astro-ph.GA]
 (or arXiv:2210.05003v1 [astro-ph.GA] for this version)
 

Voir aussi à toutes fins utiles https://www.science-et-vie.com/ciel-et-espace/trous-noirs/trou-noir-rejette-matiere-stellaire-93485.html
https://doi.org/10.48550/arXiv.2210.05003 Focus to learn more


21/10/22 Risques génétiques favorisant le développement du Covid 19

Le généticien renommé Svante Pääbo  directeur de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste et son collègue Hugo Zeberg viennent de publier dans Nature le 30 septembre 2022 un article référencé ci-dessous relatant les résultats d’une de leur récentes recherches

Cette dernière indique que des gènes hérités d’un homme de Néandertal vivant il y a 50 000 ans et présents chez certains hommes modernes peuvent accroître chez eux le risque de développer une forme grave du Covid-19.

En quoi la séquence génétique de ces hommes modernes les fragilise-t-elle face au Covid 19 ? Selon Svante Pääbo, une personne de 40 ans à qui les deux parents ont légué ce bagage génétique vieux de 50 000 ans a le même risque de connaître des complications graves de la maladie qu’un sexagénaire. Il place même le risque au-dessus des comorbidités, comme le diabète ou d’autres maladies connues pour jouer un rôle dans la virulence des symptômes du virus. 

Les deux chercheurs ont, en effet, constaté en analysant les résultats de l’étude sur les facteurs génétiques et les risque face au Covid-19, que « si vous avez hérité de ces gènes de votre mère et de votre père, c’est comme si on vous ajoutait 20 ans face à la maladie »,.

« On ne sait pas toujours le rôle que joue chaque gène », reconnaît-il. Mais pour deux d’entre eux, il y a des hypothèses. L’un d’entre eux jouerait un rôle dans les défenses du corps face aux virus et on sait que les symptômes du Covid-19 peuvent être aggravés par une trop forte réaction du système immunitaire. L’autre gène a un lien direct avec la protéine qui sert de récepteur au Sars-Cov-2. « Ensemble, ils peuvent former un cocktail particulièrement explosif dans le cas du coronavirus », estime-t-il .

Luis Quintana-Murci, un chercheur du Collège de France, appelle d’ailleurs à « néandertaliser des cellules humaines pour étudier les effets fonctionnels » de cette séquence ADN. En d’autres termes, il veut reproduire en laboratoire ce fragment du génome pour mieux comprendre ce qui se passe lorsqu’il rentre en contact avec le Sars-Cov-2.

Cette recherche ne nous paraît pas hors de portée du Collège de France ou de ses tutelles. Elle sera d’autant plus nécessaire qu’avec le degel du permafrost arctique des centaines de virus vieux de millions d’années et actuellement inhibés par le froid se réveilleront.

Référence

https://www.covid19hg.org/fr/blog/2020-09-24-freeze-3-results/


The major genetic risk factor for severe COVID-19 is inherited from Neanderthals

Nature volume587, pages 610–612 (2020)

Abstract

A recent genetic association study identified a gene cluster on chromosome 3 as a risk locus for respiratory failure after infection with severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-CoV-2). A separate study (COVID-19 Host Genetics Initiative) comprising 3,199 hospitalized patients with coronavirus disease 2019 (COVID-19) and control individuals showed that this cluster is the major genetic risk factor for severe symptoms after SARS-CoV-2 infection and hospitalization. Here we show that the risk is conferred by a genomic segment of around 50 kilobases in size that is inherited from Neanderthals and is carried by around 50% of people in south Asia and around 16% of people in Europe.

Sur ce sujet voir aussi

https://www.france24.com/fr/asie-pacifique/20221020-une-photo-de-famille-de-n%C3%A9andertaliens-d%C3%A9voil%C3%A9e-par-la-g%C3%A9n%C3%A9tique

20/10/22 Surprise. Surprise. L’armée russe utilise des drones iraniens

Par quel miracle les services de renseignement militaires occidentaux ont-ils découvert si tardivement les drones kamikazes iraniens utilisés par l’armée russe contre des cibles militaires et civiles ukrainiennes.

On lit dans FranceInfo du 05/10/2022

Depuis trois semaines, les Shahed-136, des drones kamikazes, sèment la peur dans le sud de l’Ukraine. Une frappe a touché un objectif militaire, mercredi, dans une ville proche de la capitale Kiev. Certains bâtiments de Bil Tservka étaient encore en flammes au petit matin, mercredi 5 octobre. Cette petite ville à 80 kilomètres au sud de Kiev porte les stigmates d’une frappe russe, qui a fait au moins un blessé. Cette attaque, qui a ciblé la 72e brigade mécanisée, selon les autorités ukrainiennes, a été menée à l’aide de drones de fabrication iranienne, des Shahed-136. La même nuit, Kiev dit avoir neutralisé six autres appareils kamikazes du même modèle, dans la région de Mykholaïv.

Celle-ci a déjà été visée, trois jours plus tôt, par ces drones et plusieurs attaques similaires ont récemment été signalées dans la région de Kryvyï Rih et aux environs d’Odessa, ville jusqu’ici relativement épargnée, car hors de portée de l’artillerie russe. Depuis trois semaines, des drones Shahed-136 sont déployés à grande échelle par l’armée russe et les documents attestant l’emploi de ces armes à longue portée se multiplient

.Les premières inquiétudes sont nées le 13 septembre, quand l’armée ukrainienne a diffusé les images d’un drone à longue portée, présenté comme un Shahed-136 en raison de « l’apparence des ailes ». Un mois plus tôt, un premier test avait été mené par la Russie contre un obusier américain, selon Rodio Koulaguine, un officier ukrainien interrogé par le Wall Street Journal .

Ces drones ont été rebaptisées « Geran-2 » (« Géranium »), mais il s’agit, en réalité, de Shahed-136 (« Martyr-136 », en farsi). Ils mesurent 3,5 mètres d’envergure pour 200 kg et peuvent être équipé d’une ogive de 40 kg. « Ces drones atteignent [leur] cible par coordonnées GPS, entrées avant  décollage », Leur « principal défaut, c’est qu’ils ne peuvent frapper que des cibles fixes ».

« Ils font beaucoup de bruit, comme une tronçonneuse ou un scooter » et leur efficacité est « très basse », assurait Natalia Goumeniouk, porte-parole du commandement militaire ukrainien, interrogée par l’AFP fin septembre. Leur effet, essentiellement, est d’exercer une « pression psychologique sur la population ». Elle reconnaissait, en revanche, que ces appareils « sont très difficiles à détecter car ils volent très bas ». Ces drones sont lancés en « grappes », a précisé mercredi le porte-parole des forces aériennes ukrainiennes, Yuriy Ignat. Les signaux radars qu’ils provoquent peuvent alors être interprétés comme une cible unique.

« Avec l’aide d’un autre drone qui observe et cible, les Shahed-136 fonctionnent comme des missiles guidés », expliquait récemment au Figaro Igor Delanoë, directeur adjoint de l’observatoire franco-russe à Moscou. Pour cela, il peut être appuyé par un autre drone de reconnaissance et de ciblage, comme le Mohajer-6, lui aussi de fabrication iranienne. En août, le renseignement américain, cité notamment par Politico avait également observé des mouvements d’aviation russe sur un aérodrome iranien. En jeu : des drones Mohajer-6, Shahed-129 et Shahed-191, dédiés à la reconnaissance, l’identification d’objectif et aux frappes ciblées.

Combien de ces drones Shahed-136 l’armée russe possède-t-elle ? Peut-être des centaines, selon Yuriy Ignat. Les forces ukrainiennes doivent donc trouver une parade en urgence. Il y a dix jours, cette question a fait l’objet d’une réunion entre le président Volodymyr Zelensky et plusieurs responsables, selon l’agence Reuters

Toutes les unités ne possèdent pas de fusils anti-drones, de brouilleurs d’onde et autres systèmes de défense aérienne. Certaines doivent improviser des systèmes artisanaux, avec des mitraillettes équipées sur des véhicules. Et avec de faibles garanties d’efficacité.

Kiev veut également réagir sur le terrain diplomatique, en réclamant des comptes à Téhéran. Le ministère des Affaires étrangères a dénoncé des livraisons, « en contradiction avec la position de neutralité affichée publiquement par les hauts responsables iraniens ». L’accréditation de l’ambassadeur a été supprimée fin septembre, malgré les dénégations de l’Iran. La présence diplomatique iranienne a été réduite en Ukraine. Disons que cela n’empêchera pas les ayatollahs de dormir ?

Aujourd’hui, beaucoup de ces drones sont utilisés pour détruire le réseau électrique. Il s’agit, à l’approche de l ‘hiver, de « disjoncter tout un pays » selon l’expression utilisée par les services de communication russes.

20/10/22 Pourquoi la planète Mars est-elle invivable pour l’homme ?

20/19/22 Pourquoi la planète Mars est-elle invivable pour l’homme ?

La question est posée dans la perspective d’une présence durable d’explorateurs humains sur Mars. Dans ce cas les futures missions devraient apporter de la Terre tout ce qui leur serait nécessaire. Ce qui est envisageable concernant la Lune cesse de l’être du fait de la distance entre les deux planètes Mars et la Terre, soit environ 56 millions de kilomètres lorsque Mars est à son périgée (moment auquel Mars est au plus proche de la Terre) 

Rappelons que la recherche de la vie sur Mars est l’objet principal des missions terrestres actuelles; la dernière en date étant la mission Curiosity de la Nasa. Aujourd’hui les astrobiologistes se demandent si la présence de bactéries dites méthanogénes sur Mars il y a environ 4 milliards d’années, bactéries analogues à celles ayant contribué au développement de la vie sur la Terre n’a pas au contraire rendu Mars désertique et donc invivable.

Référence

Early Mars habitability and global cooling by H2-based methanogens
Nature Astronomy (2022)Published: 10 October 2022

Abstract

During the Noachian, Mars’ crust may have provided a favourable environment for microbial life The porous brine-saturated regolith would have created a physical space sheltered from ultraviolet and cosmic radiation and provided a solvent, whereas the below-ground temperature and diffusion of a dense, reduced atmosphere may have supported simple microbial organisms that consumed H2 and CO2 as energy and carbon sources and produced methane as a waste. On Earth, hydrogenotrophic methanogenesis was among the earliest metabolisms, but its viability on early Mars has never been quantitatively evaluated. Here we present a probabilistic assessment of Mars’ Noachian habitability to H2-based methanogens and quantify their biological feedback on Mars’ atmosphere and climate. We find that subsurface habitability was very likely, and limited mainly by the extent of surface ice coverage. Biomass productivity could have been as high as in the early Earth’s ocean. However, the predicted atmospheric composition shift caused by methanogenesis would have triggered a global cooling event, ending potential early warm conditions, compromising surface habitability and forcing the biosphere deep into the Martian crust. Spatial projections of our predictions point to lowland sites at low-to-medium latitudes as good candidates to uncover traces of this early life at or near the surface.

Pour en savoir plus

https://theconversation.com/mars-et-shttps://theconversation.com/mars-et-si-cetait-la-vie-qui-avait-rendu-la-planete-inhabitable-192279