27/02/2022. Poutine face aux sanctions occidentales

L’Occident n’a pas réagi militairement à l’offensive de Vladimir Poutine en Ukraine. La raison en est simple. Sauf à utiliser des armes nucléaires tactiques, l’Otan, à supposer qu’elle le veuille, n’a pas les moyens terrestres, aériens ou maritimes capables de s’opposer à l’offensive russe comme le fait encore avec un admirable courage le président ukrainien Volodymyr Zelinsky. Seule la France dispose de forces armées respectables, mais elles sont pour le moment engagées sur d’autres terrains. Quant aux Etats-Unis, ils réservent l’essentiel de leurs ressources militaires aux futurs affrontement avec la Chine dans le Pacifique

Par contre, à la suite de son offensive militaire en Ukraine, Poutine s’est vu infliger par l’occident un certain nombre de sanctions économiques aggravées par rapport à celle qu’il subit déjà. Dans un premier temps, celles-ci n’ont eu aucun effet. On n’arrête pas des blindés avec des droits de douanes. Mais qu’en sera-t-il dans les jours suivants ?

La principale sanction a consisté à bloquer les transactions effectuées à travers le réseau SWIFT par les principales institutions financières russes, notamment les deux plus grandes banques du pays : Sberbank et VTB Bank. Elles ne peuvent plus opérer en Europe et n’ont plus accès aux marchés financiers internationaux et aux transactions en dollars. Rappelons que Swift signifie Society of Worldwide Interbank Financial Telecommunication. Il s’agit en fait plus importants réseaux de messagerie bancaire et financière, permettant les règlements interbancaires entre les établissements financiers du monde entier.

Créée en 1973, la société Swift, basée en Belgique, a lancé son propre réseau en 1977. Ouvert en 2001 aux entreprises privées, il permet, entre autres, la transmission des informations bancaires nécessaires à une transaction. C’est un moyen de faciliter le transfert d’argent à l’international utilisé par des milliers de banques, qui permet la transmission rapide d’informations entre les banques, pour que ces dernières puissent réaliser rapidement les différents paiements ou virements. Ces deux banques, détiennent à elles seules 750 milliards de dollars d’actifs, la moitié du système bancaire russe. En réaction, la Banque de Russie a annoncé hier des mesures de soutien pour continuer à assurer « les services à tous les clients comme d’habitude ». De plus Moscou pourrait trouver dans les banques chinoises une alternative d’accès au marché des capitaux.

La Russie compte sur son stock d’or et ses réserves de change pour faire face à ce blocus financier. En dix ans, la banque centrale russe a accumulé beaucoup d’or dont les réserves sont passées de 450 tonnes en 2007 à 2 300 tonnes fin 2021, soit pratiquement autant que la France (2 436,4 tonnes). Moscou a aussi constitué des réserves financières estimées à 640 milliards de dollars ce qui lui permettra de tenir relativement longtemps face à l’asphyxie économique que met en place l’Occident. Malgré cela en 24 heures la Bourse de Moscou a perdu 40 % et le rouble a perdu plus de 5 % ce qui diminue d’autant le pouvoir d’achat des habitants.

Ajoutons que la force de frappe des chars russes s’est beaucoup dégradée, pannes, manque de carburants, accidents divers ont accumulé les épaves le long du chemin. Le bon sens voudrait que Poutine s’en rende compte et rentre chez lui. Mais ne sera-t-il pas tenté d’élever les enchères ?

26/02/2022 Une « étonnante » découverte

Nous pouvons légitimement nous étonner de découvrir que les Etats occidentaux n’avaint pas su avant le 22 février 2022 que Vladimir Poutine avait pris la décision de mener ce même jour une offensive militaire contre l’Ukraine et ses forces armées, ceci bien au delà des républiques du Donbass.

Cette offensive avait impliqué la mobilisation d’importants régiments de blindés et de forces aériennes destinées à neutraliser les résistances que les armées de l’Otan ne manqueraient pas d’opposer aux offensives russes. Ceci ne pouvait pas se faire du côté russe sans une active préparation conduite les jours précédents et qui ne pouvait pas échapper aux observateurs occidentaux, à commencer par ceux de l’Otan.

Ce sont notamment les mouvements de blindés et de véhicules de ravitaillement qui aurait du alerter les spécialistes de l’Otan. Mais plus encore ce sont les nombreux messages échangés nécessairement par radio ou par un internet crypté entre les commandements et les unités qui auraient du semer l’alerte.

A quoi bon disposer de moyens d’observation et de communication terrestres mais aussi satellitaires les plus performants du monde si ceux ci se révèlent aussi aveugles er désorientés que des rats brutalement tirés hors de leurs égouts.

26/02/2022. Que veut Poutine?

Que veut Poutine ?

Au 26/02/2022, alors que les chars russes sont prêt à entrer dans Kiev, la question n’a toujours pas de réponse.

Eliminons d’emblée l’hypothèse que Poutine serait simplement paranoïaque, enivré de sa puissance militaire. On peut penser que se trouvent au Kremlin suffisamment de conseillers civils et militaires pour, si cela était le cas, le ramener à la raison.

Ce n’est pas sans raisons profondes que les intérêts russes qui étaient jusqu’ici de plus en plus tournés vers l’international auraient accepté de se voir imposer des « sanctions » qui sans être insupportables seraient très coûteuses au moins dans le court terme.

Pour les uns, Poutine voudrait définitivement empêcher l’Ukraine et les autres républiques séparatistes de Lituanie et Moldavie de rejoindre l’Union Européenne et a fortiori l’Otan. Non sans raisons, il voit ces organisations comme constituant une machine de guerre américaine encerclant progressivement la Russie y compris avec des armes nucléaires tactiques.

Dans cette hypothèse, Poutine a progressé jusqu’à Kiev pour se donner ensuite les moyens de négocier quelque chose en échange de son retrait, par exemple l’autonomie des oblasts de Zaporijia et de Kherson, en sus de ceux de Donestk et Louhansk, lui permettant de joindre la Russie à la Mer Noire et de contrôler entièrement la mer d’Azov…

Pour d’autres, Poutine voudrait rappeler à ses concitoyens qu’il sera vital quoiqu’il en coûte, de renforcer l’appareil militaire russe et continuer à développer des armes de dernière génération tels que les missiles hypersoniques (dont certains semblent frapper Kiev aujourd’hui).

De plus, les services de renseignement russes connaissent parfaitement le fait qu’avec un budget de plus de 600 milliards de dollars le complexe militaro-industriel américain a décidé de renforcer la présence militaire américaine dans le monde, y compris dans le domaine spatial.

Aurait-il fallu cependant dans l’une ou dans l’autre de ces hypothèses envoyer des chars en Ukraine, commencer à faire de Kief un champ de ruines et parallèlement faire du jeune président ukrainien un héros véritable ? On peut en douter.



25/02/2022 Pourquoi l’offensive de Poutine en Ukraine?

Poutine ne se heurte pratiquement à aucune résistance efficace de l’armée ukrainienne. Ceci tient, non pas au manque de courage de cette armée, mais à la disproportion des effectifs et des armements. Les alliés de l’Ukraine au sein de l’Alliance atlantique ont dès le début prévenu qu’ils ne sacrifieraient aucun homme au service de la cause ukrainienne. Ils fournissent une certaine aide en terme de matériels militaires et de munitions, mais cette aide est très insuffisante. Il est prévisible qu’en conséquence, sauf à mourir sur place, l’armée ukrainienne ne pourra que fuir ou se rendre.

Cette offensive russe n’est pas le fait d’un dictateur devenu subitement fou, comme le disent les ignorants. Elle s’inscrit dans une histoire de plusieurs siècles, celle des relations entre les ukrainiens d’origine et les empires russes de Moscou, ayant toujours voulu traiter l’Ukraine comme une colonie dont les ressources devaient être à leur disposition.

Or Poutine paraît aujourd’hui avoir un but principal, ramener l’Ukraine au sein de la zone d’influence de Moscou (voir Histoire de l’Ukraine Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Ukraine.

Rappelons que fin 2013, alors qu’un accord d’association devait être signé entre l’Union Européenne et l’Ukraine, la Russie a tenté de faire pression sur Kiev pour le faire changer d’avis, notamment en restreignant l’accès à certains produits russes, en revoyant à la hausse les prix du gaz et en envisageant d’imposer aux citoyens ukrainiens un passeport étranger. Moscou craignait en effet que cette union se fasse à son désavantage

Finalement, en raison des pressions russes, Kiev a décidé de refuser l’accord avec l’Union européenne et de « relancer un dialogue actif avec Moscou ». Ce revirement a entraîné d’importantes manifestations pro-européennes à Kiev rassemblant au moins 100 000 personnes, l’occupation de la place Maïdan et de la mairie, avec comme mot d’ordre la démission du président d’alors Viktor Ianoukovytch

Dans la semaine du 17 février 2014, les manifestations sont durement réprimées par le gouvernement ukrainien, causant la mort d’environ 80 personnes. Le 22 février, le Parlement vote la destitution du président Ianoukovitch, apparemment en fuite à l’est du pays.

Aujourd’hui, on a tout lieu de penser que les chars-russes ne s’arrêteront pas avant d’avoir pris possession de l’Ukraine entière. Les Occidentaux feraient mieux de s’en convaincre.

23/02/2022/ L’Ukraine et la Russie

Vladimir Poutine pourra-t-il longtemps laisser les Etats-Unis et l’Otan utiliser librement l’ Ukraine actuelle comme une machine de guerre contre la Russie ?

Ce n’est pas selon lui sans de sérieuses raisons de défense que Vladimir Poutine a décidé de reconnaître le 21 février l’indépendance des deux territoires russophones séparatistes du Donbass, situés entre l’Ukraine et la Russie. « Je juge nécessaire de prendre cette décision qui était mûre depuis longtemps : reconnaître immédiatement l’indépendance de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk », a-t-il dit dans une allocution télévisée.

La traduction en français de cette longue allocution vient seulement de nous parvenir. Chacun peut y accéder librement grâce à RTFrance du 23 février https://francais.rt.com/international/96092-pourquoi-vladimir-poutine-a-decide-de-reconnaitre-les-republiques-autoproclamees-du-donbass

Nous ne commenterons pas ici ce document. Indiquons seulement que Poutine y rappelle en introduction que l’Ukraine n’est pas seulement un pays voisin mais qu’elle fait partie de l’histoire de la Russie depuis des siècles. Elle a été créée sous forme d’un Etat autonome à partir de provinces arrachées à la Russie par Lénine et Staline afin se donner satisfaction à leurs partisans nationalistes en mal d’Etat. Mais ni Lénine ni Staline n’en avaient fait un Etat souverain. Ils ne lui avaient notamment pas accordé le droit de quitter l’URSS.

C’est seulement dans les années cinquante, les difficultés économiques et politiques s’aggravant, que les dirigeants de l’URSS d’alors ont concédé aux dirigeants ukrainiens des droits souverains. Or ces dirigeants ukrainiens n’étaient pas des hommes d’Etat au sens occidental mais des oligarques vivant du vol et de la corruption. Aujourd’hui, après la soi-disant révolution de la place Maidan de 2014, rien n’a vraiment changé à cet égard. Poutine énumère tous les domaines où les oligarques au pouvoir pillent les ressources du pays. Ils n’agissent pas sur instruction de l’Occident mais au service de leurs intérêts immédiats.

Or le gouvernement ukrainien d’aujourd’hui, en partie poussé par ces oligarques, prépare à la demande de l’Otan, une véritable guerre contre la Russie, pouvant éventuellement devenir une guerre nucléaire de faible intensité. La Russie se doit de se défendre.

Nous laisserons à Vladimir Poutine la responsabilisé de ces accusations à l’égard de l’Ukraine.

23/02/2022 Poutine se devait de reconnaître les « Etats » russophones du Donbass

Au matin du 22 février 2022 (GMT) les Etats-Unis et la plupart des Etats européens se sont indignés de constater que Vladimir Poutine avait reconnu le 21 février l’indépendance des deux territoires russophones séparatistes du Donbass, situés entre l’Ukraine et la Russie. « Je juge nécessaire de prendre cette décision qui était mûre depuis longtemps : reconnaître immédiatement l’indépendance de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk », a-t-il dit dans une allocution télévisée.

Avec le terme de République populaire, il en faisait ainsi des Etats au sens du droit public international, méritant la protection de la Russie et des Etats alliés de la Russie. S’il ne l’avait pas fait, c’est là qu’il aurait fallu, sinon s’indigner, du moins s’étonner. Pouvait-il laisser les populations russophones de ces territoires en but aux bombardements et aux exactions de l’armée ukrainienne.

Bien que les situations n’aient pas été exactement comparables, faut-il rappeler qu’une des raisons de l’entrée en guerre de la France en 1914 a été de récupérer les territoires francophones de l’Alsace et de la Lorraine, annexés par l’empire allemand en 1871 dans le cadre du traité de Francfort.

Faut-il également rappeler que l’Ukraine elle-même s’était politiquement détachée de la Russie en 2004 et rapprochée des Etats-Unis dans le cadre de ce qui a été nommé la Révolution Orange, abondamment financée en dollars par la CIA ?

Depuis l’Ukraine était devenu un état corrompu, aux mains d’oligarques exploitant les ressources du pays avec la complicité de leurs homologues en Europe. Ce n’est pas un modèle de démocratie à l’occidental. On comprends que l’Union européenne ait jusqu’ici refusé son adhésion.

Ceci dit, ce n’est pas seulement par  » bienveillance  » à l’égard des russophones du Donbass que Vladimir Poutine a reconnu l’indépendance de leurs territoires. C’est d’abord parce que, s’il y envoyait des forces militaires, notamment dans le port de Marioupol, il se donnerait un meilleur accès aux côtes de la mer d’Azov et pourra mieux y contrôler le trafic maritime provenant de l’Ukraine ou destiné à l’Ukraine. Ces forces ne sont évidemment destinées à envahir l’Europe. Poutine sait très bien qu’en ce cas se serait la guerre mondial.

L’ambition actuelle de la Russie est sans doute de faire de la mer d’Azov, après la reprise en main de la Crimée, une mer exclusivement russe. S’y ajoute la volonté d’empêcher définitivement l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan.

Les « sanctions » que préparent les Occidentaux n’auront aucun poids au regard de ces objectifs. D’autant plus que les Etats européens seront les premières victimes des contre-sanctions que pourrait décider la Russie, par exemple en fermant temporairement les gazoducs et pipelines indispensables aujourd’hui à l’Europe, notamment à l’Allemagne.

21/02/2022. Poutine s’est-il enlisé dans la boue?

21/02/2022 Poutine s’est-il enlisé dans la boue ?

Depuis quelques jours, diverses informations circulent selon lesquels les chars russes stationnés la frontière avec l’Ukraine ont du renoncer à envahir ce pays comme prévu initialement au titre de sanctions à l’égard de Kiev.

Une vague de chaleur inattendue en hiver et vraisemblablement du au réchauffement climatique aurait risqué de paralyser les déplacements des plus lourds des blindés. La situation ne devrait pas s’améliorer, car l’hiver doux et pluvieux ne laisse pas présager le retour avant l’été prochain de sols suffisamment solides en profondeur. Afin de faire face à ce défi, de nombreux hélicoptères lourds ont été mobilisés, mais leurs capacités d’emport sont limités.

Ces explications ne nous paraissent pas crédibles. Tout au moins sont-elles insuffisantes. Comme nous l’avons montrée dans un article précédent, en dehors de leurs blindés, les forces armées russes disposent de nombreux types d’armes capables de porter à peu de frais la guerre en Ukraine. Un ou deux missiles balistiques dépourvus de tête nucléaire envoyés sur Kiev suffiraient à rendre raisonnable le président Ukrainien.

Joe Biden ne voudrait rien faire.

https://www.dailymail.co.uk/news/article-10391665/Putin-delayed-Ukraine-invasion-mild-winter-melted-icy-ground-advisers-say.html

20/02/2022. Précisions sur les manoeuvres militaires russes

Les manœuvres militaires stratégiques entreprises le 20 février 2022 par Vladimir Poutine mettent en œuvre des moyens considérables. Il ne s’agit pas seulement d’exercices de chars à la frontière avec l’Ukraine, pour impressionner l’Otan.

Ces manœuvres ont impliqué le lancement de missiles balistiques et de missiles de croisières tous susceptibles de porter des charges nucléaires. Y participe l’armée de l’air et les flottes de la mer du Nord et de la mer Noire

Par ailleurs, un missile balistique Intercontinental ICBM a été lancé du Cosmodrome de Plesetsk en Russie du NW, visant la péninsule du Kamchatka après une traversée de 5.700 km. Le sous-marin nucléaire Karelia a de son côté envoyé un missile balistique R-29RMU depuis la mer de Barentz en Arctique et visant le Kamchatka.

Les unités et les sous-marins des flottes de la Mer Noire et de la Mer du Nord ont enfin lancé en vraie grandeur plusieurs exemplaires de la nouvelle arme russe révolutionnaire, le missile de croisière hypersonique Zircon, capable de pénétrer sans difficultés les défenses antiaériennes des porte-avions américains

Nous ne mentionnons pas les bombardements à longue distance conduits par des bombardiers stratégiques TU 95 âgés de plus de 50 ans et toujours en service

20/02/2022 Malgré la crise du Covid, le monde continue à s’armer

Malgré la crise sanitaire qui avait fait chuter son niveau à 84.000 milliards de dollars en 2020, le PIB mondial devrait franchir la barre des 100.000 milliards de dollars pour la première fois en 2022, selon un rapport du cabinet du Center for Economics and Business Research (CEBR)  https://cebr.com/

On rapprochera de ce chiffre le montant des dépenses militaires mondiales soit près de 2 000 milliards de dollars en 2020 en hausse de 2%. https://www.sipri.org/sites/default/files/2021-04/sipri_milex_press_release_fre.pdfprix

Ainsi le monde continue de s’armer, en période de crise sanitaire, et particulièrement les grandes puissances mondiales, les États-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie et le Royaume-Uni. À eux cinq, ces pays principaux acheteurs d’armement dans le monde, concentrent 62 % des dépenses militaires de l’année 2020. La France se trouve à la huitième place de ce classement.

Cette augmentation intervient alors que le PIB mondial, affecté par la pandémie, a reculé d’un peu plus de 4 % d’après une projection du Fonds monétaire international.

Les dépenses militaires ont atteint, en moyenne, 2,4 % de ce PIB affaibli. Soit la plus forte augmentation annuelle du budget militaire mondial depuis la crise économique de 2009. D’après le docteur Diego Lopes da Silva, chercheur au programme armes et dépenses militaires du SIPRI, « on peut affirmer avec une quasi-certitude que la pandémie n’a pas eu d’impact significatif sur les dépenses militaires mondiales en 2020 ».

Malgré tout, pour faire face à la pandémie, certains pays tels le Chili ou la Corée du Sud ont réaffecté leurs budgets armement à la lutte contre le Covid-19.

L’augmentation des budgets militaires pour la troisième année consécutive s’explique selon Alexandra Marksteiner, chercheuse au programme armes et dépenses militaires du SIPRI, par de lourds investissements dans la recherche et le développement. Notamment pour la modernisation des arsenaux nucléaire et pour l’acquisition d’armes à grande échelle. C’est notamment le cas aux Etats-Unis

De l’autre côté du Pacifique, la Chine n’a cessé d’augmenter ses dépenses militaires depuis 26 ans. Il s’agit de la plus longue augmentation ininterrompue jamais enregistrée par le SIPRI. En 2020, les dépenses militaires chinoises étaient estimées à 252 milliards de dollars (soit 208 milliards d’euros).

La Chine entend rattraper ses homologues sur le plan militaire, alors que les tensions entre Pékin et la communauté internationale, sur les thèmes des Ouïghours, de Hong Kong, de Taïwan ou de son appétit en mer de Chine, ne tarissent pas.

La Chine et les États-Unis sont les deux pays qui allouent les plus gros budgets à leur armement au niveau mondial.

Les États-Unis, avec un budget 2020 de près de 780 milliards de dollars (environ 645 milliards d’euros) ont augmenté leurs dépenses militaires pour la troisième année consécutive, d’après le rapport du SIPRI. Cette augmentation, selon Alexandra Marksteiner, chercheuse au programme armes et dépenses militaires du SIPRI, s’explique par de lourds investissements dans la recherche et le développement. Notamment pour la modernisation de l’arsenal nucléaire américain et pour l’acquisition d’armes à grande échelle.

De l’autre côté du Pacifique, la Chine ne cesse d’augmenter ses dépenses depuis 26 ans. Il s’agit de la plus longue augmentation ininterrompue jamais enregistrée par le SIPRI. En 2020, les dépenses militaires chinoises étaient estimées à 252 milliards de dollars (soit 208 milliards d’euros).

La Chine entend rattraper ses homologues sur le plan militaire, alors que les tensions entre Pékin et la communauté internationale, sur les thèmes des Ouïghours, de Hong Kong, de Taïwan ou de son appétit en mer de Chine, ne tarissent pas.

19/02/2022. Sommet Union européenne – Union africaine. Qu’en attendre ?

Les dirigeants de l’UE et de l’UA, ainsi que ceux de leurs États membres respectifs, se sont réunis deux jours à l’occasion du sixième sommet Union européenne Union africaine, qui s’est tenu à Bruxelles les 17 et 18 février 2022. Le compte rendu de ce sommet est accessible à l’adresse suivante https://www.consilium.europa.eu/media/54411/final-declaration-fr.pdf

On lit dans les premières pages de ce compte-rendu les dispositions suivantes (abrégé)

  1. Conscients des possibilités et des défis communs sans précédent et toujours plus nombreux, les dirigeants de l’UE et de l’UA adhèrent à une vision commune d’un partenariat renouvelé pour construire un avenir commun, en tant que partenaires et voisins les plus proches.
  2. Deux Unions, une vision commune. Nous sommes convenus que cette vision commune a pour objectif de consolider un partenariat renouvelé pour la solidarité, la sécurité, la paix, le développement économique durable et inscrit dans la durée et la prospérité pour nos citoyens et nos générations futures, en réunissant nos peuples, nos régions et nos organisations. Ce partenariat renouvelé sera fondé sur la situation géographique, la reconnaissance de l’histoire, les liens humains, le respect de la souveraineté, la responsabilité et le respect mutuels, les valeurs partagées, l’égalité entre les partenaires et des engagements réciproques. Il vise à être l’élément moteur de la promotion de nos priorités communes, des valeurs que nous partageons, du droit international ainsi que de la préservation conjointe de nos intérêts et biens publics communs. Cela comprend, entre autres, la sécurité et la prospérité de nos citoyens, la protection des droits de l’homme pour tous, l’égalité de genre ainsi que l’autonomisation des femmes dans tous les domaines de la vie, le respect des principes démocratiques, la bonne gouvernance et l’État de droit, les actions visant à préserver le climat, l’environnement et la biodiversité, la croissance économique durable et inclusive, la lutte contre les inégalités, le soutien aux droits de l’enfant et l’inclusion des femmes, des jeunes et des plus défavorisés. Nous reconnaissons l’importance de la sécurité alimentaire et de la nutrition et notons avec satisfaction que l’UA en a fait le thème de l’année 2021/2022.

Quels commentaires pourrions nous faire dans l’immédiat, à cette liste de bonnes intentions ?

1. La question fondamentale d’une lutte commune contre un islam de combat pratiquant non seulement le terrorisme mais des actions militaires contre les institutions et les gouvernements n’a pas été évoquée. L’annonce par la France de la mise en sommeil de l’opération Barkhane au Mali et plus largement au Sahel était certainement dans toutes les têtes mais n’a pas été évoquée. L’UE et l’UA vont elles proposer un ambitieux programme de coopération économique et politique en paraissant ignorer que les projets qui seront décidés seront à la merci d’attaques de groupes de djihadistes fortement armés bien implantés dans l’UA ? L’UE et l’UA vont nécessairement devoir montrer que si nécessaire elles déploieront des moyens de renseignement et des moyens militaires conjoints pour protéger ces projets et à terme leur bon fonctionnement.

  1. La Chine a déjà commencé à investir lourdement dans certains pays de l’UA. L’objectif est bien évidemment de s’y implanter. Ceci se fera-t-il sous la forme d’un néocolonialisme asiatique visant à se substituer à l’ancien colonialisme européen et accueilli à bras ouverts par les pays membres de l’UA ? Au contraire pourra-t-on espérer que des stratégies communes de développement pourront être mises en œuvre entre les trois continents.

3. Le sommet n’a apparemment pas évoqué deux points essentiels qui retiendront de plus en plus l’attention des scientifiques. Le premier est la constatation que compte tenu du réchauffement climatique, les milieux naturels africains seront de plus détruits par la désertification ou à l’inverse par des inondations incontrôlables. Le second est que les Etats africains devraient d’urgence lutter contre une natalité de plus de 7 enfants par femme que ces mêmes Etats, semble-il, encouragent pour favoriser des émigrations hors d’Afrique considérées comme des armes imparables.