28/03/2022 Les « sanctions » contre la Russie

L’Ouest va-t-il continuer à se sanctionner lui-même ?

L’Ouest (Les Etats-Unis et leurs alliés européens) avaient vertueusement réagi aux dernières « opérations spéciales » de la Russie, pour ne pas dire à la guerre menée par cette dernière pour réintégrer l’Ukraine dans ce que l’on nommait jadis le Bloc Soviétique.

Ainsi la Russie a-elle été menacée par l’Ouest de ne plus pouvoir exporter de pétrole ou de semences et céréales vers l’Union européenne. Ce fut seulement quelques jours après que le même Ouest a paru découvrir que, faute des sources d’énergies nucléaires et des terres agricoles en jachère dont disposait la France, il faudrait continuer à faire appel à la Russie.

Il y a plus grave. L’Ouest a découvert maintenant qu’en conséquence de la guerre menée sur son sol, l’Ukraine ne pourra plus alimenter en grains et semences les nombreux pays qui en Afrique et au Moyen Orient comptaient sur ces exportations pour faire la soudure. Un effondrement économique (cf. Bruno Le Maire) voire de véritables famines, plus ou moins longues, devraient s’en suivre.

On notera qu’aucun des pays du continent africain ni des régions d’Asie occidentale, d’Asie centrale, d’Asie du Sud et du Sud-Est n’a imposé de sanctions à la Russie. À l’issue d’une visite à Hanoï, le Premier ministre malaisien Ismail Sabri Yaakob a déclaré : “Nous avons discuté du conflit russo-ukrainien et convenu que la Malaisie et le Vietnam resteraient neutres sur cette question. Quant aux sanctions contre la Russie, nous ne les soutenons pas. Les parties ne soutiennent pas les sanctions unilatérales ; nous ne reconnaissons que les restrictions qui pourraient être imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies”.

27/03/2022 Iter. Etat d’avancement

Au 27/03 on trouve dans 20 Minutes, que nous remercions, les informations suivantes concernant l’avancement du programme international Iter. Ce programme vise à réaliser le prototype d’un réacteur à fusion. La technique de la fusion permettra d’obtenir contrairement à l’actuelle fission, une énergie nuclaire abondante et sans déchets radioactifs.

En passant le sas d’entrée du bâtiment où est actuellement assemblé le futur Tokamak d’Iter, le gigantisme et la puissance suggérée par cette installation désarçonnent. « C’est ici qu’on va allumer le petit soleil », présente Robert Arnoux, le directeur de la communication d’Iter. C’est dans cette cuve de 30 mètres de haut et 30 mètres de diamètre que la communauté internationale entend reproduire artificiellement la réaction nucléaire qui se produit au cœur du soleil et des étoiles. e programme de recherche ambitionne « d’offrir à l’humanité une source d’ énergie propre, sans déchet nucléaire et virtuellement inépuisable ».

Iter, c’est quoi ?

Iter est une organisation internationale dont le site de recherche et d’expérimentation est installé dans le nord des Bouches-du-Rhône, à la frontière du Var, du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence. Environ 1.200 chercheurs et 2.500 personnes sur les chantiers y travaillent. Elle est financée par sept membres, représentant 35 pays (l’Union Européenne, les USA, la Chine, l’Inde, la Russie, la Corée-du-Sud et le Japon), et comptant plus de la moitié de la population mondiale et 80 % du PIB.

Le site s’étend sur 180 hectares – dont 42 de bâtis, sur lequel sont implantés une cinquantaine de bâtiments à vocation industrielle. La pièce maîtresse de cette installation, le tokamak Iter (une chambre sphérique de confinement magnétique dans laquelle sont produites les réactions nucléaires), est en cours d’assemblage. Celui-ci a démarré en mai 2020 et devrait s’achever courant 2025. Avec un volume de 850 m3 (30 mètres de haut pour 30 mètres de diamètre), il présente des dimensions sans équivalent.

La fusion, comment ça marche ?

Les réacteurs nucléaires que nous connaissons actuellement fonctionnent sur le principe de la fission, qui consiste à casser des noyaux atomiques d’uranium et de plutonium en projetant dessus un neutron. La fusion nucléaire, au contraire, vise à réunir deux noyaux de deutérium et de tritium (des variants de l’hydrogène) sous l’effet d’une très haute pression et d’une chaleur dantesque (150 millions de degrés Celsius, soit 10 fois celle du soleil). Des conditions dans lesquelles la matière est à l’état de plasma, celle que l’on retrouve au cœur des étoiles. Cette fusion entraîne la libération d’un neutron qui, en percutant les parois du tokamak, dégage de la chaleur. Celle-ci est ensuite récupérée pour alimenter une turbine, à l’instar des installations électriques classiques.

Quelles sont les difficultés ?

Aucun matériau connu ne résiste à pareille température. Alors les scientifiques ont recours à de monumentaux aimants refroidis par cryogénie qui ceinturent l’intérieur de l’édifice et y contiennent la fusion.

Pour l’heure, ils sont déjà parvenus sur de tout petits tokamaks (30 m3), à générer des plasmas non nucléaires, en fusionnant des noyaux d’hydrogène. Mais les scientifiques se heurtent à différents écueils, à commencer par l’instabilité de cette réaction qui a pour l’heure était maintenue au maximum 17 minutes et 36 secondes, le 6 janvier dernier dans le tokamak chinois. Au cours de cette séquence, les scientifiques sont parvenus à produire presque autant d’énergie que celle consommée lors de l’impulsion pour atteindre l’état de plasma.

Aussi, le petit volume de ces tokamaks à hydrogène ne permet pas d’envisager la création de plasma nucléaire. Des écueils que l’envergure du tokamak d’Iter devrait permettre de surmonter.

C’est pour quand ?

L’assemblage du tokamak Iter, dont la construction a commencé en mai 2020, devrait produire son premier plasma courant 2026. 60 % des pièces, construites dans les différents pays membres, ont déjà été livrées.

Les scientifiques se donnent ensuite dix ans pour prendre en main la machine et vérifier l’alignement des champs magnétiques avant de lancer le premier plasma nucléaire. « L’objectif d’Iter est de démontrer la faisabilité technique, scientifique et industrielle de la fusion nucléaire de l’hydrogène. Celui-ci sera atteint lorsque les réactions produiront dix fois plus d’énergie que celle injectée pour lancer la réaction », explique Robert Arnoux. « Dans un gramme d’hydrogène, se trouve l’équivalent énergétique de huit tonnes de pétrole. Mais ceux qui ont posé les premières pierres de cette aventure n’en verront pas l’application industrielle », conclut celui qui compare souvent le projet Iter avec celui des cathédrales ; une cathédrale pour le XXIe siècle.

26/03/2022 La théorie de la gravitation quantique se précise

Ce terme désigne une théorie hypothétique visant à décrire l’univers d’une façon compatible tant avec la théorie de la relativité générale d’Einstein qu’avec celles de la physique quantique.

Rappelons que pour la première théorie, une particule de la physique einsténienne pourrait être décrite par des cordonnés la situant dans l’espace-temps où nous vivons. Pour la seconde, celle de la physique quantique, une particule ne peut avoir de coordonnées précises. Elles varient selon les conditions de l’observation. C’est ce que précise l’équation de Schrödinger.

La physique quantique repose sur plusieurs postulats, tous vérifiés :
La dualité onde-corpuscule : les objets quantiques peuvent être décrits au niveau microscopique comme des ondes. C’est le cas notamment avec la lumière, qui est portée par un photon, une particule, et qui se comporte comme une onde.
La superposition des états : une particule peut être dans plusieurs états à la fois. Un électron qui tourne autour d’un atome peut être sur tous les points de l’orbite en même temps, et à toutes ses vitesses possibles.
La quantification : certaines données de ces particules, comme l’énergie, ne peuvent pas prendre toutes les valeurs possibles pour autant. Ses valeurs forment un ensemble de résultats, que l’on appelle « quanta » et qui donnent leur nom à la physique quantique.
Le principe d
indétermination : on ne peut pas donner en même temps avec exactitude la position et la vitesse d’une particule. Cette incertitude est structurelle et répond au hasard (on utilise des calculs de probabilités). Albert Einstein n’aimait d’ailleurs pas ce principe et avait déclaré « Dieu ne joue pas aux dés ». Niels Bohr, l’un des pères de la physique quantique lui avait répondu : « Qui êtes-vous pour dire à Dieu ce qu’il doit faire? »
La mesure influe sur
l’état de la particule : une fois mesuré, l’état de la particule n’est plus superposé. C’est la conclusion de la célèbre expérience de pensée d’Erwin Schrödinger. Un chat est enfermé dans une boîte avec un flacon de gaz mortel relié à un matériau radioactif. SI la radioactivité dépasse un certain seuil, le flacon est cassé et le chat est empoisonné. Selon le principe de superposition des états, le chat dans sa boîte close est donc à la fois mort et vivant. Si on ouvre la boîte, et donc si on prend une mesure, on connait l’état réel du chat.
L’effet tunnel : un objet quantique peut traverser un obstacle, comme une partie du noyau d’un atome le fait avec la radioactivité.
L’intrication : deux particules peuvent former un système lié. Quand l’une bouge, l’autre aussi. Et cela, quelle que soit la distance entre les deux mais sans échanges d’informations.


Pour Rana Adhikari, professeur de physique à Caltech, il devrait être possible désormais l’observer la pertinence de la théorie de la gravitation quantique.

Dans ce but, il fait l’hypothèse selon laquelle l’espace n’est pas parfaitement homogène. Dans cette hypothèse, l’espace serait constitué de particules infiniment petites, qu’il nomme par analogie des pixels. Un pixel d’espace est si petit qu’agrandi à la taille d’un grain de sable, ce grain de sable deviendrait aussi grand qu’une galaxie. Selon lui, si l’on retenait cette hypothèse d’un monde pixélisé, les contradictions évoquées ci-dessus entre relativité générale et physique quantique disparaîtraient. La théorie de la gravitation quantique deviendrait enfin utilisable pour décrire l’univers à toutes échelles.

Encore faudrait-il trouver des preuves expérimentales de cette pixelisation de l’espace. La professeure de physique théorique Kathryn Zurek suggère que de telles preuves pourraient être trouvées dans l’observation des trous noirs. Elle a fondé un groupe de travail rassemblant des théoriciens et des praticiens, nommé Quantum gRavity and Its Observational Signatures (QuRIOS). Elle espère ainsi pouvoir préciser ce que serait la gravitation quantique.

Accessoirement, le concept de trou noir serait précisé. S’agirait-il de domaines d’espace si dense et où la gravité serait si forte que rien ne sortirait du cœur du trou noir. Ou s’agirait-il de portes entrouvertes vers d’autres univers ?

25/03/2022. De futurs lanceurs pour des vols habités à destination de la Lune et de Mars

Aux Etats-Unis, en dépit des séquelles de la crise actuelle due au Covid, cet objectif est de plus en plus d’actualité. Il permettra de montrer au monde que l’Amérique ne renonce pas à conserver sa domination dans l’espace (spatial dominance) d’autant plus que le Chine a décidé avec d’importants moyens de lui disputer ce titre.

Aujourd’hui la Nasa et l’entrepreneur privé Elon Musk développent, a la fois en compétition et souvent en coopération, deux projets de lanceurs lourds habitables capables de permettre à des équipages de résider durablement sur la Lune d’abord, sur Mars ensuite. puis de revenir sur Terre.

Il s’agit du Space Launch System de la Nasa et du lanceur géant Starship de SpaceX.. Ces futurs lanceurs sont conçus pour servir d’habitation et de laboratoires géants sur les planètes ciblées. Leurs étages supérieurs devront évidemment permettre le retour sur Terre des équipages le souhaitant, leurs temps de mission accomplis.

Selon les projets, les lanceurs devraient rester en position verticale sur leurs planètes, afin de faciliter leur retour. Dans d’autres schémas, certains d’entre eux pourraient rester couchés au sol, afin de faciliter le travail des équipes scientifiques.

25/03/2022. Les BRICS et la guerre en Ukraine

Le terme de BRICS désigne un groupe de cinq pays qui se réunissent depuis 2011 en sommets annuels : BrésilRussieIndeChine et Afrique du Sud . Il a été créé à l’initiative de la Russie et de ses alliés l’Inde et la Chine pour faire écouter la voix de pays refusant le rôle de porte-parole universel que s’étaient attribué les États-Unis depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Aujourd’hui cependant, avec la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine, les Brics ont du mal à se faire entendre .

A priori la présence des Etats-Unis, avec celle des Etats de l’Union européenne, dans le groupe de ceux qui dénoncent l’intervention militaire russe, pourrait faire penser que l’Inde et surtout la Chine se positionneraient, au moins sur le plan diplomatique, en soutien de Moscou. Mais jusqu’à ce jour Delhi et Pékin, sans le faire savoir officiellement, manifestent plus que de la réserve à l’égard de l’initiative russe.

Cela tient sans doute à ce que pour eux, les conflits d’intérêts stratégiques, aussi importants qu’ils puissent être ne doivent pas prendre une forme militaire. Dans celle-ci, il n’a pas de gagnants mais que des perdants, à supposer même que les adversaires se refusent à utiliser des armes nucléaires dites de faible intensité.

Pour les BRICS, comme ils l’avait fait savoir par la Déclaration de New Delhi, les seules guerres légitimes à mener sont des guerres contre les effets des modifications climatiques. Cela s’était traduit   par la création d’une banque de développement et d’une réserve monétaire d’urgence par ces pays qui comptent plus de trois milliards d’habitants et représentent environ 25 % de la production économique mondiale.

Il serait temps que Vladimir Poutine, qui avait cosigné cette Déclaration, s’en souvienne aujourd’hui.  

24/03/2022

Une boussole stratégique pour renforcer la sécurité et la défense de l’UE au cours de la prochaine décennie.

Ce terme de boussole désigne une série de propositions adoptées par le Conseil de l’Europe le 24 mars 2022 en la présence de Joe Biden, président des Etats-Unis. Nous ne commenterons pas à ce stade le réalisme de ces propositions, au regard de la réduction permanente des ressources budgétaires.

https://newsroom.consilium.europa.eu/embed/234322

Aujourd’hui, le Conseil a officiellement approuvé la boussole stratégique alors que nous assistons au retour de la guerre en Europe.

La boussole dote l’Union européenne d’un plan d’action ambitieux pour renforcer la politique de sécurité et de défense de l’UE d’ici à 2030.

L’environnement sécuritaire devenu plus hostile nous impose de faire un bond décisif et d’accroître notre capacité et notre volonté d’agir, de renforcer notre résilience ainsi que d’investir davantage et mieux dans nos capacités de défense.

La force de notre Union réside dans l’unité, la solidarité et la détermination. La boussole stratégique a pour objectif de faire de l’UE une garante de la sécurité plus forte et aux capacités renforcées. L’UE doit être en mesure de protéger ses citoyens et de contribuer à la paix et à la sécurité internationales. Cela est d’autant plus important alors que la guerre est revenue en Europe, à la suite de l’agression injustifiée et non provoquée de la Russie contre l’Ukraine, et que des mutations géopolitiques majeures sont à l’œuvre. La boussole stratégique renforcera l’autonomie stratégique de l’UE et sa capacité à travailler avec ses partenaires pour préserver ses valeurs et ses intérêts.

Une Union plus forte et plus capable sur les questions de sécurité et de défense contribuera positivement à la sécurité globale et transatlantique et est complémentaire à l’OTAN, qui reste le fondement de la défense collective pour ses membres. Elle accroîtra également son soutien à l’ordre mondial fondé sur des règles et articulé autour des Nations unies.

Les menaces augmentent et le coût de l’inaction est évident. La boussole stratégique guidera notre action. Elle définit une voie ambitieuse pour l’avenir de notre politique de sécurité et de défense pour la prochaine décennie. Elle nous aidera à assumer nos responsabilités en matière de sécurité, face à nos citoyens et au reste du monde. Si nous n’agissons pas maintenant, alors quand le ferons-nous?

La boussole stratégique fournit une évaluation commune de l’environnement stratégique dans lequel l’Union évolue ainsi que des menaces et des défis auxquels elle est confrontée. Le document formule des propositions d’action concrètes assorties d’un calendrier de mise en œuvre très précis, afin de renforcer la capacité de l’UE à agir de manière décisive en cas de crise et de défendre sa sécurité et ses citoyens.

La boussole couvre tous les aspects de la politique de sécurité et de défense et s’articule autour de quatre piliers: agirinvestirtravailler en partenariat et assurer la sécurité.

Agir

Pour être capable d’agir rapidement et avec fermeté dès lors qu’une crise survient, avec des partenaires si possible et seule si nécessaire, l’UE:

– mettra sur pied, pour différents types de crises, une capacité de déploiement rapide de l’UE conséquente, pouvant compter jusqu’à 5 000 militaires

– sera prête à déployer, dans un délai de 30 jours, 200 experts pleinement équipés dans le cadre d’une mission PSDC (politique de sécurité et de défense commune=, y compris dans des environnements complexes.

– effectuera de manière régulière des exercices réels sur terre et en mer

– renforcera la mobilité militaire

– renforcera les missions et opérations PSDC civiles et militaires (Politique de sécurité et de défense commune) en favorisant un processus décisionnel rapide et plus flexible, en faisant preuve de davantage de fermeté et en assurant une solidarité financière accrue.

– fera pleinement usage de la facilité européenne pour la paix pour soutenir ses partenaires.

Assurer la sécurité

Afin de renforcer sa capacité à anticiper, à dissuader et à réagir face aux menaces et défis actuels et à ceux surgissant rapidement, et à préserver les intérêts de l’UE en matière de sécurité, l’UE:

– développera ses capacités d’analyse du renseignement

– mettra en place une boîte à outils hybride et des équipes d’intervention rassemblant différents instruments visant à détecter un large éventail de menaces hybrides et à y réagir

– renforcera la boîte à outils cyberdiplomatique et mettra en place une politique de l’UE en matière de cyberdéfense afin d’être mieux préparée aux cyberattaques et de mieux y réagir

– créera une boîte à outils relative aux activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger

– élaborera une stratégie spatiale de l’UE pour la sécurité et la défense

– renforcera le rôle de l’UE en tant qu’acteur de la sûreté maritime

INVESTIR

Les États membres se sont engagés à augmenter sensiblement leurs dépenses de défense pour répondre à notre ambition collective de combler les lacunes critiques en matière de capacités militaires et civiles et à renforcer notre base industrielle et technologique de défense européenne. L’Union européenne:

– échangera sur les objectifs nationaux en ce qui concerne l’augmentation et l’amélioration des dépenses de défense pour répondre à nos besoins en matière de sécurité

– élaborera de nouvelles mesures d’incitation pour que les États membres s’engagent dans le développement collaboratif des capacités et investissent conjointement dans des moyens stratégiques et des capacités de nouvelle génération pour opérer sur terre, en mer, dans les airs, dans le cyberespace et dans l’espace extra-atmosphérique

– stimulera l’innovation technologique pour la défense afin de combler les lacunes stratégiques et de réduire les dépendances technologiques et industrielles

Travailler en partenariat

Pour faire face aux menaces et aux défis communs, l’UE:

– renforcera la coopération avec les partenaires stratégiques tels que l’OTAN, les Nations unies et les partenaires régionaux, notamment l’OSCE, l’UA et l’ASEAN

– établira des partenariats bilatéraux plus adaptés avec des pays partageant les mêmes valeurs et des partenaires stratégiques, tels que les États-Unis, le Canada, la Norvège, le Royaume-Uni, le Japon et d’autres

– établira des partenariats sur mesure dans les Balkans occidentaux, dans notre voisinage oriental et méridional, en Afrique, en Asie et en Amérique latine, notamment en intensifiant le dialogue et la coopération, en favorisant la participation aux missions et opérations PSDC et en soutenant le renforcement des capacités

Contexte et prochaines étapes

La première version de la boussole stratégique a été présentée par le haut représentant en novembre 2021, sur la base de la toute première analyse des menaces à laquelle les services de renseignement des 27 États membres de l’UE ont contribué et d’une phase de dialogue structuré entre les États membres, les institutions et les experts de l’UE. Des versions successives ont été examinées en février et mars 2022 afin de tenir compte du débat entre les États membres et des paquets « Défense » et « Espace » de la Commission du 15 février, ainsi que des derniers développements au niveau international, notamment l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine. La boussole stratégique contribue directement à la mise en œuvre du programme de Versailles.

Une fois approuvée, la boussole stratégique devrait ensuite être adoptée par le Conseil européen des 24 et 25 mars 2022.

Offensive russe en Ukraine : des missiles hypersoniques mais une hécatombe de généraux tués au combat

Des missiles hypersoniques de type Avangard sont désormais utilisés en Ukraine, selon le Kremlin. Censés pouvoir échapper aux systèmes de défense adverses, ces nouveaux missiles ont été utilisés à deux reprises. Leur emploi est une première mondiale. Jusqu’ici, la Russie n’avait jamais fait état de son utilisation dans les deux conflits où elle est belligérante En utilisant ce genre d’armes, le Kremlin « tente de retrouver un élan » dans le conflit où son armée semble s’enliser. a affirmé le ministre américain de la Défense Lloyd Austin, estimant que ces armements ne « changeaient pas la donne ».

En quoi consistent ces armes ? Pourquoi Moscou y a recours ? Elles peuvent maintenir des vitesses supérieures à Mach 5, c’est-à-dire cinq fois la vitesse du son : autour de 6.000 km à l’heure minimum. Ce sont donc des armes très rapides (même si elles le sont moins que les missiles balistiques intercontinentaux qui volent jusqu’à Mach 20), mais elles ont un avantage indéniable : elles sont difficilement détectables. Et elles sont manoeuvrables sur la quasi-totalité de leur vol, ce qui les rend bien plus précises.

Ces missiles appartiennent à une famille de nouvelles armes développées par la Russie. les missiles hypersoniques russes Avangard Ils sont capables de changer de cap et d’altitude à très haute vitesse, les rendant « pratiquement invincibles » selon Vladimir Poutine . Ce dernier a comparé la percée scientifique et militaire de leur développement « à la création du premier satellite artificiel de la Terre », le célèbre Spoutnik.

Dans le même temps, faute de composants et de pièces détachées, Uralvagonzavod, la principale usine russe de blindés, ne pourraient plus produire, ni réparer les blindés endommagés par l’armement antichar des forces armées ukrainiennes. L’usine installée à Nizhni Tagil aurait même été contrainte de cesser temporairement la production. Elle produit notamment les chars T-72B3, T-80 et T-90.

Par ailleurs, avec sans doute plus de 10.000 hommes morts au combat lors du premier mois de guerre en Ukraine, les pertes humaines de l’armée russe sont considérables. Elles dépasseraient celles observées mensuellement par l’ensemble des belligérants durant la première guerre mondiale.

De plus les généraux russes ont été cinq –peut-être six à en croire les autorités ukrainiennes– à avoir trouvé la mort depuis le début de la guerre. Les renseignements occidentaux estiment à vingt le nombre de ces haut gradés engagés dans la guerre. Un quart d’entre eux seraient donc déjà tombés, et les opérations sont loin d’être terminées.

Ce serait l’absence de personnels de commandement intermédiaire (sous-officiers) ainsi que de réseaux d’information et de communication qui expliquerait ce record. Ainsi lorsqu’un convoi de blindés se trouve immobilisé, des officiels supérieurs sont obligés eux-mêmes de se rendre en tête de convoi pour s’informer. Ils représentent alors des cibles faciles

23/03/2022 L’impact de la guerre en Ukraine sur les économies en développement

La conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement UNCTAD vient de publier un premier rapport analysant les conséquences de la guerre en Ukraine sur le commerce, les finances et les investissements technologiques des économies du tiers-monde. Les résultats sont catastrophiques, alors que le monde se remet à peine de la pandémie. Des famines et les troubles sociaux en résultant sont à prévoir.

On notera que la responsabilité de la guerre en Ukraine n’est que très rarement imputée à l’offensive russe du 24 février. Pour les experts de très nombreux pays, cette offensive n’était que la conséquence de la volonté des Etats-Unis de faire de l’Ukraine un membre docile de l’Otan, à partir de laquelle des attaques pourraient très facilement être lancées contre Moscou et la Russie occidentale.

La Chine, pour sa part, ne perd pas de temps à la recherche de responsabilités. Comme l’explique un excellent article (à lire en entier) du journal quasi-officiel Global Times, son problème actuel est d’éviter la stagnation de son développement et l’interruption de sa modernisation. https://www.globaltimes.cn/page/202203/1255162.shtml, l

Référence

UNCTAD UNITED NATIONS CONFERENCE ON TRADE AND DEVELOPMENT has prepared a rapid assessment of the impact of war in Ukraine on trade and development, and interrelated issues in the areas of finance, technology, investment and sustainable development. The results confirm a rapidly worsening outlook for the world economy, underpinned by rising food, fuel and fertilizer prices, heightened financial volatility, sustainable development divestment, complex global supply chain reconfigurations and mounting trade costs. This rapidly evolving situation is alarming for developing countries, and especially for African and least developed countries, some of which are particularly exposed to the war in Ukraine and its effect on trade costs, commodity prices and financial markets. The risk of civil unrest, food shortages and inflation-induced recessions cannot be discounted, particularly given the fragile state of the global economy and the developing world as a result of the COVID-19 (coronavirus disease) pandemic.
https://unctad.org/system/files/official-document/osginf2022d1_en.pdf

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22/03/2022 L’avion franco-allemand de combat du futur SCAF décollera-t-il un jour

On peut en douter. Cet avion devrait être l’élément essentiel du « Système de combat aérien du futur » (SCAF) européen, dont les maîtres d’œuvre sont Dassault Aviation et Airbus-Allemagne.

Les ministres de la défense allemande et française, Ursula von der Leyen et Florence Parly, avaient notifié aux deux avionneurs, le 6 février 2022, le premier contrat d’études du projet.

Concernant le moteur, un accord établissant la répartition des tâches entre le motoriste français Safran et son partenaire allemand MTU a également été officialisé.. Le français Safran Aircraft Engines sera responsable de l’architecture du moteur et de son intégration dans l’avion, l’allemand MTU se chargera des services et de la maintenance.

Pour ce qui est de la construction, Safran s’occupera des parties chaudes du moteur et des turbines haute pression, MTU du reste. L’objectif est de tester un propulseur entre 2025 et 2027, pour un premier essai en vol en 2038 sur les avions existants. L’Espagne a rejoint le projet peu après

Les enjeux du SCAF, programme évalué à 100 milliards d’euros au moins, sont considérables. Le chasseur F-35 américain de Lockheed Martin, livré depuis 2015 à onze pays dont cinq européens, menace d’imposer sa norme pour longtemps aux alliés de Washington dans le monde entier.

Le SCAF représente la seule chance de maintenir une souveraineté européenne dans ce domaine. Outre l’avion, le projet envisage des plates-formes volantes dont on ne connaît pas encore toutes les technologies. Ces « systèmes » voleront avec d’autres avions et des drones. Ils seront capables de franchir des défenses anti-aériennes russes et chinoises. Pour la France, le SCAF portera l’arme nucléaire.

Outre-Rhin, le SCAF ne fait pas l’unanimité. Ces derniers mois, Mme von der Leyen s’est ainsi vu reprocher de ne pas suffisamment défendre les intérêts de l’Allemagne, en laissant à la France un rôle jugé excessif dans la conduite du projet.

Le SCAF est la première décision d’ampleur de Berlin en matière d’équipement militaire depuis l’annonce du chancelier Olaf Scholz, le 27 février, de consacrer 100 milliards d’euros à la modernisation de l’armée allemande. Et elle risque de susciter des tensions entre Berlin et ses partenaires s’agissant de défense européenne, France en tête.

En effet, la ministre de la défense, Christine Lambrecht, a annoncé, lundi 14 mars, l’achat d’avions furtifs (jusqu’à 35) de fabrication américaine, des F-35 du constructeur Lockheed Martin, pour remplacer partiellement la vieille flotte de 85 Tornado, utilisés depuis quarante ans, dont le dernier doit être mis hors service au plus tard en 2030.  

Apparemment, elle n’avait jamais entendu parler du SCAF

22/03/2022. Un nouveau rapport du GIEC

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publie aujourd’hui un nouveau rapport intitulé Changements climatiques 2021 : les éléments scientifiques. Le rapport fournit les connaissances les plus avancées et les plus récentes sur la science du climat et vient confirmer l’influence indiscutable de l’Homme sur le climat, la nécessité de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et l’importance d’agir maintenant pour tenter d’inverser la tendance.

Le rapport propose des scénarios sur l’avenir et affirme un lien évident entre le changement climatique et la fréquence et intensité des phénomènes extrêmes. En témoignent les événements meurtriers observés actuellement dans différentes parties du globe (incendies dévastateurs, vagues de chaleur, inondations etc.) alors que le réchauffement climatique actuel n’est “que” de 1,1°C par rapport à l’ère pré-industrielle. Le scénario tendanciel d’un réchauffement autour de 5°C, voire davantage, d’ici la fin du siècle, aura donc des effets dévastateurs dès 2025.

On reproche au GIEC de ne pas mettre assez en évidence les liens entre le réchauffement et l’explosion démographique qui se poursuit en Afrique (six enfants par femme environ) et plus généralement la course au progrès qui est le plus souvent une course au suicide. Mais que proposer qui soit acceptable ?