20/04/2022. Guerre en Ukraine. Les faux de la propagande anti-Russie

L’expérience des deux dernières guerres mondiales a montré l’importance des récits et des images que diffusaient les belligérants pour rallier leur camp et déconsidérer le camp adverse. Ces images étaient souvent délibérément fausses. On parlait de bobards. Mais pour distinguer les fausses nouvelles des vraies, les citoyens ne disposaient pas des moyens et de l’expertise nécessaires.

Aujourd’hui on désigne ces fausses nouvelles par le terme anglais de fake news. Avec les moyens technologiques surpuissants de la communication actuelle, il est de plus difficile pour ceux qui le voudraient de distinguer le vrai du faux.

Ainsi, comme nous apprend le réseau Voltaire, le New York Times a publié le 4 avril une photo satellite, datée du 19 mars, qui montre une route de la ville ukrainienne de Boutcha parsemée de cadavres. La photo, diffusée aux médias dominants à échelle mondiale, a été présentée comme preuve d’un « crime de guerre commis par les troupes russes en Ukraine ». Un examen technique démontre que la photo satellite n’a pas été prise le 19 mars, quand les troupes russes se trouvaient à Boutcha, mais le 1er avril, deux jours après qu’elles avaient quitté la ville. La date et l’heure exacte de l’image ont été calculées par le programme SunCalc sur la base de l’inclinaison du soleil au-dessus de l’horizon et donc de la direction des ombres. Dans l’image satellite publiée par le NYT, l’angle du Soleil est de 42 degrés. Cela signifie que la photo satellite a été faite à 11h57 GMT le 1er avril.

En outre, l’examen des photos des cadavres effectué par un expert médecin-légiste découvre divers indices d’une mise en scène. D’autres doutes fondés à propos de la narration officielle du « massacre de Boutcha » émergent de la chronologie même des événements : le 30 mars les soldats russes quittent Boutcha, le 31 mars le maire de Boutcha le confirme et ne parle pas de morts, le 31 mars les néo-nazis du Bataillon Azov entrent dans Boutcha, le 4 avril est publiée la photo satellite avec les cadavres dans les rues. De plus au lieu de conserver les corps pour pouvoir les examiner et établir les causes de la mort ils vont être enterrés précipitamment dans une fosse commune où ils restent plusieurs jours. Ils sont ensuite exhumés pour ouvrir une « enquête » et accuser la Russie de « crime de guerre ».

D’autres preuves techniques montrent la fausseté de la narration officielle du massacre de Kramatorsk, attribué aux troupes russes. Le numéro de série du missile Tochka-U qui a frappé la gare ferroviaire, le 8 avril 2022, est Ш91579 (en russe). Ce numéro de série marque le stock de missiles Tochka-U possédé par l’armée ukrainienne. Seules les Forces Armées Ukrainiennes ont des missiles Tochka-U. La Russie n’en a pas depuis 2019 : ils ont tous été désactivés. Les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk n’ont pas et n’ont jamais eu des Tochka-U.

Faudrait-il en conclure que les Ukrainiens et leur sympathique président Volodimir Zelinsky disposeraient de tous les moyens techniques et humains nécessaires pour monter ces Fakes news visant à déconsidérer la Russie. Certainement pas. Il faut voir derrière ces campagnes la main puissante de la CIA américaine.

25/04/2022. Les ambitions spatiales de la Chine

Une navette spatiale, dans le domaine de l’astronautique, désigne un véhicule spatial pouvant revenir sur Terre en effectuant un atterrissage contrôlé à la manière d’un avion ou d’un planeur et pouvant être réutilisé pour une mission ultérieure. https://fr.wikipedia.org/wiki/Navette_spatiale

Les Etats-Unis disposent depuis longtemps de telles navettes dont 5 destinées au vol orbital . Elles ont principalement servi à la construction de la Station spatiale internationale (ColumbiaChallengerDiscoveryAtlantisEndeavour) et une aux essais en vols (Enterprise).

À la suite de l’arrêt des missions de sa navette spatiale en 2011, la NASA prévoit le retour à des vaisseaux spatiaux conventionnels (OrionCrew DragonCST-100 Starliner).

Les Soviétiques, en leur temps, ont construits douze navettes, dont cinq destinées au vol orbital, bien qu’une seule d’entre elles ait volé : Bourane.

Aujourd’hui le relai a été pris par la Chine. Le 17 juin 2021, la navette chinoise Shenzhou-12 et son équipage de trois personnes ont atteint la nouvelle station spatiale Tianhe mise en orbite par la Chine pour entreprendre une mission de trois mois. Le vaisseau Shenzhou-12 s’est arrimé à la station spatiale Tianhe environ six heures après son décollage.

Au cours des prochains mois, l’équipage procédera à des expériences scientifiques, à des tests d’équipement ainsi qu’à diverses tâches d’entretien et de préparation de la station en vue de l’arrivée de deux modules laboratoires l’an prochain.

Avec cette mission, on compte maintenant 14 astronautes envoyés dans l’espace par la Chine depuis 2003.

La navette Shenzhou-12 a été lancée arrimée à la fusée Longue marche-2F Y12 juste après la mise à feu

La fusée s’est détachée de ses propulseurs environ deux minutes après le décollage, puis c’est la bobine entourant la navette au sommet de la fusée qui s’est retirée, ce qui a permis à la navette de se détacher environ dix minutes après le lancement. La navette a alors déployé ses panneaux solaires et est entrée en orbite.

La Chine est le troisième État à lancer des missions habitées par ses propres moyens après l’ancienne Union soviétique et les États-Unis.

Si les trois astronautes de cette mission sont tous des hommes, deux femmes ont déjà été envoyées dans l’espace par la Chine lors de missions précédentes. D’autres femmes devraient prendre part aux prochaines missions vers la station spatiale également connue sous le nom « Harmonie céleste ».

Cette mission est la troisième d’une série de 11 prévues jusqu’à la fin de l’année prochaine avec pour objectif d’ajouter des modules supplémentaires et de l’équipement à la station . Un nouvel équipage de trois astronautes sera envoyé en relève dans trois mois.

La Chine ne participe pas à la coalition responsable de la Station spatiale internationale, principalement en raison de l’opposition des États-Unis au programme chinois couvert par le secret et jugé trop près des militaires.

Toutefois, la Chine a commencé à élargir sa coopération avec la Russie et divers autres États. Sa station spatiale pourrait d’ailleurs continuer d’opérer après la fermeture de la Station spatiale internationale dont la durée de vie tire à sa fin.

Par ailleurs, la Chine a réussi à envoyer un véhicule d’exploration sur Mars, le mois dernier. Elle avait fait de même précédemment sur la face la plus éloignée et la moins explorée de la lune afin de rapporter sur Terre les premiers échantillons lunaires depuis les années 1970

Rappelons qu’un morceau de plusieurs tonnes de la fusée chinoise Longue Marche s’était détaché et était retombé sur la Terre sans dommage le 8 mai 2021.

25/04/2022. Les électeurs d’ Emmanuel Macron ne s’intéressent ils pas à la politique internationale?

Il a été surprenant le 24 avril de ne pas entendre Emmanuel Macron, président réélu de la République française, faire la moindre allusion à la politique internationale et au rôle que pourrait y jouer la France sous son quinquennat.

Certes beaucoup de décisions sont prises à Bruxelles, à l’Onu ou dans d’autres organisations internationales. Mais ces décisions se préparent, leur exécution est surveillée. La France, encore grande puissance mondiale, à son mot à y dire, sans se borner à s’aligner platement sur les intérêts américains.

Ne pas évoquer ces questions et le rôle que pourrait ou que devrait y jouer la France traduit un mépris inadmissible pour les citoyens français. Ceci d’autant plus que que ces sujets font l’objet d’innombrable discussions dans les médias et les cercles politiques. On pourrait croire que les Français ne s’intéressent qu’au maintien de leur niveau de vie et non par exemple aux conflits actuels en Ukraine et plus précisément dans le Donbass.

Ceci serait d’autant plus maladroit que le gouvernement fait à juste titre valoir aux citoyens français les baisses inévitables de production qu’entraînera la poursuite du conflit en Ukraine, ancien grenier à blé d’une partie de l’Europe et de l’Afrique mais où l’on ne récolte plus aujourd’hui que des mines et obus non explosés. Il aurait été bon qu’il y fasse allusion.

De même il se devait d’aborder la question de l’accueil des réfugiés fuyant la guerre au Donbass.

24/04/2022 Jet, premier pas significatif vers Iter

On sait que les Etats qui dans quelques années maitriseront l’énergie nucléaire de fusion (à ne pas confondre avec l’actuelle fission), se donneront une source quasi illimitée d’énergie. Un certain nombre de pays et d’organismes de recherche l’ont compris.

Ils ont fondé Iter dont le but est de réaliser à Cadarache, en France, un premier réacteur en vraie grandeur producteur d’énergie de fusion. Iter lui-même a été précédé par le réacteur expérimental Jet (Joint european torus opéré à Culham, au Royaume-Uni, par le Consortium Eurofusion,

Début février 2022, le réacteur Jet a annoncé avoir enregistré une production de 59 mégajoules d’énergie de fusion au cours d’une réaction de cinq secondes. Du point de vue énergétique, cette valeur équivaut à la combustion de 1 kilo de gaz, soit peu, d’autant qu’il a fallu injecter davantage d’énergie dans le réacteur qu’espérée à la sortie pour lancer la réaction.

Du point de vue scientifique, en revanche, c’est un record historique. Deux fois plus élevé que l’ancien record de puissance de la fusion nucléaire, détenu par Jet depuis 1997.

La raison de cette performance ? Les grandes dimensions et les caractéristiques techniques du tokamak de Jet, en font le seul capable de travailler avec un mélange de deux isotopes de l’hydrogène, dit deutérium-tritium (D-T), là où les autres réacteurs de recherche dans le monde se cantonnent au seul deutérium. Plus lourd, rare et radioactif, le tritium apporte énormément d’énergie au plasma, facilitant les réactions de fusion qui apparaissent à des niveaux de température très élevés. Mais il est complexe à manipuler.

Pour conserver un plasma de plusieurs secon­des et pouvoir battre son record, Jet a tiré parti des derniers outils de modélisation en physique des plasmas, mais aussi d’une transformation radicale de son tokamak. Autrefois en carbone, ce dernier a été couvert de protections en béryllium et en tungstène pour supporter la chaleur sans absorber de tritium. Une architecture proche de celle du futur réacteur Iter

Précédemment, fin décembre 2022, des chercheurs chinois avaient réussi à maintenir pendant 17 minutes et 36 secondes un plasma chauffé à 70 millions de degrés Celsius dans leur réacteur à fusion nucléaire, baptisé Experimental Advanced Superconducting Tokamak (East).

23/04/2022. Le guerre du Donbass

Peut-on poursuivre une guerre en reconnaissant d’avance qu’elle ne peut être gagnée. Sans doute pas. C’est pourtant à ce dilemme que sont aujourd’hui confrontées les forces ukrainiennes (UAF) et le président Volodymyr Zelensky ? Engagés dans la bataille du Donbass, ils se refusent à admettre qu’ils ne pourront rien à terme contre l’armée russe.

Beaucoup à Kyiv pensent aujourd’hui le contraire. Ils espèrent que face à un conflit se prolongeant, et confronté à une opposition interne croissante, Vladimir Poutine se découragea et se retirera de son propre gré. Mais ils ne semblent pas se rendre compte du fait que cette perspective favorable, à supposer qu’elle se produise, demandera plusieurs années et exigera un prix du sang considérable. Aucun ukrainien raisonnable ne voudrait admettre que le Donbas puisse justifier de tels sacrifices.

On rappellera que les premiers jours de l’offensive à Kyiv, l’armée russe avait multiplié les erreurs, en attaquant simultanément sur quatre axes sans les moyens de communication nécessaires. et ne soupçonnant pas la résistance des Ukrainiens en milieu urbain lequel est favorable à la destruction des blindés. Précédemment les grandes manœuvres russes, rappelons le, avaient été conduites en terrain ouvert.

Après un mois d’engagement et des pertes semble-t-il considérables, Moscou a compris que conquérir Kyiv était momentanément hors de portée. D’où cette retraite sur le Donbas, beaucoup plus facile d’accès et dépourvu de villes importantes.

Ceci étant, toutes les informations disponibles à ce jour montrent que le commandement russe avait utilisé les quelques années précédant l’entrée en guerre avec l’Ukraine pour passer d’une armée de fantassins recrutés dans le cadre du service militaire à une armée de véritables professionnels disposant d’une puissance de feu, des équipements lourds et des technologies les plus modernes, sur le modèle de l’armée américaine.

Par ailleurs, l’état-major russe avait organisée des semaines de manœuvre sur des centaines de kilomètres de terrain impliquant des difficultés de commandement et réapprovisionnement importantes. Le seul point où la préparation avait été insuffisante a concerné le combat dans des sous-sols d’immeubles. Là dans un premier temps l’armée russe s’est limitée à organiser le manque d’eau et de soins élémentaires.

Aujourd’hui, l’armée russe a eu le temps de mettre en place d’importantes réserves de munitions, vivres et eau. Elle a pu s’entraîner à utiliser des missiles de dernière génération pratiquement indestructibles. Tout laisse penser que si Moscou décidait demain de conquérir Kyiv, le président Zélinsky ne pourrait rien faire. Quant à l’ « Occident », sauf à provoquer une guerre mondiale, il devrait rester passif.

22/04/2022 Filière hydrogène en France

Comment décarboner la production d’Hydrogène ?

L’hydrogène décarboné est une des solutions ambitionnées pour agir sur la diminution des émissions de CO2 dans l’atmosphère.  Deux grandes alternatives sont possibles . On peut d’abord électrifier la production d’hydrogène. L’électrolyse de l’eau permettra de produire de l’hydrogène « jaune » – à partir d’électricité nucléaire – ou de l’hydrogène « vert » – à partir d’électricité renouvelable.

Il est également possible de produire de l’hydrogène « bleu », obtenu par vaporéformage du méthane, comme pour le gris, mais en captant le dioxyde de carbone.

Dans tous ces cas, il faudra utiliser de l’électricité. Mais comment cette électricité sera-t-elle obtenue ? L’électricité provenant des énergies renouvelables sera insuffisante. Pourquoi d’ailleurs ne pas l’utiliser directement ?

La plupard des experts pensent que l’hydrogène le plus consommé en 2030 serait produit à partir de l’électrolyse de l’eau. Ceci fait écho aux observations de l’Agence internationale de l’énergie qui observe une forte augmentation des capacités d’électrolyse dans le monde.

Pour une majorité d’experts, cet hydrogène bas carbone sera produit à partir de l’énergie nucléaire En effet, seuls 10 % pensent que l’électricité proviendrait en 2030 des énergies renouvelables.

Mais faire appel au nucléaire ne sera- t-il pas une solution pire le mal, vu les difficultés croissantes qu’ imposera le recours au nucléaire de fission?

Ce sera le nucléaire de fusion, développé en France à Cadarache qui devrait au mieux permettre l’emploi de l’hydrogène décarboné.

22/04/2022 HCG40 nouvelle preuve de l’existence de la matière noire ?

On nomme en astrophysique matière noire ou matière sombre une forme de matière hypothétique mais considérée comme omniprésente dans l’univers, dont les atomes ne réfléchiraient pas la lumière visible.

L’existence de cette matière est invoquée dans le modèle Lambda CDM https://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_%CE%9BCDM pour rendre compte de certaines observations astrophysiques, notamment les estimations de la masse des galaxies ou des amas de galaxies et les propriétés des fluctuations du fond diffus cosmologique.

Une nouvelle preuve probable de l’existence de la matière noire vient d’être apportée par une image dévoilée par la Nasa. Il s’agit d’une photo du « Hickson Compact Group 40 », aussi appelé HCG40, un groupement inusité de cinq galaxies. Parmi elles, une galaxie dite elliptique et une galaxie lenticulaire. Quant aux trois autres, elles sont en forme de spirales, à l’instar de la Voie lactée.

Situé vers la constellation  den l’hydre, le groupe est si compact qu’il tiendrait dans une région de l’espace qui fait moins de deux fois le diamètre du disque stellaire de notre Voie lactée. La cause en serait la matière noire. Celle-ci entoure les cinq galaxies dans une sorte de halo.

En conséquence, elles se rapprochent les unes des autres, du fait leur attraction gravitationnelle mutuelle, mais aussi par celle de la matière noire invisible qu’elles comporteraient.

Le télescope spatial Hubble les a observées à un moment clé de leur existence, alors qu’elles s’apprêtent à fusionner. Les échelles de temps ne sont pas les mêmes que pour nous, puisque la fusion  n’arrivera que dans un milliard d’années !

Restera à expliquer pourquoi d’autres galaxies dont la nôtre, ne semblent pas comporter de telles quantités de matière noire.

21/04/2022 L’ICBM russe Satan2

L’armée russe a annoncé, le mercredi le 20 avril, le premier tir d’essai «réussi» de son ICBM (missile balistique intercontinental) Sarmat, connu également sous le nom de «Satan 2». Cette arme est réputée pour être capable de raser un pays d’une taille équivalente à celle de la France.

D’après les informations disponibles, «Satan 2» serait donc le plus puissant missile nucléaire jamais conçu à ce jour. Aucune technologie de défense antimissile ne serait en mesure de l’arrêter

Selon Vladimir Poutine, ce missile lourd balistique intercontinental de cinquième génération serait capable de «déjouer tous les systèmes anti-aériens modernes». 

Le missile aurait une capacité d’action de 10.000 kilomètres, mettant à sa portée des villes européennes comme Londres ou Paris, ainsi que des villes de la côte ouest américaine.

Par ailleurs, Satan 2 pourrait contenir jusqu’à douze têtes  nucléaires lui donnant la capacité de détruire en quelques secondes un territoire «de la taille du Texas ou de la France», selon les informations de la télévision russe. L’agence de presse russe Russia Novosti a qualifié cette arme «d’invulnérable».  

De son côté, le Pentagone a réagi à l’essai de l’armée russe, considérant qu’il n’était «pas une menace». 

Le fait que l’armée russe puisse se doter d’un nouvel ICBM présenté comme invulnérable paraîtra étonnant alors que dans le même temps elle ne ne peut prendre le contrôle de l’Ukraine. Mais c’est là le paradoxe des armes atomiques actuelles. Elles sont si puissantes qu’elles sont pratiquement inutilisables saus provoquer une guerre mondiale.

Les pays dotés d’une arme atomique s’efforcent de développer des charges nucléaires dites miniaturisée. Ces charges sont dans la meilleure des hypothèses aussi destructrices que la bombe d’Hiroshima.

Il en est de même des armes bactériologiques que Poutine selon le Pentagone serait susceptible d’utiliser dans la guerre du Donbass.

20/04/2022 La guerre du Donbass

Peut-on poursuivre une guerre en reconnaissant d’avance qu’elle ne peut être gagnée. Sans doute pas. C’est pourtant à ce dilemme que sont aujourd’hui confrontées les forces ukrainiennes (UAF) et le président Volodymyr Zelinsky ? Engagés dans la bataille du Donbas, ils se refusent à admettre qu’ils ne pourront rien à terme contre l’armée russe.

Beaucoup à Kyiv pensent aujourd’hui le contraires. Ils espèrent que face à un conflit se prolongeant, et confronté à une opposition interne croissante, Vladimir Poutine se décourage et se retire de son propre gré.

Mais ils ne semblent pas se rendre compte du fait que cette perspective favorable, à supposer qu’elle se produise, demanderait plusieurs années et exigerait un prix du sang considérable. Aucun ukrainien raisonnable ne voudrait admettre que le Donbass puisse justifier de tels sacrifices.

Certes les premiers jours de l’offensive, l’armée russe avait multiplié les erreurs, en attaquant simultanément sur quatre axes sans les moyens de communication nécessaires. et ne soupçonnant la résistance des Ukrainiens en milieu urbain, lequel est favorable à la destruction des blindés. Précédemment les grandes maouvres russes, rappelons le, avaient été conduites en terrain ouvert.

Après un mois d’engagement et des pertes semble-t-il considérables, il est apparu à Moscou que conquérir Kyiv était momentanément hors de portée. D’où cette retraite sur le Donbass, beaucoup plus facile d’accès et dépourvu de villes importantes..

Aujourd’hui l’objectif russe serait semble-t-il de détruire une poche militaire ukrainienne d’environ 40.000 hommes qui s’est formée dans la région. Mais Moscou ne s’arrêtera pas la.

19/04/2022 L’expansionime de l’Otan en Europe

par Manlio Dinucci

RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 22 FÉVRIER 2022

Cet article garde aujourd’hui toute son actualité

C’est une histoire à peine croyable : une alliance militaire, l’Otan, dont le fonctionnement viole les principes de souveraineté et d’égalité des États inscrits dans la Charte des nations unies, s’est étendue durant les vingt-trois dernières années en violation des traités internationaux. C’est tellement énorme que nous l’oublions tous.

« L’élargissement de l’Otan ces dernières décennies a été un grand succès et a aussi ouvert la voie à un ultérieur élargissement de l’UE » : c’est ce qu’a affirmé samedi dernier à la Conférence de Munich sur la Sécurité le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg. Pour comprendre pleinement ses paroles, il convient de reconstruire dans ses termes essentiels cette histoire de « grand succès ».

Elle commence dans l’année même -1999- où l’Otan démolit par la guerre la Yougoslavie et, au sommet de Washington, annonce vouloir « conduire des opérations de riposte aux crises, non prévues à l’article 5, en dehors du territoire de l’Alliance ». Oubliant qu’elle s’était engagée avec la Russie à « ne pas s’étendre d’un pouce vers l’Est », l’Otan commence son expansion à l’Est. Elle englobe les premiers trois pays de l’ex-pacte de Varsovie : Pologne, République Tchèque et Hongrie. Puis, en 2004, elle s’étend à sept autres : Estonie, Lettonie, Lituanie (ex-parties de l’URSS) ; Bulgarie, Roumanie, Slovaquie (ex-membres du Pacte de Varsovie) ; Slovénie (ex-partie de la Fédération Yougoslave). En 2009, l’Otan englobe l’Albanie (à une époque membre du Pacte de Varsovie) et la Croatie (ex-membre de la Fédération Yougoslave) ; en 2017, le Monténégro (ex-partie de la Yougoslavie) ; en 2020 la Macédoine du Nord (ex-partie de la Yougoslavie). En vingt années, l’Otan s’étend de 16 à 30 pays.

De cette façon Washington obtient un triple résultat. Il étend au bord de la Russie, jusque dans le territoire de l’ex-URSS, l’Alliance militaire dont il tient les leviers de commandement : le Commandant Suprême Allié en Europe est, « par tradition », toujours un général états-unien nommé par le président des États-Unis et les autres commandements clé appartiennent aussi aux USA. En même temps, Washington aliène les pays de l’Est, non pas tant à l’Alliance qu’aux États-Unis directement. La Roumanie et la Bulgarie, dès leur entrée, mettent immédiatement à disposition des USA les importantes bases militaires de Costanza et Burgas sur la mer Noire. Le troisième résultat obtenu par Washington avec l’élargissement de l’Otan à l’Est est le renforcement de sa propre influence en Europe. Sur dix pays de l’Europe centre-orientale qui entrent dans l’Otan entre 1999 et 2004, sept entrent dans l’Union européenne entre 2004 et 2007 : à l’UE qui s’élargit vers l’Est, les États-Unis superposent l’Otan qui s’élargit à l’Est sur l’Europe. Aujourd’hui 21 des 27 pays de l’Union Européenne appartiennent à l’Otan sous commandement US. Le Conseil de l’Atlantique-Nord, l’organe politique de l’Alliance, selon les normes Otan décide non pas à la majorité mais toujours « à l’unanimité et d’un commun accord », c’est-à-dire d’accord avec ce qui est décidé à Washington. La participation des plus grandes puissances européennes à ces décisions (sauf l’Italie qui obéit en se taisant) advient en général à travers des tractations secrètes avec Washington pour des concessions mutuelles. Cela comporte un ultérieur affaiblissement des parlements européens, notamment celui de l’Italie, déjà privés aujourd’hui de réels pouvoirs décisionnels en politique extérieure et militaire.

Dans un tel cadre, l’Europe se retrouve aujourd’hui dans une situation encore plus dangereuse que celle de la Guerre froide. Trois autres pays —la Bosnie-Herzégovine (ex-partie de la Yougoslavie), la Géorgie et l’Ukraine (ex-parties de l’URSS)— sont candidats pour entrer dans l’Otan. Stoltenberg, porte-voix des USA avant même que de l’Otan, déclare : « Nous gardons la porte ouverte et, si l’objectif du Kremlin est d’avoir moins d’Otan aux frontières de la Russie, il n’obtiendra que plus d’Otan ». Dans l’escalade USA-Otan, clairement vouée à faire exploser une guerre à vaste échelle au cœur de l’Europe, entrent en jeu les armes nucléaires. Dans trois mois, la production en série des nouvelles bombes nucléaires B61-12 commence aux USA. Elles seront déployées sous commandement états-unien en Italie et dans d’autres pays européens, probablement aussi à l’Est, plus proches encore de la Russie. En plus de celles-ci, les USA ont en Europe deux bases terrestres en Roumanie et en Pologne et quatre navires de guerre dotés du système de missiles Aegis, pouvant lancer non seulement des missiles anti-missiles mais aussi des missiles de croisière à tête nucléaire. Ils sont en outre en train de préparer des missiles nucléaires à moyenne portée, à déployer en Europe contre la Russie, l’ennemi inventé qui peut répondre de façon destructrice s’il est attaqué.

À tout cela s’ajoute l’impact économique et social de la dépense militaire croissante. À la réunion des ministres de la Défense, Stoltenberg a annoncé triomphant que « cette année est la septième année consécutive d’augmentation de la dépense de la Défense des Alliés européens, qui s’est accrue de 270 milliards de dollars depuis 2014 ». Toujours de l’argent public soustrait aux dépenses sociales et aux investissements productifs, alors que les pays européens doivent encore se reprendre du confinement économique de 2020-2021. La dépense militaire italienne a dépassé les 70 millions d’euros par jour, mais cela ne suffit pas. Le Premier ministre Draghi a déjà annoncé : « Nous devons nous doter d’une défense plus significative : il est très clair qu’il faudra dépenser beaucoup plus que nous ne l’avons fait jusqu’ici ». Très clair : serrons-nous la ceinture pour que l’Otan puisse s’élargir.

Manlio Dinucci

Source
Il Manifesto (Italie)