31/01/2022. La mission Juice de l’Agence Spatiale Européenne

Le programme Cosmic Vision (Vision cosmique) est le programme spatial scientifique de l’Agence spatiale européenne pour la décennie 2015-2025. Il comporte plusieurs missions réparties dans trois classes (mission moyenne, lourde, de petite taille). Courant 2015, quatre missions de classe moyenne (coût intermédiaire) et deux missions de classe lourde ont été sélectionnées ou sont sur le point de l’être avec un lancement programmé entre 2017 et 2025. Les missions sélectionnées sont l’observatoire solaire Solar OrbiterEuclid, un satellite qui doit étudier l’énergie sombreJUICE chargée d’observer les satellites de Jupiter et le télescope spatial PLATO détecteur d’exoplanètes. Le programme Cosmic Vision ne comprend pas les projets de l’Agence spatiale européenne d’exploration de la planète Mars et de la Lune.

Mission JUICE

JUICE est la première mission de catégorie L (grande mission) retenue dans le cadre du programme Vision cosmique 2015-2025 de l’ESA.

Elle sera lancée en 2022 depuis le port spatial de l’Europe à Kourou (Guyane française) par une Ariane 5 et atteindra Jupiter en 2030, où elle passera au moins trois ans à procéder à des observations détaillées.

Les différentes lunes galiléennes de Jupiter – Io et ses volcans, Europa et ses glaces, ainsi que Ganymède et Callisto constituées de glace et de roches – font du système jovien un véritable Système solaire miniature.

Europa, Ganymède et Callisto étant toutes trois supposées abriter des océans internes, la mission se concentrera sur la recherche de traces de vie, afin de répondre à deux questions clés de Vision cosmique : quelles sont les conditions qui entourent la formation des planètes et l’émergence de la vie, et comment fonctionne le Système solaire ?

JUICE étudiera en continu l’atmosphère et la magnétosphère de Jupiter, ainsi que les interactions de ses lunes avec la géante gazeuse.

Elle visitera Callisto, objet du Système solaire qui comporte le plus grand nombre de cratères, et effectuera deux survols d’Europa. JUICE mesurera pour la première fois l’épaisseur de la croute glacée d’Europa et recensera des sites adaptés à une future exploration in situ.

Le satellite se mettra ensuite en orbite autour de Ganymède en 2032, d’où il étudiera la surface glacée et la structure interne de cette lune, ainsi que son océan de subsurface.

Ganymède est la seule lune du Système solaire à générer son propre champ magnétique et JUICE observera en détail les interactions magnétiques et plasmiques sans équivalent de ce champ avec la magnétosphère jovienne.

« Jupiter est l’archétype des planètes géantes du Système solaire et de nombre des planètes géantes qui se trouvent autour d’autres étoiles » explique Alvaro Giménez Cañete, Directeur Science et Exploration robotique à l’ESA.

« JUICE nous donnera un meilleur aperçu de la façon dont se forment les géantes gazeuses et les mondes qui gravitent autour, ainsi que de leurs possibilités d’abriter de la vie. »

Rappel

L’annonce de ce jour est l’aboutissement d’une procédure engagée en 2004 lorsque l’ESA a consulté la communauté scientifique pour décider quels seraient les objectifs de l’Europe en matière d’exploration spatiale pour les 10 ans à venir.

Le programme Vision cosmique 2015-2025 qui en a découlé s’est fixé quatre axes : Quelles sont les conditions qui entourent l’émergence de la vie et la formation des planètes ? Comment le Système solaire fonctionne-t-il ? Quelles sont les lois fondamentales qui régissent l’Univers ? Comment l’Univers est-il né et de quoi est-il constitué ?

En 2007, un « appel à missions » a été publié sur la base de ces axes et un certain nombre de missions de classe L ont été envisagées.

« Il a été difficile de choisir une mission, les trois candidates étant excellentes. Elles sont toutes susceptibles de produire des résultats scientifiques de premier plan et de placer l’Europe à l’avant-garde de la recherche spatiale » ajoute Monsieur Giménez Cañete.

« JUICE est une étape nécessaire à la future exploration de notre Système solaire externe ».

La haute valeur scientifique du NGO et d’ATHENA a également été reconnue par le Comité du programme scientifique dans sa décision d’aujourd’hui, puisqu’il est prévu de poursuivre des activités technologiques, pour permettre à ces missions d’être candidates à de futures occasions de lancement.

Programme Cosmic Vision

  • Les petites missions (classe S) dont le coût est plafonné à 50 millions d’euros. Cette catégorie a été ajoutée au début des années 2010.

Synthèse des missions sélectionnées ou prévues (m-à-j : mars 2022)

Code missionTypeMission sélectionnée ou candidatsDate de lancementStatutType enginObjectif
L1Mission lourdeJUICE (ex JGO)20233En développementSonde spatiale de type orbiteurÉtude des satellites galiléens de Jupiter
L2Mission lourdeATHENA20314
(initialement 2028)
En développement
(sélectionnée en mars 2018)
Télescope rayons XThème : l’univers chaud et énergétique
L3Mission lourdeLISA20325
(initialement 2034)
En développement
(sélectionnée en juin 2017)
Constellation de 3 satellitesMesures des ondes gravitationnelles
M1Mission moyenneSolar Orbiter10 février 2020En coursSonde spatiale de type orbiteurObservatoire solaire
M2Mission moyenneEuclid20236En développementTélescope lumière visible/infrarougeÉtude de l’énergie sombre
M3Mission moyennePLATO2026En développementTélescopeDétection d’exoplanètes
M4Mission moyenneARIEL2028En développementTélescope InfrarougeAtmosphère des exoplanètes
M5Mission moyenneEnVision2031-2033En développementSonde spatiale de type orbiteurÉtude de Vénus
S1Petite missionCHEOPS18 décembre 2019En coursTélescope lumière visible/infrarougeMesure des caractéristiques des exoplanètes. En coopération avec la Suisse.
S2Petite missionSMILEFin 20247En développement
(sélectionnée en juin 2015)
Orbiteur terrestreÉtude de la magnétosphère. En coopération avec la Chine.

30/01/2023. Les illusions de Volodymyr

Volodymyr Zelinsky croit-il vraiment que l’Ukraine puisse gagner une guerre contre la Russie ?

Nous évoquons ici une guerre menée avec des moyens conventionnels. On peut penser que si jamais l’armée ukrainienne recevait des Etats-Unis des armements nucléaires dits de basse intensité et s’en servait contre l’armée russe, il en résulterait avec la Russie une guerre nucléaire elle-même initialement de basse intensité mais qui dégénèrerait rapidement en guerre nucléaire mondiale à laquelle ni l’Ouest ni l’Est lui-même ne survivraient.

Vladimir Poutine aurait lui-même récemment reconnu que sa décision de mener contre l’Ukraine une « opération militaire spéciale » mal préparée était une erreur. Il aurait mieux valu parler de conflit local et y affecter autre chose que des chars obsolètes, mal commandés et irréparables :

Ceci dit la leçon a été comprise. La Russie se dote progressivement des moyens humains et matériels nécessaire à une guerre certes locale mais moderne. On peut penser que dans quelques mois, surtout si l’armée russe reçoit les missiles autonomes intelligents dont elle serait en train de s’équiper, l’armée ukrainienne, aussi bien entraînée ou armée qu’elle soit, ne pourra plus grand chose contre elle.

Malgré la sympathie qu’il suscite à l’Ouest, Zélinzki peut-il espérer que ses alliés occidentaux se battront jusqu’au dernier homme pour lui conserver son empire ? A Washington qui a d’autres priorités, la réponse est clairement négative.

29/01/23 La Nasa prépare une fusée à propulsion nucléaire pour aller sur Mars en 45 jours au lieu de 100

La partie du système solaire contenant des planètes habitables ou potentiellement habitables, en l’état actuel des technique, est relativement réduite. Le système solaire est composé du Soleil qui représente 99,85 % de sa masse  et l’alimente en énergie par fusion nucléaire de son hydrogène en hélium.

Par ordre d’éloignement croissant du Soleil, le Système solaire interne comprend quatre planètes telluriques internes, principalement composées de roches et de métaux (MercureVénus, la Terre et Mars) puis une ceinture d’astéroïdes ou petits corps rocheux, dont la planète naine Cérès.

Plus loin orbitent les quatre planètes géantes du Système solaire externe : successivement deux géantes gazeuses constituées majoritairement d’hydrogène et d’hélium soit Jupiter et Saturne — qui contiennent par ailleurs la grande majorité de la masse totale en orbite autour du Soleil — et deux géantes de glaces que sont Uranus et Neptune, contenant une plus grande part de substances volatiles comme l’eau, l’ammoniac et le méthane. Tous ont une orbite proche du cercle et sont concentrés près du plan de l’écliptique, le plan de rotation de la Terre.

Ce sont les quatre planète telluriques et leurs satellites qui pourraient aujourd’hui être atteints par des missions habitées provenant de la Terre. Encore faudrait-il y aller à des coûts abordables. En dehors de la Lune aucune de ces planètes n’a bénéficié de séjours permanents. Mars est considérée comme la planète la plus favorable à de telles explorations, du fait de la proximité des conditions qui y règnent avec celle de la Terre.

Un des plus grands défis pour une mission martienne habitée est le temps de voyage. Avec les technologies actuelles de propulsion à carburant liquide, il est possible d’y parvenir en six mois minimum. Pour une mission habitée, ce temps est trop long pour le physique et le mental des astronautes concernant notamment l’exposition aux radiations) et cela  interdit une exploration habitée plus lointaine dans le  Système solaire.

Étant donné que l’on ne disposera pas dans un futur proche de moyens plus efficaces, il faut néanmoins trouver un moyen de réduire drastiquement le temps de trajet des astronautes vers Mars, la Planète rouge, sans pour autant alourdir le vaisseau en embarquant des dizaines de tonnes d’ergols. Pour ce faire la propulsion nucléaire est une solution très avantageuse. Elle devrait permettre d’atteindre Mars en 100 jours, voire 45 jours au lieu de 180 aujourd’hui.

Le programme Niac — Nasa Innovative Advanced Concepts – de la Nasa a été conçu à cette fin mais il en n ‘est qu’à sa première phase, à savoir recueillir les concepts et et les préciser, avant de passer à des étapes plus concrètes.

L’objectif en est de conjuguer nucléaire thermique et nucléaire électrique dans une propulsion dite NTP-NEP  Ce sont les deux seuls concepts de propulsion nucléaire qui ont été étudiés jusqu’à présent. Le NTP repose sur un propulseur classique avec comme ergol de l’Hydrogène liquide (LH2), qui serait chauffé par un réacteur nucléaire embarqué. Ce chauffage fait passer l’hydrogène à l’état gazeux, Il est est canalisée avec un tuyère. La poussée générée est très efficace. Le concept a été étudié par la Nasa et l’US Air Force dès les années 1950, et par l’URSS entre 1965 et 1980.

La propulsion NEP repose sur un réacteur nucléaire alimentant en électricité un moteur ionique (propulseur à effet Hall). Cela génère un  champ électromagnétique qui accélère des particules de gaz pour créer une poussée. Le gaz généralement utilisé est le Xénon.

Conjuguer ces deux propulsions pour une seule mission permet d’être plus flexible dans la poussée nécessaire. En effet, un voyage interplanétaire nécessite à la fois de grandes poussées (au départ et à l’arrivée pour le freinage) mais aussi pour des petites corrections de trajectoires. De plus, pour le confort des astronautes, la poussée ne doit pas être trop puissante. En contrepartie, elle doit pouvoir durer plus longtemps. Par exemple, un concept NEP peut maintenir la poussée pendant près de trois heures.

Retenu dans la phase I du programme Niac de la Nasa, le concept « Bimodal NTP/NEP with a Wave Rotor Topping Cycle » proposé par le professeur Ryan Goose, responsable du programme Hypersonics à l’Université de Floride, suggère l’ajout d’un compresseur à ondes de pression. Associé à un moteur NTP, le compresseur utilise la pression générée par le chauffage du gaz pour le comprimer encore plus, et ainsi augmenter davantage la poussée. Avec un moteur NEP, la poussée est aussi améliorée. Ainsi selon Ryan Goose, ajouter ce compresseur à un système bimodal alliant NTP et NEP permettra de réduire le temps de voyage vers Mars à 45 jours.

28/01/2022 Simulations d’une guerre entre les Etats-Unis et la Chine à propos de Taïwan.

Une invasion de Taïwan par la Chine serait probablement vouée à l’échec si les États-Unis venaient à défendre l’île, a avancé un cercle de réflexion américain lundi 9 janvier, insistant cependant sur les coûts dévastateurs que subiraient les forces américaines.

Des experts militaires, rassemblés par le Center for Strategic and International Studies pour une simulation de guerre, ont souligné que chaque partie impliquée directement dans un tel conflit (États-Unis, Chine, Taïwan et Japon) subirait des pertes «énormes».

Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) américain vient de diffuser un long rapport intitulé « The First Battle of the Next War Wargaming a Chinese Invasion of Taiwan ». Ce rapport propose un exercice de simulation portant sur des tentatives d’invasion amphibie de Taïwan par la Chine et les réactions des Etats Unis et de leurs alliés taiwanais et japonais.,

24 scénarios ont été joués. Dans la plupart, Taïwan et ses alliés américains et japonais l’emportent mais à un coût élevé (dans un scénario, une tentative d’acheminer par air une brigade US échoue et se solde par la mort de 2000 hommes tués lors de la destruction en vol des avions de transport).

L’analyse de ces 24 scénarios montre que quatre conditions sont nécessaires pour que la Chine ne l’emporte pas:

1- les forces taïwanaises, dont la marine et l’armée de l’air auront été éradiquées, doivent résister au sol et tenter de contenir les Chinois sur les plages. 

2- le modèle ukrainien n’est pas adapté: c’est bien avant le temps de guerre que les USA et leurs alliés doivent fournir du matériel à Taïwan. En temps de guerre, les cessions d’équipements et autres aides ne seront pas possibles du fait du blocus chinois. De toutes façons, les forces US et alliées seront rapidement engagées directement dans le conflit.

3- Les USA doivent être en mesure d’utiliser leurs bases du Japon, de Corée du sud et d’Australie pour les opérations de combat à à Taïwan.

4- Les USA doivent frapper la flotte chinoise le plus rapidement possible; ils doivent donc disposer d’armes à longue portée (missiles et bombardiers).  

On peut estimer que ce type de simulation a des limites. Mais il établit très sérieusement un cadre diplomatique, économique et militaire pour les opérations. Il laisse deviner l’hécatombe à craindre en cas d’attaque contre Taïwan, tant du côté chinois qu’américain.

28/01/2023 Coronavirus. Que cherchent les complotistes pour qui le virus n’existe pas ?

Le web est actuellement saturé de messages émanant de « scientifiques » pour qui le Coronavirus aurait été inventé par divers intérêts professionnels ou individuels vivant de la prévention ou du traitement de diverses formes de grippe attibuées à un nouveau virus inventés pour les besoins de la cause, le COV 19.(SARS Cov 2 et variants)

Même si ce virus ne se révèle pas aujourd’hui aussi mortel que l’on avait craint, et même s’il apparaît que les meures de confinement préventif décidées par beaucoup d’Etats ne s’imposent plus avec la même rigueur qu’auparavant, il reste que le virus existe bien et est responsable de décès nouveaux s’ajoutant à ceux depuis longtemps identifiés.

Prétendre que son existence à été inventée par divers mouvements complotistes d’ailleurs jamais clairement désignés relève d’une nouvelle forme de complotisme dont les effets sont bien plus dangereux.

Si en tant qu’individu je me persuade que le Cov 19 n’existe pas et a été inventé par des intérêts malveillants, je cesserai de protéger par le port du masque ma famille et moi. De même, si j’en ai le pouvoir social je lutterai pour que les institutions hospitalières et les laboratoires de recherche ne reçoivent pas de financements supplémentaires afin de combattre le virus et ses conséquences sociales.

Il resterait à identifier précisément voire faire poursuivre en justice les nouveaux complotistes visant à persuader les naïfs du fait que le COV19 n’existe pas sous les formes dangereuses décrites par les professions de santé.

Pour en savoir plus, lire

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8818386/

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/coronavirus-institut-pasteur-met-garde-contre-fausses-informations-circulant-reseaux-sociaux

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8818386/

27/01/2023 La croissance économique africaine est repartie à la hausse

Fin 2022, les chiffres mesurant la croissance économique en Afrique sont repartis à la hausse. Âpres avoir pendant deux ans ressenti la baisse d’activité mondiale résultant de la pandémie due au Covid 19, les économie africaines manifestent une nette tendance de reprise.

L’Afrique a réussi à retrouver un rythme de croissance similaire à celui observé avant la pandémie plus rapidement que d’autres économies régionales, y compris certaines économies en développement. Cependant, les défis restent nombreux, à commencer par le niveau élevé de la dette publique et privée. Les besoins de financement extérieur restent très importants.

 Une partie de la croissance en 2021 s’explique mécaniquement par le rattrapage de la récession enregistrée en 2020 dans le contexte de la pandémie mondiale (rebond technique). En dehors de cet effet rebond, la croissance africaine en 2021 est redevenue très proche de celle observée en moyenne avant la pandémie (+3,0 %, contre +3,2 % de taux de croissance annuelle moyen pour la période 2015-2019). Elle s’accélère en 2022 pour atteindre 4,0 % selon les estimations provisoires du FMI .

La croissance des Etats africains reste cependant conforme à ce que l’on peut attendre de pays encore largement peu développés. Ainsi la forte remontée des cours des matières premières a été favorable aux économies extractives africaines. Stimulés par la hausse de la demande énergétique, en particulier depuis la Chine, les cours du pétrole et les prix des métaux de base avaient déjà connu une progression sensible en 2021, progression qui s’est amplifiée en 2022 dans le contexte du conflit en Ukraine et de ses conséquences inflationnistes.

En raison de la croissance démographique, qui reste rapide sur le continent (+2,5 % de croissance annuelle moyenne entre 2015 et 2020, contre +1,1 % au niveau mondial), le rattrapage en termes de PIB par habitant y est bien plus lent. Pour cette raison, l’Afrique ne retrouvera son niveau de PIB par habitant antérieur à la pandémie qu’en 2023, quand la plupart des autres régions ont pu le recouvrer dès 2021.

On observera que la politisation croissante de l’Afrique, notamment francophone, n’encouragera pas les investisseurs. C’est ainsi que le Groupe « russe » Wagner, considéré comme terroriste, semblait avoir considéré que l’Afrique francophone lui serait très efficace pour se donner des bases arrières. Certains gouvernements semblent avoir accueilli ce discours avec intérêt. L’on devine de quelles bases arrière il pourra s’agir

26/01/2022 Russes et européens ne survivront dans ce siècle qu ‘au prix d’alliances étroites

En ce début de 2023, il est affligeant de constater que les russes et les européens sont à la veille de s’engager dans une guerre fratricide, au lieu de s’allier pour faire face ensemble aux dangers qui les menacent.

Le premier de ces dangers est démographique. Leur taux de reproduction est inférieur à celui de la plupart des pays de l’Afrique continentale et de l’Asie. Aux rythmes actuels, les terriens seront bientôt en majorité d’origine asiatique ou africaine. De longues traditions civilisationnelles et culturelles, celles sur lesquelles s’édifieront encore longtemps les nations, risquent ne disparaître rapidement. Les Etats-Unis, qui semblent aujourd’hui s’affronter dans des luttes raciales, ne pourront pas jouer un rôle compensateur. Des unions fécondes entre jeunes russes et europé(ennes) pourraient rétablir l’équilibre.

Dans le domaine essentiel de l’innovation scientifique et industrielle, la mise au point de nouveaux armements destinés à alimenter des guerres fratricides, ne pourra pas remplacer dans les domaines civils la coopération entre chercheurs et développeurs. La récente pandémie due au Covid19 a montré le besoin d’un travail en commun entre virologues pour éviter les doubles-emplois et les pertes de temps. Ce travail en commun n’avait pas eu lieu du fait d’obstacles politiques.

Il en sera de même dans le domaine spatial. L’arrêt récent de la coopération entre l ‘Agence Spatiale Européenne et Roscosmos, sous prétexte de « sanctions », ne bénéficiera qu’aux Etats-Unis et à la Chine.

Les hommes politiques russes et européens ne semblent pas aujourd’hui conscients de ces exigences. Ce serait aux citoyens avertis de le leur rappeler.

25/01/2023 L’Occident a-t-il décidé de détruire la Russie pour prendre sa place en tant que grande puissance multipolaire?

La question mérite d’être posée lors que l’on constate avec quelle obstination les Etats-Unis et leurs alliés (le « Collective Ouest ») s’acharnent depuis quelques mois à présenter la Fédération de Russie comme désirant mettre en place y compris par la guerre un ordre international multipolaire dont ce même Occident serait la victime et dont cette même Russie profiterait quasi exclusivement.

Cependant récemment en Afrique du Sud, le ministre russe des affaires étrangères Serguei Lavrov a dénoncé le « néocolonialisme » des Etats-Unis et rappelé la volonté affichée de la Russie de faire plus de place aux pays en développement au sein du Conseil de sécurité des Nations unies.

Pendant ce temps le président sud-africain Naledi Pandor appelait le G20 à s’appuyer sur l’alliance des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) pour « démocratiser le système de gouvernance internationale ».

Il paraît évident que si les Etats-Unis parvenaient à convaincre le G20 des prétendues intentions impérialistes et militaristes de la Russie, une grande partie de la tâche serait faite.

LA START-UP FRANÇAISE PASQAL LÈVE 100 MILLIONS D’EUROS POUR SON ORDINATEUR QUANTIQUE

La physique quantique, reposant sur des modèles faisant appel au calcul quantique, calcul reposant lui-même sur l’informatique quantique, est désormais indispensable à toute compréhension du monde. Ceci se vérifie aujourd’hui dans tous les domaines de la science et de la technologie, et à toutes les échelles, macroscopiques ou microscopiques (sub-atomique)

Il a souvent été dit que l’Etat ou le groupe industriel qui maîtrisera le premier l’informatique quantique maitrisera le monde. Mais ceci supposera une pleine maitrise des calculateurs quantiques. Or ceux-ci reposent sur la manipulation d’unités de calcul dits bits quantiques qui sont d’une très grande fragilité. Quand ils entrent en contact avec des bits ordinaires, ils « perdent leur cohérence »et redeviennent des bits ordinaires, au sein de calculateurs ou de réseaux qui n’ont plus de propriétés quantiques.

Jusqu’à présent seuls des très grands de l’informatique ont pris le risque de proposer des calculateurs quantiques à une échelle utilisable. Il s’agit de IBM et d’Honeywell. Ces groupes, comme nul n’en ignore, sont américains. Ils se sont donc ni russes ni européens.

Est-ce à dire que les européens, et la France en particulier, devraient pour un temps indéterminé, renoncer à tout calcul quantique.

Or l’entreprise française Pascal vient de faire connaître aux non spécialistes qu’il faudra désormais compter sur elle pour fournir des services de calcul quantique. Nous lisons ceci sur le site de BfmTV.com

https://www.bfmtv.com/economie/la-start-up-francaise-pasqal-leve-100-millions-d-euros-pour-son-ordinateur-quantique_AD-202301240127.html

LA START-UP FRANÇAISE PASQAL LÈVE 100 MILLIONS D’EUROS POUR SON ORDINATEUR QUANTIQUE

Pour l’instant, Pasqal est une start-up employant une centaine de collaborateurs, dont les machines déjà construites se comptent sur les doigts d’une main. L’une d’elle est accessible en ligne depuis mai 2022, pour que de premiers projets et cas d’usage puissent être testés par des développeurs.

D’autres sont en cours d’achèvement, avec notamment deux livraisons prévues dans les grands centres de calcul intensif français (Genci) et allemand (Jülich).

Aucun ordinateur quantique n’a toutefois réussi pour l’instant à prouver de façon indiscutable sa supériorité sur un ordinateur classique.

Mais « on est en train de rentrer dans une nouvelle ère où l’ordinateur quantique commence à être au niveau de l’informatique classique », affirme Georges-Olivier Reymond, le directeur général de Pasqal.

La jeune entreprise s’apprête ainsi à publier un article scientifique avec la banque d’investissement du Crédit Agricole expliquant comment son processeur quantique a pu faire aussi bien qu’un ordinateur classique sur un problème de calcul du risque emprunteur pour les crédits.

Avec l’argent levé, la start-up basée à Massy (région parisienne) compte doubler ses effectifs en un an et construire quelques dizaines de machines sur les années à venir, selon Georges-Olivier Reymond.

« Avantage quantique »

Le but est d’arriver à augmenter rapidement leur puissance de calcul pour parvenir enfin à battre une machine classique.

Cet « avantage quantique » pourrait être atteint « d’ici 1 à 3 ans, selon la chance ou l’optimisme que l’on a », explique le dirigeant.

IBM, l’un des groupes mondiaux les plus avancés dans la course à l’ordinateur quantique, espère de son côté y arriver d’ici à 2024.

Google avait revendiqué la « suprématie quantique » en 2019, affirmant que son processeur Sycomore avait fait en 3 minutes un calcul qui aurait demandé plus de 10.000 ans à un supercalculateur classique.

Mais cette affirmation a ensuite été contestée, notamment parce que le calcul fait alors ne servait à rien d’autre que remporter cette victoire.

Le problème pour les constructeurs d’ordinateurs quantiques est d’arriver à augmenter le nombre de bits quantiques (aussi appelés qubits), la brique élémentaire du processeur quantique.

Bientôt 1000 qubits

Fondés sur l’infiniment petit (des atomes de rubidium manipulés par des lasers, dans le cas de Pasqal), ces qubits sont aussi très instables et très difficiles à contrôler, avec une difficulté qui va croissante au fur et à mesure qu’on en rajoute pour doper la puissance de l’ordinateur.

Pasqal, qui livrera des machines de 100 qubits aux centres de calcul français et allemand, a pour objectif de parvenir bientôt à un processeur de 1.000 qubits.

« Pour nous, c’est un peu le chiffre magique, dont nous pensons qu’il nous permettra d’atteindre l’avantage quantique », souligne Georges-Olivier Reymond.

23/01/2023 Pourquoi l’Amérique a-t-elle besoin de conquérir l’Ukraine ?

Il est difficile aujourd’hui de ne pas attribuer à l’Amérique la responsabilité de l’actuelle conflit en Ukraine dont on peut craindre de plus en plus qu’il ne conduise à une guerre nucléaire mondiale. La Russie dans cette perspective se serait simplement défendue par une « « opération militaire spéciale » des efforts de Washington pour la coloniser dans tous les sens du mot, le type de colonisation dont les Etats européens sont les victimes depuis la fin de la première guerre mondiale.

Un certain nombre d’enseignants américains en sciences politiques le reconnaissent aujourd’hui. C’est le cas de Darel E. Paul, professeur de sciences politiques au Williams College. Il a écrit récemment dans The American Conservative «  Here we come to the real glue of America. From the founding of the country in the fires of war, the United States has been an expansionary republican empire ever incorporating new lands, new peoples, new goods, new resources, new ideas … Continuous military, commercial, and cultural expansion since Jamestown ».

Dans ces conditions, que pourrait faire la Russie de Vladimir Poutine pour ne pas être incorporée dans l’Empire américain à l’occasion de ses relations avec l’Ukraine. Il lui faudrait soit reprendre la main sur ce pays en répudiant toutes ses dettes, y compris par une occupation militaire partielle, soit courir le risque de devoir partager avec elle la « pyramide de dettes«  qui est la sienne.

Or aujourd’hui la dette de l’Ukraine est de 100 milliards de dollars. Mieux vaut la guerre.

https://english.almayadeen.net/articles/opinion/is-this-western-war-on-russia-simply-stupidity