27/04/23 Note de lecture Jean-Éric Schoettl. La démocratie au péril des prétoires : de l’État de droit au gouvernement des juges.

Jean-Éric Schoettl, La démocratie au péril des prétoires : de l’État de droit au gouvernement des juges, Paris : Gallimard, 2022, coll. « Le débat », 256 p.

Jean-Eric Schoettl est Conseiller d’Etat honoraire. Né le 16 juin 1947 , il est ancien élève de l’ENA et de l’Ecole Polytechnique. Il a été secrétaire général du Conseil constitutionnel, de 1997 à 2007. Il est réputé proche du parti socialiste. Il a récemment dénoncé les actions violentes des opposants à la réforme des retraites dans les termes suivants (source Figaro-Vox le 15/03/2023)

C’est un coup d’État permanent auquel nous nous accoutumons par fatalisme.

Coup d’État, le fait, pour une opposition minoritaire, d’empêcher le Parlement de voter la loi, s’octroyant ainsi un droit de veto que la Constitution ne lui confère pas.

Coup d’État, la pratique débridée de l’obstruction, alors que celle-ci est à la fois une démission du législateur et un attentat contre les fondamentaux de la démocratie représentative.

Coup d’État, l’affirmation selon laquelle les manifestations et les sondages invalident l’action de pouvoirs publics régulièrement élus et interdisent l’application d’un projet présidentiel dont on peut penser ce que l’on veut, mais qui a été énoncé en temps utile lors de la campagne.

Coup d’État, cette volonté de «bloquer le pays», de «mettre l’économie à genoux»,

Commentaire
s

Michel Troper (professeur émérite de l’Université Paris Nanterre)
avec quelques modifications

Sur le pouvoir judiciaire, les interrogations sont anciennes et multiples et les réponses difficilement séparables des préférences politiques. D’un point de vue conceptuel, on recherche s’il peut y avoir une troisième fonction au-delà de la legis latio et de la legis-executio ; d’un point de vue descriptif on se demande si le juge qui applique la loi dispose ou non d’un pouvoir discrétionnaire lui permettant de faire prévaloir ses opinions et ses préférences ; d’un point de vue normatif, si un tel pouvoir est compatible avec la suprématie de la loi et la démocratie représentative.

Les arguments n’ont guère changé depuis deux siècles et demi. On oppose Montesquieu à Montesquieu : il y a trois sortes de puissances, dit-il d’abord, mais pour ajouter que celle de juger est en quelque sorte nulle ; on s’accroche au vocabulaire : le texte constitutionnel mentionne-t-il un pouvoir ou une autorité judiciaire ? ; à ceux qui invoquent la primauté de la volonté générale, on rappelle la maxime qu’il faut que le pouvoir arrête le pouvoir et l’on ironise sur ceux qu’effraie le spectre du gouvernement des juges.

Jean-Éric Schoettl apporte avec ce livre provocant un nouvel éclairage, fondé sur une vision politique claire et une grande expertise de juriste praticien. Son grand mérite est de changer les termes du problème. Il ne parle pas de pouvoir judiciaire et le gouvernement des juges dont il est question dans le titre ne se réfère pas exclusivement aux cours constitutionnelles. Ce qui est en cause est bien plus large. Il s’agit du pouvoir juridictionnel, celui qu’exercent tous les juges, le juge judiciaire, bien sûr, mais aussi le juge administratif, le juge constitutionnel et les cours internationales, la Cour de Justice de l’Union européenne et la Cour européenne des droits de l’homme.

Tel est le point de départ de l’argumentation : oui, les juges exercent un pouvoir réel et même un pouvoir considérable. Ce pouvoir n’a pas pour origine l’abaissement du représentant ou le rétrécissement de la souveraineté populaire. C’est lui au contraire qui en est la cause ou l’une des causes, en raison de sa nature même. Loin de se limiter à l’application d’un droit produit par les représentants du peuple souverain, selon la formule trompeuse du juge bouche de la loi, c’est désormais lui qui le construit en dehors de la loi et parfois contre elle, car sa décision, « surtout lorsqu’elle émane d’une Cour suprême, est autant un acte de volonté que le fruit d’un raisonnement logique ».

Le livre décrit minutieusement, à l’aide de nombreux exemples, les facteurs de l’ascension du juge, puis l’usage qu’il fait de son pouvoir pour se dresser contre l’État régalien et, en troisième lieu, l’une de ses manifestations, la pénalisation de la vie publique.

Les facteurs de cette ascension sont multiples, à commencer par les traités internationaux qui prévalent sur les lois, rédigés en termes si vagues qu’ils permettent toutes les interprétations et dont le juge tire la possibilité d’imposer sa volonté au politique. Mais, outre l’interprétation, il dispose évidemment d’autres procédés comme le contrôle de proportionnalité, la censure de la norme imprécise ou la découverte de nouveaux principes supra législatifs. A cela s’ajoute le rôle de la procédure qui permet aux associations de se porter partie civile dans de nombreuses affaires, sans compter le rôle des syndicats de magistrats, qui veulent s’ériger en contre-pouvoir purificateur.

C’est que le juge, loin de se limiter à appliquer des normes, en est devenu l’un des principaux émetteurs. Jean-Éric Schoettl n’invoque pas explicitement la théorie réaliste, ni même la théorie kelsenienne, mais il déplore clairement que le juge ne se contente pas de censure kelsenienne (https://www.cairn.info/pour-une-theorie-juridique-de-l-etat–9782130462033-page-141.htm ) . Il déplore clairement que le juge ne se contente pas de censurer les lois ou d’être un législateur négatif pour se mettre à produire des normes.

Certes, le juge français ne va pas aussi loin (pour le moment ?) que la Cour suprême des États-Unis, qui s’est substituée au législateur pour autoriser par exemple le mariage entre personnes de même sexe ou l’avortement, mais il s’en approche. Le Conseil constitutionnel modifie ou ajoute à la loi, au moyen de plusieurs techniques, les réserves d’interprétation directives ou les censures prescriptives, tandis que le Conseil d’État condamne l’État sous astreinte à agir contre la pollution de l’air.

Tout cela est parfaitement vrai, mais l’on ne peut s’empêcher de penser que si ce qui est critiquable c’est le pouvoir du juge de créer des règles générales, c’est toute la légitimité de la juridiction administrative et de l’existence même d’un droit administratif essentiellement prétorien que l’auteur remet involontairement en question.

En tout cas, nous dit-il, « le juge était la bouche de la loi pour Montesquieu ; c’est désormais la loi qui est la bouche du juge » et on en revient aux parlements d’Ancien Régime. Tout cela au nom de l’État de droit, en tout cas d’une certaine vision fondamentaliste de l’État de droit, selon laquelle l’État doit se borner à assurer la conciliation des droits et libertés tandis que les prérogatives régaliennes doivent être strictement limitées, ce qui laisse très peu de place aux politiques voulues par le souverain. Jean-Éric Schoettel aurait très bien pu faire sienne la formule des juristes allemands pour qui on est passé du Rechtstaat au Richterstaat.

C’est la mise en œuvre de cette vision qui fait l’objet de la deuxième partie du livre, « Le juge contre l’État régalien ». Il ne s’agit plus seulement de décrire et de dénoncer le pouvoir des juges, mais l’usage qu’ils en font, c’est-à-dire le contenu des politiques qu’ils conduisent. Ici, le livre se fait très directement politique et développe une thèse simple : le juge vient « à la rescousse des activistes » et protège certaines minorités aux dépens d’autres minorités ou encore des individus ou de l’intérêt général, notamment de la sécurité et surtout de la souveraineté nationale.

Il se fonde ici sur quelques exemples, qui ont fait l’actualité : la relaxe, au nom de l’état de nécessité, des militants qui avaient décroché les portraits du président de la République, la jurisprudence sur le port de certains vêtements, la censure par le Conseil constitutionnel de la Loi sécurité globale, l’affaire Halimi ou encore le Mur des cons. Les minorités protégées sont donc principalement les gauchistes et les musulmans.

En définitive, ce qui est en cause, c’est la souveraineté nationale, c’est-à-dire la démocratie, victime des cours européennes. Un chapitre est d’ailleurs intitulé « La souveraineté au péril des cours supranationales », mais il s’agit plus généralement de l’Union européenne, qui, aux termes des traités, ne dispose que d’une compétence d’attribution, mais dont les organes s’ingèrent en réalité dans des domaines qui n’en relèvent pas, y compris ceux qui touchent à la souveraineté nationale comme l’armée ou l’organisation de la justice, ce qui justifie aux yeux de l’auteur ce qu’il appelle « la révolte polonaise », d’autant plus justifiée pour lui que le tribunal constitutionnel allemand et le Conseil constitutionnel français résistent eux aussi à la suprématie du droit de l’Union européenne.

Jean-Éric Schoettl mentionne toutefois une décision de la cour d’appel de Paris qui ordonne, au moyen d’une interprétation très extensive de la théorie de la voie de fait, la reprise du traitement de Vincent Lambert, après une trentaine de décisions juridictionnelles et une décision de la CEDH. On doit remarquer que cet exemple ne va pas tout à fait dans le sens de sa thèse. D’une part, la minorité ou les valeurs protégées par cette décision ne relèvent pas précisément d’une idéologie gauchiste ou progressiste, qui était quant à elle favorable à l’arrêt des traitements ; d’autre part  cette décision n’est pas celle « du juge », mais d’une cour d’appel – cette décision a d’ailleurs été cassée par la Cour de cassation ; enfin que la trentaine de décisions dont il parle émanent de juridictions administratives. Comme il fait allusion à certains moments à des « règlements de comptes entre ordres juridictionnels », on pourrait comprendre que le juge administratif est mu par une idéologie différente à moins qu’il soit, lui, miraculeusement fidèle à l’idéal de neutralité et d’impartialité. Mais où est alors le pouvoir juridictionnel ?

Enfin, dans la troisième partie de l’ouvrage, Jean-Éric Schoettl isole ce qui lui paraît être le symptôme de la montée en puissance du pouvoir juridictionnel, la pénalisation de la vie publique qui répond, dit-il, à un « désir du pénal » et à l’obsession de vertu qui se sont emparés de la France. L’auteur vise ici les recours et les plaintes qui se sont multipliés à l’occasion de la crise sanitaire et notamment les plaintes qui visent à établir une responsabilité pénale des politiques.

L’analyse cède encore ici à la discussion de la vie politique française  de ces dernières années et à des prises de position très engagées : quelquefois, l’auteur va jusqu’à refaire le procès, comme dans les affaires Fillon ou Sarkozy ou encore à propos de l’arbitrage Tapie, des affaires dans lesquelles les poursuites ou les condamnations lui paraissent avoir été déterminées par des motivations idéologiques et corporatistes et dont il estime soit que le juge a mal jugé, soit que le simple fait de juger constitue une immixtion dans le domaine politique.

Jean-Éric Schoettl conclut par une série de propositions radicales, visant à « libérer Gulliver » des multiples liens qui le paralysent : renégocier les traités, voire suspendre unilatéralement l’application de certaines règles du droit européen, suspendre la participation de la France à la CEDH, de manière à pouvoir rétablir les contrôles frontaliers ou placer rapidement en centre de rétention administrative les étrangers en situation irrégulière, ou encore réviser la Constitution en vue de permettre au Parlement de passer outre aux jurisprudences paralysantes des cours européennes et de supprimer la QPC, tout en reconnaissant que les circonstances actuelles n’y sont pas propices.

27/0/2022 Du nuage au brouillard, l’avenir de l’espionnage sur Internet

Un bon espion se dissimule. Mais il ne doit pas se dissimuler trop visiblement, par exemple en portant un masque de carnaval, sinon il est reconnu. Sur internet, c’est ce qui est en train de se produire.

Internet, chacun le sait, ou devrait le savoir, permet à divers types d’espionnages en ligne, de s’exercer librement. Il y a d’abord ce que l’on nomme le « renseignement », c’est-à-dire l »espionnage proprement dit, à but militaire ou civil. Il permet aux services spécialisés d’un pays de découvrir ce que font, ou projettent de faire, les pays voisins, ennemis ou  amis, dans les domaines militaires ou civils.

En général les informations intéressantes sont plus ou moins cryptées, mais le web grand public en contient un nombre de plus en plus important qu’il faut pouvoir exploiter. C’est ainsi qu’aujourd’hui les pays occidentaux apprennent petit à petit et dans le détail comment fonctionnent la Chine et la Russie au plan économique. Ils se branchent sur leurs réseaux internet non cryptés, que ceux-ci utilisent l’anglais ou la langue locale.

Ces informations ont depuis longtemps permis aux « Géants américains » du Web (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) de connaître les différents marchés et de revendre ou restituer ces connaissances à un certain nombre d’ « amis » parmi lesquels les services américains du renseignement, NSA et CIA notamment.

Les centres de données ou cloud

Mais aujourd’hui y recourir consomme une quantité considérable de ressources informatiques coûteuses et consommatrices d’énergie. Pour les économiser il faut faire appel à des centres de données ou data center. Il s’agit de lieux où sont regroupés les équipements constituants un système d’information. Ce regroupement permet de faciliter la sécurisation, la gestion et la maintenance des équipements et des données stockées.

  Un centre de données est l’équivalent virtuel d’un immense hangar. Il contiendrait des dizaines ou centaines de milliers de serveurs informatiques qui font fonctionner de très nombreuses applications simultanément. L’ensemble des centres de données constitue le « cloud », une infrastructure essentielle sans laquelle l’Internet d’aujourd’hui ne pourrait pas fonctionner.

Les centres de données qui le composent sont généralement situés loin de leurs utilisateurs. Ce sont des infrastructures coûteuses, et même les plus grands opérateurs n’en possèdent qu’un petit nombre. De plus, en terme de lutte contre l’espionnage par informatique, ces centres de données facilitent considérablement le travail des services de renseignements. Ceux-ci ont besoin de passer constamment d’une application à l’autre, dont les serveurs sont réparties dans le monde entier. Y accéder facilement simplifie beaucoup leur travail .

Le fog

Pour répondre au gaspillage de ressources créé par le cloud, une nouvelle technologie appelée le « fog » ou le « edge » est en train d’être développée par des chercheurs industriels et académiques. Le fog n’a pas vocation à remplacer le cloud par quelque chose d’autre, mais plutôt à l’étendre pour le rendre plus efficace et moins gourmand en énergie. Il vise à ajouter des machines supplémentaires, situées aussi près que possible des utilisateurs, de façon à raccourcir les distances réseau et donc diminuer les temps de réponse.

Pour les services  » amis » en charge de l’espionnage ou du contre-espionnage, le fog offrira des facilités très attendues. Il permettra notamment de diminuer les temps de réponse aux questions intéressantes et d’alléger le coût des enquêtes nécessaires. Il va de soi que les services « ennemis » pourront en profiter également

26/04/2023 Une gestion mondiale de l’eau, possible ou impossible ?


Le besoin d’un accès à l’eau potable en quantité suffisante pour faire face aux exigences de la survie se pose à toutes les espèces vivantes. Mais pour la plupart d’entre elles, il se résout simplement : ne pas chercher à survivre là où il n’y a pas d’eau. Un petit nombre de ces espèces ont mis au point des solutions collaboratives inconscientes permettant à celles de ces espèces d’utiliser une partie de l’eau produite par les autres. C’est le cas de la pèche et de la chasse  en milieu naturel. Mais les réserves disponibles sont vite atteintes.

Les premières sociétés modernes ont développé des trésors d’ingénierie pour obtenir de l’eau au delà de leurs besoins biologiques immédiats. C’est autour de telles solutions que ce sont construites les villes modernes. Mais l’accès à l’eau est resté très inégalitaire, les besoins des régions et des classes favorisées l’emportant sur ceux des autres.

La perspective du réchauffement climatique et de la désertification progressive d’un certain nombre de zones géographiques abondamment peuplées a conduit les Nations Unis à se poser la question de ce qu’il faudrait faire pour tenter de résoudre ce problème .

La Conférence des Nations Unies sur l’eau -la première du genre depuis une génération-, qui s’est tenue au Siège de l’ONU à New York du 22 au 24 mars 2023, a été saluée comme une occasion unique d’accélérer les progrès vers l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement d’ici à 2030.

Nous lisons ainsi ceci dans le rapport que vient de publier cette conférence des Nations-Unies :

De nombreux modes d’utilisation de l’eau sont inefficaces et doivent être modifiés, comme le montrent les systèmes d’épuration des pays développés. « Il est tout à fait remarquable que nous utilisions de l’eau douce et saine pour transporter des excréments, de l’urine, de l’azote, du phosphore – et que nous ayons ensuite besoin de stations d’épuration inefficaces qui laissent échapper 30 % de tous les nutriments dans les écosystèmes aquatiques en aval, ce qui les détruit et provoque des zones mortes. Nous sommes vraiment en train de nous tromper nous-mêmes en ce qui concerne ce système moderne linéaire de traitement des déchets par l’eau. Des innovations massives sont nécessaires. »

Bornons-nous à observer que les experts de l’ONU se limitent à évoquer dans ce passage la question dite des chasses d’eau dans les pays développés. Les innovations massives qu’ils recommandent n’intéresseront que les habitations où les résidents disposent de cet instrument de confort – et prennent l’habitude de s’en servir.

https://press.un.org/fr/2023/envdev2057.doc.htm#:~:text=La%20Conf%C3%A9rence%20des%20Nations%20Unies,assainissement%20d’ici%20%C3%A0%202030.

25/04/2023 Mayotte confrontée aux immigrés venant des Comores

En l’espace d’une décennie, les habitants des Comores  ont remarqué une hausse des températures et la levée du brouillard en raison de la disparition des arbres, coupés pour être transformés en bois d’oeuvre et en bois de chauffage.

La région s’est asséchée à mesure que les sécheresses se prolongeaient et que la situation se dégradaient. Des pluies plus courtes mais plus irrégulières, frappant des pentes de plus en plus dénudées et escarpées, lavaient les cultures et la terre arable fertile en direction de la vallée, vers les rivières et l’océan Indien.

Aussi en raison des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles et de l’érosion continue des terres agricoles, très peu d’agriculteurs peuvent maintenant gagner leur vie en produisant  des bananes. Beaucoup cherchent à gagner le département français voisin de Mayotte, où ils espèrent bénéficier de conditions de vie plus favorables.

Beaucoup périssent régulièrement dans des naufrages en tentant chaque année de rallier clandestinement Mayotte, notamment à bord de petites embarcations de pêche à moteur appelées kwassa kwassa.

N’ayant pas fait les formalités nécessaires, la plupart y sont considérés comme des migrants clandestins et ne reçoivent aucun aide. A contraire la France envisage aujourd’hui de les expulser. Le gouvernement s’apprête à déclencher l’opération controversée « Wuambushu », visant des expulsions massives d’étrangers en situation irrégulière et la destruction de bidonvilles.

Le président comorien, Azali Assoumani, qui assure depuis février la présidence de l’Union africaine, avait dit espérer «que l’opération sera annulée», en reconnaissant «n’avoir pas les moyens de (la) stopper par la force». Les Comores se sont engagées dans un accord signé en 2019 à «coopérer» avec Paris sur les questions d’immigration en échange d’une aide au développement de 150 millions d’euros.

Les Comores ont déclaré la semaine dernière ne pas avoir l’intention d’«accueillir des expulsés issus de l’opération Wuanbushu». Moroni a multiplié les appels à Paris pour annuler l’opération, disant ne pas avoir les moyens d’accueillir un afflux de migrants.

Il est facile de prévoir que dans l’immédiat, rien ne se passera. Les migrations continueront et ne seront pas repoussées par la force.

Il est facile cependant d’imaginer que ces évènements donnent une image de ce qui se passera dans les décennies prochaines avec le réchauffement climatique qui contribuera à désertifier l’Afrique Des dizaines de millions d’Africains, cette fois ci armés monteront vers l’Europe. Y seront-ils reçus avec des fleurs?

24/04/2023 Décarbonner au niveau mondial

Se servir de l’océan comme d’une éponge à CO2, pour retirer ce gaz à effet de serre de l’atmosphère. Une équipe de scientifiques de l’université de Californie (Ucla) travaille depuis deux ans sur ce projet ambitieux, nommé SeaChange, pour lutter contre le réchauffement climatique 

Leur objectif est « d’utiliser l’océan comme une grosse éponge », explique Gaurav Sant, directeur de l’Institut de gestion du carbone (ICM) de l’Ucla dont l’étude a été publiée dans la revue ACS Sustainable Chemistry & Engineering. On en trouve ci-dessous les références et l’abstract

Les mers recouvrent l’essentiel de la Terre et sont notre meilleur allié climatique, car l’océan agit comme un tampon : il absorbe plus d’un quart de toutes les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et 90 % de la chaleur qu’elles ont émises ces dernières décennies.

Mais ce principal puits de carbone de la Planète est en danger : l’océan s’acidifie et l’élévation des températures diminue sa capacité d’absorption. L’équipe de l’Ucla souhaite l’augmenter, grâce à un procédé électrochimique qui retire le CO2 contenu dans l’eau de mer.  « Si on arrive à éliminer le dioxyde de carbone présent dans les océans, on renouvelle essentiellement leur capacité à capter du dioxyde de carbone supplémentaire de l’atmosphère », selon Gauray Sant

Les ingénieurs ont donc développé une mini-usine flottante sur un bateau d’environ trente mètres de long, qui pompe l’eau de mer et la soumet à une charge électrique. L’électrolyse déclenche une série de réactions chimiques qui finissent par neutraliser le CO2 initialement contenu dans l’eau. Il se retrouve piégé dans une fine poudre blanche qui contient du carbonate de calcium, un élément que l’on retrouve dans la craie, le calcaire ou les coquillages, et du bicarbonate de magnésium.

Ces minéraux naturels peuvent être relâchés dans l’océan, ce qui permet de « stocker le CO2 de manière très durable (…) pendant des dizaines de milliers d’années », selon l’ingénieur. Et l’eau pompée retourne à la mer, prête à réabsorber le gaz à effet de serre de l’air.

L’inventeur est persuadé que le processus n’aura pas d’impact sur l’environnement marin, ce qui reste à confirmer. Outre le retrait du CO2 de l’atmosphère, le procédé produit également de l’hydrogène, un gaz essentiel à la transition énergétique qui pourrait propulser les camions, trains ou avions propres de demain.

Garder le réchauffement sous contrôle nécessite d’extraire entre 450 milliards et 1,1 billion de tonnes de CO2 de l’atmosphère d’ici à 2100, selon le premier rapport mondial dédié au sujet, sorti en janvier. Cela implique que le secteur du CDR « croisse à un rythme d’environ 30 % par an sur les 30 prochaines années, un peu comme l’ont fait le solaire et l’éolien », insiste l’un de ses auteurs, Gregory Nemet, professeur à l’université du Wisconsin-Madison.

La technologie de l’Ucla « entre dans la catégorie des solutions prometteuses qui pourraient être suffisamment importantes pour avoir une incidence sur le climat », estime-t-il.

En séquestrant le CO2 directement dans l’océan sous forme minérale, elle se distingue nettement d’une autre technique en vogue : la capture directe du CO2 dans l’air (DAC). Celle-ci nécessite de trouver un site pour stocker le gaz dans le sol, un processus très complexe et onéreux.

Le projet doit maintenant être commercialisé par une start-up, Equatic, chargée de démontrer sa faisabilité à l’échelle industrielle et de vendre des crédits carbone aux entreprises souhaitant compenser leurs émissions.

En plus de la barge de Los Angeles, un bateau similaire est actuellement testé à Singapour. Le retour d’expérience des deux sites doit permettre de concevoir des usines beaucoup plus grandes, capables « de séquestrer des milliers de tonnes de CO2 par an »,

Référence

https://pubs.acs.org/doi/full/10.1021/acssuschemeng.0c08561

Saline Water-Based Mineralization Pathway for Gigatonne-Scale CO2 Management

Publication Date: January 12, 2021
Abstract

This perspective proposes a potential pathway to diminish atmospheric CO2 accumulations which is distinct from traditional carbon capture and geological sequestration strategies and from existing negative emissions technologies (NETs). Unlike conventional sorbent- or solvent-based CO2 capture processes where substantial energy expenditures are associated with demixing and desorbing CO2, the single-step carbon sequestration and storage (sCS2) approach relies on electrolytic carbonate mineral precipitation using renewable energy within a simple and scalable process design. Although numerous approaches have implied electrolysis for carbon management, the sCS2 approach is unique in the following ways: (1) CO2 mineralization for promoting solid carbonate formation: The thermodynamic and kinetic barriers to carbonate precipitation are overcome by direct and in situ electrochemical forcing to stabilize dissolved inorganic carbon and divalent cations [Ca,Mg] to form carbonate minerals. (2) Flow-through membraneless electrolysis: A flowing electrolyte (seawater) is dissociated while in motion. The process utilizes cost-effective mesh electrodes while also decreasing the number of components and assembly steps and reducing the risk of device failure. (3) Integrated electrolytic reactor–rotary drum filter: An electroactive thin-film mesh cathode (eTFC) is suggested to be integrated within a rotary drum filter configuration, allowing for the filtration of dilute and polydispersed mineral precipitates at a low energy cost. These attributes render sCS2 as an approach worthy of more detailed evaluation, development, and scaling for global-scale carbon management.

24/04/2023 La nouvelle Chine

Le statut économique mondial de la Chine est dorénavant bien affirmé. C’est notamment le cas dans le domaine des technologies numériques où la Chine a pris le contrôle depuis 5 ans de la plupart des start-up américaines ou européennes proposant des solutions innovantes.

Dans le cas particulier de la conquête de l’espace, la Chine, qui a l’ambition d’établir une présence permanente sur la Lune, a officiellement annoncé qu’elle enverra un équipage de trois « taïkonautes » autour de la Lune en 2029 et que deux d’entre eux y débarqueront. 

Par ailleurs les gouvernements constituant le BRICS, une sorte d’ONU des Etats dits non engagés proposée par la Russie, ont tendance à se concerter plus volontiers avec la Chine qu’avec cette dernière.

Cependant, au fur et à mesure que son autorité s’accroît, la Chine a tendance à s’opposer aux Etats-Unis, qui depuis la fin de la guerre froide, se veulent les patrons de l’Occident. Elle prend ainsi la place de la Russie.

Les Européens pour leur part espéraient trouver en la Chine un adversaire plus raisonnable. Ils se trompaient.

Avec la déclaration de l’ambassadeur chinois Lu Shaye sur LCI, Pékin est allé beaucoup plus loin, en contestant la légitimité de l’existence même des 14 Etats, outre la Russie, nés de l’implosion de l’ex Union Soviétique. Pour l’ambassadeur, ces pays « n’ont pas de statut effectif dans le droit international (…)leur permettant de concrétiser leur statut de pays souverains ». Autrement dit, les 3 pays Baltes, l’Arménie, la Georgie, la Moldavie, l’Ukraine, les pays d’Asie Centrale, tous peuvent voir leur existence mise en question. Or tous ces pays sont reconnus par l’Onu.

Au fil des heures, les réactions outragées se sont donc multipliées. Les trois pays Baltes, Lituanie, Lettonie, Estonie ont convoqué les chargés d’affaires chinois la première heure. La France se dit consternée, l’Union européenne parle de « remarques inacceptables ».

Cette prise de position de Lu Shaye est en effet en contradiction complète avec la posture habituelle de la Chine, sourcilleuse concernant le respect de la souveraineté des Etats. De plus, dans la pratique, Pékin a signé de multiples accords avec ces pays de l’ex URSS, notamment en Asie Centrale.

La nouvelle posture de Pékin va réjouir Washington. Les Etats-Unis, y compris leurs forces militaires considérables, apparaîtront à l’Occident comme une protection indispensable contre l’alliance renouvelée de la Russie et de la Chine. Elle réjouira aussi le Japon qui peinait à trouver sa place.

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/la-polemique-suscitee-par-lambassadeur-de-chine-a-paris-setend-a-leurope-1937475

Note au 24/04/2023

Lundi 24 avril au matin, Pékin a semblé prendre ses distances avec son ambassadeur. « La Chine respecte le statut des Etats souverains des républiques après la dissolution de l’Union soviétique », a déclaré Mao Ning, porte-parole du ministère des affaires étrangères. « Nous sommes prêts à continuer à travailler avec la communauté internationale pour apporter notre propre contribution à la promotion d’un règlement politique de la crise ukrainienne », a-t-elle ajouté, en reprochant à « certains médias » d’avoir « mal interprété » les propos de M. Lu et  « provoqué la discorde entre la Chine et les pays concernés ».

23/04/2023. Un peu plus de lumière sur les trous noirs

Un trou noir est un objet cosmique extrêmement dense, comme si tout le poids de la Terre se retrouvait dans le volume d’une noisette. La densité est si élevée que la matière ne peut s’en échapper, ni même la lumière. En principe, il est donc impossible d’obtenir directement une image de trou noir. On le détecte par les effets gravitationnels qu’il exerce sur son voisinage.

C’est ce que l’on voit sur la toute première image d’un trou noir, qui a été publiée en avril 2019. L’objet en question est le trou noir supermassif qui se trouve au centre de la galaxie M87, à 50 millions d’années-lumière de la Terre. Elle a été réalisée dans le cadre du projet international EHT et dévoilée mercredi 10 avril 2019. L’EHT ou Event Horizon Telescope regroupe une dizaine de radiotélescopes et de télescopes optiques répartis autour de la Terre. En combinant ces instruments, comme s’ils étaient les fragments d’un miroir géant, les astronomes parviennent à disposer d’un télescope virtuel de la taille de la Terre.

Les mêmes équipes ont obtenu en mai 2022, la première image du trou noir central de notre galaxie, la Voie lactée  : Sagittarius A*. Chacun peut dorénavant l’étudier.

Que montrent ces images ? Le cosmologue français Jean-Pierre Luminet, qui avait réalisé les premières simulations numériques de trous noirs dès 1978, indique que les deux images « se ressemblent » alors que les ordres de grandeur ne sont pas du tout les mêmes : la masse du trou noir au centre de la galaxie M87 est 1 500 fois supérieure à celle du trou noir situé au centre de la Voie lactée. « On trouve les mêmes choses à deux échelles différentes. C’est la confirmation éclatante de l’un des aspects de la théorie des trous noirs : une forme d’unicité des trous noirs. »

C’est ce que l’on voit sur la toute première image d’un trou noir, qui a été publiée en avril 2019. L’objet en question est le trou noir supermassif qui se trouve au centre de la galaxie M87, à 50 millions d’années-lumière de la Terre. Elle a été réalisée dans le cadre du projet international EHT et dévoilée mercredi 10 avril 2019. 

L’EHT ou Event Horizon Telescope regroupe une dizaine de radiotélescopes et de télescopes optiques répartis autour de la Terre. En combinant ces instruments, comme s’ils étaient les fragments d’un miroir géant, les astronomes parviennent à disposer d’un télescope virtuel de la taille de la Terre.

Les mêmes équipes ont obtenue en mai 2022, la première image du trou noir central de notre galaxie, la Voie lactée  : Sagittarius A*. Chacun peut dorénavant l’étudier.


Détecter les trous noirs n’est pas facile. Ils sont habituellement repérés par leurs émissions de rayons X. Cela signifie qu’ils doivent être en orbite avec au moins une étoile et que dans cette relation ait lieu un échange de matière entre les deux objets, c’est-à-dire lorsque le trou noir commence à absorber l’étoile. « Cette phase dure peut-être 10 000 ans. Un clin d’œil à l’échelle cosmique », commente Jean-Pierre Luminet. L’ensemble de ces conditions pose de nombreux freins à la détection des trous noirs. Mais ils ont été levés, notamment, grâce au projet européen Gaïa.

Lancé en 2013, ce projet utilisant le satellite du même nom effectue un relevé des étoiles de la Voie Lactée . Il s’agit de les répertorier, de noter leur position, leur déplacement, leur âge. L’objectif : réaliser une cartographie en trois dimensions de notre galaxie. Après avoir observé quelque deux milliards d’étoiles, les équipes de Gaïa ont publié, en mai 2022, une carte avec une précision jamais atteinte. (voir https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/gaia-livre-une-nouvelle-carte-de-notre-galaxie-d-une-precision-inegalee_2175147.html

L’analyse de ces données a permis de détecter des trous noirs qui étaient jusqu’alors passés inaperçus, a annoncé l’Agence spatiale européenne (ESA). Le 30 mars dernier, l’attention des scientifiques a été attirée par la très faible oscillation de certaines étoiles. Il s’est avéré, en y regardant de plus près, qu’elle était causée par la présence de deux trous noirs dans leur voisinage.

Ces deux trous noirs, appelés BH1 et BH2, sont les plus proches de nous à notre connaissance. BH1 se trouve à 1 560 années-lumière de la Terre nous en direction de la constellation Ophiuchus, et BH2 à 3 800 années-lumière de nous, dans la constellation du Centaure. A l’échelle de l’Univers, c’est comme s’ils se trouvaient « dans notre jardin », souligne l’ESA.

Ces trous noirs ne sont pas des mangeurs d’étoiles. Ils tombent dans la catégorie des trous noirs dormants, c’est-à-dire qu’ils interagissent très peu avec leur environnement. Les chercheurs s’attendent à ce que des objets du même type soient découverts en grand nombre dans notre galaxie, d’autant que la mission Gaïa doit se poursuivre jusqu’en 2025

Voir aussi

https://www.francetvinfo.fr/sciences/espace/l-article-a-lire-pour-comprendre-les-trous-noirs_835713.html 02/2015

https://www.francetvinfo.fr/sciences/espace/espace-on-vous-explique-comment-la-science-y-voit-plus-clair-sur-les-trous-noirs_5778122.html 4/2023

https://www.francetvinfo.fr/sciences/astronomie/video-une-etape-importante-la-physicienne-marie-anne-bizouard-revient-sur-la-decouverte-d-un-nouveau-type-de-trou-noir_4093591.html 2020

https://www.cnrs.fr/fr/de-nouvelles-populations-de-trous-noirs-revelees-par-les-ondes-gravitationnelles 2020

https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-trous-noirs-nouveaux-sont-arrives 09/2020

https://lejournal.cnrs.fr/billets/une-baie-vitree-sur-lunivers 2016

Complément au 25/04/2023

En utilisant le télescope James Webb, des chercheurs de l’Université du Texas annoncent avoir observé le plus ancien des trous noirs identifiés à ce jour. Il serait vieux de 570 millions d’années après le Big Bang et appartiendrait à la catégorie des trous noirs intermédiaires.
arXiv,doi.org/j4hx

22/04/2022 De grands pas en avant dans le domaine de la biologie synthétique

La synthèse des gènes ayant pour résultat de créer de nouveaux génomes et donc de nouveaux types d’êtres vivants se fait spontanément dans la nature à l’occasion de la reproduction. Elle produit le plus souvent des descendants semblables aux parents ou plus précisément semblables à la mère. Mais parfois des incidents surviennent. Il en résulte des êtres inviables ou incapables de se reproduire.

Aujourd’hui, la synthèse des gènes peut se faire artificiellement. Il en résultera à l’avenir de profonds bouleversements, même dans l’espèce humaine.

En 1953, James Watson et Francis Crick publiaient leur article sur la structure de l’ADN, la double hélice qui sert de support aux gènes. Ces recherches ont marqué l’histoire de la biologie, et bien au-delà, l’histoire des êtres vivants.

Elles peuvent servir à expliquer la variété des formes de vie sur Terre et leur évolution, mais elles donnent aussi les moyens d’intervenir intentionnellement dans le code de programmation du vivant., autrement dit à créer de nouvelles formes de vie  que ce soit au niveau cellulaire où à celui des organismes supérieurs, y compris les humains

Soixante-dix ans plus tard, les applications de cette découverte ont complètement changé la société.

(à suivre)

Pour plus de détails, voir

https://theconversation.com/dossier-les-1-001-destins-de-la-double-helice-dadn-204293

https://www.senat.fr/rap/r11-378-1/r11-378-1.html

21/04/2023 Guerre en Ukraine. Zelinsky va manquer d’effectifs

La Russie peut-elle perdre la guerre qu’elle mène depuis un an contre les forces ukrainiennes ? Beaucoup d’observateurs jugent cela impossible car cette défaite provoquerait la chute de Vladimir Poutine face à une opposition de la droite nationaliste qui lui reproche sa faiblesse vis-à-vis de ce l’on nomme désormais l’Occident.

Cependant chacun peut constater que l’armée russe ne progresse que lentement dans l’offensive destinée à remettre au pouvoir à Kiev un gouvernement soumis à Moscou. Faute de vouloir utiliser des armes nucléaires de faible puissance dites tactiques, sera-t-elle obligée de négocier ?

En fait, il apparaît que ce qui fait et fera la force de la Russie sera la supériorité des effectifs mobilisables dont elle dispose et auxquels s’adressent également des groupes paramilitaires tels que Wagner.

L’ambassadeur de Russie à Londres aurait dit que le ratio de pertes respectives dans la guerre d’endurance actuelle était de 1 russe à 7 ukrainiens. Ce chiffre est certainement discutable mais il reste globalement vraisemblable compte tenu du fait que les effectifs ukrainiens engagés le long d’un front de 950 km seraient de 35.000 contre 160.000 russes.

Les médias occidentaux montrent des militaires russes mal équipés constamment en révolte contre leur encadrement, alors que le moral des ukrainiens resterait élevé. Mais ceux-ci sont de plus en plus à court de munitions et de vivres, sans mentionner un minimum de repos. La tactique russe consistant à bombarder abondamment avant toute attaque les zones où ils se retranchent n’améliore pas leurs capacités de résistance.

Ajoutons que le système de défense aérienne ukrainien est dans un état critique. De plus les Russes ont considérablement renforcé la ligne de front depuis 6 mois par des champs de mines, des tranchées et des bollards en béton pour y freiner la progression des chars.

20/04/2023 L’information peut ne pas disparaitre dans un trou noir

Selon les lois de la mécanique quantique l’information contenue dans un espace clos ne peut pas être détruite. Mais les Trous noirs dont l’existence aujourd’hui n’est plus mise en doute, semblent contredire ce postulat. C’est ce que l’on nomme le paradoxe de l’information dans les Trous Noirs

Le paradoxe a pris naissance dans les années 1970, lorsque Stephen Hawking avait calculé que les Trous Noirs émettaient lentement des rayonnements de particules jusqu’à finalement disparaitre, ainsi que l’information qu’ils contenaient. Ces rayonnements avaient été nommés Hawking Radiations.

Mais les lois de la mécanique quantique enseignent que si l’on connait l’état d’un système à un moment donné, il est possible de calculer l’état de ce système, tel qu’il était dans le passé ou tel qu’il sera dans le futur. Si l’information dans un trou noir était aléatoire, ceci ne serait pas possible.

Aujourd’hui le Prof. Xavier Calmette de l’Université du Sussex affirme qu’il a refait ces calculs en prenant en compte la gravité quantique. Lui et son équipe montrent qu’en utilisant les corrections impliquées par la mécanique quantique, le paradoxe de l’information dans un trou noir disparait.

Ils ont calculé que le champ gravitationnel d’un trou noir devrait évoluer si lentement, alors que celui-ci disparaissait, que le spectre d’énergie de la radiation de Hawking pourrait conserver longtemps l’information qu’il contenait Donc l’information proprement dite ne disparaissait pas dans le trou noir

Référence

Quantum gravitational corrections to particle creation by black holes

https://doi.org/10.1016/j.physletb.2023.137820

Abstract

We calculate quantum gravitational corrections to the amplitude for the emission of a Hawking particle by a black hole. We show explicitly how the amplitudes depend on quantum corrections to the exterior metric (quantum hair). This reveals the mechanism by which information escapes the black hole. The quantum state of the black hole is reflected in the quantum state of the exterior metric, which in turn influences the emission of Hawking quanta.