01/03/2022 Offensive russe. Qu’en est-il de la Chine ?

Dans le conflit actuel, le soutien de la Chine à la Russie pourrait être décisif. Or il semble très relatif.

Si comme certains l’avaient envisagé, Pékin avait dès les premiers jours annoncé qu’il joignait ses forces à celles de la Russie dans l’offensive menée par cette dernière contre l’Ukraine occidentale et à terme contre l’Occident, ce soutien aurait pu être décisif. Ainsi se serait mis en place une union non seulement militaire et économique, mais également diplomatique engageant deux superpuissances (toutes deux disposant de l’arme atomique) ayant l’ambition de s’imposer à une partie de la terre.

Or à ce jour il n’en est encore rien. Opposé aux sanctions économiques contre la Russie, Pékin n’a pas les moyens de permettre à Moscou de les contourner totalement. L’Empire du milieu n’est pas le premier partenaire économique de Moscou, il pèse pour 15 % de ses exportations et 20 % de ses importations. C’est l’Union européenne (UE) qui détient ce titre avec 37 % des échanges commerciaux de la Russie en 2020, soit 3 fois celui de la Chine.

Malgré tout, les produits phares que la Russie exporte sont justement ceux dont Pékin est importateur, hydrocarbures et céréales. Au premier jour de la guerre, jeudi 24 février, les douanes chinoises ont ;annoncé qu’elles levaient les restrictions aux importations de blé russe mises en place jusque-là pour des raisons phytosanitaires. Une décision que Pékin a, selon les experts, surtout prise pour répondre à ses propres besoins. Mais qui revêt évidemment une portée symbolique considérable.

Par ailleurs, depuis 2019, un gazoduc dit Sila Sibiri (ou Power of Siberia, « force de Sibérie ») relie la Russie à la Chine. Par ce gazoduc et des livraisons de gaz GNL, Moscou a fourni, en 2021, 16,5 milliards de mètres cubes de gaz à la Chine. Un précédent contrat prévoyait la livraison de 38 milliards de mètres cubes par an à l’horizon 2025. Le 4 février, les deux pays ont annoncé l’achat par la Chine de 10 milliards de mètres cubes supplémentaires par an pendant vingt-cinq à trente ans grâce à un nouveau pipeline, Sila Sibiri 2, qui entrerait en activité à partir de 2030.

La Chine voit sans doute d’un bon œil une dépendance accrue de Moscou à son égard. Mais elle n’a aucun intérêt à sacrifier sa relation avec les Occidentaux. Jusqu’en 1992, le produit intérieur brut russe dépassait celui de la Chine. Depuis c’est l’inverse et l’écart ne cesse de croître. Le PIB chinois est près de dix fois supérieur au PIB russe. La Russie ne figure même pas parmi les dix principaux partenaires commerciaux de Pékin.

Selon un expert, « de nombreuses entreprises chinoises souffrent déjà du fait des sanctions. Si elles ne peuvent pas utiliser l’euro ou le dollar dans leurs affaires avec la Russie, elles vont y réfléchir à deux fois avant d’aider les entreprises russes »

01/03/2022 12h. Les nouvelles armes russes.

L’offensive de Vladimir Poutine contre l’Ukraine ne se limitera pas à l’envoi de colonnes de chars et à des bombardements classiques visant Kharkiv et d’autres villes importantes avant de se généraliser dans le cadre d’une attaque massive contre Kiev.

Cette offensive fera certainement appel aux armes dites de nouvelle génération que Moscou ne se cache pas de mettre au point et d’utiliser expérimentalement depuis plusieurs mois. C’est ainsi que les manœuvres militaires stratégiques entreprises le 20 février 2022 par Vladimir Poutine avaient mis en œuvre des moyens considérables. Il ne s’agissait pas seulement d’exercices de chars à la frontière avec l’Ukraine, pour impressionner l’Otan.

Ces manœuvres avaient impliqué le lancement de missiles balistiques et de missiles de croisières tous susceptibles de porter des charges nucléaires tactiques. Y ont participé l’armée de l’air et les flottes de la mer du Nord et de la mer Noire

Par ailleurs, un missile balistique Intercontinental ICBM avait été lancé du Cosmodrome de Plesetsk en Russie du NW, visant la péninsule du Kamchatka après une traversée de 5.700 km. Le sous-marin nucléaire Karelia avait de son côté envoyé un missile balistique R-29RMU depuis la mer de Barentz en Arctique et visant le Kamchatka.

Les unités et les sous-marins des flottes de la Mer Noire et de la Mer du Nord avaient enfin lancé en vraie grandeur plusieurs exemplaires de la nouvelle arme russe révolutionnaire, le missile de croisière hypersonique Zircon, capable de pénétrer sans difficultés les défenses antiaériennes des porte-avions américains

On y ajoutera les bombardements à longue distance conduits par des bombardiers stratégiques TU 95 âgés de plus de 50 ans et toujours en service.

Si l’on regarde attentivement les séquences de télévision diffusées ce jour et concernant le début de l’offensive russe contre Kiev, il semble que l’emploi de nouveaux missiles intelligents ait déjà commencé.

Note au 01/03/2022 14 h

Ajoutons que pour nous l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne s’impose d’urgence, quelles que soient les difficultés juridiques. Il s’agit évidemment de l’Ukraine présidée par l’héroïque président Zelenski. Nous y reviendrons très vite.

28/02/2022 11h Poutine. Pourquoi tant d’erreurs ?

A la date et l’heure où cet article a été écrit et où commencent les discussions entre Russes et Ukrainiens en Biélorussie concernant l’évacuation des réfugiés, nous pouvons constater que Poutine en décidant d’attaquer l’Ukraine a fait plusieurs erreurs stratégiques :

  • Sous-estimer la résistance des ukrainiens de tous milieux et le véritable héroïsme du président Volodimir Zelensky. Celui-ci au lieu de fuir s’est comporté en véritable chef d’Etat et chef de guerre.
  • Sous-estimer les faiblesses de l’armée russe conventionnelle. Ceci a été particulièrement visible concernant les régiments de chars. La télévision a montré de nombreux blindés arrêtés du fait de pannes non immédiatement réparables.
  • Sous-estimer la résistance politique de l’Union européenne. Les différents gouvernements européens ont surmonté leurs divergences politiques et économiques devant l’urgence d’opposer à Poutine un front uni. Peut-être dira-t-on que Poutine a été un véritable père de l’Europe. Plus immédiatement, ces événements verront sans doute se constituer une véritable armée européenne disposant d’armes fabriquées en Europe.
  • Sous-estimer les effets des sanctions occidentales, notamment dans le domaine bancaire et financier. Sous estimer aussi la résistance des intérêts russes touchés.
  • Sous estimer la puissance des réseaux sociaux pour assurer l’information et la mobilisation des citoyens, y compris en Russie.

    Par contre Poutine avait probablement parié sur le lâcheté des Etats-Unis et celle de l’actuel président Biden. En ce cas, pari gagné. Les Américains ne feront rien.

27/02/2022. Poutine face aux sanctions occidentales

L’Occident n’a pas réagi militairement à l’offensive de Vladimir Poutine en Ukraine. La raison en est simple. Sauf à utiliser des armes nucléaires tactiques, l’Otan, à supposer qu’elle le veuille, n’a pas les moyens terrestres, aériens ou maritimes capables de s’opposer à l’offensive russe comme le fait encore avec un admirable courage le président ukrainien Volodymyr Zelinsky. Seule la France dispose de forces armées respectables, mais elles sont pour le moment engagées sur d’autres terrains. Quant aux Etats-Unis, ils réservent l’essentiel de leurs ressources militaires aux futurs affrontement avec la Chine dans le Pacifique

Par contre, à la suite de son offensive militaire en Ukraine, Poutine s’est vu infliger par l’occident un certain nombre de sanctions économiques aggravées par rapport à celle qu’il subit déjà. Dans un premier temps, celles-ci n’ont eu aucun effet. On n’arrête pas des blindés avec des droits de douanes. Mais qu’en sera-t-il dans les jours suivants ?

La principale sanction a consisté à bloquer les transactions effectuées à travers le réseau SWIFT par les principales institutions financières russes, notamment les deux plus grandes banques du pays : Sberbank et VTB Bank. Elles ne peuvent plus opérer en Europe et n’ont plus accès aux marchés financiers internationaux et aux transactions en dollars. Rappelons que Swift signifie Society of Worldwide Interbank Financial Telecommunication. Il s’agit en fait plus importants réseaux de messagerie bancaire et financière, permettant les règlements interbancaires entre les établissements financiers du monde entier.

Créée en 1973, la société Swift, basée en Belgique, a lancé son propre réseau en 1977. Ouvert en 2001 aux entreprises privées, il permet, entre autres, la transmission des informations bancaires nécessaires à une transaction. C’est un moyen de faciliter le transfert d’argent à l’international utilisé par des milliers de banques, qui permet la transmission rapide d’informations entre les banques, pour que ces dernières puissent réaliser rapidement les différents paiements ou virements. Ces deux banques, détiennent à elles seules 750 milliards de dollars d’actifs, la moitié du système bancaire russe. En réaction, la Banque de Russie a annoncé hier des mesures de soutien pour continuer à assurer « les services à tous les clients comme d’habitude ». De plus Moscou pourrait trouver dans les banques chinoises une alternative d’accès au marché des capitaux.

La Russie compte sur son stock d’or et ses réserves de change pour faire face à ce blocus financier. En dix ans, la banque centrale russe a accumulé beaucoup d’or dont les réserves sont passées de 450 tonnes en 2007 à 2 300 tonnes fin 2021, soit pratiquement autant que la France (2 436,4 tonnes). Moscou a aussi constitué des réserves financières estimées à 640 milliards de dollars ce qui lui permettra de tenir relativement longtemps face à l’asphyxie économique que met en place l’Occident. Malgré cela en 24 heures la Bourse de Moscou a perdu 40 % et le rouble a perdu plus de 5 % ce qui diminue d’autant le pouvoir d’achat des habitants.

Ajoutons que la force de frappe des chars russes s’est beaucoup dégradée, pannes, manque de carburants, accidents divers ont accumulé les épaves le long du chemin. Le bon sens voudrait que Poutine s’en rende compte et rentre chez lui. Mais ne sera-t-il pas tenté d’élever les enchères ?

26/02/2022 Une « étonnante » découverte

Nous pouvons légitimement nous étonner de découvrir que les Etats occidentaux n’avaint pas su avant le 22 février 2022 que Vladimir Poutine avait pris la décision de mener ce même jour une offensive militaire contre l’Ukraine et ses forces armées, ceci bien au delà des républiques du Donbass.

Cette offensive avait impliqué la mobilisation d’importants régiments de blindés et de forces aériennes destinées à neutraliser les résistances que les armées de l’Otan ne manqueraient pas d’opposer aux offensives russes. Ceci ne pouvait pas se faire du côté russe sans une active préparation conduite les jours précédents et qui ne pouvait pas échapper aux observateurs occidentaux, à commencer par ceux de l’Otan.

Ce sont notamment les mouvements de blindés et de véhicules de ravitaillement qui aurait du alerter les spécialistes de l’Otan. Mais plus encore ce sont les nombreux messages échangés nécessairement par radio ou par un internet crypté entre les commandements et les unités qui auraient du semer l’alerte.

A quoi bon disposer de moyens d’observation et de communication terrestres mais aussi satellitaires les plus performants du monde si ceux ci se révèlent aussi aveugles er désorientés que des rats brutalement tirés hors de leurs égouts.

26/02/2022. Que veut Poutine?

Que veut Poutine ?

Au 26/02/2022, alors que les chars russes sont prêt à entrer dans Kiev, la question n’a toujours pas de réponse.

Eliminons d’emblée l’hypothèse que Poutine serait simplement paranoïaque, enivré de sa puissance militaire. On peut penser que se trouvent au Kremlin suffisamment de conseillers civils et militaires pour, si cela était le cas, le ramener à la raison.

Ce n’est pas sans raisons profondes que les intérêts russes qui étaient jusqu’ici de plus en plus tournés vers l’international auraient accepté de se voir imposer des « sanctions » qui sans être insupportables seraient très coûteuses au moins dans le court terme.

Pour les uns, Poutine voudrait définitivement empêcher l’Ukraine et les autres républiques séparatistes de Lituanie et Moldavie de rejoindre l’Union Européenne et a fortiori l’Otan. Non sans raisons, il voit ces organisations comme constituant une machine de guerre américaine encerclant progressivement la Russie y compris avec des armes nucléaires tactiques.

Dans cette hypothèse, Poutine a progressé jusqu’à Kiev pour se donner ensuite les moyens de négocier quelque chose en échange de son retrait, par exemple l’autonomie des oblasts de Zaporijia et de Kherson, en sus de ceux de Donestk et Louhansk, lui permettant de joindre la Russie à la Mer Noire et de contrôler entièrement la mer d’Azov…

Pour d’autres, Poutine voudrait rappeler à ses concitoyens qu’il sera vital quoiqu’il en coûte, de renforcer l’appareil militaire russe et continuer à développer des armes de dernière génération tels que les missiles hypersoniques (dont certains semblent frapper Kiev aujourd’hui).

De plus, les services de renseignement russes connaissent parfaitement le fait qu’avec un budget de plus de 600 milliards de dollars le complexe militaro-industriel américain a décidé de renforcer la présence militaire américaine dans le monde, y compris dans le domaine spatial.

Aurait-il fallu cependant dans l’une ou dans l’autre de ces hypothèses envoyer des chars en Ukraine, commencer à faire de Kief un champ de ruines et parallèlement faire du jeune président ukrainien un héros véritable ? On peut en douter.



25/02/2022 Pourquoi l’offensive de Poutine en Ukraine?

Poutine ne se heurte pratiquement à aucune résistance efficace de l’armée ukrainienne. Ceci tient, non pas au manque de courage de cette armée, mais à la disproportion des effectifs et des armements. Les alliés de l’Ukraine au sein de l’Alliance atlantique ont dès le début prévenu qu’ils ne sacrifieraient aucun homme au service de la cause ukrainienne. Ils fournissent une certaine aide en terme de matériels militaires et de munitions, mais cette aide est très insuffisante. Il est prévisible qu’en conséquence, sauf à mourir sur place, l’armée ukrainienne ne pourra que fuir ou se rendre.

Cette offensive russe n’est pas le fait d’un dictateur devenu subitement fou, comme le disent les ignorants. Elle s’inscrit dans une histoire de plusieurs siècles, celle des relations entre les ukrainiens d’origine et les empires russes de Moscou, ayant toujours voulu traiter l’Ukraine comme une colonie dont les ressources devaient être à leur disposition.

Or Poutine paraît aujourd’hui avoir un but principal, ramener l’Ukraine au sein de la zone d’influence de Moscou (voir Histoire de l’Ukraine Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Ukraine.

Rappelons que fin 2013, alors qu’un accord d’association devait être signé entre l’Union Européenne et l’Ukraine, la Russie a tenté de faire pression sur Kiev pour le faire changer d’avis, notamment en restreignant l’accès à certains produits russes, en revoyant à la hausse les prix du gaz et en envisageant d’imposer aux citoyens ukrainiens un passeport étranger. Moscou craignait en effet que cette union se fasse à son désavantage

Finalement, en raison des pressions russes, Kiev a décidé de refuser l’accord avec l’Union européenne et de « relancer un dialogue actif avec Moscou ». Ce revirement a entraîné d’importantes manifestations pro-européennes à Kiev rassemblant au moins 100 000 personnes, l’occupation de la place Maïdan et de la mairie, avec comme mot d’ordre la démission du président d’alors Viktor Ianoukovytch

Dans la semaine du 17 février 2014, les manifestations sont durement réprimées par le gouvernement ukrainien, causant la mort d’environ 80 personnes. Le 22 février, le Parlement vote la destitution du président Ianoukovitch, apparemment en fuite à l’est du pays.

Aujourd’hui, on a tout lieu de penser que les chars-russes ne s’arrêteront pas avant d’avoir pris possession de l’Ukraine entière. Les Occidentaux feraient mieux de s’en convaincre.

23/02/2022/ L’Ukraine et la Russie

Vladimir Poutine pourra-t-il longtemps laisser les Etats-Unis et l’Otan utiliser librement l’ Ukraine actuelle comme une machine de guerre contre la Russie ?

Ce n’est pas selon lui sans de sérieuses raisons de défense que Vladimir Poutine a décidé de reconnaître le 21 février l’indépendance des deux territoires russophones séparatistes du Donbass, situés entre l’Ukraine et la Russie. « Je juge nécessaire de prendre cette décision qui était mûre depuis longtemps : reconnaître immédiatement l’indépendance de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk », a-t-il dit dans une allocution télévisée.

La traduction en français de cette longue allocution vient seulement de nous parvenir. Chacun peut y accéder librement grâce à RTFrance du 23 février https://francais.rt.com/international/96092-pourquoi-vladimir-poutine-a-decide-de-reconnaitre-les-republiques-autoproclamees-du-donbass

Nous ne commenterons pas ici ce document. Indiquons seulement que Poutine y rappelle en introduction que l’Ukraine n’est pas seulement un pays voisin mais qu’elle fait partie de l’histoire de la Russie depuis des siècles. Elle a été créée sous forme d’un Etat autonome à partir de provinces arrachées à la Russie par Lénine et Staline afin se donner satisfaction à leurs partisans nationalistes en mal d’Etat. Mais ni Lénine ni Staline n’en avaient fait un Etat souverain. Ils ne lui avaient notamment pas accordé le droit de quitter l’URSS.

C’est seulement dans les années cinquante, les difficultés économiques et politiques s’aggravant, que les dirigeants de l’URSS d’alors ont concédé aux dirigeants ukrainiens des droits souverains. Or ces dirigeants ukrainiens n’étaient pas des hommes d’Etat au sens occidental mais des oligarques vivant du vol et de la corruption. Aujourd’hui, après la soi-disant révolution de la place Maidan de 2014, rien n’a vraiment changé à cet égard. Poutine énumère tous les domaines où les oligarques au pouvoir pillent les ressources du pays. Ils n’agissent pas sur instruction de l’Occident mais au service de leurs intérêts immédiats.

Or le gouvernement ukrainien d’aujourd’hui, en partie poussé par ces oligarques, prépare à la demande de l’Otan, une véritable guerre contre la Russie, pouvant éventuellement devenir une guerre nucléaire de faible intensité. La Russie se doit de se défendre.

Nous laisserons à Vladimir Poutine la responsabilisé de ces accusations à l’égard de l’Ukraine.

23/02/2022 Poutine se devait de reconnaître les « Etats » russophones du Donbass

Au matin du 22 février 2022 (GMT) les Etats-Unis et la plupart des Etats européens se sont indignés de constater que Vladimir Poutine avait reconnu le 21 février l’indépendance des deux territoires russophones séparatistes du Donbass, situés entre l’Ukraine et la Russie. « Je juge nécessaire de prendre cette décision qui était mûre depuis longtemps : reconnaître immédiatement l’indépendance de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk », a-t-il dit dans une allocution télévisée.

Avec le terme de République populaire, il en faisait ainsi des Etats au sens du droit public international, méritant la protection de la Russie et des Etats alliés de la Russie. S’il ne l’avait pas fait, c’est là qu’il aurait fallu, sinon s’indigner, du moins s’étonner. Pouvait-il laisser les populations russophones de ces territoires en but aux bombardements et aux exactions de l’armée ukrainienne.

Bien que les situations n’aient pas été exactement comparables, faut-il rappeler qu’une des raisons de l’entrée en guerre de la France en 1914 a été de récupérer les territoires francophones de l’Alsace et de la Lorraine, annexés par l’empire allemand en 1871 dans le cadre du traité de Francfort.

Faut-il également rappeler que l’Ukraine elle-même s’était politiquement détachée de la Russie en 2004 et rapprochée des Etats-Unis dans le cadre de ce qui a été nommé la Révolution Orange, abondamment financée en dollars par la CIA ?

Depuis l’Ukraine était devenu un état corrompu, aux mains d’oligarques exploitant les ressources du pays avec la complicité de leurs homologues en Europe. Ce n’est pas un modèle de démocratie à l’occidental. On comprends que l’Union européenne ait jusqu’ici refusé son adhésion.

Ceci dit, ce n’est pas seulement par  » bienveillance  » à l’égard des russophones du Donbass que Vladimir Poutine a reconnu l’indépendance de leurs territoires. C’est d’abord parce que, s’il y envoyait des forces militaires, notamment dans le port de Marioupol, il se donnerait un meilleur accès aux côtes de la mer d’Azov et pourra mieux y contrôler le trafic maritime provenant de l’Ukraine ou destiné à l’Ukraine. Ces forces ne sont évidemment destinées à envahir l’Europe. Poutine sait très bien qu’en ce cas se serait la guerre mondial.

L’ambition actuelle de la Russie est sans doute de faire de la mer d’Azov, après la reprise en main de la Crimée, une mer exclusivement russe. S’y ajoute la volonté d’empêcher définitivement l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan.

Les « sanctions » que préparent les Occidentaux n’auront aucun poids au regard de ces objectifs. D’autant plus que les Etats européens seront les premières victimes des contre-sanctions que pourrait décider la Russie, par exemple en fermant temporairement les gazoducs et pipelines indispensables aujourd’hui à l’Europe, notamment à l’Allemagne.

21/02/2022. Poutine s’est-il enlisé dans la boue?

21/02/2022 Poutine s’est-il enlisé dans la boue ?

Depuis quelques jours, diverses informations circulent selon lesquels les chars russes stationnés la frontière avec l’Ukraine ont du renoncer à envahir ce pays comme prévu initialement au titre de sanctions à l’égard de Kiev.

Une vague de chaleur inattendue en hiver et vraisemblablement du au réchauffement climatique aurait risqué de paralyser les déplacements des plus lourds des blindés. La situation ne devrait pas s’améliorer, car l’hiver doux et pluvieux ne laisse pas présager le retour avant l’été prochain de sols suffisamment solides en profondeur. Afin de faire face à ce défi, de nombreux hélicoptères lourds ont été mobilisés, mais leurs capacités d’emport sont limités.

Ces explications ne nous paraissent pas crédibles. Tout au moins sont-elles insuffisantes. Comme nous l’avons montrée dans un article précédent, en dehors de leurs blindés, les forces armées russes disposent de nombreux types d’armes capables de porter à peu de frais la guerre en Ukraine. Un ou deux missiles balistiques dépourvus de tête nucléaire envoyés sur Kiev suffiraient à rendre raisonnable le président Ukrainien.

Joe Biden ne voudrait rien faire.

https://www.dailymail.co.uk/news/article-10391665/Putin-delayed-Ukraine-invasion-mild-winter-melted-icy-ground-advisers-say.html