23/02/2022 Poutine se devait de reconnaître les « Etats » russophones du Donbass

Au matin du 22 février 2022 (GMT) les Etats-Unis et la plupart des Etats européens se sont indignés de constater que Vladimir Poutine avait reconnu le 21 février l’indépendance des deux territoires russophones séparatistes du Donbass, situés entre l’Ukraine et la Russie. « Je juge nécessaire de prendre cette décision qui était mûre depuis longtemps : reconnaître immédiatement l’indépendance de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk », a-t-il dit dans une allocution télévisée.

Avec le terme de République populaire, il en faisait ainsi des Etats au sens du droit public international, méritant la protection de la Russie et des Etats alliés de la Russie. S’il ne l’avait pas fait, c’est là qu’il aurait fallu, sinon s’indigner, du moins s’étonner. Pouvait-il laisser les populations russophones de ces territoires en but aux bombardements et aux exactions de l’armée ukrainienne.

Bien que les situations n’aient pas été exactement comparables, faut-il rappeler qu’une des raisons de l’entrée en guerre de la France en 1914 a été de récupérer les territoires francophones de l’Alsace et de la Lorraine, annexés par l’empire allemand en 1871 dans le cadre du traité de Francfort.

Faut-il également rappeler que l’Ukraine elle-même s’était politiquement détachée de la Russie en 2004 et rapprochée des Etats-Unis dans le cadre de ce qui a été nommé la Révolution Orange, abondamment financée en dollars par la CIA ?

Depuis l’Ukraine était devenu un état corrompu, aux mains d’oligarques exploitant les ressources du pays avec la complicité de leurs homologues en Europe. Ce n’est pas un modèle de démocratie à l’occidental. On comprends que l’Union européenne ait jusqu’ici refusé son adhésion.

Ceci dit, ce n’est pas seulement par  » bienveillance  » à l’égard des russophones du Donbass que Vladimir Poutine a reconnu l’indépendance de leurs territoires. C’est d’abord parce que, s’il y envoyait des forces militaires, notamment dans le port de Marioupol, il se donnerait un meilleur accès aux côtes de la mer d’Azov et pourra mieux y contrôler le trafic maritime provenant de l’Ukraine ou destiné à l’Ukraine. Ces forces ne sont évidemment destinées à envahir l’Europe. Poutine sait très bien qu’en ce cas se serait la guerre mondial.

L’ambition actuelle de la Russie est sans doute de faire de la mer d’Azov, après la reprise en main de la Crimée, une mer exclusivement russe. S’y ajoute la volonté d’empêcher définitivement l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan.

Les « sanctions » que préparent les Occidentaux n’auront aucun poids au regard de ces objectifs. D’autant plus que les Etats européens seront les premières victimes des contre-sanctions que pourrait décider la Russie, par exemple en fermant temporairement les gazoducs et pipelines indispensables aujourd’hui à l’Europe, notamment à l’Allemagne.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :