10/03/2022 Vladimir Poutine et l’Otan

L’OTAN a toujours été présenté par les Etats-Unis et leurs alliés comme une alliance défensive contre d’éventuelles agressions militaires provenant de la Russie.

On lit sur le site de l’ Otan

Chaque jour, les pays membres de l’Otan se consultent et prennent des décisions sur des questions de sécurité, à tous les niveaux et dans une grande variété de domaines. Une « décision de l’Otan » est l’expression de la volonté collective de l’ensemble des 30 membres, étant donné que toutes les décisions sont prises par consensus (à l’unanimité). Des centaines de représentants et d’experts civils et militaires se rendent quotidiennement au siège de l’Otan pour échanger des informations, partager des idées et contribuer à la prise de décisions selon les besoins, en coopération avec les délégations des pays et les services du Siège. https://www.nato.int/nato-welcome/index_fr.html

En fait, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est une alliance militaire formée en 1949 par 12 pays, dont les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et la France. Créée peu après la Seconde Guerre mondiale, elle avait pour objectif de contrer la menace d’expansion russe d’après-guerre en Europe.

De nos jours, l’Otan sert de système de défense collective à la trentaine de pays qui y souscrivent. Les pays membres s’engagent à se défendre mutuellement contre toute attaque visant un pays membre — un engagement inscrit dans l’article le plus célèbre du traité, l’article 5.

Il y avait longtemps que l’Ukraine avait exprimé son désir d’adhérer à l’Otan : le pays avait entamé un processus formel afin de lancer un plan d’action en vue d’une demande d’adhésion à l’Otan en 2008. Cette adhésion lui aurait permis de faire appel à l’Organisation dans le cas d’une offensive de la Russie. Plus généralement elle aurait officialisé l’adhésion de l’Ukraine au « camp occidental » .

Cette adhésion, encouragée par Washington, avait suscité beaucoup de réserve de la part des autres membres. Il y avait des problèmes de corruption, de mauvaise gestion, des zones en crise et en conflit en Ukraine. Cela a fait hésiter beaucoup de gouvernements concernant la stabilité et les allures démocratiques du pays. Or , la décision d’admettre un pays tiers doit être unanime au sein des pays membres.

Par ailleurs, déjà à l’époque, Vladimir Poutine avait affirmé que toute tentative d’étendre l’Otan à ses frontières serait considérée comme une « menace directe », exprimant ses préoccupations quant à l’extension de l’alliance militaire et politique fondée pour contrer l’ex-Union soviétique.

La Russie a toujours considéré l’Otan comme une alliance non seulement défensive mais offensive. Chacun des pays de l’Otan peut abriter des systèmes d’armes offensives susceptibles atteindre Moscou et la Russie occidentale.

Ces armes sont fabriquées et vendues par des complexes militaro-industriels et politiques très puissants. En principe, elles ne devraient pas être utilisées. Mais seuls les gouvernements forts peuvent s’en assurer. Qui pourrait garantir qu’un futur gouvernement ukrainien en serait capable? A supposer même qu’il ne veuille pas attaquer la Russie, un accident pourrait survenir. Chacun sait qu’une simple grenade explosant par accident, en période de tension, pourrait provoquer une guerre nucléaire?

NB. Au 10/03, il semble que Volodymyr Zelenski ne demanderait pas l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan.

09/03/2022 Des molécules chimiques nécessaires à la vie se trouvent dans l’espace profond

Il y a déjà plus de 10 ans, des astrophysiciens en étudiant des image fournies par le réseau de radiotélescope Alma (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array) au Chili, avaient observé le disque protoplanétaire de l’étoile Oph-IRS 48 située à environ 444 années-lumière du Soleil dans la constellation d’Ophiocus. Rappelons que les étoiles se forment à partir d’un nuage de gaz et de poussières dont la partie centrale s’effondre sur elle-même. Puis, à l’intérieur du nuage résiduel, la matière restant se rassemble en un disque ; le disque protoplanétaire, qui va donner naissance aux corps planétaires (planètes, planètes naines, astéroïdes).

Or des observations récentes effectuées à l’aide d’Alma ont permis de repérer plusieurs molécules organiques complexes dans cette région, dont le méthoxyméthane, la plus grande molécule trouvée à ce jour dans un disque. Le méthoxyméthane, appelé aussi éther méthylique ou bien encore diméthyléther (DME), est un corps chimique qui fait partie de la famille des éthers. L’observation et l’étude de ces molécules permet ainsi de mieux comprendre la formation des différents corps importants pour la chimie prébiotique (antérieure à la vie).

Il se trouve que cette molécule est un précurseur permettant l’apparition dans des réactions chimiques de molécules prébiotiques de plus grandes tailles pouvant servir à l’apparition de la vie. On connaissait déjà l’existence de cette molécule et d’autres relevant de l’exobiologie dans des nuages moléculaires où l’on sait que naissent des étoiles entourées de disques protoplanétaires. Mais c’est la première fois que l’on montre que cette molécule peut aussi se retrouver dans un tel disque et donc potentiellement aussi sur des planètes capables de faire naître et se développer des formes de vie similaires à celles que l’on connaît sur Terre.

Cette observation conforte l’hypothèse selon laquelle la vie pourrait apparaître n’importe où dans l’univers connu, des lors que des conditions favorables seraient réunies. Or qui dit vie dit le plus souvent conscience et souvent aussi technologies et sciences. Malheureusement nous ne le saurons jamais vu les distances incommensurables qui nous sépareront toujours de ces planètes. ______________________________________________

Référence

A major asymmetric ice trap in a planet-forming disk. First detection of dimethyl ether
https://www.eso.org/public/archives/releases/sciencepapers/eso2205/eso2205a.pdf

The complex organic molecules (COMs) detected in star-forming regions are the precursors of the prebiotic molecules that can lead to the emergence of life. By studying COMs in more evolved protoplanetary disks we can gain a better understanding of how they are incorporated into planets. This paper presents ALMA band 7 observations of the dust and ice trap in the protoplanetary disk around Oph IRS 48. We report the first detection of dimethyl ether (CH3OCH3 ) in a planet-forming disk and a tentative detection of methyl formate (CH3OCHO). We determined column densities for the detected molecules and upper limits on non-detected species using the CASSIS spectral analysis tool. The inferred column densities of CH3OCH3 and CH3OCHO with respect to methanol (CH3OH) are of order unity, indicating unusually high abundances of these species compared to other environments. Alternatively, the 12CH3OH emission is optically thick and beam diluted, implying a higher CH3OH column density and a smaller emitting area than originally thought. The presence of these complex molecules can be explained by thermal ice sublimation, where the dust cavity edge is heated by irradiation and the full volatile ice content is observable in the gas phase. This work confirms the presence of oxygen-bearing molecules more complex than CH3OH in protoplanetary disks for the first time. It also shows that it is indeed possible to trace the full interstellar journey of COMs across the different evolutionary stages of star, disk, and planet formation.

08/03/2022. Les néo-nazis en Ukraine

Une « bande de néo-nazis en Ukraine »

Ce terme a été plusieurs fois utilisé par Vladimir Poutine pour justifier l’envoi de forces armées en Ukraine. Il ne désigne pas quelques dizaines d’individus, mais quelques milliers

En Europe, où le terme de nazi évoque les massacres de la seconde guerre mondiale les opinions publiques refusent cette excuse. Elles préfèrent parler de guerre injustifiée mené contre l’Ukraine par un Poutine en mal de popularité mais de quelques milliers, entre 10 et 20 000.

Thierry Maissan nous donne les précisions suivantes (cf. https://www.voltairenet.org/article215853.html)

Il faut se souvenir qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS ont chacun fait prisonnier de nombreux dignitaires nazis. Tous ont essayé de récolter leurs informations. Mais si, au bout de huit mois, les Soviétiques les ont renvoyés chez eux, les Américains en ont conservé un certain nombre et les ont recyclés. Chacun sait que, par exemple, le savant nazi qui imagina les V2, Werner von Braun, devint le directeur de la Nasa (opération « Paperclip »). Ou encore que le conseiller spécial du chancelier Adolf Hitler pour l’Ordre nouveau en Europe, Walter Hallstein, devint le premier président de la Commission européenne. Ou encore que l’alpiniste Heinrich Harrer fut chargé par la CIA d’élever le Dalaï-Lama. Ce que l’on sait moins, c’est que la CIA recycla aussi de nombreux SS et policiers de la Gestapo un peu partout dans le monde. Elle plaça par exemple le gestapiste Klaus Barbie à la tête de la Bolivie où il parvint à assassiner Che Guevara, ou le SS Alois Brunner en Syrie (alors alliée de Washington).

Durant toute la Guerre froide, la CIA utilisa les nazis. Cependant, le président Jimmy Carter chargea l’amiral Stansfield Turner de remettre de l’ordre dans l’agence, d’y limiter le rôle de ces agents et d’en finir avec les dictatures. La plupart des nazis furent renvoyés, mais ceux qui pouvaient agir dans le Pacte de Varsovie furent conservés. Ainsi le président Ronald Reagan célébra les « nations captives » d’Europe de l’Est, créant une suite d’associations pour déstabiliser les États membres du Pacte de Varsovie, voire l’URSS.

C’est donc de manière tout à fait logique, qu’en 2007, la CIA organisa à Ternopol (Ukraine) un congrès pour rassembler les néo-nazis européens et les jihadistes moyen-orientaux anti-Russes. Il fut présidé par le nazi ukrainien Dmitro Yarosh et l’émir tchétchène Dokou Umarov. Toutefois ce dernier, recherché par Interpol, ne put pas se rendre sur place. Il envoya donc un message vidéo de soutien. Par la suite, les néo-nazis et les jihadistes se battirent ensemble pour imposer l’Émirat islamique d’Itchkérie à la place de la République tchétchène.

En 2013, l’Otan forma au combat de rue les hommes du même Dmitro Yarosh en Pologne. De la sorte, ils furent opérationnels lors du changement de régime diligenté par Victoria Nuland (https://fr.wikipedia.org/wiki/Victoria_Nuland) en Ukraine  et nommé: la « révolution de la dignité » dite aussi « EuroMaïdan ». La plupart des journalistes sur place ont remarqué la présence inquiétante de ces nazis, mais les personnalités occidentales qui venaient participer à cette « révolution », comme Bernard-Henri Lévy étaient aveugles.

Dans les mois qui suivirent, la présence de cinq ministres nazis dans le gouvernement de transition provoqua les référendums d’indépendance des oblasts de Donestz et Lougansk. Le président Petro Porochenko, sur les conseils des amis d’Hunter Biden, les organisa en unités militaires qu’il plaça à la frontière des nouvelles Républiques populaires de Donestz et de Lougansk. Les groupes néo-nazis étaient financés par le parrain de la mafia locale Ihor Kolomoïsky.

Pour renverser le président Porochenko, Ihor Kolomoïsky fabriqua de toutes pièces un nouvel homme politique en produisant une série de télévision, Serviteur du peuple, dont l’acteur principal était un certain Volodymyr Zelensky. Lorsque celui-ci fut élu président il accepta toutes les suggestions la Maison-Blanche. Il dressa des monuments en hommage à Stepan Bandera, le chef des Collaborateurs nazis durant la Seconde Guerre mondiale. En définitive, il soutint son idéologie selon laquelle la population ukrainienne a deux origines, d’une part scandinave et proto-germanique, d’autre part slave, seuls les premiers sont de véritables Ukrainiens, les seconds ne sont que des Russes, des sous-hommes. Il promulgua, le 21 juillet 2021, une « Loi sur les peuples autochtones » qui prive les Ukrainiens d’origine salve de la jouissance des Droits de l’homme et des libertés fondamentales. Cette loi n’a pas encore été appliquée.

Durant sept ans, les groupes nazis ont massacré des habitants du Donbass, au hasard. L’Allemagne et la France, garants des accords de Minsk, n’ont rien fait . Les Nations unies elles mêmes ont fermé les yeux. Pendant sept ans, ces groupes se sont développés. Ils sont passés de centaines de soldats à des milliers.

A la demande de Victoria Nuland, le président Zelensky nomma Dmitro Yarosh conseiller spécial du chef des armées. Ce dernier, réorganisa les néo-nazis en deux bataillons et en groupes urbains. Il lança une vaste attaque des oblasts séparatistes le week-end de la Conférence sur la sécurité de Munich, déclenchant ainsi la réponse russe.

Le 3 mars, le bataillon nazi Aïdar fut vaincu par l’armée russe (https://katehon.com/fr/news/defaite-du-bataillon-nazi-aidar). Le président Zelensky nomma alors son commandant gouverneur d’Odessa avec pour mission d’empêcher les armées russes de faire la jonction entre la Crimée et la Transnistrie.

Tous ces faits sont indiscutables. On peut estimer que la réponse de la Russie est disproportionnée et inappropriée, mais pas qu’elle soit injustifiée.

07/03/2022. Quel avenir pour la coopération entre l’Europe et la Russie dans le domaine spatial?

Jusqu’à ce jour, la Russie et l’Europe coopéraient de façon très productive dans divers programmes intéressant l’espace. Le lanceur spatial russe Soyouz était la figure la plus emblématique de cette coopération.

Il s’agit d’un lanceur soviétique puis russe dont la conception remonte aux années 1950 qui fut utilisé initialement pour lancer les vaisseaux avec équipage du programme Soyouz. Ce lanceur, d’un peu plus de 310 tonnes et 46 mètres de haut, peut placer une charge utile de 7 tonnes en orbite basse. Il est notamment utilisé de nos jours pour mettre en orbite des satellites militaires russes, les équipages de la Station spatiale internationale, lancer les vaisseaux cargo Progress qui ravitaillent la Station spatiale internationale et pour mettre sur orbite des satellites scientifiques russes ou européens.

Grâce à sa fiabilité et son faible coût de production, il est toujours apprécié malgré la rusticité des techniques employées. À fin 2017, plus de 1 880 lanceurs Soyouz ont été lancés, avec un taux de réussite proche de 98 %. De juillet 2011 (retrait du service de la navette spatiale américaine) à mai 2020 (premier vol habité du Crew Dragon de la Nasa, Soyouz était le seul véhicule capable d’envoyer un équipage vers la station spatiale international ISS. L’Agence spatiale russe Roscosmos a toujours assuré sa mise en œuvre. Par ailleurs, la Russie avait toujours loué son site de lancement de Baïkonour au Kazakhstan à ceux qui souhaitaient l’utiliser.

Qu’en sera-t-il désormais ?

« Il n’y a pas de négociation sur OneWeb : le gouvernement britannique ne vendra pas ses parts », a aussitôt répondu Kwasi Kwarteng, le secrétaire d’Etat britannique au commerce.

Devant cette fin de non-recevoir, Roscomos a mis sa menace à exécution : le lanceur a été retiré du pas de tir.

Arianespace qui, par l’intermédiaire de sa filiale Starsem, avait commandité le lancement, a alors confirmé ce qui ressemble à la fin prématurée de l’un de ses plus gros contrats sur Soyouz, dans un communiqué de presse intitulé « Suspension des lancements Soyouz opérés par Arianespace et Starsem », et qui précise : « Concernant le lancement ST38 opéré pour OneWeb depuis Baïkonour, il a été reporté sine die suite aux conditions posées par Roscosmos pour poursuivre les opérations ».

06/03/2022. Réédition d’un article de stratpol.com

On lira ci-dessous un long article publié par le site russophile https://stratpol.com/ Centre d’analyses politico-stratégiques, qui offre sur la guerre actuelle en Ukraine un point de vue favorable à la Russie. Bien entendu nous laissons à l’auteur la responsabilité de ses opinions.

Sur le même sujet, mais bien plus critique à l’égard de Poutine on lira aussi Agoravox https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/guerre-en-ukraine-le-retour-de-la-239910

Voir également Mediapart https://www.mediapart.fr/journal/international/040322/isole-dans-sa-tour-d-ivoire-comment-poutine-en-est-arrive-lancer-l-invasion-de-l-ukraine

Ajoutons que, quelle que soit la validité du point de vue de Vladimir Poutine, ce n’est pas l’envoi de colonnes de chars et des bombardements intensifs sur les villes ukrainiennes qui peut justifier ce point de vue. JPB pour Europe-solidaire

Comprendre la crise ukrainienne en germe depuis huit ans
   Olivier Amos 

L’intervention militaire russe en Ukraine du 24 février a provoqué un émoi international. Récemment arrivé en Russie, j’ai souhaité comprendre l’origine et les enjeux de ce conflit prévisible. Voici un résumé de cette situation souvent mal comprise en Occident.

Historiquement, l’Ukraine est le foyer de l’état slave : la “Rus de Kiev” nait au Xème siècle, fondée par des vikings. C’est le berceau historique de la Russie. Kiev en sera la capitale avant d’être déplacée à Vladimir, puis à Moscou au XVème siècle.

L’Ukraine sera envahie par les Mongols puis à plusieurs reprises par la Pologne. L’Ouest du pays est depuis constitué d’une population qui en est majoritairement issue. Elle a été marquée par les persécutions bolchéviques (Holodomor), puis a acquis son indépendance à la chute de l’URSS.

Les années 90 voient un rapprochement économique de l’Ukraine avec le marché occidental, des accords de démilitarisation de l’ancien pays soviétique, en même temps que la promesse de l’OTAN de ne pas s’étendre à l’Est. L’Ouest du pays commerce principalement avec l’Europe pendant que l’Est (plus industriel) noue des accords commerciaux avec la Russie. Les relations entre l’ex-URSS et l’occident sont au rapprochement et à l’entente réciproque. Mais à partir de 1999, l’OTAN commence à s’étendre progressivement dans les pays de l’ex bloc soviétique, ce qui va provoquer un basculement de la politique étrangère russe à la fin des années 2000, prémices de la crise ukrainienne.

A partir des années 2010, les minorités ultra-nationalistes exercent une pression sur le pouvoir pour persécuter la minorité russophone de l’est du pays et rapprocher l’Ukraine de l’Europe. Le gouvernement pro-russe n’accédant pas à leurs revendications, ces groupes « ukronazis » (Svoboda, régiment Azov, Bandera, Pravy Sektor…), soutenus par les USA et l’Europe qui y trouvaient un intérêt stratégique, ont profité des manifestations populaires de 2013 pour provoquer son renversement lors de la révolution sanglante du Maïdan en 2013-2014. Les membres de l’ancien gouvernement (pro-russe) ont été emprisonnés ou exilés.

A la suite de ces évènements, la Crimée (russophone) vote massivement pour son indépendance et son rattachement à la Russie, qui sont toujours contestés par l’Ukraine et l’Europe. L’occident met alors en place des sanctions économiques contre la Russie, qui réplique avec des sanctions symétriques (qui pénalisent essentiellement les exportations agricoles françaises).

Pour trouver une issue à ces tensions, un nouvel exécutif (pro-européen) a signé en 2014 le protocole de Minsk, sous l’égide de l’OSCE (dont la France fait partie), qui garantissait entre autres la protection des populations russes, la démilitarisation des zones frontières, la libération des prisonniers, la fin des mesures discriminatoires et l’autonomie du Donbass. Cet espoir d’un retour à la normale a suscité un enthousiasme de toute la population ukrainienne.

Mais devant l’échec de son application, de nouveaux accords de Minsk 2 ont été rédigés en 2015 pour obtenir un cessez-le-feu, une démilitarisation de la zone tampon et une décentralisation administrative.

Malheureusement les gouvernements successifs, corrompus par les oligarques ukrainiens et noyautés par des groupes radicaux, n’ont pas tenu leurs engagements et continué la persécution des habitants du Donbass (privation de ressources sociales, déplacement de population, reprise des bombardements, emprisonnement des opposants politiques…). Ce qui a provoqué une quasi-guerre civile entre les milices indépendantistes pro-russes et l’armée ukrainienne.

La situation a empiré pendant sept ans malgré les demandes répétées de la Russie de mettre fin à ces exactions et de faire enfin appliquer les accords de Minsk. De surcroit, l’Ukraine s’est engagée dans un processus d’intégration dans l’OTAN qui ouvre la porte à l’installation de forces armées américaines à la frontière russe, ce que la Russie ne peut accepter pour sa sécurité (tout comme l’installation des missiles russes à Cuba constituaient une menace inacceptable pour les USA).

C’est ce qui a décidé la Russie à reconnaitre officiellement l’indépendance des républiques de Donetsk et Lougansk (LDNR) en début de semaine (à mettre en parallèle avec la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par l’occident). Les combats ne cessant pas, elle a enclenché la suite logique de ce processus, en intervenant militairement pour protéger ces populations et mettre un terme à cette persécution. L’autre objectif affiché est de neutraliser les forces ukrainiennes pour préserver ses intérêts stratégiques vitaux face à l’OTAN.

Poutine s’est longuement exprimé devant le peuple russe pour rappeler le contexte et préciser ses intentions, la traduction de son discours permet de comprendre les enjeux russes de cette intervention militaire.

Les premiers mouvements semblent indiquer que cette offensive sera rapide et que la présence militaire sera limitée au Donbass. Mais les buts affichés lors de l’allocution du président russe laissent penser que cette opération ne s’arrêtera qu’après le renversement du gouvernement de Zelensky et la neutralisation des groupes armés extrémistes. Vous pouvez suivre l’évolution des évènements sur la chaîne Stratpol.

La population russe est dans l’expectative, les plus jeunes sont surpris de la radicalité de l’intervention russe, alors que les plus vieux s’attendaient à cette opération depuis longtemps (certains ne comprenaient pas que le Donbass n’ait pas été rattaché à la Russie en même temps que la Crimée).

Les expatriés « temporaires » français craignent pour leurs intérêts professionnels et dénoncent cette offensive. Les expatriés « permanents » qui se sont intégrés depuis des années (généralement en se mariant à des Russes, en ayant des enfants et en créant leur entreprise ici) sont au contraire plutôt convaincus de la légitimité de l’intervention russe même s’ils espéraient une autre issue au conflit du Donbass.

Leur crainte principale aujourd’hui c’est que l’occident choisisse l’escalade belliciste. Nous pouvons néanmoins espérer un apaisement pour la suite car autant la Russie n’a politiquement rien à gagner à envahir la partie ouest anti-russe de l’Ukraine, autant l’Europe a tout à perdre de nouvelles sanctions dont on voit déjà les effets délétères (explosion du prix des énergies fossiles, qui profite aux USA pour exporter leur gaz de schiste), l’inflation des prix et l’effondrement boursier qui va en résulter.

Une issue rapide passerait par la mise en place d’accords de paix entre les protagonistes et une désescalade diplomatique après les sanctions.

05/03/2022. L’Ukraine et l’Otan

L’Ukraine constituait pour les Etats-Unis une des dernière étapes avant l’encerclement de la Russie par l’Otan. Il ne faut pas s’étonner dans ces conditions que Moscou ait après beaucoup d’hésitations décidé de réagir. Sachant qu’il n’obtiendrait rien par des négociations avec l’Otan, il a du se résoudre à utiliser la force, notamment l’envoi de chars, dans l’espoir d’empêcher l’Ukraine de s’engager totalement au service des Etats-unis et afin qu’elle puisse conserver un statut de relative neutralité.

Ce projet réussira probablement dans les prochains jours. Sous peu, après Marioupol et d’autres villes de l’est de l’Ukraine, Kiev sera obligé de se rendre. Vladimir Poutine se satisfera-t-il de ce succès, ce qui serait raisonnable ou voudra-t-il obtenir le ralliement de l’ensemble de l’Ukraine, on le saura vite.

Pour la Chine en tous cas, selon l’expression de l’anbassadeur chinois Zhang, l’Ukraine devrait devenir un pont entre l’est et l’Ouest et non un enjeu de confrontation entre super-puissances

http://chnun.chinamission.org.cn/eng/hyyfy/202202/t20220226_10645830.htm

Note au 06/03/2022

On pourra consulter le site https://stratpol.com/ Centre d’analyses politico-stratégiques qui offre sur la guerre actuelle en Ukraine un point de vue favorable à la Russie

05/03/2022 Poutine organisera-t-il une crise énergétique majeure en Europe ?

Les économies européennes sont de plus en plus consommatrices d’énergie, principalement sous forme d’électricité. Cette énergie provient d’abord de la consommation de pétrole et de gaz dans des centrales classiques. Mais elle provient aussi des centrales nucléaires sur le modèle des centrales françaises. On ne mentionnera pas les sources d’énergie renouvelables dont la production est encore marginale.

Concernant le pétrole et le gaz russes, qui par exemple satisfont aujourd’hui environ 40% des besoins de l’Allemagne, Poutine n’a pas encore décidé, à titre de contre-sanctions, de fermer les robinets. Mais il est prévisible qu’il le fera dans les jours qui viennent, soit délibérément soit en conséquence de son offensive actuelle en Ukraine, qui détruiront les installations par lesquelles transite le gaz russe exporté vers l’Europe.

Concernant les centrales nucléaires, il pourra très facilement bombarder les générateurs ukrainiens, comme l’a montré l’accident récent survenu dans la centrale de Zaporijia. Même si le cœur des réacteurs, bien protégé, ne devrait pas devenir de nouveaux Tchernobyl, les centrales cesseraient de produire.

Comme l’Europe n’est pas à jour officiellement en guerre avec la Russie, elle ne devrait pas s’inquiéter. Mais ce ne serait plus le cas si elle entreprenait des actions jugées hostiles par Moscou.

Gaz russe. Nord Stream 2
Voir https://www.mediapart.fr/journal/international/280122/nord-stream-2-le-gazoduc-qui-ebranle-la-diplomatie-allemande

04/03/2022. Commencer à « voir » la matière noire

La matière noire ou matière sombre est une forme de matière qui n’a jamais pu être observée directement. D’où son nom. Néanmoins son existence hypothétique permet de rendre compte de certaines observations astrophysiques telles que la masse des galaxies ou les propriétés des fluctuations du fond diffus cosmologique

En ce qui concerne les origines et la composition de la matière noire, différentes hypothèses sont explorées  gaz interplanétaire, étoiles mortes,  naines brunes, trous noirs.etc. Dans le cadre du modèle cosmologique standard, celui-ci est dominé par la matière noire dont on suppose qu’elle est constituée de particules jamais vues sur Terre dans des accélérateurs ou des détecteurs. Elle ne peut interagir avec la matière standard et avec elle-même que par la gravitation.

Cette matière est quasi indispensable pour rendre compte des caractéristiques du rayonnement fossile, soit la première lumière de l’univers, qui a été émise 380 000 ans après le big bang, il y a donc plus de 13 milliards d’années. Elle est également indispensable pour comprendre l’existence des galaxies.

L’étude référencée ci-dessous, dont nous publions ici les références et l’abstract, indique que dans certaine conditions, il serait possible d’observer certains « halos évolutifs » de la matière noire ayant modelé les galaxies depuis l’origine de l’univers.

Référence

Astronomy et Astrophysique. Observational evidence of evolving dark matter profiles at z ≤ 1

Received: 18 July 2021 Accepted: 11 January 2022

Abstract

Context. In the concordance cosmological scenario, the cold collisionless dark matter component dominates the mass budget of galaxies and interacts with baryons only via gravity. However, there is growing evidence that the former, instead, responds to the baryonic (feedback) processes by modifying its density distribution. These processes can be captured by comparing the inner dynamics of galaxies across cosmic time.

Aims. We present a pilot study of dynamical mass modeling of high redshift galaxy rotation curves, which is capable of constraining the structure of dark matter halos across cosmic time.

Methods. We investigate the dark matter halos of 256 star-forming disk-like galaxies at z ∼ 1 using the KMOS Redshift One Spectroscopic Survey. This sample covers the redshifts 0.6 ≤ z ≤ 1.04, effective radii 0.69 ≤ Re[kpc] ≤ 7.76, and total stellar masses 8.7 ≤ log(Mstar [M]) ≤ 11.32. We present a mass modeling approach to study the rotation curves of these galaxies, which allow us to dynamically calculate the physical properties associated with the baryons and the dark matter halo. For the former we assume a Freeman disk, while for the latter we employ the NFW (cusp) and the Burkert (cored) halo profiles, separately. At the end, we compare the results of both cases with state-of-the-art galaxy simulations (EAGLE, TNG100, and TNG50).

Results. We find that the “cored” dark matter halo emerged as the dominant quantity from a radius 1–3 times the effective radius. Its fraction to the total mass is in good agreement with the outcome of hydrodynamical galaxy simulations. Remarkably, we found that the dark matter core of z ∼ 1 star-forming galaxies are smaller and denser than their local counterparts.

Conclusions. Dark matter halos have gradually expanded over the past 6.5 Gyrs. That is, observations are capable of capturing the dark matter response to the baryonic processes, thus giving us the first piece of empirical evidence of “gravitational potential fluctuations” in the inner region of galaxies that can be verified with deep surveys and future missions.

03/03/2022. Proposer à l’Ukraine d’entrer dans l’Union Européenne

Il suffit de regarder une carte de l’Otan pour comprendre que Vladimir Poutine se serait senti militairement encerclé si l’Ukraine était entré dans l’Otan. Or c’est bien cette entrée de l’Ukraine dans l’Otan que recherchait depuis des années les stratèges américains

L’expérience a montré que l’Otan, loin d’être une alliance défensive, comporte des membres qui avaient accepté sous les pressions américaines, qu’il y soit installé des plates-formes de lancement de missiles de plus en plus puissants. Ces missiles peuvent sans difficulté frapper Moscou et toutes les provinces occidentale de la Russie. L’entrée dans l’Otan d’une Ukraine acceptant de se soumettre à Washington aurait resserré l’étau.

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L’Otan n’avait plus de raison d’être. Or bien au contraire, l’Otan a non seulement continué à exister, mais elle passé du statut d’alliance défensive à celui d’outil au service de l’expansionnisme des États-Unis.

Profitant de l’état de délabrement de l’ex-république socialiste fédérative soviétique de Russie, les États-Unis ont fait avancer l’Otan vers l’Est. Tous les ex-alliés de l’URSS au sein du Pacte de Varsovie ont été intégrés à l’Otan entre 1990 et 2020, y compris Croatie et Slovénie qui faisaient partie de la Yougoslavie non-alignée avant sa destruction, ainsi que l’Albanie. L’Otan a même étendu son emprise sur les anciennes républiques baltes de l’URSS, ce qui fait qu’une région de la Russie, Kaliningrad, est totalement encerclée par l’Otan.

En ce qui concerne l’Ukraine elle-même il était très vite apparu après ces événements qu’elle était partagée entre partisans du maintien de l’alliance avec la Russie et ceux demandant un rapprochement avec les Etats-Unis et par conséquent avec l’Union européenne.

Sur ce point, il faut rappeler que, en novembre 2013, l’Ukraine avait renoncé à signer un accord d’association avec l’Union européenne et relancé, selon l’expression utilisée « un dialogue actif avec Moscou ». Ce revirement a entraîné d’importantes manifestations pro-européennes à Kiev rassemblant des centaines de milliers de personnes, l’occupation du Maïdan Nézalejnosti et de la mairie, avec comme mot d’ordre la démission du président de l’époque Viktor Ianoukovytch. Rapidement, Kiev, la capitale ukrainienne, s’est transformée en champ de bataille. La légitimité de Viktor Ianoukovytch a été d’autant plus remise en cause après la mort de 75 manifestants tués par balle le jeudi 20 février 2014. Le 22 février 2014, Ianoukovytch a quitté Kiev pour Kharkiv et le régime politique était renversé.

Alors que des rumeurs évoquaient sa démission, le président a démenti, il a refusé de démissionner, parlé d’un « coup d’État » qu’il a comparé à l’arrivée des Nazis en Allemagne. Quelques heures plus tard, le Parlement a voté sa destitution et fixe au 25 mai suivant la prochaine élection présidentielle. Dans le même temps la libération de l’ancienne Première Ministre Ioulia Tymochenko est votée et Oleksandr Tourtchynov est choisi pour diriger pour quelques mois l’Ukraine par intérim.

En fin de compte, ces affrontements ont fait au moins 82 morts chez les manifestants et 16 morts chez les forces de l’ordre. Après un bref passage par l’Est de l’Ukraine, le président déchu s’est réfugié en Russie. Un mandat d’arrêt a été lancé contre lui pour « meurtres de masse ».

Aujourd’hui, il semble que Vladimir Poutine ait voulu protéger la Russie d’une entrée de l’Ukraine dans l’OtanManifestement l’emploi de colonnes de chars comme argument politique a été malheureux. Il a entraîné l’effet contraire .

En riposte, la meilleure solution pour les Européens serait de proposer à l’actuel président ukrainien Volodymyr Zelensky d’entrer d’urgence dans l’Union européenne.

Rédaction provisoire à la date du 03/02, 21 h

02/03/2022. Offensive russe et inflation

Même si l’offensive russe contre l’Ukraine ne s’étend pas à d’autres pays européens, elle aura nécessairement un effet destructeur sur les économies européennes.

On peut raisonnablement penser que cette offensive ne prendra pas une forme nucléaire, même sous la forme minimum que serait l’utilisation d’armes nucléaires tactiques dite aussi de faibles intensité. Les unités au contact sont suffisamment rapprochées pour que l’armée russe puisse espérer avoir la possibilité d’échapper aux retombées de ses propres frappes, même si celles-ci se faisaient par le biais de tirs de missiles à longue portée.

Par contre, si l’offensive russe se poursuivait et s’intensifiait, elle pourrait prendre la forme de contre-sanctions qui auraient sur les économies européennes des effets inflationnistes que celles-ci supporteraient mal. La Russie, actuellement, fournit à l’Europe du pétrole, du gaz et des céréales qui sont indispensables à des pays tels que l’Allemagne. Une contre-sanction consistant à couper le robinet du gaz russe, par exemple, mettrait momentanément en difficulté l’économie de l’Allemagne qui avait refusé de se doter comme la France de centrales nucléaires.

Depuis plusieurs années, les pays européens ont mis en place des outils leur permettant de lutter contre la déflation. Une des causes de celle-ci est l’excédent de l’offre sur la demande, qui se traduit notamment par une baisse de l’emploi et une augmentation du chômage. Il convient donc de faire appel à des procédures de relance. La plus notable de celle-ci, au niveau de l’Etat, est le déficit budgétaire à petite dose. Celui-ci n’entraîne pas de réactions négative des citoyens.

Au contraire, si une inflation se mettait en place, elle nécessiterait des mesures destinées à redresser les comptes budgétaires. Il s’agirait notamment de diminuer les investissements publics et surtout augmenter les impôts sur la consommation. Les citoyens verraient ceci avec hostilité. Ce qui fragiliserait les gouvernements et limiterait leurs aptitudes à lutter contre une offensive russe qui se prolongerait.