18/04/2022 Une nouvelle mesure du boson W

Le boson W dispose d’une force supérieure à celle qui lui avait avait été attribuée dans le tableau des particules élémentaires. Une collaboration de près de 400 physiciens vient de publier l’article cité en référence, dont nous reprenons ci-dessous l ‘abstract.

On appelle force d’une particule élémentaire l’une des quatre forces fondamentales qui régissent le comportement de la matière dans l’ univers. Le boson W est avec le bozon Z, le vecteur de la force faible, Les particules de matière interagissent en échangeant ces bosons, mais cette interaction a une faible portée. Le boson W, qui a une charge électrique, change la nature même des particules. Il transforme les protons en neutrons, et vice-versa, par la force faible, c’est-à-dire la force qui déclenche la fusion nucléaire et permet aux étoiles de brûler. Cette combustion crée des éléments plus lourds et, quand une étoile meurt, ces éléments sont projetés dans l’espace, constituant ainsi des matériaux de construction pour les planètes, et les êtres vivants.

Dans les années 1960, la force faible a été combinée avec la force électromagnétique dans les théories électrofaibles unifiées, qui visaient à assurer une cohérence mathématique au cadre de base de la physique. Toutefois, la théorie supposait que les particules porteuses de force soient dépourvues de masse, alors même que les scientifiques savaient que le boson W devait avoir une masse importante, expliquant la courte portée de l’interaction.

Pour expliquer la masse du W, les théoriciens ont alors introduit un autre mécanisme, jusqu’ici non observé,  qui sera appelé par la suite mécanisme de Higgs et qui suppose l’existence d’un boson spécifique, le boson de Higgs. Celui-ci a été mis en évidence en 2012 au Cern. Cette masse était de 80 357 méga-électronvolts.Or la masse qui vient d’être découvertes est de 80 443.

La différence paraît infime. Mais cette différence met en évidence que quelque chose n’avait pas été compris. La théorie de la matière, dite le modèle standard, est elle à réécrire ? Et ça, c’est une excellente nouvelle !  

En effet, tous les physiciens savent que le modèle standard est incomplet. Et ils cherchent depuis des dizaines d’années des indices qui pourraient les amener à la compléter. En particulier, cette théorie n’arrive pas à décrire la gravité – on ne sait pas décrire, à l’échelle microscopique, la force qui fait tomber les pommes des arbres, et qui nous maintient les pieds sur Terre. Va-t-on y réussir dorénavant, grâce au boson W ?

High-precision measurement of the W boson mass with the CDF II detector

SCIENCE • 7 Apr 2022 • Vol 376, Issue 6589 • pp. 170-176 • DOI: 10.1126/science.abk1781

Weighing the W boson

W bosons mediate the weak interaction, one of the fundamental forces in physics. Because the Standard Model (SM) of particle physics places tight constraints on the mass of the W boson, measuring the mass puts the SM to the test. The Collider Detector at Fermilab (CDF) Collaboration now reports a precise measurement of the W boson mass extracted from data taken at the Tevatron particle accelerator (see the Perspective by Campagnari and Mulders). Surprisingly, the researchers found that the mass of the boson was significantly higher than the SM predicts, with a discrepancy of 7 standard deviations. —JS

Abstract

The mass of the W boson, a mediator of the weak force between elementary particles, is tightly constrained by the symmetries of the standard model of particle physics. The Higgs boson was the last missing component of the model. After observation of the Higgs boson, a measurement of the W boson mass provides a stringent test of the model. We measure the W boson mass, MW, using data corresponding to 8.8 inverse femtobarns of integrated luminosity collected in proton-antiproton collisions at a 1.96 tera–electron volt center-of-mass energy with the CDF II detector at the Fermilab Tevatron collider. A sample of approximately 4 million W boson candidates is used to obtain MW=80,433.5±6.4stat±6.9syst=80,433.5±9.4 MeV/c2MW=80,433.5±6.4stat±6.9syst=80,433.5±9.4 MeV/c2, the precision of which exceeds that of all previous measurements combined (stat, statistical uncertainty; syst, systematic uncertainty; MeV, mega–electron volts; c, speed of light in a vacuum). This measurement is in significant tension with the standard model expectation.

16/04/2022 Avenir du système électrique français

En octobre 2021, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité français RTE a publié un premier rapport intitulé « Futurs énergétiques 2050 » 

Le Rapport examine l’avenir du système électrique français dans une trentaine d’années compte tenu les scénarios de mix de production à l’étude permettant d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Le rapport aborde de nombreux sujets techniques et les tendances futures, notamment à propos du coût des technologies émergentes, solaire, éolien notamment, du potentiel d’électrification des différents secteurs, de la stabilité du réseau et des besoins de réserve dans un système électrique qui n’est pas alimenté en permanence. Le rapport examine également les gains que la sobriété pourra apporter à la transition énergétique.

Il conclut qu’un développement important des énergies éolienne et solaire est indispensable. Selon les scénarios, en 2060, la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité ira de 50 % à 100 %, le reste étant assuré par le nucléaire actuel dit de fission. Tous ces scénarios atteignent la neutralité carbone et le même niveau de fiabilité dans la fourniture.

Cette étude confirme, après celle de l’Ademe , que le coût d’un système électrique 100 % renouvelable à l’horizon 2050-2060 est proche de celui d’un système reposant sur de nouvelles centrales nucléaires à fission du type EPR.

Cependant, ce rapport aboutit, sous ses hypothèses centrales, à un écart de coût en faveur des scénarios comprenant la construction de nouveaux réacteurs, de l’ordre de 15 % entre le scénario N2 (avec 23 GW de nouveau nucléaire, soit 14 centrales de type EPR, en 2050) et le scénario M23 (sans nouveau nucléaire).

Certains observateurs en tirent la conclusion que ce rapport fournit une justification économique pour lancer dès maintenant un programme de construction de nouvelles centrales EPR en France.

Ajoutons que dans quelques années, il faudra tenir compte des coûts du nucléaire dit de fusion actuellement expérimenté, notamment par la France, à Cadarache.

16/04/2022 Age probable de la vie sur Terre

La vie bactérienne serait apparue sur Terre entre 3,75 et 4,20 milliard d’années avant le présent

Dans la mesure où les virus sont des organismes trop simples pour être identifiés comme aux origines de la vie sur Terre, c’est la vie bactérienne qui est prise en référence. Or jusqu’ici, les bactéries les plus anciennes, dites aussi automates cellulaires primitifs, étaint considérées comme datant d’environ 3,75 milliards d’années avant le présent. Aujourd’hui, une étude de chercheurs de l’University College de Londres, référencée ci-dessous, suggère que les premières formes de vie bactérienne seraient plus anciennes. Elles dateraient d’environ 4,28 milliards d’années.

Des structures fossilisées découvertes au Québec, dans un petit morceau de rocher d’origine océanique laissent penser qu’il pourrait s’agir de filaments ou de tubes de nature biologique, appartenant à une bactérie primitive. Une étude plus approfondie de ces formes, découvertes dans des roches voisines, a montré que par leur complexité, elles n’auraient pas pu avoir une origine chimique, autrement dit abiotique ou non biologique. Elles auraient pu même résulter de phénomènes primitifs de photosynthèse, caractéristiques de végétaux vivants dans l’eau.

Ainsi la Terre, environ 300 millions d’années après sa formation, aurait pu héberger de premières formes de vie complexe. Il apparaît de plus en plus probable qu’il en soit de même dans les autres planètes dites habitables existant dans les autres galaxies.

Référence

Metabolically diverse primordial microbial communities in Earth’s oldest seafloor-hydrothermal jasper

Science advances• 13 Apr 2022 • Vol 8, Issue 15 • DOI: 10.1126/sciadv.abm2296

Abstract

The oldest putative fossils occur as hematite filaments and tubes in jasper-carbonate banded iron formations from the 4280- to 3750-Ma Nuvvuagittuq Supracrustal Belt, Québec. If biological in origin, these filaments might have affinities with modern descendants; however, if abiotic, they could indicate complex prebiotic forms on early Earth. Here, we report images of centimeter-size, autochthonous hematite filaments that are pectinate-branching, parallel-aligned, undulated, and containing Fe2+-oxides. These microstructures are considered microfossils because of their mineral associations and resemblance to younger microfossils, modern Fe-bacteria from hydrothermal environments, and the experimental products of heated Fe-oxidizing bacteria. Additional clusters of irregular hematite ellipsoids could reflect abiotic processes of silicification, producing similar structures and thus yielding an uncertain origin. Millimeter-sized chalcopyrite grains within the jasper-carbonate rocks have 34S- and 33S-enrichments consistent with microbial S-disproportionation and an O2-poor atmosphere. Collectively, the observations suggest a diverse microbial ecosystem on the primordial Earth that may be common on other planetary bodies, including Mars.

15/04/2022 Chine: un monde sans dollars?

 Pour la plupart des économistes, il n’y a pas d’alternative au dollar

 Aucune monnaie n’est capable de se substituer au dollar, d’offrir la liquidité et la sécurité de la monnaie américaine. Le yuan, en dépit de la taille de l’économie chinoise, n’est pas capable de rivaliser avec la monnaie américaine dans les échanges internationaux : il n’est que partiellement convertible et toujours placé sous le contrôle étroit des autorités chinoises.

 Pourtant, défendant depuis des années un rééquilibrage du système monétaire international mais convaincu que cela ne peut se faire que dans le temps, le gouvernement chinois ne cesse de poser des jalons pour favoriser cette évolution. Il a développé son propre système d’échanges interbancaires libellé en yuan, afin de concurrencer le système Swift et de se placer en dehors de l’orbite occidentale. Parallèlement, dans le cadre de son projet des routes de la soie, il a instauré un modèle d’échanges dit Bridge Project qui permet d’assurer le financement des infrastructures dans les pays choisis sans passer par le dollar et le système financier international.

Enfin, la Banque centrale chinoise est en train d’élaborer un système numérique pour organiser les échanges et les paiements entre les pays en dehors du dollar. Le système a vocation à ce stade de ne concerner que les échanges régionaux. Mais cela pourrait intéresser beaucoup de pays : en 2020, la Chine a signé le plus grand accord de libre-échange avec quinze pays de la zone Asie-Pacifique, incluant notamment le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Par ailleurs, la pandémie et maintenant la guerre en Ukraine bouleversent le commerce mondial d’une façon qui pourrait conduire, selon l’organisation mondiale du Commerce, à une « fragmentation des échanges mondiaux en blocs géopolitiques distincts ». La guerre par finance interposée ne peut qu’accélérer ce mouvement.

Dans ce cas, le dollar comme monnaie de change universel ne s’imposerait pas. Au contraire, il serait une gène.

14/04/2022.Le Moskva. Comment se tirer un missile dans le pied

Le croiseur lance missiles russe Moksva, navire amiral de la flotte russe de la mer Noire, endommagé par des missiles Neptune eux-mêmes russes.


Le croiseur Moskva a été « gravement endommagé » par une explosion de munitions causée par un incendie, ont rapporté jeudi 14/04 les agences d’Etat russes, citant le ministère de la Défense. « En raison d’un incendie, des munitions ont explosé à bord du croiseur lance-missiles Moskva. Le navire a été gravement endommagé », selon le ministère cité par les agences Tass et Ria Novosti. L’équipage a été entièrement évacué et une enquête est en cours pour déterminer la cause de l’incendie.

Les autorités ukrainiennes avaient auparavant affirmé que le Moskva était en feu après avoir été touché par des missiles. « Des missiles Neptune qui protègent la mer Noire ont causé d’importants dégâts à ce navire russe », a affirmé le gouverneur ukrainien de la région d’Odessa (sud), Maxime Martchenko.

“Il brûle avec intensité. Et avec cette mer agitée, il est impossible de savoir quand ils seront capables de recevoir de l’aide”, a-t-il dit, assurant que “510 membres d’équipage” étaient à bord. “Nous ne comprenons pas ce qui s’est passé”, a-t-il ajouté.

Pour notre part, nous commençons à le comprendre. Rappelons que Vladimir Poutine avait lui même indiqué il y a 18 mois que les forces armées russes allaient être dotées d’armes hypersoniques indétectables, dont des missiles Kinjal. Nous avions rappelé qu’un seul de ces missiles, bien placé, suffisait à rendre non manœuvrant un porte avion de la classe Nimitz. Encore faudra-t-il savoir s’en servir. L’expérience du Moskva n’a rien de rassurant

Note au 15/04

Le Moskva a finalement coulé. Bravo la Marine russe.

13/04/2022 Le Métavers de Mark Zuckerberg

Le terme de métavers désigne un Internet basé sur la réalité virtuelle tel qu’il pourrait évoluer dans un proche avenir . Il s’agira d’un monde virtuel composé de plusieurs espaces distincts et persistants, peuplés d’avatars contrôlés par les utilisateurs. Les avatars dans ce cas seront des personnages fictifs représentant les utilisateurs et en principe contrôles par eux grâce à des casques spécialisés. Le terme est devenu d’actualité depuis que Zuckerberg a fait savoir qu’il souhaitait développer un métavers.

Facebook — rebaptisée Meta depuis peu — vient annoncer la création de 10 000 emplois en Europe, dédiés à la fabrication des dispositifs de réalité virtuelle et augmentée nécessaires pour accéder au futur métavers. Il s’agira, notamment, de casques de réalité virtuelle qui permettront aux futurs utilisateurs de s’immerger dans cette nouvelle réalité.

Les technologies nécessaires à la création de cette nouvelle réalité ne seront pas nécessairement nouvelles. Ce seront la réalité étendue, l’intelligence artificielle, la blockchain, la vision par ordinateur, le cloud computing, la visioconférence, la diffusion d’événements en direct et les futurs réseaux mobiles. Par contre, elles pourront s’interconnecter, sans d’ailleurs le plus souvent que l’utilisateur le décide lui-même volontairement. Ainsi celui-ci, au plan du cerveau supérieur conscient, aura l’impression qu’il est plongé dans un monde dont l’évolution lui échappe et sur laquelle il n’a aucune responsabilité.

De nombreuses autres applications sont en cours ou en développement. Faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ? Disons seulement que dans le monde réel, les difficultés à résoudre sont si complexes et surtout si imprévisibles qu’il serait irresponsable de compter sur un métavers quelconque pour en acquérir la maîtrise.

11/04/2022 Hélicoptères lourds suisses.

La Suisse est autant que l’on sache, en Europe. Ses hélicoptères militaires alpins exécutent de nombreuses missions d’assistance et de sauvetage intéressant non seulement la confédération helvétique, mais la France et l’Italie. Il aurait été normal qu’elle consulte ces deux pays au moment de renouveler sa flotte d’hélicoptères.. Elle ne l’a, semble-t-il, pas fait.

Depuis les années 1980, les Forces aériennes suisses exploitent 15 hélicoptères de manoeuvre Super Puma, lesquels ont été rejoints, en 2002, par 12 Cougar. Ces appareils – qui assurent des missions de transport et de sauvetage, sont fabriqués par l’Aérospatiale. Ils devront être remplacés à l’horizon 2029/30. Or, selon un document du Département fédéral de la Défense [DDPS], une réflexion est actuellement en cours pour déterminer les modalités du renouvellement de ces deux flottes.

Si l’achat par la Suisse de nouveaux avions de combat – en l’occurrence 36 F-35A au lieu par exemple de Rafale – donne matière à un vif débat, il risque d’en aller de même pour le remplacement de ces hélicoptères…

Ces hélicoptères sont dits « de transport lourd ». Il s’agit de gros porteurs. à l’exemple des Chinook ou des Super Stalion de l’armée américaine. Ils permettent de transporter des dizaines de soldats, d’évacuer rapidement des blessés ou de déplacer beaucoup de matériel.

Le coût de ce type d’hélicoptère, selon des estimations du Département fédéral de la défense (DDPS), est de 100 millions de francs l’unité.

Pendant ce temps, le gouvernement français a officialisé mercredi la commande à Airbus de 169 hélicoptères H160M « Guépard » destinés aux forces armées, un contrat de matériel et de services de 10 milliards d’euros au total. Ces appareils seront répartis entre l’armée de Terre (80), la Marine nationale (49) et l’armée de l’Air et de l’Espace (40) pour des livraisons débutant en 2027, a précisé le ministère des Armées dans un communiqué.

Ces hélicoptères remplaceront des hélicoptères Gazelle, Alouette III, Dauphin, Panther et Fennec, dont certains sont en service depuis plus de 40 ans. Onze appareils supplémentaires ont également été commandés, dont dix H160 pour la Gendarmerie nationale, une commande « décidée dans le cadre du plan de soutien à l’industrie aéronautique, pour un montant de plus de 200 millions d’euros ». Ce contrat avait déjà été évoqué par le gouvernement.

.Attendue de longue date et prévue par la loi de programmation militaire 2019-2025, la commande de 169 appareils pour les forces armées devait initialement être passée en 2022, mais la ministre des Armées, Florence Parly, avait annoncé en 2019 avoir décidé de l’avancer d’un an.

Le choix du H160M, développé à partir du H160, récent appareil civil d’Airbus Helicopters, comme base technique de la plateforme unique du programme « Hélicoptère interarmées léger » (HIL), était déjà connu depuis 2017. En assurant le remplacement progressif de cinq types d’appareils différents, le Guépard fournira à nos armées les moyens de mener de manière plus efficace leurs missions pour les 40 prochaines années. Ce programme pérennise les savoir-faire et les emplois d’Airbus Helicopters, leader européen des hélicoptères civils et militaires », a affirmé Mme Parly

07/04/2022. Payer le gaz russe en roubles.

L’Europe pourrait se passer de gaz et de pétrole russes Mais elle ne pourrait accepter de les payer en roubles, plutôt qu’en euro ou en dollars.

L’Allemagne et un certain nombre de petits pays européens avaient accepté ces dernières années d’importer de Russie  du gaz et dans une moindre mesure du pétrole plutôt que de se fournir ailleurs. Les contrats pluriannuels concernant ces achats stipulent un paiement en dollars ou en euros. Il s’agit de sommes considérables équivalant à la moitié environ du budget militaire russe.

Or  à titre de contre-sanctions le Kremlin a récemment envisagé d’exiger des pays acheteurs des paiements en roubles. Une importante remontée de la valeur internationale du rouble en résulterait.

Les pays européens concernés ont immédiatement fait valoir qu’un contrat est un contrat et que le paiement en roubles des achats actuels de gaz n’était pas envisageable par eux. Il leur aurait en effet fallu accepter de vendre en roubles à la Russie des sommes considérables de biens et services pour se procurer les roubles nécessaires. Ceci ne serait pas acceptable dans le cadre actuel de la politique occidentale de sanctions visant ce pays.

Rappelons à toutes fins utile que la France disposant de sa propre énergie nucléaire n’est pas confrontée à ce dilemme. Mais elle ne peut pas dans le court terme fournir de l’électricité d’origine nucléaire à l’Allemagne, un certain nombre de ses réacteurs étant soumis à des opérations de maintenance.

Pourquoi cette exigence de Poutine d’être payé en roubles ? Il n’a pas besoin de roubles puisque la Banque Centrale de Russie peut lui en imprimer autant qu’il veut. Apparemment il veut rappeler aux Européens et plus particulièrement aux Allemands leur dépendance commerciale à l’égard de la Russie.

07/04/2022. Que seraient les premiers objectifs de la gauche au pouvoir?

100 jours pour une rupture. Quand la gauche essaiera mars 2022 https://interetgeneral.net/publications/pdf/23.pdf

Cette note est le fruit d’un travail conjoint d’universitaires et de fonctionnaires d’institutions internationales et de l’administration et s’appuie sur de multiples contributions. Nous la republins pour contriber à sa diffusion. 

Produite conjointement avec le collectif Les infiltrés, a été coordonnée par Julie Gauthier, économiste dans un ministère économique et financier, et Raul Sampognaro, économiste dans un centre de recherche. Elle constitue une contribution aux réflexions entourant la perspective d’une arrivée de la gauche au pouvoir en France.

Elle repose sur le scénario d’une victoire aux élections, tant présidentielle que législatives, dans les prochains mois. Notre réflexion ne prétend pas à l’exhaustivité : elle se concentre sur les marges de manœuvre fiscales et budgétaires qui s’offriraient au nouveau gouvernement à partir de sa prise de fonction. Elle repose par ailleurs sur l’hypothèse d’un cadre constitutionnel constant, qu’une Assemblée constituante viendrait par la suite amender afin de rendre d’autres mesures possibles. Notre ambition n’est donc pas d’élaborer un programme complet, mais de présenter les quelques mesures qui, dès les premiers jours, permettraient d’engager le processus de rupture tant attendue.

Dès les premiers mois, un gouvernement de transformation peut répondre à un large ensemble de besoins sociaux et écologiques, comme nous le suggérons – sans prétendre épuiser la réflexion – autour de six axes principaux : •Pauvreté et inégalités •Services publics essentiels •Emploi et rémunération du travail •Fiscalité et redistribution des richesses •Urgences écologiques •Secteur financier

Notre contribution

Il nous parait important d’ajouter ceci

. Introduction aux enjeux de la révolution scientifique et technique. Dans un premier temps, donner la parole à des spécialistes français et surtout étrangers (mal connus en France alors qu’ils ont une influence mondiale) dans des domaines qui devraient être prioritaires:

. Sciences et technologies de l’information (les plus récentes et trop ignorées en France)

. Le spatial, espace sub-orbital ou satellitaire proche. Rôle de la France dans l’agence spatiale européenne ESA

. Comment contrôler l’immigration et faciliter l’intégration (dans quels domaines, avec quels moyens)

. Divers:

. Comment revaloriser l’agriculture familiale ou analogue

. Comment mieux protéger les écosystèmes

. Comment encourager les véhicules électriques et peu consommateurs en énergie

. comment définir et encourager l’habitat non polluant.

.… à compléter

Déclaration de la Commission d’enquête russe sur les crimes commis contre la population civile dans le Donbass

A titre d’information nous republions ici un point de vue officiel de Moscou concernant les pertes de civils durant la guerre du Donbass. On retrouve là la logique enfantine du « c’est pas moi, c’est l’autre »

Source voltairenet https://www.voltairenet.org/

Cette déclaration a été remise au Conseil de sécurité le 16 février 2022.

Les forces de sécurité ukrainiennes mènent des opérations militaires sur le territoire du Donbass depuis 2014. Pendant tout ce temps – presque huit ans – les autorités ukrainiennes et les membres des formations paramilitaires de ce pays ont pratiquement détruit la population civile des Républiques populaires autoproclamées de Lougansk et de Donetsk.

Les tirs continus d’artillerie lourde, de mortiers, de lance-grenades et d’armes légères ont écourté des milliers de vies, dont celles de personnes âgées et d’enfants, et bouleversé à jamais la vie de personnes qui ont subi de graves blessures. On peut citer l’exemple de Vanya Voronov, qui a miraculeusement survécu à l’explosion d’un obus. Ces personnes – et encore moins les enfants – ne participent pas au conflit armé, ce qui est aussi évident pour les soldats ukrainiens eux-mêmes, qui prennent pour cible des bâtiments résidentiels, des écoles, des hôpitaux, des centres culturels, des infrastructures vitales et des transports publics. Toujours est-il que les autorités ukrainiennes ne prêtent aucune attention à ces fusillades impitoyables et n’assurent pas la sécurité des civils. Au contraire, elles ignorent le problème et encouragent les actions illégales de leurs troupes malgré les accords conclus au niveau international.

Depuis 2014, la Commission d’enquête russe a enquêté en toute légitimité sur des centaines de crimes terroristes et extrémistes contre la paix et la sécurité de l’humanité commis pendant le conflit armé. Sur la base de faits établis, 467 actions pénales concernant des crimes commis en Ukraine et dans le Donbass ont été engagées. Parmi les personnes impliquées dans ces crimes se trouvent notamment des représentants des autorités militaires et politiques ukrainiennes, ainsi que des membres des associations nationalistes radicales « Secteur droit » et « Corps des volontaires ukrainiens » et du bataillon Azov.

L’enquête a permis d’établir que, depuis avril 2014, la partie ukrainienne a bombardé des zones habitées dans les deux républiques autoproclamées en utilisant des systèmes de missiles tactiques « Totchka-U », des lance-roquettes multiples « Grad » et « Ouragan », des roquettes aériennes non guidées et d’autres types d’armes offensives lourdes de nature à frapper sans discrimination et à faire d’importants dégâts, ainsi que des armes légères. En conséquence, des milliers de civils ont été blessés ou tués, et plus de 2 200 infrastructures civiles ont été détruites ou partiellement endommagées.

Les tirs effectués par les forces gouvernementales ukrainiennes à l’aide d’armes explosives ou d’armes légères ou de petit calibre sont la principale cause des pertes civiles.

Pendant toute la durée de l’enquête, plus de 146 000 personnes ont été interrogées et plus de 22 000 personnes, dont quelque 2 500 mineurs, ont été reconnues victimes. À ce jour, des poursuites pénales ont été engagées par contumace contre 103 personnes ayant commis des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité pendant le conflit armé, dont l’ancien ministre ukrainien de l’intérieur, A. Avakov, l’ancien gouverneur de la région de Dniepropetrovsk, I. Kolomoïski, ainsi que des commandants de brigade et des soldats des forces armées ukrainiennes qui ont tiré sur des civils.

Parmi les crimes commis par les forces de sécurité et les représentants des autorités ukrainiennes, on peut non seulement citer l’utilisation de moyens et de méthodes de combat interdits, mais aussi les meurtres de journalistes russes, d’Andreï Mironov, défenseur des droits humains, et d’Andrea Rocchelli, ressortissant italien, ainsi que des enlèvements de personnes, des entraves aux activités légales de journalistes, des actes de torture, des actes visant à inciter à la haine ou à l’hostilité, des appels publics au déclenchement d’une guerre d’agression et d’autres crimes.

Il a été établi que des membres d’une association criminelle ont enlevé des citoyens russes en Ukraine avec l’aide d’agents des services de sécurité ukrainiens. Leur but est d’échanger ultérieurement ces citoyens contre des militaires ukrainiens, de mutiler leurs prisonniers et d’infliger des traitements cruels à des civils habitant dans le sud-est de l’Ukraine et de les torturer.