04/07/2022. Beaucoup de superterres dans la galaxie

On nomme aujourd’hui une superterre une planète située hors du système solaire présentant des températures de surface permettant la présence d’eau liquide. Avec le perfectionnement rapide des télescopes, le nombre de ces superterres observables ne cesse de croitre.

Des chercheurs des universités de Berne et de Zurich ont calculé (modélisé) ce que pourrait être l’atmosphère de nombreuses exoplanètes rocheuses dites superterres d’un diamètre et d’une masse proches de celles de la Terre et se trouvant dans la Voie Lactée.

Pour un grand nombre d’entre elles, ils ont montré que, avec une atmosphère primitive composée d’hélium et d’hydrogène, comme l’était aux origines l’atmosphère terrestre, ces planètes auraient pu comporter de l’eau liquide en surface durant des milliards d’années.

Comme l’eau liquide est indispensable à l’apparition et au développement de la vie terrestre, cette étude montre que la vie pourrait être très présente dans la galaxie. Encore faudrait-il le vérifier expérimentalement.

Référence

https://www.nature.com/articles/s41550-022-01699-8

Potential long-term habitable conditions on planets with primordial H–He atmospheres

Published: 

Abstract

Cold super-Earths that retain their primordial, H–He-dominated atmosphere could have surfaces that are warm enough to host liquid water. This would be due to the collision-induced absorption of infrared light by hydrogen, which increases with pressure. However, the long-term potential for habitability of such planets has not been explored yet. Here we investigate the duration of this potential exotic habitability by simulating planets of different core masses, envelope masses and semi-major axes. We find that terrestrial and super-Earth planets with masses of ~1–10 M can maintain temperate surface conditions up to 5–8 Gyr at radial distances larger than ~2 AU. The required envelope masses are ~10−4M (which is 2 orders of magnitude more massive than Earth’s) but can be an order of magnitude smaller (when close-in) or larger (when far out). This result suggests that the concept of planetary habitability should be revisited and made more inclusive with respect to the classical definition.

03/07/2022 Défendre l’Ukraine ou tenter de détruire la Russie

Par une série de changements récents encore peu remarqués, le président américain Joe Biden et ses alliés de l’OTAN ont transformé leur politique d’aide à l’Ukraine face à l’agression russe en une politique visant à affaiblir le pouvoir et l’influence de la Russie elle-même.

De ce fait, certains observateurs craignent qu’ils ne laissent au président russe Vladimir Poutine guère d’autre choix que de se rendre ou de redoubler d’efforts sur le plan militaire.

Ceci laisse entrevoir la possibilité d’affrontements américano-russes au delà de l’Ukraine. Faudrait-il craindre une guerre mondiale ?

Par une série de changements spectaculaires cette semaine, le président américain Joe Biden et ses alliés de l’OTAN ont transformé leur politique d’aide à la défense de l’Ukraine contre l’agression russe en une politique visant à saper le pouvoir et l’influence de la Russie elle-même. Ce faisant, certains observateurs craignent qu’ils ne laissent au président russe Vladimir Poutine guère d’autre choix que de se rendre ou de redoubler d’efforts sur le plan militaire, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’étendre sa guerre au-delà de l’Ukraine.

Jeudi, Biden a exhorté le Congrès à fournir 33 milliards de dollars d’aide militaire, économique et humanitaire supplémentaire à l’Ukraine, soit plus du double du montant précédent, et a déclaré qu’il envoyait un message clair à Poutine : « Vous ne réussirez jamais à dominer l’Ukraine ». Au-delà de cela, a déclaré Biden lors d’une allocution à la Maison-Blanche, la nouvelle politique vise à « punir l’agression russe, à réduire le risque de conflits futurs. »

Cette déclaration fait suite à celle, tout aussi claire, du secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, qui, à l’issue d’une rencontre à Kiev avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a déclaré que l’objectif des États-Unis était désormais de réduire la puissance de la Russie sur le long terme afin qu’elle n’ait pas la « capacité de reproduire » son assaut militaire contre l’Ukraine. « Nous voulons voir la Russie affaiblie au point qu’elle ne puisse pas faire le genre de choses qu’elle a faites en envahissant l’Ukraine », a déclaré Austin lors d’une escale en Pologne.

C’est peut-être ce qui a incité le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à déclarer après coup que Washington et l’Occident étaient entrés dans une guerre « par procuration » avec la Russie, risquant une nouvelle guerre mondiale qui, selon Lavrov, pourrait devenir nucléaire. « Le danger est sérieux, réel. Et nous ne devons pas le sous-estimer », a déclaré Lavrov.

Poutine a également laissé entendre cette semaine, comme il le fait depuis le début de son invasion le 24 février, qu’il avait toujours la possibilité d’utiliser des armes nucléaires contre l’OTAN, en déclarant : « Nous avons tous les instruments pour cela – des instruments dont personne d’autre ne peut se vanter. Et nous les utiliserons, si nous le devons. »

La nouvelle stratégie des États-Unis et de l’OTAN repose en partie sur le succès continu de l’Ukraine sur le champ de bataille contre Poutine  Celui-ci a été contraint de réduire ses ambitions, passant d’une prise de contrôle totale de l’Ukraine à un nouvel assaut dans ses parties orientale et méridionale. Les alliés de l’OTAN, dont l’Allemagne, qui, jusqu’à cette semaine, avaient hésité à envoyer des armes offensives lourdes en Ukraine, ont augmenté leur aide en réponse. Le chancelier allemand Olaf Scholz, soumis à des pressions politiques en Allemagne et à l’étranger, a annoncé en début de semaine que son pays allait fournir 50 chars antiaériens à l’Ukraine.

A suivre

03/07/2022 Des robots revêtus d’une peau artificielle proche de celle de l’homme

Des robots dotés d’un corps humanoide et capables de penser et de converser avec les humains sur des thèmes communs seront de plus en plus présents et actifs dans les sociétés de demain . Pour faciliter ces échanges, il sera utile de doter ces robots de corps simulant un corps humains, plutôt que leur conserver des corps de machine.

Or qui dira corps dira au minimum des mains et des visages revêtus d’une peau (derme) ayant la consistance et les propriétés d’une peau humaine. Une peau métallique insensible et froide ne conviendrait pas. Le rapport référencé ci-dessous présente une recherche dit biohybride visant à doter un doigt robotique d’une peau artificielle ayant la texture de la peau humaine, capable d’être imperméable et de se réparer elle-même dans certaines conditions.

Pour réaliser cette peau, les chercheurs ont plongé le doigt robotique dans une solution de collagène et de cellules humaines provenant du derme humain, cellules dites fibroblastes capables d’adhérer étroitement au doigt robotique. Cette sous-couche a permis la greffe de cellules humaines dites keratinocytes épidermiques. L’ensemble a donné au doigt robotique une texture semblable à de la peau humaine et capable de retenir l’eau du tissu sous-jacent.

source
https://www.cell.com/matter/fulltext/S2590-2385(22)00239-9

02/07/2022. Sommet de l’OTAN

Le dernier sommet de l’OTAN s’est déroulé les 29 et 30 juin 2022 à Madrid. Il a réuni les dirigeants des 30 pays alliés des Etats-Unis. Pour la première fois, il a inclus les dirigeants d’un certain nombre d’Etats se voulant partenaires de l’OTAN dans la région Asie-Pacifique.

Le président Biden y a réaffirmé  » l’engagement indéfectible » des États-Unis à l’égard du lien transatlantique et de l’Article 5 de l’OTAN, selon lequel une attaque contre l’un est une attaque contre tous. Il y a annoncé un renforcement de forces et de capacités américaines en Europe pour soutenir l’OTAN face à d’éventuelles agressions. La Russie n’y a pas été explicitement nommée, non plus que la Chine, mais leurs noms était évidemment dans tous les esprits.

Le 7 novembre 2919, Emmanuel Macron avait dénoncé « la mort cérébrale de l’Otan », dans un entretien publié par The Economist . Il y déplorait le manque de coordination entre les États-Unis et l’Europe et le comportement unilatéral de la Turquie en Syrie, membre de l’Alliance atlantique.

Ce sommet est-il la preuve que l’OTAN face aux « opérations militaires spéciales » menées par Vladimir Poutine en Ukraine, aurait retrouvé ses esprits ? On peut le penser.

L’OTAN y a présenté par la voix de son secrétaire général Jens Stoltenberg,  son nouveau concept stratégique ou Initiative OTAN 2030 https://www.nato.int/nato2030/fr/ renforçant sa posture de dissuasion et de défense. Elle y a intensifié son soutien à l’Ukraine et invité la Finlande et la Suède à entrer dans l’Alliance.

 Le concept stratégique décrit les tâches essentielles de l’OTAN : dissuasion et défense, prévention et gestion des crises, sécurité coopérative. Il veillera à ce que l’OTAN continue de développer des outils appropriés et des réponses collectives aux menaces transnationales telles que les cyberattaques et les incidences du changement climatique sur la sécurité.

Il reconnaît le besoin d’une approche de la sécurité humaine dans le travail de l’OTAN, par exemple la protection des civils pendant les conflits, ainsi que la prévention et la réponse aux violences sexuelles liées aux conflits.

La notion de défense y est étendue. L’OTAN a activé ses plans de défense et plus de 40 000 soldats sont maintenant sous son commandement direct. Les Alliés ont également doublé les groupements tactiques de l’OTAN sur le flanc est, assurant ainsi une défense solide de la mer Baltique à la mer Noire. La notion de défense s’étend dans les domaines cybernétique et spatial .

Au plan des ressources, l’année 2022 devrait être la huitième année consécutive d’augmentation des dépenses de défense des Alliés autres que les États-Unis, et nombreux d’entre eux dépensent désormais plus que le seuil de 2 % du produit intérieur brut (PIB) fixé par l’OTAN, qui est de plus en plus considéré comme un plancher et non comme un plafond. Ils auront ainsi dépensé 350 milliards de dollars supplémentaires pour la défense en termes réels depuis 2014.

Nous commenterons ultérieurement ces diverses informations

Pour plus de détails

Lire le très long Communiqué de presse correspondant à la séance préparatoire du 14 juin 2021 tenue à Bruxelles https://www.nato.int/cps/en/natohq/news_185000.htm?selectedLocale=fr

01/07/2022 Une nouvelle tactique militaire russe

Bien que le Kremlin n’ait fin mai 2022 rien communiqué à ce sujet un examen rapide des derniers affrontements entre l’armée ukrainienne et les forces russes en Ukraine laisse penser que l’armée russe aurait changé récemment de tactique  Au lieu d’attaquer sur plusieurs fronts à la fois, elle aurait décidé de concentrer toutes ses forces dans la destruction d’un premier objectif puis ceci fait de passer à un autre et ainsi de suite.

En cas de succès, cela pourrait lui permettre, après la conquête du Donbass d’envisager d’attaquer toutes les villes du nord-ouest de l’Ukraine et Kiev elle-même.

La faiblesse de l’armée russe tient au manque d’expérience et d’enthousiasme de ses hommes. Ils se montrent peu efficaces dans les combats de rue ou en rase compagne. Par contre la Russie n’a cessé de développer son potentiel industriel militaire. Elle peut facilement se réapprovisionner en blindés, canons et munitions fabriqués en Russie à la demande.

La Russie dispose d’un autre avantage souvent mal perçu à l’ouest. Il s’agit d’un nombre de plus en plus grand de missiles à longue portée dits intelligents parce que capables de repérer leurs objectifs sans intervention humaine.Le plus connu est le missile 3M-54 Kalibr (Калибр), également connu sous la désignation de 3M14 Biriouza . Ces missiles sont de plus en plus difficiles à intercepter. Ils permettent de désorganiser les nœuds de communication et de commandement de l’adversaire avant des attaques plus massives

Les milliards de dollars destinés à concrétiser l’aide américaine à l’Ukraine ne serviront pas à grand chose dans ce domaine. Ou bien les armements correspondant ne parviendront pas à Volodomyr Zelinski, ou bien les Ukrainiens ne sauront pas comment les utiliser à bon escient.

30/06/2022 Les neutrinos stériles. Sur la piste de la matière noire.

L’hypothétique matière noire est ainsi nommée parce qu’elle constituerait quelques 25% de la matière présente dans l’univers. Cependant elle ne réagirait qu’à la force gravitationnelle. Elle serait ainsi insensible à toutes les autres forces fondamentales de la nature, à savoir l’électromagnétisme, la force nucléaire faible et la force nucléaire forte.

Cette matière noire ou matière sombre est une catégorie de matière hypothétique, invoquée dans le cadre du Modèle LambdaCDM pour rendre compte de certaines observations astrophysiques, notamment les estimations de la masse des galaxies ou des amas de galaxies et les propriétés des fluctuations du fond diffus cosmologique

Aujourd’hui, certaines hypothèses envisagent que les particules élémentaires constituant cette matière noire pourraient être constituées de super-neutrinos ou neutrinos stériles.

On nomme neutrino une particule élémentaire du modèle standard de la physique des particules. Depuis 1998, on sait qu’ils ont une masse extrêmement faible, beaucoup plus que toutes les autres particules du modèle standard. La masse du neutrino est 500.000 fois plus faible que la masse d’un électron .( Voir wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Neutrino). De ce fait, ils n’interagissent que faiblement avec les autres particules. Cependant ils restent détectables avec des instruments de haute précision.

Les super-neutrinos, dits aussi neutrinos stériles, constitueraient un type hypothétique de neutrinos  qui n’interagiraient avec aucune des forces fondamentales du modèle standard de la physique des particules, hormis la gravité.

Le terme de neutrino stérile est utilisé pour le distinguer du neutrino actif du modèle standard, qui dispose d’une charge utilisée dans l’interaction nucléaire faible.

Des résultats obtenus dans le cadre de l’expérience Baksan https://cds.cern.ch/record/1738985/files/vol30-issue5-p016-f.pdf sur les transitions stériles (BEST) https://arxiv.org/abs/2201.07364 menée en Russie ont confirmé une anomalie déjà observée lors d’expériences précédentes. Celle-ci consiste en un déficit de neutrinos par rapport au nombre attendu à l’issue de la manipulation. Ce déficit pourrait mettre en évidence l’existence d’une particule élémentaire hypothétique appelée « neutrino stérile ».

BEST indiquerait également que l’on fait erreur sur certains aspects essentiels du modèle standard de la physique des particules, le neutrino ayant toujours été considéré comme dépourvu de masse et de charge.

Références

Results from the Baksan Experiment on Sterile Transitions (BEST)
https://journals.aps.org/prl/abstract/10.1103/PhysRevLett.128.232501
V. V. Barinov et al.
Phys. Rev. Lett. 128, 232501 – Published 9 June 2022

ABSTRACT

The Baksan Experiment on Sterile Transitions (BEST) was designed to investigate the deficit of electron neutrinos νe observed in previous gallium-based radiochemical measurements with high-intensity neutrino sources, commonly referred to as the “gallium anomaly,” which could be interpreted as evidence for oscillations between νe and sterile neutrino (νs) states. A 3.414-MCi 51Cr νe source was placed at the center of two nested Ga volumes and measurements were made of the production of 71Ge through the charged current reaction, 71Ga(νe,e−)71Ge, at two average distances. The measured production rates for the inner and the outer targets, respectively, are [54.9+2.5−2.4(stat)±1.4(syst)] and [55.6+2.7−2.6(stat)±1.4(syst)] atoms of 71Ge/d. The ratio (R) of the measured rate of 71Ge production at each distance to the expected rate from the known cross section and experimental efficiencies are Rin=0.79±0.05 and Rout=0.77±0.05. The ratio of the outer to the inner result is 0.97±0.07, which is consistent with unity within uncertainty. The rates at each distance were found to be similar, but 20%–24% lower than expected, thus reaffirming the anomaly. These results are consistent with νe→νs oscillations with a relatively large Δm2 (>0.5  eV2) and mixing sin22θ (≈0.4).

Voir aussi

29/06/2022 Pénétration supposée des forces armées de l’Otan par le Centuria Group ukrainien, « Groupe Centurie »

Le Canada et plusieurs pays occidentaux ont contribué à l’entraînement militaire de membres du groupe ukrainien d’extrême droite Centuria (à ne pas confondre avec le groupe de musiciens du même nom). Les sympathisants de ce regroupement ethno-nationaliste, ouvertement implantés dans l’armée ukrainienne, ont bénéficié du soutien militaire offert par le Canada à l’Ukraine dans le cadre de sa guerre avec la Russie.

C’est ce que révèle  un rapport détaillé de l’Institut d’études européennes, russes et eurasiennes (IERES) de l’Université George Washington, aux États-Unis, signé par le journaliste indépendant Oleksiy Kuzmenko. L’enquête s’appuie notamment sur plusieurs déclarations et documents diffusés par les membres de Centuria eux-mêmes, ainsi que sur des informations provenant de sources gouvernementales.

Ce groupe paramilitaire conduit par des membres du mouvement d’extrême droite ukrainien Azov, recrute de nombreux officiers et élèves-officiers en service actif dans les Forces Armées ukrainiennes. Ceux-ci ne se cachent pas de leur appartenance. Ils font circuler notamment des photos d’eux faisant le salut nazi et publient de nombreux messages sur les réseaux sociaux ukrainiens appelant à de nouveaux enrôlement.

Par ailleurs, de nombreux cadets ont bénéficié d’entraînement de plusieurs mois à l’Académie royale britannique de Sandhurst ou à son équivalant allemand Die Offizierschule des Heeres, OSH, à Dresde.

Le groupe participe également à des manœuvres organisées par les armées britanniques, canadiennes, allemandes, polonaises et françaises.

Aujourd’hui, le Groupe recherche plus de confidentialité. Il se fait discret sur Internet. Mais autant que l’on sache, il n’a pas renoncé à se battre. Au contraire.

Sources

Far-Right Group Made Its Home in Ukraine’s Major Western Military Training Hub
par Oleksiy Kuzmenko
IERES Occasional Papers, no. 11, September 2021 Transnational History of the Far Right Series

/

28/06/2022 Freiner les dépenses publiques ou freiner les investissements publics ?

Lundi 27 juin, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a souhaité une réduction des dépenses publiques alors que l’inflation semble repartie « Tout n’est pas possible, simplement parce que nous avons atteint la cote d’alerte sur les finances publiques », a-t-il prévenu.

Par dépenses publiques, il entendait principalement les aides de l’Etat permettant aux entreprises de faire face (« quoi qu’il en coûte» ) aux conséquences de l’épidémie, baisse de la demande, coût du chômage ou de la mise en place encore timide du télétravail.

Cependant la formule de Bruno Le Maire ne distingue pas entre les différentes dépenses publiques. Ainsi dans le domaine de l’hôpital, il serait insensé d’imposer à celui-ci de nouvelles restrictions de dépenses ou d’investissement alors qu’il ne peut faire face à la demande. Seules les cliniques privées bénéficieraient de ces économies.

En réalité aujourd’hui, l’Europe, et bien entendu la France, ont un besoin urgent de nouvelles dépenses publiques. On évoquera notamment tout ce qui concerne les sciences fondamentales ou appliquées, de même que l’enseignement supérieur scientifique. Si rien n’est fait, il faudra s’adresser à la Chine pour répondre aux besoins correspondants.

Si la contrepartie de ces dépenses était un peu d’inflation, ce ne serait pas trop cher payer

27/96/2022 Infections au Coronavirus et dysfonctionnements du cerveau

La pandémie récente de Coronavirus SARS-CoV-2 a conduit les neuroscientifiques à se demander quelles conséquences le virus pouvait avoir sur le fonctionnement des neurones du cerveau humain. Les observations actuelles semblent montrer que les patients contaminés ne présentent pas de troubles graves, en dehors de comportements tels que l’anxiété qui ne sont pas liés directement à l’activité des neurones cérébraux. Cependant une recherche conduite par Vincent Prévot, responsable du laboratoire Inserm “Développement et plasticité du cerveau neuroendocrine”, http://www.dn2m.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=10&Itemid=18&lang=fr qui est composante d’un réseau de recherche européen (ERC) spécialisé dans l’étude du contrôle du métabolisme par le cerveau a commencé à élucider la façon dont le virus du Covid-19 s’introduit dans cet organe.

En 2020, l’hypothèse que le virus puisse causer des dommages au cerveau n’était pas la plus courante. Peu de gens imaginaient que le virus était capable de passer dans le sang et, donc, potentiellement, dans le liquide céphalo-rachidien, qui baigne le cerveau. Ceci d’autant plus

que le cerveau est protégé par la barrière hémato-encéphalique, une barrière physique et métabolique qui l’isole en empêchant notamment le contact direct des cellules cérébrales avec le sang. Ceci limite les risques qu’un microbe qui y serait présent n’atteignent le cerveau.

Pourtant, plusieurs observations ont amenés à considérer comme probable l’infection du cerveau par le SARS-CoV-2.

Tout d’abord, les premières données collectées indiquaient que les patients qui développaient les formes les plus graves de Covid-19 étaient majoritairement des hommes, et qu’ils étaient souvent atteints d’obésité et de diabète. Or, on sait que le cerveau contrôle en partie divers mécanismes physiologiques dont la régulation de la température du corps, du sommeil, de la prise de nourriture, de l’équilibre en eau, des rythmes circadiens, la reproduction…), et elle est aussi impliqué dans l’obésité et le diabète.

Il a donc semblé intéressant d’aller vérifier ce qui se passait à ce niveau en cas d’infection par le SARS-CoV-2. Et ce d’autant plus qu’à certains endroits de l’hypothalamus la barrière hématoencéphalique s’interrompt, pour laisser passer librement dans le sang les neurohormones produites par le cerveau. On peut donc imaginer que le virus puisse lui aussi passer par là…

Une autre structure cérébrale a également très vite attiré l’ attention : le bulbe olfactif, qui traite les informations liées aux odeurs. En effet, il est apparu très tôt durant la pandémie que la perte de la capacité à percevoir les odeurs (anosmie) était un symptôme caractéristique du Covid-19. C’est parce que durant l’infection, le coronavirus SARS-CoV-2 attaque la muqueuse de la cavité nasale dite épithélium olfactif, la muqueuse de la cavité nasale qui détecte les molécules odorantes.

Or, cet épithélium est directement connecté au bulbe olfactif, situé dans le cerveau. Là encore, se trouve une porte d’entrée possible pour le virus.

Par ailleurs les partenaires allemands ont étudié ce qui se passait chez des souris qui avaient été modifiées génétiquement pour produire, au niveau des cellules qui tapissent l’intérieur des vaisseaux sanguins cérébraux (cellules « endothéliales »), une enzyme virale indispensable au cycle de vie du SARS-CoV-2, la protéine Mpro.

Leurs travaux ont montré que Mpro s’attaque à une protéine produite par les cellules endothéliale, la protéine Nemo. Or, la destruction de Nemo désactive une voie métabolique indispensable à la survie de ces cellules. Résultat : elles meurent progressivement, ce qui endommage les vaisseaux sanguins, dont ne subsiste au final que le « squelette ».

La barrière hémato-encéphalique est ainsi rompue, et le sang, qui normalement n’accède jamais directement au cerveau, commence à fuir par ces vaisseaux « fantômes », créant des hémorragies microscopiques. Une fois que les vaisseaux sont complètement morts, le sang n’y circule plus. Certaines zones du cerveau ne sont alors plus irriguées correctement.

Ce type de vaisseaux fantômes a aussi été retrouvé dans le cerveau de souris infectées par voie nasale par le coronavirus SARS-CoV-2.

On trouvera ci-dessous un article de Nature Neuroscience en date du 24/11/2021 relatant ces recherches

Nature Neurosciences 24/11/2021
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34675436/

The SARS-CoV-2 main protease M pro causes microvascular brain pathology by cleaving NEMO in brain endothelial cells

Abstract

Coronavirus disease 2019 (COVID-19) can damage cerebral small vessels and cause neurological symptoms. Here we describe structural changes in cerebral small vessels of patients with COVID-19 and elucidate potential mechanisms underlying the vascular pathology. In brains of severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-CoV-2)-infected individuals and animal models, we found an increased number of empty basement membrane tubes, so-called string vessels representing remnants of lost capillaries. We obtained evidence that brain endothelial cells are infected and that the main protease of SARS-CoV-2 (Mpro) cleaves NEMO, the essential modulator of nuclear factor-κB. By ablating NEMO, Mpro induces the death of human brain endothelial cells and the occurrence of string vessels in mice. Deletion of receptor-interacting protein kinase (RIPK) 3, a mediator of regulated cell death, blocks the vessel rarefaction and disruption of the blood-brain barrier due to NEMO ablation. Importantly, a pharmacological inhibitor of RIPK signaling prevented the Mpro-induced microvascular pathology. Our data suggest RIPK as a potential therapeutic target to treat the neuropathology of COVID-19.

26/06/2022 Découverte d’une bactérie longiligne géante

Si l’on excepte les virus, dont le caractère vivant au sens classique est encore discuté, le monde vivant est généralement considéré comme comportant 3 catégories d’organismes, les bactéries monocellulaires ou procaryotes ne comportant pas de noyau au centre de la cellule, les eucaryotes (comportant plusieurs catégories de cellules dont la plupart sont dotés de noyaux et d’organelles) et les archées (organisme procaryote vivant dans des milieux particuliers, souvent hostiles (eaux saturées en sel, sources sulfureuses très chaudes, etc.), anciennement appelé archéobactéries. Les bactéries connues ne sont pas individuellement visibles à l’oeil nu. Elles demandent un microscope.

En 2009 cependant le biologiste français Olivier Gros avait découvert dans la mangrove de la Guadeloupe une bactérie monocellulaire d’1 cm de long. Celle-ci fut nommé Thiomargarita magnifica. Il crut que c’était une eucaryote. C’est seulement revenu dans son laboratoire et examinant l’organisme au microscope qu’il réalisa qu’il s’agissait d’une bactérie procaryote unique.

En 2018, le biologiste marin Jean-Marie Volland utilisant la microscopie électronique et une technique nommée fluorescence in situ hybridization au Lawrence Berkeley National Laboratory California confirma qu’il s’agissait bien d’une cellule unique.

Au centre de la bactérie se trouve une vacuole formée d’une membrane unique emplie de liquide. La membrane forme des structures longilignes que les auteurs nomment des pépins et qu’ils décrivent comme similaires aux organelles des cellules eucaryotes. Dorénavant, il faudra rechercher si des organismes de cette nature se rencontrent dans d’autres milieux, et que pourrait être leur rôle dans l’évolution.

Références

Les auteurs publièrent leurs résultats dans Nature en preprint en février
https://www.nature.com/articles/d41586-022-01757-1

Cet article est aujourd’hui repris par Science
https://www.science.org/doi/10.1126/science.abb3634