13/05/2022 Espace. Apprendre à se passer de la Russie

Les sanctions prises contre la Russie impactent directement le monde spatial. Ses conséquences industrielles, scientifiques et opérationnelles touchent au premier chef l’Europe et la France en raison de l’arrêt de nombreuses collaborations avec la Russie. Roscosmos, l’agence spatiale russe, a ainsi décidé de suspendre ses tirs de fusées Soyouz depuis le centre spatial guyanais de Kourou . L’Agence spatiale européenne (ESA) et le Centre national d’études spatiales (CNES) ont dit compter sur « l’arrivée imminente des nouveaux lanceurs Vega-C et Ariane-6  » pour « envisager une reprogrammation des  lancements » et rapatrier son personnel.

Il faut par ailleurs rappeler l’importance de l’Ukraine, actuellement dévastée par la guerre avec la Russie, dans la politique spatiale euro penne Ainsi le dernier étage des petits lanceurs européens Vega est fabriqué en Ukraine. Plus généralement, depuis de nombreuses années, la volonté politique européenne de maintenir une industrie spatiale en Ukraine et d’utiliser le savoir-faire des ingénieurs ukrainiens en matière de motorisation a eu pour effet d’intégrer des éléments venus de l’Est à plusieurs fusées de l’Ouest.

Plus grave, le gel de la collaboration avec Moscou en matière spatiale impacte durement la mission européenne ExoMars qui après de nombreux retards devait enfin partir en 2022. Le cœur d’ExoMars est le rover européen Rosalind-Franklin, qui aura pour tâche de forer le sol martien jusqu’à 2 mètres de profondeur pour y chercher les traces d’une vie passée. Mais ce robot mobile devra décoller à bord d’une fusée Proton russe et atterrir sur Mars embarqué dans un module de descente, russe lui aussi. ExoMars, mission à 2 milliards d’euros sur laquelle compte une large communauté scientifique, n’a donc plus ni fusée ni atterrisseur. L’ESA a reconnu qu’un lancement en 2022 était  très improbable .

Ajoutons que la fusée Antares de la société américaine Orbital Sciences Corporation, qui envoie le vaisseau de ravitaillement Cygnus vers la Station spatiale internationale (ISS) était dotée d’un premier étage construit en Ukraine. Il en résulte que les satellites qui devaient compléter la constellation européenne Galileo de géolocalisation ainsi que le satellite militaire français CSO-3 n’ont plus de lanceur. 

Enfin, se posera le problème de la Station spatiale internationale ISS. Tombant petit à petit vers la Terre, l’ISS est régulièrement remontée grâce à la poussée des vaisseaux russes qui y sont arrimés. Or, face aux mesures de rétorsion prises contre la Russie, le patron de Roscosmos, Dmitri Rogozine, a publié un tweet dans lequel il menace de ne plus assurer le maintien sur orbite de l’ISS : « Si vous bloquez la coopération avec nous, qui sauvera l’ISS d’une mort certaine

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13/05/2022 Et si la Lune était verte

Rendre la Lune plus verte serait possible. Le défi serait considérable. Mais aujourd’hui, il ne paraît pas impossible. Il est clair qu’emmener des humains sur la Lune et leur permettre d’y survivre sans faire appel à des aliments végétaux importées serait un premier pas essentiel en ce sens. Encore faudrait-il trouver des organismes capables de résister à un sol lunaire très hostile.

Un grand pas en avant vient d’être franchi en ce sens avec une recherche résumée dans Nature Communications Biology en date du 12 mai 2022 et référencée ci-dessous.

Les auteurs, chercheurs en biotechnologie de l’Université de Floride, ont réussi à faire pousser des plantes dans du sol lunaire. Il s’agissait en fait d’utiliser plusieurs échantillons de sols lunaire rapportés lors des missions Apollo 11, 12 et 17 pour s’en servir de terreau afin de voir si des plantes pouvaient y vivre. Ce sol est nommé régolithe et constitue une roche meuble qui recouvre une grande partie de la surface lunaire.

L’équipe était encadrée par Anna-Lisa Paul, spécialiste des plantes dans l’espace. Elle dirige un laboratoire dédié à cette question, le Space Plants Lab, qui a notamment envoyé des plantations dans la Station spatiale internationale pour contrôler leur croissance. Ici, elle a confectionné une douzaine de petits pots de différents échantillons, chacun de la taille d’un dé à coudre, avec un échantillon-référent de sol lunaire provenant de roches volcaniques terrestres.

L’étude présente des limites car il est difficile de savoir si les échantillons sont représentatifs du sol de la Lune, et à quel point ils ont été altérés par les radiations ou les impacts de météorites. « Le régolithe lunaire est très différent de ce que nous avons sur Terre, selon Stephen Elardo, un des auteurs de l’étude. Sa composition n’est pas la même, il est bien moins hospitalier, et il a été soumis à beaucoup plus de radiations.

Les plantes témoins dans ces expériences sont des Arabettes des dames Arabidopsis thaliana. Il s’agit d’une plante présente un peu partout en Europe et en Asie, notamment au bord des routes comme n’importe quelle mauvaise herbe. Cette plante a l’avantage d’être bien connue. Selon  Robert Ferl, un des auteurs de l’étude  » tout son génome est décrypté par des milliers de laboratoires partout dans le monde . Elle a même poussé dans l’ISS ! » Autre avantage non négligeable : elle est assez petite et va donc résister dans les pots d’à peine plus d’un centimètre de diamètre qui servent pour l’expérience. Une fois les graines semées, les scientifiques se sont bornés à leur donner de l’eau et de la lumière.

Au début, tout s’est bien passé, les graines ont germé comme il faut. Mais au bout de quelques mois, alors que l’Arabette semée dans le témoin formait de belles feuilles, celles des autres échantillons étaient beaucoup plus petites, voire quasiment mortes. « Les plantes étaient plus longues à pousser, et montraient des signes de mauvaise santé, reconnaît Anna-Lisa Paul. L’environnement dans lequel elles avaient grandi n’était pas optimal.»

Pour en avoir le cœur net, ils ont analysé les plantes au niveau génétique, pour voir ce qui les avait fait réagir ainsi. Leur verdict : la présence dans le sol lunaire expérimental de sel ou de métaux qui les oxydent et les empêchent de se déployer proprement. Malgré tout, pour Robert Ferl, c’est un succès : « Si rien n’avait poussé, nous aurions été dans une impasse. Mais un résultat positif, même mitigé ouvre de nouvelles possibilités. Il s’agit maintenant de déterminer exactement ce qui empêche les plantes d’être en bonne santé sur la Lune pour pouvoir corriger les défauts et tester avec d’autres végétaux, peut-être plus résistants aux conditions très inhospitalières de notre satellite.

Référence

https://www.nature.com/articles/s42003-022-03334-8
12 May 2022

Plants grown in Apollo lunar regolith present stress-associated transcriptomes that inform prospects for lunar exploration

Communications Biology volume5, Article number: 382 (2022) 

Abstract

The extent to which plants can enhance human life support on other worlds depends on the ability of plants to thrive in extraterrestrial environments using in-situ resources. Using samples from Apollo 11, 12, and 17, we show that the terrestrial plant Arabidopsis thaliana germinates and grows in diverse lunar regoliths. However, our results show that growth is challenging; the lunar regolith plants were slow to develop and many showed severe stress morphologies. Moreover, all plants grown in lunar soils differentially expressed genes indicating ionic stresses, similar to plant reactions to salt, metal and reactive oxygen species. Therefore, although in situ lunar regoliths can be useful for plant production in lunar habitats, they are not benign substrates. The interaction between plants and lunar regolith will need to be further elucidated, and likely mitigated, to best enable efficient use of lunar regolith for life support within lunar stations.

13/05/2022 Première photo du trou noir Sagittaire A*

Comme nous l’avions fait prévoir dans notre article du 9 mai 2022 https://wordpress.com/post/europesolidaire.eu/1033 l’équipe de chercheurs qui travaille sur l’Event Horizon Telescope (EHT) vient de publier, le 12 mai 2022, une photo de Sagittaire A*, le trou noir super massif qui se trouve au centre de notre galaxie, la Voie lactée, à environ 27.000 années-lumière de la Terre.

Il y a trois ans presque jour pour jour ces mêmes chercheurs travaillant avec le même télescope avait dévoilé une image presque similaire, celle du trou noir supermassif situé au centre de la galaxie M87. Celui-ci, nommé M 87* est mille fois plus loin, mais mille fois plus gros que Sagittaire*, il est plus simple à photographier et à analyser que Sagittaire A*.

Cette fois, le même groupe de scientifiques a enfin réussi à pénétrer au centre de notre galaxie.

Mais le fait que ce ne soit pas une première est, paradoxalement, presque plus réjouissant. Une fois, on peut se tromper ou avoir à faire à un phénomène étrange, bizarre. “Avec cette deuxième observation, on est très confiants sur le fait que l’environnement proche d’un trou noir ressemble bien à cette photo”, selon Frédéric Gueth, chercheur au CNRS. Celui-ci est directeur adjoint de l’IRAM (Institut de radioastronomie millimétrique ou IRAM situé à Grenoble, France.

Frédéric Gueth ajoute que les informations précises fournies par cette image nous permettent de confirmer qu’il n’y a aucune déviation par rapport aux prédictions de la relativité générale”.

voir https://www.numerama.com/sciences/961019-non-la-photo-du-trou-noir-au-centre-de-la-voie-lactee-nest-pas-floue.html

Voir au 15/05

https://theconversation.com/on-peut-enfin-voir-le-trou-noir-au-centre-de-notre-galaxie-et-cest-un-exploit-182982

12/05/2022. Une nouvelle espèce de dinosaure

Après avoir sorti de terre les restes d’un dinosaure en 2017 dans la province du Yunnan en Chine, une équipe de chercheurs a annoncé dans l’article référencé ci-dessous avoir découvert une nouvelle espèce de ces reptiles

Prénommée Yuxisaurus kopchicki, car ses restes ont été découverts dans la préfecture chinoise de Yuxi, ce dinosaure mesurait entre 2 à 3 mètres de long. Il appartenait à la famille des Thyreophora, un sous-ordre de dinosaures caractérisés par leur dos cuirassé de plaques osseuses, orné de piques ou d’éperons.ra, un sous-ordre de dinosaures caractérisés par leur dos cuirassé de plaques osseuses, orné de piques ou d’éperons.

Le Yuxisaurus kopchicki a donc vécu durant la période du Jurassique inférieur, il y a entre 201,3 et 174,1 millions d’années. Son alimentation se composait de fougères et de cycadophyta, une espèce de plante dont l’aspect est voisin à celui des palmiers.

Les piques qui bardaient sa cuirasse avaient semble-t- il deux objectifs principaux. D’abord, une mission défensive, pour casser la mâchoire et les dents des prédateurs auxquels cet herbivore pouvait faire face. Mais également pour être montré lors de parades nuptiales.

Les hérissons et les porc-épics sont les deux espèces contemporaines auxquelles une telle aptitude peut être rattachée.

Le Hérisson commun (Erinaceus europaeus) est une espèce de petits mammifères, omnivore et nocturne, de la famille des Erinaceidae Le porcépic d’Amérique Erethizon dorsatus est un animal trapu, de forme arrondie, plutôt élargie. Il est le troisième plus gros rongeur du monde après le capybara et le castor. Le poil du porcépic est doux. Le porcépic ne peut pas lancer ses piquants, mais dès que ceux-ci entrent dans la peau de l’adversaire, ils se détachent de sa propre peau. C’est là la principale différence avec le hérisson, puisque ce dernier conserve ses aiguillons.

Référence

A new early branching armored dinosaur from the Lower Jurassic of southwestern China
https://elifesciences.org/articles/75248

15 mar. 2022

Abstract

The early evolutionary history of the armored dinosaurs (Thyreophora) is obscured by their patchily distributed fossil record and by conflicting views on the relationships of Early Jurassic taxa. Here, we describe an early diverging thyreophoran from the Lower Jurassic Fengjiahe Formation of Yunnan Province, China, on the basis of an associated partial skeleton that includes skull, axial, limb, and armor elements. It can be diagnosed as a new taxon based on numerous cranial and postcranial autapomorphies and is further distinguished from all other thyreophorans by a unique combination of character states. Although the robust postcranium is similar to that of more deeply nested ankylosaurs and stegosaurs, phylogenetic analysis recovers it as either the sister taxon of Emausaurus or of the clade Scelidosaurus+ Eurypoda. This new taxon, Yuxisaurus kopchicki, represents the first valid thyreophoran dinosaur to be described from the Early Jurassic of Asia and confirms the rapid geographic spread and diversification of the clade after its first appearance in the Hettangian. Its heavy build and distinctive armor also hint at previously unrealized morphological diversity early in the clade’s history.


12/05/2022 Ukraine : l’hypocrisie des Etats-Unis

Le 10 mai 2022, la Chambre américaine des représentants a voté l’octroi d’une enveloppe de plus de 40 milliards de dollars (38 milliards d’euros) pour aider l’Ukraine dans son conflit avec la Russie. Un montant supérieur à celui espéré par le président américain, qui avait réclamé 33 milliards.

Cette décision doit encore être entérinée par le Sénat, lors d’un prochain vote, mais elle ne devrait pas être remise en cause, au vu du consensus entre démocrates et républicains sur le sujet.

La générosité américaine ne trompe personne Si une partie de cette nouvelle enveloppe est destinée aux matériels civils ou à l’aide humanitaire, quelque 20 milliards de dollars sont prévus pour renforcer l’Ukraine en véhicules blindés et en moyens de défense antiaérienne. Il s’agit pour l’essentiel de produits américains. Ce montant est à comparer au budget annuel de la défense français soit 51 milliards d’euro en 2022.

Ainsi, les Ukrainiens consomment actuellement en une seule journée l’équivalent de dix jours de livraison d’armes américaines. Les résultats de cette aide paraissent modestes.

Ceci signifie qu’une grande partie de l’aide américaine est versée, directement ou indirectement, au complexe militaro-industriel américain. Celui-ci en a le plus grand besoin, car en conséquence des sanctions internationales et de la crise résultant de la pandémie, des composants essentiels commencent à lui manquer. Par ailleurs et surtout ses prix de revient ne cessent de s’élever.

Or la concurrence des industries de l’armement chinoise se fait de plus en plus sentir sur les marchés asiatiques. Tout dollar supplémentaire est aujourd’hui le bien venu dans le cœur industriel des Etats-Unis, notamment le Rust Belt, où se recrutent l’essentiel des électeurs de Joe Biden.

11/05/2022 Les canons (obusiers) actuellement en service en Ukraine

France

CAESAR pour camion équipé d’un système d’artillerie (CAESAR).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Camion_%C3%A9quip%C3%A9_d%27un_syst%C3%A8me_d%27artillerie


Il s’agit d’un canon automoteur français en service depuis la fin des années 2000 dans les forces armées et exporté dans plusieurs pays. C’est un canon de calibre 55 mm, (soit un peu plus de huit mètres) conçu et fabriqué par Nexter Systems à Bourges et intégré par Nexter sur son site de Roanne, monté sur la plate-forme arrière d’un camion.

Il complète la gamme 155 mm équipant l’armée française en fournissant un matériel intermédiaire entre la très grande facilité de projection mais la faible protection du personnel du canon tracté 155 TRF1 et la très haute protection (y compris NRBC) mais la faible mobilité des canons autotractés AuF1. Les cinq artilleurs sont peu protégés (davantage cependant que dans le cas d’un TRF1), mais ce canon est beaucoup plus mobile qu’un automoteur d’artillerie classique, Le véhicule a été initialement monté sur un camion 6 × 6. Une seconde version sur un châssis 8 × 8 est ensuite proposée, améliorant la protection des personnels.

En 2020, 401 véhicules équipés ont été vendus au total, dont 77 pour l’armée française et 324 à l’export, toutes versions confondues.

Le coût unitaire du système est de 5 millions de dollars américains pour la version 6 × 6.

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Etats-Unis

Obusier M777 Howitzer

https://en.wikipedia.org/wiki/M777_howitzer

Le M777 pèse 9 200 livres soit 4 200 kg, ce qui en fait le plus léger de sa catégorie — il pèse 42 % moins lourd que l’obusier M198 entré en service en 1978 qu’il remplace — ce qui lui donne une mobilité élevée et facilite son transport par avion, par hélicoptère ou par camion ; l’économie de poids qui a été la priorité durant sa conception a été réalisée grâce à l’adoption d’un alliage de titane dans sa construction. Le tube du canon fait 39 calibres, sa durée de vie du canon de 2 650 coups charge 8 selon les standards de l’armée canadienne2.

Il est généralement exploité par un équipage de huit hommes, mais peut être utilisé avec un détachement réduit de cinq artilleurs contre neuf avec le M198.

Ce canon peut tirer un obus de 155 millimètres à une cadence relativement réduite de deux à quatre coups par minute car il nécessite un chargement entièrement manuel, n’ayant pas les systèmes d’aides au chargement et les automatismes de pièces d’une masse plus élevée, avec un niveau élevé de précision.

Le canon M777 peut être muni d’un système de conduite de tir numérisé, les armes américaines sont équipées d’un système de contrôle de tir identique à celui du M109A6 Paladin et les canadiennes utilisent un système de tir Digital Gun Management System (DGMS) produit par SELEX Galileo, une filiale de Leonardo-Finmeccanica3. Il peut être chargé avec des munitions à guidage de précision M982 Excalibur à 85 000 dollars l’unité, possédant une portée de tir maximale de 40 à 57 km.

Russie

Obusier 2S65

Le canon tire les mêmes types de munitions que l’obusier automoteur 2S19. Récemment, une nouvelle famille de munitions (charge et projectile) a été introduite. L’obus standard OF45 high explosive pèse 43,56 kilos, présente une vitesse maximale de 823 m/s en sortie de bouche et possède une portée de 24,7 km.Les charges comprennent l’OF72 (longue portée), l’OF58 (pleine charge) et l’OF73 (charge réduite).

L’obusier peut être tracté par les camions KrAZ 260 6×6 et Ural 4320. Il possède une plaque blindée penchant vers l’arrière et s’étendant au-dessus des roues. Son entrée en service date de 1987 et son premier déploiement a eu lieu en Europe de l’Est.Au sein de l’armée russe [Quand ?], le 2A65 est déployé dans la 9e Brigade d’Artillerie à Luga, dans la 288e Brigade d’Artillerie à Inzhenernyy ainsi que dans la 291e Brigade d’Artillerie à Maykop. Il est également stocké à Perm ainsi qu’à proximité de Novgorod. On le trouve aussi déployé dans d’autres districts militaires russes. Au total, on estime à 370 le nombre de 2A65 opérationnels dans l’armée russe.

L’armée de terre ukrainienne en possède aussi au sein de la 11e Brigade d’Artillerie à Ternopil ainsi que dans la 55e Brigade d’Artillerie à Zaporizhya.

Les forces de la République populaire de Donetsk autoproclamée en 2014 en possèdent également.




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10/05/2022. L’embargo américain oublie l’uranium

Cet article est de Andrea Muratore, que nous remercions.

Étrange troisième guerre mondiale, que celle redoutée comme non improbable par les dirigeants et les analystes du monde entier, si les deux principaux prétendants potentiels continuent à échanger entre eux la matière première la plus stratégique pour une guerre nucléaire, l’uranium. Étranges sanctions que celles des États-Unis, s’ils imposent un embargo à la Russie, là où Washington a obtenu l’indépendance et l’autosuffisance et oublie, les secteurs où Washington est le plus fragile. Mais la réaction de Moscou est également étrange, en acceptant cet échange.

La continuité des approvisionnements en uranium de la Russie vers les États-Unis est l’un des enjeux les moins connus de l’actuelle rivalité géostratégique entre Moscou et l’Occident, rivalité qui a dégénéré en une véritable guerre par procuration contre Vladimir Poutine avec le réarmement massif de l’Ukraine envahie. Washington a sanctionné le gaz, le pétrole, le charbon et d’autres matières premières d’origine russe, mais pas l’uranium qui est déterminant pour son industrie nucléaire civile et militaire.

En 2020, selon les derniers chiffres, les producteurs d’énergie nucléaire américains ont acheté 22 180 tonnes d’uranium. Comme le rapporte StartMag, « selon l’US Energy Information Administration, l’agence statistique et analytique du département américain de l’énergie, le pays importe 22% de son uranium du Canada et du Kazakhstan et 16% de Russie, suivis par l’Australie (11%), l’Ouzbékistan (8%) et la Namibie (5%). Les 14% restants proviennent des États-Unis eux-mêmes et de cinq autres pays. La part de la Russie dans l’offre d’uranium est donc plus importante que la production nationale états-unienne, et « la présence du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan, qui sont de proches alliés du Kremlin et fournissent ensemble aux États-Unis 46% de l’uranium dont ils ont besoin pour faire fonctionner leurs centrales, n’est pas moins significative ». Ces importations sont essentielles à la fois pour la fourniture d’un cinquième de l’électricité du pays et pour son programme nucléaire militaire.

Selon le sénateur républicain John Barrasso, les États-Unis dépenseront près d’un milliard de dollars en 2021 pour acheter de l’uranium russe. Selon M. Barrasso, ce chiffre pourrait atteindre 1,2 milliard de dollars cette année, et apparaît donc dérisoire sur le papier par rapport à la facture payée quotidiennement par les pays européens pour acheter du gaz et du pétrole russes, qui est équivalente au montant annuel dépensé par les États-Unis, mais pas moins stratégique. En mars, M. Barasso a lancé un projet de loi visant à interdire les importations en provenance de Russie, proposant plutôt de stimuler la production dans son État natal, le Wyoming. Cette perspective a alarmé les représentants des communautés indigènes locales, déjà menacées par l’extractivisme dans le passé, et s’étend à l’ensemble des pays alliés de Washington.

La Slovaquie, par exemple, comme le rapporte Euractiv, produit près de la moitié de son électricité grâce à ses deux centrales nucléaires qui comptent au total six réacteurs gérés, rappelle Formiche, « par la société TVEL, une filiale de l’entreprise publique russe Rosatom ». La Hongrie a également conclu des accords avec Rosatom pour la construction de centrales nucléaires. Du Moyen-Orient à l’Afrique, plusieurs États, de l’Arabie saoudite à l’Égypte, comptent sur la technologie nucléaire russe.

Le poids spécifique de ce milliard d’importations américaines est comparable à celui de la facture quotidienne de l’Europe. Ce qui montre la pertinence stratégique et la clairvoyance de Moscou qui domine ce marché, c’est le fait que la Russie est incontournable non seulement pour sa présence dans le secteur de l’extraction – détenant 6% des réserves mondiales – mais aussi pour la valeur ajoutée qu’elle peut apporter à l’enrichissement à faible coût de la matière première. La Russie est la nation qui possède la plus grande capacité d’enrichissement, avec quelque 43% de la capacité d’exploitation mondiale en sa possession selon l’Association nucléaire mondiale : plus que la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni réunis.

Une fois de plus, la mondialisation et la recherche du moindre coût dans les processus industriels ont impacté les États-Unis sur un matériau stratégique, ce qui implique que si les sanctions devaient être amplifiées, l’arme de l’arrêt des exportations d’uranium serait une contre-mesure qui ne pourrait faire que le bonheur de la Russie. Cela affecterait à la fois la capacité de production d’électricité des États-Unis ET leur système nucléaire militaire, compte tenu des conséquences sur la production de plutonium. Le fait même que les sanctions sur les exportations d’uranium n’aient pas encore été imposées par la Russie indique qu’une étape importante vers le chaos dans les relations bilatérales n’a pas encore été franchie. Et c’est une bonne nouvelle : un cas rare d’interdépendance industrielle et commerciale capable d’endiguer le chaos géopolitique. Mais on ne sait pas combien de temps cela va durer, dans une phase d’escalade continue.

source : Inside Over

via Strategika

10/05/2022 Commerce USA-Russie ? Un niveau record

Alors que les USA imposent aux européens de réduire ou d’annuler toute importation en provenance de Russie, depuis son entrée en guerre contre l’Ukraine et dans le but de l’affaiblir économiquement, on ne peut qu’être surpris du fait que, en Mars 2022, après le premier mois de guerre et donc de sanctions, les importations américaines en provenance de Russie au premier trimestre 2022 ont battu un record historique depuis la fin de la 2ème Guerre mondiale. Elles ont atteint avec 7,28 milliards de dollars de marchandises pour le premier trimestre.

Les USA semblent bien continuer à importer ce dont ils ont besoin de Russie, sans s’appliquer la moindre contrainte : « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ». Le commerce US avec la Russie continue, voire se développe, malgré la guerre en Ukraine.

C’est à se demander si, en imposant à son partenaire européen de multiplier les sanctions antirusses, notamment sur les importations de gaz et de pétrole, les USA ne cherchent pas à affaiblir l’UE, ou à la mettre en difficulté, pour qu’elle n’ait pas d’autre choix que de rester dans leur orbite.

Source : https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c4621

L’information est communiquée par le général Delawarde, Ancien chef «Situation-Renseignement-Guerre électronique» à l’État major interarmées de planification opérationnelle bien connu sur notre site

10/05/2022. Le recours au gaz naturel liquéfié en France. Le projet lorrain Regalor

A une époque où les tensions accrues avec la Russie risquent de mettre en difficulté l’approvisionnement des Etats européens en gaz naturel liquéfié GNL importé de Russie, ces Etats se préoccupent de la valorisation de leurs ressources propres. L’Allemagne aujourd’hui très dépendante du gaz russe ne dispose pas de telles ressources, mais ce n’est pas le cas de la France.

C’est dans cette optique que l’Université de Lorraine, le CNRS et La Française de l’Énergie se sont associés au sein du projet REGALOR. Ce projet vise à quantifier la ressource en gaz de charbon du bassin carbonifère lorrain, et à développer des technologies de surveillance, de récupération et de valorisation du méthane, tout en réduisant l’impact carbone en piégeant le CO2 émis. La technique permettra d’éviter le recours à la fracturation hydraulique dont les effets sur l’environnement sont catastrophiques. Elle permettra la production d’un méthane quasiment pur (97 %).

Les enjeux de REGALOR prennent tout leur sens dans le cadre de l’indépendance énergétique française. La ressource gazière en Lorraine est ainsi estimée comme équivalente à 370 milliards de m³, ce qui correspond à 8 ans de consommation nationale. Couplé à une réduction des émissions de CO2, ce gaz lorrain aurait un bilan carbone bien inférieur à celui d’un gaz importé notamment des Etats-Unis en utilisant des navires méthaniers et des infrastructures coûteuses.

Les pays européens, dont la France, ont des ressources leur permettant de contribuer à une indépendance énergétique à faible impact carbone. Cependant, la réorientation actuelle du marché gazier mondial, sous l’influence américaine continue de maintenir notre dépendance extra européenne, avec un bilan carbone chaque année plus défavorable.

09/05/2022 Les dommages que les chiens causent à la planète

Les chiens (canis lupus familiaris) sont répandus dans tous les continents excepté l’Antarctique. Ils sont si nombreux qu’il est impossible d’estimer scientifiquement leur nombre, ceci qu’il s’agisse des chiens domestique ou des chiens redevenus sauvages après qu’ils aient été abandonnés par leurs propriétaires. Ce nombre est généralement estimés à plus un milliard. Ils vivent aussi bien dans les agglomérations urbaines,les montagnes au dessus de 20.000 mètres, les forêts tropicales, les iles océaniques et les réserves naturelles qui devraient être totalement protégées.

Ils sont omnivores mais préfèrent cependant les aliments carnés. Ce sont donc des milliers de tonnes de viande qu’ils consomment tous les ans. Cette viande, qu’elle soit en morceaux ou incorporée dans des aliments industriels, pourrait tout à fait convenir à des humains. Mais, notamment dans les pays très peuplés comme l’Inde ou la Chine, elle ne leur parvient pas. Les chiens s’en nourrissent en priorité.

Par ailleurs les chiens, qu’ils soient sauvages ou domestiques, pourchassent pour s’en nourrir et parfois par jeu, des centaines d’espèces vivantes. C’est ainsi que les oiseaux sauvages jadis présents dans les villes ont pratiquement. Ne subsistent que les pigeons mieux armés que les autres oiseaux pour échapper aux chiens. Les moineaux ou les mésanges se sont considérablement raréfiés. Sur les plages, les chiens font une chasse permanente aux mouettes et autres oiseaux marins qui manquent de plus en plus d’espaces vitaux

Lors de la période récente de pandémie, ils ont échappé aux contraintes de l’isolement et ont contribué à répandre le virus. En Ukraine aujourd’hui, les chiens sont omniprésents sur les zones de combat. Ils consomment le peu d’eau disponible et n’hésitent pas à attaquer les blessés incapables de se déplacer.

Il faudrait évidemment considérer les chiens comme une espèce nuisible. Leur possession devrait être étroitement réglementée. Quand à ceux vivants en liberté, ils devraient être abattus.

Les chats posent aussi les mêmes problèmes, mais étant plus discrets, on les remarque moins