22/12/2022.Vega. Elon Musk offre le champagne

Dans les centres spatiaux, les ingénieurs n’applaudissent jamais juste après le décollage. Ils attendent un peu. C’est ainsi que dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 décembre, la fusée européenne Vega-C a subi un dysfonctionnement tel qu’ après une dizaine de minutes de vol, Arianespace à «a du détruire le lanceur » en lui envoyant depuis Kourou « un ordre qui a bien été exécuté »,selun Pierre-Yves Tissier, le directeur technique de l’entreprise, lors d’une conférence de presse mercredi.

La procédure est normale en cas de défaillance d’une fusée. Les débris sont « retombés dans les eaux internationales, en toute sécurité » et « toutes les données du vol ont été récupérées », a-t-il ajouté.

Le décollage avait été réussi. C’est après la séparation du premier étage et la mise à feu du moteur du deuxième étage Zefiro 40 que l’incident s’est déclaré. « La pression dans la chambre du moteur a subitement chuté, et plusieurs éléments électroniques ont été perdus », a précisé Pierre-Yves Tissier.

Vega-C est une nouvelle version du petit lanceur européen VEGA fabriqué sous maîtrise d’œuvre italienne et certifié par l’Agence spatiale européenne (ESA). Il avait réussi son vol inaugural en juillet. Au sol, deux tests de mise à feu du moteur incriminé avaient été réussis dans les mois précédents.

Pour son premier lancement commercial, Vega-C a entraîné la perte de deux satellites d’Airbus, Pleiades Neo 5 et 6, qui devaient consolider les services d’imagerie spatiale de précision du conglomérat européen. Cette petite fusée Vega est dérivée du booster de la future Ariane 6, ce qui a soulevé des inquiétudes pour l’avenir de cette dernière. Une commission d’enquête dirigée par Arianespace et l’ESA doit réunir « immédiatement » des experts indépendants, qui devront « établir les causes de cet échec et proposer des solutions robustes et durables » a-t-il ajouté.

Pour l’Europe spatiale, l’échec de Vega-C est un coup dur. La fin de la collaboration avec Roscosmos, l’agence spatiale russe, a déjà obligé Arianespace à stopper les opérations du lanceur Soyouz à Kourou et donc retirer du catalogue l’unique lanceur moyen disponible. L’accident du lanceur léger Vega-C, combiné avec les retards majeurs pris par le programme Ariane 6 dont le premier lancement a été reporté fin 2023 alors qu’il était prévu en 2020, rend la compétition plus difficile avec les concurrents américains, notamment SpaceX.

La première version de Vega, en service depuis 2012, a été tirée vingt fois et a subi deux échecs en 2019 et 2020.

21/12/22. Au prétexte d’éviter une nouvelle guerre mondiale, Poutine est-il trop tolérant ?

Multiplier les concessions aux Occidentaux ne permettra pas à Poutine de gagner l’actuelle guerre en Ukraine. Ainsi il avait fixé comme une ligne rouge à ne pas franchir le bombardement de cibles militaires en Russie. Ces bombardement ont eu lieu et l’on attend toujours la réaction russe.

Il n’avait pas besoin pour réagir de couvrir de missiles l’Europe ni les Etats-Unis. Plutôt que rendre inhabitables aux civils des quartiers entiers d’immeubles d’habitations, il lui aurait suffi de détruire quelques équipements militaires ukrainiens stratégiques. Des armes nucléaires étaient bien évidement inutiles pour ce faire. Le geste aurait été compris, tant par Zelinsky que par ses tutelles.

Depuis les lignes rouges se sont multipliées et elles ont toutes été franchies. Il ne faut pas s’étonner si dans ces conditions la Chine ou l’Inde dont la Russie revendique l’appui dans les tensions mondiales contemporaines tardent à s’engager. Elles ont besoin d’un partenaire russe solide capable de les protéger des interférences de Washington.

19/12/2022 NPR Nuclear Posture Review des Etats Unis

Comme chaque année, le Pentagone publie une mise à jour détaillée de ce que Washington nomme la Nuclear Posture Review des Etats Unis ou NPR.

Ce document recense le nombre de têtes nucléaires disponibles pour les différentes armes, ainsi que les bases militaires américaines où elles sont stockées. La doctrine d’emploi y est précisée si nécessaire en cas de changements.

Les informations concernant les autres Etats nucléaires sont également publiées.

https://fas.org/blogs/security/2022/10/2022-nuclear-posture…???

NB. Nous ne sommes pas autorisés à publier ici l’adresse internet complète de ce document. Le Rapport de la Federation of American Scientists fera fort bien l’affaire https://fas.org/blogs/security/2022/10/2022-nuclear-posture-review/

En 2022 par ailleurs a été publié le compte rendu des différentes manœuvres militaires ayant utilisé ces donnés et nécessité leur actualisation. Celles-ci sont libres d’accès

https://fas.org/blogs/security/2022/10/steadfashttps://fas.org/blogs/security/2022/10/steadfast-noon-exercise-and-nuclear-modernization/

18/12/22 Etonnante proximité entre cerveaux de rats et cerveaux humains.

Bien que le cerveau du rat soit plus petit et moins complexe que le cerveau humain, les recherches en neurologie comparée ont montré que leur structure et leur fonctionnement sont remarquablement similaires. Ils sont tous deux constitués d’une grande quantité de neurones connectés qui communiquent les uns avec les autres de façon constante. 

La communication entre deux neurones se fait par l’intermédiaire de substances chimiques appelées neurotransmetteurs libérés dans la fente synaptique. Ces substances diffèrent suivant les synapses. Elles sont produites par le neurone qui envoie le message et elles sont reconnues par le neurone qui le reçoit.

Leurs cerveaux sont constitué de trois parties principales de taille différente selon les deux espèces:

Le cerveau proprement dit, ou cerveau intelligent remplit une très grande partie de la boîte crânienne…
Le cervelet est situé à l’arrière de la tête, sous le cerveau. …
Le tronc cérébral est situé sous le cerveau, devant le cervelet.

C’est la synapse, soit la zone située entre deux cellules nerveuses, qui assure la transmission des neurotransmetteurs. La synapse est donc la structure histologique par laquelle l’axone d’un neurone s’articule avec les dendrites d’un autre neurone.

L’histologie, également connue sous le nom d’anatomie microscopique ou microanatomie, est la branche de la biologie qui étudie l’anatomie microscopique des tissus biologiques. L’histologie est la contrepartie microscopique de l’anatomie macroscopique, qui examine les structures plus grandes visibles sans microscope.

Pour plus de détails, voir
Le cerveau à tous les niveaux https://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_05/i_05_cr/i_05_cr_her/i_05_cr_her.html

Pour approfondir les ressemblances et différences entre un cerveau humain et un cerveau de rat, des chercheurs ont eu l’idée d’implanter un organoïde cérébral humain dans un cerveau de rat. On appelle organoide un amas cellulaire prélevé dans un organe donné et greffé dans un autre organe. L’un et l’autre peuvent appartenie au même individu d’une espèce donnée ou provenir de deux espèces différentes. Dans l’expérience relatée, il s’agissait d’un humain et d’un rat.

L’amas cellulaire a prospéré dans l’encéphale du rongeur, rendant possibles de nouvelles études des maladies neuropsychiatriques humaines.

Grâce à l’implantation à un stade très précoce, les neurones humains ont pu s’intégrer au réseau des neurones de rat. « Ils répondent à des stimuli externes et émettent des signaux internes. La stimulation des vibrisses de l’animal a provoqué leur activation, observe le neuroscientique Sergiu Pasca, qui dirige l’expérience . Le rongeur a aussi appris à associer l’activation de ces neurones humains avec une récompense (de l’eau dans un distributeur). Ils sont donc intégrés fonctionnellement dans le cerveau du rat. 

Sergiu P. Pașca est un scientifique et médecin roumano-américain de l’Université de Stanford en Californie.

Des animaux avec un cerveau mi-humain, mi-rongeur… De quoi s’interroger sur la nature de l’activité cérébrale et le comportement de ces chimères. « Nous nous sommes beaucoup penchés sur les questions éthiques, de bien-être pour les rongeurs, depuis le début de cette expérience, reconnaît Sergiu Pasca. Nous avons fait passer aux animaux des électroencéphalogrammes [EEG] pour détecter l’existence de crises d’épilepsie, des tests d’anxiété, de déficit de mémoire et nous n’avons rien vu, ni altération du comportement ni augmentation des capacités. »

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2022/10/31/un-organoide-cerebral-humain-implante-dans-un-cerveau-de-rat_6147970_1650684.html

Faire croitre une petite boule de neurones humains de la taille d’une tête d’épingle dans une boîte de Petri est devenu un acte routinier pour nombre de laboratoires dans le monde. Désignées sous le nom d’organoïdes de cerveau, ces cultures en 3D de tissus cérébraux vivants ont ouvert une nouvelle ère dans la recherche sur l’encéphale humain. Mais jusqu’où peut-on aller lorsqu’il s’agit de créer un modèle de cerveau en laboratoire ?

Récemment, des chercheurs américains ont poussé encore plus loin le potentiel de maturation de ces organoïdes en les transplantant dans les cerveaux de rats nouveau-nés, ensuite rapidement colonisés par les cellules humaines. Un outil inédit pour l’étude des maladies neuropsychiatriques de l’homme et pour tester de nouveaux traitements, selon les chercheurs. Mais il pose aussi une série de questions éthiques.

« Nous voulons comprendre les maladies psychiatriques ancrées dans le cerveau à un niveau moléculaire, pour trouver des traitements. Mais le cerveau est un organe difficile d’accès, explique aujourd’hui Sergiu Pasca, chercheur et médecin de l’université Stanford, en Californie. En construisant un modèle non invasif du cerveau humain, nous pouvons relever ce défi. »

Les organoïdes présentent actuellement quelques limitations en laboratoire. « Nous n’observons pas la même connectivité entre les neurones ni la même taille de cellules que dans le cerveau humain, continue le scientifique. C’est pourquoi nous avons décidé de transplanter ces organoïdes dans le cortex somato-sensoriel de rats nouveau-nés, lorsque le système nerveux des rongeurs est encore en maturation. » Cette région du cortex reçoit les informations provenant de la surface du corps (toucher, chaud, froid, douleur, etc.) et, notamment chez les rongeurs, des moustaches appelées vibrisses.

Les résultats de cette expérience, publiés le 12 octobre dans la revue Nature, et référencé ci-dessous, ont montré que la connectivité entre cellules nerveuses humaines était bien plus importante, et que ces neurones plus matures étaient six fois plus grands dans la tête de rat, comparés aux organoïdes dans les boîtes de Petri. Après deux cent cinquante jours dans le cerveau de l’animal, les neurones d’organoïdes occupaient près d’un tiers de l’hémisphère cérébral.

De plus, grâce à l’implantation à un stade très précoce, les neurones humains ont pu s’intégrer au réseau des neurones de rat. « Ils répondent à des stimuli externes et émettent des signaux internes. La stimulation des vibrisses de l’animal a provoqué leur activation Le rongeur a aussi appris à associer l’activation de ces neurones humains avec une récompense (de l’eau dans un distributeur). Ils sont donc intégrés fonctionnellement dans le cerveau du rat. »

Référence

Maturation and circuit integration of transplanted human cortical organoids

Nature  volume 610, pages 319–326 (2022)

Abstract

Self-organizing neural organoids represent a promising in vitro platform with which to model human development and disease. However, organoids lack the connectivity that exists in vivo, which limits maturation and makes integration with other circuits that control behaviour impossible. Here we show that human stem cell-derived cortical organoids transplanted into the somatosensory cortex of newborn athymic rats develop mature cell types that integrate into sensory and motivation-related circuits. MRI reveals post-transplantation organoid growth across multiple stem cell lines and animals, whereas single-nucleus profiling shows progression of corticogenesis and the emergence of activity-dependent transcriptional programs. Indeed, transplanted cortical neurons display more complex morphological, synaptic and intrinsic membrane properties than their in vitro counterparts, which enables the discovery of defects in neurons derived from individuals with Timothy syndrome. Anatomical and functional tracings show that transplanted organoids receive thalamocortical and corticocortical inputs, and in vivo recordings of neural activity demonstrate that these inputs can produce sensory responses in human cells. Finally, cortical organoids extend axons throughout the rat brain and their optogenetic activation can drive reward-seeking behaviour. Thus, transplanted human cortical neurons mature and engage host circuits that control behaviour. We anticipate that this approach will be useful for detecting circuit-level phenotypes in patient-derived cells that cannot otherwise be uncovered.

17/12/22. H2Med, le premier grand « corridor d’hydrogène vert » européen.

Réunis à Alicante à l’occasion du Med9, le sommet de l’Europe du Sud, Emmanuel Macron, l’Espagnol Pedro Sanchez et le Portugais Antonio Costa ont confirmé leur entente et préciser les détails concrets du futur chantier dit H2Med.

Le projet H2Med englobera deux connexions : l’une, courte, entre le Portugal et l’Espagne, et l’autre, plus longue et plus complexe, le BarMar, qui reliera par voie sous-marine Barcelone et Marseille . Le tracé de ce pipeline n’a pas encore été fixé et trois solutions sont à l’étude, mais le plus probable est qu’il courra sur environ 450 kilomètres, à plus de 2.500 mètres de fond parfois.

Le coût total du chantier est estimé à 2,5 milliards d’euros et les trois pays promoteurs espèrent en faire prendre en charge la moitié par les fonds européens, si le projet est déclaré d’intérêt commun.

« H2Med marque un point d’inflexion », a affirmé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, venue à Alicante assurer le soutien de l’UE à une alliance clé selon elle, qui apportera « indépendance et sécurité d’approvisionnement au système énergétique européen ».

De fait, l’objectif affiché par les trois pays promoteurs est d’utiliser le pipeline dès 2030, afin de transporter 2 millions de tonnes par an d’hydrogène dit vert produit dans la péninsule ibérique, soit 20 % du total des objectifs de production européens.

Si ce n’est pas par les Pyrénées, ce sera donc par la mer. La future connexion sous-marine « va s’inscrire de façon cohérente dans la stratégie climat, pour faire baisser les émissions, sortir des énergies fossiles et aller vers l’électrification de l’économie », a souligné Emmanuel Macron en insistant aussi sur les objectifs d’industrialisation et d’innovation du continent, ainsi que sur l’importance de l’autonomie stratégique à travers la production sur sol européen.

Au-delà des enjeux énergétiques, le lancement du projet est perçu par l’Espagne et le Portugal comme une victoire géopolitique. Le futur H2Med va enfin permettre de marquer le désenclavement de la péninsule, réclamé à chaque sommet franco-ibérique et de mieux la connecter au réseau énergétique européen.

Mais les dirigeants espagnols et portugais n’ont pas répondu aux doutes sur les capacités d’exportation des deux pays, dont les priorités devraient être, d’ici à 2030, de décarboner leurs économies avant de faire circuler l’hydrogène vers le reste du continent.

Côté français, on signale que la connexion fonctionnera dans les deux sens, avec l’idée de pouvoir faciliter l’échange des flux pour répondre aux demandes. Et on parle moins d’hydrogène vert que bas carbone, ce qui pourrait ouvrir la voie à la circulation d’une production d’origine nucléaire

Pour Madrid et Lisbonne, le projet est une véritable déclaration d’intention.

L’Espagne et le Portugal affirment leur présence sur l’échiquier européen,. Après l’humiliation des années d’austérité et de plans de sauvetage sévères, il est bon de montrer que, cette fois, la solution arrive du Sud.

Les voisins ibériques comptent sur le coup de projecteur du projet H2Med pour « faire valoir leurs capacités installées en matière de renouvelables, leurs potentiels en matière de production d’hydrogène vert, et leur volonté de contribuer à un approvisionnement décarboné et à la sécurité énergétique de l’Europe ».

Ils profitent des difficultés prévisibles côté italien, avec l’arrivée de Giorgia Meloni au pouvoir, pour se présenter comme des partenaires stables et fiables pour la France au Sud. Ils espèrent cesser de jouer les acteurs périphériques pour revendiquer leur poids sur la scène européenne. Leurs ambitions devraient aller dans le sens de Paris , qui trouve intérêt à soigner ses alliances avec Madrid et Lisbonne, sur des questions comme l’assouplissement des règles budgétaires européennes notamment.

Mais quel intérêt économique pour la France ?

Ainsi donc, le Président Macron, a donné son feu vert pour la construction d’un pipeline d’hydrogène “vert” c’est-à-dire produit à partir d’électricité, par électrolyse.

Le projet de pipeline d’hydrogène entre Barcelone et Marseille, baptisé H2Med, devra être “parachevé d’ici 2030“, a annoncé ce vendredi à Alicante le président français.

Faisons un rapide calcul : 

On peut supposer qu’in fine, cetHhydrogène, produit à partir d’électricité, servira à refabriquer de l’électricité, qu’il s’agisse d’alimenter le réseau ou des moteurs électriques de voitures . Or le cycle Electricité > Hydrogène > Electricité a un rendement de l’ordre de 25%.

On peut se demander s’il ne vaudrait pas mieux transporter directement l’électricité de départ par des lignes haute-tension : on aurait sans doute un meilleur rendement pour beaucoup moins cher.

Mais ce n’est pas tout . Pour être qualifié de “vert”, cet hydrogène sera produit par électrolyse utilisant de l’électricité éolienne (ou peut-être photovoltaïque) : Une énergie “verte” est une énergie sans CO2, donc non contributive au verdissement . Or pour mémoire la végétation a besoin de CO2)

De plus cette électricité “verte” a elle-même un rendement de production statistique de l’ordre de 25%, compte tenu de son intermittence.

Autrement dit, le rendement global du cycle sera de 25% de 25%, soit 4%, entre la puissance intermittente installée en Espagne et l’énergie électrique fournie à l’utilisation en France.

Mieux vaudrait redémarrer Fessenheim, capable de fournir 90% de sa puissance installée


17/12/2022 A lire en urgence… Le point du vue du Saker sur la guerre actuelle en Ukraine

On lira avec intérêt le point de vue du Saker, notamment concernant la Russie et son rôle
. Merci au Saker.
. Merci à DeDefensa

Version en français
https://www.dedefensa.org/article/la-guerre-de-goldilocks

Version en anglais
https://thesaker.is/the-goldilocks-war/

16/12/2022. Avec le SCAF, l’avion de combat européen du futur se concrétise

La Direction générale de l’armement a attribué à Dassault AviationAirbus Defense and Space GmbH ainsi qu’à Airbus Defense and Space SAU, Indra & Eumet le contrat pour la prochaine phase de développement de ce programme qui vise à concevoir le prochain avion de combat européen, a fait savoir, le 15 décembre, le ministère français des Armées. «Ce contrat historique, d’un montant de 3,2 milliards d’euros, couvrira les travaux de démonstration du Scaf et ses composants pendant environ trois ans et demi», est-il écrit dans un communiqué de Dassault Aviation.

Cette phase 1B du programme, d’une durée d’environ 3 ans et demi, et qui vise à définir l’architecture d’un démonstrateur d’avion conforme aux études opérationnelles, représente un coût de 3,2 milliards d’euros sur les 8 milliards du contrat au total.

C’est sur cette étape que les deux partenaires étaient en désaccord. «On bute sur la phase 1B après avoir bien discuté du partage des tâches. Il y a un désaccord sur la nature même de la coopération», avait déclaré Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, au Paris Air Forum, mardi 7 juin. Eric Trappier défendait le fait de disposer d’une maîtrise d’œuvre industrielle forte dans le projet et craignait qu’une co-maîtrise d’œuvre avec Airbus Defence and Space soit synonyme, selon lui, d’inefficacité et de responsabilité diluée.

Cependant; le 18 novembre, l’Allemagne avait fait savoir que les deux industriels avaient trouvé un terrain d’entente. Selon le communiqué de Dassault Aviation, «outre leur rôle de maître d’œuvre par pilier, Dassault Aviation, Airbus et Indra (Espagne) agissent en tant que coordinateurs nationaux pour assurer la cohérence globale des démonstrateurs et le pilotage des travaux de consolidation de l’ensemble du programme.»

Ainsi la gouvernance industrielle de la phase 1B partage les responsabilités entre les quatre entreprises et les trois pays concernés, avec notamment les interventions de Safran Aircraft Engine, MBDA et Thales dans plusieurs domaines du projet.

Ce programme, véritable test de coopération entre la France, l’Allemagne et l’Espagne, qui le financent, devrait aboutir à un avion capable de transporter plus de missiles, de voler plus longtemps tout en étant plus furtif et aussi manœuvrable que le Rafale. Des drones voleront aussi à ses côtés pour réaliser des opérations de reconnaissance, le leurre anti-missiles, le brouillage ou encore le recueil d’informations.

A Farnborough, de son côté le britannique BAE Systems jaffiche ses ambitions. Dès la première journée du salon, le 18 juillet, l’avionneur britannique a précisé son calendrier pour faire voler un premier démonstrateur d’avion de combat de nouvelle génération dès 2027. Lancé en 2018 sous leadership britannique, ce programme baptisé Tempest réunit la Suède, l’Italie et intéresse le Japon. A l’occasion du salon aéronautique, Ben Wallace, le ministre de la Défense du Royaume-Uni, s’est félicité de la collaboration en cours avec ses partenaires. «Notre travail avec le Japon et l’Italie sur des technologies de pointe comme celle-ci montre l’avantage de nos alliances à travers le monde».

Note

Voir https://droitdunet.fr/notre-top10-des-meilleurs-avions-de-chasse/

Note au 17/12/22

SCAF. Pas demain la veille….

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4503

15/12/2022 Le Nouvel Ordre mondial

L’ancien ordre mondial qui s’est imposé du 19e siècle jusqu’aux années 1914 était caractérisé (en simplifiant beaucoup) par des compétitions et/ou guerres entre plusieurs puissances ou groupes de puissances

  • L’Allemagne et ses alliés d’Europe continentale
  • Le Royaume Uni et ses alliés de l’Empire Britannique
  • La France et ses alliés d’Europe méditerranéenne et d’Afrique noire
  • Les Etats-Unis et leurs alliés du continent américain
  • La Russie et ses alliés d’Europe centrale
  • Par contre, ni la Chine ni l’Inde n’avaient alors émergé en tant que puissances mondiales.

Aujourd’hui, cet état de chose est profondément bouleversé

  • Il ne devrait plus y avoir de guerres importantes, vu le risque d’une conflagration nucléaire mondiale
  • Par contre les guerres avec des moyens conventionnels ne disparaîtront pas. Au contraire elles devraient se multiplier avec des pertes humaines croissantes
  • Les guerres numériques (Internet) entre grandes ou petites puissances se généraliseront

Au plan géopolitique, des changements profonds se produiront
– L’Allemagne disparaitra en tant que puissance mondiale
– Il en sera de même de la France et des autres Etats de l’Union Européenne
– La Russie demeurera mais sera très affaiblie si elle ne bénéficie pas d’alliances extérieures
– La Chine et dans une moindre mesure l’Inde deviendront de grandes puissances démographique et politiques mais auront du mal à affirmer leur puissance économique
– Le continent africain verra sa puissance démographique s’envoler mais souffrira fortement du réchauffement climatique

Une conclusion paraît claire. Si la Russie voulait conserver son statut de puissance dominante, elle devrait s’allier avec l’Allemagne et la France. Grâce à cette alliance faite de concessions politiques et de coopérations scientifiques et techniques approfondies, elle pourrait s’imposer vis-à-vis de la Chine et du reste du monde.

Réciproquement, grâce à l’alliance russe, l’Allemagne et la France pourraient prendre de l’importance vis-à-vis des Etats-Unis.

Mais il faudrait pour cela que Vladimir Poutine renonce à ses opérations militaires spéciales en Ukraine

14/12/22 L’Estonie et les cyber-attaques russes

La Russie est connues dans le cyber-espace par l’efficacité des dizaines ou centaines de hackers qui espionnent chaque jour pour son compte les échanges politiques ou économiques au sein du monde dit occidental. Mais elle se heurte dorénavant aux réponses d’un petit pays, l’Estonie.

Celle-ci avec sa capitale Tallinn qui ne compte qu’un million d’habitants, éprouve en permanence la crainte d’être envahie par des blindés russes. Il en est de même des deux autres Etats Baltes, Lettonie, capitale Riga et Estonie, capitale Vilnius. Mais l’Estonie, la plus au nord, commande le passage vers le Golfe de Finlande et présente de ce fait un intérêt stratégique particulier pour Moscou.

De ce fait, l’Estonie a été depuis des années la victime privilégiée des cyberattaques russes. Aussi dès le début des opérations militaires spéciales de Vladimir Poutine en Ukraine, elle a mis son savoir faire au service de Volodymyr Zelinsky.

Aujourd’hui Llukas Ilves sous- ministre responsable de la sécurité des systèmes d’informations estoniens se concerte au moins une fois par semaine avec ses collègues ukrainiens. Il les aide à déjouer les attaques de hackers russes sur des infrastructures critiques telles que les réseaux électriques et satellitaires.

https://e-estonia.com/digital-discussion-spotlight-estonias-new-cio-luukas-ilves/

L’Estonie conduit par ailleurs  un Programme de l’Union Européenne d’un coût annuel de 11 millions d’euros visant à protéger des cyberattaques russes les administrations et entreprises ukrainiennes.

Il faut dire qu’en termes de cyberattaques russes, l’Estonie à une longue expérience. Dès 2007 elle eut à faire face à une guerre de l’information russe visant à neutraliser tous les sites importants du pays. Ainsi le site du parlement reçut en quelques jours l’équivalent de 7 années de messages internet. Mais aucun des sites attaqués ne fut contraint de suspendre son activité.

13/12/22 Iter pris de court par le Lawrence Livermore National Laboratory LNLL américain ?

Rappel

Qu’est ce que Iter

Wikipedia propose au 12/12/2022 une définition du Projet Iter

Le réacteur thermonucléaire expérimental international, ou ITER (acronyme de l’anglais International thermonuclear experimental reactor, également mot latin signifiant « chemin » ou « voie »), est un projet international de réacteur nucléaire de recherche civil à fusion nucléaire de type tokamak, situé à proximité immédiate du centre d’études nucléaires de Cadarache à Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône, France). Le projet de recherche s’inscrit dans une démarche à long terme visant à l’industrialisation de la fusion nucléaire. Il associe trente-cinq pays : ceux de l’Union européenne ainsi que l’Inde, le Japon, la Chine, la Russie, la Corée du Sud et les États-Unis, ainsi que la Suisse et le Royaume-Uni en tant qu’États associés à la Communauté européenne de l’énergie atomique.

ITER est le plus grand projet scientifique mondial actuel. Par sa complexité, son ambition et son budget hors-norme, ce projet de haute technologie a été comparé au programme Apollo. Il est sujet à de nombreuses controverses, notamment concernant le montant des subventions sur fonds publics, passées de 5 à 19 milliards d’euros, contributions principalement en nature des parties prenantes sous la forme de composants et de systèmes.

L’entrée en activité et la production du premier plasma est prévue pour 2030.

Selon les promoteurs du projet, la démarche à long terme visant à l’industrialisation de la fusion nucléaire nécessiterait de construire ensuite un second réacteur de recherche, Demo, plus proche d’un réacteur de production, puis PROTO, un réacteur à valeur de prototype industriel, avant la phase industrielle proprement dite.

Article

Aujourd’hui 23/12/22, on apprend que les États-Unis devraient annoncer avoir pour la première fois obtenu un « gain net d’énergie » lors d’une expérience de fusion nucléaire s’étant déroulée au Lawrence Livermore national Laboratory. Il s’agira d’une étape importante pour démontrer la viabilité de cette technologie qui, pour ses promoteurs, pourrait remplacer non seulement le nucléaire de fission mais les énergies renouvelables

« C’est un exploit qui confirme scientifiquement pour la première fois la validité du concept de fusion nucléaire », affirme Ambrogio Fasoli, physicien et directeur du Swiss Plasma Center à l’École polytechnique de Lausanne. Cette technologie consiste à reproduire sur Terre la réaction physique qui entraîne la génération de lumière et d’énergie sur le Soleil en propulsant à très grande vitesse deux atomes, en espérant qu’ils fusionnent.

Le « gain net d’énergie » constitue une étape cruciale dans le chemin parcouru depuis plus de soixante-dix ans par les promoteurs de la fusion nucléaire, qui espèrent la voir devenir le « Saint Graal des énergies renouvelables », avait souligné en avril Don Beyer, représentant démocrate au Congrès lors de la présentation du nouveau plan américain pour développer cette filière.

Cette percée a permis de démontrer qu’il y a « eu davantage d’énergie libérée lors de la fusion nucléaire que celle utilisée par les lasers nécessaires pour susciter la réaction

En l’occurrence, les physiciens du LLNL seraient parvenus à générer 2,5 mégajoules d’énergie alors que les lasers ont projeté seulement 2,1 mégajoules pour susciter la réaction physique,

Le succès, qualifié de « moment historique » par le physicien britannique Arthur Turrell, était attendu depuis longtemps. Cependant, facile à démontrer en théorie, le « gain net d’énergie » était beaucoup plus difficile à atteindre en pratique. Le problème vient essentiellement « des particules des noyaux atomiques qui ne veulent pas se rapprocher sauf si on les chauffe à près de 150 millions de degrés Celsius », selon les termes du physicien Ambrogio Fasoli.

Pour parvenir à de telles températures, il faut utiliser des moyens qui sont eux-mêmes très énergivores. Le LLNL à l’origine de la percée qui devrait être annoncée a eu recours à la fusion nucléaire par confinement inertiel, l’une des deux grandes méthodes pour parvenir à ce résultat. L’autre, appelée fusion par confinement magnétique, est au cœur du projet européen Iter, actuellement développé à Cadarache, dans le sud de la France.

Le procédé utilisé par le LLNL consiste à bombarder une petite capsule de carburant – un mélange de deutérium et de tritium d’une taille d’environ un millimètre – avec des faisceaux laser qui vont la chauffer et la condenser fortement jusqu’à « ce que la ‘coquille’ extérieure de la capsule explose et libère l’énergie », résume Alf-Köhn Seeman, spécialiste de la fusion nucléaire à l’université de Stuttgart. L’annonce officielle devrait permettre de mieux comprendre comment les scientifiques américains sont parvenus à sortir de l’impasse de lasers trop énergivores pour parvenir à ce « gain net d’énergie » historique.

Si « cette prouesse est remarquable d’un point de vue scientifique, elle ne nous rapproche pas beaucoup plus d’un développement commercial de la fusion nucléaire », estime cependant Roger Jaspers, physicien à l’université de technologie d’Eindhoven, associé à plusieurs projets de fusion nucléaire par confinement magnétique.

D’abord, parce qu’il faut déjà savoir de quel gain on parle. « On ne sait pas, par exemple, quelle quantité d’électricité a été utilisée pour charger les lasers », précise Roger Jaspers. Autrement dit, si on prend la consommation d’électricité en compte, il n’y a peut-être même pas eu de « gain net » d’énergie.

Ensuite, pour être commercialement viable, la fusion nucléaire doit pouvoir fournir de l’électricité au réseau en continu. C’est loin d’être le cas avec l’expérience menée au laboratoire Lawrence Livermore. « À l’heure actuelle, il faut plusieurs jours pour ajuster tous les réglages permettant d’atteindre la fusion de la capsule. Une usine devrait réussir cette opération environ dix fois par seconde [pour générer de l’électricité en continu] », souligne Sibylle Günter, la directrice scientifique de l’Institut Max-Planck de physique des plasmas.

Les tenants de la fusion nucléaire par confinement magnétique – une méthode dans laquelle de gros aimants sont utilisés pour maintenir le combustible à une chaleur nécessaire – estiment que leur voie permet de surmonter certains des problèmes inhérents au procédé utilisé en Californie. Mais pour l’heure, ils n’ont pas encore atteint le « gain net d’énergie »… Même si « c’est inévitable dans les années à venir », estime Alf-Köhn Seeman, de l’université de Stuttgart.

Si la réussite du laboratoire Lawrence Livermore était confirmée, le rêve d’une source d’énergie inépuisable, 100 % propre et capable de chauffer des villes entières grâce à de toutes petites capsules de carburant ne deviendra donc pas du jour au lendemain une réalité.