22/04/2022 HCG40 nouvelle preuve de l’existence de la matière noire ?

On nomme en astrophysique matière noire ou matière sombre une forme de matière hypothétique mais considérée comme omniprésente dans l’univers, dont les atomes ne réfléchiraient pas la lumière visible.

L’existence de cette matière est invoquée dans le modèle Lambda CDM https://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_%CE%9BCDM pour rendre compte de certaines observations astrophysiques, notamment les estimations de la masse des galaxies ou des amas de galaxies et les propriétés des fluctuations du fond diffus cosmologique.

Une nouvelle preuve probable de l’existence de la matière noire vient d’être apportée par une image dévoilée par la Nasa. Il s’agit d’une photo du « Hickson Compact Group 40 », aussi appelé HCG40, un groupement inusité de cinq galaxies. Parmi elles, une galaxie dite elliptique et une galaxie lenticulaire. Quant aux trois autres, elles sont en forme de spirales, à l’instar de la Voie lactée.

Situé vers la constellation  den l’hydre, le groupe est si compact qu’il tiendrait dans une région de l’espace qui fait moins de deux fois le diamètre du disque stellaire de notre Voie lactée. La cause en serait la matière noire. Celle-ci entoure les cinq galaxies dans une sorte de halo.

En conséquence, elles se rapprochent les unes des autres, du fait leur attraction gravitationnelle mutuelle, mais aussi par celle de la matière noire invisible qu’elles comporteraient.

Le télescope spatial Hubble les a observées à un moment clé de leur existence, alors qu’elles s’apprêtent à fusionner. Les échelles de temps ne sont pas les mêmes que pour nous, puisque la fusion  n’arrivera que dans un milliard d’années !

Restera à expliquer pourquoi d’autres galaxies dont la nôtre, ne semblent pas comporter de telles quantités de matière noire.

21/04/2022 L’ICBM russe Satan2

L’armée russe a annoncé, le mercredi le 20 avril, le premier tir d’essai «réussi» de son ICBM (missile balistique intercontinental) Sarmat, connu également sous le nom de «Satan 2». Cette arme est réputée pour être capable de raser un pays d’une taille équivalente à celle de la France.

D’après les informations disponibles, «Satan 2» serait donc le plus puissant missile nucléaire jamais conçu à ce jour. Aucune technologie de défense antimissile ne serait en mesure de l’arrêter

Selon Vladimir Poutine, ce missile lourd balistique intercontinental de cinquième génération serait capable de «déjouer tous les systèmes anti-aériens modernes». 

Le missile aurait une capacité d’action de 10.000 kilomètres, mettant à sa portée des villes européennes comme Londres ou Paris, ainsi que des villes de la côte ouest américaine.

Par ailleurs, Satan 2 pourrait contenir jusqu’à douze têtes  nucléaires lui donnant la capacité de détruire en quelques secondes un territoire «de la taille du Texas ou de la France», selon les informations de la télévision russe. L’agence de presse russe Russia Novosti a qualifié cette arme «d’invulnérable».  

De son côté, le Pentagone a réagi à l’essai de l’armée russe, considérant qu’il n’était «pas une menace». 

Le fait que l’armée russe puisse se doter d’un nouvel ICBM présenté comme invulnérable paraîtra étonnant alors que dans le même temps elle ne ne peut prendre le contrôle de l’Ukraine. Mais c’est là le paradoxe des armes atomiques actuelles. Elles sont si puissantes qu’elles sont pratiquement inutilisables saus provoquer une guerre mondiale.

Les pays dotés d’une arme atomique s’efforcent de développer des charges nucléaires dites miniaturisée. Ces charges sont dans la meilleure des hypothèses aussi destructrices que la bombe d’Hiroshima.

Il en est de même des armes bactériologiques que Poutine selon le Pentagone serait susceptible d’utiliser dans la guerre du Donbass.

20/04/2022 La guerre du Donbass

Peut-on poursuivre une guerre en reconnaissant d’avance qu’elle ne peut être gagnée. Sans doute pas. C’est pourtant à ce dilemme que sont aujourd’hui confrontées les forces ukrainiennes (UAF) et le président Volodymyr Zelinsky ? Engagés dans la bataille du Donbas, ils se refusent à admettre qu’ils ne pourront rien à terme contre l’armée russe.

Beaucoup à Kyiv pensent aujourd’hui le contraires. Ils espèrent que face à un conflit se prolongeant, et confronté à une opposition interne croissante, Vladimir Poutine se décourage et se retire de son propre gré.

Mais ils ne semblent pas se rendre compte du fait que cette perspective favorable, à supposer qu’elle se produise, demanderait plusieurs années et exigerait un prix du sang considérable. Aucun ukrainien raisonnable ne voudrait admettre que le Donbass puisse justifier de tels sacrifices.

Certes les premiers jours de l’offensive, l’armée russe avait multiplié les erreurs, en attaquant simultanément sur quatre axes sans les moyens de communication nécessaires. et ne soupçonnant la résistance des Ukrainiens en milieu urbain, lequel est favorable à la destruction des blindés. Précédemment les grandes maouvres russes, rappelons le, avaient été conduites en terrain ouvert.

Après un mois d’engagement et des pertes semble-t-il considérables, il est apparu à Moscou que conquérir Kyiv était momentanément hors de portée. D’où cette retraite sur le Donbass, beaucoup plus facile d’accès et dépourvu de villes importantes..

Aujourd’hui l’objectif russe serait semble-t-il de détruire une poche militaire ukrainienne d’environ 40.000 hommes qui s’est formée dans la région. Mais Moscou ne s’arrêtera pas la.

19/04/2022 L’expansionime de l’Otan en Europe

par Manlio Dinucci

RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 22 FÉVRIER 2022

Cet article garde aujourd’hui toute son actualité

C’est une histoire à peine croyable : une alliance militaire, l’Otan, dont le fonctionnement viole les principes de souveraineté et d’égalité des États inscrits dans la Charte des nations unies, s’est étendue durant les vingt-trois dernières années en violation des traités internationaux. C’est tellement énorme que nous l’oublions tous.

« L’élargissement de l’Otan ces dernières décennies a été un grand succès et a aussi ouvert la voie à un ultérieur élargissement de l’UE » : c’est ce qu’a affirmé samedi dernier à la Conférence de Munich sur la Sécurité le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg. Pour comprendre pleinement ses paroles, il convient de reconstruire dans ses termes essentiels cette histoire de « grand succès ».

Elle commence dans l’année même -1999- où l’Otan démolit par la guerre la Yougoslavie et, au sommet de Washington, annonce vouloir « conduire des opérations de riposte aux crises, non prévues à l’article 5, en dehors du territoire de l’Alliance ». Oubliant qu’elle s’était engagée avec la Russie à « ne pas s’étendre d’un pouce vers l’Est », l’Otan commence son expansion à l’Est. Elle englobe les premiers trois pays de l’ex-pacte de Varsovie : Pologne, République Tchèque et Hongrie. Puis, en 2004, elle s’étend à sept autres : Estonie, Lettonie, Lituanie (ex-parties de l’URSS) ; Bulgarie, Roumanie, Slovaquie (ex-membres du Pacte de Varsovie) ; Slovénie (ex-partie de la Fédération Yougoslave). En 2009, l’Otan englobe l’Albanie (à une époque membre du Pacte de Varsovie) et la Croatie (ex-membre de la Fédération Yougoslave) ; en 2017, le Monténégro (ex-partie de la Yougoslavie) ; en 2020 la Macédoine du Nord (ex-partie de la Yougoslavie). En vingt années, l’Otan s’étend de 16 à 30 pays.

De cette façon Washington obtient un triple résultat. Il étend au bord de la Russie, jusque dans le territoire de l’ex-URSS, l’Alliance militaire dont il tient les leviers de commandement : le Commandant Suprême Allié en Europe est, « par tradition », toujours un général états-unien nommé par le président des États-Unis et les autres commandements clé appartiennent aussi aux USA. En même temps, Washington aliène les pays de l’Est, non pas tant à l’Alliance qu’aux États-Unis directement. La Roumanie et la Bulgarie, dès leur entrée, mettent immédiatement à disposition des USA les importantes bases militaires de Costanza et Burgas sur la mer Noire. Le troisième résultat obtenu par Washington avec l’élargissement de l’Otan à l’Est est le renforcement de sa propre influence en Europe. Sur dix pays de l’Europe centre-orientale qui entrent dans l’Otan entre 1999 et 2004, sept entrent dans l’Union européenne entre 2004 et 2007 : à l’UE qui s’élargit vers l’Est, les États-Unis superposent l’Otan qui s’élargit à l’Est sur l’Europe. Aujourd’hui 21 des 27 pays de l’Union Européenne appartiennent à l’Otan sous commandement US. Le Conseil de l’Atlantique-Nord, l’organe politique de l’Alliance, selon les normes Otan décide non pas à la majorité mais toujours « à l’unanimité et d’un commun accord », c’est-à-dire d’accord avec ce qui est décidé à Washington. La participation des plus grandes puissances européennes à ces décisions (sauf l’Italie qui obéit en se taisant) advient en général à travers des tractations secrètes avec Washington pour des concessions mutuelles. Cela comporte un ultérieur affaiblissement des parlements européens, notamment celui de l’Italie, déjà privés aujourd’hui de réels pouvoirs décisionnels en politique extérieure et militaire.

Dans un tel cadre, l’Europe se retrouve aujourd’hui dans une situation encore plus dangereuse que celle de la Guerre froide. Trois autres pays —la Bosnie-Herzégovine (ex-partie de la Yougoslavie), la Géorgie et l’Ukraine (ex-parties de l’URSS)— sont candidats pour entrer dans l’Otan. Stoltenberg, porte-voix des USA avant même que de l’Otan, déclare : « Nous gardons la porte ouverte et, si l’objectif du Kremlin est d’avoir moins d’Otan aux frontières de la Russie, il n’obtiendra que plus d’Otan ». Dans l’escalade USA-Otan, clairement vouée à faire exploser une guerre à vaste échelle au cœur de l’Europe, entrent en jeu les armes nucléaires. Dans trois mois, la production en série des nouvelles bombes nucléaires B61-12 commence aux USA. Elles seront déployées sous commandement états-unien en Italie et dans d’autres pays européens, probablement aussi à l’Est, plus proches encore de la Russie. En plus de celles-ci, les USA ont en Europe deux bases terrestres en Roumanie et en Pologne et quatre navires de guerre dotés du système de missiles Aegis, pouvant lancer non seulement des missiles anti-missiles mais aussi des missiles de croisière à tête nucléaire. Ils sont en outre en train de préparer des missiles nucléaires à moyenne portée, à déployer en Europe contre la Russie, l’ennemi inventé qui peut répondre de façon destructrice s’il est attaqué.

À tout cela s’ajoute l’impact économique et social de la dépense militaire croissante. À la réunion des ministres de la Défense, Stoltenberg a annoncé triomphant que « cette année est la septième année consécutive d’augmentation de la dépense de la Défense des Alliés européens, qui s’est accrue de 270 milliards de dollars depuis 2014 ». Toujours de l’argent public soustrait aux dépenses sociales et aux investissements productifs, alors que les pays européens doivent encore se reprendre du confinement économique de 2020-2021. La dépense militaire italienne a dépassé les 70 millions d’euros par jour, mais cela ne suffit pas. Le Premier ministre Draghi a déjà annoncé : « Nous devons nous doter d’une défense plus significative : il est très clair qu’il faudra dépenser beaucoup plus que nous ne l’avons fait jusqu’ici ». Très clair : serrons-nous la ceinture pour que l’Otan puisse s’élargir.

Manlio Dinucci

Source
Il Manifesto (Italie)

19/04/2022 Nouveaux aperçus sur Homo Neandertalensis

Homo heidelbergensis est jusqu’ici considéré comme une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu au Pléistocène moyen, entre environ 700 000 et 220 000 ans avant le présent (AP). Il serait l’ancêtre probable de l’Homme de Néandertal et de l’Homme de Denisova. Ces derniers sont eux-mêmes considérés comme des ancêtres probables de l’homo sapiens.

La taxonomie préhistorique n’est évidemment pas une science exacte compte tenu du faible nombre des fossiles accessibles, et de leur mauvais été de conservation. Elle reste cependant indispensable afin de mettre un peu d’ordre dans une histoire compliquée.

En 2019 fut organisée une session de l’ American Association of Biological Anthropology (anciennement American Association of Physical Anthropology) consacrée à définir Homo heidelbergensis. Les résultats n’en furent pas concluants. Le taxon ne satisfaisait personne, différents fossiles furent attribués à cette espèce. Il fut décidé en conséquence de remplacer Hheidelbergensis par Homo bodoensis et de réattribuer ses traits à Homo neanderthalensis 

L’article que nous republions ici précise les éléments de ce débat.

Resolving the “muddle in the middle”: The case for Homo bodoensis
28 October 2021

https://doi.org/10.1002/evan.21929

Abstract

Recent developments in the field of palaeoanthropology necessitate the suppression of two hominin taxa and the introduction of a new species of hominins to help resolve the current nebulous state of Middle Pleistocene (Chibanian) hominin taxonomy. In particular, the poorly defined and variably understood hominin taxa Homo heidelbergensis (both sensu stricto and sensu lato) and Homo rhodesiensis need to be abandoned as they fail to reflect the full range of hominin variability in the Middle Pleistocene. Instead, we propose: (1) introduction of a new taxon, Homo bodoensis sp. nov., as an early Middle Pleistocene ancestor of the Homo sapiens lineage, with a pan-African distribution that extends into the eastern Mediterranean (Southeast Europe and the Levant); (2) that many of the fossils from Western Europe (e.g. Sima de los Huesos) currently assigned to Hheidelbergensis s.s. be reassigned to Homo neanderthalensis to reflect the early appearance of Neanderthal derived traits in the Middle Pleistocene in the region; and (3) that the Middle Pleistocene Asian fossils, particularly from China, likely represent a different lineage altogether.

18/04/2022 Une nouvelle mesure du boson W

Le boson W dispose d’une force supérieure à celle qui lui avait avait été attribuée dans le tableau des particules élémentaires. Une collaboration de près de 400 physiciens vient de publier l’article cité en référence, dont nous reprenons ci-dessous l ‘abstract.

On appelle force d’une particule élémentaire l’une des quatre forces fondamentales qui régissent le comportement de la matière dans l’ univers. Le boson W est avec le bozon Z, le vecteur de la force faible, Les particules de matière interagissent en échangeant ces bosons, mais cette interaction a une faible portée. Le boson W, qui a une charge électrique, change la nature même des particules. Il transforme les protons en neutrons, et vice-versa, par la force faible, c’est-à-dire la force qui déclenche la fusion nucléaire et permet aux étoiles de brûler. Cette combustion crée des éléments plus lourds et, quand une étoile meurt, ces éléments sont projetés dans l’espace, constituant ainsi des matériaux de construction pour les planètes, et les êtres vivants.

Dans les années 1960, la force faible a été combinée avec la force électromagnétique dans les théories électrofaibles unifiées, qui visaient à assurer une cohérence mathématique au cadre de base de la physique. Toutefois, la théorie supposait que les particules porteuses de force soient dépourvues de masse, alors même que les scientifiques savaient que le boson W devait avoir une masse importante, expliquant la courte portée de l’interaction.

Pour expliquer la masse du W, les théoriciens ont alors introduit un autre mécanisme, jusqu’ici non observé,  qui sera appelé par la suite mécanisme de Higgs et qui suppose l’existence d’un boson spécifique, le boson de Higgs. Celui-ci a été mis en évidence en 2012 au Cern. Cette masse était de 80 357 méga-électronvolts.Or la masse qui vient d’être découvertes est de 80 443.

La différence paraît infime. Mais cette différence met en évidence que quelque chose n’avait pas été compris. La théorie de la matière, dite le modèle standard, est elle à réécrire ? Et ça, c’est une excellente nouvelle !  

En effet, tous les physiciens savent que le modèle standard est incomplet. Et ils cherchent depuis des dizaines d’années des indices qui pourraient les amener à la compléter. En particulier, cette théorie n’arrive pas à décrire la gravité – on ne sait pas décrire, à l’échelle microscopique, la force qui fait tomber les pommes des arbres, et qui nous maintient les pieds sur Terre. Va-t-on y réussir dorénavant, grâce au boson W ?

High-precision measurement of the W boson mass with the CDF II detector

SCIENCE • 7 Apr 2022 • Vol 376, Issue 6589 • pp. 170-176 • DOI: 10.1126/science.abk1781

Weighing the W boson

W bosons mediate the weak interaction, one of the fundamental forces in physics. Because the Standard Model (SM) of particle physics places tight constraints on the mass of the W boson, measuring the mass puts the SM to the test. The Collider Detector at Fermilab (CDF) Collaboration now reports a precise measurement of the W boson mass extracted from data taken at the Tevatron particle accelerator (see the Perspective by Campagnari and Mulders). Surprisingly, the researchers found that the mass of the boson was significantly higher than the SM predicts, with a discrepancy of 7 standard deviations. —JS

Abstract

The mass of the W boson, a mediator of the weak force between elementary particles, is tightly constrained by the symmetries of the standard model of particle physics. The Higgs boson was the last missing component of the model. After observation of the Higgs boson, a measurement of the W boson mass provides a stringent test of the model. We measure the W boson mass, MW, using data corresponding to 8.8 inverse femtobarns of integrated luminosity collected in proton-antiproton collisions at a 1.96 tera–electron volt center-of-mass energy with the CDF II detector at the Fermilab Tevatron collider. A sample of approximately 4 million W boson candidates is used to obtain MW=80,433.5±6.4stat±6.9syst=80,433.5±9.4 MeV/c2MW=80,433.5±6.4stat±6.9syst=80,433.5±9.4 MeV/c2, the precision of which exceeds that of all previous measurements combined (stat, statistical uncertainty; syst, systematic uncertainty; MeV, mega–electron volts; c, speed of light in a vacuum). This measurement is in significant tension with the standard model expectation.

16/04/2022 Avenir du système électrique français

En octobre 2021, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité français RTE a publié un premier rapport intitulé « Futurs énergétiques 2050 » 

Le Rapport examine l’avenir du système électrique français dans une trentaine d’années compte tenu les scénarios de mix de production à l’étude permettant d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Le rapport aborde de nombreux sujets techniques et les tendances futures, notamment à propos du coût des technologies émergentes, solaire, éolien notamment, du potentiel d’électrification des différents secteurs, de la stabilité du réseau et des besoins de réserve dans un système électrique qui n’est pas alimenté en permanence. Le rapport examine également les gains que la sobriété pourra apporter à la transition énergétique.

Il conclut qu’un développement important des énergies éolienne et solaire est indispensable. Selon les scénarios, en 2060, la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité ira de 50 % à 100 %, le reste étant assuré par le nucléaire actuel dit de fission. Tous ces scénarios atteignent la neutralité carbone et le même niveau de fiabilité dans la fourniture.

Cette étude confirme, après celle de l’Ademe , que le coût d’un système électrique 100 % renouvelable à l’horizon 2050-2060 est proche de celui d’un système reposant sur de nouvelles centrales nucléaires à fission du type EPR.

Cependant, ce rapport aboutit, sous ses hypothèses centrales, à un écart de coût en faveur des scénarios comprenant la construction de nouveaux réacteurs, de l’ordre de 15 % entre le scénario N2 (avec 23 GW de nouveau nucléaire, soit 14 centrales de type EPR, en 2050) et le scénario M23 (sans nouveau nucléaire).

Certains observateurs en tirent la conclusion que ce rapport fournit une justification économique pour lancer dès maintenant un programme de construction de nouvelles centrales EPR en France.

Ajoutons que dans quelques années, il faudra tenir compte des coûts du nucléaire dit de fusion actuellement expérimenté, notamment par la France, à Cadarache.

16/04/2022 Age probable de la vie sur Terre

La vie bactérienne serait apparue sur Terre entre 3,75 et 4,20 milliard d’années avant le présent

Dans la mesure où les virus sont des organismes trop simples pour être identifiés comme aux origines de la vie sur Terre, c’est la vie bactérienne qui est prise en référence. Or jusqu’ici, les bactéries les plus anciennes, dites aussi automates cellulaires primitifs, étaint considérées comme datant d’environ 3,75 milliards d’années avant le présent. Aujourd’hui, une étude de chercheurs de l’University College de Londres, référencée ci-dessous, suggère que les premières formes de vie bactérienne seraient plus anciennes. Elles dateraient d’environ 4,28 milliards d’années.

Des structures fossilisées découvertes au Québec, dans un petit morceau de rocher d’origine océanique laissent penser qu’il pourrait s’agir de filaments ou de tubes de nature biologique, appartenant à une bactérie primitive. Une étude plus approfondie de ces formes, découvertes dans des roches voisines, a montré que par leur complexité, elles n’auraient pas pu avoir une origine chimique, autrement dit abiotique ou non biologique. Elles auraient pu même résulter de phénomènes primitifs de photosynthèse, caractéristiques de végétaux vivants dans l’eau.

Ainsi la Terre, environ 300 millions d’années après sa formation, aurait pu héberger de premières formes de vie complexe. Il apparaît de plus en plus probable qu’il en soit de même dans les autres planètes dites habitables existant dans les autres galaxies.

Référence

Metabolically diverse primordial microbial communities in Earth’s oldest seafloor-hydrothermal jasper

Science advances• 13 Apr 2022 • Vol 8, Issue 15 • DOI: 10.1126/sciadv.abm2296

Abstract

The oldest putative fossils occur as hematite filaments and tubes in jasper-carbonate banded iron formations from the 4280- to 3750-Ma Nuvvuagittuq Supracrustal Belt, Québec. If biological in origin, these filaments might have affinities with modern descendants; however, if abiotic, they could indicate complex prebiotic forms on early Earth. Here, we report images of centimeter-size, autochthonous hematite filaments that are pectinate-branching, parallel-aligned, undulated, and containing Fe2+-oxides. These microstructures are considered microfossils because of their mineral associations and resemblance to younger microfossils, modern Fe-bacteria from hydrothermal environments, and the experimental products of heated Fe-oxidizing bacteria. Additional clusters of irregular hematite ellipsoids could reflect abiotic processes of silicification, producing similar structures and thus yielding an uncertain origin. Millimeter-sized chalcopyrite grains within the jasper-carbonate rocks have 34S- and 33S-enrichments consistent with microbial S-disproportionation and an O2-poor atmosphere. Collectively, the observations suggest a diverse microbial ecosystem on the primordial Earth that may be common on other planetary bodies, including Mars.

15/04/2022 Chine: un monde sans dollars?

 Pour la plupart des économistes, il n’y a pas d’alternative au dollar

 Aucune monnaie n’est capable de se substituer au dollar, d’offrir la liquidité et la sécurité de la monnaie américaine. Le yuan, en dépit de la taille de l’économie chinoise, n’est pas capable de rivaliser avec la monnaie américaine dans les échanges internationaux : il n’est que partiellement convertible et toujours placé sous le contrôle étroit des autorités chinoises.

 Pourtant, défendant depuis des années un rééquilibrage du système monétaire international mais convaincu que cela ne peut se faire que dans le temps, le gouvernement chinois ne cesse de poser des jalons pour favoriser cette évolution. Il a développé son propre système d’échanges interbancaires libellé en yuan, afin de concurrencer le système Swift et de se placer en dehors de l’orbite occidentale. Parallèlement, dans le cadre de son projet des routes de la soie, il a instauré un modèle d’échanges dit Bridge Project qui permet d’assurer le financement des infrastructures dans les pays choisis sans passer par le dollar et le système financier international.

Enfin, la Banque centrale chinoise est en train d’élaborer un système numérique pour organiser les échanges et les paiements entre les pays en dehors du dollar. Le système a vocation à ce stade de ne concerner que les échanges régionaux. Mais cela pourrait intéresser beaucoup de pays : en 2020, la Chine a signé le plus grand accord de libre-échange avec quinze pays de la zone Asie-Pacifique, incluant notamment le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Par ailleurs, la pandémie et maintenant la guerre en Ukraine bouleversent le commerce mondial d’une façon qui pourrait conduire, selon l’organisation mondiale du Commerce, à une « fragmentation des échanges mondiaux en blocs géopolitiques distincts ». La guerre par finance interposée ne peut qu’accélérer ce mouvement.

Dans ce cas, le dollar comme monnaie de change universel ne s’imposerait pas. Au contraire, il serait une gène.

14/04/2022.Le Moskva. Comment se tirer un missile dans le pied

Le croiseur lance missiles russe Moksva, navire amiral de la flotte russe de la mer Noire, endommagé par des missiles Neptune eux-mêmes russes.


Le croiseur Moskva a été « gravement endommagé » par une explosion de munitions causée par un incendie, ont rapporté jeudi 14/04 les agences d’Etat russes, citant le ministère de la Défense. « En raison d’un incendie, des munitions ont explosé à bord du croiseur lance-missiles Moskva. Le navire a été gravement endommagé », selon le ministère cité par les agences Tass et Ria Novosti. L’équipage a été entièrement évacué et une enquête est en cours pour déterminer la cause de l’incendie.

Les autorités ukrainiennes avaient auparavant affirmé que le Moskva était en feu après avoir été touché par des missiles. « Des missiles Neptune qui protègent la mer Noire ont causé d’importants dégâts à ce navire russe », a affirmé le gouverneur ukrainien de la région d’Odessa (sud), Maxime Martchenko.

“Il brûle avec intensité. Et avec cette mer agitée, il est impossible de savoir quand ils seront capables de recevoir de l’aide”, a-t-il dit, assurant que “510 membres d’équipage” étaient à bord. “Nous ne comprenons pas ce qui s’est passé”, a-t-il ajouté.

Pour notre part, nous commençons à le comprendre. Rappelons que Vladimir Poutine avait lui même indiqué il y a 18 mois que les forces armées russes allaient être dotées d’armes hypersoniques indétectables, dont des missiles Kinjal. Nous avions rappelé qu’un seul de ces missiles, bien placé, suffisait à rendre non manœuvrant un porte avion de la classe Nimitz. Encore faudra-t-il savoir s’en servir. L’expérience du Moskva n’a rien de rassurant

Note au 15/04

Le Moskva a finalement coulé. Bravo la Marine russe.