05/07/2022 Départ de la course mondiale à la fusion nucléaire de production.

Le programme international de recherche ITER, centré en France à Cadarache, n’est pas destiné à produire directement de l’électricité de fusion nucléaire. Il rassemble des équipes provenant de pays qui comme la France, considèrent que la fusion nucléaire sera la seule source d’énergie non productrice de gaz à effet de serre capable dans une trentaine d’années de satisfaire à des coûts abordable des besoins d’énergie en constante augmentation.

Mais avant de réaliser cet objectif, il faut mettre au point des prototypes en vraie grandeur destinés à tester les meilleures solutions.  

Ce mois de juillet 2022 inaugure une période de 5 ans dite de Plan conceptuel (conceptual désign) permettant de sélectionner les meilleures technologies nécessaires à la réalisation d’une centrale nucléaire de démonstration (dite DEMO) . Le projet DEMO est financé par un consortium européen de laboratoires et d’entreprises déjà impliquées dans ITER. https://fr.wikipedia.org/wiki/Demo_(r%C3%A9acteur)

Les précédentes expériences de fusion avaient été conçues pour mieux connaître la physique des plasmas (https://www.euro-fusion.org/programme/demo/. DEMO veut aller plus loin. Il doit trouver non seulement les technologies nécessaires pour contrôler des plasmas plus puissants que ceux connus à ce jour mais aussi pour produire de l’électricité à partir de centrales sures, rapides et faciles à entretenir.

Rappelons que DEMO devra être capable de générer 300 et 500 mégawats d’électricité qui seront versés au réseau extérieur. Mais il devra aussi et surtout opérer en circuit fermé. Ceci signifie que le tritium servant de carburant sera recyclé sans produire de déchets radioactifs.

04/07/2022 L’Intelligent Warfare de l’armée populaire de Libération chinoise

Le rapport du Secrétaire à la Défense américain remis au Congrès en 2019 et intitulé « Military and Security Developments Involving the People’s Republic of China » (Développements militaires et sécuritaires impliquant la République populaire de Chine), https://sgp.fas.org/crs/row/R46808.pdf présente ce que la Chine appelle désormais une intelligent warfare ou « guerre intelligentisée ».

L’objectif est de conjuguer des modules d’ intelligence artificielle (IA) et plateformes sans pilote (drones notamment) pour soumettre l’ennemi, sans avoir à recourir à la guerre « chaude » conventionnelle.

Dans le rapport du Secrétaire à la Défense remis au Congrès en 2019 et intitulé « Military and Security Developments Involving the People’s Republic of China » (Développements militaires et sécuritaires impliquant la République populaire de Chine), on peut lire : « L’APL (Armée Populaire de Libération)[…] explore les concepts opérationnels de prochaine génération pour la guerre intelligentisée, comme la guerre d’attrition par essaims intelligents [1], la guerre mobile inter-domaines [2], la confrontation spatiale basée sur l’IA et les opérations de contrôle cognitif . L’APL considère les systèmes sans pilote comme des technologies intelligentes essentielles et cherche les moyens de rendre le plus autonomes possible les véhicules aériens, de surface et sous-marins sans pilote afin de permettre, entre autres, des formations hybrides avec et sans pilote , des attaques en essaim , un soutien logistique optimisé, des capacités ISR [Renseignement, Surveillance et Reconnaissance] décentralisées, entre autres possibilités. »

Ce qui distingue la Chine dans cette « guerre intelligentisée » n’est pas qu’elle mise sur l’IA et les drones en essaim. L’infanterie, l’aviation et la marine américaines ont elles aussi des projets de drones en essaim et les Marines expérimentent même des essaims de drones kamikazes. La singularité de la Chine est qu’elle se positionne sur les aspects cognitifs de la guerre intelligentisée.

D’après le colonel Koichiro Takagi, senior fellow du Commandement de la recherche et du développement de l’évaluation et de la formation de la Force d’autodéfense terrestre du Japon : Les théoriciens chinois ont posé que le concept opérationnel de base de la guerre intelligentisée est la prise de contrôle de la volonté de l’ennemi. L’IA doit servir à contrôler directement la volonté des plus hauts décideurs, y compris le président, les membres du Congrès et les commandants combattants, ainsi que les citoyens. La « domination par le renseignement » ou le « contrôle du cerveau » deviendront de nouveaux domaines de la lutte pour le contrôle dans la guerre intelligentisée.

Selon les spécialistes, les théoriciens militaires chinois pensent que la guerre telle que nous la connaissons est sur le point de changer. Ils estiment que le développement des technologies de l’information a atteint ses limites, et que les guerres futures se produiront dans le domaine cognitif. Pour eux le succès des guerres du futur passe par une attaque directe sur les processus cognitifs humains à l’aide de l’IA et des armes sans pilote. « Les théoriciens de l’APL affirment que la guerre intelligentisée doit cibler un « espace cognitif » qui privilégie la pensée complexe et la prise de décision efficace. Sur les champs de bataille où la technologie avancée de l’IA permet de meilleures décisions, écrivent-ils, le camp qui intégrera le mieux la créativité humaine et la capacité de calcul robotique détiendra un avantage crucial…

L’intelligentisation cherchera à construire un avantage dans la guerre psychologique. Les théoriciens décrivent une « confrontation cognitive » dans laquelle les dirigeants de l’APL domineront psychologiquement le commandement adverse grâce à de meilleures décisions prises plus rapidement. L’APL prévoit de mettre tous les outils disponibles au service de son objectif principal : réduire la volonté de résistance de l’ennemi. »

Selon trois rapports rédigés en 2019 par l’Armée populaire de libération et rendus publics par le Washington Times, la Chine mène depuis plusieurs années des recherches sur le contrôle du cerveau ou la guerre cérébrale dans le cadre de ses travaux sur le développement de la guerre intelligentisée.

« La guerre ne consiste plus à détruire des corps mais à paralyser l’adversaire et à le contrôler », affirme l’un des rapports chinois dont le PLA Daily, le quotidien de l’armée, a rendu compte. « L’objectif n’est plus la destruction physique de l’ennemi, mais la destruction de sa volonté de résistance » ; « des armes d’un nouveau genre feront du cerveau la cible principale de l’attaque et de la défense… Vaincre sans combattre n’a plus rien d’impossible. »

Les rapports de l’APL ont aussi révélé que la Chine travaille également sur l’intégration homme-machine pour augmenter les capacités physiologiques et cognitives humaines.

« La fusion homme-machine dans le futur sera une compétition pour le contrôle du cerveau » indique l’un des rapports de l’APL. « Les deux parties combattantes utiliseront diverses technologies et modèles de contrôle du cerveau qui cibleront la façon de penser et la conscience de l’ennemi ; le but est d’intervenir directement dans la pensée des chefs et de l’état-major ennemis, et de faire la guerre pour contrôler la conscience et la pensée. »

Selon le Washington Times : « Parmi les différents axes de recherche figurent les « technologies de contrôle du cerveau qui passent par la mesure de l’activité neuronale dans le cerveau et la traduction des neuro-signaux en signaux informatiques ; l’établissement d’une transmission de signaux unidirectionnelle ou bidirectionnelle entre le cerveau et un équipement externe » et les « technologies de neuro-défense telles que « l’exploitation des technologies électromagnétiques, biophysiques et matérielles pour améliorer la défense du cerveau humain contre les attaques de contrôle du cerveau ».

La guerre cognitive nécessite de grandes quantités d’informations, mais la Chine dispose déjà d’un important réservoir d’informations. Influencer les processus cognitifs humains nécessite d’importants flux d’informations personnelles et détaillées pour identifier les individus influents ou pour mener des opérations d’influence adaptées à des sous-groupes de personnes.

La Chine a déjà rassemblé une impressionnante quantité d’informations personnelles sur les responsables gouvernementaux et les citoyens américains ordinaires, se donnant ainsi une base pour influencer les processus cognitifs des individus. Cela comprend les données confidentielles de 21,5 millions de personnes qui relèvent de l’Office of Personal Management (l’Agence qui gère les personnels de la fonction publique aux Etats Unis), les informations personnelles de 383 millions de clients d’une grande chaîne hôtelière et des données sensibles concernant plus de 100 000 personnes appartenant à l’US Navy.

Le gouvernement chinois a ensuite confié aux géants informatiques de son pays le soin de traiter cette grande quantité de données, les associant ainsi à des activités de renseignement. Les énormes quantités de données que la Chine a accumulé au fil des ans, sont progressivement converties en armes au sens militaire du terme. Ces données auraient ainsi déjà permis à la Chine d’identifier des agents de la CIA opérant dans des pays étrangers. 

Ces activités sont particulièrement agressives et coercitives à Taïwan et à Hong Kong, que le gouvernement chinois considère comme son territoire. Des tentatives d’utilisation de moyens numériques pour influencer les élections ont également été observées lors de la récente élection présidentielle à Taiwan. »

La guerre cognitive relève de la science-fiction pour la plupart des gens, mais nombreux sont les experts qui estiment que les États-Unis et leurs alliés devraient prendre la menace au sérieux. Ils devraient davantage  « analyser la guerre intelligentisée pour éviter les attaques surprises dans les guerres futures » « Ils devraient également considérer l’arène cognitive comme une nouvelle arène opérationnelle, aux côtés de la terre, de l’air, de la mer, de l’espace et du cyberespace, afin de sensibiliser les esprits et investir des ressources. En outre, il est nécessaire de réfléchir à la manière de gagner la « bataille des narratifs » pour contrer la manipulation de l’opinion publique en temps de guerre. »

Selon Noon et Bassler : « L’armée américaine devrait s’efforcer de mieux comprendre les conceptions chinoises de l’intelligentisation et les efforts de l’APL pour intégrer cette intelligentisation à son modèle de guerre du futur. Tirer parti des faiblesses possibles de l’approche de l’APL devrait être une priorité absolue et aiderait également l’armée américaine à réduire certaines faiblesses de ses propres vision et actions. »

Bassler et Noon conseillent aussi aux militaires américains de ne pas répéter les erreurs du passé, et de ne pas demeurer les bras ballants comme quand la Chine renforçait sa puissance de destruction en volant des quantités massives de tout ce qu’elle pouvait, comme iciiciiciici et ici.ait diffuser plus largement ses discussions internes concernant les efforts d’intelligentisation de l’APL », ont écrit  Noon et Bassler. « Au lieu de contrer d’importantes initiatives de l’APL, l’armée américaine est demeurée assise sur des informations classifiées et à gaspillé un temps précieux au lieu de mobiliser une réponse. Plusieurs années ont été perdues pendant la campagne de construction d’îles en mer de Chine méridionale

Plus récemment encore, les quelques informations rendues publiques sur la croissance rapide du programme nucléaire chinois sont demeurées sans effet. Ce sont les enquêteurs open source qui ont mis en lumière, plusieurs années plus tard, les efforts chinois en la matière. Face à l’intelligentisation, l’armée américaine devrait prendre garde à ne pas répéter cette erreur. Les militaires américains devraient mettre en évidence plus clairement la nature des efforts de l’APL au moment même ces efforts sont mis en oeuvre.

Ref

Voir https://fr.gatestoneinstitute.org/18668/chine-nouvel-art-guerre

04/07/2022. Beaucoup de superterres dans la galaxie

On nomme aujourd’hui une superterre une planète située hors du système solaire présentant des températures de surface permettant la présence d’eau liquide. Avec le perfectionnement rapide des télescopes, le nombre de ces superterres observables ne cesse de croitre.

Des chercheurs des universités de Berne et de Zurich ont calculé (modélisé) ce que pourrait être l’atmosphère de nombreuses exoplanètes rocheuses dites superterres d’un diamètre et d’une masse proches de celles de la Terre et se trouvant dans la Voie Lactée.

Pour un grand nombre d’entre elles, ils ont montré que, avec une atmosphère primitive composée d’hélium et d’hydrogène, comme l’était aux origines l’atmosphère terrestre, ces planètes auraient pu comporter de l’eau liquide en surface durant des milliards d’années.

Comme l’eau liquide est indispensable à l’apparition et au développement de la vie terrestre, cette étude montre que la vie pourrait être très présente dans la galaxie. Encore faudrait-il le vérifier expérimentalement.

Référence

https://www.nature.com/articles/s41550-022-01699-8

Potential long-term habitable conditions on planets with primordial H–He atmospheres

Published: 

Abstract

Cold super-Earths that retain their primordial, H–He-dominated atmosphere could have surfaces that are warm enough to host liquid water. This would be due to the collision-induced absorption of infrared light by hydrogen, which increases with pressure. However, the long-term potential for habitability of such planets has not been explored yet. Here we investigate the duration of this potential exotic habitability by simulating planets of different core masses, envelope masses and semi-major axes. We find that terrestrial and super-Earth planets with masses of ~1–10 M can maintain temperate surface conditions up to 5–8 Gyr at radial distances larger than ~2 AU. The required envelope masses are ~10−4M (which is 2 orders of magnitude more massive than Earth’s) but can be an order of magnitude smaller (when close-in) or larger (when far out). This result suggests that the concept of planetary habitability should be revisited and made more inclusive with respect to the classical definition.

03/07/2022 Défendre l’Ukraine ou tenter de détruire la Russie

Par une série de changements récents encore peu remarqués, le président américain Joe Biden et ses alliés de l’OTAN ont transformé leur politique d’aide à l’Ukraine face à l’agression russe en une politique visant à affaiblir le pouvoir et l’influence de la Russie elle-même.

De ce fait, certains observateurs craignent qu’ils ne laissent au président russe Vladimir Poutine guère d’autre choix que de se rendre ou de redoubler d’efforts sur le plan militaire.

Ceci laisse entrevoir la possibilité d’affrontements américano-russes au delà de l’Ukraine. Faudrait-il craindre une guerre mondiale ?

Par une série de changements spectaculaires cette semaine, le président américain Joe Biden et ses alliés de l’OTAN ont transformé leur politique d’aide à la défense de l’Ukraine contre l’agression russe en une politique visant à saper le pouvoir et l’influence de la Russie elle-même. Ce faisant, certains observateurs craignent qu’ils ne laissent au président russe Vladimir Poutine guère d’autre choix que de se rendre ou de redoubler d’efforts sur le plan militaire, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’étendre sa guerre au-delà de l’Ukraine.

Jeudi, Biden a exhorté le Congrès à fournir 33 milliards de dollars d’aide militaire, économique et humanitaire supplémentaire à l’Ukraine, soit plus du double du montant précédent, et a déclaré qu’il envoyait un message clair à Poutine : « Vous ne réussirez jamais à dominer l’Ukraine ». Au-delà de cela, a déclaré Biden lors d’une allocution à la Maison-Blanche, la nouvelle politique vise à « punir l’agression russe, à réduire le risque de conflits futurs. »

Cette déclaration fait suite à celle, tout aussi claire, du secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, qui, à l’issue d’une rencontre à Kiev avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a déclaré que l’objectif des États-Unis était désormais de réduire la puissance de la Russie sur le long terme afin qu’elle n’ait pas la « capacité de reproduire » son assaut militaire contre l’Ukraine. « Nous voulons voir la Russie affaiblie au point qu’elle ne puisse pas faire le genre de choses qu’elle a faites en envahissant l’Ukraine », a déclaré Austin lors d’une escale en Pologne.

C’est peut-être ce qui a incité le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à déclarer après coup que Washington et l’Occident étaient entrés dans une guerre « par procuration » avec la Russie, risquant une nouvelle guerre mondiale qui, selon Lavrov, pourrait devenir nucléaire. « Le danger est sérieux, réel. Et nous ne devons pas le sous-estimer », a déclaré Lavrov.

Poutine a également laissé entendre cette semaine, comme il le fait depuis le début de son invasion le 24 février, qu’il avait toujours la possibilité d’utiliser des armes nucléaires contre l’OTAN, en déclarant : « Nous avons tous les instruments pour cela – des instruments dont personne d’autre ne peut se vanter. Et nous les utiliserons, si nous le devons. »

La nouvelle stratégie des États-Unis et de l’OTAN repose en partie sur le succès continu de l’Ukraine sur le champ de bataille contre Poutine  Celui-ci a été contraint de réduire ses ambitions, passant d’une prise de contrôle totale de l’Ukraine à un nouvel assaut dans ses parties orientale et méridionale. Les alliés de l’OTAN, dont l’Allemagne, qui, jusqu’à cette semaine, avaient hésité à envoyer des armes offensives lourdes en Ukraine, ont augmenté leur aide en réponse. Le chancelier allemand Olaf Scholz, soumis à des pressions politiques en Allemagne et à l’étranger, a annoncé en début de semaine que son pays allait fournir 50 chars antiaériens à l’Ukraine.

A suivre

03/07/2022 Des robots revêtus d’une peau artificielle proche de celle de l’homme

Des robots dotés d’un corps humanoide et capables de penser et de converser avec les humains sur des thèmes communs seront de plus en plus présents et actifs dans les sociétés de demain . Pour faciliter ces échanges, il sera utile de doter ces robots de corps simulant un corps humains, plutôt que leur conserver des corps de machine.

Or qui dira corps dira au minimum des mains et des visages revêtus d’une peau (derme) ayant la consistance et les propriétés d’une peau humaine. Une peau métallique insensible et froide ne conviendrait pas. Le rapport référencé ci-dessous présente une recherche dit biohybride visant à doter un doigt robotique d’une peau artificielle ayant la texture de la peau humaine, capable d’être imperméable et de se réparer elle-même dans certaines conditions.

Pour réaliser cette peau, les chercheurs ont plongé le doigt robotique dans une solution de collagène et de cellules humaines provenant du derme humain, cellules dites fibroblastes capables d’adhérer étroitement au doigt robotique. Cette sous-couche a permis la greffe de cellules humaines dites keratinocytes épidermiques. L’ensemble a donné au doigt robotique une texture semblable à de la peau humaine et capable de retenir l’eau du tissu sous-jacent.

source
https://www.cell.com/matter/fulltext/S2590-2385(22)00239-9

02/07/2022. Sommet de l’OTAN

Le dernier sommet de l’OTAN s’est déroulé les 29 et 30 juin 2022 à Madrid. Il a réuni les dirigeants des 30 pays alliés des Etats-Unis. Pour la première fois, il a inclus les dirigeants d’un certain nombre d’Etats se voulant partenaires de l’OTAN dans la région Asie-Pacifique.

Le président Biden y a réaffirmé  » l’engagement indéfectible » des États-Unis à l’égard du lien transatlantique et de l’Article 5 de l’OTAN, selon lequel une attaque contre l’un est une attaque contre tous. Il y a annoncé un renforcement de forces et de capacités américaines en Europe pour soutenir l’OTAN face à d’éventuelles agressions. La Russie n’y a pas été explicitement nommée, non plus que la Chine, mais leurs noms était évidemment dans tous les esprits.

Le 7 novembre 2919, Emmanuel Macron avait dénoncé « la mort cérébrale de l’Otan », dans un entretien publié par The Economist . Il y déplorait le manque de coordination entre les États-Unis et l’Europe et le comportement unilatéral de la Turquie en Syrie, membre de l’Alliance atlantique.

Ce sommet est-il la preuve que l’OTAN face aux « opérations militaires spéciales » menées par Vladimir Poutine en Ukraine, aurait retrouvé ses esprits ? On peut le penser.

L’OTAN y a présenté par la voix de son secrétaire général Jens Stoltenberg,  son nouveau concept stratégique ou Initiative OTAN 2030 https://www.nato.int/nato2030/fr/ renforçant sa posture de dissuasion et de défense. Elle y a intensifié son soutien à l’Ukraine et invité la Finlande et la Suède à entrer dans l’Alliance.

 Le concept stratégique décrit les tâches essentielles de l’OTAN : dissuasion et défense, prévention et gestion des crises, sécurité coopérative. Il veillera à ce que l’OTAN continue de développer des outils appropriés et des réponses collectives aux menaces transnationales telles que les cyberattaques et les incidences du changement climatique sur la sécurité.

Il reconnaît le besoin d’une approche de la sécurité humaine dans le travail de l’OTAN, par exemple la protection des civils pendant les conflits, ainsi que la prévention et la réponse aux violences sexuelles liées aux conflits.

La notion de défense y est étendue. L’OTAN a activé ses plans de défense et plus de 40 000 soldats sont maintenant sous son commandement direct. Les Alliés ont également doublé les groupements tactiques de l’OTAN sur le flanc est, assurant ainsi une défense solide de la mer Baltique à la mer Noire. La notion de défense s’étend dans les domaines cybernétique et spatial .

Au plan des ressources, l’année 2022 devrait être la huitième année consécutive d’augmentation des dépenses de défense des Alliés autres que les États-Unis, et nombreux d’entre eux dépensent désormais plus que le seuil de 2 % du produit intérieur brut (PIB) fixé par l’OTAN, qui est de plus en plus considéré comme un plancher et non comme un plafond. Ils auront ainsi dépensé 350 milliards de dollars supplémentaires pour la défense en termes réels depuis 2014.

Nous commenterons ultérieurement ces diverses informations

Pour plus de détails

Lire le très long Communiqué de presse correspondant à la séance préparatoire du 14 juin 2021 tenue à Bruxelles https://www.nato.int/cps/en/natohq/news_185000.htm?selectedLocale=fr

01/07/2022 Une nouvelle tactique militaire russe

Bien que le Kremlin n’ait fin mai 2022 rien communiqué à ce sujet un examen rapide des derniers affrontements entre l’armée ukrainienne et les forces russes en Ukraine laisse penser que l’armée russe aurait changé récemment de tactique  Au lieu d’attaquer sur plusieurs fronts à la fois, elle aurait décidé de concentrer toutes ses forces dans la destruction d’un premier objectif puis ceci fait de passer à un autre et ainsi de suite.

En cas de succès, cela pourrait lui permettre, après la conquête du Donbass d’envisager d’attaquer toutes les villes du nord-ouest de l’Ukraine et Kiev elle-même.

La faiblesse de l’armée russe tient au manque d’expérience et d’enthousiasme de ses hommes. Ils se montrent peu efficaces dans les combats de rue ou en rase compagne. Par contre la Russie n’a cessé de développer son potentiel industriel militaire. Elle peut facilement se réapprovisionner en blindés, canons et munitions fabriqués en Russie à la demande.

La Russie dispose d’un autre avantage souvent mal perçu à l’ouest. Il s’agit d’un nombre de plus en plus grand de missiles à longue portée dits intelligents parce que capables de repérer leurs objectifs sans intervention humaine.Le plus connu est le missile 3M-54 Kalibr (Калибр), également connu sous la désignation de 3M14 Biriouza . Ces missiles sont de plus en plus difficiles à intercepter. Ils permettent de désorganiser les nœuds de communication et de commandement de l’adversaire avant des attaques plus massives

Les milliards de dollars destinés à concrétiser l’aide américaine à l’Ukraine ne serviront pas à grand chose dans ce domaine. Ou bien les armements correspondant ne parviendront pas à Volodomyr Zelinski, ou bien les Ukrainiens ne sauront pas comment les utiliser à bon escient.

30/06/2022 Les neutrinos stériles. Sur la piste de la matière noire.

L’hypothétique matière noire est ainsi nommée parce qu’elle constituerait quelques 25% de la matière présente dans l’univers. Cependant elle ne réagirait qu’à la force gravitationnelle. Elle serait ainsi insensible à toutes les autres forces fondamentales de la nature, à savoir l’électromagnétisme, la force nucléaire faible et la force nucléaire forte.

Cette matière noire ou matière sombre est une catégorie de matière hypothétique, invoquée dans le cadre du Modèle LambdaCDM pour rendre compte de certaines observations astrophysiques, notamment les estimations de la masse des galaxies ou des amas de galaxies et les propriétés des fluctuations du fond diffus cosmologique

Aujourd’hui, certaines hypothèses envisagent que les particules élémentaires constituant cette matière noire pourraient être constituées de super-neutrinos ou neutrinos stériles.

On nomme neutrino une particule élémentaire du modèle standard de la physique des particules. Depuis 1998, on sait qu’ils ont une masse extrêmement faible, beaucoup plus que toutes les autres particules du modèle standard. La masse du neutrino est 500.000 fois plus faible que la masse d’un électron .( Voir wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Neutrino). De ce fait, ils n’interagissent que faiblement avec les autres particules. Cependant ils restent détectables avec des instruments de haute précision.

Les super-neutrinos, dits aussi neutrinos stériles, constitueraient un type hypothétique de neutrinos  qui n’interagiraient avec aucune des forces fondamentales du modèle standard de la physique des particules, hormis la gravité.

Le terme de neutrino stérile est utilisé pour le distinguer du neutrino actif du modèle standard, qui dispose d’une charge utilisée dans l’interaction nucléaire faible.

Des résultats obtenus dans le cadre de l’expérience Baksan https://cds.cern.ch/record/1738985/files/vol30-issue5-p016-f.pdf sur les transitions stériles (BEST) https://arxiv.org/abs/2201.07364 menée en Russie ont confirmé une anomalie déjà observée lors d’expériences précédentes. Celle-ci consiste en un déficit de neutrinos par rapport au nombre attendu à l’issue de la manipulation. Ce déficit pourrait mettre en évidence l’existence d’une particule élémentaire hypothétique appelée « neutrino stérile ».

BEST indiquerait également que l’on fait erreur sur certains aspects essentiels du modèle standard de la physique des particules, le neutrino ayant toujours été considéré comme dépourvu de masse et de charge.

Références

Results from the Baksan Experiment on Sterile Transitions (BEST)
https://journals.aps.org/prl/abstract/10.1103/PhysRevLett.128.232501
V. V. Barinov et al.
Phys. Rev. Lett. 128, 232501 – Published 9 June 2022

ABSTRACT

The Baksan Experiment on Sterile Transitions (BEST) was designed to investigate the deficit of electron neutrinos νe observed in previous gallium-based radiochemical measurements with high-intensity neutrino sources, commonly referred to as the “gallium anomaly,” which could be interpreted as evidence for oscillations between νe and sterile neutrino (νs) states. A 3.414-MCi 51Cr νe source was placed at the center of two nested Ga volumes and measurements were made of the production of 71Ge through the charged current reaction, 71Ga(νe,e−)71Ge, at two average distances. The measured production rates for the inner and the outer targets, respectively, are [54.9+2.5−2.4(stat)±1.4(syst)] and [55.6+2.7−2.6(stat)±1.4(syst)] atoms of 71Ge/d. The ratio (R) of the measured rate of 71Ge production at each distance to the expected rate from the known cross section and experimental efficiencies are Rin=0.79±0.05 and Rout=0.77±0.05. The ratio of the outer to the inner result is 0.97±0.07, which is consistent with unity within uncertainty. The rates at each distance were found to be similar, but 20%–24% lower than expected, thus reaffirming the anomaly. These results are consistent with νe→νs oscillations with a relatively large Δm2 (>0.5  eV2) and mixing sin22θ (≈0.4).

Voir aussi

29/06/2022 Pénétration supposée des forces armées de l’Otan par le Centuria Group ukrainien, « Groupe Centurie »

Le Canada et plusieurs pays occidentaux ont contribué à l’entraînement militaire de membres du groupe ukrainien d’extrême droite Centuria (à ne pas confondre avec le groupe de musiciens du même nom). Les sympathisants de ce regroupement ethno-nationaliste, ouvertement implantés dans l’armée ukrainienne, ont bénéficié du soutien militaire offert par le Canada à l’Ukraine dans le cadre de sa guerre avec la Russie.

C’est ce que révèle  un rapport détaillé de l’Institut d’études européennes, russes et eurasiennes (IERES) de l’Université George Washington, aux États-Unis, signé par le journaliste indépendant Oleksiy Kuzmenko. L’enquête s’appuie notamment sur plusieurs déclarations et documents diffusés par les membres de Centuria eux-mêmes, ainsi que sur des informations provenant de sources gouvernementales.

Ce groupe paramilitaire conduit par des membres du mouvement d’extrême droite ukrainien Azov, recrute de nombreux officiers et élèves-officiers en service actif dans les Forces Armées ukrainiennes. Ceux-ci ne se cachent pas de leur appartenance. Ils font circuler notamment des photos d’eux faisant le salut nazi et publient de nombreux messages sur les réseaux sociaux ukrainiens appelant à de nouveaux enrôlement.

Par ailleurs, de nombreux cadets ont bénéficié d’entraînement de plusieurs mois à l’Académie royale britannique de Sandhurst ou à son équivalant allemand Die Offizierschule des Heeres, OSH, à Dresde.

Le groupe participe également à des manœuvres organisées par les armées britanniques, canadiennes, allemandes, polonaises et françaises.

Aujourd’hui, le Groupe recherche plus de confidentialité. Il se fait discret sur Internet. Mais autant que l’on sache, il n’a pas renoncé à se battre. Au contraire.

Sources

Far-Right Group Made Its Home in Ukraine’s Major Western Military Training Hub
par Oleksiy Kuzmenko
IERES Occasional Papers, no. 11, September 2021 Transnational History of the Far Right Series

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28/06/2022 Freiner les dépenses publiques ou freiner les investissements publics ?

Lundi 27 juin, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a souhaité une réduction des dépenses publiques alors que l’inflation semble repartie « Tout n’est pas possible, simplement parce que nous avons atteint la cote d’alerte sur les finances publiques », a-t-il prévenu.

Par dépenses publiques, il entendait principalement les aides de l’Etat permettant aux entreprises de faire face (« quoi qu’il en coûte» ) aux conséquences de l’épidémie, baisse de la demande, coût du chômage ou de la mise en place encore timide du télétravail.

Cependant la formule de Bruno Le Maire ne distingue pas entre les différentes dépenses publiques. Ainsi dans le domaine de l’hôpital, il serait insensé d’imposer à celui-ci de nouvelles restrictions de dépenses ou d’investissement alors qu’il ne peut faire face à la demande. Seules les cliniques privées bénéficieraient de ces économies.

En réalité aujourd’hui, l’Europe, et bien entendu la France, ont un besoin urgent de nouvelles dépenses publiques. On évoquera notamment tout ce qui concerne les sciences fondamentales ou appliquées, de même que l’enseignement supérieur scientifique. Si rien n’est fait, il faudra s’adresser à la Chine pour répondre aux besoins correspondants.

Si la contrepartie de ces dépenses était un peu d’inflation, ce ne serait pas trop cher payer