27/12/22 L’existence de photons noirs pourrait-elle expliquer celle de la matière noire intergalactique?

La physique des astroparticules utilise les astres pour tester des théories issues de la physique des particules et, inversement, utilise la physique des particules connue pour expliquer les astres. Un type exotique de particules de matière noire, éventuellement lié à un monde parallèle, trahit peut-être sa présence sous les yeux de Hubble en chauffant anormalement des filaments intergalactiques de matière normale.

Il est très difficile de se passer de l’existence de particules dites de matière noire, car très peu ou pas en mesure d’émettre de la lumière, pour expliquer l’existence des galaxies et bien des caractéristiques des grandes structures qu’elles forment en se rassemblant en amas.

Plusieurs théories ont été proposées au-delà de la physique décrite par le Modèle standard des hautes énergies, modèle spectaculairement vérifié toutefois jusqu’ici au LHC qui s’est montré incapable de produire et de détecter les particules de matière noire prédites par ces théories.

Des expériences de détections directes et indirectes dans les rayons cosmiques se sont également révélées négatives. Mais souvent, elles supposaient que les particules de matière noire étaient lourdes, plus que les protons et les neutrons, des baryons. C’est pourquoi ces dernières années, les chercheurs explorent plus attentivement les théories avec des particules de matière noire particulièrement légères.

Un groupe international de chercheurs — dont certains sont par exemple de la célèbre École internationale supérieure d’études avancées (en italien, Scuola Internazionale Superiore di Studi Avanzati, souvent abrégé en Sissa) située à Trieste en Italie ou de l’Université de Tel Aviv — vient de publier un intéressant article dans Physical Review Letters à ce sujet. Une version en accès libre existe sur arXiv.

Une matière noire parfois lumineuse

Selon ces cosmologistes travaillant dans le domaine dit des astroparticules, un certain type de matière noire, qui peut toutefois se convertir parfois en lumière à la façon dont les neutrinos oscillent et se convertissent les uns dans les autres, se manifeste peut-être dans certaines observations concernant les filaments de matière ordinaire intergalactiques, filaments censés aussi contenir de la matière noire.

Ce type de particule de matière noire serait précisément celui où l’on a introduit plusieurs variantes de ce que l’on appelle des photons noirs. En utilisant le Cosmic Origin Spectrograph (COS), un instrument à bord du télescope spatial Hubble, les chercheurs pensent avoir une signature possible de l’existence de ces photons noirs.

En effet, on peut modéliser sur ordinateur la formation des filaments intergalactiques ainsi que leurs caractéristiques physiques, comme leur température et donc la quantité de lumière qu’ils émettent en réponse.

Or le compte n’y est pas avec la modélisation ordinaire selon Matteo Viel (Sissa). COS montre ainsi que les filaments sont anormalement chauds. Mais tous rentreraient dans l’ordre avec des photons noirs ultra légers et qui peuvent donc, comme on l’a dit, se transformer en photons ordinaires contribuant à chauffer la matière baryonique des filaments intergalactiques. Mais, contrairement à d’autres mécanismes de chauffage basés sur des processus astrophysiques classiques, tels que la formation d’étoiles et de vents galactiques, ce processus de chauffage est plus diffus et efficace aussi dans les régions peu denses en matière ordinaire.

Il est encore trop tôt pour en conclure que la matière noire existe bien et qu’elle est constituée de photons noirs mais cela donne à penser…, surtout que les photons noirs peuvent s’inscrire dans le cadre de ce que l’on appelle l’hypothétique matière miroir.

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Search for Mirror Dark Matter

An example of Dark Sector is Mirror Dark Matter. The idea that along with the ordinary matter may exist its exact mirror copy, introduced for the parity conservation, is not new. Accordingly, each ordinary particle of the SM has a corresponding mirror partner of exactly the same mass as the ordinary one. The mirror fields are all singlets under the SM SUc(3)⊗SUL(2)⊗U(1) gauge group. Mirror matter is dark in terms of the SM inter actions, and could be a good candidate for dark matter. In addition to gravity, the interaction between our and this type of dark matter could be transmitted by some gauge singlet particles interacting with both sectors. Any neutral, elementary or composite particle, in principle, can have mixing with its mirror duplicate. This results in several interesting phenomena, such, e.g. as Higgs, positronium, muonium, or neutron oscillations into their hidden partner, which have been or planned to be experimentally tested]. P348 plans to search for the K_L – mirror K_L oscillations, which would manifest themselves through the K_L → invisible decay. 

See, arXiv:1409.2288; 1503.01595.

Submitted on 27 Jun 2022]

Hints of dark photon dark matter from observations and hydrodynamical simulations of the low-redshift Lyman-α forest

James S. BoltonAndrea CaputoHongwan LiuMatteo Vielecent work has suggested that an additional ≲6.9eV per baryon of heating in the intergalactic medium is needed to reconcile hydrodynamical simulations with Lyman-α forest absorption line widths at redshift z≃0.1. Resonant conversion of dark photon dark matter into low frequency photons is a viable source of such heating. We perform the first hydrodynamical simulations including dark photon heating and show that dark photons with mass mA′∼8×10−14eVc−2 and kinetic mixing ϵ∼5×10−15 can alleviate the heating excess. A prediction of this model is a non-standard thermal history for underdense gas at z≳3.

Comments:5+1 pages, 2+1 figures
Subjects:High Energy Physics – Phenomenology (hep-ph); Cosmology and Nongalactic Astrophysics (astro-ph.CO)
Cite as:arXiv:2206.13520 [hep-ph]
 (or arXiv:2206.13520v1 [hep-ph] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2206.13520 Focus to learn more

27/12/2022. Le plan quantique français.

En avril 2019, le gouvernement confiait à la députée LREM Paula Forteza, à l’ex-PDG de Safran Jean-Paul Herteman, et au directeur de recherche du CNRS Iordanis Kerenidis une mission relative aux technologies quantiques. Quelques mois plus tard, en janvier 2020, le rapport Quantique : le virage technologique que la France ne ratera pas était remis au Gouvernement. Ce rapport, qui contient une liste de propositions pour faire de la France un des leaders mondiaux de l’informatique quantique, devait aboutir à l’annonce d’un plan national d’ici la fin de l’année 2020.

Sans attendre, la France a lancé le 4 janvier 2022 sa plateforme nationale de calcul quantique qui sera hébergée dans les installations du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) à Bruyères-le-Châtel (Essonne) à 40 kilomètres au sud de Paris. Pour préciser les enjeux liés à cette nouvelle plateforme, pas moins de trois membres du gouvernement ont été mobilisés. Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la transition numérique et des communications électroniques et Florence Parly, ministre des Armées,. Ils se sont adressés ainsi par visioconférence (pandémie oblige) à des représentants de la communauté des chercheurs et des spécialistes de ce domaine.

Ce plan marque le premier résultat concret de la stratégie nationale sur les technologies quantiques, moins d’un an après son annonce par le président Emmanuel Macron. Ce plan national prévoit des actions en faveur de la recherche, de l’industrie, des start-up et de la formation, financées par les programmes d’investissement d’avenir et le plan France Relance à hauteur de 1,8 milliard d’euros. L’enjeu : faire de la France un des leaders mondiaux dans le quantique.

A l’occasion de cette annonce, la présence de la ministre des Armées Florence Parly était révélatrice des enjeux portés par les technologies quantiques pour le monde militaire. Clairement, il apparaît que le ministère des Armées jouera un rôle central dans l’exploitation de cette plateforme. Signe qui ne trompe pas, la plateforme sera hébergée par la direction des applications militaires du commissariat à l’énergie atomique (CEA).

La ministre a souligné les enjeux d’autonomie stratégique liés à la maîtrise des technologies quantiques. Les armées attendent beaucoup de ces technologies dans trois domaines.

1. dans celui des capteurs. Ceux quantiques permettront d’améliorer considérablement les performances de détection des systèmes d’armes, ou encore de disposer de systèmes de navigation de très haute précision. Ainsi, même lors de missions de longue durée, un sous-marin de la dissuasion nucléaire pourrait s’affranchir des signaux satellitaires GPS pour se localiser. Il pourra dans l’avenir s’appuyer sur des nouveaux équipements capables de mesurer des infimes variations de la gravité terrestre.

2. dans le domaine des communications. «Les communications et la cryptographie quantiques et post-quantiques sont au coeur de notre attention. Le ministère des Armées a développé des équipements de très haut niveau de sécurité pour protéger pendant plusieurs dizaines d’années des données stockées ou échangées», a précisé Florence Parly. La crainte des armées est en effet que les ordinateurs quantiques soient capables de percer leurs secrets en cassant les clés de chiffrement, même les plus robustes.

3. dans le domaine du calcul lui-même. «Ces capacités de calcul pourraient traiter en un temps record des milliards de données à des fins de renseignement, et permettraient d’améliorer l’efficacité de nos systèmes composés de milliers de véhicules et de satellites en optimisant l’ensemble des trajectoires tout en tenant compte des dynamiques individuelles», a souligné la ministre. Selon elle, cette capacité de calcul phénoménale serait aussi un véritable atout pour prolonger les travaux extrêmement sensibles menés dans le domaine de la dissuasion par la direction des applications militaires du CEA.

La ministre a insisté sur la nécessité de constituer non seulement une filière industrielle quantique française capable de se positionner au niveau mondial mais également d’en exploiter tout le potentiel et la diversité. Les armées en seront un élément à la fois moteur et incontournable.

26/12/2022 La troisième guerre mondiale

Sauf un improbable retour au bon sens, cette guerre est déjà en préparation. Dans un délai difficile à préciser mais qui ne devrait pas pas dépasser 2030, elle verra s’affronter la Russie avec ce que Poutine nomme l’Occident, terme correspondant à « Otan ». D’ores et déjà Poutine vient d’annoncer un réarmement massif. https://theduran.com/russia-bakhmut-advances-zelensky-us-trip-achieves-nothing-putin-announces-massive-rearmament/

La Chine serait très hostile à cette perspective, mais obligée de choisir une alliée, elle se rapprocherait de la Russie. Voir Entre la Chine et la Russie, un véritable rapprochement mais des différences stratégiques https://www.geo.fr/geopolitique/entre-la-chine-et-la-russie-un-veritable-rapprochement-mais-des-differences-strategiques-211763

L’Otan elle-même, hors les Etats-Unis, n’a guère de possibilité de choix. Comme le constate actuellement la France, le complexe militaro-industriel américain veut la guerre car sans les 800 milliards de dépenses militaires annuelles qu’engage sa préparation, il perdrait tout poids politique dans une Amérique en proie à la récession des dépenses civiles.

Cette guerre, de plus, sera nécessairement nucléaire. Elle ne signifiera pas sans doute l’emploi de missiles nucléaires intercontinentaux ICBM mais d’une large variété d’armes nucléaires décrites dans la dernière nuclear posture review américaine https://fas.org/blogs/security/2022/10/2022-nuclear-posture-review/ . Ces armes suffiraient à transformer en désert la moitié de la planète.

Vladimir Poutine, qu’il le veuille on non, devra suivre, sauf à voir la Russie disparaître de la carte.

Bonne année 2023

FICHE de lecture. Sagittarius A * Le trou noir situé au centre de notre galaxie

Qu’est ce qu’un trou noir ? En astrophysique, on appelle trou noir  un objet céleste si compact et donc si lourd que l’intensité de son champ gravitationnel empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trou_noir

De tels objets ne peuvent ni émettre, ni diffuser la lumière et sont donc noirs, ce qui en astronomie revient à dire qu’ils sont optiquement invisibles. Toutefois, plusieurs techniques d’observation indirecte dans différentes longueurs d’onde ont été mises au point et permettent d’étudier de nombreux phénomènes qu’ils induisent. En particulier, la matière happée par un trou noir est chauffée à des températures très élevées et émet une quantité importante de rayons X, avant d’être « absorbée ».

Envisagée dès le 18e  siècle, dans le cadre de la mécanique classique, leur existence — prédite par la relativité générale — est une certitude pour la quasi-totalité des astrophysiciens et des physiciens théoriciens. Un trou noir n’étant détectable que par les effets de son champ gravitationnel, une observation quasi-directe de trous noirs a pu être établie en février 2016 par le biais de la première observation directe des ondes gravitationnelles, GW150914. Le 10 avril 2019, les premières images d’un trou noir sont publiées, celle de M87*trou noir supermassif situé au cœur de la galaxie M87 ; elles sont suivies, le 12 mai 2022, d’images provenant de Sagittarius A* au centre de notre galaxie. Ces différentes observations apportent ainsi une confirmation supplémentaire de leur existence.

Dans le cadre et donc dans les limites de la relativité générale, un trou noir est une singularité gravitationnelle entourée d’une zone d’espace dont rien ne peut s’échapper, limitée par une surface appelée horizon. La physique quantique, appliquée aux couples de particules virtuelles apparaissant à proximité de l’horizon, prédit que les trous noirs s’« évaporent » lentement, par émission d’un rayonnement de corps noir appelé rayonnement de Hawking.

Un trou noir est un objet astrophysique dont la relativité générale dit qu’il est provoqué par une masse suffisamment concentrée pour qu’elle ne cesse de s’effondrer sur elle-même du fait de sa propre gravitation, arrivant même à se concentrer en un point appelé singularité gravitationnelle. Les effets de la concentration de cette masse permettent de définir une sphère, appelée l’horizon des évènements du trou noir, dont aucun rayonnement et a fortiori aucune matière ne peut s’échapper1,2. En effet, sa masse est telle, que même la lumière et ses photons ne peut échapper à son attraction gravitationnelle et parvenir à notre rétine (ou tout appareil d’observation).

La vitesse de libération d’un trou noir n’étant pas atteignable par la lumière dont la vitesse est une constante physique indépassable, on convient qu’il est impossible d’échapper à l’attraction gravitationnelle d’un trou noir3. Cette sphère est centrée sur la singularité et son rayon ne dépend que de la masse centrale ; elle représente en quelque sorte l’extension spatiale du trou noir. À proximité de cette sphère, les effets gravitationnels sont observables et extrêmes.

Le rayon d’un trou noir est proportionnel à sa masse : environ 3 km par masse solaire pour un trou noir de Schwarzschild. À une distance interstellaire (en millions de kilomètres), un trou noir n’exerce pas plus d’attraction que n’importe quel autre corps de même masse ; il ne s’agit donc pas d’un « aspirateur » irrésistible. Par exemple, si le Soleil se trouvait remplacé par un trou noir de même masse, les orbites des corps tournant autour (planètes et autres) resteraient pour l’essentiel inchangées (seuls les passages à proximité de l’horizon induiraient un changement notable).

Il existe plusieurs sortes de trous noirs. Lorsqu’ils se forment à la suite de l’effondrement gravitationnel d’une étoile massive, on parle de trou noir stellaire, dont la masse équivaut à quelques masses solaires. Ceux qui se trouvent au centre des galaxies possèdent une masse bien plus importante pouvant atteindre plusieurs milliards de fois celle du Soleil ; on parle alors de trou noir supermassif (ou trou noir galactique). Entre ces deux échelles de masse, il existerait des trous noirs intermédiaires avec une masse de quelques milliers de masses solaires. Des trous noirs de masse bien plus faible, formés au début de l’histoire de l’Univers, peu après le Big Bang, sont aussi envisagés et sont appelés trous noirs primordiaux. Leur existence n’est, à l’heure actuelle, pas confirmée.

Il est par définition impossible d’observer directement un trou noir. Il est cependant possible de déduire sa présence de son action gravitationnelle : soit par les effets sur les trajectoires des étoiles proches ; soit au sein des microquasars et des noyaux actifs de galaxies, où de la matière, située à proximité, tombant sur le trou noir va se trouver considérablement chauffée et émettre un fort rayonnement X. Les observations permettent ainsi de déceler l’existence d’objets massifs et de très petite taille. Les seuls objets correspondant à ces observations et entrant dans le cadre de la relativité générale sont les trous noirs.

S0-102 : l’étoile au bord du gouffre
Cet article est issu d’« Étoiles. Une histoire de l’Univers en cent astres » de Florian Freistetter, éditions Flammarion, novembre 2020, 463 pages, 25 euros

Parmi toutes les étoiles, S0-102 fait figure de sportive de l’extrême. Elle file autour du centre de notre Voie lactée plus vite que toute autre. Et elle nous a aidés à comprendre l’objet étonnant qui s’y trouve. Car en plein cœur de la Voie lactée gît un trou noir supermassif, 4 millions de fois plus lourd que le Soleil. Il a été nommé Sagittarius A

On soupçonnait l’existence de ces gigantesques entités depuis longtemps, mais seule l’observation attentive des étoiles proches du centre galactique a confirmé cette hypothèse sans l’ombre d’un doute. Il faut se figurer notre Voie lactée comme un disque muni d’une grande sphère en son centre. Dans le disque, les étoiles, dont notre Soleil, sont disposées en bras en spirale. Le centre, cependant, est situé dans ce que l’on appelle le « bulbe », une région sphérique qui s’étend sur environ 10 000 années-lumière. Il y a là beaucoup plus d’étoiles, beaucoup plus proches les unes des autres, que dans les bras. C’est au milieu de toutes ces étoiles que demeure le trou noir.

Et c’est également là que se trouve l’étoile S0-102, qui, avec un groupe d’autres étoiles, fait le tour du centre en un temps étonnamment court. Pour parcourir toute la Voie lactée, notre Soleil a besoin d’environ 220 millions d’années. Comme l’ont découvert l’astronome américaine Andrea Ghez et ses collègues en 2012, S0-102 parvient à faire le tour du trou noir central en seulement 11,5 ans ! La plus rapide de toutes les étoiles connues, elle constitue aussi une source d’informations extrêmement précieuses.

Un trou noir démasqué

Plus une étoile est proche de l’objet autour duquel elle orbite, plus elle en fait le tour rapidement. Les mêmes lois qui régissent le mouvement des planètes autour d’une étoile s’appliquent ici. Et, tout comme on parvient à calculer, à partir du mouvement des planètes, la masse de l’étoile autour de laquelle elles orbitent, on exploite les orbites d’étoiles comme S0-102 pour déterminer la masse de l’objet autour duquel elles gravitent. À la fin des années 1990 déjà, on avait calculé, à partir d’observations d’autres étoiles passant tout aussi près du centre, qu’il devait y avoir là un objet extrêmement massif. De la taille de l’orbite, on avait également déduit une limite supérieure pour son éventuelle expansion.

4,1 millions de masses solaires

Le résultat ? Au centre de la Voie lactée, il y a une telle masse dans un espace si restreint qu’il ne peut s’agir que d’un trou noir. Lorsque S0-102 a terminé son orbite autour du centre galactique, l’examen des données n’a laissé aucun doute. Avec maintenant deux orbites observées dans leur intégralité, Ghez et ses collaborateurs ont pu estimer la masse du trou noir à 4,1 millions de masses solaires.

Il n’y a plus à hésiter : au centre de la Voie lactée se trouve un trou noir incroyablement massif. De même, nous savons désormais avec certitude que de tels objets peuvent également se trouver au centre de toutes les autres grandes galaxies. Cependant, nous n’avons pas encore compris la façon dont des trous noirs avec des masses aussi gigantesques peuvent se former. Une chose est sûre, cela n’a rien à voir avec les trous noirs « normaux » causés par l’effondrement d’une étoile, car des étoiles aussi massives ne peuvent pas exister.

Les étoiles comme S0-102 peuvent se rassurer : elles continueront à faire l’objet de toutes les attentions des astronomes. Elles nous aideront certainement à l’avenir à résoudre l’un ou l’autre mystère. À moins qu’elles ne s’approchent trop du trou noir et que ce dernier ne les engloutisse…

24/12/2022/ Covid 19. Pékin a-il encore intérêt à nier la réalité ?

Avec la levée des mesures sanitaires en Chine, notamment du « pass sanitaire », qui permettait d’avoir une remontée instantanée et exhaustive des chiffres de contamination, c’est toute la chaîne statistique qui s’effondre. Il n’y a plus de remontée des cas et les autorités locales font remonter ce qu’elles ce qui leur convient. Seuls les hôpitaux qui reçoivent les patients et font des tests sont en mesure de donner des chiffres, notamment des décès.

On peut aujourd’hui mettre en doute l’intérêt de ce déni de réalité. Le temps n’est plus où l’on pouvait suspecter Pékin d’avoir par imprudence et laxisme facilité l’explosion d’un virus supposé né dans un laboratoire de Wuhan. La plupart des grands pays reconnaissent aujourd’hui le caractère mondial de la pandémie, y compris des formes dues aux variants qui ne cessent d’apparaître.

Les virologues estiment d’ailleurs qu’après le Covid 19 et ses variants, ce seront sans doute contre de nouveaux virus encore indétectables sinon plus virulents que l’humanité devra se battre dans les prochaines décennies. Avec le réchauffement climatique, l’on craint notamment que des virus gelés depuis des millénaires dans le permafrost polaire puissent se réveiller.

On évoque aussi d’autres causes d’inquiétude liées aux changements de mode de vie facilitant l’apparition et la transmission mondiale de pandémies encore non apparues.

Les gouvernements plutôt que chercher des coupables en Chine ou en Afrique, devraient comprendre que les milliards consacrés aujourd’hui à l’augmentation des dépenses militaires et de consommation devraient servir en priorité à améliorer les laboratoires de recherche, les équipements hospitaliers et de santé, le recrutement des personnels soignants, que ce soit dans les pays sous développés que dans les pays dits encore riches. La survie de l’humanité toute entière risque d’être à ce prix.

23/12/2022 Eventuelle destruction du système solaire

Il suffirait d’une étoile trop rapprochée pour déséquilibrer et détruire le système solaire entier. Une recherche publiée dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, suggère qu’un « survol stellaire » – un événement qui se produit de manière très courante dans l’espace – pourrait mener à la catastrophe pour nos planètes.

Les survols stellaires contribuent à façonner les systèmes planétaires. Lorsque les étoiles circulent trop près d’un de ces systèmes, leur masse et leur attraction gravitationnelle peuvent avoir une influence comme, par exemple, modifier les orbites des planètes. Or, quand une planète se déplace, c’est toute la stabilité du système solaire qui est remise en cause. Ce changement est donc capable d’entraîner une collision entre toutes les planètes.

Deux chercheurs de l’Université de Toronto ont étudié cette possibilité, en simulant environ 3000 survols stellaires différents. 26 se sont terminés avec des planètes qui se sont écrasées les unes contre les autres, ou, pour ce qui nous concerne, avec l’éjection totale du système solaire d’Uranus, Neptune ou Mercure.

Référence

On the long-term stability of the Solar System in the presence of weak perturbations from stellar flybys
Garett Brown1,2 ID and Hanno Rein1,2,3 ID
1 Department of Physical and Environmental Sciences, University of Toronto at Scarborough, Toronto, Ontario M1C 1A4, Canada,
2 Department of Physics, University of Toronto, Toronto, Ontario, M5S 3H4, Canada,
3 Department of Astronomy and Astrophysics, University of Toronto, Toronto, Ontario, M5S 3H4, Canada
Draft version: 30 June 2022

ABSTRACT
The architecture and evolution of planetary systems are shaped in part by stellar flybys. Within this context, we look at stellar encounters which are too weak to immediately destabilize a planetary system but are nevertheless strong enough to measurably perturb the system’s dynamical state. We estimate the strength of such perturbations on secularly evolving systems using a simple analytic model and confirm those estimates with direct N-body simulations. We then run long-term integrations and show that even small perturbations from stellar flybys can influence the stability of planetary systems over their lifetime.

We find that small perturbations to the outer planets’ orbits are transferred between planets, increasing the likelihood that the inner planetary system will destabilize. Specifically, our results for the Solar System show that relative perturbations to Neptune’s semi-major axis of order 0.1% are strong enough
to increase the probability of destabilizing the Solar System within 5 Gyrs by one order of magnitude.

22/12/2022.Vega. Elon Musk offre le champagne

Dans les centres spatiaux, les ingénieurs n’applaudissent jamais juste après le décollage. Ils attendent un peu. C’est ainsi que dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 décembre, la fusée européenne Vega-C a subi un dysfonctionnement tel qu’ après une dizaine de minutes de vol, Arianespace à «a du détruire le lanceur » en lui envoyant depuis Kourou « un ordre qui a bien été exécuté »,selun Pierre-Yves Tissier, le directeur technique de l’entreprise, lors d’une conférence de presse mercredi.

La procédure est normale en cas de défaillance d’une fusée. Les débris sont « retombés dans les eaux internationales, en toute sécurité » et « toutes les données du vol ont été récupérées », a-t-il ajouté.

Le décollage avait été réussi. C’est après la séparation du premier étage et la mise à feu du moteur du deuxième étage Zefiro 40 que l’incident s’est déclaré. « La pression dans la chambre du moteur a subitement chuté, et plusieurs éléments électroniques ont été perdus », a précisé Pierre-Yves Tissier.

Vega-C est une nouvelle version du petit lanceur européen VEGA fabriqué sous maîtrise d’œuvre italienne et certifié par l’Agence spatiale européenne (ESA). Il avait réussi son vol inaugural en juillet. Au sol, deux tests de mise à feu du moteur incriminé avaient été réussis dans les mois précédents.

Pour son premier lancement commercial, Vega-C a entraîné la perte de deux satellites d’Airbus, Pleiades Neo 5 et 6, qui devaient consolider les services d’imagerie spatiale de précision du conglomérat européen. Cette petite fusée Vega est dérivée du booster de la future Ariane 6, ce qui a soulevé des inquiétudes pour l’avenir de cette dernière. Une commission d’enquête dirigée par Arianespace et l’ESA doit réunir « immédiatement » des experts indépendants, qui devront « établir les causes de cet échec et proposer des solutions robustes et durables » a-t-il ajouté.

Pour l’Europe spatiale, l’échec de Vega-C est un coup dur. La fin de la collaboration avec Roscosmos, l’agence spatiale russe, a déjà obligé Arianespace à stopper les opérations du lanceur Soyouz à Kourou et donc retirer du catalogue l’unique lanceur moyen disponible. L’accident du lanceur léger Vega-C, combiné avec les retards majeurs pris par le programme Ariane 6 dont le premier lancement a été reporté fin 2023 alors qu’il était prévu en 2020, rend la compétition plus difficile avec les concurrents américains, notamment SpaceX.

La première version de Vega, en service depuis 2012, a été tirée vingt fois et a subi deux échecs en 2019 et 2020.

21/12/22. Au prétexte d’éviter une nouvelle guerre mondiale, Poutine est-il trop tolérant ?

Multiplier les concessions aux Occidentaux ne permettra pas à Poutine de gagner l’actuelle guerre en Ukraine. Ainsi il avait fixé comme une ligne rouge à ne pas franchir le bombardement de cibles militaires en Russie. Ces bombardement ont eu lieu et l’on attend toujours la réaction russe.

Il n’avait pas besoin pour réagir de couvrir de missiles l’Europe ni les Etats-Unis. Plutôt que rendre inhabitables aux civils des quartiers entiers d’immeubles d’habitations, il lui aurait suffi de détruire quelques équipements militaires ukrainiens stratégiques. Des armes nucléaires étaient bien évidement inutiles pour ce faire. Le geste aurait été compris, tant par Zelinsky que par ses tutelles.

Depuis les lignes rouges se sont multipliées et elles ont toutes été franchies. Il ne faut pas s’étonner si dans ces conditions la Chine ou l’Inde dont la Russie revendique l’appui dans les tensions mondiales contemporaines tardent à s’engager. Elles ont besoin d’un partenaire russe solide capable de les protéger des interférences de Washington.

19/12/2022 NPR Nuclear Posture Review des Etats Unis

Comme chaque année, le Pentagone publie une mise à jour détaillée de ce que Washington nomme la Nuclear Posture Review des Etats Unis ou NPR.

Ce document recense le nombre de têtes nucléaires disponibles pour les différentes armes, ainsi que les bases militaires américaines où elles sont stockées. La doctrine d’emploi y est précisée si nécessaire en cas de changements.

Les informations concernant les autres Etats nucléaires sont également publiées.

https://fas.org/blogs/security/2022/10/2022-nuclear-posture…???

NB. Nous ne sommes pas autorisés à publier ici l’adresse internet complète de ce document. Le Rapport de la Federation of American Scientists fera fort bien l’affaire https://fas.org/blogs/security/2022/10/2022-nuclear-posture-review/

En 2022 par ailleurs a été publié le compte rendu des différentes manœuvres militaires ayant utilisé ces donnés et nécessité leur actualisation. Celles-ci sont libres d’accès

https://fas.org/blogs/security/2022/10/steadfashttps://fas.org/blogs/security/2022/10/steadfast-noon-exercise-and-nuclear-modernization/