25/04/2022. Les électeurs d’ Emmanuel Macron ne s’intéressent ils pas à la politique internationale?

Il a été surprenant le 24 avril de ne pas entendre Emmanuel Macron, président réélu de la République française, faire la moindre allusion à la politique internationale et au rôle que pourrait y jouer la France sous son quinquennat.

Certes beaucoup de décisions sont prises à Bruxelles, à l’Onu ou dans d’autres organisations internationales. Mais ces décisions se préparent, leur exécution est surveillée. La France, encore grande puissance mondiale, à son mot à y dire, sans se borner à s’aligner platement sur les intérêts américains.

Ne pas évoquer ces questions et le rôle que pourrait ou que devrait y jouer la France traduit un mépris inadmissible pour les citoyens français. Ceci d’autant plus que que ces sujets font l’objet d’innombrable discussions dans les médias et les cercles politiques. On pourrait croire que les Français ne s’intéressent qu’au maintien de leur niveau de vie et non par exemple aux conflits actuels en Ukraine et plus précisément dans le Donbass.

Ceci serait d’autant plus maladroit que le gouvernement fait à juste titre valoir aux citoyens français les baisses inévitables de production qu’entraînera la poursuite du conflit en Ukraine, ancien grenier à blé d’une partie de l’Europe et de l’Afrique mais où l’on ne récolte plus aujourd’hui que des mines et obus non explosés. Il aurait été bon qu’il y fasse allusion.

De même il se devait d’aborder la question de l’accueil des réfugiés fuyant la guerre au Donbass.

24/04/2022 Jet, premier pas significatif vers Iter

On sait que les Etats qui dans quelques années maitriseront l’énergie nucléaire de fusion (à ne pas confondre avec l’actuelle fission), se donneront une source quasi illimitée d’énergie. Un certain nombre de pays et d’organismes de recherche l’ont compris.

Ils ont fondé Iter dont le but est de réaliser à Cadarache, en France, un premier réacteur en vraie grandeur producteur d’énergie de fusion. Iter lui-même a été précédé par le réacteur expérimental Jet (Joint european torus opéré à Culham, au Royaume-Uni, par le Consortium Eurofusion,

Début février 2022, le réacteur Jet a annoncé avoir enregistré une production de 59 mégajoules d’énergie de fusion au cours d’une réaction de cinq secondes. Du point de vue énergétique, cette valeur équivaut à la combustion de 1 kilo de gaz, soit peu, d’autant qu’il a fallu injecter davantage d’énergie dans le réacteur qu’espérée à la sortie pour lancer la réaction.

Du point de vue scientifique, en revanche, c’est un record historique. Deux fois plus élevé que l’ancien record de puissance de la fusion nucléaire, détenu par Jet depuis 1997.

La raison de cette performance ? Les grandes dimensions et les caractéristiques techniques du tokamak de Jet, en font le seul capable de travailler avec un mélange de deux isotopes de l’hydrogène, dit deutérium-tritium (D-T), là où les autres réacteurs de recherche dans le monde se cantonnent au seul deutérium. Plus lourd, rare et radioactif, le tritium apporte énormément d’énergie au plasma, facilitant les réactions de fusion qui apparaissent à des niveaux de température très élevés. Mais il est complexe à manipuler.

Pour conserver un plasma de plusieurs secon­des et pouvoir battre son record, Jet a tiré parti des derniers outils de modélisation en physique des plasmas, mais aussi d’une transformation radicale de son tokamak. Autrefois en carbone, ce dernier a été couvert de protections en béryllium et en tungstène pour supporter la chaleur sans absorber de tritium. Une architecture proche de celle du futur réacteur Iter

Précédemment, fin décembre 2022, des chercheurs chinois avaient réussi à maintenir pendant 17 minutes et 36 secondes un plasma chauffé à 70 millions de degrés Celsius dans leur réacteur à fusion nucléaire, baptisé Experimental Advanced Superconducting Tokamak (East).

23/04/2022. Le guerre du Donbass

Peut-on poursuivre une guerre en reconnaissant d’avance qu’elle ne peut être gagnée. Sans doute pas. C’est pourtant à ce dilemme que sont aujourd’hui confrontées les forces ukrainiennes (UAF) et le président Volodymyr Zelensky ? Engagés dans la bataille du Donbass, ils se refusent à admettre qu’ils ne pourront rien à terme contre l’armée russe.

Beaucoup à Kyiv pensent aujourd’hui le contraire. Ils espèrent que face à un conflit se prolongeant, et confronté à une opposition interne croissante, Vladimir Poutine se découragea et se retirera de son propre gré. Mais ils ne semblent pas se rendre compte du fait que cette perspective favorable, à supposer qu’elle se produise, demandera plusieurs années et exigera un prix du sang considérable. Aucun ukrainien raisonnable ne voudrait admettre que le Donbas puisse justifier de tels sacrifices.

On rappellera que les premiers jours de l’offensive à Kyiv, l’armée russe avait multiplié les erreurs, en attaquant simultanément sur quatre axes sans les moyens de communication nécessaires. et ne soupçonnant pas la résistance des Ukrainiens en milieu urbain lequel est favorable à la destruction des blindés. Précédemment les grandes manœuvres russes, rappelons le, avaient été conduites en terrain ouvert.

Après un mois d’engagement et des pertes semble-t-il considérables, Moscou a compris que conquérir Kyiv était momentanément hors de portée. D’où cette retraite sur le Donbas, beaucoup plus facile d’accès et dépourvu de villes importantes.

Ceci étant, toutes les informations disponibles à ce jour montrent que le commandement russe avait utilisé les quelques années précédant l’entrée en guerre avec l’Ukraine pour passer d’une armée de fantassins recrutés dans le cadre du service militaire à une armée de véritables professionnels disposant d’une puissance de feu, des équipements lourds et des technologies les plus modernes, sur le modèle de l’armée américaine.

Par ailleurs, l’état-major russe avait organisée des semaines de manœuvre sur des centaines de kilomètres de terrain impliquant des difficultés de commandement et réapprovisionnement importantes. Le seul point où la préparation avait été insuffisante a concerné le combat dans des sous-sols d’immeubles. Là dans un premier temps l’armée russe s’est limitée à organiser le manque d’eau et de soins élémentaires.

Aujourd’hui, l’armée russe a eu le temps de mettre en place d’importantes réserves de munitions, vivres et eau. Elle a pu s’entraîner à utiliser des missiles de dernière génération pratiquement indestructibles. Tout laisse penser que si Moscou décidait demain de conquérir Kyiv, le président Zélinsky ne pourrait rien faire. Quant à l’ « Occident », sauf à provoquer une guerre mondiale, il devrait rester passif.

22/04/2022 Filière hydrogène en France

Comment décarboner la production d’Hydrogène ?

L’hydrogène décarboné est une des solutions ambitionnées pour agir sur la diminution des émissions de CO2 dans l’atmosphère.  Deux grandes alternatives sont possibles . On peut d’abord électrifier la production d’hydrogène. L’électrolyse de l’eau permettra de produire de l’hydrogène « jaune » – à partir d’électricité nucléaire – ou de l’hydrogène « vert » – à partir d’électricité renouvelable.

Il est également possible de produire de l’hydrogène « bleu », obtenu par vaporéformage du méthane, comme pour le gris, mais en captant le dioxyde de carbone.

Dans tous ces cas, il faudra utiliser de l’électricité. Mais comment cette électricité sera-t-elle obtenue ? L’électricité provenant des énergies renouvelables sera insuffisante. Pourquoi d’ailleurs ne pas l’utiliser directement ?

La plupard des experts pensent que l’hydrogène le plus consommé en 2030 serait produit à partir de l’électrolyse de l’eau. Ceci fait écho aux observations de l’Agence internationale de l’énergie qui observe une forte augmentation des capacités d’électrolyse dans le monde.

Pour une majorité d’experts, cet hydrogène bas carbone sera produit à partir de l’énergie nucléaire En effet, seuls 10 % pensent que l’électricité proviendrait en 2030 des énergies renouvelables.

Mais faire appel au nucléaire ne sera- t-il pas une solution pire le mal, vu les difficultés croissantes qu’ imposera le recours au nucléaire de fission?

Ce sera le nucléaire de fusion, développé en France à Cadarache qui devrait au mieux permettre l’emploi de l’hydrogène décarboné.

22/04/2022 HCG40 nouvelle preuve de l’existence de la matière noire ?

On nomme en astrophysique matière noire ou matière sombre une forme de matière hypothétique mais considérée comme omniprésente dans l’univers, dont les atomes ne réfléchiraient pas la lumière visible.

L’existence de cette matière est invoquée dans le modèle Lambda CDM https://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_%CE%9BCDM pour rendre compte de certaines observations astrophysiques, notamment les estimations de la masse des galaxies ou des amas de galaxies et les propriétés des fluctuations du fond diffus cosmologique.

Une nouvelle preuve probable de l’existence de la matière noire vient d’être apportée par une image dévoilée par la Nasa. Il s’agit d’une photo du « Hickson Compact Group 40 », aussi appelé HCG40, un groupement inusité de cinq galaxies. Parmi elles, une galaxie dite elliptique et une galaxie lenticulaire. Quant aux trois autres, elles sont en forme de spirales, à l’instar de la Voie lactée.

Situé vers la constellation  den l’hydre, le groupe est si compact qu’il tiendrait dans une région de l’espace qui fait moins de deux fois le diamètre du disque stellaire de notre Voie lactée. La cause en serait la matière noire. Celle-ci entoure les cinq galaxies dans une sorte de halo.

En conséquence, elles se rapprochent les unes des autres, du fait leur attraction gravitationnelle mutuelle, mais aussi par celle de la matière noire invisible qu’elles comporteraient.

Le télescope spatial Hubble les a observées à un moment clé de leur existence, alors qu’elles s’apprêtent à fusionner. Les échelles de temps ne sont pas les mêmes que pour nous, puisque la fusion  n’arrivera que dans un milliard d’années !

Restera à expliquer pourquoi d’autres galaxies dont la nôtre, ne semblent pas comporter de telles quantités de matière noire.

21/04/2022 L’ICBM russe Satan2

L’armée russe a annoncé, le mercredi le 20 avril, le premier tir d’essai «réussi» de son ICBM (missile balistique intercontinental) Sarmat, connu également sous le nom de «Satan 2». Cette arme est réputée pour être capable de raser un pays d’une taille équivalente à celle de la France.

D’après les informations disponibles, «Satan 2» serait donc le plus puissant missile nucléaire jamais conçu à ce jour. Aucune technologie de défense antimissile ne serait en mesure de l’arrêter

Selon Vladimir Poutine, ce missile lourd balistique intercontinental de cinquième génération serait capable de «déjouer tous les systèmes anti-aériens modernes». 

Le missile aurait une capacité d’action de 10.000 kilomètres, mettant à sa portée des villes européennes comme Londres ou Paris, ainsi que des villes de la côte ouest américaine.

Par ailleurs, Satan 2 pourrait contenir jusqu’à douze têtes  nucléaires lui donnant la capacité de détruire en quelques secondes un territoire «de la taille du Texas ou de la France», selon les informations de la télévision russe. L’agence de presse russe Russia Novosti a qualifié cette arme «d’invulnérable».  

De son côté, le Pentagone a réagi à l’essai de l’armée russe, considérant qu’il n’était «pas une menace». 

Le fait que l’armée russe puisse se doter d’un nouvel ICBM présenté comme invulnérable paraîtra étonnant alors que dans le même temps elle ne ne peut prendre le contrôle de l’Ukraine. Mais c’est là le paradoxe des armes atomiques actuelles. Elles sont si puissantes qu’elles sont pratiquement inutilisables saus provoquer une guerre mondiale.

Les pays dotés d’une arme atomique s’efforcent de développer des charges nucléaires dites miniaturisée. Ces charges sont dans la meilleure des hypothèses aussi destructrices que la bombe d’Hiroshima.

Il en est de même des armes bactériologiques que Poutine selon le Pentagone serait susceptible d’utiliser dans la guerre du Donbass.

20/04/2022 La guerre du Donbass

Peut-on poursuivre une guerre en reconnaissant d’avance qu’elle ne peut être gagnée. Sans doute pas. C’est pourtant à ce dilemme que sont aujourd’hui confrontées les forces ukrainiennes (UAF) et le président Volodymyr Zelinsky ? Engagés dans la bataille du Donbas, ils se refusent à admettre qu’ils ne pourront rien à terme contre l’armée russe.

Beaucoup à Kyiv pensent aujourd’hui le contraires. Ils espèrent que face à un conflit se prolongeant, et confronté à une opposition interne croissante, Vladimir Poutine se décourage et se retire de son propre gré.

Mais ils ne semblent pas se rendre compte du fait que cette perspective favorable, à supposer qu’elle se produise, demanderait plusieurs années et exigerait un prix du sang considérable. Aucun ukrainien raisonnable ne voudrait admettre que le Donbass puisse justifier de tels sacrifices.

Certes les premiers jours de l’offensive, l’armée russe avait multiplié les erreurs, en attaquant simultanément sur quatre axes sans les moyens de communication nécessaires. et ne soupçonnant la résistance des Ukrainiens en milieu urbain, lequel est favorable à la destruction des blindés. Précédemment les grandes maouvres russes, rappelons le, avaient été conduites en terrain ouvert.

Après un mois d’engagement et des pertes semble-t-il considérables, il est apparu à Moscou que conquérir Kyiv était momentanément hors de portée. D’où cette retraite sur le Donbass, beaucoup plus facile d’accès et dépourvu de villes importantes..

Aujourd’hui l’objectif russe serait semble-t-il de détruire une poche militaire ukrainienne d’environ 40.000 hommes qui s’est formée dans la région. Mais Moscou ne s’arrêtera pas la.

19/04/2022 L’expansionime de l’Otan en Europe

par Manlio Dinucci

RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 22 FÉVRIER 2022

Cet article garde aujourd’hui toute son actualité

C’est une histoire à peine croyable : une alliance militaire, l’Otan, dont le fonctionnement viole les principes de souveraineté et d’égalité des États inscrits dans la Charte des nations unies, s’est étendue durant les vingt-trois dernières années en violation des traités internationaux. C’est tellement énorme que nous l’oublions tous.

« L’élargissement de l’Otan ces dernières décennies a été un grand succès et a aussi ouvert la voie à un ultérieur élargissement de l’UE » : c’est ce qu’a affirmé samedi dernier à la Conférence de Munich sur la Sécurité le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg. Pour comprendre pleinement ses paroles, il convient de reconstruire dans ses termes essentiels cette histoire de « grand succès ».

Elle commence dans l’année même -1999- où l’Otan démolit par la guerre la Yougoslavie et, au sommet de Washington, annonce vouloir « conduire des opérations de riposte aux crises, non prévues à l’article 5, en dehors du territoire de l’Alliance ». Oubliant qu’elle s’était engagée avec la Russie à « ne pas s’étendre d’un pouce vers l’Est », l’Otan commence son expansion à l’Est. Elle englobe les premiers trois pays de l’ex-pacte de Varsovie : Pologne, République Tchèque et Hongrie. Puis, en 2004, elle s’étend à sept autres : Estonie, Lettonie, Lituanie (ex-parties de l’URSS) ; Bulgarie, Roumanie, Slovaquie (ex-membres du Pacte de Varsovie) ; Slovénie (ex-partie de la Fédération Yougoslave). En 2009, l’Otan englobe l’Albanie (à une époque membre du Pacte de Varsovie) et la Croatie (ex-membre de la Fédération Yougoslave) ; en 2017, le Monténégro (ex-partie de la Yougoslavie) ; en 2020 la Macédoine du Nord (ex-partie de la Yougoslavie). En vingt années, l’Otan s’étend de 16 à 30 pays.

De cette façon Washington obtient un triple résultat. Il étend au bord de la Russie, jusque dans le territoire de l’ex-URSS, l’Alliance militaire dont il tient les leviers de commandement : le Commandant Suprême Allié en Europe est, « par tradition », toujours un général états-unien nommé par le président des États-Unis et les autres commandements clé appartiennent aussi aux USA. En même temps, Washington aliène les pays de l’Est, non pas tant à l’Alliance qu’aux États-Unis directement. La Roumanie et la Bulgarie, dès leur entrée, mettent immédiatement à disposition des USA les importantes bases militaires de Costanza et Burgas sur la mer Noire. Le troisième résultat obtenu par Washington avec l’élargissement de l’Otan à l’Est est le renforcement de sa propre influence en Europe. Sur dix pays de l’Europe centre-orientale qui entrent dans l’Otan entre 1999 et 2004, sept entrent dans l’Union européenne entre 2004 et 2007 : à l’UE qui s’élargit vers l’Est, les États-Unis superposent l’Otan qui s’élargit à l’Est sur l’Europe. Aujourd’hui 21 des 27 pays de l’Union Européenne appartiennent à l’Otan sous commandement US. Le Conseil de l’Atlantique-Nord, l’organe politique de l’Alliance, selon les normes Otan décide non pas à la majorité mais toujours « à l’unanimité et d’un commun accord », c’est-à-dire d’accord avec ce qui est décidé à Washington. La participation des plus grandes puissances européennes à ces décisions (sauf l’Italie qui obéit en se taisant) advient en général à travers des tractations secrètes avec Washington pour des concessions mutuelles. Cela comporte un ultérieur affaiblissement des parlements européens, notamment celui de l’Italie, déjà privés aujourd’hui de réels pouvoirs décisionnels en politique extérieure et militaire.

Dans un tel cadre, l’Europe se retrouve aujourd’hui dans une situation encore plus dangereuse que celle de la Guerre froide. Trois autres pays —la Bosnie-Herzégovine (ex-partie de la Yougoslavie), la Géorgie et l’Ukraine (ex-parties de l’URSS)— sont candidats pour entrer dans l’Otan. Stoltenberg, porte-voix des USA avant même que de l’Otan, déclare : « Nous gardons la porte ouverte et, si l’objectif du Kremlin est d’avoir moins d’Otan aux frontières de la Russie, il n’obtiendra que plus d’Otan ». Dans l’escalade USA-Otan, clairement vouée à faire exploser une guerre à vaste échelle au cœur de l’Europe, entrent en jeu les armes nucléaires. Dans trois mois, la production en série des nouvelles bombes nucléaires B61-12 commence aux USA. Elles seront déployées sous commandement états-unien en Italie et dans d’autres pays européens, probablement aussi à l’Est, plus proches encore de la Russie. En plus de celles-ci, les USA ont en Europe deux bases terrestres en Roumanie et en Pologne et quatre navires de guerre dotés du système de missiles Aegis, pouvant lancer non seulement des missiles anti-missiles mais aussi des missiles de croisière à tête nucléaire. Ils sont en outre en train de préparer des missiles nucléaires à moyenne portée, à déployer en Europe contre la Russie, l’ennemi inventé qui peut répondre de façon destructrice s’il est attaqué.

À tout cela s’ajoute l’impact économique et social de la dépense militaire croissante. À la réunion des ministres de la Défense, Stoltenberg a annoncé triomphant que « cette année est la septième année consécutive d’augmentation de la dépense de la Défense des Alliés européens, qui s’est accrue de 270 milliards de dollars depuis 2014 ». Toujours de l’argent public soustrait aux dépenses sociales et aux investissements productifs, alors que les pays européens doivent encore se reprendre du confinement économique de 2020-2021. La dépense militaire italienne a dépassé les 70 millions d’euros par jour, mais cela ne suffit pas. Le Premier ministre Draghi a déjà annoncé : « Nous devons nous doter d’une défense plus significative : il est très clair qu’il faudra dépenser beaucoup plus que nous ne l’avons fait jusqu’ici ». Très clair : serrons-nous la ceinture pour que l’Otan puisse s’élargir.

Manlio Dinucci

Source
Il Manifesto (Italie)

19/04/2022 Nouveaux aperçus sur Homo Neandertalensis

Homo heidelbergensis est jusqu’ici considéré comme une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu au Pléistocène moyen, entre environ 700 000 et 220 000 ans avant le présent (AP). Il serait l’ancêtre probable de l’Homme de Néandertal et de l’Homme de Denisova. Ces derniers sont eux-mêmes considérés comme des ancêtres probables de l’homo sapiens.

La taxonomie préhistorique n’est évidemment pas une science exacte compte tenu du faible nombre des fossiles accessibles, et de leur mauvais été de conservation. Elle reste cependant indispensable afin de mettre un peu d’ordre dans une histoire compliquée.

En 2019 fut organisée une session de l’ American Association of Biological Anthropology (anciennement American Association of Physical Anthropology) consacrée à définir Homo heidelbergensis. Les résultats n’en furent pas concluants. Le taxon ne satisfaisait personne, différents fossiles furent attribués à cette espèce. Il fut décidé en conséquence de remplacer Hheidelbergensis par Homo bodoensis et de réattribuer ses traits à Homo neanderthalensis 

L’article que nous republions ici précise les éléments de ce débat.

Resolving the “muddle in the middle”: The case for Homo bodoensis
28 October 2021

https://doi.org/10.1002/evan.21929

Abstract

Recent developments in the field of palaeoanthropology necessitate the suppression of two hominin taxa and the introduction of a new species of hominins to help resolve the current nebulous state of Middle Pleistocene (Chibanian) hominin taxonomy. In particular, the poorly defined and variably understood hominin taxa Homo heidelbergensis (both sensu stricto and sensu lato) and Homo rhodesiensis need to be abandoned as they fail to reflect the full range of hominin variability in the Middle Pleistocene. Instead, we propose: (1) introduction of a new taxon, Homo bodoensis sp. nov., as an early Middle Pleistocene ancestor of the Homo sapiens lineage, with a pan-African distribution that extends into the eastern Mediterranean (Southeast Europe and the Levant); (2) that many of the fossils from Western Europe (e.g. Sima de los Huesos) currently assigned to Hheidelbergensis s.s. be reassigned to Homo neanderthalensis to reflect the early appearance of Neanderthal derived traits in the Middle Pleistocene in the region; and (3) that the Middle Pleistocene Asian fossils, particularly from China, likely represent a different lineage altogether.

18/04/2022 Une nouvelle mesure du boson W

Le boson W dispose d’une force supérieure à celle qui lui avait avait été attribuée dans le tableau des particules élémentaires. Une collaboration de près de 400 physiciens vient de publier l’article cité en référence, dont nous reprenons ci-dessous l ‘abstract.

On appelle force d’une particule élémentaire l’une des quatre forces fondamentales qui régissent le comportement de la matière dans l’ univers. Le boson W est avec le bozon Z, le vecteur de la force faible, Les particules de matière interagissent en échangeant ces bosons, mais cette interaction a une faible portée. Le boson W, qui a une charge électrique, change la nature même des particules. Il transforme les protons en neutrons, et vice-versa, par la force faible, c’est-à-dire la force qui déclenche la fusion nucléaire et permet aux étoiles de brûler. Cette combustion crée des éléments plus lourds et, quand une étoile meurt, ces éléments sont projetés dans l’espace, constituant ainsi des matériaux de construction pour les planètes, et les êtres vivants.

Dans les années 1960, la force faible a été combinée avec la force électromagnétique dans les théories électrofaibles unifiées, qui visaient à assurer une cohérence mathématique au cadre de base de la physique. Toutefois, la théorie supposait que les particules porteuses de force soient dépourvues de masse, alors même que les scientifiques savaient que le boson W devait avoir une masse importante, expliquant la courte portée de l’interaction.

Pour expliquer la masse du W, les théoriciens ont alors introduit un autre mécanisme, jusqu’ici non observé,  qui sera appelé par la suite mécanisme de Higgs et qui suppose l’existence d’un boson spécifique, le boson de Higgs. Celui-ci a été mis en évidence en 2012 au Cern. Cette masse était de 80 357 méga-électronvolts.Or la masse qui vient d’être découvertes est de 80 443.

La différence paraît infime. Mais cette différence met en évidence que quelque chose n’avait pas été compris. La théorie de la matière, dite le modèle standard, est elle à réécrire ? Et ça, c’est une excellente nouvelle !  

En effet, tous les physiciens savent que le modèle standard est incomplet. Et ils cherchent depuis des dizaines d’années des indices qui pourraient les amener à la compléter. En particulier, cette théorie n’arrive pas à décrire la gravité – on ne sait pas décrire, à l’échelle microscopique, la force qui fait tomber les pommes des arbres, et qui nous maintient les pieds sur Terre. Va-t-on y réussir dorénavant, grâce au boson W ?

High-precision measurement of the W boson mass with the CDF II detector

SCIENCE • 7 Apr 2022 • Vol 376, Issue 6589 • pp. 170-176 • DOI: 10.1126/science.abk1781

Weighing the W boson

W bosons mediate the weak interaction, one of the fundamental forces in physics. Because the Standard Model (SM) of particle physics places tight constraints on the mass of the W boson, measuring the mass puts the SM to the test. The Collider Detector at Fermilab (CDF) Collaboration now reports a precise measurement of the W boson mass extracted from data taken at the Tevatron particle accelerator (see the Perspective by Campagnari and Mulders). Surprisingly, the researchers found that the mass of the boson was significantly higher than the SM predicts, with a discrepancy of 7 standard deviations. —JS

Abstract

The mass of the W boson, a mediator of the weak force between elementary particles, is tightly constrained by the symmetries of the standard model of particle physics. The Higgs boson was the last missing component of the model. After observation of the Higgs boson, a measurement of the W boson mass provides a stringent test of the model. We measure the W boson mass, MW, using data corresponding to 8.8 inverse femtobarns of integrated luminosity collected in proton-antiproton collisions at a 1.96 tera–electron volt center-of-mass energy with the CDF II detector at the Fermilab Tevatron collider. A sample of approximately 4 million W boson candidates is used to obtain MW=80,433.5±6.4stat±6.9syst=80,433.5±9.4 MeV/c2MW=80,433.5±6.4stat±6.9syst=80,433.5±9.4 MeV/c2, the precision of which exceeds that of all previous measurements combined (stat, statistical uncertainty; syst, systematic uncertainty; MeV, mega–electron volts; c, speed of light in a vacuum). This measurement is in significant tension with the standard model expectation.