17/03/2022. Coronavirus. Un vaccin universel?

Aujourd’hui la mise au point de vaccins, que ce soit contre des affections virales ou microbiennes, exige du temps et de l’argent. Bien évidemment ces besoins sont exagérés par les grands de l’industrie pharmaceutique (big pharma) pour qui l’apparition d’une nouvelle épidémie, due à un agent non encore identifié, est une bénédiction. Depuis l’apparition de lépidémie, plusieurs vaccins out été mis au point, avec des résultats variables,que nous ne citerons pas ici.

Aujourd’hui l’on apprend avec intérêt l’annonce que vient de faire une petite biotech française, Linkinvax. Selon elle, elle aurait mis au point un vaccin contre le SarsCov19 qui répond à l’appel de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’OMS souhaite encourager la mise au point de solutions de long terme, moins sensibles aux mutations du virus, permettant d’acquérir une immunité durable et planétaire. Le vaccin de Linkinvax sera stockable dans un réfrigérateur  et même sous forme lyophilisée (glacée).

LinKinVax utilise une technique éprouvée, qu’elle teste déjà en phase clinique sur l’homme dans le cadre d’un vaccin contre le VIH. « Elle consiste à arrimer un anticorps monoclonal humain aux cellules dendritiques , selon  André-Jacques Auberton-Hervé, le président et cofondateur de la biotech. Le but « est d’amener directement à notre système immunitaire l’information sur les points faibles du virus et de faciliter le travail du système de détection ».

Les cellules dendritiques font partie des cellules du système immunitaire et sont impliquées dans le déclenchement des réponses immunitaires. Elles sont capables de reconnaître les pathogènes et d’induire des réponses immunitaires en activant les lymphocytes T spécifiques de pathogènes.

On ajoutera que LinKinVax choisit non seulement de cibler l’instable protéine Spike par laquelle le virus entre dans la cellule, mais table aussi, grâce à la bio-informatique, « sur d’autres régions communes à l’ensemble des coronavirus et qui ont le bénéfice de muter très peu ». D’où l’espoir d’un vaccin « universel, pan-coronavirus ». Les techniques de bio-informatique utilisées n’ont pas été précisées.

La protéine spike, dite aussi péplomère ou spicule, protéine S, protéine de pointe ou, par anglicisme, protéine spike, est une glycoprotéine prenant la forme d’un champignon émergeant de l’enveloppe virale de certains virus.

Voir Communiqué de presse en date du 15 Mars 2022

https://linkinvax.com/linkinvax-annonce-sa-collaboration-avec-gtp-bioways-pour-le-developpement-et-la-production-de-son-vaccin-de-seconde-generation-contre-le-sars-cov-2/?lang=fr

Voir aussi

https://www.20minutes.fr/sante/3253043-20220315-covid-19-vaccin-universel-deuxieme-generation-couvrant-variants-va-etre-fabrique-toulouse

16/03/2022 Un point de vue russe sur la guerre en Ukraine

Cet article a été publié par le site « Strategic Culture Foundation » le 11 mars 2022 https://www.strategic-culture.org/news/2022/03/11/western-silence-on-nato-backed-provocations-leading-to-war-in-ukraine/

Nous laissons aux auteurs de l’article l’entière responsabilité de leurs affirmations.
Europe solidaire

Traduction

Ce sont les provocations ourdies par l’Otan qui ont conduit à la guerre en Ukraine !

En dissimulant les causes du déclenchement de la confrontation militaire en cours et l’implication des principaux dirigeants occidentaux dans l’échafaudage des actes et des décisions qui ont conduit à la guerre, les médias du monde « libre » affichent leur duplicité et leur complicité. Un aveuglement délibéré des consciences qui risque de coûter très cher !

 Ces derniers jours, de nouvelles preuves, mises en évidence par la partie russe, attestent que l’Otan et le régime de Kiev s’apprêtaient à déclencher des combats meurtriers dans le Donbass. C’est pour empêcher cette agression que l’armée russe est passée à l’action le 24 février dernier. Ce que les états occidentaux ont aussitôt condamné comme une invasion de l’Ukraine que rien ne justifiait, la Russie, de son côté, le qualifie sans emphase de déploiement d’une opération militaire spéciale.

 Le souci principal des médias occidentaux, c’est d’empêcher à tout prix la diffusion des révélations et des faits mis en avant par la Russie pour expliquer pourquoi elle a dû intervenir militairement. Ces révélations pourraient en effet conduire certains à comprendre que la Russie avait peut-être des raisons valables pour procéder de la sorte. Cela pourrait aussi les conduire à s’interroger sur l’implication éventuelle de leur propre gouvernement, et sur ses responsabilités à lui, (tout particulièrement celles de notre propre gouvernement et de Macron, qui pourraient coûter fort cher, et c’est nous qui paierons l’addition / note du traducteur – voir la vidéo proposée en lien ci-dessous-)

 Il ne faut pas non plus oublier que Moscou s’est appliquée longuement, avec beaucoup de persévérance, à engager le dialogue, à entamer et à pousuivre les discussions nécessaires avec Washington et ses partenaires de l’Otan, pour leur faire comprendre les préoccupations de la Russie en matière de sécurité. Aucune de ces demandes n’a jamais été prise en compte. La Russie a été ignorée, traitée comme n’étant pas digne d’intérêt et ne comptant pour rien. Ses préoccupations énoncées de longue date sur les garanties nécessaires qu’elle tenait à obtenir en matière de sécurité n’ont pas été prises au sérieux. Elles ont été écartées comme autant de lubies fantasmées et importunes.

 Les dernières informations que la Russie a dévoilées ces derniers jours, à l’appui de ce qu’elle dénonce, démontrent l’existence d’une menace gravissime, multidimensionnelle, pour sa sécurité nationale. Ces menaces sont si graves qu’il est impossible de les ignorer, ce qui rend plus condamnable encore leur leur dissimulation par les médias occidentaux)

Moscou a fait savoir que ses services spécialisés dans l’analyse des problèmes de sécurité s’affairent à tirer au clair tous les éléments de ce dossier, et que de plus amples informations, d’autres détails seront révélés prochainement. D’ores et déjà, trois menaces graves, ourdies par les Etats-Unis et les marionnettes de l’Otan en place à Kiev, ont été clairement identifiées. Ces dangers étaient beaucoup plus graves et plus rapprochés qu’on ne l’avait estimé jusqu’ici. Ils étaient déjà porteurs et annonciateurs du conflit militaire russo-ukrainien en cours.

 Premier point : De nouvelles informations [1] démontrent que le régime ukrainien s’apprêtait à déclencher une offensive militaire de grande ampleur contre les républiques auto-proclamées de Lougansk et de Donetsk. Les forces militaires qui devaient conduire l’attaque étaient celles de la garde nationale, truffées de brigades néo-nazies, à l’instar du bataillon Azov de sinistre réputation. Ces brigades ont été armées et entraînées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, la Pologne et par d’autres pays membres de l’Otan. Depuis plus de huit ans déjà, depuis le coup d’état organisé en 2014 avec le soutien de la CIA, le régime de Kiev mène en sourdine, en s’efforçant de rester sous les écrans radars, une guerre cruelle aux populations russophones des républiques de Lougansk et de Donetsk. Quatorze mille personnes ont péri à ce jour, et plus d’un million ont dû fuir leur maison et ont été déplacées. L’intensification des opérations de guerre était programmée pour ce mois-ci. C’est ce qui a conduit Moscou à reconnaître l’indépendance des républiques du Donbass le 21 février dernier, et à se porter à leur secours trois jours plus tard, prévenant ainsi l’assaut militaire qui allait être donné et vraissemblablement coordonné par les puissances regroupées sous la houlette de l’Otan. La Russie a clairement indiqué que ses objectifs étaient la dénazification de l’Ukraine et la démilitarisation du régime de Kiev. Cela requiert nécessairement le prolongement de l’action militaire engagée jusqu’à la prise du contrôle de la capitale et la disparition de toute velléité agressive à l’égard de la Russie.

 Deuxième point : L’Ukraine menaçait de se doter rapidement de l’arme nucléaire. Il ne s’agissait pas d’un danger fantasmagorique. [2] C’était *une menace prise trrès au sérieux par les services de sécurité de la Russie. Moscou dit avoir la preuve que les Etats-Unis et les autres puissances de l’Otan étaient pleinement informés des plans de Kiev de se doter de la bombe atomique et de l’ajouter à sa panoplie guerrière. Quand Vladimir Zelenski, le président ukrainien, choisit de déclarer, à la conférence sur la sécurité du 19 février à Munich, [3] que son pays pourrait abroger le memorandum de Budapest, signé en 1994, interdisant à son pays l’accès à l’arme nucléaire dont disposait autrefois l’ancienne république soviétique, ce n’étaient pas des paroles en l’air, ce n’étaient pas de simples bravades de fanfaron !

 Troisième point : On sait maintenant que les Etats-Unis ont financé l’implantantion et le fonctionnement de laboratoires travaillant à la conception d’armes biologiques sur plusieurs douzaines de sites répartis sur tout le territoire ukrainien. Cela préoccupe fortement la Russie depuis de longues années qui remontent à l’indépendance accordée à l’Ukraine en 1991. Elément nouveau : Les autorités compétentes de la Russie ont annoncé cette semaine qu’elles détiennent des documents, [4] récupérés dans ces laboratoires, qui prouvent qu’ils étaient engagés dans la production d’armes biologiques, d’agents pathogènes et de bactéries tueuses. Il semble qu’ordre aît été donné à tous ces laboratoires, le 24 février dernier, de détruire rapidement tous les échantillons concernés. Ces recherches sont une violation caractérisée des traités internationaux sur l’interdiction des armes biologiques et constituent une menace inacceptable tournée contre la Russie. Il est avéré que le Pentagone participe au financement de ces laboratoires. Cette semaine, Victoria Nuland, qui est la responsable du Département d’Etat US pour les affaires ukrainiennes, a confirmé devant le congrès que ces laboratoires étaient effectivement engagés dans la fabrication de matériaux hyper dangereux, en exprimant ses craintes que les forces russes puissent s’en saisir. Pourquoi Victoria Nuland redoute-t-elle autant que la Russie mette la main dessus si ces substances ne sont ni interdites ni d’une dangerosité extrême ? 

 Tout compte fait, les trois chapitres passés en revue ci-dessus, qui sont autant de motifs de préoccupation et de griefs légitimes pour Moscou, démontrent dès l’abord, de façon éclatante, pourquoi la Russie a dû engager il y a trois semaines l’opération spéciale qui est en cours sur le territoire ukrainien. Depuis le coup d’état orchestré par la CIA en 2014 pour chasser le président élu Victor Yanoukovitch, l’Ukraine est en proie à la guerre civile. Elle est instrumentalisée par Washington pour déstabiliser la Russie qui s’étend de l’autre côté de sa frontière orientale. Tout cela s’articule parfaitement avec les visées impérialistes de Washington et le plan conçu de longue date par les Etats-Unis, énoncé et explicité par Zbigniew Brzezinski et consorts : poursuivre les menées hostiles contre la Russie, perpétuer la guerre froide et la fracture geopolitique des relations mondiales pour rester les maîtres du monde.

Une chose qui en dit long : le silence quasi-absolu des médias occidentaux sur tout ce qui a été évoqué plus haut. Il faut mettre au crédit de Tucker Carlson, de Fox News, [5] d’être pratiquement le seul, dans tous les grands médias, à mettre en évidence la duplicité affichée par l’administration Biden et ses accolytes au service de leurs plans de guerre.

 Si on y regarde bien, l’exception relevée plus haut et quelques autres mises à part, tous les enjeux vitaux et tous les ressorts du conflit en cours en Ukraine ont été complètement occultés et oubliés délibérément par les médias occidentaux. La moindre mention des préoccupations de la Russie pour sa sécurité y est rejetée et tournée en ridicule, dénoncée comme « la propagande du Kremlin ». La censure des organes de presse russes par les pays occidentaux ne facilite en rien l’éveil de l’intérêt du public pour le dessous des cartes et pour trouver les clés d’une bonne compréhension des évènements, et de ce qui est en jeu (trois fois rien : la paix du monde, la perspective d’un hiver nucléaire planétaire, pourquoi s’en préoccuper ? / note du traducteur). La posture hypocrite des occidentaux qui prétendent veiller à la diffusion d’une information libre et non faussée est tout simplement stupéfiante.

 L’ignorance et la tartuferie promues et encouragées par les médias prétendument indépendants ouvrent un boulevard à la politique hostile et agressive des forces de l’Otan. Des armes et des crédits pour l’armement, financés par le contribuable européen, affluent en Ukraine au prétexte de « défendre la démocratie contre l’agression russe ». Il y a des raisons objectives au déclenchement du conflit qui a éclaté dans ce pays, et les gouvernements des pays occidentaux regroupés dans l’Otan ont bien des responsabilités et beaucoup de choses à se reprocher à propos de ces tragiques évènements. Le silence orchestré par les médias occidentaux sur les causes de la guerre, ainsi que l’implication criminelle de ces gouvernements dans les développements en cours, c’est de la complicité caractérisée dans la mise en place du dispositif et dans la réalisation des conditions qui mènent directement à la guerre.

Le gouvernement de la Russie a réitéré cette semaine sa volonté de parvenir à un règlement négocié du conflit ukrainien, et de mettre sa diplomatie au service de cet objectif. Il exige l’élimination de la menace systémique que l’Otan fait peser sur l’existence même de la Russie. Il exige la cessation des agressions conduites par le régime ukrainien avec la complicité de l’Otan. Il exige la reconnaissance des droits historiques de la Russie sur la Crimée. L’engagement d’un dialogue sincère et rationnel peut permettre de trouver des solutions au conflit en cours et de rétablir la paix. Mais cela ne restera-t-il pas une gageure, aussi longtemps que les gouvernements et les médias occidentaux continueront de refuser toute autre solution que la leur, fût-elle la plus pertinente et la plus sérieuse, la plus valide ?

Cet article a été publié par le site « Strategic Culture Foundation » le 11 mars 2022


https://www.strategic-culture.org/news/2022/03/11/western-silence-on-nato-backed-provocations-leading-to-war-in-ukraine/
Traduction :
Gérard Jeannesson
 
Liens ajoutés à la demande d’un modérateur : la remise en cause par Zelensky du memorandum de Budpest de 1994 par lequel Kiev renonçait à la bombe atomique :
en français : 
https://histoireetsociete.com/2022/03/12/discours-a-la-58e-conference-de-munich-sur-la-securite-prononce-le-19-fevrier-2022-traduit-de-lukrainien-par-le-gouvernement-ukrainien-parvolodymyr-zelenskyy/
en anglais :
https://kyivindependent.com/national/zelenskys-full-speech-at-munich-security-conference/
 
Liens signalés dans le texte :
1 L’ordre secret du déclenchement de l’Offensive de Kiev contre le Donbass publié par le Ministère de la Défense de Russie
https://tass.com/politics/1418861?utm_source=strategic-culture.org&utm_medium=referral&utm_campaign=strategic-culture.org&utm_referrer=strategic-culture.org
2 lien non établi : la réalité du projet de Kiev de se doter de l’arme nucléaire
 
3 Le texte intégral du discours de Zelensky à la Conférence de Munich sur la Sécurité
https://kyivindependent.com/national/zelenskys-full-speech-at-munich-security-conference/

4 Communication de la Ministre des Affaires Etrangères Maria Zakharova sur les recherches biologiques à usage militaire conduites dans les laboratoires de recherche ukrainiens
https://mid.ru/en/foreign_policy/news/1803269/
5 Tucker Carlson : Les questions que chacun devrait logiquement se poser sur ce qui se trame dans les labos de recherche biologique de l’Ukraine
https://www.foxnews.com/opinion/tucker-carlson-questions-biolabs-ukraine-everyone-asking
*6 l’incident survenu le 7 mars à Dublin :
https://www.irishmirror.ie/news/irish-news/footage-shows-truck-crash-through-26406321
Les grilles de l’ambassade russe fracassées par un poids lourd à Dublin
 
autres liens pertinents :
https://www.upr.fr/actualite/ukraine-asselineau-sonne-lalarme-pour-la-paix-en-ukraine/
 
https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/halte-aux-fauteurs-de-conflagration-mondiale-la-negociation-et-la-desescalade-ne-sont-pas-en-option-sauvonslapaix/

Gérard Jeannesson

16/03/2022 Vers la guerre nucléaire ?

Le Livre blanc français de la Défense de 2008 notait que la période à venir pourrait être marquée par une levée du tabou nucléaire. Peu d’experts y croyaient, tant l’emploi d’une telle arme pourrait être destructeur.

Aujourd’hui, peu de temps avant son départ, le chef d’état-major français François Lecointre avertissait en 2020 sur la nécessité, pour l’armée française, de se préparer à l’éventualité d’un conflit interétatique de haute intensité, ce terme désignant une guerre nucléaire.

Cependant, du moins en Europe, personne n’envisageait sérieusement que le conflit entre la Russie et l’Ukraine puisse donner lieu de la part de la Russie à l’emploi d’armes nucléaire, même sous des formes miniaturisées.

Certes, des têtes nucléaires dites de faible intensité sont actuellement expérimentées sur des missiles balistiques à courte portée. Mais une seule de ces têtes pourrait détruire le centre de Paris et du fait des retombées, rendre invivable toute la région parisienne.

Moscou prendrait-il le risque d’utiliser de telles armes dans le cadre de la guerre en Ukraine ? La Russie pourrait en être la première victime. Certes l’armée russe a mis au point diverses protections, pour les véhicules comme pour les personnels. Mais rien ne garantit que ces protections puissent être efficaces dans un conflit d’une certaine ampleur.

La doctrine nucléaire russe a été mise à jour en juin 2020. Elle exclut officiellement l’emploi d’armes nucléaires dans une visée offensive. Les armes nucléaires sont uniquement faites pour dissuader, être des armes défensives.

Dans un papier officiel accessible en ligne, la Russie s’est engagée à suivre « les principes fondamentaux de la politique d’État de la Fédération de Russie sur la dissuasion nucléaire ». Dans cette doctrine signée par Vladimir Poutine, le texte (article 17 et 19) décrit les quatre cas précis dans lesquels le pays se réserve le droit d’utiliser l’arme nucléaire. 

Le premier cas serait celui d’une attaque de missiles balistiques, le second le cas d’une attaque nucléaire ou d’armes de destruction massive. S’ajoute à ces deux premiers points le cas d’une attaque sur des sites nucléaires russes. Enfin, le quatrième point, qui inquiète certains experts au regard de la situation actuelle, est le cas d’une attaque « conventionnelle » « qui mettrait en péril l’existence même de l’État »

Il paraît très improbable dans ces conditions que Vladimir Poutine et ses conseillers militaires décident pour le moment d’avoir recours à l’arme nucléaire. Le risque n’est pas nul cependant qu’en se préparant à ce recours, une erreur ou un accident se produise au sein des unités en charge de l’arme atomique. En ce cas, il sera trop tard pour réagir.

Pour en savoir plus voir

Défense et Sécurité nationale : le Livre blanc 17 juin 2008
https://www.vie-publique.fr/rapport/29834-defense-et-securite-nationale-le-livre-blanc

Voir aussi

https://www.nationalgeographic.fr/histoire/guerre-en-ukraine-faut-il-craindre-la-menace-nucleaire-russe

15/03/2022. Comment Pékin perçoit-il l’offensive de Vladimir Poutine en Ukraine ?

Les Etats européens considèrent unanimement qu’il s’agit d’une véritable guerre dont l’objectif final est la réintégration de l’Ukraine dans la ceinture d’Etats satellites qui composaient l’ex-Union soviétique.

Il semble que Vladimir Poutine se rêverait comme un nouveau Staline en charge de redonner toute sa grandeur à la Russie. Or la Chine en la personne notamment de son président Xi Jinping a récemment confirmé qu’elle serait quoiqu’il arrive une alliée de la Russie.

Certains observateurs se sont demandé cependant si elle ne prendrait pas aujourd’hui quelque distance avec cette alliance. Les Etats européens ne sont pas considérés à Pékin comme représentant une quelconque menace militaire. Ils constituent au contraire pour la Chine des marché commerciaux très importants et doivent donc être diplomatiquement ménagés.

Cependant, dans les derniers jours Pékin avait appuyé la Russie d’une façon efficace, en promettant de lui racheter le pétrole et le gaz – ce que sous la pression américaine les Etats européens, Allemagne excepté, avaient décidé à titre de sanctions de cesser de faire.

Précédemment, à l’ouverture des JO d’hiver, Poutine et XI Jinping avait fait une déclaration commune pour affirmer que l’amitié russo- chinoise n’avait pas de limites et qu’il n’y avait pas de domaines de coopération interdits . Voir Joint Statement of the Russian Federation and the People’s Republic of China on the International Relations Entering a New Era and the Global Sustainable Development

Cette « amitié » durera, d’autant plus que la Chine a besoin de la Russie pour ses conflits de voisinage dans le Pacifique sud.

14/03/2022 Vers une théorie de la gravitation quantique

On nomme théorie de la gravitation quantique ou gravité quantique une théorie encore hypothétique qui rendrait compatible la théorie de la gravité d’Einstein et la mécanique quantique apparue dans les années 1920. Il s’agit d’un enjeu majeur de la physique moderne.

Pour la théorie de la relativité restreinte d’Einstein, tout corps s’inscrit dans un espace-temps défini par des coordonnées d’espace (longueur, largeur, hauteur) et de temps. Il ne peut pas en sortir sauf à devenir un autre corps. Il peut par conséquent être observé directement.

Pour la mécanique quantique au contraire, les propriété des corps ne peuvent être observées directement. Il faut faire appel aux lois de la probabilité. La théorie derrière la physique quantique est mathématique Il existe d’ailleurs plusieurs interprétations physiques de la mécanique quantique au-delà de l’interprétation orthodoxe dite de Copenhague.

La mécanique quantique donne une description peu intuitive des particules, électrons ou photons par exemple, qui d’une certaine façon sont aussi des ondes Elles peuvent se superposer, se retrouver simultanément en deux endroits, ou traverser des obstacles que l’on penserait infranchissables (effet tunnel). Les inégalités de Heisenberg, par exemple, utilisées pour décrire les particules quantiques. ne permettent pas d’attribuer simultanément une vitesse et une position à un électron.

Combinée avec la relativité restreinte, la mécanique quantique a permis de construire le modèle standard des particules élémentaires à partir de ce qu’on appelle la théorie quantique des champs. On tente d’unifier les lois de la mécanique quantique avec la relativité générale. La théorie de la gravitation quantique est encore à l’étude, mais les deux tentatives les plus prometteuses sont la théorie des supercordes et la théorie de la gravitation quantique à boucles.

Elles permettent de faire de la cosmologie quantique qui, là aussi, est encore en cours de développement. Contrairement au modèle standard solidement confirmé par des expériences comme celles de la découverte des bosons W et du boson de Brout-Englert-Higgs, il n’existe pour le moment aucune preuve à l’appui des théories de gravitation quantique.

Entre le monde de l’infiniment petit (les particules élémentaires), et celui de l’infiniment grand (le Big Bang et la cosmologie quantique), la physique quantique se déploie dans tous les domaines de la physique atomique, moléculaire et nucléaire. Il y a par exemple la chimie quantique, l’optique quantique et la physique de la matière condensée.

Ainsi, les lois de la mécanique quantique expliquent pourquoi les atomes et les molécules sont stables, peuvent émettre et absorber de la lumière mais aussi se combiner dans les réactions chimiques. Elles rendent compte de phénomènes aussi surprenants que la supraconductivité et la superfluidité de l’hélium, mais aussi de phénomènes plus connus  comme le ferromagnétisme des aimants et la conduction électrique des métaux ou l’existence d’isolants.

Ceci s’introduit en physique du solide tout un ensemble de nouvelles excitations quantiques, les quasi particules. Les plus connues sont les phonons, les magnons et les excitons.

La mécanique quantique explique en outre pourquoi et comment Soleil brille, avec des réactions de synthèse de l’hélium et du deutérium, et l’origine des noyaux de carbone de notre corps. Elle permet de comprendre l’existence des naines blanches, des étoiles à neutrons ainsi que de connaître la composition des étoiles dans les galaxies et la structure de la Voie lactée via l’étude des raies spectrales comme celle à 21 cm de l’hydrogène.

La physique quantique est enfin au cœur de la technologie moderne, car le fonctionnement des lasers, des masers, des CCD et des composants électroniques des ordinateurs repose sur ses lois. On peut citer aussi le domaine de l’IRM et des techniques basées sur la RMN, ainsi que la microscopie électronique. Dans quelques décennies, les réacteurs à fusion contrôlée, qui succéderont peut-être à Iter, emploieront comme lui des aimants supraconducteurs. Il est possible aussi qu’une révolution technologique de grande ampleur se prépare avec de jeunes disciplines de l’information quantique et les ordinateurs quantiques. On étudie même le rôle que pourrait jouer la mécanique quantique en biologie et en neurosciences.

La physique quantique n’est pas un domaine achevé : elle contient des paradoxes qui ne sont pas encore complètement bien compris, comme ceux du chat de Schrödinger et de l’effet EPR, bien que l’on ait accompli de grands progrès dans leur compréhension depuis le début des années 1980.

Une nouvelle étude

Dans la perspective de préciser la nature de la gravitation quantique, des mathématiciens expliquent dans une nouvelle étude comment la gravité peut émerger d’un système quantique au niveau microscopique. Leur théorie repose sur un système mécanique quantique spécifique, dans un modèle simplifié de gravité quantique appelé le « principe holographique », qui propose que toute l’information contenue dans un certain volume d’espace puisse être décrite par une théorie qui ne prend en compte que les bords de cet espace.

Référence

Emergent Sasaki-Einstein geometry and AdS/CFT
Nature Communications volume 13, Article number: 365 (2022) 
https://www.nature.com/articles/s41467-021-27951-9

Abstract

A central problem in any quantum theory of gravity is to explain the emergence of the classical spacetime geometry in some limit of a more fundamental, microscopic description of nature. The gauge/gravity-correspondence provides a framework in which this problem can, in principle, be addressed. This is a holographic correspondence which relates a supergravity theory in five-dimensional Anti-deSitter space to a strongly coupled superconformal gauge theory on its 4-dimensional flat Minkowski boundary. In particular, the classical geometry should therefore emerge from some quantum state of the dual gauge theory. Here we confirm this by showing how the classical metric emerges from a canonical state in the dual gauge theory. In particular, we obtain approximations to the Sasaki-Einstein metric underlying the supergravity geometry, in terms of an explicit integral formula involving the canonical quantum state in question. In the special case of toric quiver gauge theories we show that our results can be computationally simplified through a process of tropicalization.

13/03/2022 Europe et Russie menacées par un accident nucléaire de grande ampleur

L’Ukraine compte sur son territoire 4 centrales nucléaires en activité, chacune dotée de 6 réacteurs, sans mentionner les restes hautement radioactifs de la centrale de Tchernobyl. Or en conséquence de l’offensive de l’armée russe la sécurité de fonctionnement de ces centrales ne pourra plus être assurée. Il en sera de même si les réacteurs sont mis à l’arrêt à titre de précaution. Une maintenance complexe devra être organisée mais les équipes de techniciens hautement spécialisés ne pourront plus travailler, à suppose même qu’ils ne soient pas tués par l’armée russe.

Rappelons que les forces russes se sont emparées dans la nuit de jeudi à vendredi de la centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d’Europe, située à Enerhodar, dans le sud-est de l’Ukraine. Elles ont engagé le feu dans le périmètre de la centrale. Et leurs tirs ont provoqué un incendie dans un bâtiment situé à quelques centaines de mètres du réacteur n° 1.

Rafael Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré, lors d’un point de presse, que « la sécurité [de l’installation] a été compromise par ce qui s’est passé cette nuit, mais nous avons eu de la chance qu’il n’y ait pas eu de fuite radioactive ». Évoquant un événement « qui n’a pas de précédent », il a annoncé que l’AIEA allait répondre à « la demande d’assistance immédiate de l’Ukraine ». « Compte tenu des circonstances très compliquées sur le terrain, la logistique et la présence sur ces lieux ne seront pas simples », a-t-il prévenu.

L’organisation Greenpeace, qui avait souligné le 2 mars les dangers du conflit armé pour la sécurité du parc nucléaire ukrainien, a condamné fermement l’attaque militaire de la centrale de Zaporijia. « L’invasion russe fait courir le risque d’une catastrophe nucléaire qui pourrait rendre une grande partie de l’Europe, y compris la Russie, inhabitable pendant au moins plusieurs décennies, a averti Greenpeace, vendredi. Cette nuit, les équipes de Greenpeace ont craint un scénario potentiellement bien pire que la catastrophe de Fukushima. 

Greenpeace rappelle que cette centrale est dotée de six réacteurs de 1 000 mégawatts et conserve « 2 200 tonnes de combustible usé hautement radioactif », et met en garde contre toute perte d’alimentation du réseau qui nécessiterait la mise en route des générateurs Diesel de secours, « dont l’approvisionnement en Diesel est limité et qui ne sont pas considérés comme fiables ».

Dans une vidéo, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a accusé Vladimir Poutine d’avoir recours à la « terreur nucléaire »« Nous alertons tout le monde sur le fait qu’aucun autre pays hormis la Russie n’a jamais tiré sur des centrales nucléaires. C’est la première fois dans notre histoire, la première fois dans l’histoire de l’humanité. Cet État terroriste a maintenant recours à la terreur nucléaire », a-t-il déclaré, réclamant une « action européenne immédiate » afin « d’empêcher que l’Europe ne meure d’un désastre nucléaire ».

Pour en savoir plus, voir Mediapart

https://www.mediapart.fr/journal/international/050322/pourquoi-l-invasion-russe-de-l-ukraine-attise-la-peur-nucleaire

13/03/2022 Poutine en difficultés imprévues ?

Il est hasardeux de faire des prévisions concernant l’issu d’un conflit en cours. Cependant, aujourd’hui, dans la véritable guerre qui oppose les Russes et les Ukrainiens il paraît bien que Vladimir Poutine se soit engagé dans une voie dont la seule issue serait une guerre encore plus élargie. D’ores et déjà, il a fait bombarder une ville à la frontière de la Pologne. Or la Pologne est membre de l’Otan. Un Polonais tué et cela pourrait être une guerre avec l’Otan, autrement dit une guerre mondiale.

En premier lieu, ni lui ni son état-major de généraux n’avaient prévu semble-t-il la résistance du peuple ukrainien. Les images qui nous parviennent montrent que les femmes, voire les adolescents, sont désormais mobilisées aux cotés de ce qui reste de l’armée ukrainienne.

En second lieu, cette armée reste une véritable armée. Malgré les difficultés de commandement que lui impose la destruction de ses voies de communication, elle applique une consigne stricte, surveiller de près les difficultés que peuvent rencontrer au moins passagèrement les unités blindées russes et à chaque fois riposter de façon appropriée.

Ainsi les chars russes ont du mal à mener les combats de rue auxquels les oblige leur propre progression en ville, c’est-à-dire notamment combattre des adversaires situés en altitude au-dessus d’eux. Ils n’ont guère de visibilité vers le haut ni beaucoup de protection contre les tirs ni les simples cocktails Molotov venant des étages supérieurs. Leur ravitaillement en carburant est aussi plus compliqué. Certes les blindés peuvent tirer sur les immeubles les plus proches, mais s’ils voulaient neutraliser toutes les fenêtres, comme le ferait un bombardement aérien systématique, ils ne le pourraient pas.

Ceci signifie que si les Russes ont déjà détruit des villes de taille intermédiaire, comme Marioupol et sérieusement atteint d’autres villes dont Loutsk et Ivano-Frankvist, il leur sera pratiquement impossible de bombarder sérieusement Kiev et ses banlieues, beaucoup plus étendues.

Un autre facteur qui protégera Kiev est son statut de capitale de la religion orthodoxe ukrainienne. Si les Russes bombardait Kiev et ses monuments religieux, ils produiraient le même effet que s’ils bombardaient le Vatican. C’est une nation toute entière qui se soulèverait contre eux, sans mentionner les orthodoxes russes eux-mêmes. Or s’ils le peuvent pas détruire Kiev, mais doivent se borner à l’encercler à distance, le président ukrainien Zelenski pourra toujours s’y réfugier et y poursuivre ses appels à l’aide.

Ajoutons que Poutine ne pourra pas rester indéfiniment insensible aux protestations des oligarques et de la population de la Russie occidentale qu’exaspèrent les sanctions de plus en plus sévères provenant de l’Occident.

12/03/2022. Sanctionner la Russie? Pas si simple.

Le parc nucléaire français est composé de 56 réacteurs à eau pressurisée en service, répartis entre 18 centrales. En 2019, il a produit 379,5 TWh, soit 70,6% de la production d’électricité en France métropolitaine. La France peut donc envisager sans trop de crainte de s’interdire à titre de sanction contre la Russie d’importer du gaz ou du pétrole russe.

Ce n’est pas le cas d’autres pays européens, en premier lieu l’Allemagne qui importe de Russie 40% de son gaz et 25% de son pétrole . Il en résulte que l’Europe hésite à couper ses importations de pétrole et de gaz venues de Russie. Car sa dépendance énergétique reste très importante.

A moyen terme cependant il semble que la crise actuelle puisse accélérer la transition énergétique afin de délaisser les énergies fossiles au profit des renouvelables. Cependant pour acter ce virage, il faudra du temps.

Pourrait-on envisager un retour au charbon ? Non car l’Union européenne (UE) manque presque autant de charbon facilement exploitable que de pétrole. Elle importe ainsi 20% de son charbon de Russie. De plus l’image serait désastreuse, dans la perspective de la chasse aux énergies carbonées.

Quant au nucléaire, en 2019, il représentait 13 % de l’énergie brute disponible dans l’UE, et la moitié des Vingt-Sept sont équipés de centrales. Plusieurs nations, notamment l’Allemagne, cherchaient à se dénucléariser. La crise ukrainienne pourrait réhabiliter l’énergie atomique, non dépendante des Russes.  Certains pays, comme la France et la Belgique, réfléchissent à la façon de retarder la fermeture de leurs centrales. Mais le nucléaire ne peut être vu comme la seule solution d’autant plus qu’en cas de bombardement massif, chaque centrale pourrait se transformer en bombe thermonucléaire.

Selon Patrice Geoffron, professeur d’économie et spécialiste de l’énergie, le nucléaire fournit de l’électricité mais seulement pour un quart de notre consommation énergétique – les transports, par exemple, reposent encore massivement sur le pétrole. En outre, bâtir un parc nucléaire prend du temps, et cela ne pourrait pas peser sur la prochaine décennie.

Ajoutons que la guerre en Ukraine est autant une promotion pour le nucléaire civil qu’un plaidoyer contre lui.  Selon Barbara Nicoloso, enseignante à Sciences Po Lille en écologie et directrice de l’association Virage Énergie,  : « C’est la première fois qu’un conflit se déroule dans un pays disposant de sites nucléaires civils, et on voit les questions de sécurité pour l’ensemble du continent que cela pose. Si une centrale nucléaire se fait bombarder, que va devenir l’Europe ? Cette guerre montre les risques de cette énergie ».

Ajoutons  qu’ avec le renouvelable se pose la question du stockage de l’énergie, le vent ou le soleil n’agissant pas 24h/24. Cela demandera des investissements en batteries et en hydrogène vert, pour avoir une énergie disponible en permanence.

Reste la solution des économies d’énergie. Cela n’est pas tenable de consommer autant. Il faudra une transformation sociétale importante, avec moins de déplacements en voiture individuelle, moins de chauffage grâce à de meilleurs logements thermiques. Mais là encore, cela demandera du temps.

12/03/2022. Coloniser Mars avant de coloniser la Lune

Il faut plusieurs jours, avec les engins spatiaux actuel, pour relier la planète Mars à la Terre. Il ne leur faut que quelques minutes pour faire la traversée Terre-Lune. Malgré cette différence, les projets qui permettraient à des humains de s’installer durablement sur Mars ont la préférence dans les études actuelles. Cela tient au fait que Mars, il y a trois milliards d’années, disposait de conditions proches de celles existant sur la Terre, avec notamment la présence d’eau en grandes quantités et d’un climat tempéré au moins aux pôles. Il n’est pas exclu qu’il y reste de l’eau accessible, ainsi que différentes ressources alluvionnaires exploitables.

Parmi les projets d’installation durable sur Mars, le plus sérieux est celui étudié actuellement par la Nasa, le Seti (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) et plusieurs universités américaines, ainsi qu’avec la société Space X . SpaceX, officiellement Space Exploration Technologies Corporation, est une entreprise américaine spécialisée dans le domaine de l’astronautique et du vol spatial. Elle a été fondée par l’industriel visionnaire américain Elon Musk et gère actuellement le vaisseau spatial Starship qui a déjà accompli des liaisons en orbite terrestre. (voir https://www.spacex.com/).

Ce projet prévoit que, des avant 2030, des Starships pourraient être utilisés comme précurseurs d’une future station martienne permanente, dite Mars Alpha Base. Cette date est certainement trop optimiste, d’autant plus que le projet doit prévoir le transfert sur Mars des centaines ou milliers de tonnes de carburant nécessaires à des missions prolongés. Néanmoins, elle peut être retenue à titre indicatif. Le déroulement de la mission consistera d’abord à étudier les sites martiens les plus favorables à l’atterrissage et au retour des premières navettes inhabitées. Les starships sont conçus pour revenir sur Terre avec leurs propres moyens.

Pour la suite le projet indique que la future station martienne habitée pourrait prévoir l’accommodation d’un équipage permanent d’une dizaine de personnes. En attendant la mise en place d’une telle station, les équipages devraient vivre à l’intérieur des Startships. Ceux-ci sont conçus pour permettre le retour sur Terre. Il serait en effet inacceptable de prévoir des missions sans retour. Par ailleurs, avant l’arrivée des premiers colons permanents, il faudra mettre en place des unités robotisées permettant l’extraction ou la fabrication des éléments nécessaires à la vie.

Les sceptiques feront valoir que les Terriens n’auront pas les ressources budgétaires permettant tous ces investissements. Mais ils pourraient les avoir en économisant sur les budgets militaire. Le Pentagone, a lui seul, consomme environ 650 milliards de dollars annuels. A ce prix, ce ne serait pas seulement une base martienne qui pourrait être envisagée, mais une véritable ville.

Note

Extraire de l’Oxygène sur la Lune
https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exploration-lunaire-tout-savoir-extracteur-oxygene-va-poser-lune-97234/

11/03/2022 Guerre en Ukraine et crise dans le spatial

L’invasion militaire russe en Ukraine, qui a débuté le 24 février 2022, révèle à quel point l’Occident est dépendant de l’Ukraine pour ses activités spatiales. Plusieurs fusées américaines et européennes sont menacées et de nombreux vols Soyouz sont annulés.

Pendant l’ère soviétique, l’Ukraine était l’un des berceaux du programme spatial, surtout dans le domaine des moteurs-fusées. En 2011, le pays était toujours l’une des cinq plus grandes puissances spatiales au monde. L’Ukraine avait produit plus de 130 fusées et permis la mise en orbite de près de 250 satellites pour une vingtaine de pays.

Parmi les fusées ukrainiennes symboliques se trouvait la fusée Dnepr et la fusée Zenit, dont une version était même capable de décoller depuis une plateforme maritime. Après l’annexion de la Crimée en 2014, l’activité des lanceurs a décliné mais l’Ukraine continuait d’exporter en Occident. Le constructeur historique Ioujnoïe est d’ailleurs en train de développer un nouveau lanceur nommé Cyclone, destiné à être propulsé depuis le Canada.

Pour la fusée européenne Vega et sa version plus performante Vega-C, l’agence spatiale européenne ESA et Ioujnoïe développent l’étage supérieur Avum, en charge de fa mise en orbite des satellites. L’invasion russe réduira l’approvisionnement alors qu’une version 100 % européenne de la fusée Vega (Vega-E) n’est attendue qu’en 2026.

Côté américain, la fusée Antares est équipée de moteurs russes pour son étage principal sous maîtrise d’œuvre ukrainienne. Or Antares est entièrement dédié à l’envoi de cargos Cygnus pour la station spatiale internationale (ISS). Pour l’instant, les États-Unis disposent de réserves pour réaliser encore deux vols. Après, il faudra peut-être transférer le cargo Cygnus sur un autre lanceur.

Les fusées américaines Atlas-V de la United Launch Alliance (ULA) utilisent aussi des moteurs russes. La Russie n’approvisionnera plus ces moteurs et ne fournira plus son expertise, mais l’ULA a précisé qu’elle disposait de suffisamment de moteurs avant de passer à la fusée 100 % américaine Vulcan dans les prochaines années.

Ajoutons que l’on dénombre plusieurs start-up du spatial eu Europe et aux États-Unis qui sont en partenariat avec des contractuels ukrainiens pour concevoir les moteurs de leurs futures fusées. Certaines ont même des employés en Ukraine qui ont quitté le pays ou pris les armes.

Rappelons que la fusée russe Soyouz décollait aussi de Kourou, en partenariat avec Arianespace. Il n’en n’est désormais plus rien. Les équipes russes ont été rappelées au pays et plus aucun vol Soyouz-ST n’est prévu désormais. Le spatial européen va beaucoup en souffrir alors que la fusée Ariane 6 tarde à venir. La Soyouz, elle, ne volera plus que pour des clients russes.

Aux Etats-Unis, Boeing et SpaceX, les deux sous-traitants privés, accusent trois ans de retard sur le calendrier. Leurs véhicules, respectivement le Starliner et le Crew Dragon, n’ont pas encore fini leurs tests et reçu toutes les autorisations de la Nasa.

Source
https://www.la-croix.com/Economie/Monde/Americains-esperent-mettre-fin-leur-dependance-Soyouz-russe-2020-01-19-1201072725

Voir aussi

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/la-guerre-en-ukraine-revele-crument-les-lacunes-de-l-autonomie-de-l-industrie-spatiale-europeenne-905748.html