24/05/2022 Bientôt la guerre en Moldavie et en Transnistrie

Beaucoup dans l’Union européenne ignoraient l’existence de la Moldavie. Celle-ci est une ancienne république de l’ex URSS devenue indépendante depuis 1991 après la dissolution de celle-ci. La République de Moldavie est située aux confins de l’Union européenne, entre la Roumanie et l’Ukraine. Dirigée à partir de 2009 par des gouvernements se revendiquant « pro-européens », la République de Moldavie a connu progressivement une dérive autoritaire qui l’a éloignée des normes européennes vers lesquelles ses autorités disaient vouloir tendre.

L’élection le 15 novembre 2020 de Mme Maia Sandu à la présidence de la République du pays sur un programme de lutte contre la corruption et visant la coopération avec l’Union européenne offre la possibilité à la Moldavie de sortir d’un cycle de développement politique marqué par des dérives oligarchiques. La présidente dispose désormais d’une majorité parlementaire favorable à son programme de réformes.

La Transnistrie quant à elle est une République auto-proclamée russophone longiligne à la frontière ukraino-moldave, Elle a toujours revendiqué sa russophilie. Le conflit en Ukraine ravive aujourd’hui les tensions séparatistes qui ont opposé pendant des décennies la Moldavie à la Transnistrie.

Or ce conflit pourrait-il s’étendre vers l’Ouest ? Les 25 et 26 avril, le village frontalier de Kolbasna hébergeant un important dépôt de munitions de l’armée russe a été la cible de tirs. Le dépôt d’armes, datant de la période soviétique, se trouvait sous le contrôle de soldats russes déployés sur ce territoire.

Les explosions qui se sont produites lundi 25 et mardi 26 avril dans la région séparatiste de Transnistrie, soutenue économiquement et militairement par la Russie, ont de quoi inquiéter. Mardi, deux détonations qui ont été entendues à Maïak, à proximité de la frontière ukrainienne, ont endommagé une tour radio, obstruant les fréquences d’antennes locales. La veille, le siège du ministère de la Sécurité publique à Tiraspol avait été la cible d’une attaque au lance-grenades. Si l’origine des tirs n’a pas été précisément définie, « il s’agit d’une tentative pour accroître les tensions », selon la présidente moldave . « Les autorités moldaves veilleront à empêcher la République d’être entraînée dans un conflit », a-t-elle poursuivi.  

Dans un contexte où l’armée russe est engagée au Donbass où elle n’a pas encore remporté de position significative, la perspective que Moscou puisse chercher à déplacer le conflit vers la Moldavie existe. Selon l’AFP, un général russe avait affirmé, la semaine dernière, vouloir s’emparer du sud de l’Ukraine, frontalier de la Transnistrie, afin d’obtenir un accès direct à celle-ci.

Certains analystes estiment que près de 1 500 militaires russes sont déjà massés au sein de la région. Et depuis plusieurs semaines, le Kremlin répète que la population russophone de Moldavie est victime d' »oppression », un argument que Vladimir Poutine avait employé pour légitimer son entrée en guerre.

23/05/2022. Chine. Peut-on parler de génocide des Ouighours ?

La Haut-commissaire de l’ONU chargée des droits de l’homme, Michelle Bachelet, a entrepris lundi 23 mai une visite en Chine. Au cours de celle-ci elle se rendra dans la province du Xinjiang, où Pékin est accusé de persécuter la minorité musulmane ouïghoure.

En Europe, où l’on subit de plus en plus de menaces et d’attentats provenant du terrorisme islamique, beaucoup ne comprennent pas cet intérêt de la communauté internationale pour des musulmans, fussent-ils Ouïghours. Mais il ne s’agit pas de musulmans comparables aux arabo-musulmans parmi lesquels se recrutent les fanatique de l’Etat islamique.

Les Ouïghours sont un peuple turcophone et à majorité musulmane sunnite habitant la région autonome ouïghoure du Xinjiang en Chine et en Asie centrale. Ils représentaient une des cinquante-six nationalités reconnues officiellement par la République populaire de Chine. Ils sont apparentés aux Ouzbeks. La majorité des quelque 12 millions de Ouïghours sont de confession musulmane, tandis que certains sont de confession chrétienne. 

Il existe des preuves de leur présence dans la région depuis des centaines, voire des milliers d’années selon Marie Holzman, sinologue et présidente de l’association Solidarité Chine. C’est une ethnie radicalement différente de l’ethnie Han chinoise majoritaire. Il existe deux types de minorités ethniques en Chine : l’essentiel des minorités se sont sinisées, c’est-à-dire qu’elles sont intégrées en Chine et ne revendiquent pas énergiquement leur identité culturelle. D’autres ethnies, comme les Ouïghours, les Tibétains ou encore les Mongols, sont très attachées à leur passé culturel et à leur identité ethnique. Contrairement aux Tibétains, qui sont présents dans la région autonome du Tibet mais aussi dans d’autres provinces chinoises, les Ouïghours sont concentrés dans le Xinjiang.

Lors de la Révolution culturelle, une partie des Mongols, des Tibétains et des Ouïghours s’est engagée dans la bataille idéologique. Les Mongols ont été pourchassés, tandis qu’au Tibet, pratiquement tous les temples ont été partiellement ou entièrement démolis. Au Xinjiang, toutes les mosquées ont été attaquées

Après la mort de Mao, en 1976, l’espoir était revenu au sein des ethnies minoritaires, notamment car certains dirigeants de l’époque, comme Hu Yaobang, ont promis d’aider à la reconstruction. Il y a eu une amélioration du climat dans toute la Chine entre les années 1980 et une partie des années 1990, avant que les choses ne ré-évoluent dans l’autre sens. A la fin des années 1990, les Tibétains et les Ouïghours ont connu une répression. Il y aura des affrontements violents avec les autorités chinoises.

En 2009, la situation des Ouïghours en Chine connaît une nouvelle dégradation. Au début du mois de juillet, de violentes émeutes opposant des Ouïghours et des Hans éclatent dans la capitale du Xinjiang, Urumqi, faisant, selon un bilan officiel communiqué par Pékin, 197 morts dont une majorité de Hans, 2 000 blessés et des milliers d’arrestations.

Pourquoi ces émeutes ? Tout est parti d’un conflit au sein d’une usine dans la province du Guangdong, au sud de la Chine, dans laquelle travaillent des ouvriers Ouïghours et des Hans. Dans la nuit du 25 au 26 juin 2009, les ouvriers ouïghours sont attaqués par des ouvriers hans après la rumeur d’un viol qui aurait été commis par plusieurs Ouïghours sur une femme Han. Au moins deux Ouïghours sont tués.

Partagées sur les réseaux sociaux, des vidéos de lynchage ont suscité l’indignation de la communauté musulmane dans le Xinjiang. Les Ouïghours ont alors demandé des explications et justice, mais n’ont pas obtenu gain de cause. A partir de ces émeutes, les autorités chinoises ont dit que les Ouïghours étaient des terroristes, et qu’il fallait éradiquer le terrorisme, d’où une répression qui n’a fait que grandir. On constate aujourd’hui que depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir en 2012, la situation des Ouïghours n’a jamais cessé de se dégrader.

La répression des Ouïghours s’effectue à plusieurs niveaux. Les instruments de surveillance de la population sont partout. Ceux qui font le jeune du Ramadan sont dénoncés. Le port du voile est réprimé. Auparavant, les étudiants Ouïghours pouvaient suivre des cours à l’étranger. En 2017, des dizaines de Ouïghours, pour la plupart étudiants à l’université musulmane d’al-Azhar, ont été arrêtés au Caire par la police égyptienne, pour ensuite être extradés en Chine. C’est également à partir de cette date que les Ouïghours sont envoyés dans des camps d’internement, appelés “camps de rééducation” par les autorités chinoises. 

Peut-on cependant parler de génocide, comme l’avait fait l’Assemblée nationale française ? Rappelons qu’avec 169 votants pour,  la résolution portant sur la reconnaissance et la condamnation du génocide du peuple Ouïghours a été adoptée par les députés à l’Assemblée Nationale, le jeudi 20 janvier 2022,

22/05/2022. Publicités et dérèglements climatiques

On aurait pu naïvement penser que confrontés aux multiples rapports scientifiques mettant en cause l’émission de gaz carbonique ou de méthane dans l’accélération du réchauffement climatique, les industriels fabriquant les produits responsables de telles émissions mettraient quelque réserves dans la promotion publicitaire de leurs marchés.

Il n’en est rien. Chacun est assiégé, au bureau ou à domicile, par des publicités faisant la promotion de tels produits, sans même comporter les mises en garde qu’ont désormais accepté les vendeurs de boissons alcoolisées ou de cigarettes.

Le cas le plus typique est celui de la publicité pour les SUV ou véhicules utilitaires 4/4. Ceux-ci dans les domaines professionnels présentent beaucoup d’avantages. Mais ils sont moins évidents quant ils sont utilisés pour de courts parcours urbains par des personnes seules. Or ils rejettent dans l’atmosphère plus de 4 fois les quantités de carbone provenant d’un véhicule ordinaire. Les SUV à propulsion hybride ou électriques commencent à apparaître, mais ils sont encore très minoritaires.

Les SUV ne sont pas seuls en cause. Les publicités pour des produits hautement producteurs de gaz à effets de serre constituent l’essentiel du marché publicitaire. Ainsi il a été constaté lors de la dernière coupe Davis de tennis que les publicités provenaient principalement de compagnies pétrolières et gazières ou de vendeurs de produits intéressant ces compagnies.

Une étude faite à l’occasion du dernier Intergouvernement Panel on Climate Change a montré cependant que des mises en garde concernant les publicités pour des produits contribuant au réchauffement climatique auraient autant de bons résultats mondialement dans la lutte contre la production de gaz à effets de serre que si la population de la Belgique toute entière cessait de consommer des produits pétroliers.

21/05/2022. Un nouvel hélicoptère français

La firme français filiale dAirbus, nommée Airbus Helicopter, vient de présenter un hélicoptère démonstrateur, nommé Airbus Racer capable de se déplacer à 220 nœuds en vol horizontal soit un gain de 50%. De plus, il réduira de 20% ce que l’on nomme sa signature sonore ainsi que ses rejets en gaz échappement CO2 et Nox. En éco-mode, l’Airbus Racer devrait aussi pouvoir n’utiliser qu’un seul moteur poussé à 90 % de puissance, permettant néanmoins d’offrir une vitesse de croisière de 180 nœuds.

Airbus Racer ne ressemble que de loin aux hélicoptères actuels. Il est doté d’une queue asymétrique dépourvue de rotors anticouple, mais dont les plans sont pourvus de surface mobiles. Les deux nacelles des hélices propulsives sont logées à l’extrémité de courtes ailes qui contribuent à la portance et soulagent le rotor. Les nacelles des hélices propulsives contribuent à la vitesse en générant un vortex (tourbillon) qui accélère la machine. Il en est de même pour la forme dissymétrique de la queue.

En conséquence, à la même vitesse qu’un hélicoptère standard, le Racer consomme deux fois moins, d’où un gain d’endurance ou de vitesse si la mission le nécessite . Airbus Helicopters assure ainsi que le nombre de bases terrestres de maintenance et de secours pourrait être réduit de près de 50 % en Europe de l’ouest, du fait du gain de vitesse d’intervention. Des expérimentations dans ce domaine sont d’ailleurs prévues.

L’assemblage est en cours, avec quelques retards dus à la crise du Covid 19. Si tout finit par se rétablir, l’hélicoptériste compte toujours procéder à un vol d’essai à la fin de l’année. Le coût annoncé serait de 200 millions d’euros. Des applications militaires spéciales sont à l’étude

21/05/2022. Dans les 50 prochaines années, le réchauffement climatique multipliera les pandémies virales

Une nouvelle étude que vient de publier Nature prévoit que dans les cinquante prochaine année, le réchauffement climatique pourrait provoquer 15.000 nouveaux de contagion virale d’une espèce de mammifère à une ou plusieurs autres. Typiquement c’est ce qui avait du se passer avec le virus Covid 19 passant de la chauve-souris à l’homme, soit spontanément soit à la suite d’expérimentations menées dans le laboratoire chinois de Wuhan.

Lire https://media.nature.com/original/magazine-assets/d41586-022-01198-w/d41586-022-01198-w.pdf

L’auteur de l’étude est le statisticien environnemental américain Gregory Albery (https://www.gregalbery.me/) . Il a été un des premiers à étudier les effet du réchauffement sur les espèces animales sauvages. Il prévoit que celui-ci multipliera les rencontres entre espèces porteuses de virus encore mal connus, favorisant les sauts d’une espèce à l’autre. Cette transmission est désormais nommée zoonotic transmission. Dans beaucoup de cas, ces sauts favoriseront des mutations virales entraînant une aggravation de la morbidité des affections. L’homme en sera une des principales victimes.

Gregory Albery et son équipe ont construit un modèle statistique montrant que dans les prochaines années risquent de se produire 120.000 nouvelles rencontres entre mammifères, entraînant 4.584 nouveaux cas de nouvelles infections virales. Les chauves-souris seront les premières responsable de ces transmissions, affectant en priorité l’Afrique et l’Asie du sud-est.

Si comme l’indique cette étude, à la suite d’un réchauffement inévitable explosent les cas de nouvelles pandémies virales encore plus contaminantes et parfois mortelles que l’actuelle, il serait urgent à l’échelle internationale de prévoir l’adaptation de l’ensemble des systèmes de santé.

19/05/2022 Russie. L’anniversaire de la Grande Guerre Patriotique.

Que signifie pour les Russes tous les 22 juin l’anniversaire de la Grande Guerre Patriotique ? Le 9 mai est également célébré., comme ce fut le cas le 9 mai 2022

L’Occident chaque 22 juin s’étonne de voir l’importance des manifestations civiles et militaires qui marquent cette date. «  Le 22 juin est la journée la plus longue de l’année, la journée du 22 juin 1941 dure toujours pour nous. » Ce dicton populaire renvoie à l’épisode fondamental de l’histoire des Russes: la Grande Guerre patriotique, c’est-à-dire la guerre de l’URSS contre l’Allemagne nazie, qui commence le 22 juin 1941 et se termine par la capitulation allemande le 9 mai 1945 .[

L’expression de Grande Guerre patriotique souligne la portée de l’événement, toujours vivant dans la mémoire collective, dans l’espace public et dans le système éducatif russe. Le culte russe de la victoire est un culte d’État, soutenu par le gouvernement russe. Ses symboles – les statues, les obélisques, les flammes éternelles – sont omniprésents : presque chaque ville et village de quelque taille en possède au moins un.

Il s’agit d’une sorte de culte des ancêtres, accompagné de musique et de rituels dont des hourras que chacun crie spontanément. Ce culte n’est pas religieux, mais il comporte un élément mystique : les âmes des héros tombés au combat se transformeraient en grues blanches, ces oiseaux migrateurs majestueux qui circulent entre l’Eurasie et l’Afrique et qui nichent dans toute la Russie pendant les mois d’été.

Le Régiment immortel est l’une de ces expressions, apparue récemment et qui s’est répandue dans le monde entier.

Le 9 mai 2022, en plus des portraits des morts, la foule arborait certains symboles spécifiques . La plupart des gens portaient des rubans de Saint-Georges rayés noir et orange sur leurs revers. Il y avait de nombreux drapeaux russes et de nombreux drapeaux de la Victoire – des répliques de la bannière régimentaire qui avait été placée au sommet du Reichstag lors de la chute de Berlin. Les drapeaux soviétiques étaient moins nombreux, mais leur présence est notable. Enfin, il n’y avait qu’une poignée de bannières religieuses, notamment le Mandylion du Christ. Et les grues blanches, dont les découpes étaient suspendues comme décorations sur la rivière Fontanka.

Pour en savoir plus, voir

Les Carnets de Dimitri Orlov
https://www.dedefensa.org/section/les-carnets-de-dimitri-orlov-1

France 24

https://www.france24.com/fr/europe/20220508-d%C3%A9fil%C3%A9-du-9-mai-%C3%A0-moscou-le-r%C3%A9giment-immortel-ou-l-arm%C3%A9e-m%C3%A9morielle-de-vladimir-poutine


18/05/2022 Le nucléaire français et le projet de taxonomie européen

Le nucléaire français et le projet de taxonomie européen

Au risque de déclencher une crise franco-allemande, Berlin compte officiellement s’opposer au projet de taxonomie européen. Ce texte, soutenu par la France, prévoit d’intégrer le gaz et le nucléaire aux énergies considérées par l’Union européenne comme « vertes ».

Les énergies dites vertes résultent de procédures ne rejetant pas ou peu de carbone (gaz carbonique). Celui-ci est un gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement climatique. Il est principalement obtenu par distillation du charbon, charbon dont l’Allemagne possède des réserves considérables.

Les plus importantes de celles-ci sont produites dans des centrales utilisant la force des vents ou des courants marins. On parle aussi de gaz vert. Appelé aussi biométhane, le gaz vert est une énergie renouvelable à bas taux de carbone, produite par méthanisation à partir du traitement de déchets organiques et résidus agricoles, de biodéchets issus de l’industrie agro-alimentaire et restauration collective, ainsi que des boues de stations d’épuration. 

L’Allemagne à beaucoup investi dans ces différentes directions. Il est évident qu »elle voit d’un mauvais œil le projet de taxonomie européen.

Rappelons que le terme « taxonomie », utilisé à l’origine dans les sciences naturelles, est utilisé maintenant de manière plus large pour désigner des classifications et des méthodes de classification. Le règlement européen « Taxonomie » vise à établir un système de classification unifié des activités économiques permettant de déterminer si ces activités peuvent être considérées comme « durables sur le plan environnemental » (ou « vertes »). Le règlement demande aux principaux acteurs économiques – financiers et non financiers – de rendre compte de la proportion de leurs activités « vertes ». L’objectif est de réorienter les investissements vers les activités favorables à la transition écologique.

La taxonomie européenne désigne une classification des activités économiques ayant un impact favorable sur l’environnement. Son objectif est d’orienter les investissements vers les activités « vertes ». Instaurée en 2020, elle fait l’objet d’un acté délégué présenté le 2 février 2022 qui intègre le gaz et le nucléaire.2 févr. 2022

Ref La taxonomie verte : ambition de transformation de l’économie européenne https://www.pwc.fr/fr/expertises/audit/taxinomie-verte-europeenne.html

La réglementation européenne est en pleine révolution. L’Europe s’est fixé comme objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Divers leviers d’action ont été mis en œuvre à travers un plan d’ensemble, appelé Green Deal, annoncé par la Commission Européenne en 2019. L’un des piliers, le plan d’action sur la finance durable, a pour objectif de réorienter les investissements de capitaux vers des activités dites « durables ».

La Taxonomie permet d’établir un système européen de classification des activités durables. C’est un langage commun qui introduit, dans un premier temps, une nomenclature des activités économiques selon leur contribution au changement climatique.

La Taxonomie définit des critères harmonisés pour déterminer si une activité économique est durable d’un point de vue environnemental, c’est ce qu’on appelle la « taxonomie verte ». 

Ceci étant, que Berlin refuse d’intégrer le nucléaire français parmi les technologies vertes peut se comprendre. Mais qu’il refuse d’y voir une activité durable, c’est-à-dire capable de contribuer à lutte contre le changement climatique, relève d’un abus de pouvoir. Le nucléaire français est très bien entretenu. Il est moins nuisible pour la lutte contre le changement climatique que ne le sont les autoroutes allemandes, couvertes de grosses cylindrées également allemandes qui rejettent à qui mieux mieux dans l’environnement des gaz d’échappement qui n’ont rien de vert.

17/05/2022. Spatial. Une propulsion hybride française

HyPrSpace est une start-up française visant le développement de lanceurs spatiaux de petit calibre. Elle vient de collecter 1,1 million d’euros auprès de deux fonds d’investissement : Geodesic, un fonds spécialisé dans le développement du New Space à la française, et BPI France, un fonds d’investissement public destiné à accompagner l’émergence des futurs fleurons de l’industrie nationale.

Ces argent lui permettra de financer le lanceur OB-1, fusée de classe ultralégère qui prendra la suite de son premier micro-lanceur Baguette-one. Ce nouveau véhicule, dont la production devrait être sous-traitée, permettra d’envoyer environ 250 kg de charge utile en orbite terrestre basse.soit de petits satellites au format CubeSat .La grande particularité de ce lanceur OB-1, est qu’il embarquera un moteur-fusée hybride qui utilisera à la fois du carburant solide et des ergols liquides.

Les moteurs-fusées qui utilisent du carburant solide développent une poussée très importante. C’est une propriété très intéressante lors des premières phases de l’ascension. Elle permet d’échapper à l’attraction terrestre. Mais ils présentent aussi une limite considérable. Il est impossible de doser l’accélération, ou même de les éteindre après l’allumage ! Les moteurs à carburant solide doivent donc fonctionner à plein régime jusqu’à épuisement du carburant. L’utilisation de cerburants liquides (ergols) dont la poussée est moindre, permet de contrôler beaucoup mieux le vol une fois le lancement accompli. L’américain  Virgin Galactic est aujourd’hui le seul à l’utiliser sur son SpaceShipTwo.

HyPrSpace va bientôt déménager à Haillan sur un site appartenant à ArianeGroup. Elle y donne rendez-vous en 2023, puis en 2024, dates respectives des premiers tests du moteur et du premier vol d’essai.

Références

HyPrSpace https://hybrid-propulsion.space/
Co-fondateurs de hybrid-propulsion.space https://hybrid-propulsion.space/about.html
Hybrid Rocket Engine https://hybrid-propulsion.space/
Cubesat https://fr.wikipedia.org/wiki/CubeSat

Note pour en savoir plus sur les moteurs

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/espace-impressionnant-test-moteur-fusee-be-4-blue-origin-98444/

16/05/2022. Une confédération euro-russe

Pourquoi les Etats européens ne s’entendraient-ils pas avec la Russie  ?

L’objectif serait de mettre en place entre l’Union europénne et la Fédération de Russie  (Rossiïskaïa Federatsiïa) une entente qui pourrait provisoirement être nommée Confédération eurorusse. Une confédération est une union d’États indépendants qui, par un ou plusieurs traités, délèguent l’exercice de certaines compétences à des organes communs destinés à coordonner leur politique dans un certain nombre de domaines, sans constituer cependantnt un nouvel État superposé aux États membres. 

L’objectif serait moins ambitieux que celui consistant à proposer à Moscou d’entrer dans l’Union européenne. L’Union européenne est une union politico-économique sui generis de vingt-sept États européens qui délèguent ou transmettent par traité l’exercice de certaines compétences à des organes communautaires. Rappelons que la Finlande, après la chute de l’Union soviétique, a adhèré à l’Union européenne en 1995.

Aujourd’hui l’état des relations entre l’Europe et la Russie ne permet pas d’envisager une entrée de cette dernière dans l’Union, à supposer que Moscou puisse l’accepter.

Par contre l’Union européenne et la Fédération de Russie n’auraient que des avantages, plutôt que se faire une guerre téléguidée depuis Washington, à s’entendre dans un projet commun de confédération. Celle-ci pourrait se traduire par des coopérations dans des domaines où les partenaires disposent de compétences communes ou complémentaires. On citera en priorité le domaine de l’exploration pacifique de l’espace, l’espace proche dit suborbital ou l’espace planétaire et interplanétaire. La Russie en compétition tendue avec la Chine dans ces domaines n’aurait qu’à gagner d’une coopération avec l’Agence spatiale européenne.

D’autres domaines d’une actualité encore plus pressante justifieraient l’intervention de cette confédération euro-russe . Il s’agirait en priorité de la lutte contre le réchauffement climatique et la destruction d’un nombre croissant d’espèces vivantes, y compris dans le domaine maritime où la Russie et plus particulièrement la France disposent de vastes espaces océaniques.

Dans le domaine militaire, la lutte contre le terrorisme islamique justifierait aussi d’urgence une action commune associant les Etats européens et la Russie. Celle-ci serait aveugle si elle refusait de voir que l’internationale dite Etat islamique cherche aujourd’hui à mobiliser massivement les populations musulmanes contre les institutions nationales, tant en Europe qu’en Russie.

Ceci étant, il faut être réaliste. Ce projet de confédération euro-russe suscitera l’hostilité des Etats-Unis. Le complexe militaro-industriel au pouvoir à Washington fera tout ce qu’il pourra pour que s’aggrave l’état de guerre entre la Russie et l’Occident. Ce sont des bénéfices de centaines de milliards de dollars qu’il en retire. Pourquoi y renoncerait-il?

15/05/2022. De nouveaux regards sur le cosmos

Le principe cosmologique CMB, dit aussi d’homogénéité ou d’isotropie, est un postulat scientifique selon lequel l’univers ne serait pas seulement en expansion mais qu’à grande échelle il s’étendrait de façon uniforme dans toutes les dimensions. On parle aussi de modèle standard de l’évolution. https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_cosmologique

Aujourd’hui cependant quelques cosmologistes, considérés il est vrai comme hérétiques, remettent en cause ce postulat. Ils s’appuient sur de nouvelles expériences pour affirmer que, même à grande échelle, l’univers serait irrégulier (off kilter).

S’ils avaient raison, il faudrait admettre qu’il n’existe pas depuis les origines de l’univers de modèle standard décrivant son évolution. Le principe cosmologique, en tous cas, jusqu’ici considéré comme intouchable, devrait être ramené au statut de simple hypothèse.

C’est la théorie de la relativité générale d’Einstein dans les années 1920 qui avait donné ses lettres de noblesse à ce principe. A partir des équations d’Einstein définissant le principe de l’isotropie, les physiciens purent extraire le modèle d’un univers homogène en expansion. Celui-ci fut nommé la solution FRLW selon les initiales de ses auteurs.

Le modèle standard de l’évolution est encore pertinent. Mais ceci ne signifie pas qu’il soit une solution définitive . L’image fournie par le Cosmic Microwave background est très proche de ce que l’observe actuellement dans la distribution à grande échelle des galaxies, mais ceci ne signifie pas qu’elle offre une solution définitive. https://en.wikipedia.org/wiki/Cosmic_microwave_background

Plusieurs observations obligent à remettre en cause ce modèle. Se rendre compte que les galaxies paraissent reliées par des réseaux invisibles d’une matière encore inconnue appelée pour cette raison la matière noire, et que l’expansion s’accélère au lieu de diminuer, ont imposé cette remise en cause du modèle. Il en fut de même avec la découverte en 2020 d’une chaîne de galaxies nommée The Giant Arc s’étendant sur 3 milliards d’années lumière à travers le ciel. Ces structures géantes paraissent reliées par de violents courants de matière, circulant à 100 km/s et s’étendant sur au moins un milliard d’années lumière. On les nomme des « bulk flows » ou flux de masses.

Pour le cosmologiste Chritos Tsagas de l’Université de Thessalonique, nous vivrions dans un tel bulk flow, emportant la Terre, le système solaire, la Voie Lactée vers d’autres galaxies. Mais nous ne nous en apercevrions pas faute de repères extérieurs. Si ce courant était en cours de ralentissement, toujours faute de repères, nous pourrions croire que l’univers reste en expansion à la même vitesse. Tsagas remet ainsi en cause le concept d’énergie noire censée expliquer une expansion homogène à l’échelle de l’univers entier. On peut objecter à Tsagas qu’il n’a guère de preuves de ce qu’il avance.

Pour son collègue Subir Sarkar de l’Université d’Oxford, l’univers entier se déforme en permanence et le Cosmic Microwave Background est une illusion résultant de notre propre mouvement dans cet univers. Nous ne nous en apercevons pas du fait que la Terre se déplace à grande vitesse avec l’ensemble du système solaire dans la galaxie.

Tout au contraire, George Ellis, de l’université du Cap, pense que l’observation d’un catalogue de galaxies lointaines confirme le CMB. Ce catalogue nommé le NVSS provient d’une série d’observations faites en 2002 au Very Large Array Telescope de New Mexico. Vu leur distance dans le temps, de telles galaxies sont considérées comme les lanternes cosmologiques.

Pour aller plus loin, Sarkar et un astronome nommé Vincent Secrest de l’US Naval Observatory ont étudié un catalogue de 1,4 millions de quasars nommé catWise https://catwise.github.io/ provenant du télescope spatial WISE. Les quasars sont des jets de lumière résultant de l’effondrement de trous noirs supermassifs. Ils sont plus d’1 million dans l’univers visible. https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/astronomie-quasar-305/

Leur observation a fait apparaître une expansion de l’univers beaucoup plus rapide que cette découlant du CMB.

Pour le moment, en attendant des observations plus précises provenant de la future génération de télescopes annoncée, le Vera C.Rubin Telescope au Chili et le télescope spatial Euclid, il paraît raisonnable de s’en tenir au CMB