21/10/22 Risques génétiques favorisant le développement du Covid 19

Le généticien renommé Svante Pääbo  directeur de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste et son collègue Hugo Zeberg viennent de publier dans Nature le 30 septembre 2022 un article référencé ci-dessous relatant les résultats d’une de leur récentes recherches

Cette dernière indique que des gènes hérités d’un homme de Néandertal vivant il y a 50 000 ans et présents chez certains hommes modernes peuvent accroître chez eux le risque de développer une forme grave du Covid-19.

En quoi la séquence génétique de ces hommes modernes les fragilise-t-elle face au Covid 19 ? Selon Svante Pääbo, une personne de 40 ans à qui les deux parents ont légué ce bagage génétique vieux de 50 000 ans a le même risque de connaître des complications graves de la maladie qu’un sexagénaire. Il place même le risque au-dessus des comorbidités, comme le diabète ou d’autres maladies connues pour jouer un rôle dans la virulence des symptômes du virus. 

Les deux chercheurs ont, en effet, constaté en analysant les résultats de l’étude sur les facteurs génétiques et les risque face au Covid-19, que « si vous avez hérité de ces gènes de votre mère et de votre père, c’est comme si on vous ajoutait 20 ans face à la maladie »,.

« On ne sait pas toujours le rôle que joue chaque gène », reconnaît-il. Mais pour deux d’entre eux, il y a des hypothèses. L’un d’entre eux jouerait un rôle dans les défenses du corps face aux virus et on sait que les symptômes du Covid-19 peuvent être aggravés par une trop forte réaction du système immunitaire. L’autre gène a un lien direct avec la protéine qui sert de récepteur au Sars-Cov-2. « Ensemble, ils peuvent former un cocktail particulièrement explosif dans le cas du coronavirus », estime-t-il .

Luis Quintana-Murci, un chercheur du Collège de France, appelle d’ailleurs à « néandertaliser des cellules humaines pour étudier les effets fonctionnels » de cette séquence ADN. En d’autres termes, il veut reproduire en laboratoire ce fragment du génome pour mieux comprendre ce qui se passe lorsqu’il rentre en contact avec le Sars-Cov-2.

Cette recherche ne nous paraît pas hors de portée du Collège de France ou de ses tutelles. Elle sera d’autant plus nécessaire qu’avec le degel du permafrost arctique des centaines de virus vieux de millions d’années et actuellement inhibés par le froid se réveilleront.

Référence

https://www.covid19hg.org/fr/blog/2020-09-24-freeze-3-results/


The major genetic risk factor for severe COVID-19 is inherited from Neanderthals

Nature volume587, pages 610–612 (2020)

Abstract

A recent genetic association study identified a gene cluster on chromosome 3 as a risk locus for respiratory failure after infection with severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-CoV-2). A separate study (COVID-19 Host Genetics Initiative) comprising 3,199 hospitalized patients with coronavirus disease 2019 (COVID-19) and control individuals showed that this cluster is the major genetic risk factor for severe symptoms after SARS-CoV-2 infection and hospitalization. Here we show that the risk is conferred by a genomic segment of around 50 kilobases in size that is inherited from Neanderthals and is carried by around 50% of people in south Asia and around 16% of people in Europe.

Sur ce sujet voir aussi

https://www.france24.com/fr/asie-pacifique/20221020-une-photo-de-famille-de-n%C3%A9andertaliens-d%C3%A9voil%C3%A9e-par-la-g%C3%A9n%C3%A9tique

20/10/22 Surprise. Surprise. L’armée russe utilise des drones iraniens

Par quel miracle les services de renseignement militaires occidentaux ont-ils découvert si tardivement les drones kamikazes iraniens utilisés par l’armée russe contre des cibles militaires et civiles ukrainiennes.

On lit dans FranceInfo du 05/10/2022

Depuis trois semaines, les Shahed-136, des drones kamikazes, sèment la peur dans le sud de l’Ukraine. Une frappe a touché un objectif militaire, mercredi, dans une ville proche de la capitale Kiev. Certains bâtiments de Bil Tservka étaient encore en flammes au petit matin, mercredi 5 octobre. Cette petite ville à 80 kilomètres au sud de Kiev porte les stigmates d’une frappe russe, qui a fait au moins un blessé. Cette attaque, qui a ciblé la 72e brigade mécanisée, selon les autorités ukrainiennes, a été menée à l’aide de drones de fabrication iranienne, des Shahed-136. La même nuit, Kiev dit avoir neutralisé six autres appareils kamikazes du même modèle, dans la région de Mykholaïv.

Celle-ci a déjà été visée, trois jours plus tôt, par ces drones et plusieurs attaques similaires ont récemment été signalées dans la région de Kryvyï Rih et aux environs d’Odessa, ville jusqu’ici relativement épargnée, car hors de portée de l’artillerie russe. Depuis trois semaines, des drones Shahed-136 sont déployés à grande échelle par l’armée russe et les documents attestant l’emploi de ces armes à longue portée se multiplient

.Les premières inquiétudes sont nées le 13 septembre, quand l’armée ukrainienne a diffusé les images d’un drone à longue portée, présenté comme un Shahed-136 en raison de « l’apparence des ailes ». Un mois plus tôt, un premier test avait été mené par la Russie contre un obusier américain, selon Rodio Koulaguine, un officier ukrainien interrogé par le Wall Street Journal .

Ces drones ont été rebaptisées « Geran-2 » (« Géranium »), mais il s’agit, en réalité, de Shahed-136 (« Martyr-136 », en farsi). Ils mesurent 3,5 mètres d’envergure pour 200 kg et peuvent être équipé d’une ogive de 40 kg. « Ces drones atteignent [leur] cible par coordonnées GPS, entrées avant  décollage », Leur « principal défaut, c’est qu’ils ne peuvent frapper que des cibles fixes ».

« Ils font beaucoup de bruit, comme une tronçonneuse ou un scooter » et leur efficacité est « très basse », assurait Natalia Goumeniouk, porte-parole du commandement militaire ukrainien, interrogée par l’AFP fin septembre. Leur effet, essentiellement, est d’exercer une « pression psychologique sur la population ». Elle reconnaissait, en revanche, que ces appareils « sont très difficiles à détecter car ils volent très bas ». Ces drones sont lancés en « grappes », a précisé mercredi le porte-parole des forces aériennes ukrainiennes, Yuriy Ignat. Les signaux radars qu’ils provoquent peuvent alors être interprétés comme une cible unique.

« Avec l’aide d’un autre drone qui observe et cible, les Shahed-136 fonctionnent comme des missiles guidés », expliquait récemment au Figaro Igor Delanoë, directeur adjoint de l’observatoire franco-russe à Moscou. Pour cela, il peut être appuyé par un autre drone de reconnaissance et de ciblage, comme le Mohajer-6, lui aussi de fabrication iranienne. En août, le renseignement américain, cité notamment par Politico avait également observé des mouvements d’aviation russe sur un aérodrome iranien. En jeu : des drones Mohajer-6, Shahed-129 et Shahed-191, dédiés à la reconnaissance, l’identification d’objectif et aux frappes ciblées.

Combien de ces drones Shahed-136 l’armée russe possède-t-elle ? Peut-être des centaines, selon Yuriy Ignat. Les forces ukrainiennes doivent donc trouver une parade en urgence. Il y a dix jours, cette question a fait l’objet d’une réunion entre le président Volodymyr Zelensky et plusieurs responsables, selon l’agence Reuters

Toutes les unités ne possèdent pas de fusils anti-drones, de brouilleurs d’onde et autres systèmes de défense aérienne. Certaines doivent improviser des systèmes artisanaux, avec des mitraillettes équipées sur des véhicules. Et avec de faibles garanties d’efficacité.

Kiev veut également réagir sur le terrain diplomatique, en réclamant des comptes à Téhéran. Le ministère des Affaires étrangères a dénoncé des livraisons, « en contradiction avec la position de neutralité affichée publiquement par les hauts responsables iraniens ». L’accréditation de l’ambassadeur a été supprimée fin septembre, malgré les dénégations de l’Iran. La présence diplomatique iranienne a été réduite en Ukraine. Disons que cela n’empêchera pas les ayatollahs de dormir ?

Aujourd’hui, beaucoup de ces drones sont utilisés pour détruire le réseau électrique. Il s’agit, à l’approche de l ‘hiver, de « disjoncter tout un pays » selon l’expression utilisée par les services de communication russes.

20/10/22 Pourquoi la planète Mars est-elle invivable pour l’homme ?

20/19/22 Pourquoi la planète Mars est-elle invivable pour l’homme ?

La question est posée dans la perspective d’une présence durable d’explorateurs humains sur Mars. Dans ce cas les futures missions devraient apporter de la Terre tout ce qui leur serait nécessaire. Ce qui est envisageable concernant la Lune cesse de l’être du fait de la distance entre les deux planètes Mars et la Terre, soit environ 56 millions de kilomètres lorsque Mars est à son périgée (moment auquel Mars est au plus proche de la Terre) 

Rappelons que la recherche de la vie sur Mars est l’objet principal des missions terrestres actuelles; la dernière en date étant la mission Curiosity de la Nasa. Aujourd’hui les astrobiologistes se demandent si la présence de bactéries dites méthanogénes sur Mars il y a environ 4 milliards d’années, bactéries analogues à celles ayant contribué au développement de la vie sur la Terre n’a pas au contraire rendu Mars désertique et donc invivable.

Référence

Early Mars habitability and global cooling by H2-based methanogens
Nature Astronomy (2022)Published: 10 October 2022

Abstract

During the Noachian, Mars’ crust may have provided a favourable environment for microbial life The porous brine-saturated regolith would have created a physical space sheltered from ultraviolet and cosmic radiation and provided a solvent, whereas the below-ground temperature and diffusion of a dense, reduced atmosphere may have supported simple microbial organisms that consumed H2 and CO2 as energy and carbon sources and produced methane as a waste. On Earth, hydrogenotrophic methanogenesis was among the earliest metabolisms, but its viability on early Mars has never been quantitatively evaluated. Here we present a probabilistic assessment of Mars’ Noachian habitability to H2-based methanogens and quantify their biological feedback on Mars’ atmosphere and climate. We find that subsurface habitability was very likely, and limited mainly by the extent of surface ice coverage. Biomass productivity could have been as high as in the early Earth’s ocean. However, the predicted atmospheric composition shift caused by methanogenesis would have triggered a global cooling event, ending potential early warm conditions, compromising surface habitability and forcing the biosphere deep into the Martian crust. Spatial projections of our predictions point to lowland sites at low-to-medium latitudes as good candidates to uncover traces of this early life at or near the surface.

Pour en savoir plus

https://theconversation.com/mars-et-shttps://theconversation.com/mars-et-si-cetait-la-vie-qui-avait-rendu-la-planete-inhabitable-192279

19/10/22 D’ou proviennent les micro-organismes primordiaux terrestres ?

.Ce terme de micro-organismes primordiaux est parfois utilisé pour désigner les premières formes de vie microbienne ou virale apparues sur Terre . Les micro-organismes actuels étant très nombreux, présents partout dans le monde, très diversifiés, très adaptatifs, les questions de savoir s’ils provenaient d’un ancêtre commun et dans ce cas d’où provenait cet ancêtre commun, se sont très vite posées.

À ce jour, les plus anciennes traces de vie sur Terre remonteraient à 3,8 milliards d’années, comme semblent l’indiquer des restes fossilisés retrouvés dans des roches sédimentaires anciennes. Il s’agit de stromatolithes fossilisés produits par des colonies de  bactéries qui seraient les premières traces de vie sur Terre, il y a 3,48 milliards d’années. La vie était alors exclusivement aquatique et le restera pendant près de 3,4 milliards d’années. Les bactérie ayant participé à l’élaboration de ces organismes étaient nécessairement marines et plus anciennes.

 Une étude de septembre 2019 (cf. ci-dessous) fait état de nouvelles preuves de l’origine biogénique (biologique) de stromatolites qui présentent des inclusions de matière organique azotée et des filaments de matière organique. Ils ont été recueillis sur la côte australienne, dans la formation de Dresse et sont âgées de plus de 3,4 milliards d’années.

Ceci signifie que ces êtres vivants dont les traces ont été détectées pouvaient se passer d’oxygène et utilisaient probablement, comme source d’énergie le soufre. Précisons que les stromatolites dites fossiles sont des structures sédimentaires créées par des colonies de bactéries procaryote. Celles-ci n’ont pas subsisté (elles n’ont pas été fossilisées), seul demeure le résultat de leur  activité métabolique.

Des structures présentées comme des micro-organismes unicellulaires fossilisés vieux d’au moins 3,77 milliards d’années, prenant la forme de tubes et de filaments microscopiques, ont été découvertes au Canada dans la « ceinture de roches vertes de Nuvvuagittuq » (au Québec). Selon l’étude parue dans la revue Nature en mars 2017 https://www.nature.com/articles/nature21377 , il s’agirait de microfossiles constitués d’assemblages de cellules individuelles, dont les formes sont comparables à celles des micro-organismes actuels présents au fond des océans, à proximité des sources hydrothermales –

Les roches de Nuvvuagittuq datant de 3,77 à 4,28 milliards d’années, certains chercheurs n’excluent pas que ces micro-fossiles de bactéries aient eux aussi un âge de 4,28 milliards d’années. Ceci suggèrerait « une émergence presque instantanée de la vie » après la formation de l’océan il y a 4,41 milliards d’années. Cependant selon d’autres spécialistes ces structures canadiennes pourraient avoir une origine volcanique et non biologique.
https://www.nature.com/articles/nature21377

La question de savoir comment ces micro-organismes primordiaux sont apparus sur Terre n’est toujours pas résolue.

17/10/22 Détection d’un TDE anormalement rapide

En cosmologie, on nomme TDE un   tidal disruption event ( TDE) un phénomène astronomique transitoire qui se produit lorsqu’une étoile traverse le rayon de Roche d’un trou noir (moins de 300 millions de masses solaires, sous la limite de Hills) et se rapproche suffisamment de l’horizon des événements pour être déformée puis déchirée par les forces de marée du trou noir

« C’est comme si ce trou noir s’était mis à éjecter brusquement un tas de matière provenant de l’étoile qu’il a absorbé il y a des années », explique Cendes, l’un des chercheurs. Non seulement cet écoulement de matière est incroyablement tardif, mais il s’avère aussi beaucoup plus rapide que la normale : l’équipe a calculé que la matière se déplaçait à une vitesse équivalente à 50% de celle de la lumière — alors que les flux sortants des TDE se déplacent habituellement à environ 10% de la vitesse de la lumière !

L’équipe ne sait pas encore pourquoi cet écoulement de matière a été retardé de plusieurs années, mais évoque plusieurs explications possibles. Cette activité retardée soudaine pourrait tout d’abord résulter d’un changement d’état du disque d’accrétion. Une autre explication serait que le champ magnétique d’origine de l’étoile engloutie ne devait pas contenir un champ magnétique suffisamment puissant pour alimenter un jet relativiste ; le champ magnétique requis n’aurait été généré qu’ultérieurement, via une source alternative.

Enfin, il est possible que le jet relativiste ait été présent dès le début du TDE, mais n’ait pas été capable de traverser le nuage de gaz et de débris, particulièrement dense au début du phénomène.

Référence

https://iopscience.iop.org/article/10.3847/1538-4357/ac88d0

Mildly Relativistic Outflow Launched Two Years after Disruption in Tidal Disruption Event AT2018hyz

Y. Cendes1, E. Berger1, K. D. Alexander2, S. Gomez3, A. Hajela2, R. Chornock4, T. Laskar5, R. Margutti4, B. Metzger6,7, M. F. Bietenholz8

Published 2022 October 11 • © 2022. The Author(s). Published by the American Astronomical Society.
The Astrophysical JournalVolume 938Number 1

Abstract

We present late-time radio/millimeter (as well as optical/UV and X-ray) detections of tidal disruption event (TDE) AT2018hyz, spanning 970–1300 d after optical discovery. In conjunction with earlier deeper limits, including those at ≈700 days, our observations reveal rapidly rising emission at 0.8–240 GHz, steeper than  ∝ t5 relative to the time of optical discovery. Such a steep rise cannot be explained in any reasonable scenario of an outflow launched at the time of disruption (e.g., off-axis jet, sudden increase in the ambient density), and instead points to a delayed launch. Our multifrequency data allow us to directly determine the radius and energy of the radio-emitting outflow, and we find from our modeling that the outflow was launched ≈750 days after optical discovery. The outflow velocity is mildly relativistic, with β ≈ 0.25 and ≈0.6 for a spherical geometry and a 10° jet geometry, respectively, and the minimum kinetic energy is EK ≈ 5.8 × 1049 and ≈6.3 × 1049 erg, respectively. This is the first definitive evidence for the production of a delayed mildly relativistic outflow in a TDE; a comparison to the recently published radio light curve of ASASSN-15oi suggests that the final rebrightening observed in that event (at a single frequency and time) may be due to a similar outflow with a comparable velocity and energy. Finally, we note that the energy and velocity of the delayed outflow in AT2018hyz are intermediate between those of past nonrelativistic TDEs (e.g., ASASSN-14li, AT2019dsg) and the relativistic TDE Sw J1644+57. We suggest that such delayed outflows may be common in TDEs.

17/10/2022 Affaire Dupond Moretti

Le présent site participe à un réseau social sur lequel s’échangent des points de vue, excusez du peu, sur la politique nationale et internationale de la France. D’une façon générale, les auteurs de ces points de vue avaient salué de leur modeste place les choix politiques faits par le Président de la République, concernant notamment les relations des pays européens avec la Russie dans le conflit ukrainien.

Depuis ces dernières heures cependant beaucoup des échanges portent sur ce qu’il est convenu d’appeler l’Affaire Dupont-Moretti.  Les auteurs s’interrogent sur les raisons suspectes pour lesquelles Emmanuel Macron avait pu nommer ce dangereux agitateur Garde des Sceaux et surtout pourquoi aujourd’hui, alors que ce dernier est mis en examen, il ne lui demande pas de démissionner au plus vite.

Inutile d’ajouter ici que nos correspondants se posent la même question

Références

https://www.liberation.fr/societe/police-justice/dupond-moretti-devant-la-cjr-une-crise-institutionnelle-sans-precedent-pour-les-syndicats-de-magistrats-20221003_AUVW4GUIHBC4RBTWZH3IE5BKBA/

https://www.lemonde.fr/politique/live/2022/10/03/affaire-dupond-moretti-posez-vos-questions-a-notre-journaliste-apres-l-annonce-d-un-renvoi-en-proces-du-ministre-pour-prises-illegales-d-interets_6144195_823448.html

16/10/2022.Coopération scientifique entre la Chine et la France

La coopération russo chinoire est très importante. Dans l’après-midi du 30 novembre 2021, le Premier ministre Li Keqiang avait coprésidé la 26e réunion régulière entre les chefs de gouvernement chinois et russe avec le Premier ministre russe Mikhail Mishustin par liaison vidéo au Grand Palais du Peuple.

Le vice-Premier ministre et président de la partie chinoise du Comité de coopération sur l’investissement sino-russe et du Comité de coopération énergétique sino-russe, Han Zheng, était présent.

Li Keqiang a affirmé que la Chine et la Russie étaient le plus grand voisin et partenaire mondial de l’autre, s’offrant mutuellement des opportunités de développement

Ceci est probable. Notons seulement que Li Kegiang a oublié la coopération franco-chinoise

Ces derniers mois, les commentateurs politiques européens avaient fini par se persuader que face à ce que l’on nomme désormais l’Occident (États-Unis et Europe), la Russie et la Chine avaient trop d’intérêts divergents pour s’allier afin de constituer un adversaire représentant une menace militaire unique. Dans cette optique, si Vladimir Poutine considérait l’Occident dans son ensemble comme l’adversaire à abattre, la Chine avait trop d’intérêts en Europe pour se faire de cette partie du monde un ennemi commun et définitif.

Ainsi selon les circonstance, la Chine pourra continuer à s’allier avec des partenaires occidentaux pour conduire des programmes de coopération. Il en est ainsi dans les domaines de la recherche scientifique.

Ces dernières années, concernant la France, les relations scientifiques entre la France et la Chine ont connu une véritable croissance, avec une augmentation des échanges de chercheurs et d’étudiants, et le développement de relations privilégiées dans le domaine de la santé notamment. On a reproché aux Chinois de procéder à de véritables opérations d’espionnage industriels, mais il a été remédié à cela. Par ailleurs, de plus en plus d’industriels français développent des capacités importantes de R&D en Chine

De son côté la Chine compte sur les européens et notamment les français pour l’aider à développer son grand programme de coopération économique dit des Nouvelles Routes de la Soie. Le ministère dit MoST coordonne la coopération dans le cadre de la commission mixte scientifique et technologique, avec les ministères français des affaires étrangères et de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cette commission se réunit tous les deux ans pour définir les priorités.

Le MoST gère également le Programme de recherche avancée (PRA) qui a permis, depuis son démarrage en 1992, le lancement de près de 350 projets conjoints franco-chinois. Ce programme a favorisé la création d’un véritable réseau franco-chinois, qui implique chaque année plus de 400 chercheurs, et la mise en oeuvre du Collège doctoral franco-chinois, essentiel pour la coopération universitaire bilatérale.

· L’Académie des sciences de Chine (CAS) a, quant à elle, des accords de coopération avec plus de 70 institutions étrangères. Pour ce qui concerne la France, des accords ont été conclus notamment avec le CNRS, le CEA, l’INSERM, l’INRA, l’INRIA et l’Académie des sciences.

Les principaux laboratoires conjoints de la France avec la CAS sont les suivants :

– le laboratoire franco-chinois de recherche en informatique, automatique et mathématiques appliquées (LIAMA). Créé en 1997, ce laboratoire a beaucoup contribué au développement des coopérations avec la Chine dans le domaine des sciences et technologies de l’information et de la communication. Ses thèmes de recherche concernent notamment l’image, la vision et les sciences de la vie. Ses objectifs consistent à cibler un nombre limité de priorités et de projets, développer un laboratoire actif de renom scientifique international et obtenir du Gouvernement chinois le label « laboratoire clé d’Etat » ;

– le laboratoire franco-chinois sur la catalyse (LFCC), créé en 2000 par le CNRS et la société Total avec la Dalian Institute of Chemical Physics.

– par ailleurs, fin 2005, l’INRA et la CAS ont signé un accord pour la création d’un nouveau laboratoire conjoint sur les cellules embryonnaires des mammifères (le LABIOCEM). Des recherches communes seront ainsi développées dans le domaine de la transgénèse animale et des cellules souches. Cet accord est le fruit d’une coopération ancienne, qui a conduit, en 2003, au clonage du rat par des équipes franco-chinoises.

– enfin, l’Institut Pasteur de Shanghai – Académie des sciences de Chine résulte de la collaboration entre la France et la CAS. Cet Institut a été, inauguré en 2004. Ses domaines de recherche concernent les maladies infectieuses, en particulier dans les domaines de la virologie, l’immunologie, l’épidémiologie et la vaccinologie, ainsi que l’exploration des principes actifs de la médecine traditionnelle chinoise.

L’institut s’appuie sur l’expérience reconnue de l’Institut Pasteur dans les domaines de la recherche biomédicale, de la santé publique et de l’enseignement, l’accent étant mis sur la réponse aux besoins exprimés par la Chine dans le domaine des maladies endémiques et émergentes dont le COVID.

Dans le domaine de la défense, la Chine a des projets très avancés, cencernant tant les missiles que les lance-missiles furtifs .Elle a des contacts avec la France. Nous n’en parlerons pas ici.ahttps://www.fmprc.gov.cn/fra/gjhdq/xo/1706/1708/202112/t20211202_10461116.html#:~:text=La%20Russie%20est%20pr%C3%AAte%20%C3%A0,%2C%20l’aviation%2C%20l‘.

Enfin le programme chinois d’exploration lunaire connu sous le nom de Programme Chang’e, mené par la CNSA, l’agence spatiale chinoise, a pour but l’étude et l’exploration de la Lune par des robots, puis, à l’horizon 2025-2030, par des missions spatiales habitées. Ce programme s’est concrétisé, jusqu’en 2019, par le lancement grâce à des fusées Longue Marche de trois sondes spatiales Chang’e ‘depuis 2007, l’atterrissage d’un robot explorateur en 2013 et la mission Chang’e 4, qui est la première mission humaine à se poser sur la face cachée de la Lune.

Ce programme permet à la Chine de développer et de maîtriser des technologies clés dans le domaine astronautique telles que le contrôle de trajectoire orbitale, le contrôle d’attitude ou les communications longue-portée. Là encore, des contacts se font avec la France.

15/10/2022 L’Europe peut-elle « anéantir l’armée russe »?

Depuis plusieurs semaines, un certain nombre d’experts laissent entendre que les états-majors occidentaux travaillent surtout à une réponse militaire conventionnelle massive si la Russie s’aventurait à employer l’arme nucléaire (en Ukraine). Une posture sur laquelle s’est officiellement aligné le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, déclarant le jeudi 13 octobre. « Toute attaque nucléaire contre l’Ukraine entraînera une réponse, pas une réponse nucléaire, mais une réponse militaire si puissante que l’armée russe serait anéantie»,.

Cf Le Monde du 13 octobre https://www.lemonde.fr/international/article/2022/10/14/emmanuel-macron-seme-le-doute-sur-la-position-francaise-en-cas-d-attaque-nucleaire-russe-sur-l-ukraine_6145786_3210.html

Il paraît difficile de prendre au sérieux l’hypothèse selon laquelle la Russie utiliserait des armes nucléaires de fiable puissance contre l’armée ukrainienne si elle n’arrivait pas à contenir les offensives de Volodymyr Zelinsky sur ses frontières du nord-ouest. Un haut gradé russe vient de balayer cette hypothèse lors d’une intervention à la TV, demandant au journaliste si il avait observé la façon dont soufflent les vents dominants (c’est-à-dire vers la Russie, qui recevrait l’essentiel des retombées radioactives).

A supposer cependant que l’état-major russe soit assez irresponsable pour envisager d’utiliser une arme atomique de faible puissance contre l’armée ukrainienne, que devrait faire la France dont les armées sont dotés d’armes atomiques. Réponse : rien pour le moment. Ces armes sont des missiles nucléaires balistiques intercontinentaux. Il serait impossible d’en menacer la Russie en réponse à l’utilisation d’armes nucléaires tactiques car leur emploi déclencherait une guerre nucléaire mondiale.

Mais les états-majors occidentaux disposent-ils des moyens militaires conventionnels suffisants pour décourager la Russie de l’emploi d’une arme nucléaire en Ukraine ? La réponse est évidemment négative. Les Etats-Unis qui sortent à grand frais des guerres qu’ils avaient déclenchées au Moyen Orient n’ont manifestement aucune intention de se battre contre les Russes avec des moyens conventionnels et à fortiori avec des moyens nucléaires ou biologiques à propos de l’Ukraine. Pour le moment, le complexe militaro-industriel se satisfait des 25 milliards d’aide à l’Ukraine, dont il bénéficie pour l’essentiel.

Quant aux Européens, hormis dans une certaine mesure et pour quelques semaines la France, ils seraient incapables de monter contre la Russie, selon les termes de Joseph Borell, une réponse militaire si puissante que l’armée russe serait anéantie. Depuis trente ans, pour ne pas déplaire à Washington qui dirige de facto l’Otan, ils se refusent à parler de défense européenne., autre qu’américaine.

Durée de la coexistence entre homo sapiens et Néandertaliens

En France, mais également dans le nord de l’Espagne, ont été retrouvés de nombreux restes des Hommes de Néandertal. Cette espèce éteinte du genre Homo semble ainsi avoir coexisté aux côtés des Homo sapiens dont nous descendons directement. Mais pendant combien de temps exactement ?

Néandertal semble n’avoir été présent que sur le territoire européen. Il y serait apparu il y a 300 000 ans et aurait disparu pour des raisons encore inconnues il y a environ 40 000 ans. Cette chronologie suggère donc que sa présence en Europe aurait pu coïncider avec celle d’Homo sapiens durant une période relativement longue, de 5.000 à 6.000 ans.

Pour tenter de préciser la chronologie et les modalités de l’occupation du territoire français par ces deux espèces d’hommes, des chercheurs ont analysé un total de 56 objets retrouvés sur 17 sites archéologiques français et du nord de l’Espagne. Ces objets, façonnés soit par des hommes de Néandertal soit par des Homo sapiens, témoignent en effet de la présence à un temps donné de l’une ou l’autre des deux espèces dans cette région d’Europe. L’étude a été complétée par l’analyse de 10 spécimens néandertaliens. L’ensemble des échantillons a été daté par radiocarbone, une méthode qui permet d’obtenir des âges relativement précis pour ces périodes préhistoriques.

Publiés dans Scientific Reports, les résultats montrent que Néandertal serait apparu le premier dans la région, il y a environ 400.000 ans. Il en aurait disparu il y a environ 40.000 ans Ces âges correspondent à l’apparition d’objets typiquement néandertaliens. On trouve des traces de cette production jusqu’à une période datant de -39 894 à -39 798 ans, ce qui suggère la présence de cette espèce dans la région jusqu’à cette date. En parallèle, les objets typiquement associés à l’homme moderne apparaissent il y a 42 653 à 42 269 ans.

Ces données montrent qu’Homo sapiens et Néandertal se sont partagé le territoire français et du nord de l’Espagne durant une période allant de 1.400 à 2.900 ans. L’étude ne dit pas cependant comment les deux espèces ont pu interagir pendant tout ce temps.

Pour plus de détails voir
https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/prehistoire-dents-neandertal-temoignent-amours-supposes-homo-sapiens-854

Référence

Optimal linear estimation models predict 1400–2900 years of overlap between Homo sapiens and Neandertals prior to their disappearance from France and northern Spain

Abstract

Recent fossil discoveries suggest that Neandertals and Homo sapiens may have co-existed in Europe for as long as 5 to 6000 years. Yet, evidence for their contemporaneity at any regional scale remains highly elusive. In France and northern Spain, a region which features some of the latest directly-dated Neandertals in Europe, Protoaurignacian assemblages attributed to Homo sapiens appear to ‘replace’ Neandertal-associated Châtelperronian assemblages. Using the earliest and latest known occurrences as starting points, Bayesian modelling has provided indication that these occupations may in fact have been partly contemporaneous. The reality, however, is that we are unlikely to ever identify the ‘first’ or ‘last’ appearance of a species or cultural tradition in the archaeological and fossil record. Here, we use optimal linear estimation modelling to estimate the first appearance date of Homo sapiens and the extinction date of Neandertals in France and northern Spain by statistically inferring these ‘missing’ portions of the Protoaurignacian and Châtelperronian archaeological records. Additionally, we estimate the extinction date of Neandertals in this region using a dataset of directly-dated Neandertal fossil remains. Our total dataset consists of sixty-six modernly produced radiocarbon determinations which we recalibrated using the newest calibration curve (IntCal20) to produce updated age ranges. The results suggest that the onset of the Homo sapiens occupation of this region likely preceded the extinction of Neandertals and the Châtelperronian by up to 1400–2900 years. This reaffirms the Bayesian-derived duration of co-existence between these groups during the initial Upper Palaeolithic of this region using a novel independent method, and indicates that our understanding of the timing of these occupations may not be suffering from substantial gaps in the record. Whether or not this co-existence featured some form of direct interaction, however, remains to be resolved.

Scientific Reports volume 12, Article number: 15000 (2022) 

Abiogenesis: L’argument de l’Apocalypse (the Carter argument) reconsidéré

La présence de la vie sur d’autres planètes (abiogenèse) est-elle pratiquement nécessaire ? Autrement dit, comme le nombre de planètes dans l’univers présentant comme la Terre des conditions favorables à l’apparition et au développement de la vie est incalculablement grand, il serait impossible en pratique que l’abiogenèse n’existe que sur la Terre. Il ne s’agirait peut-être pas de vie rigoureusement semblable à ce qu’est la vie sur la Terre, mais elle en aurait les principales qualités. Partout il serait possible de distinguer le vivant du non vivant.

Mais sur le plan des preuves théoriques rien ne permet d’affirmer que de la vie existerait sur d’autres planètes. Une probabilité n’est pas une preuve au sens scientifique .

Daniel Whitmire Daniel P. Whitmire, dans l’article référencé ci-dessous, dont nous publions l’abstract, considère au contraire qu’observer l’abiogenèse sur la Terre n’est pas neutre concernant l’existence de vie sur d’autres planètes semblables à la Terre. La vie ne devrait pas y être un phénomène exceptionnel. C’est bien ce que pense la communauté des exobiologistes. C’est bien pourquoi aussi des sommes considérables sont dépensées pour l’organisation de missions spatiales sur le Lune ou sur Mars à la recherche de traces de vie dans le passé ou le présent de ces planètes..

Référence

Abiogenesis: the Carter argument reconsidered

Published online by Cambridge University Press:  23 September 2022
Daniel P. Whitmire

Abstract

The observation of life on Earth is commonly believed to be uninformative regarding the probability of abiogenesis on other Earth-like planets. This belief is based on the selection effect of our existence. We necessarily had to find ourselves on a planet where abiogenesis occurred, thus nothing can be inferred about the probability of abiogenesis from this observation alone. This argument was first formalized in a Bayesian framework by Brandon Carter. Though we definitely had to find ourselves on a planet where abiogenesis occurred, I argue here that
(1) the Carter conclusion is based on what is known as the ‘Old Evidence Problem’ in Bayesian Confirmation Theory and that
(2) taking this into account, the observation of life on Earth is not neutral but evidence that abiogenesis on Earth-like planets is relatively easy. I then give an independent timescale argument that quantifies the prior probabilities, leading to the inference that the timescale for abiogenesis is less than the planetary habitability timescale and therefore the occurrence of abiogenesis on Earth-like planets is not rare.

Current theories of abiogenesis (AB) vary in extremes from it being thermodynamically favoured (England Reference England2013) and therefore presumably nearly automatic given the same chemical and environmental conditions as existed on early Earth, to an occurrence of less than once in the history of the observable universe (Totani  Reference Totani2020).

Historically, the Principle of Mediocrity (along with evidence that life on Earth appeared relatively early) was used to argue that AB is likely given similar chemical and environmental conditions as early-Earth (e.g. Shklovskii and Sagan Reference Shklovskii and Sagan1966).

Subsequently, with the publication of Carter’s anthropic selection principle (Carter Reference Carter1974) and its importance in evolutionary biology (Carter Reference Carter1983; see also Crick Reference Crick1981) it was realized that the assumption that Earth is a random member of the reference class of all early-Earth-like planets was not justified, by virtue of our existence. We necessarily had to find ourselves on a planet where AB occurred.

It is a fact that we (and life on Earth) exist regardless of whether AB is easy or hard or something in between. If there were only a single example of life in the universe then it would necessarily be Earth. The Principle of Mediocrity is still useful but should be applied only after all relevant anthropic selection effects are taken into account (Whitmire Reference Whitmire2020).
For example, Earth is not a typical planet even in our own Solar System, but may be typical of planets that host intelligent observers.

Besides the selection effect of our existence, the occurrence of relatively early AB on Earth might be a selection effect due to the long evolutionary time required for an intelligent species to evolve after AB has occurred (Lineweaver and Davis Reference Lineweaver and Davis2003). A Bayesian analysis of whether early AB on Earth is evidence of AB being easy in general on other early-Earth-like planets has been addressed by Spiegel and Turner (Reference Spiegel and Turner2012; see also Kipping Reference Kipping2020).

Their analysis specifically takes into account the time required for the evolution of intelligent observers. They conclude that although there is some evidence in favour of easy AB it is not significant and that the posterior probability for easy AB depends almost entirely on the assumed prior; and that it is not possible to reject the hypothesis that Earth is the only location of intelligent life in the universe.