23/11/22 Entretien avec Maria Zakharova

Cet entretien a été réalisé à Moscou par le Journal Le Point, la veille du départ de la délégation russe pour le G20 de Bali.

Nous le republions ici car Le Point n’est accessible que sur abonnement . Observons que Le Point est le seul journal français qui ose affronter directement le Pentagone en bravant la censure qu’il exerce sur les médias européens.

Maria Zakharova, 46 ans, est depuis 2015 la porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie. Première femme à occuper ce poste au cœur du pouvoir, elle est connue pour son franc-parler et son infatigable détermination à développer et préciser la vision russe du monde, notamment sur sa chaîne Telegram.

La rencontre, sans interprète, a duré plus d’une heure dans une salle de réunion du ministère des Affaires étrangères, en plein centre de Moscou, la veille du départ de la délégation russe pour le G20 de Bali.

Rompue à l’exercice, Maria Zakharova a répondu avec verve, sans consulter les notes qui lui avaient été préparées par ses services. Classée par la BBC, il y a cinq ans, parmi les 100 femmes les plus influentes du monde, elle n’avait pas accordé d’interview à un média occidental depuis plusieurs mois. La traduction de ses propos, effectuée par Le Point, a été validée par le ministère.

Le Point : Qu’est-ce que l’Occident aurait selon vous « raté » dans ses relations avec la Russie ? Et plus particulièrement dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine ?

Maria Zakharova : Tout a commencé à la fin des années 1980 et au début des années 1990. À l’époque, on pouvait encore différencier l’Europe des États-Unis. Avant la dislocation de l’URSS, le monde était bipolaire. Quand les États membres du pacte de Varsovie ont commencé à le quitter – et ce processus a débuté avant la fin de l’URSS –, l’Europe aurait pu affirmer son indépendance. L’URSS était en faveur de l’union des deux Allemagne, les États-Unis étaient contre…

C’est là que l’Europe a commencé à saisir ce que ça signifiait d’être vraiment l’Europe unie, sans ligne de démarcation. Elle a commencé à s’unir. Là aussi, nous étions pour. Nous disions : nous sommes avec vous ! Unissons-nous, intégrons-nous ! Construisons un avenir ensemble ! Mais là, ça a été l’horreur : les États-Unis d’Amérique, les élites, « l’État profond », je ne sais pas vraiment, ont tout d’un coup compris que ça serait un cauchemar. Que si l’Europe s’unissait avec nous, avec nos ressources russes, ça leur ferait non  seulement de la concurrence, mais ça serait même la fin pour eux.

D’abord, ils se sont prononcés contre notre intégration, ont refusé le régime sans visa, ensuite, ils ont commencé le processus de rapprochement de leurs bases militaires, avec des contingents et du matériel, vers nos frontières. Puis ils ont accepté de nouveaux membres dans l’OTAN, mais surtout, ils ont créé ce narratif historique anti-russe.

Le Point : À quel moment cela a-t-il basculé ?

Maria Zakharova : Au début des années 2000, quand on a fini par comprendre de quoi il s’agissait, nous leur avons dit : eh, dites donc camarades, quel monde construit-on ? C’est nous qui nous sommes ouverts à l’Occident, et pas l’inverse ! L’Europe, elle, a poursuivi son intégration, notamment économique : création de l’euro, de Schengen ; et pour les États-Unis, ça a été un second choc : le dollar a cessé d’être la seule devise dominante. Or le dollar n’est sécurisé que sur sa propre dette, sur rien d’autre. Alors que l’euro, lui, est sécurisé par le niveau économique élevé d’une vingtaine de pays, sans compter les économies des pays de l’Europe orientale, de l’Europe centrale et du Nord… Pardon, mais c’est une économie puissante, et qui, en plus, à ce moment-là, se nourrissait du fort potentiel des ressources russes !

En face, la devise américaine, c’est une bulle de savon ! Là, ils ont compris qu’il fallait agir, non seulement envers nous, mais aussi envers l’Europe : ils ont commencé à saper nos liens énergétiques avec l’Ukraine qui est devenue le nœud central de cette politique. Les politiques ukrainiens se sont mis à s’écrier qu’on était très dangereux parce qu’on ne leur livrait pas notre gaz gratuitement, les Américains ont répondu aux Européens, mais achetez donc le nôtre ! Les Européens ont rétorqué : il est cher, si on achète plus cher, nos opinions publiques ne comprendront pas… Augmentez donc les impôts, ont-ils répondu ! Problème, parce que les impôts, c’est aussi le peuple, a répondu l’Europe. OK, d’accord, débrouillez-vous, voilà ce qu’on dit les Américains.

Donc, l’Ukraine, c’est juste un instrument, c’est tout ! L’Europe a deux bananes dans les oreilles.

Le Point : Donc, pour vous, cette situation n’est pas une nouveauté ?

Maria Zakharova : Quelle nouveauté ? Que l’Europe a les deux yeux fermés et deux bananes dans les oreilles ? Tout ça, c’est à cause de vos médias qui ne se sont jamais déplacés dans le Donbass pendant toute cette période, à l’exception de quelques-uns. Au moment de Pussy Riot ou de Navalny, en revanche, ils étaient tous là. Mais là-bas, quand des milliers de personnes mouraient, il n’y avait personne. Et savez-vous que depuis 2014, les Criméens n’ont pas eu droit à des visas Schengen ? Pourquoi ? Parce qu’ils auraient pu raconter la situation !

En revanche, il suffisait de venir en Crimée pour s’en rendre compte par soi-même. En 2016, on a organisé des voyages de presse en Crimée, on a demandé aux journalistes ce qu’ils voulaient voir et faire, on a dit OK à tout. Un Français a dit qu’il voulait aller sur la base navale de la flotte de la mer Noire. On a accepté. Mais quand on a lu son article, on n’en croyait pas nos yeux, une telle censure ! Son titre était quelque chose du genre « pour faire peur à l’Europe, la Russie a regroupé des journalistes et leur a montré la flotte de la mer Noire », et vous me demandez pourquoi l’Europe n’est au courant de rien ! Justement à cause de ce genre de journalistes !

Le Point : Depuis neuf mois, la Russie a-t-elle réussi à développer ses relations avec des pays en dehors de la sphère occidentale ?

Maria Zakharova : Nous ne nous impliquons pas dans des coups ou des renversements. Pendant toutes ces années, nous nous sommes vraiment efforcés de nous tourner vers l’Occident. Aujourd’hui, nous souhaitons avoir des relations harmonieuses et équilibrées avec tous ceux avec qui il est possible de construire des relations sur un pied d’égalité, mutuellement  respectueuses et bénéfiques. Une conception « multi vecteurs » avait commencé à être déployée dès l’arrivée de Primakov aux Affaires étrangères (Evgueni Primakov a été ministre des Affaires étrangères de 1996 à 1998 avant de devenir Premier ministre, NDLR). Avant lui, on n’avait d’yeux que pour l’Occident. Kozyrev (Andreï Kozyrev a été ministre des Affaires étrangères de 1990 à 1996, NDLR) avait même prononcé la phrase suivante : « Il est impossible pour la Russie d’avoir des intérêts qui différeraient de ceux des États-Unis » ! Oui, il l’a dit, et aujourd’hui il dit que Lavrov était bien avant, et qu’aujourd’hui, il est terrible…

Mais ce qui est terrible, c’est justement ce qui s’est passé avec Kozyrev, et pas avec Lavrov. Ceux qui ont dirigé la Russie dans ces années 1990 avaient même l’impression qu’ils pouvaient réduire le nombre d’ambassades russes dans le monde, et ils l’ont fait ! Ils ne payaient pas les salaires des fonctionnaires du ministère, ne les envoyaient plus en mission, etc. Primakov, lui, a insisté sur nos intérêts nationaux et sur la nécessité d’une diplomatie forte. Il a tout fait pour qu’on reçoive nos salaires et que nos ambassades ne manquent de rien. C’est depuis ce moment-là que la Russie a commencé à tisser des liens étroits en dehors de l’Occident. Et aujourd’hui, ces pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine sont justement ceux qui, contrairement aux exigences des USA, n’adoptent pas de position anti-russe. Et ils représentent la majorité des pays du monde !

L’armement que vous envoyez en Ukraine est déjà en train de se déverser en Europe sur le marché noir.

Le Point : L’Occident mène-t-il, selon vous, une politique anti-russe ?

Maria Zakharova : Ce n’est pas une position anti-russe, c’est une position antinationale vis-à-vis de vos propres peuples. Qu’avons-nous à voir là-dedans ? Bien sûr, nous aimerions être perçus normalement, objectivement et positivement, mais que peut-on y faire ? En premier lieu, c’est vous-même que vous détruisez ! Finalement, vous n’avez plus rien, vous ne disposez plus des ressources ni des possibilités que vous offraient les relations avec la Russie, et vous n’avez même plus la paix en Europe.

L’Ukraine flambe depuis 2014 dans le Donbass et personne ne s’en préoccupait. Vous n’arrivez même pas à comprendre que tout l’armement que vous envoyez en Ukraine est déjà en train de se déverser en Europe sur le marché noir. Vous savez pourquoi ? Parce que ce que vous pensez être la mafia « russe » n’a jamais été « russe », ce sont plutôt des gars de Moldavie et d’Ukraine. Vous avez toujours cru que tous ceux qui venaient de l’ex-URSS étaient des Russes, vous n’avez jamais fait la distinction. Vos ministères de l’Intérieur, vos forces policières et services de renseignements sont au courant, mais l’opinion publique en général ne le sait pas. Je vous félicite, après avoir reçu les « élites » d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, aujourd’hui vous avez remplacé tout ça par des gens qui viennent d’Ukraine, mais ce ne sont pas des gens qui veulent travailler ou étudier…

Le Point : Vous voulez dire, les réfugiés de guerre ?

Maria Zakharova : Oui, vous les appelez comme ça. Beaucoup souffrent de la situation humanitaire, c’est vrai, mais ce ne sont pas des gens qui apporteront leur part personnelle à la vie en Europe, ils vont juste en profiter !

Ils ont besoin d’allocations, de logements et ils utiliseront cette situation politique. Ils ont vu comment en profiter… Nous connaissons leur mentalité, vous non. Vos belles valeurs sur la tolérance ont perdu leur sens : on est passé à la complaisance. La tolérance n’est plus du tout le respect d’un avis différent ou la possibilité d’écouter quelqu’un qui n’a pas la même mentalité que vous, c’est devenu une complaisance vis-à-vis de tous ses actes d’une personne, bons ou mauvais. Du coup, c’est le chaos.

Le Point : Parleriez-vous ainsi si nous étions avant le début de la guerre, en février 2022 ?

Maria Zakharova : Bien sûr ! Ça fait des années qu’on le dit, au moins depuis 2014. Et souvenez-vous qu’en 2007, Vladimir Poutine était venu à la conférence de Munich. Il avait dit : « Réfléchissez bien, que voulez-vous de nous ? Que nous soyons ensemble ou pas ? Sachez que nous, on ne peut pas rester impassibles face à vos mensonges ! »

En 2015, sur la Syrie, Poutine déclare à l’Assemblée générale de l’ONU : « Si vous voyez, comme moi, que l’État islamique existe, il faut s’unir pour le contrer. Comme en 1941, quand nous avons tous raté Hitler justement parce que vous ne vous  étiez pas décidé à temps ! Unissons-nous et ensemble, nous vaincrons l’EI. » Une moitié du public s’est moquée, l’autre a hué… Poutine a dit OK, il est rentré à Moscou, et la semaine suivante nos avions partaient pour la Syrie.

Il avait raison, en tous points, même si, à l’époque, beaucoup nous ont menacés. Aujourd’hui, les mêmes pays nous remercient et nous disent qu’on les a sauvés ! Qu’est-ce que vous croyez ? Que ça se serait terminé comme ça avec la Syrie ? Pas du tout, « l’Occident collectif » aurait été ailleurs, là où il y a du gaz et du pétrole. Ils ne vont jamais là où règnent la pauvreté, les problèmes et la famine. Uniquement là où il y a des ressources.

Le Point : L’Occident ne se serait réveillé qu’à cause du conflit en Ukraine ?

Maria Zakharova : Qui s’est réveillé ? L’Occident ? Il dort d’un sommeil léthargique. Ce sont les États-Unis d’Amérique les plus actifs à ce jeu. L’Union européenne est un peu comme le Titanic, l’eau rentre par tous les côtés, mais l’orchestre continue à jouer !

Dès que la bataille est honnête, les Américains perdent.

Le Point : Les médias et dirigeants politiques occidentaux ont interprété le retrait des troupes russes de Kherson comme une défaite . Pouvez-vous convaincre qu’il en est autrement ?

Maria Zakharova : Nous n’avons aucune intention de convaincre quiconque de quoi que ce soit. L’époque où on essayait de convaincre est passée, c’est leur problème. À eux de voir comment ils vont prendre tout ça ! Certains dorment, ou nous sifflent, mais tous s’occupent de livraisons d’armes, et nous, on a déjà compris que la discussion sous ce format était inutile. On leur a couru après pendant huit ans, on a essayé d’obtenir, via les Occidentaux, que Kiev respecte les accords de Minsk. Pendant huit ans, les Occidentaux ne l’ont pas fait. Et on irait maintenant parler avec eux ?

Je comprendrais que vous n’avez pas pitié de nous, je comprends même que vous n’ayez pas pitié de l’Ukraine, mais enfin, vous n’avez même pas pitié de vous-mêmes, avec toutes ces armes que vous livrez, vous avez oublié tous les actes terroristes commis sur vos sols ? Vous en avez tous subi. Personne n’y prête attention, c’est devenu un problème de politique intérieure. En plus, à la tête des institutions politiques de certains de ces pays se tiennent des personnes liées aux États-Unis parce qu’elles y ont étudié, travaillé… Les États-Unis ne veulent qu’une chose : primo, dominer le monde et être les seuls qui contrôlent tous les processus ; deuzio : ne pas avoir de concurrents…

Or, dès que la bataille est honnête, ils perdent. Technologiquement, ils ont déjà perdu face à la Chine ; économiquement, financièrement et d’un point de vue civilisationnel, ils ont perdu face à l’Europe et au reste du monde ; du point de vue de leur complexe militaro-industriel, ils ont compris qu’ils étaient en retard. Pour ce qui est du cosmos, je suis ravie qu’on puisse y envoyer des stations spatiales, mais ça a été rendu possible grâce à nos fusées de lancement ! Tout ça n’est que de la com. En fait, les États-Unis ont tout perdu à cause de la crise de leur système fondé sur cette suprématie du dollar. Leur dette est gigantesque. Leur économie n’est pas réelle, elle n’est que virtuelle. Il vous faut des preuves ? Écoutez Trump ! Quand il parlait de « Make America Great Again » ça voulait dire qu’il fallait revenir à l’économie réelle !

Souvenez-vous comment le G20 a été créé, en 2008, au moment où le marché américain de l’immobilier avait éclaté, embarquant avec lui toutes les Bourses mondiales. C’était une crise mondiale mais artificielle, à cause  du système hypothécaire américain… Or, là, en 2008, ils avaient besoin de tout le monde pour réanimer le système économique mondial, de l’UE, du Brésil, des pays du Golfe, de la Russie, de la Chine. « Big Brother », pardon pour l’expression, avait fait dans sa culotte, il fallait que tout le monde aide… Ensuite, quand il s’est remis, « Big Brother » a commencé à se mêler de l’Irak, de la Libye, de l’Afghanistan, de la Syrie, et de l’Ukraine…

Le Point : Les relations russo-américaines étaient-elles plus faciles sous Trump que sous Biden ?

Maria Zakharova : Pas du tout, surtout quand, tous les jours, Trump était accusé d’avoir des liens spéciaux avec les Russes… Et qu’est-ce que ça veut dire « plus  facile » ?

Le Point : N’est-ce pas plus compliqué aujourd’hui, avec Biden ?

Maria Zakharova : Aujourd’hui, c’est plus marrant… Non, je plaisante, mais on se rend tous compte que ce qui se passe est absurde. Le scrutin qui a élu Biden en 2020 s’est déroulé de manière sauvage, pas honnête. Les Américains eux-mêmes le disent : lisez les sondages selon lesquels la population ne croit pas en ces résultats ! Et de quelle liberté d’expression parle-t-on quand on ferme le compte Twitter d’un président en exercice, rendez-vous compte, en exercice ! Uniquement parce que c’est le souhait des sphères libérales !

En 2016, Trump a gagné justement parce qu’il avait été capable de s’adresser directement à son public via les médias sociaux. Pendant ces 4 ans, il n’y a pas eu un seul jour où on ne l’accusait pas de liens avec la Russie, mais qu’avons-nous donc à voir là-dedans ? En revanche, nous avons bien vu comment certains dirigeants européens étaient liés, eux, à Hillary Clinton. François Hollande, par exemple, qui l’a félicitée avant même que les résultats soient proclamés, il voulait sans doute être le premier. Le problème est plutôt qu’on a accusé la Russie de soutenir Trump, même si aucun fait ne le prouve, alors que certains soutenaient ouvertement Hillary Clinton et là, c’est encore une fois deux poids, deux mesures. Ils pensent qu’ils ont le droit de le faire et pas nous. Ils expliquent que c’est parce que nous ne serions pas une « vraie » démocratie. Voilà, tout est dit. 

On leur demande : mais qui définit une « vraie » démocratie ? Nous, « l’Occident collectif », ils répondent. L’Iran ? Non, l’Iran n’est pas une démocratie, le Venezuela ? Non plus… En 2020, Mme Rodriguez, la vice-présidente du Venezuela, a prononcé une phrase géniale lors d’une visite ici à Moscou : « Savez-vous combien de scrutins électoraux nous avons organisés ? Pas un seul n’a plu aux États-Unis ! Pourquoi ? Parce que ce ne sont pas les élections qui les intéressent, mais leurs résultats ! » C’est ainsi : les Américains ne considèrent comme légitimes que les résultats électoraux qui leur conviennent.

Le Point : Le /Wall Street Journal /affirme que, ces dernières semaines, le Kremlin et l’administration présidentielle ont mené des discussions officielles concernant la menace nucléaire. Confirmez-vous ?

Maria Zakharova : Je ne sais pas à quels contacts en particulier vous faites allusion. En revanche, pour ce qui concerne notre position sur l’arme nucléaire, nous essayons de rassurer tout le monde. Nous avons publié une déclaration à ce propos sur le site du ministère des Affaires étrangères. Cessons ces spéculations, cessons d’en parler.

Le Point :  Mais si Vladimir Poutine en parle, les spéculations reprendront…

Maria Zakharova : En parle-t-il maintenant ? Non. C’est nous qui décidons ce qu’on a envie de dire, et vous, vous décidez ce que vous avez envie d’entendre. Nous continuerons à dire ce que nous avons envie de dire. Et pour ce qui est de poursuivre le dialogue, écoutez… Ici, Macron nous a tous fatigués.

Surtout quand on a appris que pendant ses coups de fil avec Moscou, il y avait une caméra derrière lui et que tout était enregistré pour un film (/Un président, l’Europe et la guerre/, 2022, NDLR). Avec qui on parle alors, et de quoi ? Cela fait huit ans qu’on a déjà discuté de tout et pour ce qui est de l’Ukraine, ce sont les États-Unis qui décident.

Rendez-vous compte que l’ambassadeur d’Ukraine en Allemagne a traité le chancelier Scholz de « saucisse offensée » (en mai 2022, NDLR), c’est comme s’il lui disait que son seul boulot était de continuer à donner de l’argent, des armes. Avec qui pourrait-on parler de l’Ukraine dans l’UE? Conseillez-moi. Peut-être avec Borrell ? Ou avec un Italien ? Ou avec l’Allemande Baerbock, spécialiste de l’écologie ? Avec qui parler, et de quoi ? Ils ne savent même pas de quoi ils parlent…

Le Point : Personne en Europe ne pourrait donc influencer la situation ?

Maria Zakharova : Ils le pourraient, s’ils admettaient que le centre des décisions se trouve à Washington qui prend des sanctions, établit des listes, livre des armes, dit qu’il faut accueillir des réfugiés, faire ceci, ou voter cela… Comment les Européens pourraient-ils admettre tout ça, alors qu’ils n’arrivent même pas à être indépendants, c’est-à-dire à agir par eux-mêmes ? Le plus triste, et je le dis sur un ton sarcastique, c’est que chaque État de l’UE pense qu’il est indépendant, en est convaincu, même s’ils sont incapables de dire en quoi ça consiste. Ils sont même  incapables de poser des questions tout doucement, par exemple, celle-ci : qui a fait exploser les gazoducs (Nord Stream, NDLR) au fond de la mer Baltique ? Ils n’ont même pas le droit de la poser. Pourtant, quand un certain Skripal avait été empoisonné (Sergueï Skripal est un agent russe devenu un agent double britannique, qui a survécu en 2018 à une tentative d’empoisonnement au Novitchok, NDLR), toute l’Europe en parlait… mais en quoi cela concernait-il la France, l’Italie, la Grande-Bretagne ? Ils ne savaient même pas ce qui s’était vraiment passé.

Alors que ce projet est celui d’une infrastructure nous concernant tous. Oui, c’est notre gaz et nos tubes, mais pour approvisionner l’Europe ! Il a été détruit et aucun chef d’État ou Premier ministre de l’UE n’ose poser cette question simple : qui a fait ça ? Et vous me parlez de politique indépendante européenne ! Le peuple, lui, est capable de se poser des questions, mais chez lui, pas publiquement. Dès que quelqu’un s’exprime là-dessus, les services spéciaux viennent le voir et l’accusent d’être un agent russe.

Le Point : Vous pensez que ce que vous dites là arrive en France ?

Maria Zakharova : Je ne le pense pas, je le sais…

Le Point : La russophobie existe-t-elle en France ?

Maria Zakharova : Les Français tentent d’y résister parce qu’ils lisent, regardent des films, vont au théâtre et qu’ils sont habitués à penser et réfléchir par eux-mêmes grâce à leur niveau de culture. Mais on essaie de la leur imposer d’en haut. Comme en Espagne, au Portugal et en Grèce.

Le Point : Vous évoquez souvent ce que vous qualifiez de « deux poids, deux mesures » entre la Russie et l’Occident, pouvez-vous expliquer ce que vous entendez par-là en rapport avec l’Ukraine ?

Maria Zakharova : Voici un exemple : en 2012, un groupe de jeunes femmes russes habillées en punk a fait irruption dans une cathédrale de Moscou. Elles s’appelaient les Pussy Riot. Elles ont bondi derrière l’autel, dansé sur fond d’icônes et d’objets saints, fait quelques déclarations et posté ce moment sur les médias sociaux. En Russie, le peuple et les structures de sécurité ont été épouvantés.

Cette cathédrale du Christ Sauveur est la plus grande sur le territoire de la Russie, elle a été complètement reconstruite après sa destruction par les communistes qui en avaient fait une piscine. Elle avait été érigée avec l’argent du peuple, d’abord au XIXe siècle pour célébrer notre victoire sur Napoléon en 1812, puis au XXe. Ces filles ont profané en quelques minutes tout ce en quoi les gens de notre pays croient ! Elles voulaient provoquer. Le monde libéral les a défendues et aussi Madonna, Sting, Red Hot Chili Peppers, etc. On nous disait : Comment osez-vous punir des jeunes femmes pour leurs actes civiques ? C’est de l’art !

Aujourd’hui, on voit qu’en différentes parties de l’Europe des activistes, du même âge qu’elles, pénètrent dans les musées et jettent une substance sur des œuvres. Ils protestent contre ce qu’ils estiment être un préjudice infligé à la nature par les industries. Leur but n’est pas de détruire l’œuvre d’art protégée par une vitre, mais d’attirer l’attention sur ce problème. Et que voit-on ?

Personne ne s’exprime en leur faveur. Ni l’Union européenne, ni le président des États-Unis, ni aucun diplomate ne les soutiennent, alors que chacun d’entre eux défend un programme environnemental et que dans tous ces pays, les démocrates considèrent l’écologie comme un thème central. Tout ça pour vous dire que des actions grotesques similaires n’aboutissent pas aux mêmes réactions.

Quand ça se passe en Russie, c’est critiqué, mais dès que ça touche l’Occident, ces personnes sont  considérées comme des hooligans ! Pourquoi ? J’aimerais bien le savoir ! Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Combien de jeunes ont terminé en prison pour avoir participé aux Gilets jaunes en France ou à des protestations en Amérique ? Des centaines, des milliers de gens partis à l’assaut du Capitole ont été pénalement condamnés. Mais dès que c’est chez nous, ça concerne immédiatement les États-Unis, Bruxelles, Paris, Rome, Madrid, Lisbonne ! J’ai envie de dire : eh, les amis, faudrait peut-être avoir les mêmes standards !

Pour ce qui est des élections, c’est la même chose. Aux États-Unis : personne ne comprend ce qui s’est vraiment passé. Des observateurs de l’OSCE se sont exprimés avec grande délicatesse sur les violations. Je le sais, j’ai attentivement lu leur conférence de presse. Alors que pour ces mêmes observateurs occidentaux, pas un seul scrutin ne s’est déroulé tranquillement chez nous. Chaque fois, c’était la même hystérie. Nous ne nous mêlons pas des élections aux États-Unis, alors qu’ils ne se mêlent pas des nôtres ! C’est un second exemple. Et au Venezuela ! Pour les Occidentaux, Maduro n’est pas président. OK mais qui est-ce alors ? Même si aujourd’hui, tout a changé, Macron l’a salué, et aussi Kerry qui, je le rappelle, représente un pays qui le recherche.

Le Point ? Et l’Ukraine ?

Maria Zakharova : En ce qui concerne l’Ukraine, tout a commencé quand les États-Unis, de concert avec l’Union européenne, Bruxelles, Berlin et Paris dans une moindre mesure, Varsovie et les pays Baltes ont commencé à se mêler des affaires internes de ce pays, et ils n’ont pas fait que ça : ils ont carrément modelé la situation sur place en dépensant de l’argent, en multipliant les soutiens politiques, en formant ceux qui, en 2014, avaient fomenté le coup d’État. En 2004, la Révolution orange, c’était quoi ? Le troisième tour des élections ? Alors que tout le monde voyait bien que Ianoukovitch (l’ex-président ukrainien pro-russe entre 2010 et 2014, NDLR) les avait gagnées. Tout le sud-est de l’Ukraine avait voté pour lui.

Donc ils ont conçu une Ukraine à leur main, ont été à la source d’un changement gouvernemental et ont transformé les problèmes énergétiques en facteur politique. Ce sont eux qui ont décidé comment l’Ukraine allait nous acheter de l’énergie et que ces tuyaux passeraient à travers leur territoire en transit. Ensuite, il est apparu qu’eux seuls avaient le droit d’agir ainsi, encore un double standard, et ça ne pouvait qu’exploser, car quand on met dehors à deux reprises un président élu, ça ne peut pas bien se passer. Ils l’ont viré comme un malpropre !

Le Point : Pouvez-vous expliciter le terme « Occident collectif » que vous avez utilisé la veille du départ de la délégation russe pour le G20 ?: 

C’est le fait que vous n’avez aucune politique extérieure individuelle !

À de nombreuses reprises, lors de conférences de presse, j’ai été témoin des questions posées par des journalistes à des ministres des Affaires étrangères des pays européens. Tous répondaient qu’ils n’avaient pas le droit de donner leur avis sur des questions internationales globales parce qu’ils suivent une politique collective au sein de l’UE et de l’OTAN. Donc ils ne peuvent que commenter que les relations bilatérales.

Vous êtes l’« Occident collectif » parce que vous êtes unis dans un système administratif de direction au sein de l’OTAN. Depuis les années 1990 et 2000, l’UE a cessé d’être une union politico-économique, elle est devenue une partie de l’OTAN, elle a cessé d’être autonome.

Pourtant, selon certains sondages, la population de tel ou tel pays européen ne soutient pas les sanctions anti-russe, et ce, non par amour pour la Russie, mais parce que ça leur rend la vie plus complexe, mais elle n’a aucun moyen de déléguer son opinion aux dirigeants. On sait très bien qui a pris le premier la décision des sanctions au lendemain de 2014, c’est Biden, alors vice-président, c’est lui qui a influencé la décision de l’UE, c’est de notoriété publique. C’est seulement après que les pays de l’UE ont décidé de nous sanctionner, alors, vous voyez bien ce qu’on veut dire avec l’idée de « l’Occident collectif » ! Il n’y a rien de répréhensible à prendre une décision de façon collective, nous
aussi sommes membres de structures collectives, mais il y a une différence fondamentale : nous décidons avec les autres sur un pied d’égalité.

Sur certaines questions pas vraiment cruciales, les Européens prennent des décisions de concert, mais dès que certains pays sont tentés de prendre des décisions qui leur seraient individuellement bénéfiques, mais qui diffèrent de ce qui est important pour la superstructure, ils sont punis. Regardez ce qui se passe en Pologne, et ça n’a rien à voir avec la Russie, elle a sa propre législation nationale sur la question du genre ou la question nationale, mais si ça ne plaît pas à Bruxelles, ils sont punis ! Et la Hongrie ! Comment on l’a traitée, comment on traite Orban ! Voilà : personne ne peut prendre ses propres décisions si elles ne coïncident pas avec les opinions de « Big Brother ».

Note du rééditeur.

Si, comme on peut le penser, Mme Zakharova considère les images concernant des tortures infligées par les Russes à des Ukrainiens comme des fakes news, il serait temps qu’elle le dise.

23/11/2022 Iter. Au moins 2 ans de retard .

Nous renvoyons le lecteur aux articles diffusés sur le site d’information Iter et les suivants à venir

https://www.iter.org/newsline/-/3818

Les lobbies du Charbon et des Renouvelables se réjouiront. Disons seulement que pour un projet de cette importance, il n’y a là rien d’anormal. Le Soleil a mis plus de temps pour s’allumer.

Voir aussi

https://siecledigital.fr/2022/09/12/le-reacteur-coreen-kstar-etablit-un-nouveau-record/

22/11/22 Charger des batteries électriques en un clin d’oeil

Depuis les batteries d’accumulateur des autocars électriques jusqu’aux brosses à dents portables, tous les équipements modernes auront besoin d’accéder pour rechargement à des sources d’électivité opérant aussi vite, sinon plus vite que les pompes à essence des autoroutes actuelles.

La technologie lithium-ion des accumulateurs modernes a presque atteint ses limites. Le peu d’autonomie et la rapidité d’usure de ces batteries pourront dans un futur proche devenir très problématiques, au fur et à mesure que la technologie globale évolue et que la demande en énergie s’accroît.

Dans ce domaine comme d’autres, la Physique quantique offre des solutions supérieures à celles de la physique ordinaire.

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Pour pouvoir satisfaire la croissante demande en énergie, de nombreux chercheurs ont misé sur des batteries quantiques. Ceux de l’Université d’Adélaïde ont basé leur théorie sur le principe d’enchevêtrement et d’intrication des molécules. Il s’agit d’un phénomène selon lequel deux objets quantiquement entrelacés partagent leurs propriétés quelle que soit la distance qui les sépare. La possibilité de recharger durablement et ultra-rapidement un appareil en énergie électrique grâce aux batteries quantiques ne serait plus une utopie.

Le concept a pour la première fois été prouvé expérimentalement en Australie et permet un pas de plus vers la conception de ces super-batteries. Des chercheurs de l’Université d’Adélaïde, dirigés par le Dr Quach, ont longuement étudié la théorie et ont compris que, grâce au phénomène de « superabsorption » qu’ils ont pu démontrer, plus une batterie quantique serait grande, plus elle se chargerait vite.

Grâce à ce phénomène, les molécules peuvent ainsi s’activer ensemble et engendrer cet effet de super-absorption. En théorie, plus elles sont ainsi liées et nombreuses, plus leur capacité est grande. Ce qui en fait un paradoxe, car plus la batterie serait grande, plus vite elle se chargerait. Cela constituerait un avantage inestimable dans une application commerciale à grande échelle.

«La superabsorption désigne un effet collectif quantique où les transitions entre les états des molécules interfèrent de manière constructive », explique le Dr Quach dans un communiqué. « L’interférence constructive se produit dans toutes sortes d’ondes (lumière, son, ondes aquatiques . Elle apparaît lorsque différentes ondes s’additionnent pour donner un effet plus important que l’une ou l’autre onde seule. Fondamentalement, cela permet aux molécules combinées d’absorber la lumière plus efficacement que si chaque molécule agissait individuellement ».

Jusqu’ici, la superabsorption n’avait encore jamais été prouvée sur des échelles suffisamment grandes pourenvisager la réalisation d’une batterie quantique proprement dite. Mais les chercheurs australiens ont réussi un exploit grâce à leur dispositif de test.

Dans une expérience, ils ont appliqué une couche active de molécules photoabsorbantes à l’intérieur d’une microcavité entre deux miroirs. Les molécules étaient composées d’un colorant appelé Lumogen-F Orange. Les miroirs, quant à eux, ont été conçus selon une méthode standard de fabrication de miroirs de haute qualité. Dans ce concept, on utilise des matériaux diélectriques (ici du dioxyde de silicium et du pentoxyde de niobium) pour créer un « réflecteur de Bragg distribué ». Grâce à ce principe, les molécules peuvent ainsi s’activer ensemble et engendrer un effet de super-absorption.

En théorie, plus elles sont ainsi liées et nombreuses, plus leur capacité est grande. Ce qui en fait un paradoxe, car plus la batterie est grande, plus vite elle se chargerait. Ce qui est certain, c’est que cela constituerait un avantage de taille dans une application à grande échelle.

« La superabsorption est un effet collectif quantique où les transitions entre les états des molécules interfèrent de manière constructive », explique le Dr Quach dans un communiqué. « L’interférence constructive se produit dans toutes sortes d’ondes (lumière, son, ondes sur l’eau) et se produit lorsque différentes ondes s’additionnent pour donner un effet plus important que l’une ou l’autre onde seule. Fondamentalement, cela permet aux molécules combinées d’absorber la lumière plus efficacement que si chaque molécule agissait individuellement ».

La batterie quantique pourrait servir dans de nombreuses applications et domaines. Prouver la théorie vers sa concrétisation est un pas de plus vers cet objectif. Elle devrait pouvoir un jour alimenter des voitures électriques à recharge ultrarapide (quelques secondes pour une recharge complète) ou encore servir pour le stockage d’énergie à flux fluctuants, par exemple issue de sources renouvelables (éolien, solaire…)

L’équipe a ensuite utilisé la spectroscopie d’absorption transitoire ultrarapide pour mesurer la façon dont les molécules stockaient l’énergie et à quelle vitesse l’ensemble de l’appareil se chargeait. Il a alors été démontré que plus la taille de la microcavité et le nombre de molécules augmentaient, plus le temps de charge diminuait. C’est la superabsorption.

Grâce à ce phénomène, les molécules peuvent ainsi s’activer ensemble et engendrer un effet de super-absorption. En théorie, plus elles sont ainsi liées et nombreuses, plus leur capacité est grande. Ce qui en fait un paradoxe, car plus la batterie est grande, plus vite elle se chargerait. Ce qui est certain, c’est que cela constituerait un avantage certain dans une application commerciale à grande échelle.

Mais le principal défi est cependant de combler le fossé entre un petit appareil de démonstration et l’exploitation des mêmes idées dans des systèmes industriels utilisables. Les prochaines étapes consisteront donc à étudier comment l’expérience pourrait être combinée avec d’autres moyens de stockage et de transfert d’énergie.

21/11/22. Faudra-t-il abandonner l’hypothèse de la matière noire ?

La matière noire, dite aussi matière sombre, est comme son nom l’indique, une forme de matière hypothétique jamais observée directement, au contraire de la matière ordinaire. Elle a l’intérêt, dans le cadre du modèle Lambsa CDM (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_%CE%9BCDM) de rendre compte de certaines observations astrophysiques, notamment les estimations de la masse des galaxies ou des amas de galaxies et les propriétés des fluctuations du fond diffus cosmologique. Wikipédia

Faudra-t-il cependant abandonner cette hypothèse ? Sans remettre en cause la théorie du Big Bang dans ses grandes lignes, il faudrait peut-être, par exemple, remplacer les effets des hypothétiques particules de matière noire par une modification des lois de la mécanique céleste de Newton, et finalement par une modification des lois de la théorie relativiste de la gravitation proposée par Einstein il y a un peu plus d’un siècle.

Mais par quoi les remplacer?

Nous publions ci-dessous les références et l’abstract d’une recherche et du rapport que vient de publier une équipe internationale d’astrophysiciens dirigée par le Dr Pavel Kroupa (https://astro.uni-bonn.de/~pavel/) de l’Université de Bonn. L’équipe a fait une découverte surprenante en analysant certains amas d’étoiles dits amas stellaires https://fr.wikipedia.org/wiki/Amas_stellaire). Il se trouve que ces amas stellaires affichent une asymétrie inattendue en matière de distribution d’étoiles ; or, ceci vérifie davantage la théorie de la dynamique newtonienne modifiée (théorie MOND) — qui s’impose comme une alternative au concept de matière noire — que la théorie de la gravité largement admise aujourd’hui.

Sur la Théorie MOND (Modified Newtonian Dynamics), on lira https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_MOND

Cette nouvelle étude repose sur l’existence d’amas d’étoiles dits « ouverts » — des amas de 4 à 5 parsecs en moyenne, de plusieurs dizaines à plusieurs milliers d’étoiles. Ces milliers d’étoiles naissent en peu de temps dans un énorme nuage de gaz principalement d’hydrogène et de poussières et sont liées entre elles par des forces gravitationnelles. Ces amas stellaires ne survivent généralement que quelques centaines de millions d’années avant de se dissoudre : certaines étoiles se déplacent plus lentement, d’autres plus vite que l’amas dans son ensemble, emportant avec elles une partie du nuage de gaz et de poussière.

On observe alors la formation de deux « queues de marée ». L’une de ces queues s’étend derrière l’amas lorsqu’il voyage dans l’espace, tandis que l’autre s’étend vers l’avant. Les lois de la gravité de Newton prédisent qu’une étoile a autant de chance de se trouver dans la queue avant que dans la queue arrière ; ainsi, les deux queues devraient en théorie contenir un nombre d’étoiles quasi similaire. Or, en observant cinq amas ouverts connus (les Hyades, Praesepe ou amas de la Ruche, la Chevelure de Bérénice, COIN-Gaia 13 et NGC 752), des chercheurs se sont aperçus que cela n’était pas le cas.

« Dans les amas que nous avons étudiés, la queue avant contient toujours beaucoup plus d’étoiles proches de l’amas que la queue arrière », a expliqué le Dr Jan Pflamm-Altenburg de l’Institut Helmholtz de radioprotection et de physique nucléaire. Il n’est pas particulièrement aisé de distinguer les étoiles qui appartiennent aux queues de l’amas lorsque ce dernier est entouré de millions d’étoiles ; cela nécessite d’évaluer la vitesse, la direction du mouvement et l’âge de chacun des objets.

La Dr Tereza Jerabkova, astronome à l’Observatoire européen austral et co-auteure de l’étude, a donc mis au point une méthode — la méthode Jerabkova-compact-convergent-point (CCP) — permettant de compter avec précision les étoiles situées dans les queues de marée. Grâce aux données collectées par le satellite Gaia de l’Agence spatiale européenne, ses collègues et elle ont pu cartographier les queues de quatre amas ouverts proches, âgés de 600 à 2000 millions d’années. C’est ainsi qu’ils ont découvert que les queues de tête contenaient toutes plus d’étoiles que les queues arrière, au moins dans un rayon de 150 années-lumiére du centre de l’amas.

En effectuant une série de simulations informatiques, l’équipe a constaté que cette asymétrie correspondait tout à fait aux prédictions de la théorie de la dynamique newtonienne modifiée (ou théorie MOND). « En simplifiant, on dira que selon MOND, les étoiles peuvent quitter un amas par deux queues de marée différentes, la queue de marée arrière et la queue de marée avant Cependant, la première est beaucoup plus étroite que la seconde, il est donc moins probable qu’une étoile quitte l’amas par cette porte. La théorie de la gravité de Newton, en revanche, prédit que les deux portes devraient avoir la même largeur », explique le professeur Pavel Kroupa, de l’Institut Helmholtz de physique des rayonnements et de physique nucléaire de l’Université de Bonn.

Non seulement les simulations coïncidaient parfaitement avec la distribution stellaire observée, mais elles ont fourni une explication à un autre phénomène : elles ont en effet permis de déterminer que la durée de vie des amas d’étoiles ouverts était nettement plus courte (de 20 à 50% plus courte) que celle à laquelle on pourrait s’attendre selon les lois de Newton. « Cela explique un mystère connu depuis longtemps. À savoir que les amas d’étoiles dans les galaxies proches semblent disparaître plus vite qu’ils ne le devraient », a déclaré Kroupa.

De nombreuses étoiles et galaxies se déplacent trop vite par rapport à leur masse ; ainsi, dès les années 1930, les scientifiques ont émis l’hypothèse que d’énormes quantités de matière invisible — décrites aujourd’hui comme de la matière noire — pouvaient être à l’origine de ce phénomène. Bien qu’aucune preuve directe n’ait jusqu’à présent permis de confirmer son existence, la matière noire constitue encore aujourd’hui une théorie largement acceptée.

La théorie MOND a été proposée au début des années 1980 comme alternative au concept de matière noire pour expliquer pourquoi les galaxies ne semblent pas obéir aux lois de la physique actuellement admises. Ce phénomène supposerait supposerait une modification de la loi de la gravitation universelle de Newton. A des accélérations (vitesse) extrêmement faibles les effets de la gravité sont plus forts que ne le suggèrent les lois de Newton. Si elle devait se vérifier, cela aurait évidemment des conséquences considérables pour d’autres domaines de la physique . Selon Kroupa, il faudrait complètement « réinventer la cosmologie ». C’est pourquoi davantage de preuves seront nécessaires.

L’hypothèse MOND pour sa part est encore très controversée, mais les auteurs explorent maintenant de nouvelles méthodes mathématiques pour des simulations encore plus précises. Elles pourraient ensuite être appliquées à d’autres observations et peut-être, apporter de nouvelles preuves en faveur de cette théorie alternative.

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Référence

[Submitted on 24 Oct 2022]

Asymmetrical tidal tails of open star clusters: stars crossing their cluster’s prah challenge Newtonian gravitation

Pavel Kroupa, Tereza Jerabkova, Ingo Thies, Jan Pflamm-Altenburg ….

arXiv:2210.13472  v1

After their birth a significant fraction of all stars pass through the tidal threshold (prah) of their cluster of origin into the classical tidal tails. The asymmetry between the number of stars in the leading and trailing tails tests gravitational theory. All five open clusters with tail data (Hyades, Praesepe, Coma Berenices, COIN-Gaia 13, NGC 752) have visibly more stars within dcl = 50 pc of their centre in their leading than their trailing tail. Using the Jerabkova-compact-convergent-point (CCP) method, the extended tails have been mapped out for four nearby 600-2000 Myr old open clusters to dcl>50 pc. These are on near-circular Galactocentric orbits, a formula for estimating the orbital eccentricity of an open cluster being derived. Applying the Phantom of Ramses code to this problem, in Newtonian gravitation the tails are near-symmetrical. In Milgromian dynamics (MOND) the asymmetry reaches the observed values for 50 < dcl/pc < 200, being maximal near peri-galacticon, and can slightly invert near apo-galacticon, and the Küpper epicyclic overdensities are asymmetrically spaced. Clusters on circular orbits develop orbital eccentricity due to the asymmetrical spill-out, therewith spinning up opposite to their orbital angular momentum. This positive dynamical feedback suggests Milgromian open clusters to demise rapidly as their orbital eccentricity keeps increasing. Future work is necessary to better delineate the tidal tails around open clusters of different ages and to develop a Milgromian direct n-body code.

https://arxiv.org/abs/2210.13472









20/11/22. Principaux Missiles balistiques intercontinentaux (ICBM)

A ce jour, l’observation astronomique des quelques 60 planètes extra-solaires visibles de la Terre et situé dans la zone dite habitable de leur propre système n’a pas révélé la présence de formes de vie telle que nous connaissons.

Pour se développer et laisser des structures visibles de l’espace, celle-ci demande quelques milliards d’années. Faut-il en conclure que ces planètes n’ont jamais connues de vie et moins encore de civilisations semblables à celles qui peuplent la Terre. Sans doute pas?

Aujourd’hui une conclusion plus tentantes est que ces planètes ont hébergé des civilisations avancées mais que celles-ci se sont auto-détruites dans des guerres faisant appel à des armes telles que nos ICBM dotés de plusieurs têtes nucléaires.

Nous avons rassemblé ci-dessous quelques informations concernant ces armes et les pays en disposant et apparemments disposés à les utiliser à la première occasion (bien avant la fin du présent siècle)

1 Russie. “Satan 2” : un missile d’une portée de 10 000 km Réputé extrêmement dévastateur, ce missile intercontinental est la pièce maîtresse de l’arsenal nucléaire de la Russie. Il aurait la capacité de raser un pays équivalent à la moitié de la France en quelques instants seulement.

Parmi les armes que la Russie affirme avoir à sa disposition, le “Satan 2” est de loin la plus puissante. Son vrai nom est RS-28 Sarmat, “Satan 2” étant un surnom donné par l’Otan en référence à la précédente génération de missiles, les “Satan”.

2 USA  Prompt Global Strike (PGS), ou « frappe planétaire rapide ». Il s’agit d’un programme  lancé au début des années 2000 qui a pour but d’atteindre n’importe quelle cible sur la planète, et ceci en moins d’une heure, . Un tel système permettrait aux États-Unis de répondre bien plus rapidement qu’actuellement à des menaces soudaines.

 La PGS serait aussi utile en remplaçant l’arme nucléaire conventionnelle sur presque 30 % des cibles. Le programme englobe de nombreuses technologies acquises et en développement, dont les missiles conventionnels lancés depuis les airs et la surface de la mer et les missiles hypersoniques lancés depuis les profondeurs océaniques.

4 France. Le missile M51 est un missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) français dont l’ogive peut contenir jusqu’à 10 têtes nucléaires ayant chacune une trajectoire indépendante. Il n’est donc pas à proprement parler intercontinental

5 Iran. voir https://www.afrique-asie.fr/liran-pourrait-devoiler-son-premier-icbm/

Le futur missile balistique intercontinental iranien pourrait être propulsé par un moteur à propergol solide comme le “Raafe” dont les essais ont été effectuées il y a quelques mois. Destiné à équiper un nouveau lanceur spatial pour la mise en orbite de satellites, ce moteur peut parfaitement équiper un missile balistique de portée intercontinentale.

18/11/22. Baisse de tensions entre l’Occident et la Russie

Aujourd’hui chacun de bonne foi constate l’échec des efforts faits par le président de l’Ukraine Volodomir Zelensky pour présenter l’incident du missile récemment tombé en Pologne et ayant fait deux morts comme une volonté d’agression de la Russie contre l’Otan.

Les experts mandatés par l’Ouest avec l’accord de la Russie ont conclu à un accident. Il s’agissait d’un vieil anti-missiles russe remis en service par l’armée ukrainienne alors que l’Ukraine était soumis le même jour à un intense bombardement de missiles russes visant de multiples zones industrielle.

Du fait de ce diagnostic il était impossible de prétendre que Moscou avait décidé d’attaquer la Pologne membre de l’Otan et par conséquent l’Otan elle-même comme jusqu’au dernier moment Zelensky l’avait affirmé. Autrement dit, il devenait injustifié d’exiger de l’Alliance une action militaire contre Moscou comme le voulaient les plus déterminés des Ukrainiens.

On a remarqué que la plupart des membres européens de l’Otan en ont paru soulagés. La perspective d’une guerre contre la Russie, fut-elle conventionnelle, ne pouvait les réjouir après la crise du Covid. Il en fut de même des Etats-Unis. Le complexe militaro-industriel se satisfaisait des centaines de milliards de commande précédemment enregistrées.

Cet incident conduit à se demander si dans l’avenir l’Occident et la Russie n’auraient pas mieux à faire que préparer de futurs conflits. Les perspectives d’investissements futurs éventuellement conjoints ne manquent pas. Citons la lutte contre le réchauffement climatique ou celle contre les pandémies annoncées par l’OMS. Un peu plus tard la mise en valeur de la Lune et de Mars ne pourrait que bénéficier d’investissements cohérents. La Chine, pour sa part, s’y prépare déjà activement, bien évidemment sans attendre la Russie.

18/11/22 Laure Beccuau, procureure de Paris : « L’infiltration de nos sociétés par les réseaux criminels dépasse toutes les fictions »

Dans un entretien au « Monde », la procureure de la République de Paris dresse un état des lieux de la lutte contre le crime organisé et alerte sur l’urgence d’intensifier les efforts.

La juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco) a pour mission, depuis bientôt trois ans, de s’attaquer aux groupes criminels actifs sur le territoire français, notamment liés au narcotrafic. Cette juridiction spécialisée, placée sous l’égide du parquet de Paris, s’occupe des dossiers les plus complexes, où s’entremêlent aussi bien les affaires de corruption, de blanchiment que de règlements de comptes.

Laure Beccuau, procureure de Paris, détaille pour Le Monde les enjeux actuels de la lutte contre le crime organisé, dont les groupes les plus actifs, souligne-t-elle, sont aujourd’hui « sans limites » en termes de financements, de projection géographique et de recours à la violence.

Lire
https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/11/18/laure-beccuau-procureure-de-paris-l-infiltration-de-nos-societes-par-les-reseaux-criminels-depasse-toutes-les-fictions_6150397_3224.html

La lutte contre la haute criminalité organisée est un défi actuel, un défi majeur. Aujourd’hui, le niveau de la menace est tel que l’on détecte des risques de déstabilisation de notre Etat de droit, de notre modèle économique, mais également de nos entreprises, à un niveau stratégique majeur. Au regard des quatre-vingt-six dossiers de la Junalco, on s’aperçoit qu’on est face à des réseaux tentaculaires.

Il suffit de regarder ce qui se passe en Belgique et aux Pays-Bas pour démontrer que les organisations que l’on affronte n’ont aucune limite dans leurs moyens financiers, aucune limite dans leurs frontières ni dans leurs champs d’action (trafics de drogue, d’êtres humains, réseaux de prostitution…) pour peu que les profits se chiffrent en millions d’euros. Ces organisations ne connaissent pas de limite non plus dans leurs propres règles : pour s’imposer, elles ne s’interdisent plus rien. On le constate avec l’émergence de dossiers de règlements de comptes, d’enlèvements, de menaces, où le degré de violence est extrême.

Nous nous bornerons à deux observations

– Le problème n’est pas nouveau. Le crime organisé (les gangs) a toujours bénéficié de l’indulgence, voire de l’appui des classes dirigeantes, quel que soit le type d’organisation politique des sociétés dans lequel il travaille. C’est en priorité au service des classes politiques dominantes qu’il fournit des drogues, de luxueux immeuble et autres résidences secondaires dans des zones naturelles rigoureusement protégées, des prostituées hors de prix .. Tous les policiers et beaucoup de magistrats le savent. Ils se gardent bien d’intervenir sérieusement car effectivement les « réseaux tentaculaires » que l’on retrouve dans les dossiers de la Junalco sont largement aux commandes de l’Etat.


– Ceci dit, il suffirait de regarder comment ces questions se règlent aujourd’hui en Russie pour ne pas trop s’inquiéter en France



17/11/22. Les plus anciennes étoiles de l’univers

Ce sont celles dont l’apparition a marqué la fin de ce que l’on appelle les âges sombres de l’univers et le début de la  Grande recombinaison. Ce terme désigne la formation des atomes  par association des électrons et des noyaux atomiques, précédemment indépendants les uns des autres. Le phénomène se produit au moment où la température de l’univers descend en dessous du seuil sous lequel l’énergie moyenne des photons les plus énergétiques est en dessous de l’énergie d’ionisation de l’atome considéré. À l’époque de la recombinaison, les seuls noyaux atomiques présents dans l’Univers sont l’hydrogène, l’hélium et des traces de lithium. Le lithium se recombine (partiellement) avant l’hélium, lui-même se recombinant avant l’hydrogène.

Tous les autres corps de l’univers actuels ont été formés par la suite. Mais de quelle façon ?

On en trouve des traces dans les quasars .Les quasars sont les entités les plus lumineuses de l’Univers. Bien qu’il y ait d’abord eu une certaine controverse sur la nature de ces objets, jusqu’au début des années 1980, il existe maintenant un consensus selon lequel un quasar est la région compacte entourant un trou noir supermassif au centre d’une galaxie massive. Leur taille est de 10 à 10 000 fois le rayon de Schwarzschild du trou noir et leur émission d’énergie provient de la zone du disque d’accrétion qui l’entoure.

Récemment des chercheurs japonais trouvèrent des traces de telles étoiles anciennes en examinant la lumière d’un quasar situé à 30 milliards d’années lumière de la terre, le plus lointain jamais observé. Il se serait formé moins de 700 millions d’années après le Big Bang. Le spectre de la lumière du quasar a montré qu’il contenant 20 fois plus de fer que le Soleil. Par contre, il ne contenait que peu de magnésium ;

Ces caractère ne se retrouvent pas dans les modèles standards des quasars . Les électrons (positrons) produits par les processus précédemment exposés, produisent beaucoup d’ionisations, qui les ralentissent jusqu’à la fin de leur parcours, où les positrons s’annihilent.

Cela crée une instabilité au sein de l’étoile aboutissant à une explosion de type thermonucléaire qui disloque toute l’étoile et ne laisse pas de vestige derrière elle.

En effet, lorsque la création de matière et d’antimatière selon ce processus devient importante, la pression du flux de photons gamma sur les couches de l’étoile devient insuffisante pour s’opposer à sa contraction sous l’effet de sa propre gravité. Or, cette même contraction va augmenter le taux des réactions nucléaires en chauffant le cœur de l’étoile. La production de photons gamma créateurs d’antimatière va encore être accrue et le processus devient instable. Il s’emballe. De fait, la température ne va cesser de s’élever et, en très peu de temps, le cœur de l’étoile va exploser en convertissant sa matière en noyaux lourds.

Il se produit alors une supernova baptisée « Pair Instability Supernovae » (PISNe), supernova à instabilité de paire, ne laissant aucun astre compact derrière elle (sauf éventuellement un trou noir si l’étoile est suffisamment massive). La quantité de magnésium produite à cette occasion dépend essentiellement de la masse de l’étoile.

Le fait que de telles supernova n’apparaissent que dans des étoiles de Population 3 cent fois plus massives que le soleil montre qu’elles seraient les premières après le Big Bang à produire des éléments plus massifs que l’hélium.

Les électrons (positrons) produits par les processus précédemment exposés, produisent beaucoup d’ionisations, qui les ralentissent jusqu’à la fin de leur parcours, où les positrons s’annihilent. Cela crée une instabilité au sein de l’étoile qui aboutirait à une explosion de type thermonucléaire qui disloque toute l’étoile et ne laisse pas de vestige derrière elle.

En effet, lorsque la création de matière et d’antimatière selon ce processus devient importante, la pression du flux de photons gamma sur les couches de l’étoile devient insuffisante pour s’opposer à sa contraction sous l’effet de sa propre gravité. Or, cette même contraction va augmenter le taux des réactions nucléaires en chauffant le cœur de l’étoile.

La production de photons gamma créateurs d’antimatière va encore être accrue et le processus devient instable. Il s’emballe. De fait, la température ne va cesser de s’élever et, en très peu de temps, le cœur de l’étoile va exploser en convertissant sa matière en noyaux lourds. Il se produit alors une supernova baptisée « Pair Instability Supernovae » (PISNe), supernova à instabilité de paire, ne laissant aucun astre compact derrière elle (sauf éventuellement un trou noir si l’étoile est suffisamment massive).

La quantité de magnésium produite à cette occasion dépend essentiellement de la masse de l’étoile.

Le fait que de telles supernova n’apparaissent que dans des étoiles de Population 3 cent fois plus massives que le soleil montre qu’elles seraient les premières après le Big Bang à produire des éléments plus massifs que l’hélium.

Référence

Potential Signature of Population III Pair-instability Supernova Ejecta in the BLR Gas of the Most Distant Quasar at z = 7.54*

The Astrophysical JournalVolume 937Number 2

Abstract

The search for Population III stars has fascinated and eluded astrophysicists for decades. One promising place for capturing evidence of their presence must be high-redshift objects; signatures should be recorded in their characteristic chemical abundances. We deduce the Fe and Mg abundances of the broadline region (BLR) from the intensities of ultraviolet Mg ii and Fe ii emission lines in the near-infrared spectrum of UKIDSS Large Area Survey (ULAS) J1342+0928 at z = 7.54, by advancing our novel flux-to-abundance conversion method developed for quasars up to z ∼ 3. We find that the BLR of this quasar is extremely enriched, by a factor of 20 relative to the solar Fe abundance, together with a very low Mg/Fe abundance ratio: [Fe/H] = +1.36 ± 0.19 and [Mg/Fe] =−1.11 ± 0.12, only 700 million years after the Big Bang. We conclude that such an unusual abundance feature cannot be explained by the standard view of chemical evolution that considers only the contributions from canonical supernovae. While there remains uncertainty in the high-mass end of the Population III initial mass function, here we propose that the larger amount of iron in ULAS J1342+0928 was supplied by a pair-instability supernova (PISN) caused by the explosion of a massive Population III star in the high-mass end of the possible range of 150–300 M . Chemical evolution models based on initial PISN enrichment well explain the trend in [Mg/Fe]-z all the way from z < 3 to z = 7.54. We predict that stars with very low [Mg/Fe] at all metallicities are hidden in the galaxy, and they will be efficiently discovered by ongoing new-generation photometric surveys

16/11/2022 Aujourd’hui la guerre des Etats-Unis avec la Chine est technologique

L’attention des opinions publiques occidentales est régulièrement attirée sur des zones terrestres ou maritimes susceptibles de voir les Etats-Unis et la Chine s’affronter militairement. Mais si guerre il y a, elle se livre sur un tout autre terrain.

Il s’agit des domaines de ce que nous nommerons ici pour simplifier les hautes technologies. Sur ces terrains, les Etats-Unis ont toujours exercé une domination incontestée. Les Européens qui en avaient les moyens dans certains domaines, notamment concernant l’armement, ont toujours renoncé à concurrencer sérieusement le grand allié américain. Il en sera bientôt de même dans le domaine spatial. La Lune et Mars deviendront des planètes américaines.

La guerre des Etats-Unis avec la Chine se livre principalement sur le terrain de ce que l’on nomme encore pour simplifier celui des semi-conducteurs dits aussi puces informatique ou chips. Le pays qui conçoit et fabrique les puces les plus intelligentes du monde disposera également des armes de précision les plus dangereuses, des usines les plus efficaces et des outils de calcul quantique les plus inventifs pour briser pratiquement toute forme de cryptage. Aujourd’hui, les États-Unis sont en tête, mais la Chine est déterminée à les rejoindre 

Récemment, l’administration Biden a publié une nouvelle série de restrictions à l’exportation qui concrètement disent à la Chine : « Vous avez trois générations de retard technologique sur nous en matière de microcircuits logiques mais aussi de mémoire et d’équipements. Nous pouvons vous assurer que vous ne nous rattraperez jamais. »

Ou encore, comme le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan l’a exprimé de manière plus diplomatique : « Étant donné la nature fondamentale de certaines technologies, telles que les microcircuits de logiques et de mémoire avancée, nous devons conserver une avance aussi importante que possible » – et ce, à tout jamais.

Dans l’immédiat, les nouvelles réglementations que vient de publier l’US Department of Commerce (https://www.usinenouvelle.com/article/vers-une-limitation-des-exportations-de-semi-conducteurs-americains-vers-la-chine.N2042612) empêcheront la Chine d’acheter à l’Occident les semi-conducteurs les plus perfectionnés ou les équipements nécessaires pour les fabriquer elle-même. La nouvelle réglementation interdit également à tout ingénieur ou scientifique américain d’aider la Chine à fabriquer des puces sans autorisation spécifique, même si cet Américain travaille en Chine sur des équipements non soumis aux contrôles à l’exportation. La réglementation renforce également le suivi afin de garantir que les puces conçues par les États-Unis et vendues à des entreprises civiles en Chine ne se retrouvent pas entre les mains des militaires chinois. Finalement , l’équipe Biden a ajouté une « règle sur les produits étrangers directs » qui, comme l’a noté le Financial Times, « a été utilisée pour la première fois par l’administration Donald Trump contre le groupe technologique chinois Huawei et qui interdit de fait à toute entreprise américaine ou non américaine de fournir à des entités chinoises ciblées du matériel ou des logiciels dont la chaîne d’approvisionnement comporte de la technologie américaine. »

Cette dernière règle est capitale, parce que les semi-conducteurs les plus perfectionnés sont fabriqués par des coalitions d’entreprises d’Amérique, d’Europe et d’Asie. AMD, Qualcomm, Intel, Apple et Nvidia excellent dans la conception de puces comportant des milliards de transistors toujours plus étroitement assemblés pour produire la puissance de traitement recherchée. Synopsys et Cadence créent des outils et des logiciels sophistiqués de conception assistée par ordinateur sur lesquels les fabricants de puces dessinent leurs nouvelles solutions. Applied Materials crée et modifie les matériaux pour forger les milliards de transistors et de fils de connexion de la puce. ASML, une société néerlandaise, fournit les outils de lithographie en partenariat avec, entre autres, Zeiss SMT, une société allemande spécialisée dans les lentilles optiques, qui dessine les pochoirs sur les plaquettes de silicium à partir de ces dessins, en utilisant la lumière ultraviolette intense et extrême, sur une longueur d’onde très courte qui permet d’imprimer de minuscules dessins sur une micropuce. Intel, Lam Research, KLA et des entreprises qui vont de la Corée jusqu’au Japon jouent également un rôle clé dans cette coalition.

Or plus l’on repousse les limites de la physique et de la science des matériaux afin de concentrer davantage de transistors sur une puce pour obtenir plus de puissance de traitement et continuer à faire progresser l’intelligence artificielle, moins il est probable qu’une seule entreprise, ou un seul pays, puisse exceller dans toutes les parties du processus de conception et de fabrication. Chacun a besoin de tous les autres. La raison pour laquelle Taiwan Semiconductor Manufacturing Company, connue sous le nom de TSMC, est considérée comme le premier fabricant de puces au monde est que chaque membre de cette coalition confie à TSMC ses secrets commerciaux les plus confidentiels, celle-ci les fusionne et exploite ensuite le résultat au profit de l’ensemble.

Les partenaires de la coalition ne faisant pas confiance à la Chine et ne voulant pas que celle-ci leur vole leur propriété intellectuelle, Pékin tente de reproduire seule, avec de vieilles technologies, la pile de puces la plus performante du monde. En 2017, la Chine a réussi à voler une certaine quantité de technologies de puces, notamment la technologie 28 nanomètres de TSMC. Mais la Chine est incapable de produire ces puces en masse avec précision si elle ne dispose pas de la dernière technologie d’ASML, qui est désormais interdite dans le pays.

Cette semaine, l’auteur du présent article a interviewé la secrétaire d’État américaine au commerce, Gina Raimondo, qui supervise à la fois les nouveaux contrôles à l’exportation des puces et les 52,7 milliards de dollars que l’administration Biden vient d’obtenir pour soutenir la recherche américaine sur les semi-conducteurs de nouvelle génération, et pour ramener la fabrication de puces avancées aux États-Unis. Gina Raimondo réfute toute idée qui voudrait que les nouvelles réglementations s’apparentent à un acte de guerre.

« Les États-Unis sont dans une position intenable », a-t-elle dit. « Aujourd’hui, nous achetons 100 % de nos puces logiques avancées à l’étranger – 90 % à TSMC à Taïwan et 10 % à Samsung en Corée. » «  Nous ne fabriquons aux États-Unis aucune des puces dont nous avons besoin pour l’intelligence artificielle, pour notre armée, pour nos satellites, pour nos programmes spatiaux », sans parler de la myriade d’applications non militaires qui font tourner notre économie. La récente loi sur les CHIPS, a-t-elle déclaré, est notre « initiative offensive », elle a pour but de renforcer l’ensemble de notre écosystème d’innovation afin que davantage des micropuces les plus sophistiquées soient fabriquées aux États-Unis.

Imposer à la Chine les nouveaux contrôles à l’exportation des technologies avancées de fabrication de puces, a-t-elle déclaré, « était notre stratégie défensive. La Chine a une stratégie de fusion militaro-civile » et Pékin a clairement indiqué « que la Chine a l’intention de devenir totalement autosuffisante dans les technologies les plus avancées » pour dominer à la fois les marchés commerciaux civils et les champs de bataille du XXIe siècle. « Nous ne pouvons pas ignorer les intentions de la Chine. »

Voilà pourquoi, pour nous protéger et protéger nos alliés – et toutes les technologies que nous avons inventées individuellement et collectivement -, a-t-elle ajouté, « ce que nous avons fait était l’étape logique suivante, pour empêcher la Chine de passer elle-même à l’étape suivante. » Les États-Unis et leurs alliés conçoivent et fabriquent « les puces de supercalculateurs les plus avancées, et nous ne voulons pas qu’elles tombent entre les mains de la Chine et soient utilisées à des fins militaires. »

Notre principal objectif, a conclu Mme Raimondo, « est de passer à l’offensive, d’innover plus vite que les Chinois. Mais dans le même temps, nous allons répondre à la menace croissante qu’ils représentent en protégeant ce qui doit l’être. Il est important que nous désamorcions la situation là où nous le pouvons et que nous fassions des affaires là où nous le pouvons. Nous ne voulons pas d’un conflit. Mais nous devons nous protéger en gardant les yeux bien ouverts. »

Le journal d’État chinois Global Times a estimé dans son éditorial que l’interdiction ne ferait que « renforcer la volonté et la capacité de la Chine à se débrouiller seule en matière de science et de technologie ». Bloomberg a cité un analyste chinois anonyme qui a affirmé : « Toute réconciliation est exclue. »

NB Ce texte est adapté de L’Usine Nouvelle https://www.usinenouvelle.com/article/les-etats-unis-font-de-leur-plan-chips-for-america-une-arme-contre-la-chine.N2041407

16/11/22 Un missile présumé russe en Pologne, deux morts civils. Cent missiles déclarés russes en Ukraine. Combien de morts civils ?

Chacun connaît les faits. Un missile a tué deux personnes dans un village polonais proche de la frontière ukrainienne, le jour même où la Russie a lancé une centaine de missiles sur l’Ukraine, faisant au moins un mort à Kyiv. Varsovie parle d’un « projectile de fabrication russe », Moscou dément avoir frappé la Pologne, membre de l’Otan.

Nous n’avons pas pour notre part d’explications à avancer concernant le missile tombé en Pologne, autres qu’a relater les nombreuses et contradictoires sources qui dès l’annonce de l’événement ont su à qui l’attribuer et les objectifs que visaient les envoyeurs

Quant à la centaine de missiles lancés par la Russie ce même jour sur l’Ukraine, nous aurions au contraire beaucoup de questions à poser, mais apparemment nous ne sommes pas nombreux :

Que visaient ces cent missiles russes ? Moscou a mentionné des équipements industriels ukrainiens stratégiques. Mais ceux-ci étaient-ils installés dans une sorte de désert périurbain ?

Les machines en quoi consistaient en partie ces équipements fonctionnaient elles seules ? La question peut se poser puisque un mort à Kyiv a été déclaré à la suite du lancement de ces cent missiles. S’agissait-il d’une victime civile ? Il est vrai que si des victimes civiles avaient été enregistrées, la Russie aurait pu être poursuivie. Rappelons la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.

De quel type étaient ces cent missiles ? Pouvaient-ils eux mêmes contrôler leur trajectoire au dessus de l’Ukraine. Des contrôleurs de vol russes humains existaient-ils ? Si oui, où étaient-ils localisés ?

Pour mise à jour, voir

https://www.i24news.tv/fr/actu/conflit-en-ukraine/1668530143-la-russie-a-tire-environ-100-missiles-sur-l-ukraine-armee-de-l-air-ukrainienne#:~:text=multiples%20frappes%20russes-,La%20Russie%20a%20tir%C3%A9%20%22environ%22%20100%20missiles%20sur%20l’,arm%C3%A9e%20de%20l’air%20ukrainienne.

2 https://www.courrierinternational.com/article/guerre-en-ukraine-que-reste-t-il-de-la-flotte-russe-en-mer-noire