Jusqu’à ce jour, la Russie et l’Europe coopéraient de façon très productive dans divers programmes intéressant l’espace. Le lanceur spatial russe Soyouz était la figure la plus emblématique de cette coopération.
Il s’agit d’un lanceur soviétique puis russe dont la conception remonte aux années 1950 qui fut utilisé initialement pour lancer les vaisseaux avec équipage du programme Soyouz. Ce lanceur, d’un peu plus de 310 tonnes et 46 mètres de haut, peut placer une charge utile de 7 tonnes en orbite basse. Il est notamment utilisé de nos jours pour mettre en orbite des satellites militaires russes, les équipages de la Station spatiale internationale, lancer les vaisseaux cargoProgress qui ravitaillent la Station spatiale internationale et pour mettre sur orbite des satellites scientifiques russes ou européens.
Grâce à sa fiabilité et son faible coût de production, il est toujours apprécié malgré la rusticité des techniques employées. À fin 2017, plus de 1 880 lanceurs Soyouz ont été lancés, avec un taux de réussite proche de 98 %. De juillet2011 (retrait du service de la navette spatiale américaine) à mai2020 (premier vol habité du Crew Dragon de la Nasa, Soyouz était le seul véhicule capable d’envoyer un équipage vers la station spatiale international ISS. L’Agence spatiale russe Roscosmos a toujours assuré sa mise en œuvre. Par ailleurs, la Russie avait toujours loué son site de lancement de Baïkonour au Kazakhstan à ceux qui souhaitaient l’utiliser.
Qu’en sera-t-il désormais ?
« Il n’y a pas de négociation sur OneWeb : le gouvernement britannique ne vendra pas ses parts », a aussitôt répondu Kwasi Kwarteng, le secrétaire d’Etat britannique au commerce.
Devant cette fin de non-recevoir, Roscomos a mis sa menace à exécution : le lanceur a été retiré du pas de tir.
Arianespace qui, par l’intermédiaire de sa filiale Starsem, avait commandité le lancement, a alors confirmé ce qui ressemble à la fin prématurée de l’un de ses plus gros contrats sur Soyouz, dans un communiqué de presse intitulé « Suspension des lancements Soyouz opérés par Arianespace et Starsem », et qui précise : « Concernant le lancement ST38 opéré pour OneWeb depuis Baïkonour, il a été reporté sine die suite aux conditions posées par Roscosmos pour poursuivre les opérations ».
On lira ci-dessous un long article publié par le site russophile https://stratpol.com/ Centre d’analyses politico-stratégiques, qui offre sur la guerre actuelle en Ukraine un point de vue favorable à la Russie. Bien entendu nous laissons à l’auteur la responsabilité de ses opinions.
Ajoutons que, quelle que soit la validité du point de vue de Vladimir Poutine, ce n’est pas l’envoi de colonnes de chars et des bombardements intensifs sur les villes ukrainiennes qui peut justifier ce point de vue. JPB pour Europe-solidaire
Comprendre la crise ukrainienne en germe depuis huit ans Olivier Amos
L’intervention militaire russe en Ukraine du 24 février a provoqué un émoi international. Récemment arrivé en Russie, j’ai souhaité comprendre l’origine et les enjeux de ce conflit prévisible. Voici un résumé de cette situation souvent mal comprise en Occident.
Historiquement, l’Ukraine est le foyer de l’état slave : la “Rus de Kiev” nait au Xème siècle, fondée par des vikings. C’est le berceau historique de la Russie. Kiev en sera la capitale avant d’être déplacée à Vladimir, puis à Moscou au XVème siècle.
L’Ukraine sera envahie par les Mongols puis à plusieurs reprises par la Pologne. L’Ouest du pays est depuis constitué d’une population qui en est majoritairement issue. Elle a été marquée par les persécutions bolchéviques (Holodomor), puis a acquis son indépendance à la chute de l’URSS.
Les années 90 voient un rapprochement économique de l’Ukraine avec le marché occidental, des accords de démilitarisation de l’ancien pays soviétique, en même temps que la promesse de l’OTAN de ne pas s’étendre à l’Est. L’Ouest du pays commerce principalement avec l’Europe pendant que l’Est (plus industriel) noue des accords commerciaux avec la Russie. Les relations entre l’ex-URSS et l’occident sont au rapprochement et à l’entente réciproque. Mais à partir de 1999, l’OTAN commence à s’étendre progressivement dans les pays de l’ex bloc soviétique, ce qui va provoquer un basculement de la politique étrangère russe à la fin des années 2000, prémices de la crise ukrainienne.
A partir des années 2010, les minorités ultra-nationalistes exercent une pression sur le pouvoir pour persécuter la minorité russophone de l’est du pays et rapprocher l’Ukraine de l’Europe. Le gouvernement pro-russe n’accédant pas à leurs revendications, ces groupes « ukronazis » (Svoboda, régiment Azov, Bandera, Pravy Sektor…), soutenus par les USA et l’Europe qui y trouvaient un intérêt stratégique, ont profité des manifestations populaires de 2013 pour provoquer son renversement lors de la révolution sanglante du Maïdan en 2013-2014. Les membres de l’ancien gouvernement (pro-russe) ont été emprisonnés ou exilés.
A la suite de ces évènements, la Crimée (russophone) vote massivement pour son indépendance et son rattachement à la Russie, qui sont toujours contestés par l’Ukraine et l’Europe. L’occident met alors en place des sanctions économiques contre la Russie, qui réplique avec des sanctions symétriques (qui pénalisent essentiellement les exportations agricoles françaises).
Pour trouver une issue à ces tensions, un nouvel exécutif (pro-européen) a signé en 2014 le protocole de Minsk, sous l’égide de l’OSCE (dont la France fait partie), qui garantissait entre autres la protection des populations russes, la démilitarisation des zones frontières, la libération des prisonniers, la fin des mesures discriminatoires et l’autonomie du Donbass. Cet espoir d’un retour à la normale a suscité un enthousiasme de toute la population ukrainienne.
Mais devant l’échec de son application, de nouveaux accords de Minsk 2 ont été rédigés en 2015 pour obtenir un cessez-le-feu, une démilitarisation de la zone tampon et une décentralisation administrative.
Malheureusement les gouvernements successifs, corrompus par les oligarques ukrainiens et noyautés par des groupes radicaux, n’ont pas tenu leurs engagements et continué la persécution des habitants du Donbass (privation de ressources sociales, déplacement de population, reprise des bombardements, emprisonnement des opposants politiques…). Ce qui a provoqué une quasi-guerre civile entre les milices indépendantistes pro-russes et l’armée ukrainienne.
La situation a empiré pendant sept ans malgré les demandes répétées de la Russie de mettre fin à ces exactions et de faire enfin appliquer les accords de Minsk. De surcroit, l’Ukraine s’est engagée dans un processus d’intégration dans l’OTAN qui ouvre la porte à l’installation de forces armées américaines à la frontière russe, ce que la Russie ne peut accepter pour sa sécurité (tout comme l’installation des missiles russes à Cuba constituaient une menace inacceptable pour les USA).
C’est ce qui a décidé la Russie à reconnaitre officiellement l’indépendance des républiques de Donetsk et Lougansk (LDNR) en début de semaine (à mettre en parallèle avec la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par l’occident). Les combats ne cessant pas, elle a enclenché la suite logique de ce processus, en intervenant militairement pour protéger ces populations et mettre un terme à cette persécution. L’autre objectif affiché est de neutraliser les forces ukrainiennes pour préserver ses intérêts stratégiques vitaux face à l’OTAN.
Poutine s’est longuement exprimé devant le peuple russe pour rappeler le contexte et préciser ses intentions, la traduction de son discours permet de comprendre les enjeux russes de cette intervention militaire.
Les premiers mouvements semblent indiquer que cette offensive sera rapide et que la présence militaire sera limitée au Donbass. Mais les buts affichés lors de l’allocution du président russe laissent penser que cette opération ne s’arrêtera qu’après le renversement du gouvernement de Zelensky et la neutralisation des groupes armés extrémistes. Vous pouvez suivre l’évolution des évènements sur la chaîne Stratpol.
La population russe est dans l’expectative, les plus jeunes sont surpris de la radicalité de l’intervention russe, alors que les plus vieux s’attendaient à cette opération depuis longtemps (certains ne comprenaient pas que le Donbass n’ait pas été rattaché à la Russie en même temps que la Crimée).
Les expatriés « temporaires » français craignent pour leurs intérêts professionnels et dénoncent cette offensive. Les expatriés « permanents » qui se sont intégrés depuis des années (généralement en se mariant à des Russes, en ayant des enfants et en créant leur entreprise ici) sont au contraire plutôt convaincus de la légitimité de l’intervention russe même s’ils espéraient une autre issue au conflit du Donbass.
Leur crainte principale aujourd’hui c’est que l’occident choisisse l’escalade belliciste. Nous pouvons néanmoins espérer un apaisement pour la suite car autant la Russie n’a politiquement rien à gagner à envahir la partie ouest anti-russe de l’Ukraine, autant l’Europe a tout à perdre de nouvelles sanctions dont on voit déjà les effets délétères (explosion du prix des énergies fossiles, qui profite aux USA pour exporter leur gaz de schiste), l’inflation des prix et l’effondrement boursier qui va en résulter.
L’Ukraine constituait pour les Etats-Unis une des dernière étapes avant l’encerclement de la Russie par l’Otan. Il ne faut pas s’étonner dans ces conditions que Moscou ait après beaucoup d’hésitations décidé de réagir. Sachant qu’il n’obtiendrait rien par des négociations avec l’Otan, il a du se résoudre à utiliser la force, notamment l’envoi de chars, dans l’espoir d’empêcher l’Ukraine de s’engager totalement au service des Etats-unis et afin qu’elle puisse conserver un statut de relative neutralité.
Ce projet réussira probablement dans les prochains jours. Sous peu, après Marioupol et d’autres villes de l’est de l’Ukraine, Kiev sera obligé de se rendre. Vladimir Poutine se satisfera-t-il de ce succès, ce qui serait raisonnable ou voudra-t-il obtenir le ralliement de l’ensemble de l’Ukraine, on le saura vite.
Pour la Chine en tous cas, selon l’expression de l’anbassadeur chinois Zhang, l’Ukraine devrait devenir un pont entre l’est et l’Ouest et non un enjeu de confrontation entre super-puissances
On pourra consulter le sitehttps://stratpol.com/ Centre d’analyses politico-stratégiques qui offre sur la guerre actuelle en Ukraine un point de vue favorable à la Russie
Les économies européennes sont de plus en plus consommatrices d’énergie, principalement sous forme d’électricité. Cette énergie provient d’abord de la consommation de pétrole et de gaz dans des centrales classiques. Mais elle provient aussi des centrales nucléaires sur le modèle des centrales françaises. On ne mentionnera pas les sources d’énergie renouvelables dont la production est encore marginale.
Concernant le pétrole et le gaz russes, qui par exemple satisfont aujourd’hui environ 40% des besoins de l’Allemagne, Poutine n’a pas encore décidé, à titre de contre-sanctions, de fermer les robinets. Mais il est prévisible qu’il le fera dans les jours qui viennent, soit délibérément soit en conséquence de son offensive actuelle en Ukraine, qui détruiront les installations par lesquelles transite le gaz russe exporté vers l’Europe.
Concernant les centrales nucléaires, il pourra très facilement bombarder les générateurs ukrainiens, comme l’a montré l’accident récent survenu dans la centrale de Zaporijia. Même si le cœur des réacteurs, bien protégé, ne devrait pas devenir de nouveaux Tchernobyl, les centrales cesseraient de produire.
Comme l’Europe n’est pas à jour officiellement en guerre avec la Russie, elle ne devrait pas s’inquiéter. Mais ce ne serait plus le cas si elle entreprenait des actions jugées hostiles par Moscou.
La matière noire ou matière sombre est une forme de matière qui n’a jamais pu être observée directement. D’où son nom. Néanmoins son existence hypothétique permet de rendre compte de certaines observations astrophysiques telles que la masse des galaxies ou les propriétés des fluctuations du fond diffus cosmologique
En ce qui concerne les origines et la composition de la matière noire, différentes hypothèses sont explorées gaz interplanétaire, étoiles mortes, naines brunes, trous noirs.etc. Dans le cadre du modèle cosmologique standard, celui-ci est dominé par la matière noire dont on suppose qu’elle est constituée de particules jamais vues sur Terre dans des accélérateurs ou des détecteurs. Elle ne peut interagir avec la matière standard et avec elle-même que par la gravitation.
Cette matière est quasi indispensable pour rendre compte des caractéristiques du rayonnement fossile, soit la première lumière de l’univers, qui a été émise 380 000 ans après le big bang, il y a donc plus de 13 milliards d’années. Elle est également indispensable pour comprendre l’existence des galaxies.
L’étude référencée ci-dessous, dont nous publions ici les références et l’abstract, indique que dans certaine conditions, il serait possible d’observer certains « halos évolutifs » de la matière noire ayant modelé les galaxies depuis l’origine de l’univers.
Référence
Astronomy et Astrophysique. Observational evidence of evolving dark matter profiles at z ≤ 1⋆
Received: 18 July 2021 Accepted: 11 January 2022
Abstract
Context. In the concordance cosmological scenario, the cold collisionless dark matter component dominates the mass budget of galaxies and interacts with baryons only via gravity. However, there is growing evidence that the former, instead, responds to the baryonic (feedback) processes by modifying its density distribution. These processes can be captured by comparing the inner dynamics of galaxies across cosmic time.
Aims. We present a pilot study of dynamical mass modeling of high redshift galaxy rotation curves, which is capable of constraining the structure of dark matter halos across cosmic time.
Methods. We investigate the dark matter halos of 256 star-forming disk-like galaxies at z ∼ 1 using the KMOS Redshift One Spectroscopic Survey. This sample covers the redshifts 0.6 ≤ z ≤ 1.04, effective radii 0.69 ≤ Re[kpc] ≤ 7.76, and total stellar masses 8.7 ≤ log(Mstar [M⊙]) ≤ 11.32. We present a mass modeling approach to study the rotation curves of these galaxies, which allow us to dynamically calculate the physical properties associated with the baryons and the dark matter halo. For the former we assume a Freeman disk, while for the latter we employ the NFW (cusp) and the Burkert (cored) halo profiles, separately. At the end, we compare the results of both cases with state-of-the-art galaxy simulations (EAGLE, TNG100, and TNG50).
Results. We find that the “cored” dark matter halo emerged as the dominant quantity from a radius 1–3 times the effective radius. Its fraction to the total mass is in good agreement with the outcome of hydrodynamical galaxy simulations. Remarkably, we found that the dark matter core of z ∼ 1 star-forming galaxies are smaller and denser than their local counterparts.
Conclusions. Dark matter halos have gradually expanded over the past 6.5 Gyrs. That is, observations are capable of capturing the dark matter response to the baryonic processes, thus giving us the first piece of empirical evidence of “gravitational potential fluctuations” in the inner region of galaxies that can be verified with deep surveys and future missions.
Il suffit de regarder une carte de l’Otan pour comprendre que Vladimir Poutine se serait senti militairement encerclé si l’Ukraine était entré dans l’Otan. Or c’est bien cette entrée de l’Ukraine dans l’Otan que recherchait depuis des années les stratèges américains
L’expérience a montré que l’Otan, loin d’être une alliance défensive, comporte des membres qui avaient accepté sous les pressions américaines, qu’il y soit installé des plates-formes de lancement de missiles de plus en plus puissants. Ces missiles peuvent sans difficulté frapper Moscou et toutes les provinces occidentale de la Russie. L’entrée dans l’Otan d’une Ukraine acceptant de se soumettre à Washington aurait resserré l’étau.
——————————————————–
L’Otan n’avait plus de raison d’être. Or bien au contraire, l’Otan a non seulement continué à exister, mais elle passé du statut d’alliance défensive à celui d’outil au service de l’expansionnisme des États-Unis.
Profitant de l’état de délabrement de l’ex-république socialiste fédérative soviétique de Russie, les États-Unis ont fait avancer l’Otan vers l’Est. Tous les ex-alliés de l’URSS au sein du Pacte de Varsovie ont été intégrés à l’Otan entre 1990 et 2020, y compris Croatie et Slovénie qui faisaient partie de la Yougoslavie non-alignée avant sa destruction, ainsi que l’Albanie. L’Otan a même étendu son emprise sur les anciennes républiques baltes de l’URSS, ce qui fait qu’une région de la Russie, Kaliningrad, est totalement encerclée par l’Otan.
En ce qui concerne l’Ukraine elle-même il était très vite apparu après ces événements qu’elle était partagée entre partisans du maintien de l’alliance avec la Russie et ceux demandant un rapprochement avec les Etats-Unis et par conséquent avec l’Union européenne.
Sur ce point, il faut rappeler que, en novembre 2013, l’Ukraine avait renoncé à signer un accord d’association avec l’Union européenne et relancé, selon l’expression utilisée « un dialogue actif avec Moscou ». Ce revirement a entraîné d’importantes manifestations pro-européennes à Kiev rassemblant des centaines de milliers de personnes, l’occupation du Maïdan Nézalejnosti et de la mairie, avec comme mot d’ordre la démission du président de l’époque Viktor Ianoukovytch. Rapidement, Kiev, la capitale ukrainienne, s’est transformée en champ de bataille. La légitimité de Viktor Ianoukovytch a été d’autant plus remise en cause après la mort de 75 manifestants tués par balle le jeudi 20 février 2014. Le 22 février 2014, Ianoukovytch a quitté Kiev pour Kharkiv et le régime politique était renversé.
Alors que des rumeurs évoquaient sa démission, le président a démenti, il a refusé de démissionner, parlé d’un « coup d’État » qu’il a comparé à l’arrivée des Nazis en Allemagne. Quelques heures plus tard, le Parlement a voté sa destitution et fixe au 25 mai suivant la prochaine élection présidentielle. Dans le même temps la libération de l’ancienne Première Ministre Ioulia Tymochenko est votée et Oleksandr Tourtchynov est choisi pour diriger pour quelques mois l’Ukraine par intérim.
En fin de compte, ces affrontements ont fait au moins 82 morts chez les manifestants et 16 morts chez les forces de l’ordre. Après un bref passage par l’Est de l’Ukraine, le président déchu s’est réfugié en Russie. Un mandat d’arrêt a été lancé contre lui pour « meurtres de masse ».
Aujourd’hui, il semble que Vladimir Poutine ait voulu protéger la Russie d’une entrée de l’Ukraine dans l’OtanManifestement l’emploi de colonnes de chars comme argument politique a été malheureux. Il a entraîné l’effet contraire .
En riposte, la meilleure solution pour les Européens serait de proposer à l’actuel président ukrainien Volodymyr Zelensky d’entrer d’urgence dans l’Union européenne.
Même si l’offensive russe contre l’Ukraine ne s’étend pas à d’autres pays européens, elle aura nécessairement un effet destructeur sur les économies européennes.
On peut raisonnablement penser que cette offensive ne prendra pas une forme nucléaire, même sous la forme minimum que serait l’utilisation d’armes nucléaires tactiques dite aussi de faibles intensité. Les unités au contact sont suffisamment rapprochées pour que l’armée russe puisse espérer avoir la possibilité d’échapper aux retombées de ses propres frappes, même si celles-ci se faisaient par le biais de tirs de missiles à longue portée.
Par contre, si l’offensive russe se poursuivait et s’intensifiait, elle pourrait prendre la forme de contre-sanctions qui auraient sur les économies européennes des effets inflationnistes que celles-ci supporteraient mal. La Russie, actuellement, fournit à l’Europe du pétrole, du gaz et des céréales qui sont indispensables à des pays tels que l’Allemagne. Une contre-sanction consistant à couper le robinet du gaz russe, par exemple, mettrait momentanément en difficulté l’économie de l’Allemagne qui avait refusé de se doter comme la France de centrales nucléaires.
Depuis plusieurs années, les pays européens ont mis en place des outils leur permettant de lutter contre la déflation. Une des causes de celle-ci est l’excédent de l’offre sur la demande, qui se traduit notamment par une baisse de l’emploi et une augmentation du chômage. Il convient donc de faire appel à des procédures de relance. La plus notable de celle-ci, au niveau de l’Etat, est le déficit budgétaire à petite dose. Celui-ci n’entraîne pas de réactions négative des citoyens.
Au contraire, si une inflation se mettait en place, elle nécessiterait des mesures destinées à redresser les comptes budgétaires. Il s’agirait notamment de diminuer les investissements publics et surtout augmenter les impôts sur la consommation. Les citoyens verraient ceci avec hostilité. Ce qui fragiliserait les gouvernements et limiterait leurs aptitudes à lutter contre une offensive russe qui se prolongerait.
Dans le conflit actuel, le soutien de la Chine à la Russie pourrait être décisif. Or il semble très relatif.
Si comme certains l’avaient envisagé, Pékin avait dès les premiers jours annoncé qu’il joignait ses forces à celles de la Russie dans l’offensive menée par cette dernière contre l’Ukraine occidentale et à terme contre l’Occident, ce soutien aurait pu être décisif. Ainsi se serait mis en place une union non seulement militaire et économique, mais également diplomatique engageant deux superpuissances (toutes deux disposant de l’arme atomique) ayant l’ambition de s’imposer à une partie de la terre.
Or à ce jour il n’en est encore rien. Opposé aux sanctions économiques contre la Russie, Pékin n’a pas les moyens de permettre à Moscou de les contourner totalement. L’Empire du milieu n’est pas le premier partenaire économique de Moscou, il pèse pour 15 % de ses exportations et 20 % de ses importations. C’est l’Union européenne (UE) qui détient ce titre avec 37 % des échanges commerciaux de la Russie en 2020, soit 3 fois celui de la Chine.
Malgré tout, les produits phares que la Russie exporte sont justement ceux dont Pékin est importateur, hydrocarbures et céréales. Au premier jour de la guerre, jeudi 24 février, les douanes chinoises ont ;annoncé qu’elles levaient les restrictions aux importations de blé russe mises en place jusque-là pour des raisons phytosanitaires. Une décision que Pékin a, selon les experts, surtout prise pour répondre à ses propres besoins. Mais qui revêt évidemment une portée symbolique considérable.
Par ailleurs, depuis 2019, un gazoduc dit Sila Sibiri (ou Power of Siberia, « force de Sibérie ») relie la Russie à la Chine. Par ce gazoduc et des livraisons de gaz GNL, Moscou a fourni, en 2021, 16,5 milliards de mètres cubes de gaz à la Chine. Un précédent contrat prévoyait la livraison de 38 milliards de mètres cubes par an à l’horizon 2025. Le 4 février, les deux pays ont annoncé l’achat par la Chine de 10 milliards de mètres cubes supplémentaires par an pendant vingt-cinq à trente ans grâce à un nouveau pipeline, Sila Sibiri 2, qui entrerait en activité à partir de 2030.
La Chine voit sans doute d’un bon œil une dépendance accrue de Moscou à son égard. Mais elle n’a aucun intérêt à sacrifier sa relation avec les Occidentaux. Jusqu’en 1992, le produit intérieur brut russe dépassait celui de la Chine. Depuis c’est l’inverse et l’écart ne cesse de croître. Le PIB chinois est près de dix fois supérieur au PIB russe. La Russie ne figure même pas parmi les dix principaux partenaires commerciaux de Pékin.
Selon un expert, « de nombreuses entreprises chinoises souffrent déjà du fait des sanctions. Si elles ne peuvent pas utiliser l’euro ou le dollar dans leurs affaires avec la Russie, elles vont y réfléchir à deux fois avant d’aider les entreprises russes »
L’offensive de Vladimir Poutine contre l’Ukraine ne se limitera pas à l’envoi de colonnes de chars et à des bombardements classiques visant Kharkiv et d’autres villes importantes avant de se généraliser dans le cadre d’une attaque massive contre Kiev.
Cette offensive fera certainement appel aux armes dites de nouvelle génération que Moscou ne se cache pas de mettre au point et d’utiliser expérimentalement depuis plusieurs mois. C’est ainsi que les manœuvres militaires stratégiques entreprises le 20 février 2022 par Vladimir Poutine avaient mis en œuvre des moyens considérables. Il ne s’agissait pas seulement d’exercices de chars à la frontière avec l’Ukraine, pour impressionner l’Otan.
Ces manœuvres avaient impliqué le lancement de missiles balistiques et de missiles de croisières tous susceptibles de porter des charges nucléaires tactiques. Y ont participé l’armée de l’air et les flottes de la mer du Nord et de la mer Noire
Par ailleurs, un missile balistique Intercontinental ICBM avait été lancé du Cosmodrome de Plesetsk en Russie du NW, visant la péninsule du Kamchatka après une traversée de 5.700 km. Le sous-marin nucléaire Karelia avait de son côté envoyé un missile balistique R-29RMU depuis la mer de Barentz en Arctique et visant le Kamchatka.
Les unités et les sous-marins des flottes de la Mer Noire et de la Mer du Nord avaient enfin lancé en vraie grandeur plusieurs exemplaires de la nouvelle arme russe révolutionnaire, le missile de croisière hypersonique Zircon, capable de pénétrer sans difficultés les défenses antiaériennes des porte-avions américains
On y ajoutera les bombardements à longue distance conduits par des bombardiers stratégiques TU 95 âgés de plus de 50 ans et toujours en service.
Si l’on regarde attentivement les séquences de télévision diffusées ce jour et concernant le début de l’offensive russe contre Kiev, il semble que l’emploi de nouveaux missiles intelligents ait déjà commencé.
Note au 01/03/2022 14 h
Ajoutons que pour nous l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne s’impose d’urgence, quelles que soient les difficultés juridiques. Il s’agit évidemment de l’Ukraine présidée par l’héroïque président Zelenski. Nous y reviendrons très vite.
A la date et l’heure où cet article a été écrit et où commencent les discussions entre Russes et Ukrainiens en Biélorussie concernant l’évacuation des réfugiés, nous pouvons constater que Poutine en décidant d’attaquer l’Ukraine a fait plusieurs erreurs stratégiques :
Sous-estimer la résistance des ukrainiens de tous milieux et le véritable héroïsme du président Volodimir Zelensky. Celui-ci au lieu de fuir s’est comporté en véritable chef d’Etat et chef de guerre.
Sous-estimer les faiblesses de l’armée russe conventionnelle. Ceci a été particulièrement visible concernant les régiments de chars. La télévision a montré de nombreux blindés arrêtés du fait de pannes non immédiatement réparables.
Sous-estimer la résistance politique de l’Union européenne. Les différents gouvernements européens ont surmonté leurs divergences politiques et économiques devant l’urgence d’opposer à Poutine un front uni. Peut-être dira-t-on que Poutine a été un véritable père de l’Europe. Plus immédiatement, ces événements verront sans doute se constituer une véritable armée européenne disposant d’armes fabriquées en Europe.
Sous-estimer les effets des sanctions occidentales, notamment dans le domaine bancaire et financier. Sous estimer aussi la résistance des intérêts russes touchés.
Sous estimer la puissance des réseaux sociaux pour assurer l’information et la mobilisation des citoyens, y compris en Russie.
Par contre Poutine avait probablement parié sur le lâcheté des Etats-Unis et celle de l’actuel président Biden. En ce cas, pari gagné. Les Américains ne feront rien.