05/05/2022 Comment les raies sont devenue des championnes de chasse sous-marine

Le cas des raies a fait l’objet de nombreuses études cherchant à comprendre comment au cours l’évolution elles ont développé des instruments leur permettant de chasser des proies sans faire appel à la vue.

Les raies sont des poissons cartilagineux de différentes tailles appartenant à la famille des Ragidés. Plus de 150 espèces différentes ont été identifiées au sein de 17 genres. Contrairement aux poissons téléostéens (ou osseux), qui naviguent principalement en se servant de leur vue, les raies sont dotées d’un certain nombre de systèmes sensoriels très bien développés qui leur permettent de localiser leurs proies et de naviguer efficacement dans des milieux variés. L’une des adaptations sensorielles les plus intéressantes que possèdent tous les élasmobranches est un ensemble de petites vésicules sous-cutanées situées près de la tête et communément appelées « ampoules de Lorenzini ».

Chaque ampoule est observable à la surface de la peau, tel un petit pore, et chacune d’entre elles est reliée à un long canal rempli d’une sorte de gelée dans laquelle se trouve une série de cellules sensorielles innervées de fibres nerveuses. Les ampoules de Lorenzini permettent aux requins et aux raies de détecter les faibles champs électromagnétiques émis par les poissons en détresse. Elles peuvent aussi réagir à des stimuli mécaniques.

De plus, ces structures permettent aux espèces qui s’alimentent sur le fond, comme les raies, de trouver leurs proies enfouies dans le sable, même si elles ne sont pas visibles ou n’émettent pas d’odeurs. Enfin, les ampoules peuvent également jouer un rôle important dans la communication intraspécifique, surtout entre les raies, en captant les faibles signaux électriques émis par les organes électriques de certaines espèces, dont la fonction est autrement inconnue.

L’article dans Nature dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract ne porte pas sur les ampoules de Lorenzini mais sur un autre attribut des raies, la présence de nageoires pectorales de grande surface, reliées à la tête, qui leur permet d’être des chasseresses incomparables

Reference

The little skate genome and the evolutionary emergence of wing-like fins

Nature 
volume 616
pages 495–503 (2023

Abstract

Skates are cartilaginous fish whose body plan features enlarged wing-like pectoral fins, enabling them to thrive in benthic environments1,2. However, the molecular underpinnings of this unique trait remain unclear. Here we investigate the origin of this phenotypic innovation by developing the little skate Leucoraja erinacea as a genomically enabled model. Analysis of a high-quality chromosome-scale genome sequence for the little skate shows that it preserves many ancestral jawed vertebrate features compared with other sequenced genomes, including numerous ancient microchromosomes. Combining genome comparisons with extensive regulatory datasets in developing fins—including gene expression, chromatin occupancy and three-dimensional conformation—we find skate-specific genomic rearrangements that alter the three-dimensional regulatory landscape of genes that are involved in the planar cell polarity pathway. Functional inhibition of planar cell polarity signalling resulted in a reduction in anterior fin size, confirming that this pathway is a major contributor to batoid fin morphology. We also identified a fin-specific enhancer that interacts with several hoxa genes, consistent with the redeployment of hox gene expression in anterior pectoral fins, and confirmed its potential to activate transcription in the anterior fin using zebrafish reporter assays. Our findings underscore the central role of genome reorganization and regulatory variation in the evolution of phenotypes, shedding light on the molecular origin of an enigmatic trait.

04/05/2023 Des intelligences artificielles de plus en plus humaines

On appelle chatbot ou dialogueur, dans le langage utilisé par les informaticiens spécialisés en intelligence artificielle (IA), un agent logiciel ou programme qui dialogue avec un utilisateur de façon sensée, pouvant donner à ce dernier l’impression qu’il est en face d’un autre humain.

Aujourd’hui l’entreprise américaine spécialisée en IA dite OpenAI (https://openai.com) propose des modèles de langage dit GPT ou  transformeur génératif pré-entraîné (de l’anglais generative pre-trained transformer). https://fr.wikipedia.org/wiki/Transformeur_g%C3%A9n%C3%A9ratif_pr%C3%A9-entra%C3%AEn%C3%A9

Les usages en seront nombreux. Parmi les utilisations possibles figurent des recherches en langue naturelle dans des documents. Par exemple GPT-3 peut répondre en langue naturelle à la question « pourquoi le pain est gonflé » en se basant sur l’article Wikipédia « pain ».

Il est possible d’avoir des discussions rapides, complexes et cohérentes en langue naturelle dans le but de générer des idées, recommander des livres et des films, raconter des histoires interactives ou encore participer à une réunion .

GPT-3 peut fournir une assistance aux clients en ligne sur les sites internet. GPT-3 permet d’analyser et synthétiser du texte sous forme de tableaux, de résumer des discussions, d’élargir des contenus à partir d’idées de base. GPT-3 peut être utilisé pour traduire des textes d’une langue à l’autre. Il peut également transformer un texte en langue courante en un texte juridique. Enfin GPT-3 peut être utilisé pour générer des codes informatiques à partir d’instructions en langue naturelle.

Effets nuisibles

Les effets nuisibles ne manqueront pas. Ainsi GPT-3 peut « générer des articles de presse que les évaluateurs humains auront du mal à distinguer des articles écrits par des humains ». Dans un article du 28 mai 2020, les chercheurs ont décrit en détail ces effets nuisibles potentiels du GPT-3 qui comprennent « la désinformation, le spam, l’hameçonnage, l’abus des processus légaux et gouvernementaux, la rédaction frauduleuse d’essais universitaires.. Les auteurs attirent l’attention sur ces dangers pour demander des recherches sur l’atténuation des risques.

En mars 2023, OpenAI annonce le lancement de son successeur, GPT-4

Voir NewsScientist

An intellectual leap 22 April 2023 p.12

03/05/2023 James Webb Space Telescope : première détection d’une exo-planète orbitant autour d’une étoile de type naine rouge

Le but affiché du téléscope spatial James Webb est de rechercher les indices éventuels de formes de vie présentes dans le système solaire et au delà, c’est-à-dire dans l’espace interplanétaire. De premiers résultats intéressants viennent d’être publiés par les équipes en charge du télescope.

Il semble qu’une atmosphère soit probable sur une planète qui vient d’être détectée orbitant autour d’une étoile de type naine rouge Les naines rouges sont les plus petite, les moins lumineuses et les moins chaudes des étoiles. Environ 80 % des étoiles sont de ce type. Plutôt que d’autres étoiles plus chaudes, elles pourraient être dotées de planètes présentant des caractéristiques favorables à la présence de types de vie comparables à celles qui se sont développées sur la Terre peu de temps après son apparition.

La planète ainsi mentionnée ne serait pas une géante gazeuse analogue à Jupiter ou Saturne mais une planète rocheuse semblable à la Terre ou Mars. Elle pourrait avoir une atmosphère, mais celle-ci devrait être différente de celle essentiellement composée de méthane comme l’atmosphère présente autour de Titan, lune de Saturne dans le système solaire. Cette atmosphère pourrait plutôt être composée de CO2. Encore faudrait-il qu’un mécanisme puisse l’extraire des roches carbonatées présentes sur cette planète, s’il y en avait. Sur la Terre, c’est la vie qui joue essentiellement ce rôle.

De nouvelle observations sont prévues pour l’été 2023

voir ESA https://www.esa.int/Science_Exploration/Space_Science/Webb/Webb_confirms_its_first_exoplanet

02/05/2022 Futures perturbations prévues du MMM, Modèle Magnétique Mondial

Chaque écolier un tant soit peu averti sait différencier le pôle Nord géographique et le pôle Nord magnétique de la Terre.

Le premier est, par définition, le point le plus au Nord de la planète où les méridiens et fuseaux horaires se croisent. C’est celui qu’indique les cartes. Le second désigne un point errant où le champ magnétique de la Terre est au plus haut. L’aiguille des boussoles est attirée par ce point et les systèmes de localisation et de navigation modernes reposent en partie sur lui.

Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%B4le_Nord_magn%C3%A9tique

Cependant, s’il est connu des chercheurs que ce pôle magnétique Nord se déplace de manière cahotique (aléatoire) plusieurs études récentes montrent que son mouvement se serait accéléré sans que l’on ne comprenne pourquoi. Pour certains scientifiques, cela pourrait signifier le début du processus d’inversion des pôles Nord et Sud de la planète.
 
Repéré pour la première fois en 1830, ce pôle magnétique s’éloigne régulièrement de son point originel. Si l’on estimait que celui-ci se déplaçait à une vitesse fixe de 10 kilomètres par an, les chercheurs observent une accélération de ses déplacements ces derniers temps. Ils pensent désormais savoir pourquoi ce point flottant est en perpétuel mouvement sur le globe.

En effet, selon une étude intitulée “Recent north magnetic pole acceleration towards Siberia caused by flux lobe” son mouvement continu et en accélération aurait des raisons géologiques. Les résultats de la recherche, publiée dans la revue Nature Geoscience, montrent que ce mouvement serait apparemment dû à l’écoulement de matériaux terrestres en fusion à l’intérieur même du globe, en l’occurrence, l’écoulement du fer. En effet, le déplacement de ces matériaux dans le noyau terrestre permet de déterminer ou s’affaiblit et ou se renforce le champ magnétique terrestre, et donc, où celui-ci se situera à l’avenir.

Depuis les années 90, on estime que le pôle magnétique de la Terre se déplace à une vitesse d’environ 50 kilomètres par an alors que dans les années 90, on était plutôt aux environs de seulement 10 kilomètres. Pour l’année 2018, on est plutôt aux alentours de 58 kilomètres.

Ainsi, au vu de ces accélérations, les chercheurs ont estimé que le pôle se déplaçait vers la Sibérie pour s’éloigner de plus en plus du Canada. Les mouvements chaotiques du fer liquide causent donc de puissantes ondes hydro magnétiques. Selon Phil Livermore, géomagnétiste à l’Université de Leeds en Angleterre, ces courants semblent affaiblir le champ magnétique ao Canada au profit de la Sibérie, faisant ainsi bouger le pôle magnétique terrestre.

Pour en savoir plus :

National Geographic : Le pôle Nord magnétique se déplace plus rapidement que prévu

The Science Times: Earth’s North Magnetic Pole Is Moving to Siberia From Canada Due To Molten Material in the Planet’s Interior, Study Suggests

02/05/23. Quel intérêt l’Ukraine présente-t-elle pour la Chine?

Xi Jinping et Volodymyr Zelensky se sont parlé au téléphone pour la première fois depuis le début de la guerre. Après l’entretien téléphonique avec Xi Jinping, qualifié de « long et significatif » par le président ukrainien, ce dernier a nommé un ambassadeur en Chine. Xi Jinping aurait dit à Zelensky que « le dialogue et la négociation »sont la « seule issue» au conflit avec la Russie, a annoncé mercredi 26 avril la télévision d’Etat chinoise, CCTV.

Sur le sujet de la crise ukrainienne, la Chine, selon CCTV, a toujours été du côté de la paix et sa position fondamentale est de promouvoir un dialogue de paix »,

La Chine a dit qu’elle enverra une délégation en Ukraine pour chercher un « réglement politique »du conflit.

Pékin avait publié en février un document en 12 points présentant sa position sur le conflit en Ukraine. L’initiative, parfois perçue comme un plan de paix, exhorte notamment Moscou et Kiev à tenir des pourparlers.

Le texte s’oppose également à tout recours à l’arme nucléaire et appelle à respecter l’intégrité territoriale de tous les pays – sous-entendu également celle de l’Ukraine dont une partie du territoire est sous contrôle russe.

On sait à Pékin que la guerre que mène l’Otan (les Etats-Unis) contre la Russie en Ukraine pourrait préparer une guerre américaine directe contre la Belt and Road Initiative (BRI). Celle-ci, d’inspiration chinoise, vise à rassembler directement ou indirectement une cinquantaine de pays voulant établir avec la Chine des infrastructures de transport et des réseaux de production et d’échanges dans tous les domaines objets d’un rapide développement.

Jusqu’en 2019, l’Ukraine était une partenaire incontournable de la Chine. Le principal centre de négociation de la BRI était à Kiev depuis 2018. Tout ceci est gelé depuis 2022. On notera que les industries militaires chinoises tentèrent d’investir en Ukraine, mais que Kiev s’y était opposé.

01/05/2023. Un projet pour accéder à l’eau douce des océans

Cela a toujours été le rêve des humains : satisfaire leurs besoins d’eau en buvant l’eau des océans. Malheureusement celle-ci est si chargée en sels divers qu’elle est imbuvable. Tenter de la boire serait s’empoisonner en quelques heures

À défaut, des chercheurs de l’université de l’Illinois viennent de publier les résultats de travaux qui pourraient changer les choses en matière d’accès à l’eau potable: à condition de se munir des infrastructures nécessaires à la conduite d’un tel projet, la vapeur d’eau émanant des océans pourrait être récoltée afin d’être consommée en toute tranquillité.

L’équipe dirigée par Praveen Kumar, professeur en génie civil et environnemental, a mené son étude sur quatorze points du globe, explique Interesting Engineering.

(voir références ci-dessous d’un article de Sade Agard, éditrice associée (https://interestingengineering.com/author/sade-agard)

Le projet de Praveen Kumar visant à mettre en place des stations d’équipements offshore permettant de récolter cette vapeur océanique est apparemment viable quelle que soit la localisation, et ce malgré les changements climatiques actuels.

Reference
We might finally harness the limitless fresh water vapor hidden above the oceans
« Oceanic vapor flux will only increase over time. »

Sade Agad: Dec 06, 2022
The study was published in the journal Nature Scientific Reports on December 2022

Abstract:

While significant parts of the globe are already facing significant freshwater scarcity, the need for more freshwater is projected to increase in order to sustain the increasing global population and economic growth, and adapt to climate change. Current approaches for addressing this challenge, which has the potential to result in catastrophic outcomes for consumptive needs and economic growth, rely on increasing the efficient use of existing resources. However, the availability of freshwater resources is rapidly declining due to over-exploitation and climate change and, therefore, is unlikely to sustainably address future needs, which requires a rethink of our solutions and associated investments. Here we present a bold departure from existing approaches by establishing the viability of significantly increasing freshwater through the capture of humid air over oceans. We show that the atmosphere above the oceans proximal to the land can yield substantial freshwater, sufficient to support large population centers across the globe, using appropriately engineered structures. Due to the practically limitless supply of water vapor from the oceans, this approach is sustainable under climate change and can transform our ability to address present and future water security concerns. This approach is envisioned to be transformative in establishing a mechanism for sustainably providing freshwater security to the present and future generations that is economically viable.

29/04/2022 A propos de la New Left Revue

Nous recommandons à ceux qui ne la connaissent pas encore la lecture de la New Left Revue. Il s’agit d’un journal de 160 pages en anglais, édité tous les deux mois à Londres. Il analyse les rapports entre puissances, les politiques économiques mondiales, les mouvements de protestation et les théories et idées innovantes.

La Revue publie aussi en espagnol, mais malheureusement pas encore en français

Pour en savoir plus faire New Left Revue https://newleftreview.org/pages/about

30/04/2023. Fortes probabilités de trouver des formes de vie sur Mars

Si des formes de vie, vie passée ou vie actuelle, pouvaient être détectées par de futures missions spatiales, ce sera probablement sur la planète Mars, suffisamment proche de la Terre à tous égards, qu’une telle découverte se ferait.

Certes les rovers d’exploration martienne actuellement en service n’ont pas observé la présence d’eau, indispensable à la vie. Mais le relief de la planète montre indiscutablement que de grandes quantités d’eau s’y trouvaient il y a un milliard d’années ou plus. Elles auraient pu former de véritables mers, équivalentes en volume à la moitié de l’océan atlantique.

Cette eau aurait disparue en surface à la suite d’une oscillation de l’axe vertical de rotation de la planète, qui aurait provoqué un relèvement de la température. Mais elle pourrait encore se trouver enfermée sous forme de vapeur ou même de gouttes liquides dans la croûte superficielle constituant la surface de la planète. Elle comporterait nécessairement en solution un certain nombre des sels minéraux nécessaires à la vie telle que nous la connaissons

On apprend que le petit robot d’exploration chinois Zhurong selon l’administration spatiale nationale chinoise (CNSA) a détecté pour la première fois des signes d’une activité aquatique récente sur la planète rouge. La découverte a été annoncée par une équipe de recherches de l’Académie chinoise des sciences, dont les travaux ont été publiés le 28 avril dans la revue Science Advances. L’équipe a analysé des données collectées par le robot en mai 2022 dans la région d’Utopia Planitia, une vaste plaine dans l’hémisphère nord.

Au cours de ses déplacements dans cette zone , Zhurong a observé quatre dunes en forme de croissant (voir image ci-dessous) recouvertes de fines croûtes et de crêtes fracturées, dans le but d’en révéler la composition. Des analyses ultérieures en laboratoire ont montré que ces couches de résidus provenaient de la fonte de petites poches d’eau, il y a de cela entre 400.000 et 1,4 million d’années. Leur composition chimique a révélé notamment la présence de minéraux hydratés, tels que des sulfates, de la silice, de l’oxyde de fer et des chlorures.

Ces dernières années, grâce à la succession des missions d’observation et aux premières expéditions de robots sur le sol martien, les preuves d’une présence ancienne de l’eau en surface s’étaient accumulées. La planète Mars a eu ses rivières, ses lacs et ses océans, des traces géologiques en attestent.

Mais y a environ 3 milliards d’années, sous l’effet de changements climatiques inexpliqués, une grande partie de cette eau a gelé, mais reste néanmoins présente en quantité importante sous forme de glace aux pôles. 

Selon le chercheur Xiaoguang Qin, qui a dirigé ces travaux, de l’eau provenant de ces régions a pu être transportée sous des latitudes plus basses, quand les calottes polaires de la planète ont libéré de grandes quantités de vapeur d’eau, il y a quelques millions d’années, suite à un changement d’inclinaison de l’astre, les exposant plus directement au soleil. Les températures glaciales de la planète ont condensé la vapeur d’eau à la dérive puis l’ont laissé retomber sous forme de neige loin des pôles, explique le site Space.com qui relaie ces recherches.

Les sels présents dans les dunes martiennes auraient ensuite réchauffé la neige tombée et l’auraient fait dégeler suffisamment pour former de l’eau salée. Cette dernière se serait ensuite évaporée rapidement, , laissant derrière elle du sel et d’autres minéraux nouvellement formés qui se sont infiltrés entre les grains de sable de la dune, les cimentant pour former une croûte. L’équipe chinoise suggère de mener des recherches lors de nouvelles missions pour y détecter des microbes tolérants au sel.

En principe, il serait assez facile de les ranimer et les faire se reproduire sur Terre dans des laboratoires suffisamment protégés.

Référence

Modern water at low latitudes on Mars: Potential evidence from dune surfaces

SCIENCE ADVANCES
28 Apr 2023
Vol 9, Issue 17

DOI: 10.1126/sciadv.add8868

Abstract

Landforms on the Martian surface are critical to understanding the nature of surface processes in the recent past. However, modern hydroclimatic conditions on Mars remain enigmatic, as explanations for the formation of observed landforms are ambiguous. We report crusts, cracks, aggregates, and bright polygonal ridges on the surfaces of hydrated salt-rich dunes of southern Utopia Planitia (~25°N) from in situ exploration by the Zhurong rover. These surface features were inferred to form after 1.4 to 0.4 million years ago. Wind and CO2 frost processes can be ruled out as potential mechanisms. Instead, involvement of saline water from thawed frost/snow is the most likely cause. This discovery sheds light on more humid conditions of the modern Martian climate and provides critical clues to future exploration missions searching for signs of extant life, particularly at low latitudes with comparatively warmer, more amenable surface temperatures.

Les rovers d’exploration martienne actuels ou prévus

Liste

ObjetPaysLocalisation
Curiosity (MSL)États-UnisCratère Gale
Schiaparelli (ExoMars EDM)Europe (Agence spatiale européenne) Russie (Roscosmos)Meridiani Planum
InSightÉtats-Unis (Avec des expériences française et allemandes)Elysium Planitia
Perseverance (Mars 2020)États-UnisCratère Jezero

Zhurong Chine Utopia Planitia

Pour plus de détail, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_objets_artificiels_sur_Mars

 .

28/04/2023 Préserver l’obscurité du ciel nocturne

Depuis 2019, le nombre de satellites placés en orbite terrestre basse (OTB) a plus que doublé notamment en raison de la création de Starlink: la première «méga-constellation» de satellites de l’entreprise américaine SpaceX. Une nouvelle constellation pour servir les besoins d’internet devrait d’ailleurs bientôt rejoindre cet espace, situé à 2.000 kilomètres au-dessus de la Terre.

Ceci ne sera pas sans un coût que des scientifiques ont appelé à mesurer dans un article que vient de publier Nature, dont on trouvera ci-dessous les références et le résumé.

L’article  indique que, pour la première fois, les chercheurs ont pu mesurer le coût financier et scientifique d’un ciel nocturne plus lumineux sur le travail d’un observatoire majeur. Ainsi, pour le futur Astronomic Observatoire Vera-C.-Rubin au Chili, la partie la plus sombre du ciel nocturne deviendra 7,5% plus lumineuse dans les dix prochaines années. Cela aurait pour conséquence de réduire d’environ 7,5% le nombre d’étoiles observables et coûterait 21,8 millions de dollars (soit environ 20,2 millions d’euros) supplémentaires.

Les astronomes professionnels et les observatoires ne seraient d’ailleurs pas les seules victimes d’un ciel nocturne plus lumineux. «Cela menace également notre relation ancienne avec le ciel nocturne, affirme Aparna Venkatesan, de l’université de San Francisco. L’espace est notre patrimoine et ancêtre commun. Il nous relie par la science, la narration, l’art, la cosmogonie et les traditions culturelles. Et il est désormais en danger.»

Référence
nature astronomy  

  1. Published: 20 March 2023
A call for scientists to halt the spoiling of the night sky with artificial light and satellites

Nature Astronomy 

volume7, pages 237–239 (2023)

Unfettered access to dark night skies is rapidly diminishing, due to light pollution and satellite constellation tracks. Scientists should do more to stand up to ‘big light’ and ‘big space’ and preserve this natural resource.

Light pollution, produced both at Earth’s surface and from low Earth orbit (LEO) satellites, is rapidly increasing. In the case of light at night, light is considered by the general public as a positive thing per se, with no side effects, notwithstanding the evidence produced by scientific research in the last decades. Yet artificial light at night (ALAN) is an anthropogenic pollutant, as defined since 1979 by the United Nations1: “‘Air pollution’ means the introduction by man, directly or indirectly, of substances or energy into the air resulting in deleterious effects of such a nature as to endanger human health, harm living resources and ecosystems and material property and impair or interfere with amenities and other legitimate uses of the environment, and ‘air pollutants’ shall be construed accordingly,” where2 “‘energy’ is understood to include heat, light, noise and radioactivity introduced and released into the atmosphere through human activities.”

28/04/2023. Publication de la synthèse du 6e rapport d’évaluation du GIEC.

Le GIEC a publié le 20 mars la synthèse de son 6e rapport d’évaluation. Il décrit des changements d’une ampleur inédite, avec des effets néfastes dans le monde entier. Les scientifiques exposent aussi des solutions concrètes pour remplir nos objectifs climatiques… à condition d’une volonté politique pour les mettre en œuvre. Mais le GIEC, tel Jean, ne clame-t-il pas dans le désert ? 1)

1)) Évangile selon saint Jean, ch. I : voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent à Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui êtes-vous ? » Car il confessa la vérité et ne la nia point ; il confessa qu’il n’était pas le Christ. « Quoi donc, lui dirent-ils en l’interrogeant, êtes-vous prophète ? » Et il répondit : « Non. »

Ils lui dirent alors : « Qui êtes-vous donc ? afin que nous puissions rendre témoignage à ceux qui nous ont envoyés. Que dites-vous de vous-même ? « Je suis, répondit-il, la voix de Celui qui crie dans le désert : Rendez droite la voie du Seigneur ! »

Référence