20/05/2023. Erdogan sort renforcé du premier tour des élections turques

Les Etats-Unis et l’Union européenne n’ont pas vraiment pavoisé au vu des résultats du premier tour des élections présidentielles et parlementaires turques de mai 2023. Recep Erdogan en est sorti renforcé. Cela ne satisfera pas les intérêts géopolitiques des pays occidentaux. Ils espéraient un président affaibli et des majorités instables. C’est le contraire qui est advenu.

Cependant, le rival malheureux d’Erdogan Kemal Kilicdaroglu n’a pas renoncé. Il s’appuie sur un rapport d’un observateur de l’OSCE chargé de surveiller la régularité des élections. Celui-ci accuse Erdogan d’avantages injustifiés et de mauvais usage des ressources administratives. Il accuse également la commission électorale de manque de transparence et d’indépendance, en désaccord avec un « 1990 Copenhagen Document » qui contient des prescriptions à appliquer lors des élections

Il est vrai que le secret du vote n’avais pas toujours été garanti et que les votes collectifs et familiaux avaient été souvent tolérés. Le département d’Etat américain a sans attendre exhorté Erdogan à respecter pour le second tour des élections le 28 mai ses obligations en tant que membre de l’Otan et de l’OSCE (voir https://www.state.gov/briefings/department-press-briefing-may-15-2023/#post-446729-turkey

Le chef de la diplomatie européenne Joseph Borrel a tenu le même langage.

Le succès ou l’échec d’Erdogan aura évidemment des conséquences sur le conflit qui oppose la partie occidentalisée de la Turquie et ses provinces orientales où progressent rapidement des mouvements tentés par un islamisme de combat. Ceux-ci, en échec pour le moment au Moyen-Orient, visent à s’étendre en Europe pour y mener de véritables guerres civiles à partir notamment des banlieues urbaines en voie d’islamisation.

Aussi un succès d’Erdogan aux élections conforterait ses efforts pour faire de la Turquie un carrefour d’échanges concernant l’énergie, les industries alimentaire, les transports. Plus tard il visera les industries nucléaires et de défense ainsi que les grandes infrastructures sur le modèle chinois de la Belt and Road.

On notera que la Russie, qui n’a guère d’autres choix, se dit approuver ces initiatives turques

19/05/2023 Les missiles supersoniques russes

Selon actucapital.fr daté du 23/02/2023 la Russie n’utilise que parcimonieusement ses nouvelles armes hypersoniques.

L’armée de Vladimir Poutine n’aurait lancé qu’une douzaine de missiles Kinjal sur le territoire ukrainien. Ce qui est peu comparé à la campagne de bombardements massifs classiques pratiquée par la Russie. Les analystes militaires évoquent plusieurs pistes pour expliquer cette maigre utilisation des “armes absolues” du Kremlin.

”C’est l’arme absolue”. Voilà ce qu’avait déclaré le président russe Vladimir Poutine au sujet des nouveaux missiles hypersoniques fabriqués par Moscou. Le Kinjal, le Zircon mais aussi l’Avangard sont les premiers engins de ce type à être opérationnels et ils seraient capables de déjouer n’importe quel bouclier anti-missile.

Pourtant, selon le site Bulgarian Military, l’armée russe ne semble pas utiliser massivement ses missiles futuristes contre l’Ukraine. La cause ? Un coût de production trop élevé et une technologie qui n’est pas encore arrivée à maturité.

D’après  Bulgarian Military, les forces russes ont lancé environ 12 missiles hypersoniques pour bombarder le territoire ukrainien. L’efficacité du Kinjal semble être prouvée et l’appareil tient ses promesses en termes de vitesse. Ce missile peut atteindre des vitesses supérieures à 10.000 kilomètres/h. Long d’environ 7,4 mètres pour un poids de 4 tonnes, il peut frapper des cibles dans un rayon de 2.000 kilomètres. Seuls les gros bombardiers russes TU-M22 et des avions de chasse Mig-31 spécialement modifiés peuvent transporter un tel missile. La tête du Kinjal est équipée d’explosifs conventionnels pour toucher des cibles au sol et surtout des navires de guerre.

L’armée russe hésiterait pourtant à utiliser le Kinjal de manière massive en raison des faibles quantités produites. Des analystes militaires estiment que Moscou n’aurait produit que 50 à 150 missiles de ce type pour l’instant. Le coût du Kinjal jouerait en sa défaveur car les forces russes estiment qu’il n’est pas assez rentable de l’utiliser pour bombarder des unités ukrainiennes car celles-ci sont dispersées sur le front et il n’y a pas de regroupement majeur de soldats à un même endroit.

Le gouvernement de Vladimir Poutine garderait aussi beaucoup de ses missiles hypersoniques en réserve dans le cadre d’un conflit potentiel avec des pays membres de l’Otan. Selon Bulgarian Military, d’autres experts affirment que les forces russes n’ont tout simplement pas les moyens logistiques pour tirer davantage de missiles hypersoniques. En effet, l’armée de l’air n’aurait pas assez de bombardiers et de chasseurs modernisés pour emporter de tels missiles .

Cependant, la menace des appareils russes est bien réelle. Le général français Thierry Burkhard a affirmé devant le Sénat que “la mise en service de missiles hypersoniques a bien eu lieu, mais leur efficacité opérationnelle n’est pas encore à maturité”. Le général a ajouté que “l’intérêt d’un missile hypersonique est sa capacité accrue de pénétration des systèmes de défense pour détruire les centres de pouvoir et de décision”. Des armes comme le Kinjal ou l’Avangard pourraient ainsi “décapiter” la tête d’un gouvernement ou d’une armée et paralyser le fonctionnement de tout un pays.

La Russie n’en est pas là pour le moment. Ce serait la guerre totale

La France étudie pour sa part, dans le cadre d’une coopération entre ArianeGroup et l’ONERA., le projet d’un planeur hypersonique dit V-MAX. Voir wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/V-MAX

19/05/2023 La bulle informationnelle

Pourquoi ne recevons-nous aucun message de civilisations développées analogues à la nôtre, alors que le nombre de planètes de type terrestre révélé par les dernières observations astronomiques en orbite se chiffre par dizaines

C’est la question que posait le physicien Enrico Fermi dès 1950 en réponse à une question iconoclaste: quel est le nombre potentiel de civilisations extraterrestres intelligentes en mesure d’entrer en contact avec nous ?

Contre toute attente, le nombre qu’il obtint est particulièrement important, ce qui va le conduire à formuler son paradoxe : « si le nombre de civilisations en mesure de nous rendre visite aujourd’hui est si grand, comment se fait-il que nous n’en ayons jamais perçu aucun signe ? ».

Une réponse à cette question est aujourd’hui apportée par la théorie de la « bulle informationnelle » telle que présentée par l’astrophysicien Roland Lehoucq (voir ci-dessous) La durée de propagation d’une communication interstellaire pourrait se chiffrer en dizaines, voire en centaines d’années. Sans compter qu’avec la distance, les ondes s’atténuent et se déforment

Pour entrer en contact avec une autre civilisation, il faudrait que celle-ci soit assez proche. «Plusieurs civilisations technologiques pourraient donc cohabiter dans la galaxie en s’ignorant totalement, explique Roland Lehoucq, car leurs bulles informationnelles ont une intersection spatiale et temporelle vide – autrement dit, ne se recoupent pas. […]

Finalement, on pourrait se représenter l’histoire des civilisations capables de communiquer à l’échelle interplanétaire comme une série de flashs qui s’allument ici et là dans la galaxie, jamais suffisamment intensément, jamais suffisamment longtemps, et avec des moyens de communication éventuellement incompatibles pour pouvoir interagir. »

Par ailleurs, si on tient compte de la durée de vie d’une civilisation qui épuiserait les ressources de sa planète pour développer une technologie avancée, des milliers de civilisations auraient pu exister avant nous et s’éteindre, et des milliers d’autres pourraient exister après nous, dont nous ne saurons jamais rien.

Mais peut-être est-ce mieux ainsi. Comme le disait Stephen Hawking: « S’ils viennent nous rendre visite, la situation sera sûrement pire ». Les Indiens d’Amérique auraient du raisonner ainsi en voyant débarquer les premiers Européens

Référence

Roland Lehoucq et al. Où sont-ils ? Les extraterrestres et le paradoxe de Fermi (sous la direction de Gabriel Chardin, CNRS éditions, 2017)

https://www.cnrseditions.fr/catalogue/physique-et-astrophysique/ou-sont-ils-2/

18/05/2022 La lumière des solitons topologiques

Un soliton  (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Soliton) est une onde solitaire qui se propage sans se déformer dans un milieu non linéaire et dispersif. On en trouve des exemples dans de nombreux milieux: solutons hydrodynamiques, solutons optiques, solutons mécaniques, solutons électriques

En théorie (quantique) des champs, les solitons topologiques sont des solutions classiques non triviales topologiquement. Ils portent différents noms suivant qu’ils minimisent l’action (→ instanton) ou l’énergie et en fonction des topologies respectives de l’espace et du groupe de jauge (monopôlevortexskyrmiontoron, …).

Les solutons topologiques décrits par la théorie des cordes pourraient être pris pour des trous noirs ordinaires. S’ils existaient vraiment, ils pourraient résoudre un paradoxe observé depuis longtemps concernant les trous noirs . Un soliton topologique est une région ou l’espace-temps lui-même s’enroule et forme un trou dans lequel la lumière tombe et dont elle ne peut ressortir

Dans un espace-temps à 2 dimensions ces objets ressemblent à des beignets plats qui attirent la lumière dans leur trou central. Cependant la théorie des cordes postule que l’espace possède de nombreuses dimensions. Il en résulte que la vraie forme du soliton topologique peut ne pas être perçue dans notre espace à 3 dimensions. Si de la lumière tombait dans une de ces strucrutures, elle pourrait ne pas paraître être totalement noire en son centre. On y verrait des tourbillons de lumière s’y enfonçant.

En 2010 le Event Horizon Telescope (EHT) avait produit une image montrant un de ces trous noirs entouré de cercles de matière et de lumière. Les cosmologues dirigés par Ibahim Bas de la John Hopkins University USA responsables de cette image s’étaient demandé si d’autres objets dans l’univers pourraient avoir des propriétés semblables et ils trouvèrent les solitons topologiques. Mais comme ceux- ci émettaient de la lumière, ils en déduisirent qu’ils ne pouvaient pas être des trous noirs.

Référence

https://journals.aps.org/prd/abstract/10.1103/PhysRevD.107.084042

Imaging topological solitons: The microstructure behind the shadow

Pierre Heidmann, Ibrahima Bah, and Emanuele Berti
Phys. Rev. D 107, 084042 – Published 25 April 2023

ABSTRACT

We study photon geodesics in topological solitons that have the same asymptotic properties as Schwarzschild black holes. These are coherent states in string theory corresponding to pure deformations of spacetime through the dynamics of compact extra dimensions. We compare these solutions with Schwarzschild black holes by computing null geodesics, deriving Lyapunov exponents, and imaging their geometries as seen by a distant observer. We show that topological solitons are remarkably similar to black holes in apparent size and scattering properties, while being smooth and horizonless. Incoming photons experience very high redshift, inducing phenomenological horizonlike behaviors from the point of view of photon scattering. Thus, they provide a compelling case for real-world gravitational solitons and topological alternatives to black holes from string theory.

18/05/2022 Le métavers. Un futur accéléré par la 5 G

Le métavers repose sur plusieurs technologies existantes ou en développement qui viennent se compléter afin de créer de nouvelles expériences sensorielles, avec les services associés

.C’est notamment le cas de la réalité augmentée (ou AR pour « augmented reality ») et de la réalité virtuelle (ou VR pour « virtual reality »), qui sont des technologies bien maîtrisée. En parallèle, le futur du métavers pourrait se construire grâce au concept du web3

Le web3 est une nouvelle évolution du web qui repose sur une version décentralisée basée sur la blockchain, la technologie qui est derrière de nombreuses cryptomonnaies. On peut en espérer une forme de décentralisation qui remette les usagers au centre des usages avec un changement de technologie, mais aussi une forme de politique réduisant ou supprimant la concentration des géants du web (les GAFAM). 

Pour faire communiquer les contenus, concepts, et innovations du métavers, il est nécessaire de disposer d’un réseau adapté. Ceci signifie

  • Transmettre des volumes importants de données : le métavers implique de transférer d’importantes quantités de données entre équipements individuels (casques de réalité virtuelle, lunettes connectées, smartphone, tablette, etc.) et serveurs informatiques. Un monde virtuel reste beaucoup plus complexe et lourd à gérer que de partager une simple image, même animée.. 
  • Une latence réduite au minimum : si un utilisateur bouge la tête en réalité virtuelle, les nouvelles images immersives doivent être projetées en moins de 20 millisecondes pour éviter l’équivalent d’une mal des transports. Si les technologies de traitement intelligent sur les appareils connectés  peuvent réduire la latence, il faut aussi que celle-ci bénéficie d’un réseau particulièrement réactif en situation de mobilité. 
  • Une mobilité continue : le métavers peut se vivre depuis chez soi avec une bonne connexion internet à très haut débit. Mais il doit aussi être accessible à l’extérieur, en déplacement par exemple. Une couverture globale en 5G est donc indispensable pour couvrir tous les usages. 

La démocratisation de la 5G dans le monde est justement l’ingrédient manquant pour accélérer le développement du métavers grâce à sa couverture et ses capacités constantes, à sa grande mobilité, à sa capacité de transférer d’importantes données, à sa faible latence et à sa capacité de faciliter le calcul en périphérie des terminaux (ce qu’on appelle « l’edge computing ») avec des débits très élevés. Sans quoi l’industrie des télécoms aura du mal à acheminer ces services très immersifs.

Le métavers est donc un projet à suivre de près pour les entreprises, comme pour les opérateurs de téléphonie capables de fournir un haut niveau de service avec une 5G performante. Coupler métavers et 5G avec des réseaux très fiables, à haut débit et à latence limitée constitue un important défi pour l’avenir, notamment pour l’Europe et la France. Il s’agira de réinventer l’internet.

Note

Blockchain
https://www2.assemblee-nationale.fr/static/15/commissions/CFinances/blockchain-synthese.pdf?v=1671545720

https://www.economie.gouv.fr/entreprises/blockchain-definition-avantage-utilisation-application https://www.economie.gouv.fr/entreprises/blockchain-definition-avantage-utilisation-application

Pour plus de détails

https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tavers#:~:text=Le%20Metavers%20serait%20compos%C3%A9%20de,pourrait%20bouleverser%20l’%C3%A9conomie%20num%C3%A9rique.

17/06/2023 L’alliance russo-chinoise est-elle plus que du Hedging?

Il est peut-être trop rapide de parler d’une alliance russo-chinoise comme si elle était définitive et surtout, si elle se manifestait dans tous les domaines. Mieux vaudrait employer le terme anglais de « hedging ».

Il est clair que pour le moment, face à la volonté dominatrice du complexe militaro-industriel américain, Moscou et Pékin n’ont d’autres choix que rassembler leurs forces. Mais dans de nombreux domaines, il vaudrait mieux parler d’alliances d’opportunités? Cette position s’imposera là où la Chine aurait beaucoup à perdre en renonçant à travailler avec l’Occident et plus particulièrement avec l’Europe, notamment la France et le Royaume Uni.

Le hedging s’imposera dans de nombreux domaines de la recherche scientifique avancée, tout au moins quand s’il s’agira de sciences sans applications militaires immédiates. Ainsi la Russie ne pourra plus répondre aux besoins de la Chine en matière de recherche médicale approfondie, alors que le nombre des affections sans cause évidente se multipliera, notamment en conséquence du réchauffement climatique.

Dans le domaine spatial, la Chine, tout en tenant à affirmer ne vouloir faire appel qu’à ses propres forces, ne pourra se contenter d’alliances avec la Russie qui n’est plus la Russie du temps de Gagarine. La Nasa américaine et surtout l’ESA europénne auront au contraire un besoin croissant de coopération avec Pekin, notamment en ce qui concerne les réseaux et applications suborbitales.

Plus à terme, concernant la lutte contre le réchauffement climatique, et notamment la lutte contre le réchauffement des mers, la Chine ne pourra se passer d’alliances avec l’Occident et particulièrement d’alliances avec la France.

Note sur le hedging

Au plan technique, le hedging consiste à détenir deux positions ou plus en même temps avec pour but de compenser les pertes d’une position grâce aux gains d’une autre.

Le hedging peut tout au moins limiter les pertes en un montant connu. Il peut s’apparenter à une assurance : le hedging n’empêchera pas un incident mais peut vous protéger si le pire se produit.

C’est un outil de gestion du risque utilisé par les investisseurs à court et moyen terme pour les protéger contre des mouvements de marché défavorables. Le hedging n’est généralement pas utilisé dans le cadre d’une stratégie à long terme car les variations de prix à court terme n’ont pas beaucoup d’impact pour les investisseurs ayant une stratégie « acheter et conserver

Les investisseurs effectuent des opérations de hedging non pas pour générer des profits mais pour minimiser leurs pertes. Le trading présente un risque élevé car il est impossible d’empêcher les marchés de se retourner contre vous. Cependant, une stratégie de hedging efficace peut vous permettre de minimiser le montant que vous pourriez perdre.

Par exemple, le marché du forex est tellement volatil que personne ne peut savoir exactement ce qui va se produire. Le hedging est donc un excellent moyen de limiter votre exposition au risque des devises..

16/05/2023 L’arsenal nucléaire stratégique américain

Les Etats-Unis ont dévoilé lundi 15 mai les chiffres de leur arsenal stratégique de dissuasion nucléaire, disant vouloir respecter le traité de désarmement nucléaire New Start et appelant la Russie, qui a suspendu sa participation, à faire de même.

Washington a comptabilisé 662 missiles, 1 419 ogives nucléaires et 800 lanceurs. Depuis l’épidémie de Covid-19 Moscou refuse toute inspection de son arsenal.

Signé en 2010, le traité New Start est le dernier accord bilatéral de désarmement nucléaire liant Russes et Américains. Il limite les arsenaux des deux puissances nucléaires à un maximum de 1550 ogives stratégiques offensives déployées chacun, soit une réduction de près de 30% par rapport à la limite précédente fixée en 2002. Il limite aussi le nombre de lanceurs et bombardiers lourds à 800.

Par ailleurs, les Etats-Unis prévoient des plans de modernisation, de mise à niveau et de reconstruction de leur arsenal nucléaire vieillissant. Au cours des 30 prochaines années, ils dépenseront au moins 1,2 billion de dollars pour entretenir et moderniser leurs armes nucléaires. Avec l’inflation, les dépassements de coûts et la sous-estimation courante des budgets consacrés aux systèmes d’armes, le coût final de l’entreprise nucléaire américaine pourrait s’élever à 2 billions de dollars.

Rappelons qu’en suite à la décision de mettre fin aux essais d’armes nucléaires en 1992, le plan de gestion de l’intendance des stocks qui en résulte modernise les armes nucléaires existantes au moyen de programmes de prolongation de la durée de vie, de modifications et de transformations afin de maintenir une force de dissuasion nucléaire opérationnelle.

Si la «prolongation de la durée de vie» est avant tout un moyen de remettre à neuf des armes nucléaires spécifiques, elle est aussi l’un des principaux moteurs de la redéfinition des vecteurs nucléaires (missiles, sous-marins, bombardiers) en systèmes plus efficaces, plus rapides et plus furtifs, rendant l’arsenal nucléaire global plus mortel.

La NNSA exécute actuellement cinq grands programmes de modernisation des armes nucléaires. Ces programmes comprennent une bombe gravitationnelle (B61-12) et un missile de croisière à lanceur aérien dont la puissance nucléaire peut être augmentée ou diminuée (ajustée), ce qui permet une plus grande souplesse.

Parmi les ogives modifiées figure la W76-2, une version à faible puissance (5-7 kilotonnes) de l’ancienne W76-1, plus puissante (100 kilotonnes). Par comparaison, les bombes qui ont détruit Hiroshima et Nagasaki étaient respectivement d’environ 15 et 20 kilotonnes.

Les opposants aux nouvelles «mini-bombes nucléaires» à faible puissance font valoir que les bombes à rendement sélectif réglable peuvent produire moins de retombées radioactives et, par conséquent, abaisser le seuil d’utilisation, ce qui rend plus probable un conflit nucléaire. Actuellement, les stocks américains comprennent environ 1000 ogives dotées d’options de rendement sélectif, dont certaines ne dépasseraient pas 0,3 kilotonne (les rendements exacts sont classés secret-défense).

Pendant ce temps, les Etats-Unis réaliseront c leurs plans de modernisation, de mise à niveau et de reconstruction de leur propre arsenal nucléaire vieillissant. Au cours des 30 prochaines années, ils dépenseront au moins 1,2 billion de dollars pour entretenir et moderniser leurs armes nucléaires. Avec l’inflation, les dépassements de coûts et la sous-estimation courante des budgets consacrés aux systèmes d’armes, le coût final de l’entreprise nucléaire américaine pourrait s’élever à 2 billions de dollars afin de maintenir une force de dissuasion nucléaire.

Si la «prolongation de la durée de vie» est avant tout un moyen de remettre à neuf des armes nucléaires spécifiques, elle est aussi l’un des principaux moteurs de la redéfinition des vecteurs nucléaires (missiles, sous-marins, bombardiers) en systèmes plus efficaces, plus rapides et plus furtifs, rendant l’arsenal nucléaire global plus mortel.

Un porte-parole de la NNSA (National Nuclear Security Administration) a confirmél que celle-ci exécutait actuellement cinq grands programmes de modernisation des armes nucléaires. Ces programmes comprennent une bombe gravitationnelle (B61-12) et un missile de croisière à lanceur aérien dont la puissance nucléaire peut être augmentée ou diminuée (ajustée), ce qui permet une plus grande souplesse.

Parmi les ogives modifiées figure la W76-2, une version à faible puissance (5-7 kilotonnes) de l’ancienne W76-1, plus puissante (100 kilotonnes). Par comparaison, les bombes qui ont détruit Hiroshima et Nagasaki étaient respectivement d’environ 15 et 20 kilotonnes.

La première ogive W76-2 a été achevée en février dans la seule usine d’assemblage et de démontage d’armes nucléaires des Etats-Unis, l’usine Pantex près d’Amarillo, au Texas. Toutefois, en juin, les démocrates parlementaires ont bloqué le financement du déploiement du W76-2 sur des missiles balistiques lancés par des sous-marins.

Les opposants aux nouvelles «mini-bombes nucléaires» à faible puissance font valoir que les bombes à rendement sélectif réglable peuvent produire moins de retombées radioactives et, par conséquent, abaisser le seuil d’utilisation, ce qui rend plus probable un conflit nucléaire. Actuellement, les stocks américains comprennent environ 1000 ogives dotées d’options de rendement sélectif, dont certaines ne dépasseraient pas 0,3 kilotonne (les rendements exacts sont classés secret-défense).

«Même le rendement le plus faible est une force explosive très importante par rapport aux plus grandes armes conventionnelles que l’homme ait pu fabriquer», a déclaré Hans Kristensen, directeur du Nuclear Information Project à la Federation of American Scientists (FAS).

Parmi les partisans de la « modernisation », se compte Liz Cheney [fille de Dick Cheney], membre républicaine du Congrès du Wyoming, qui a déclaré dans un communiqué de presse en mai: «Le Congrès doit investir dans la modernisation de notre triade nucléaire et dans les capacités additionnelles à faible puissance prévues dans l’Examen du dispositif nucléaire de 2018. Ces investissements sont essentiels pour la capacité de l’Amérique d’assurer une dissuasion crédible et un contrôle face à la Chine et à la Russie.»

Note

Un Billion de dollars équivaut à Un million de millions de dollars

15/05/2023 Visite de Volodymyr Zelensky à Paris : la France va « former et équiper des bataillons ukrainiens »

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a obtenu un engagement renouvelé de la France, en particulier dans le domaine des blindés légers, lors d’un dîner avec Emmanuel Macron à l’Élysée dimanche 14 mai. La France va former et équiper plusieurs bataillons ukrainiens avec des « dizaines » de véhicules blindés et chars légers, ont annoncé les deux pays à l’issue d’un dîner à Paris dimanche 14 mai entre les présidents Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky, qui ont aussi appelé à de nouvelles sanctions contre la Russie.

« Dans les semaines à venir, la France formera et équipera plusieurs bataillons avec des dizaines de véhicules blindés et de chars légers, dont des AMX-10RC », est-il précisé dans une déclaration commune. La France concentre aussi ses « efforts sur le soutien des capacités de défense aérienne de l’Ukraine », souligne la déclaration commune. Elle a déjà livré des systèmes antiaériens de courte portée Mistral, de moyenne portée Crotale et examine avec l’Italie la livraison de systèmes sol-air plus sophistiqués SAMP/T, a rappelé l’Élysée.

Concernant la demande ukrainienne d’avions de chasse, « la question est un peu prématurée », a réitéré un conseiller du président Macron, en rappelant qu’il fallait d’abord pour cela former des pilotes, un processus long et complexe. NB Il ne semble pas qu’il puisse s’agir de Rafales

L’AMX-10 RC est un véhicule militaire blindé de reconnaissance-feu (reconnaître et riposter en cas d’attaque), à roues et canon
Masse au combat : AMX-10 RC: 15,8 à 16,6 tonnes
Vitesse sur route : 85 km/h sur route, 40 km/h en terrain varié…
Mise en Service : 1981 (dans l’Armée de Terre

14/05/2023 Un décodeur magnétique qui lit les pensées dans le cerveau

Depuis de nombreuses années des neurologues pensent qu’en introduisant de façon non invasive ?? dans le cerveau humain des enregistreurs capables de saisir les échanges se produisant entre neurones du cortex supérieur, il devrait être possible de déchiffrer certains de ces échanges.

Ceci se pratique depuis un certain temps concernant les cerveaux de primates ou d’animaux supérieurs . Des messages de peur ou d’attirance ont pu être captés, formant un langage primitif. Certains peuvent être reproduits et retransmis par l’intermédiaire de sondes. Chez l’homme la technique se pratique au niveau du système nerveux moteur pour savoir si après un accident, la commande du membre accidenté se rétablit.

Dans l’article que vient de publier Nature, dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract, une équipe dirigée par le neurologue et linguiste Jerry Tang de l’université du Texas (https://twitter.com/jerryptang?lang=fr) présente les résultats qu’ils ont obtenu en utilisant l’intelligence artificielle et le controversé GPT (langage générateur préentrainé). Encore n’avaient-ils fait appel qu’a la version 1 de GPT. Celui-ci en est à ce jour à la version 4.

Ils affirment que ces outils, auxquels ils prédisent un bel avenir, ne peuvent fonctionner qu’avec une coopération active du sujet. Mais qu’est-ce qu’une coopération active ? Celle que les maitres-chanteurs obtiennent de leur victimes ?

En fait, il y a tout lieu de penser que ces outils comme tous ceux qui ont suivi l’apparition et le développement du langage chez les humains, favoriseront dans les cerveaux les aires et les activités les plus utiles à la lutte pour la vie. Comme l’IA avancée et des applications telles que les GPT encourageront les sociétés et les individus les plus innovants, ils seront certainement très bien accueillis.

Semantic reconstruction of continuous language from non-invasive brain recordings
https://www.nature.com/articles/s41593-023-01304-9

J
erry Tang 
 
01 May 2023
Abstract

A brain–computer interface that decodes continuous language from non-invasive recordings would have many scientific and practical applications. Currently, however, non-invasive language decoders can only identify stimuli from among a small set of words or phrases. Here we introduce a non-invasive decoder that reconstructs continuous language from cortical semantic representations recorded using functional magnetic resonance imaging (fMRI). Given novel brain recordings, this decoder generates intelligible word sequences that recover the meaning of perceived speech, imagined speech and even silent videos, demonstrating that a single decoder can be applied to a range of tasks. We tested the decoder across cortex and found that continuous language can be separately decoded from multiple regions. As brain–computer interfaces should respect mental privacy, we tested whether successful decoding requires subject cooperation and found that subject cooperation is required both to train and to apply the decoder. Our findings demonstrate the viability of non-invasive language brain–computer interfaces.

14/05/2023 Un allongement significatif du cycle glaciaire

Les archives géologiques indiquent que le climat terrestre a basculé de cycles climatiques relativement courts d’environ 40 000 ans avec des glaciations courtes et de faible magnitude, aux cycles climatiques actuels bien plus longs, d’une durée de 100 000 ans et présentant des périodes glaciaires et interglaciaires bien plus marquées

 La fin de la transition du Pléistocène moyen est caractérisée par l’établissement de vastes calottes glaciaires dans l’hémisphère Nord. Ce changement significatif de la dynamique climatique, qui n’est pas imputé à une modification des paramètres orbitaux, est longtemps demeuré un mystère.

Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Communications  (référencée ci-dessous) dévoile une chaîne de mécanismes qui pourrait expliquer cette évolution climatique majeure apparue il y a environ 700 000 ans.  

Cet accroissement des surfaces continentales englacées serait à l’origine de l’allongement des cycles climatiques, avec un passage de 40 000 à 100 000 ans. Il faut ici invoquer l’effet de l’albédo de la glace dans le processus climatique. La glace réfléchit en effet une partie de l’énergie solaire, participant au refroidissement du climat. Une augmentation des surfaces englacées aurait ainsi permis l’établissement, par le biais de cette rétroaction positive, de périodes glaciaires plus longues et plus intenses après 700 000 ans.

Une période glaciaire avec des océans anormalement chauds

Grâce à l’analyse de pollens et de sédiments datant de cette époque, l’équipe de scientifiques menée par María Fernanda Sánchez Goñi de l’Université de Bordeaux a identifié une tendance au réchauffement et à l’humidification dans les deux régions subtropicales sur la période s’étendant de 800 000 à 670 000 ans. Cette période est entrecoupée par une glaciation durant laquelle les eaux de surface des océans Atlantique Nord et Pacifique Nord étaient étonnamment chaudes. « Il s’agit de températures de surface similaires à celles d’aujourd’hui, soit environ 18 °C, ce qui est énorme. C’est une vraie surprise », explique María Fernanda Sánchez Goñi.

LA PÉRIODE GLACIAIRE MARQUANT LA FIN DE LA TRANSITION DU PLÉISTOCÈNE MOYEN SE CARACTÉRISE PAR DES TEMPÉRATURES DE SURFACE DES OCÉANS ÉTONNAMMENT CHAUDES, QUI A PRODUIT UN AFFLUX MASSIF D’HUMIDITÉ DANS LES HAUTES LATITUDES DE L’HÉMISPHÈRE NORD ET PARTICIPÉ À L’ACCROISSEMENT DES CALOTTES GLACIAIRES. © MARÍA FERNANDA SÁNCHEZ GOÑI

Alors que les périodes glaciaires bloquent normalement le transfert d’humidité vers les hautes latitudes, la température élevée de l’océan durant cet épisode particulier aurait, à l’inverse, entraîné une hausse des taux d’humidité dans l’air et une augmentation des précipitations dans tout l’hémisphère Nord. Ces conditions auraient notamment favorisé l’expansion de la forêt méditerranéenne occidentale et renforcé la mousson d’été en Asie de l’Est. « On ne sait pas encore à quoi est dû ce réchauffement des océans, mais il semble que cet apport massif d’humidité vers les hautes latitudes ait alimenté les calottes glaciaires eurasienne et d’Amérique du Nord, et contribué de manière déterminante à leur expansion », poursuit la chercheuse

Reference

Moist and warm conditions in Eurasia during the last glacial of the Middle Pleistocene Transition

Nature Communications 

volume 14, Article number: 2700 (2023) 

  • Abstract

The end of the Middle Pleistocene Transition (MPT, ~ 800-670 thousand years before present, ka) was characterised by the emergence of large glacial ice-sheets associated with anomalously warm North Atlantic sea surface temperatures enhancing moisture production. Still, the direction and intensity of moisture transport across Eurasia towards potential ice-sheets is poorly constrained. To reconstruct late MPT moisture production and dispersal, we combine records of upper ocean temperature and pollen-based Mediterranean forest cover, a tracer of westerlies and precipitation, from a subtropical drill-core collected off South-West Iberia, with records of East Asia summer monsoon (EASM) strength and West Pacific surface temperatures, and model simulations. Here we show that south-western European winter precipitation and EASM strength reached high levels during the Marine Isotope Stage 18 glacial. This anomalous situation was caused by nearly-continuous moisture supply from both oceans and its transport to higher latitudes through the westerlies, likely fuelling the accelerated expansion of northern hemisphere ice-sheets during the late MPT.