20/05/2023. Erdogan sort renforcé du premier tour des élections turques

Les Etats-Unis et l’Union européenne n’ont pas vraiment pavoisé au vu des résultats du premier tour des élections présidentielles et parlementaires turques de mai 2023. Recep Erdogan en est sorti renforcé. Cela ne satisfera pas les intérêts géopolitiques des pays occidentaux. Ils espéraient un président affaibli et des majorités instables. C’est le contraire qui est advenu.

Cependant, le rival malheureux d’Erdogan Kemal Kilicdaroglu n’a pas renoncé. Il s’appuie sur un rapport d’un observateur de l’OSCE chargé de surveiller la régularité des élections. Celui-ci accuse Erdogan d’avantages injustifiés et de mauvais usage des ressources administratives. Il accuse également la commission électorale de manque de transparence et d’indépendance, en désaccord avec un « 1990 Copenhagen Document » qui contient des prescriptions à appliquer lors des élections

Il est vrai que le secret du vote n’avais pas toujours été garanti et que les votes collectifs et familiaux avaient été souvent tolérés. Le département d’Etat américain a sans attendre exhorté Erdogan à respecter pour le second tour des élections le 28 mai ses obligations en tant que membre de l’Otan et de l’OSCE (voir https://www.state.gov/briefings/department-press-briefing-may-15-2023/#post-446729-turkey

Le chef de la diplomatie européenne Joseph Borrel a tenu le même langage.

Le succès ou l’échec d’Erdogan aura évidemment des conséquences sur le conflit qui oppose la partie occidentalisée de la Turquie et ses provinces orientales où progressent rapidement des mouvements tentés par un islamisme de combat. Ceux-ci, en échec pour le moment au Moyen-Orient, visent à s’étendre en Europe pour y mener de véritables guerres civiles à partir notamment des banlieues urbaines en voie d’islamisation.

Aussi un succès d’Erdogan aux élections conforterait ses efforts pour faire de la Turquie un carrefour d’échanges concernant l’énergie, les industries alimentaire, les transports. Plus tard il visera les industries nucléaires et de défense ainsi que les grandes infrastructures sur le modèle chinois de la Belt and Road.

On notera que la Russie, qui n’a guère d’autres choix, se dit approuver ces initiatives turques

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