19/08/2022 La fusion nucléaire, une chance pour la France

Aujourd’hui , plutôt que démanteler à grands frais et à grands risque de pollution son parc actuel de centrales atomiques utilisant la fission nucléaire, comme elle a entrepris de le faire à Fessenheim, la France devrait accélérer la mise en place sur son territoire de générateurs électriques reposant sur la fusion nucléaire.

Cette solution lui permettrait de conserver en activité des emplois de haute technicité. De plus et surtout, malgré ses coûts, elle serait plus abordables et moins destructrice pour l’environnement que se couvrir de générateurs éoliens ou comme le Japon, de turbines utilisant les courants marins.

Aux Etats-Unis les pouvoirs publics semblent l’avoir compris. Le récent projet de loi visant à réduire l’inflation et à atténuer le dérèglement climatique promulgué aux Etats-Unis (« Inflation Reduction Act ») accorde ainsi 280 millions de dollars au programme national de développement de la fusion nucléaire.

Rappelons que les premières recherches sur la fusion nucléaire ou fusion par confinement magnétique ont débuté dans les années 1920 en Angleterre. Elles se sont progressivement étendues dans un certain nombre de pays à partir de 1980. Au sommet de Genève de 1985, les Etats-Unis et l’URSS avaient convenu de collaborer à un développement de la fusion nucléaire.

Ce fut la France qui a obtenu compte tenu de son expérience au sein du Commissariat à l’Energie Atomique, d’héberger le projet Iter (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/ITER ). Située à Saint-Paul-Lez-Durance, dans les Bouches-du-Rhône, cette initiative internationale d’un coût de 20 milliards d’euros associe 35 pays, parmi lesquels figurent les pays de l’Union européenne le désirant, les Etats-Unis, la Chine et jusqu’ici la Russie.

Iter n’a pas pour objet de mettre en place un réacteur à fusion internationale de grande capacité mais de rassembler les expériences des pays qui développeront leur propres générateurs s’ils persistent dans ce choix. Selon les promoteurs du projet, la démarche à long terme visant à l’industrialisation de la fusion nucléaire nécessitera de construire ensuite un second réacteur de recherche, Demo, plus proche d’un réacteur de production, puis PROTO, un réacteur à valeur de démonstrateur industriel, avant la phase industrielle proprement dite.

En France c’est l’IRFM, Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire https://www.irsn.fr/FR/Pages/Home.aspx qui étudie principalement cette question. Ses activités regroupent environ 300 chercheurs travaillant sur la fusion par confinement magnétique. Les activités de l’IRFM sont structurées autour de 3 axes de recherche et développement :

– contribuer à la réalisation du projet Iter et ceux de l’Approche Elargie . Rappelons qu’en parallèle à l’Accord ITER, la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom) et le gouvernement japonais ont signé un accord baptisé «Approche élargie», portant sur un programme de recherche et de développement complémentaire.

– préparer l’opération scientifique d’ITER, à travers des activités d’expérimentation et de contrôle, ainsi que de théorie et de modélisation.

– établir les bases du futur réacteur de fusion

Ces activités sont intimement connectées à un effort tout particulier de formation des générations futures de physiciens et technologues de la fusion. L’IRFM a à sa disposition de nombreuses plateformes de R&D et de tests, dont le tokamak Tore Supra qui se transforme actuellement en banc de test pour ITER. C’est le projet WEST (pour Tungsten (W) Environment Steady-state Tokamak).

Quelles différences entre la fusion nucléaire et la fission nucléaire

La fusion nucléaire est une réaction nucléaire dans laquelle deux noyaux atomiques dits légers fusionnent pour créer un nouveau noyau au poids supérieur. Cette réaction est à l’œuvre dans le soleil et dans la quasi-totalité des étoiles de notre Univers. On qualifie parfois la fusion nucléaire d’« énergie des étoiles ».

Durant cette opération, une très grande quantité d’énergie est créée, ce qui devrait en principe servir à produire de l’électricité dans des centrales nucléaires de nouvelle génération, dites à fusion.

La fusion nucléaire consiste en une fusion de deux atomes légers comme l’hydrogène. Elle s’accompagne aussi d’un grand dégagement d’énergie et en même temps, de la libération d’autres neutrons, lesquels vont à leur tour casser d’autres noyaux, dégager de l’énergie et libérer d’autres neutrons, et ainsi de suite. Il s’agit d’une réaction en chaîne

La fission nucléaire est la réaction inverse : un noyau lourd est scindé en deux sous l’impact d’un neutron, une petite particule présente dans les noyaux de tous les atomes. Dans les centrales nucléaires actuelles, à fission, l’uranium est l’élément constitué de noyaux lourds qui vont être divisés sous l’impulsion d’un neutron. Mais l’uranium est rare et cher. Sa production dépend de pays islamiques peu favorables à l’Occident

Le principal avantage de la fusion nucléaire est qu’elle libère une quantité d’énergie bien plus grande que la fission tout en ne produisant pas de déchets radioactifs pendant des milliers d’années. De plus, en s’appuyant sur des noyaux d’hydrogène – le deutérium et le tritium -, le procédé permettrait d’avoir une énergie propre et quasiment inépuisable. Le deutérium se trouve dans l’eau, et le tritium est facile à produire à partir du lithium, un métal présent en abondance dans la croûte terrestre et océanique.

Les partisans de la fusion nucléaire avancent également un autre avantage, d’ordre sécuritaire, à savoir l’absence de possibilité d’un accident nucléaire. En cas de problème, le plasma contenu dans un réacteur à fusion nucléaire est refroidi en quelques secondes et les réactions sont interrompues. Il n’y aurait donc pas de risque d’emballement qui mettrait en péril la centrale nucléaire.

Toutefois, si les centrales à fusion nucléaire ne produisent aucun déchet radioactif de haute activité à vie longue, elles génèrent tout de même des déchets radioactifs. Mais la radioactivité de ces déchets pourrait être désactivée en une dizaine d’années, un siècle maximum, contre des milliers d’années pour les plus radioactifs dans le cas d’une réaction de fission nucléaire.

La fusion aux Etats-Unis

On notera qu’aux Etats-Unis, jusqu’ici très réticents pour ne pas concurrencer le pétrole et le gaz, plusieurs grands investisseurs s’intéressent à la fusion nucléaire. Jeff Bezos, Bill Gates ou encore George Soros financent tous des start-up dans ce domaine

Ainsi le patron d’Amazon Jeff Bezos accompagne la start-up canadienne General Fusion – qui a aussi bénéficié d’un investissement étatique – dans son projet de centrale nucléaire à 400 millions de dollars, à Culham, en Angleterre. De leur côté, Bill Gates et George Soros ont participé à la levée de fonds de Commonwealth Fusion Systems, qui a permis à l’entreprise américaine de lever 1,8 milliard de dollars. Au total, 25 entreprises privées se sont lancées dans le secteur de la fusion en 2021. Près de 3,5 milliards de dollars ont été levés sur les marchés, selon les données de l’agence PitchBook.

18/08/2022. Ryugu, un témoignage sur la matière existant dans l’univers avant le Soleil

L’article dont nous reprenons ci-dessous les références provient d’une équipe internationale de chercheurs dirigée par Jens Barosch et Larry Nittler de la Carnegie Institution for Science publié dans The Astrophysical Journal Letters.

Published 2022 August 9 • © 2022. Published by the American Astronomical Society.
The Astrophysical Journal LettersVolume 935Number 1

L’astéroïde Ryugu contient des grains de matière qui se sont formés avant la naissance du Soleil, dans les atmosphères d’étoiles mourantes. Ces grains présolaires y ont été trouvés dans les échantillons ramenés sur Terre grâce à la sonde Hayabusa-2.

Les auteurs de l’article font savoir qu’ils ont découvert dans les échantillons ramenés par la mission japonaise Hayabusa-2 ce qu’ils estiment être des grains d’une matière présolaire.

Cette matière provient d’étoiles en voie de disparation du fait de l’épuisement de leur combustible constitué d’hélium et d’oxygène (https://www.pourlascience.fr/sd/astronomie/l-alchimie-des-etoiles-4224.php). Elle n’est pas facile à identifier et moins encore à étudier du fait que pour le faire commodément, il faudrait sortir du système solaire.

Par contre les astéroïdes formés en dehors du système solaire et ayant traversé le milieu interstellaire en comportent de grandes quantités soit en leur cœur soit en surface. C’est le cas de l’astéroïde RYUGU dont des petits échantillons ont été rapportés sur terre dans le cadre de la mission japonaise Hayabusa-2

On entend par matière présolaire des matériaux solides qui se sont condensés en grains, non pas seulement dans le disque protoplanétaire de gaz et de poussières en cours de refroidissement autour du jeune Soleil, il y a 4,5 à 4,6 milliards d’années environ, mais auparavant, avant même la naissance du Soleil, dans les atmosphères stellaires d’étoiles existant avant le soleil et dont ils ont été éjectés en fin de vie pour se retrouver dans le milieu interstellaire, puis dans la nébuleuse protosolaire à l’origine du Système solaire.

Il s’agit d’un témoignage précieux sur le jeune univers, tel qu’il existait avant les étoiles.

Référence

The Astrophysical Journal Letters

Presolar Stardust in Asteroid Ryugu

Abstract

We have conducted a NanoSIMS-based search for presolar material in samples recently returned from C-type asteroid Ryugu as part of JAXA’s Hayabusa2 mission. We report the detection of all major presolar grain types with O- and C-anomalous isotopic compositions typically identified in carbonaceous chondrite meteorites: 1 silicate, 1 oxide, 1 O-anomalous supernova grain of ambiguous phase, 38 SiC, and 16 carbonaceous grains. At least two of the carbonaceous grains are presolar graphites, whereas several grains with moderate C isotopic anomalies are probably organics. The presolar silicate was located in a clast with a less altered lithology than the typical extensively aqueously altered Ryugu matrix. The matrix-normalized presolar grain abundances in Ryugu are ${4.8}_{-2.6}^{+4.7}$ ppm for O-anomalous grains, ${25}_{-5}^{+6}$ ppm for SiC grains, and ${11}_{-3}^{+5}$ ppm for carbonaceous grains. Ryugu is isotopically and petrologically similar to carbonaceous Ivuna-type (CI) chondrites. To compare the in situ presolar grain abundances of Ryugu with CI chondrites, we also mapped Ivuna and Orgueil samples and found a total of 15 SiC grains and 6 carbonaceous grains. No O-anomalous grains were detected. The matrix-normalized presolar grain abundances in the CI chondrites are similar to those in Ryugu: ${23}_{-6}^{+7}$ ppm SiC and ${9.0}_{-3.6}^{+5.4}$ ppm carbonaceous grains. Thus, our results provide further evidence in support of the Ryugu–CI connection. They also reveal intriguing hints of small-scale heterogeneities in the Ryugu samples, such as locally distinct degrees of alteration that allowed the preservation of delicate presolar material.

Pourquoi le blasphème est-il passible de la peine capitale.

Nous republions ici sur demande de certains lecteurs un article qui vient de paraitre sous ce titre dans The Conversation. Son auteur est Ahmet-t-Kuru
https://theconversation.com/pourquoi-le-blaspheme-est-il-passible-de-la-peine-capitale-dans-certains-pays-musulmans-133458

Auteur https://theconversation.com/profiles/ahmet-t-kuru-762663

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Junaid Hafeez, professeur d’université au Pakistan, était emprisonné depuis six ans quand il a été condamné à mort en décembre 2019 pour blasphème, plus précisément pour avoir « insulté le prophète Mahomet » sur Facebook

Selon la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale, la législation punissant le blasphème en vigueur au Pakistan est la deuxième la plus stricte au monde après celle de l’Iran.

Hafeez, dont la condamnation à mort fait actuellement l’objet d’un appel, est l’un des quelque 1 500 Pakistanais à avoir été inculpés pour blasphème ou pour « propos sacrilèges » au cours des trois dernières décennies. Jusqu’ici, aucun d’entre eux n’a été exécuté.

Mais depuis 1990, 70 personnes ont été assassinées par des foules ou des justiciers autoproclamés les accusant d’avoir insulté l’islam. Plusieurs de leurs défenseurs ont également été tués, y compris l’un des avocats de Hafeez et deux responsables politiques de haut niveau qui s’étaient publiquement opposés à la condamnation à mort d’Asia Bibi, une chrétienne inculpée pour avoir verbalement insulté le prophète Mahomet. Bien que Bibi ait été acquittée en 2019, elle a dû fuir le Pakistan.

En février 2020, Bibi a été reçue par Emmanuel Macron, qui a annoncé que « la France est prête » à accepter sa demande d’asile. Une décision qui coïncidait avec une autre déclaration du président français – « La loi est claire : nous avons droit au blasphème, à critiquer, à caricaturer les religions » – faite en réponse à la polémique née de l’« affaire Mila ».

Blasphème et apostasie

32 des 71 pays où le blasphème est considéré comme un crime sont majoritairement musulmans. Le degré d’application de ces lois et le niveau des sanctions prévues sont très variables.

Le blasphème est puni de mort en Iran, au Pakistan, en Afghanistan, à Brunei, en Mauritanie et en Arabie saoudite. Pour ce qui concerne les pays non musulmans, c’est en Italie que la loi est le plus sévère : la peine maximale prévue est de trois ans de prison.

La moitié des 49 pays à majorité musulmane possèdent également des lois interdisant l’apostasie, ce qui signifie que leurs citoyens peuvent être jugés pour avoir abandonné l’islam. Tous les pays dont la législation comporte des lois réprimant l’apostasie sont à majorité musulmane, à l’exception de l’Inde. L’accusation d’apostasie accompagne souvent celle de blasphème.

Ces lois religieuses sont largement soutenues par la population dans certains pays musulmans. D’après un sondage du Pew Research Center effectué en 2013, près de 75 % des répondants d’Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et d’Asie du Sud sont favorables à ce que la charia, c’est-à-dire la loi islamique, soit la loi officielle de leur pays.

Parmi les partisans de la charia, environ 25 % des habitants d’Asie du Sud-Est, 50 % des Moyen-Orientaux et des Nord-Africains et 75 % des habitants d’Asie du Sud souhaitent « l’exécution de ceux qui quittent l’islam » – c’est-à-dire qu’ils soutiennent les lois punissant l’apostasie de mort.

Les oulémas et l’État

Mon livre paru en 2019, Islam, Authoritarianism, and Underdevelopment montre que les lois sur le blasphème et l’apostasie dans le monde musulman remontent à une alliance historique entre les érudits islamiques et le gouvernement.

Vers l’année 1050, certains juristes et théologiens sunnites, appelés les « oulémas », ont commencé à travailler en étroite collaboration avec les dirigeants politiques pour combattre ce qu’ils voyaient comme l’influence sacrilège des philosophes musulmans sur la société.

Au cours des trois siècles précédents, des philosophes musulmans avaient apporté des contributions majeures aux mathématiques, à la physique et à la médecine. Ils avaient notamment développé la numération arabe utilisée à ce jour partout en Occident et inventé un précurseur de l’appareil photo d’aujourd’hui.

Les oulémas conservateurs ont estimé que ces philosophes étaient influencés de manière inappropriée par la philosophie grecque et par l’islam chiite, aux dépens de la foi sunnite. Ghazali, un érudit brillant et respecté mort en 1111, est considéré comme le penseur le plus important de cette période de consolidation de l’orthodoxie sunnite.

Dans plusieurs livres ayant eu une grande influence et encore énormément lus de nos jours, Ghazali déclara que deux grands philosophes musulmans alors décédés depuis longtemps, Farabi et Ibn Sina, étaient des apostats du fait de leur vision non orthodoxe de la puissance divine et de la nature de la résurrection. Selon Ghazali, leurs adeptes étaient passibles de mort.

Les historiens contemporains, comme Omid Safi et Frank Griffel, estiment que, à partir du XIIe siècle, les propos de Ghazali ont servi de justification aux sultans musulmans souhaitant persécuter – voire exécuter – des penseurs perçus comme des menaces pour leur règne basé sur le conservatisme religieux.

Cette « alliance entre les oulémas et l’État », comme je l’appelle, est née au milieu du XIe siècle en Asie centrale, en Iran et en Irak, avant de s’étendre un siècle plus tard à la Syrie, à l’Égypte et à l’Afrique du Nord. Dans ces régimes, la remise en question de l’orthodoxie religieuse et de l’autorité politique ne relevait pas seulement de la dissidence mais de l’apostasie.

Dans la mauvaise direction

Certaines parties de l’Europe occidentale étaient dirigées par des alliances similaires entre l’Église catholique et les monarques. Là aussi, la liberté de penser était réprimée. Pendant l’Inquisition en Espagne, du XVIe au XVIIIe siècle, des milliers de personnes furent torturées et mises à mort pour apostasie.

Des lois réprimant le blasphème sont longtemps restées en vigueur dans plusieurs pays d’Europe, bien qu’elles n’étaient que rarement invoquées. Le Danemarkl’Irlande et Malte n’ont abrogé ces lois que tout récemment.

Mais de telles lois existent toujours en de nombreux points du monde musulman.

Au Pakistan, le dictateur Zia ul Haq, qui dirigea le pays de 1978 à 1988, a fait adopter des lois anti-blasphème particulièrement dures. Allié des oulémas, Zia a remis au goût du jour des lois réprimant le blasphème – initialement instaurées par le colonisateur britannique pour éviter les conflits interreligieux – de façon à protéger spécifiquement l’islam sunnite, les personnes reconnues coupables encourant désormais la peine de mort.

Des années 1920 à l’avènement de Zia, ces lois n’avaient été appliquées qu’une dizaine de fois. Depuis, elles sont devenues un outil privilégié par le pouvoir pour s’en prendre à ses adversaires.

Beaucoup de pays musulmans ont connu des processus similaires au cours des quatre dernières décennies, notamment l’Iran et l’Égypte.

Des voix dissidentes au sein de l’islam

Les oulémas conservateurs fondent leurs arguments en faveur des lois réprimant le blasphème et l’apostasie sur quelques paroles du prophète Mahomet (hadiths), principalement : « Celui qui change de religion, tuez-le ».

Mais de nombreux érudits de l’islam et intellectuels musulmans rejettent cette vision des choses, qu’ils jugent radicale. Ils rappellent que Mahomet n’a jamais fait exécuter quiconque pour apostasie et n’a jamais appelé ses partisans à le faire.

De même, la criminalisation du sacrilège ne repose pas sur le texte sacré de l’islam, le Coran, qui contient au contraire 100 versets promouvant la paix, la liberté de conscience et la tolérance religieuse.

Dans le verset 256 de la sourate 2, le Coran proclame : « Il n’y a pas de contrainte en religion ». Le verset 140 de la sourate 4 invite seulement les musulmans à ne pas participer à des conversations blasphématoires : « Lorsque vous entendez qu’on renie les versets d’Allah et qu’on s’en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là. »

Pourtant, en utilisant leurs connexions politiques et leur autorité historique en matière d’interprétation de l’islam, les oulémas conservateurs ont marginalisé les voix plus modérées.

Réactions à l’islamophobie dans le monde

Les débats en cours au sein du monde musulman sur les lois punissant le blasphème et l’apostasie sont largement influencés par la situation internationale.

En de nombreux points du monde, les minorités musulmanes, comme les Palestiniens, les Tchétchènes en Russie, les Cachemiris en Inde, les Rohingya au Myanmar et les Ouïghours en Chine, subissent des persécutions. Aucune autre religion n’est aussi largement prise pour cible dans autant de pays différents.

Les oulémas et l’État

Mon livre paru en 2019, Islam, Authoritarianism, and Underdevelopment montre que les lois sur le blasphème et l’apostasie dans le monde musulman remontent à une alliance historique entre les érudits islamiques et le gouvernement.

Vers l’année 1050, certains juristes et théologiens sunnites, appelés les « oulémas », ont commencé à travailler en étroite collaboration avec les dirigeants politiques pour combattre ce qu’ils voyaient comme l’influence sacrilège des philosophes musulmans sur la société.

Au cours des trois siècles précédents, des philosophes musulmans avaient apporté des contributions majeures aux mathématiques, à la physique et à la médecine. Ils avaient notamment développé la numération arabe utilisée à ce jour partout en Occident et inventé un précurseur de l’appareil photo d’aujourd’hui.

Les oulémas conservateurs ont estimé que ces philosophes étaient influencés de manière inappropriée par la philosophie grecque et par l’islam chiite, aux dépens de la foi sunnite. Ghazali, un érudit brillant et respecté mort en 1111, est considéré comme le penseur le plus important de cette période de consolidation de l’orthodoxie sunnite.

Dans plusieurs livres ayant eu une grande influence et encore énormément lus de nos jours, Ghazali déclara que deux grands philosophes musulmans alors décédés depuis longtemps, Farabi et Ibn Sina, étaient des apostats du fait de leur vision non orthodoxe de la puissance divine et de la nature de la résurrection. Selon Ghazali, leurs adeptes étaient passibles de mort.

Les historiens contemporains, comme Omid Safi et Frank Griffel, estiment que, à partir du XIIe siècle, les propos de Ghazali ont servi de justification aux sultans musulmans souhaitant persécuter – voire exécuter – des penseurs perçus comme des menaces pour leur règne basé sur le conservatisme religieux.

Cette « alliance entre les oulémas et l’État », comme je l’appelle, est née au milieu du XIe siècle en Asie centrale, en Iran et en Irak, avant de s’étendre un siècle plus tard à la Syrie, à l’Égypte et à l’Afrique du Nord. Dans ces régimes, la remise en question de l’orthodoxie religieuse et de l’autorité politique ne relevait pas seulement de la dissidence mais de l’apostasie.

Dans la mauvaise direction

Certaines parties de l’Europe occidentale étaient dirigées par des alliances similaires entre l’Église catholique et les monarques. Là aussi, la liberté de penser était réprimée. Pendant l’Inquisition en Espagne, du XVIe au XVIIIe siècle, des milliers de personnes furent torturées et mises à mort pour apostasie.

Des lois réprimant le blasphème sont longtemps restées en vigueur dans plusieurs pays d’Europe, bien qu’elles n’étaient que rarement invoquées. Le Danemarkl’Irlande et Malte n’ont abrogé ces lois que tout récemment.

Mais de telles lois existent toujours en de nombreux points du monde musulman.

Au Pakistan, le dictateur Zia ul Haq, qui dirigea le pays de 1978 à 1988, a fait adopter des lois anti-blasphème particulièrement dures. Allié des oulémas, Zia a remis au goût du jour des lois réprimant le blasphème – initialement instaurées par le colonisateur britannique pour éviter les conflits interreligieux – de façon à protéger spécifiquement l’islam sunnite, les personnes reconnues coupables encourant désormais la peine de mort.

Des années 1920 à l’avènement de Zia, ces lois n’avaient été appliquées qu’une dizaine de fois. Depuis, elles sont devenues un outil privilégié par le pouvoir pour s’en prendre à ses adversaires.

Beaucoup de pays musulmans ont connu des processus similaires au cours des quatre dernières décennies, notamment l’Iran et l’Égypte.

Des voix dissidentes au sein de l’islam

Les oulémas conservateurs fondent leurs arguments en faveur des lois réprimant le blasphème et l’apostasie sur quelques paroles du prophète Mahomet (hadiths), principalement : « Celui qui change de religion, tuez-le ».

Mais de nombreux érudits de l’islam et intellectuels musulmans rejettent cette vision des choses, qu’ils jugent radicale. Ils rappellent que Mahomet n’a jamais fait exécuter quiconque pour apostasie et n’a jamais appelé ses partisans à le faire.

De même, la criminalisation du sacrilège ne repose pas sur le texte sacré de l’islam, le Coran, qui contient au contraire 100 versets promouvant la paix, la liberté de conscience et la tolérance religieuse.

Dans le verset 256 de la sourate 2, le Coran proclame : « Il n’y a pas de contrainte en religion ». Le verset 140 de la sourate 4 invite seulement les musulmans à ne pas participer à des conversations blasphématoires : « Lorsque vous entendez qu’on renie les versets d’Allah et qu’on s’en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là. »

Pourtant, en utilisant leurs connexions politiques et leur autorité historique en matière d’interprétation de l’islam, les oulémas conservateurs ont marginalisé les voix plus modérées.

Réactions à l’islamophobie dans le monde

Les débats en cours au sein du monde musulman sur les lois punissant le blasphème et l’apostasie sont largement influencés par la situation internationale.

En de nombreux points du monde, les minorités musulmanes, comme les Palestiniens, les Tchétchènes en Russie, les Cachemiris en Inde, les Rohingya au Myanmar et les Ouïghours en Chine, subissent des persécutions. Aucune autre religion n’est aussi largement prise pour cible dans autant de pays différents.

En outre, il convient également de rappeler l’existence dans les pays occidentaux de certaines lois discriminatoires à l’égard des musulmans, telles que l’interdiction du voile à l’école ou la décision de l’administration Trump de ne pas autoriser les ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane à accéder au territoire américain.

Ces lois et politiques islamophobes peuvent créer l’impression que les musulmans sont assiégés et justifier aux yeux de certains d’entre eux l’idée que réprimer le blasphème serait un acte de protection de la foi.

De mon point de vue, c’est plutôt l’existence de règles religieuses aussi strictes qui nourrit les stéréotypes anti-musulmans. Plusieurs membres turcs de ma famille m’ont même déconseillé de travailler sur cette question, de crainte que cela n’alimente l’islamophobie.

Mais mes recherches montrent que la criminalisation du blasphème et de l’apostasie est de nature politique plus que religieuse. Ce ne sont pas les versets du Coran mais les dirigeants autoritaires qui exigent le châtiment des blasphémateurs.

17/08/2022. D’où proviendrait l’eau terrestre?

L’eau est omniprésente sur Terre. En plus d’être indispensable à la vie telle qu’on la connaît, elle recouvre près de 80% de la surface totale du globe. C’est même grâce à elle que la Terre est surnommée la Planète Bleue. Pourtant, l’origine de ces 1,386 milliards de km3 de liquide est encore au centre du débat scientifique. Deux hypothèses s’opposent à cet égard.

Le 28 aout 2020, une équipe de chercheurs français du CNRS a publié dans Science une étude particulièrement intéressante sur ce sujet. D’après leurs travaux, les roches de surface de notre planète pourraient être les responsables de cette abondance d’eau.

Earth’s water may have been inherited from material similar to enstatite chondrite meteorites

SCIENCE 28 Aug 2020 Vol 369, Issue 6507pp. 1110-1113 DOI: 10.1126/science.aba1948

Quelle était leur composition chimique primitive ? L’analyse de météorites dits chondrites à enstatite ou Enstatite chondrite (EC) pourrait apporter une réponse . L’analyse de ces météorites   d’une composition chimique proche de celle de la terre, semble indiquer que les roches primitives de la Terre auraient contenu l’équivalent en eau d’au moins trois fois les océans. L’eau terrestre actuelle proviendrait donc bien de ces météorites, dont l’origine est le système solaire externe.

The origin of Earth’s water remains unknown. meteorites have similar isotopic composition to terrestrieal rocks and thus may be representative of the material that formed Earth. ECs are presumed to be devoid of water because they formed in the inner Solar System. Earth’s water is therefore generally attributed to the late addition of a small fraction of hydrated materials, such as carbonaceous chondrite meteorites, which originated in the outer Solar System where water was more abundant. We show that EC meteorites contain sufficient hydrogen to have delivered to Earth at least three times the mass of water in its oceans. EC hydrogen and nitrogen isotopic compositions match those of Earth’s mantle, so EC-like asteroids might have contributed these volatile elements to Earth’s crust and mantle.

Une recherche japonaise référencée ci-dessous confirme cette hypothèse L’analyse d’éléments prélevés sur l’astéroide Ryugu en 2019 par la sonde japonaise Hayabusa-2 a montré que des astéroïdes de type C comme Ryugu,, riches en substances volatiles (capables de passer facilement de l’état solide à l’état gazeux et carbonés ou organiques ), pourraient avoir été l’une des principales sources de l’eau sur Terre », selon cette étude ayant impliqué des chercheurs japonais et étrangers.

https://www.laprovence.com/actu/en-direct/6870171/la-theorie-de-leau-venue-sur-terre-via-des-asteroides-renforcee-par-une-etude-japonaise.html

Des astéroïdes de type C comme Ryugu, « riches en substances volatiles (capables de passer facilement de l’état solide à l’état gazeux et organiques ou carbonées, pourraient avoir été l’une des principales sources de l’eau sur Terre », selon cette étude ayant impliqué des chercheurs japonais et étrangers.

« L’apport à la Terre de substances volatiles, c’est-à-dire de matières organiques et d’eau, fait toujours l’objet d’un débat important », rappelle l’étude. Mais les substances organiques identifiées sur Ryugu « représentent probablement une source importante de substances volatiles », en complément d’autres sources potentielles comme les vents solaires, selon les mêmes chercheurs.

Les particules rapportées de Ryugu « font sans aucun doute partie des matériaux du système solaire les moins contaminés disponibles pour des études en laboratoire, et les recherches en cours sur ces précieux échantillons vont certainement élargir notre compréhension des premiers processus du système solaire », ont-ils encore estimé.

Découvert en 1999, Ryugu (« Palais du dragon » en japonais) est situé à plus de 300 millions de kilomètres de notre planète et il fait moins de 900 mètres de diamètre.

Les scientifiques pensent qu’une partie de la matière de cet astéroïde a été créée environ cinq millions d’années après la naissance de notre système solaire et n’a pas été chauffée au-delà de 100 degrés Celsius.

En 2019, la sonde japonaise Hayabusa-2 est parvenue à prélever 5,4 grammes de roche et de poussière noire de Ryugu, et une capsule contenant cette cargaison exceptionnelle était revenue sur Terre fin 2020, avec la promesse de livrer de nouveaux indices sur l’origine de la vie sur Terre.

En juin, une autre étude scientifique japonaise avait ainsi révélé la présence dans ces échantillons d’acides aminés, des molécules à la base de la vie car capables de former des protéines en se combinant entre elles.

Il faut cependant se demander pourquoi les autres planètes rocheuses du système solaire, a commencer par la Lune ne comportent pas autant que l’on sache de telles substances volatiles en quantité suffisante pour être aquifères.

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 Pristine record of outer Solar System materials from asteroid Ryugu’s returned sample

https://www.nature.com/articles/s41550-022-01745-5

Abstract

Volatile and organic-rich C-type asteroids may have been one of the main sources of Earth’s water. Our best insight into their chemistry is currently provided by carbonaceous chondritic meteorites, but the meteorite record is biased: only the strongest types survive atmospheric entry and are then modified by interaction with the terrestrial environment. Here we present the results of a detailed bulk and microanalytical study of pristine Ryugu particles, brought to Earth by the Hayabusa2 spacecraft. Ryugu particles display a close compositional match with the chemically unfractionated, but aqueously altered, CI (Ivuna-type) chondrites, which are widely used as a proxy for the bulk Solar System composition. The sample shows an intricate spatial relationship between aliphatic-rich organics and phyllosilicates and indicates maximum temperatures of ~30 °C during aqueous alteration. We find that heavy hydrogen and nitrogen abundances are consistent with an outer Solar System origin. Ryugu particles are the most uncontaminated and unfractionated extraterrestrial materials studied so far, and provide the best available match to the bulk Solar System composition.

16/08/2022… Sur la mission lunaire Artemis 1

La NASA a annoncé le 15 aout 2022 que les ingénieurs et techniciens du Centre spatial Kennedy, en Floride, ont terminé les derniers tests et les dernières vérifications de la fusée lunaire Artemis I. La nouvelle date de lancement prévue est donc fixée au 29 août.

L’Agence vient de publier un document pdf très complet sur cette mission que l’on trouve à l’adresse ci-dessous

https://www.nasa.gov/sites/default/files/atoms/files/artemis_plan-20200921.pdf

18/08/2022 L’hélium 3, carburant lunaire d’avenir

La « conquête de la Lune » reprend de plus belle. Près d’un demi-siècle après les derniers pas de l’Homme sur la Lune, le décollage d’Artemis 1, la première mission du programme de la Nasa de retour sur la Lune, est imminent (fixé à fin août). La Chine, de son côté, met plus que jamais le cap sur le satellite de la Terre, son agence spatiale ayant annoncé, début 2022, l’ambition de Pékin d’accéder au statut de « puissance spatiale » dans les cinq années à venir, envisageant notamment l’établissement d’une base lunaire.

Une compétition grandissante, à laquelle prennent part d’autres puissancescomme l’Union européenne, la Russie, l’Inde et plusieurs entreprises privées, porte en particulier sur la Lune, qui redevient un enjeu stratégique pour l’exploitation de ses ressources. Au cœur des convoitises : l’hélium-3, un gaz léger non-radioactif, présent en grande quantité sur l’astre. Présenté par certains scientifiques comme le « carburant de la Lune », l’Hélium 3 serait l’énergie du futur., et pas seulement sur la Lune

L’hélium est l’élément chimique de numéro atomique 2, de symbole He. C’est un gaz noble, pratiquement inerte, le premier de la famille des gaz nobles dans le tableau périodique des éléments. https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lium

Son point d’ébullition est le plus bas parmi les corps connus, et il n’existe sous forme solide que s’il est soumis à une pression supérieure à 25 atmosphères. L’hélium est, après l’hydrogène, l’élément le plus abondant dans l’Univers. L’essentiel de cet hélium a été produit lors de la nucléosynthèse primordiale mais d’autres processus en produisent, notamment la radioactivité α . Sur la Terre, selon une estimation du Bureau of Land Management des Etats-Unis de 2006, les ressources d’hélium totalisent 52 milliards de mètres cubes. Néanmoins sa raréfaction devient inquiétante compte tenu des nombreux usages qui en sont faits.

Ce gaz suscite l’attention de la communauté scientifique depuis plusieurs années (un rapport de la Nasa le mentionnait dès 1988), en raison de son potentiel. Il a en effet la particularité d’être le carburant idéal pour la fusion nucléaire : un processus qui consiste à assembler deux noyaux atomiques légers pour produire des quantités considérables d’énergie, sans déchets radioactifs. cet isotope est utile pour d’autres applications telles que la cryogénie, les ordinateurs quantiques et l’imagerie pulmonaire par IRM ».

Depuis 1988, date de sa mise en service, l’installation de recherche Tore Supra est le plus grand tokamak à aimant supraconducteur du monde, portée par le partenariat de la Communauté Européenne de l’énergie Atomique (CEEA ou Euratom) et le CEA.

Dans cette machine, le confinement du plasma est obtenu par la superposition de deux champs magnétiques qui agissent comme des rails invisibles guidant les particules. C’est le fonctionnement quasi-ininterrompu de son aimant associé à des composants activement refroidis qui confère au tokamak la capacité de réaliser des plasmas performants et sur de longues durées. 

Pour atteindre ses objectifs scientifiques, le tokamak dispose de moyens de chauffage du plasma par micro-ondes pour une puissance totale disponible de l’ordre de 15 MWth. La paroi interne du tokamak est refroidie en permanence par un circuit d’eau à haute pression. 

En complément, un dispositif particulier appelé « limiteur plancher circulaire » permet d’évacuer une grande partie de la puissance cédée par le plasma ; c’est ce qui a permis à Tore Supra d’obtenir en 2003 le plasma record avec une décharge de plus de 6m30, pendant laquelle a été injectée et extraite une énergie de l’ordre de 300 kWh.

Les équipes du centre CEA de Cadarache et plus exactement celles de l’Institut de Recherche sur la Fusion Magnétique (IRFM), sont également impliquées dans les programmes conduits dans le tokamak Joint European Torus (JET) en Grande-Bretagne qui, quant à lui, a établi en 1997 le record mondial de puissance de fusion avec 16 Mw.

Voir aussi

https://www.esa.int/Enabling_Support/Preparing_for_the_Future/Space_for_Earth/Energy/Helium-3_mining_on_the_lunar_surface

15/08/2022 Faut-il prendre au sérieux la variole du singe (monkeypox) ?

Cette maladie émergente a longtemps été sous-estimée par l’Organisation Mondiale de la Santé WHO ou OMS. Ce n’est plus le cas depuis le 23 juillet 2022 comme le montre le long article qu’il vient de diffuser sous le titre intitulé Monkeypox que l’on trouve à l’adresse https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/monkeypox.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette prise de conscience tardive. La pandémie due au coronavirus COV19 monopolisait l’attention. Les cas de variole du singe dans le monde étaient relativement peu nombreux soit 16.000 cas reportés cette années dans 75 pays et 2.000 cas en Grande Bretagne selon le UK Security Health Agency. De plus, ce qui était moins dit, la maladie se transmettant entre humains par des contacts de muqueuse à muqueuse, les communautés d’homosexuels sont les principales vectrices.

Cependant la raison principale de l’indifférence initiale de l’OMS est que la variole du singe n’affecte pour le moment en majorité que des hommes noirs vivant en Afrique. Le silence serait aujourd’hui criminel car il semble que le vaccin dit lynneos utilisé contre la variole humaine soit également efficace contre la variole du singe.

On rappellera que les virologues prévoient que dans les prochaines décennies le réchauffement du permafrost libérera de nombreux virus dont certains ont disparu depuis des milliers d’années et pour lesquels n’existent pas d’anticorps.

15/06/2022 L’Initiative des Trois Mers I3M après le sommet de Sofia des 8 et 9 juillet 2022

Adaptation d’un article du Visegrad Post du 9 juillet 2022. Nous le remercions

Sur l’I3M, voyez Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_des_trois_mers


L’I3M est un forum de coopération réunissant douze pays d’Europe centrale, tous membres de l’UE. Du nord au sud et d’ouest en est, il s’agit de l’Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Pologne, de la Tchéquie, de la Slovaquie, de l’Autriche, de la Hongrie, de la Slovénie, de la Croatie, de la Roumanie et de la Bulgarie. Parmi ces pays, on trouve donc tous ceux du flanc oriental de l’OTAN.

Si, dès le mois de février, le Secrétaire d’État américain Tony Blinken a bien assuré les douze pays concernés du caractère intact du soutien américain à cette initiative qui ne plaisait pas beaucoup à Bruxelles, Berlin et Paris, dans les faits ce soutien semble devenu plus thorique, en particulier après l’annonce d’un accord entre Berlin et Washington sur le gazoduc Nord Stream 2.

Quand son prédécesseur Donald Trump parlait investissements et ventes de gaz américain, lors du sommet de l’I3M à Sofia, en Bulgarie, les 8 et 9 juillet, le président Joe Biden a assuré dans un message vidéo les pays de l’I3M de l’entier soutien des États-Unis et a parlé de la nécessité de développer l’économie de manière transparente, en renforçant la démocratie et en éradiquant la corruption, ce qu’il pourrait s’occuper de faire chez lui plutôt que de renouer avec la diplomatie donneuse de leçons de Barack Obama.

Le président américain a aussi précisé sa vision d’une Initiative des trois mers servant à « vous lier encore plus étroitement aux institutions européennes », ce qui n’est pas forcément la vision partagée par les pays membres de cette initiative mais qui correspond en revanche à la vision allemande.

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui avait été invité au sommet de Sofia, a en effet regretté que l’Allemagne n’ait pas été initialement invitée à participer à ce forum de coopération régionale et a exprimé le désir que cette initiative devienne partie intégrante des politiques et des instruments de l’Union européennes et qu’elle soit fondée sur le respect des « valeurs européennes ».

Le problème, c’est que l’Initiative des trois mers a une finalité essentiellement économique et non idéologique, et elle a aussi pour but de faire contrepoids à l’axe franco-allemand qui pèse très lourds sur les décisions prises à Bruxelles, même si ses participants y voient d’abord et avant tout une organisation complémentaire de l’UE.

En mai 2021, le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki appelait plutôt à un accroissement de l’engagement américain dans l’Initiative des trois mers afin de contrer l’influence de la Russie et de la Chine dans la région. Il estimait que « l’Initiative des trois mers est encore sous-estimée par l’administration américaine ».

Il s’agit pour ces douze pays d’Europe centrale de développer les infrastructures régionales (routières, ferroviaires, gazières…) déficientes dans l’axe nord-sud et de favoriser le rattrapage économique de la partie occidentale du continent. Car s’ils représentent près de 30 % de la surface de l’UE et 25 % de sa population, avec 111 millions d’habitants, ils ne comptent que pour moins de 15 % de la richesse du bloc et attirent plus du tiers des fonds européens.

En juin 2019, au sommet de Ljubljana, en Slovénie, deux banques d’investissement, une polonaise et l’autre roumaine, ont annoncé la création d’un Fonds d’investissement de l’Initiative des trois mers. Aujourd’hui, 9 des 12 pays de l’I3M participent à ce fonds d’investissement dont les programmes viennent s’ajouter, à une échelle plus modeste, à ceux de l’UE. Ce fonds se monte aujourd’hui à un peu plus de 1,2 milliard d’euros (dont 750 millions apportés par la Pologne) et devrait atteindre à terme 5 milliards d’euros avec des contributions de pays membres de l’I3M, d’institutions financières internationales et d’investisseurs institutionnels privés.

En septembre 2019, les présidents des places financières des pays du Groupe de Visegrád (V4 : Pologne, Tchéquie, Slovaquie et Hongrie) ainsi que de trois autres pays de l’Initiative des 3 mers (Roumanie, Croatie et Slovénie) ont annoncé leur intention de créer un index boursier commun, le CEEplus.

En mai dernier, il a été annoncé que la coopération des douze pays participants allait désormais concerner également la connectivité numérique en plus des infrastructures de transport et du secteur énergétique déjà au menu depuis la création en 2015 de ce forum de coopération régionale à partir d’une initiative du président polonais Andrzej Duda et du président croate Kolinda Grabar-Kitarović.

 D’ici 2030, selon les estimations, les investissements dans les infrastructures de transport dans les douze pays de l’I3M devraient atteindre 290 milliards d’euros, tandis que le secteur énergétique devrait attirer 88 milliards d’euros et le numérique nécessitera 160 milliards d’euros. Les pays d’Europe centrale, en retard économiquement (à l’exception de l’Autriche, qui n’a pas eu à subir les décennies de dictature communiste), connaissent en revanche des taux de croissance plus dynamiques que ceux de l’ouest du continent, ce qui permet un rattrapage progressif.

Au sommet de Sofia les 8 et 9 juillet, la France, le Royaume-Uni, la Grèce et le Japon ont rejoint les États-Unis et l’Allemagne en tant que partenaires de l’I3M. La Lettonie a pris le relais de la présidence du groupe des mains de la Bulgarie.

Si ses objectifs restent modestes (mais utiles et concrets), l’Initiative des trois mers, qui est une simple plateforme de coopération inter-gouvernementale et inter-régionale, n’en constitue pas moins une éventuelle alternative utile pour l’avenir si l’UE devait mal finir. C’est aussi pourquoi il est improbable que ses membres acceptent un jour la proposition allemande de l’intégrer aux programmes de coopération gérés depuis Bruxelles😊😊

14/08/2022. France. Une urgence, remettre en place le service militaire universel.

La loi Jourdan-Delbrel adoptée le 5 septembre 1798 institue la « conscription universelle et obligatoire » pour tous les hommes français âgés de 20 à 25 ans, c’est-à-dire le service militaire obligatoire. Cette loi était destinée à faire face à la grande démobilisation consécutive à la chute de Robespierre en 1794. Ce service a été conservé jusqu’en 2002. A cette date, la conscription a été arrêtée au profit d’un « parcours citoyen » pour les jeunes, hommes et femmes, à partir de leur seizième anniversaire. Par ailleurs, le service national a été remplacé par un service volontaire pour une durée variant de un à cinq ans.

Le service militaire obligatoire était réputé avoir mauvaise réputation auprès de l’électorat. En fait il était très bien accepté et constitua un des piliers de la République française. Son coût avait paru excessif à une époque où, officiellement, la France n’avait plus d’ennemis. Mais aujourd’hui, avec la recrudescence du terrorisme islamique, il apparaît que ce qui reste des forces armées, complétées de la police, sont insuffisantes en hommes comme en armement pour assurer la sécurité.

Par ailleurs, la nouvelle guerre menée contre la France par l’Armée islamique en Irak ( al-jaysh al-islāmi fī’l-`irāq) et les nombreux groupes armés qui s’y rattachent s’appuiera de plus en plus sur les « jeunes » déjà en cours d’islamisation que l’on rencontrera non seulement dans les banlieues mais sur l’ensemble du territoire. Obliger ces jeunes à un service militaire de 18 mois ou plus leur fera entendre un autre discours.

Il faudra tenir compte du fait que l’islam de combat commence à pénétrer les forces armées française et le fera de plus en plus si le service militaire redevenait obligatoire.

13/08/2022. Salman Rushdie victime du fanatisme musulman

Nous empruntons à Wikipédia cette présentation des Versets Sataniques dont Salman Rushdie est l’auteur et qui lui a valu d’un fanatique musulman une agression au couteau le 11 aout 2022, le laissant entre la vie et la mort

Sur l’histoire

Le roman, d’environ 500 pages, est une œuvre complexe s’inspirant de faits réels (l’attentat contre un avion d’Air India en 1985, les émeutes de Brixton en 1981 et 1985, la ferveur populaire autour de l’acteur indien Amitabh Bachchan à la suite d’un accident de tournage en 1982, la noyade tragique en 1983 de plusieurs adeptes chiites d’un illuminé qui les avait convaincus que la mer allait s’ouvrir devant eux, la révolution iranienne de 1979), de références biographiques portant sur l’auteur lui-même ou son entourage, ainsi que de faits historiques inspirés de la vie du prophète Mahomet, légendaires (tel l’épisode dit des versets sataniques, expliqué plus bas, qui donne son titre au livre et qui n’occupe que trois paragraphes du roman3) ou imaginaires. Il repose sur un thème central qu’on retrouve dans d’autres ouvrages de l’auteur : le déracinement de l’immigré, déchiré entre sa culture d’origine dont il s’éloigne et la culture de son pays d’accueil qu’il souhaite ardemment acquérir, et la difficulté de cette métamorphose. Le roman établit des ponts entre Inde et Grande-Bretagne, passé et présent, imaginaire et réalité, et aborde de nombreux autres thèmes, la foi, la tentation, le fanatisme religieux, le racisme, les brutalités policières, les provocations politiques, la maladie, la mort, la vengeance, le pardon, etc.

Il est constitué de neuf chapitres. Les chapitres impairs décrivent les pérégrinations des deux personnages principaux, Gibreel Farishta et Saladin Chamcha. Les chapitres pairs sont les narrations des rêves et cauchemars de Gibreel Farishta. Ce dernier, un acteur renommé du cinéma indien, perd la foi à la suite d’une maladie et s’enfuit en Angleterre à la recherche d’une jeune femme qu’il a connue peu de temps auparavant. Saladin Chamcha est également d’origine indienne, mais est doté d’un passeport britannique, et dans toute son âme se veut britannique. Sa couleur de peau le fait se heurter aux préjugés et il gagne sa vie par le talent qu’il a de contrefaire sa voix. Se retrouvant tous deux dans un vol à destination de Londres, ils sont les seuls survivants d’un attentat terroriste. Arrivant indemnes sur une plage, ils sont confrontés à la police qui les soupçonne d’être des immigrés clandestins, mais seul Saladin Chamcha, pourtant le plus « britannique » des deux, considéré comme le plus suspect, est arrêté sans ménagement, sans que Gibreel Farishta esquisse le moindre geste de solidarité. Les deux hommes, désormais séparés, et se vouant réciproquement une animosité certaine, vont évoluer chacun de son côté au fil de la narration, avant de se confronter l’un à l’autre.

Gibreel Farishta, objet d’hallucinations, fait plusieurs rêves. Ceux-ci font référence aux débuts des prédications d’un prophète monothéiste, Mahound (en) (figurant Mahomet de manière comique4), dans la ville de Jahiliya (nommée ainsi en référence à la jâhilîya) et les pressions auxquelles il est soumis, à un imam exilé d’un pays où il revient à la suite d’une révolution pour y dévorer son peuple (allusion à l’ayatollah Khomeini, qui explique l’acharnement que l’Iran portera contre l’auteur), à une jeune fille qui convainc son village de se rendre à La Mecque en traversant à pied sec la mer d’Arabie. Ce sont certains passages de ces chapitres qui susciteront la colère d’une partie du monde musulman.

Origine du titre du roman

Le titre du roman fait référence à un épisode hypothétique de la vie de Mahomet, connu sous le nom de prédication des Versets sataniques. Au moment où Mahomet tenta d’établir le monothéisme à La Mecque, il se trouva en butte à l’hostilité des notables polythéistes de la ville. Selon cet épisode, raconté de manière fictive dans le chapitre II du roman, intitulé « Mahound », le prophète aurait d’abord énoncé des versets autorisant d’autres divinités que le seul Dieu et recommandé qu’on leur rendît un culte, avant de se rétracter. Ces versets auraient été inspirés par le diable4.

Cité par de nombreuses sources de la tradition musulmane5, cet épisode, perçu comme une concession au polythéisme et une remise en question de l’unicité divine et de la fiabilité de Mahomet, est fortement critiqué par certains courants de l’Islam qui ne reconnaissent pas son authenticité.

Réactions

Les plus rigoristes des musulmans considèrent le livre comme blasphématoire « du point de vue de l’islam »[pas clair], et ce de plusieurs façons :

  • en l’analysant comme une moquerie envers le Coran, et en l’accusant de présenter le Coran comme satanique en s’appuyant sur une tradition rapportée par al-Tabari, un commentateur du xe siècle sur les trois déesses (versets 19-22).
  • en estimant que le portrait que fait le roman du monde musulman primitif et de Mahomet est parodique.

En outre, en publiant ce livre, l’auteur d’origine indienne et de parents musulmans se voit accusé :

  • d’athéisme en raison de son interview au journal India Today : « Je ne crois en aucune entité surnaturelle, qu’elle soit chrétienne, juive, musulmane ou hindoue. »
  • d’apostasie car né musulman, il ne refuserait pas un islam qu’il ne connaîtrait pas, mais rejetterait l’islam tel qu’il lui aurait été enseigné.
  • de conspiration contre l’islam, en diffusant, avec la complicité de non-musulmans, des textes contre l’islam, hostiles à la « Vraie Religion ».

Les partisans les plus radicaux d’une interprétation de la charia au sens le plus archaïque considèrent que ces faits sont des crimes punissables de mort[réf. nécessaire].

Salman Rushdie s’est toujours défendu d’avoir écrit un livre blasphématoire, considérant que ses accusateurs n’avaient pas compris le sens du roman, ou n’avaient même pas pris la peine de lire le livre. Dans son autobiographie Joseph Anton6, il écrit qu’« il lui fallut plus de quatre ans pour écrire le livre. Après coup, lorsque des gens voulurent réduire ce livre à une insulte, il avait envie de répondre “je suis capable d’insulter les gens un peu plus vite que cela”. Mais ses adversaires ne trouvèrent pas étrange qu’un écrivain sérieux puisse consacrer un dixième de sa vie à créer quelque chose d’aussi vulgaire qu’une insulte ».


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