03/05/2022 Faudra-t-il laisser les djihadistes s’installer tranquillement au Mali ?

Le 2 mai 2022, les autorités maliennes ont rompu les Accords de statut des forces (Sofa) qui fixaient le cadre juridique de la présence au Mali des forces française Barkhane et européenne Takuba. mais aussi le traité de coopération en matière de défense qui unit le Mali et la France. Cette dénonciation devrait accélérer le retrait en cours de la France de l’opération Barkhane.

L’Opération Barkhane est une opération militaire menée au Sahel et au Sahara par l’armée française, avec une aide secondaire d’armées européennes alliées. Elle vise à lutter contre les groupes armés salafistes djihadistes dans le Sahel. Lancée le 1ᵉʳ août 2014, elle remplace les opérations Serval et Épervier.

Les groupes djihadistes visés sont principalement  Ansar Dine qui compte environ  800 hommes au Mali et AQMI, plus de mille. Mais ces estimations sont peu précises. Le nombre des combattants varie en fonction de l’opposition qu’ils rencontrent.

Si le retrait de la France se précisait, on peut penser que les djihadistes se compteraient par milliers, au Mali et plus encore au Sahel. Parmi eux se trouveront de plus en plus de terroristes islamistes venant commettre des attentats en France et en Europe.

Rappelons qu’alors que plusieurs autres ressources du pays (comme le fer, la bauxite ou le pétrole) restent encore largement inexploitées, le plus grand intérêt d’un pays comme la France est surtout de garder la paix au Mali, notamment pour protéger les gisements d’uranium qu’elle utilise au Niger voisin

La junte au pouvoir dit fustiger les «atteintes flagrantes» de la part des forces françaises présentes dans le pays à la souveraineté nationale et de «multiples violations» de l’espace aérien malien. Rappelons que ces « violations » découlent essentiellement des patrouilles aériennes d’avions et d’hélicoptères permettant d’identifier et combattre les groupes djihadistes.

La France n’est pas l’Ukraine. C’est une chance pour la junte malienne. Ses membres n’auront pas à se défendre contre les frappes de groupes paramilitaires tels que le régiment Azov (Kiev) ou le groupe russe Wagner qui mènent des opérations meurtrières à la marge des actions militaires.

02/05/2022 La bataille russe pour le Donbass

Il apparaît aujourd’hui que la Russie est en train de battre sans doute définitivement les forces ukrainiennes sous le commandement du sémillant président Volodimir Zelinsky. Ces forces elles-mêmes sont massivement aidées par les Etats-Unis au risque de provoquer un embrasement pouvant dégénérer en guerre nucléaire mondiale.

Le fait est que la bataille avait initialement mal commencé pour Moscou. Des colonnes de troupes russes, avançant en Ukraine sans prêter le genre d’attention à la sécurité des itinéraires et à la protection des flancs qui accompagne normalement les opérations offensives, se sont retrouvées coupées et anéanties par des embuscades ukrainiennes bien préparées. De plus, au lieu de plier sous la pression, l’armée ukrainienne, – tant l’armée régulière que les forces territoriales, – a tenu bon et s’est battue, en utilisant  avec un grand succès. des armes antichars portatives, – des ‘Javelin” de fabrication américaine et des NLAW de fabrication britannique, I

Cependant, malgré des revers initiaux coûteux, l’armée russe a poursuivi son attaque, réalisant des gains impressionnants dans le sud, où les forces russes opérant depuis la Crimée ont sécurisé la ville stratégique de Kherson et ont progressé vers la ville tout aussi importante de Marioupol. Là, elles ont rejoint les forces russes et ses alliées de la République de Donetsk pour encercler les forces ukrainiennes qui défendaient Marioupol. Elles ont fini par enfermer les survivants, au nombre de plusieurs milliers, dans les souterrains en béton armé de l’usine sidérurgique Azovstal.

Plus au nord, les forces russes, ainsi que les forces des républiques de Donetsk et de Lougansk, ont avancé vers l’ouest pour chasser les forces ukrainiennes de leurs positions préparées afin de prendre le contrôle de la totalité du territoire englobant la région du Donbass.

Si la sécurisation de l’intégrité territoriale de la région du Donbass était l’un des principaux objectifs de l’opération militaire spéciale russe, la Russie a mené à cette fin de vastes opérations de soutien, notamment une avancée de diversion vers Kiev destinée à fixer les forces ukrainiennes sur place et à détourner les renforts du front oriental, ainsi qu’une feinte amphibie au large d’Odessa dans le même but.

Pour qu’une attaque ou une feinte de diversion soit viable sur le plan opérationnel, elle doit être crédible, ce qui signifie que les forces chargées de la mission doivent être agressives dans l’exécution de la diversion, même dans des conditions défavorables.

L’avancée russe sur Kiev a été réalisée par une force de quelque 40 000 hommes opérant sur deux axes, l’un se dirigeant vers le sud, l’autre poussant vers le sud-ouest depuis la direction de Tchernihiv. Les avancées terrestres ont été précédées de plusieurs assauts aériens visant les aérodromes situés dans les environs de Kiev. Que les renseignements russes aient ou non indiqué que Kiev était mûr pour un coup de main, que les parachutistes et les forces spéciales russes menant les assauts aient été trop agressifs dans la réalisation de l’attaque, ou une combinaison des deux, la réalité était que Kiev était bien défendue par un mélange d’armée régulière et de forces territoriales qui n’étaient pas enclines à abandonner la capitale ukrainienne sans se battre. Pendant plus d’un mois, les forces russes ont avancé sur Kiev, lançant des attaques par à-coups qui ont pénétré dans la banlieue nord et menacé d’encercler la ville par l’est et l’ouest.

Il n’en demeure pas moins qu’une force de 40 000 hommes, aussi agressive soit-elle, ne peut prendre et tenir une ville de quelque trois millions d’habitants défendue par un mélange de 60 000 soldats réguliers, de réserve et territoriaux. Mais cela n’a jamais été leur tâche.

« Ces actions [i.e., l’avancée sur Kiev] », a annoncé le colonel général Sergey Rudskoy, premier chef adjoint de l’état-major russe, lors d’un briefing le 26 mars, « sont menées dans le but de causer des dommages aux infrastructures militaires, aux équipements et au personnel des forces armées ukrainiennes, dont les résultats nous permettent non seulement d’immobiliser leurs forces et de les empêcher de renforcer leur groupement dans le Donbass, mais aussi ne leur permettront pas de le faire jusqu’à ce que l’armée russe libère complètement les territoires de laRépublique populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk ».

La prétendue “bataille de Kiev” est un exemple clair de la différence entre la perception et la réalité. L’interprétation ukrainienne est que ses forces ont vaincu de manière décisive les militaires russes aux abords de Kiev, ce qui les a obligés non seulement à battre en retraite, mais aussi à revoir complètement les objectifs stratégiques de l’opération militaire spéciale. Ce point de vue a été repris sans hésitation par des médias occidentaux complaisants.

L’un des principaux résultats de cette “victoire” ukrainienne a été la capacité du président ukrainien Zelenski à tirer parti de cette perception pour modifier fondamentalement la façon de penser de ses partisans en Occident, ce qui a entraîné une augmentation des sommes allouées à la fourniture d’armes à l’Ukraine, ainsi que de la qualité des armes elles-mêmes, l’Occident délaissant les armes antichars légères au profit de blindées et de pièces d’artillerie plus lourdes.

La nécessité de ce changement radical de priorité en matière d’armement n’était pas explicite, d’autant plus que l’Ukraine avait, selon son propre récit, vaincu la Russie de manière décisive en utilisant ces mêmes armes antichars légères. La réalité, cependant, est que les opérations russes de la phase 1 ont infligé des dommages quasi mortels à l’armée ukrainienne, tuant et blessant des dizaines de milliers de soldats tout en détruisant la majeure partie de l’armement lourd de l’Ukraine, – l’artillerie, les chars et les véhicules de combat blindés essentiels à la conduite d’une guerre interarmes moderne. La raison pour laquelle l’Ukraine a demandé davantage de chars, de véhicules blindés et d’artillerie à ses fournisseurs occidentaux est qu’elle avait épuisé ses stocks disponibles.

Mais l’équipement était le moins important des soucis de l’Ukraine. Une armée n’est bonne que si elle est capable de soutenir logistiquement ses forces pendant le combat, et l’un des principaux objectifs de la campagne russe de la phase-1 était de détruire les installations de stockage de carburant et de munitions de l’Ukraine et de dégrader le commandement et le contrôle ukrainiens. Le résultat est que si l’Ukraine a tenu Kiev, elle l’a fait à un coût énorme en termes d’efficacité globale du combat. Et tandis que la Russie a pu se retirer du front de Kiev et bénéficier d’une période de repos, de réarmement et de réorientation l’armée ukrainienne est restée sous la pression des attaques aériennes russes incessantes et des bombardements de missiles de croisière à guidage de précision et de l’artillerie russe.

La perception, lorsqu’elle est soumise à la lumière crue de la réalité, se révèle être un peu plus qu’un vœu pieux. C’est le cas de la “bataille de Kiev”, au cours de laquelle l’armée ukrainienne s’est retrouvée avec un territoire qui n’avait plus aucune utilité pour les Russes. La Russie a pu redéployer ses forces pour mieux soutenir son objectif premier, la prise du Donbass, laissant les forces ukrainiennes de Kiev figées sur place.

La réalité est que Kiev était une feinte russe magistrale qui a façonné la situation stratégique globale en Ukraine en faveur de la Russie, et que la bataille de Marioupol est également terminée en termes d’impact stratégique sur la campagne globale. Ce qui reste, c’est la dure vérité du fait que l’Ukraine est en train de perdre sa guerre contre la Russie.

Telle est la situation actuelle de l’armée ukrainienne face aux Russes dans le Donbass aujourd’hui. Les Ukrainiens, dépourvus de toute artillerie significative, sont à la merci de l’artillerie et des lance-roquettes russes qui pilonnent leurs positions jour après jour, sans répit. Les troupes russes ont adopté une approche très délibérée de l’engagement avec leurs adversaires ukrainiens. Finies les avancées rapides de colonnes et de convois non protégés ; désormais, les Russes isolent les défenseurs ukrainiens, les bombardent avec l’artillerie, puis se rapprochent prudemment et détruisent ce qui reste avec l’infanterie soutenue par des chars et des véhicules de combat blindés. Le rapport de pertes dans ces combats est impitoyable pour l’Ukraine, avec des centaines de soldats perdus chaque jour en termes de tués, de blessés et de personnes qui se sont rendues, alors que les pertes russes se mesurent en dizaines.

Non seulement la Russie peut manœuvrer pratiquement à volonté le long du front en se rapprochant des défenseurs ukrainiens et en les détruisant, mais les troupes russes opèrent également avec une liberté absolue dans la profondeur, ce qui signifie qu’elles peuvent se retirer pour se ravitailler, se réarmer et se reposer sans craindre les tirs d’artillerie ou les forces de contre-attaque ukrainiennes. Les Ukrainiens, quant à eux, restent cloués au sol, incapables de bouger de crainte d’être détectés et détruits par la puissance aérienne russe, et sont donc condamnés à être isolés et détruits par les troupes russes en temps voulu.

Il n’y a pratiquement aucun espoir de renforcement ou de secours pour les forces ukrainiennes opérant sur les lignes de front ; la Russie a paralysé les lignes ferroviaires qui servaient de voie de ravitaillement, et la probabilité que les forces ukrainiennes qui ont reçu des armes lourdes fournies par l’Occident atteignent les lignes de front avec une force discernable est pratiquement nulle. La bataille du Donbass atteint son point culminant, lorsque l’armée ukrainienne passe rapidement d’une force capable de fournir un semblant de résistance à une force qui a perdu toute capacité de combat significative.

Telle est la situation à l’aube du troisième mois de l’opération militaire russe en Ukraine. Si la fin d’un conflit est toujours une question politique, une chose est sûre : si l’opération se prolonge pendant un quatrième mois, le champ de bataille sera très différent de celui que le monde voit actuellement. La bataille pour le Donbass et l’est de l’Ukraine est pratiquement terminée. C’est la dure réalité, et aucun vœu pieux ni aucune gestion de la perception de la part de Zelenski ou de ses partenaires américains ne peuvent y changer quoi que ce soit.

Références

ex-UN weapons inspector Scott Ritter https://www.youtube.com/watch?v=OSkpIq3T-Zc

https://www.dedefensa.org/article/ukrisisentree-dans-son-troisieme-mois

02/05/2022. Quel intérêt présenterait pour les Etats-Unis la fin de la guerre en Ukraine ?

La fin de cette guerre pourrait résulter de raisons différentes. Chacune d’elles représenterait un manque à gagner considérable pour Washington et le Complexe militaro-industriel américain. Autrement dit derrière les discours officiels de Joe Biden incitant à la paix entre Vladimir Poutine et Volodimir Zelensky on ne voit de raisons objectives pour que le département d ‘Etat américain et la Maison Blanche interviennent d’une façon quelque peu efficace pour que les hostilités s’apaisent.

La guerre affaiblit considérablement la Russie, l’ennemi historique. Celle ci y consacre un budget militaire difficile à évaluer mais de plusieurs milliards de dollars chaque mois. De plus elle entraîne des « sanctions occidentales » dont le poids pour la Russie ne cesse d’augmenter. Il en est ainsi de la cessation par l’Europe des importations de pétrole et gaz russes. En contrepartie d’ailleurs le secteur pétrolier et gazier américain voit ses débouchés vers l’Europe augmenter de façon inespérée.

Mais c’est principalement aujourd’hui dans le domaine des industries militaires que la guerre profite aux entreprises américaines. Le président américain Joe Biden vient ainsi d’obtenir du Congrès d’allouer une aide d’urgence triplant l’aide actuelle. Cette aide s’inscrit dans le domaine économique mais elle est surtout militaire. 20 milliards pour fournir des armements à Kiev (et regarnir les stocks américains) ; 8,5 milliards d’assistance économique, alors que le PIB ukrainien devrait chuter d’un tiers cette année ; 3 milliards d’aide humanitaire et alimentaire. Cette somme s’ajoute aux 13,7 milliards de dollars d’aide à l’Ukraine déjà votés. Mis bout à bout, le montant est considérable: 43,7 milliards de dollars soit davantage que le budget français de la défense en 2022.

On ajoutera que la poursuite de la guerre en Ukraine permettra aux Etats-Unis de rejoindre honorablement le « concert des nations » européennes dont ils s’étaient quelque peu éloignés du fait de leur engagement contre la Chine dans le pacifique sud

01/05/2022 L’espace-temps peut-il être décomposé en particules individuelles observables (pixels)

La théorie de la gravité quantique vise à unifier la physique einsténienne et la physique quantique. Ces deux physiques sont profondément différentes. Néanmoins la science moderne les valide toutes deux et en tire des applications expérimentales également vérifiables et pour la plupart vérifiées.

Un certain nombre de physiciens, théoriques ou expérimentaux, visent actuellement les unifier. La principale question posée est de savoir si l’espace-temps, celui dans lequel nous vivons, peut être « quantifié » c’est-à-dire décomposé en constituants individuels appelés ici pixels en dessous desquels il n’est plus possible de descendre.

Pour prendre une image, nous dirions qu’une symphonie, donnant l’impression d’être unifiée, peut être quantifiée ou pixélisée , c’est-à-dire décomposée en notes individuelles, jouées l’une après l’autre par le musicien. C’est cette quantification ou pixelisation qui est la marque de l’univers quantique – doù ce nom de quantique.

Compte tenu de l’incroyable petitesse des échelles en question la plupart des physiciens ont renoncé à les rapprocher, bien qu’ils en soupçonnent l’existence, par exemple dans les trous noirs ou au sein des ondes gravitationnelles que recherchent les détecteurs du même nom.

Ce n’est pas le cas de Kathryn Zurek, professeure de physique théorique. Elle a mis en place une collaboration interacadémique visant à développer un projet dit Quantum gRavity and Its Observational Signatures (QuRIOS). Celle-ci rassemble des théoriciens des cordes, sans pratique expérimentale, et des théoriciens des particules désireux de conduire des expériences dans leur domaine mais n’ayant pas jusqu’ici travaillé sur la gravité quantique.

Le premier objectif sera de réaliser en laboratoire, sans faire appel à des instruments sophistiqués, une expérience baptisée Gravity from Quantum Entanglement of Space-Time (GquEST). Celle-ci ne cherchera pas à détecter des unités élémentaires de l’espace-temps, mais leurs interconnexions éventuelles donnant naissance à des particules observables. Ainsi la force électromagnétique peut être décomposée en particules nommés photons, qui composent la lumière visible.

Concernant la gravité quantique la principale question à résoudre sera de savoir si l’espace-temps, aussi réduit que possible, resterait homogène, comme l’eau d’un lac par beau temps, ou donnerait naissance à une surface devenant écumeuse comme ce lac par mauvais temps. C’est cette dernière hypothèse que privilégient la plupart des cosmologistes. Ils ont même nommé gravitons ces hypothétiques ondulations écumeuses. Mais ils ne sont pas capables à ce jour d’en donner des représentations mathématiques recevables.

Pour en savoir plus
https://magazine.caltech.edu/post/quantum-gravity

30/04/2022 L’Inde sous estime son importance diplomatique

. Après la rencontre à Washington entre les chefs de la diplomatie et de la défense américains et indiens, le premier ministre britannique Boris Johnson s’est rendu en visite à New Delhi, où devrait également venir dans les prochains jours la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

L’Occident vise manifestement à faire sortir l’Inde de sa neutralité à l’égard de la Russie. Dans le conflict actuel dit de la guerre du Donbass, le premier ministre indien Narendra Modi a plusieurs fois répété que l’ Inde voulait rester neutre. Il n’a pas condamné la Russie mais seulement appelé à mettre immédiatement un terme aux violences en Ukraine. 

A l’issue des pourparlers, l’UE et l’Inde sont convenues de créer un conseil de commerce et de technologies. Cela pourrait être considéré comme un succès de la présidente de la Commission européenne. Car une telle structure n’existe qu’entre l’Union européenne et les États-Unis. 

Pendant sa rencontre avec le premier ministre indien Narendra Modi, Ursula von der Leyen a déclaré qu’une telle coopération était aujourd’hui plus que jamais.nécessaire. Elle a également promis d’augmenter les livraisons d’armes à l’Inde. Les deux responsables ont par ailleurs évoqué la proposition de créer une zone de libre-échange. Les négociations à ce sujet étaient menées encore en 2013 mais ont été suspendues à cause des divergences sur la réduction des taxes et la protection des brevets.

L’UE considère l’importance de l’inde non pas en relation avec la crise ukrainienne, mais du point de vue de la confrontation avec la Chine. L’Inde, avec sa population de presque 1,4 milliard d’habitants, est perçue comme une alliée clé censée aider à freiner l’ascension de la Chine sur la scène mondiale.

Le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar a déclaré que les parties avaient échangé leurs avis sur les conséquences politiques et économiques du conflit en Ukraine. Un échange d’avis n’implique pas que les interlocuteurs partagent leurs approches. De toute évidence, l’Inde continuera de manœuvrer entre l’Occident et la Russie. L’Inde est prête à commercer avec tout le monde. Cela ne signifie pas qu’elle cède à la pression politique. 

La ligne de la politique étrangère du pays a été confiée par la ministre des Finances Nirmala Sitharaman dans une interview à l’agence Bloomberg. « L’Inde veut être un ami fiable du monde libéral. Mais elle a besoin de l’aide de la Russie pour défendre ses frontières ». L’Inde était depuis longtemps impliquée dans des litiges frontaliers avec le Pakistan et la Chine. Il lui a fallu faire la guerre avec ces deux pays. D’autant plus qu’ils agissent conjointement contre l’Inde. New Delhi ne peut pas se permettre de se disperser. Il doit rester fort pour pouvoir se défendre.

On regrettera que que l’Inde, sixième grande puissance du monde, ne s’engage pas davantage pour résoudre la crise actuelle en Ukraine.

30/04/2022. La guerre en Ukraine et le complexe militaro-industriel américain.

Le président américain Joe Biden a demandé au Congrès de voter un nouveau plan d’aide à l’Ukraine d’un montant de 33 milliards de dollars, dont 20 sont destinés à un matériel militaire qui semble de plus en plus offensif : drones, hélicoptères, alors que des pays européens ont déjà livré aux Ukrainiens des chars. 

Il est difficile de ne pas voir là l’intervention du Complexe militaro industriel CMI américain. L’expression « complexe militaro-industriel » désigne l’ensemble constitué par l’industrie de l’armement, les forces armées et les décideurs publics d’un gouvernement, et le jeu de relations complexes entre ces trois pôles destiné à influencer les choix publics.

Il ne faut pas être grand expert pour deviner que Volodymyr Velinsky et l’armée ukrainienne ne verront pas grand chose de ces milliards, Le temps que les matériels correspondants soient livrés et que les militaires ukrainiens apprennent à s’en servir, ce ne sera pas seulement le Donbass mais toute l’Ukraine qui seront conquis par les Russes.

Mieux vaudrait que les occidentaux dès maintenant proposent à Vladimir Poutine de mener conjointement de grands programmes scientifiques tels notamment l’exploration de l’espace profond interplanétaire.

Il serait facile de faire en sorte que le CMI américain, comme son homologue russe, en tirent quelques profits.

20/04/2022…Le fascisme en Ukraine

29/04/2022 Le fascisme en Ukraine

Nous reprenons ici les principaux arguments d’un long article de Liberation News, journal du Parti pour le Socialisme et la Libération  (Etats-Unis) daté du 30 mars 2022. Auteur Gabriel Rockhill publié le 30 mars 2022
https://www.liberationnews.org/nazis-in-ukraine-seeing-through-the-fog-of-the-information-war/

Traduction : Gérard Jeannesson-

————————————————————–Nier l’existence du fascisme et l’activité de groupes nazis en Ukraine sert à vendre plus facilement au public une thèse simpliste : Poutine serait le nouvel Hitler ; il s’attaquerait sans vergogne au gouvernement ukrainien épris de liberté, et aux populations innocentes qui le soutiennent. Présenter les choses de cette façon aide à canaliser l’opinion pour obtenir un soutien inconditionnel au gouvernement de Volodomyr Zelensky, à l’Otan et aux puissances impérialistes de l’Occident. De cette façon, le déclenchement d’une guerre « humanitaire » devient acceptable pour le public quand bien même il s’agirait, en réalité, d’une agression armée brutale de l’Otan contre la Russie, une intervention susceptible de déclencher la troisième guerre mondiale.

Chacun comprendra que, dans un tel contexte, la présentation de toute analyse un tant soit peu élaborée de l’histoire et des manifestations du nazisme dans cette partie du monde, prenant en compte les réalités concrètes de l’Ukraine d’aujourd’hui, vaudra à leurs auteurs d’être aussitôt traités de poutinistes, et à leurs explications d’être rejetées puisque non conformes à la version du pouvoir en place.

Mais, si l’on s’attelle sérieusement à l’analyse des situations complexes du terrain, on est amené à constater qu’il y a une longue histoire d’ancrage et de développement du fascisme en Ukraine, dérive que les Etats-Unis ont facilitée et entretenue de diverses façons. Cela ne veut pas dire que le fascisme domine dans tout le pays, ni même dans chacun des secteurs où il sévit et se développe (l’armée et les forces para-militaires, le parlement, la société au sens large, etc…). Cela ne veut pas dire non plus que l’on s’interdise de contester l’invasion de l’Ukraine par les forces armées de la Russie, ni qu’on soit obligé de croire et de souscrire à l’objectif de « dénazifier l’Ukraine » mis en avant par Moscou. On peut très bien comprendre et reconnaître que le fascisme est véritablement présent en Ukraine et néanmoins dénoncer la décision de Poutine de déployer les troupes russes dans le pays.

  Petit rappel historique

Pour bien comprendre le conflit en cours, il est important de se rappeler que Russes et Ukrainiens ont entretenu autrefois des rapports plutôt bons, du temps où la Russie et l’Ukraine appartenaient toutes deux au groupe des quinze républiques de l’URSS. L’un des principes constitutifs de l’URSS était le libre choix des différentes républiques d’appartenir ou pas à l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. La situation a changé brutalement en 1941 quand les nazis ont envahi l’URSS et se sont emparés d’une grande partie du territoire de l’Ukraine.

Selon Jean-Paul Himka, le quart des victimes de l’holocauste résidaient en Ukraine, et les nationalistes ukrainiens d’extrême droite furent étroitement associés aux atrocités commises par les nazis. L’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (l’OUN) et la force armée qui l’appuyait (l’UPA : l’armée des Insurgés ukrainiens) participèrent directement aux actes des génocidaires : « Au cours de l’été 1941, les milices de l’OUN ont été des agents essentiels des violences perpétrées à l’encontre des populations juives ; L’OUN aidait au recrutement des membres des services de police qui fournissaient aux unités mobiles allemandes chargées d’éliminer les Juifs les tueurs dont elles avaient besoin.

En 1943, des milliers de ces policiers ont choisi de quitter les rangs de la police allemande pour rejoindre les insurgés de l’OUN inféodée à l’extrême droite nationaliste ukrainienne. Cette année-là, l’UPA a tué tous les Juifs qui avaient survécu aux campagnes d’élimination les plus importantes de 1942. » Selon Ian Sayer et Douglas Botting, « la part prise par l’OUN à l’extermination des Juifs et autres [indésirables] a été très importante. C’étaient eux qui exécutaient le sale boulot des forces opérationnelles des pelotons d’extermination ( comme la mise à mort des enfants…) , ce qu’elles ont continué à faire après la guerre sous la houlette des Etats-Unis. ».

Il est en effet avéré que, durant la période de l’après-guerre, le gouvernement américain USA a recruté discrètement un nombre considérable de collaborateurs nazis pour étoffer les rangs du réseau anticommuniste international, truffé d’éléments fascistes, qu’il s’appliquait à déployer à travers le monde. L’auteur bien connu John Loftus estime qu’en 1952, on avait déjà fait venir aux Etats-Unis des centaines, voire des milliers de collaborateurs nazis recrutés en Biélorussie, en Ukraine, dans les Etats-Baltes, et dans les Balkans.

La cellule de contre-espionnage CORE pilotait de son côté l’opération « Anyface »(monsieur tout le monde…), assurant la protection du chef de l’OUN, l’organisation fasciste des nationalistes ukrainiens. Il s’agissait surtout d’empêcher la justice des Soviets de s’emparer de Stepan Bandera dont la collaboration avec les nazis était connue de tous, et d’empêcher les juges de l’entendre et de lui faire rendre des comptes. Rappelons que Stepan Andriïovytch Bandera, né le 1ᵉʳ janvier 1909 dans la province de Kalouch dans l’Est de l’Empire austro-hongrois et mort assassiné le 15 octobre 1959 à Munich, était un homme politique et idéologue nationaliste ukrainien. 

Mykola Lebed est le Nazi ukrainien de plus haut rang qui ait foulé le sol des Etats-Unis . Il était le chef des Services de la Sécurité Nationale du pays aux ordres de Bandera. Frank Wisner, le chef des opérations secrètes de la CIA, a reconnu qu’en 1951, pas moins de vingt quatre autres membres des Services de Sécurité de l’OUN ou de Bandera se trouvaient aux Etats-Unis, certains ayant conservé leurs fonctions, d’autres pas.

Les services de renseignements de Washington ont collaboré étroitement avec diverses organisations du même type, regroupant d’anciens collaborateurs nazis, pour mener en URSS des campagnes visant à répandre la terreur, et pour y organiser des assassinats. En 1951, selon Wisner, « plus de 35 000 agents de la police secrète russe (le MVD et le MKGB) avaient déjà été tués par l’OUN et sa branche armée depuis la fin de la deuxième guerre mondiale ».

Comme en atteste l’opération Gladio, l’Otan était totalement engagée dans la guerre contre le communisme. Sous l’égide de la CIA et du MI6 (Services Secrets britanniques), l’Otan assura le recrutement et l’entraînement d’une véritable armée secrète, la plupart des recrues étant des nazis ou des fascistes notoires. Selon la Commission d’Enquête mise en place par le Sénat italien pour enquêter sur le réseau Gladio, « il apparaît que des éléments de la CIA ont entrepris, dans la seconde moitié des années soixante, une opération de grande envergure, ne reculant devant rien pour contrer la propagation et le développement de la gauche contestataire socialo-communiste à l’échelle de tout le continent européen ». Des assassinats ciblés et l’organisation d’attaques terroristes faisaient partie des moyens employés. Ces crimes étaient imputés aux communistes afin de terrifier les populations, de leur faire accepter les raids qui étaient organisés contre les communistes, et de les amener à soutenir des gouvernements d’extrême-droite.

Le mandat exercé par le général américain Lemnitzer (https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyman_Lemnitzer )à la tête du Comité Militaire de l’Otan a chevauché celui d’Adolf Heusinger (https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Heusinger) l’un des nombreux dirigeants officiels de haut rang des groupes fascistes et nazis intégrés dans l’armée et les Services de Renseignement américains. Heusinger a exercé les fonctions de Président du Comité Militaire de l’Otan de 1961 à 1964. Avant cela, il s’était vu confier par Hitler le poste de Chef d’Etat-Major Général des armées nazies. L’Otan ne s’est donc pas contentée de recruter des nazis pour faire le travail des armées secrètes mises sur pied pour conduire les campagnes de terreur et de haine contre les communistes. Certaines de ces recrues ont été intégrées directement aux postes de commandement les plus élevés de l’Otan, ce qui ne laissait planer aucune ambiguïté sur l’orientation politique de cette organisation.

Le coup d’état du Maidan

Tout au long des années qui ont suivi, les Etats-Unis ont poursuivi leur étroite collaboration avec les fascistes ukrainiens pour parachever les campagnes de déstabilisation déclenchées contre l’URSS. Selon Michael Douglas Smith, spécialiste du renseignement et ancien membre de la CIA, cette dernière (la CIA) n’a pas cessé de travailler au développement et au renforcement de groupes fascistes en Ukraine au cours des soixante-dix dernières années.

L’exécution du coup d’état du Maidan de 2014, entamée fin 2013, s’est appuyée sur les brigades de choc de l’extrême droite, tels les groupes fascistes du Secteur Droit et les ultra-nationalistes du parti Svoboda https://fr.wikipedia.org/wiki/Svoboda_(parti_ukrainien). Ces groupes ont activement contribué à la chute du gouvernement de Victor Yanoukovitch https://fr.wikipedia.org/wiki/Viktor_Ianoukovytch, l’ensemble de l’opération ayant été ouvertement soutenue par les puissances impérialistes de l’Occident (les Etats-Unis et l’Europe). Trois des membres du parti Svoboda ont été d’emblée installés au gouvernement mis en place aussitôt après le coup d’état, tandis que la Présidence du Parlement était confiée pour cinq ans à Andrei Paruby, le co-fondateur du Secteur Droit. Svoboda a bien essayé d’adoucir ses traits d’organisation nazie. C’est néanmoins resté un parti foncièrement anti-communiste et ultra-nationaliste d’extrême droite, chantant les louanges du collaborateur nazi Stepan Bandera, le leader politique et théoricien de la branche militante de l’OUN fasciste (l’organisation des nationalistes ukrainiens).

C’est le groupe d’extrême droite Patriotes d’Ukraine , fondé en 2005, et l’Assemblée Sociale Nationale, fondée en 2008, un autre groupe d’extrême droite basé à Kiev, proche de Svoboda, qui ont créé ensemble le Bataillon Azov en 2014. L’ASN était connue pour ses actions agressives menées à l’encontre des minorités. Le bataillon Azov, le Secteur Droit et les autres milices fascistes ont joué un rôle très important, à bien des égards, dans la consolidation du nouveau gouvernement issu du coup d’état, ne répugnant pas à organiser des violences urbaines contre la Gauche et à organiser des campagnes d’intimidation contre les politiciens pas suffisamment coopérants avec le nouveau pouvoir.

Ces groupes ont également à leur actif la mise sur pied de camps d’endoctrinement pour les enfants les plus jeunes comme pour les plus grands, des pressions exercées sur le gouvernement pour l’obliger à modifier les programmes scolaires, pour interdire l’usage de la langue russe, pour ré-écrire l’histoire officielle du pays. Ce climat de violences urbaines et d’intimidations a culminé le 2 mai 2014 avec ce que certains ont appelé « la pire atrocité commise par les nazis depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale », quand (au moins) quarante deux manifestants de gauche de la ville d’Odessa ont péri carbonisés dans l’incendie allumé dans le bâtiment des Syndicats où ils s’étaient réfugiés pour échapper à leurs poursuivants.

C’est la perpétration de cette opération de changement de régime qui a conduit au déclenchement d’une guerre civile dans le Donbass, dans la partie orientale de l’Ukraine. Quand les séparatistes pro-russes de cette région se sont opposés au gouvernement fasciste de Kiev et se sont proclamés indépendants, le nouveau pouvoir fantoche s’est révélé incapables de l’empêcher. Alors, on a lancé le bataillon Azov et ses milices fascistes contre les séparatistes du Donbass. Ces hostilités ont conduitquatorze mille personnes à la mort, avant que Poutine ne reconnaisse l’indépendance des deux républiques du Donbass et ne déclenche l’invasion de l’Ukraine par les Forces Armées Russes en février 2022 pour protéger ces populations.

Durant toute cette période (de 2014 à 2022), le bataillon Azov a bénéficié du soutien d’Arsen Avakov, https://fr.wikipedia.org/wiki/Arsen_Avakov, le Ministre de l’Intérieur du gouvernement de Kiev, mais aussi des armes et de l’entraînement militaire des Etats-Unis. Les résultats obtenus par le bataillon Azov, dans sa confrontation avec les indépendantistes pro-russes, lui ont valu d’être pleinement intégré dans la Garde Nationale de l’Ukraine en 2014, le plaçant ainsi au rang de corps constitutif de l’état.

Cinq anciens responsables du renseignement et de la sécurité nationale ont révélé qu’en 2015, « un programme d’entraînement secret fonctionnait aux Etats-Unis pour assurer la formation d’agents des forces d’élite ukrainiennes pour l’organisation d’opérations spéciales, et pour la formation d’agents d’autres branches des services de renseignement ». La même année, le congrès américain a validé une loi budgétaire « assignant des centaines de millions de dollars au soutien économique et militaire de l’Ukraine, cette loi budgétaire ayant fait l’objet d’un aménagement spécial pour autoriser l’affectation de ces fonds à la milice nazi du bataillon Azov opérant en Ukraine ».

On observera, puisque se pose la question de savoir si le bataillon Azov et les autres milices nationalistes d’extrême droite étaient nazifiés ou pas, que la Chambre des Représentants des Etats-Unis a reconnu en 2015 qu’ Azov « est une organisation néo-nazie ». Bien que le bataillon Azov ait quelquefois nié qu’il adhérait pleinement à l’idéologie nazie, « il y a une débauche de swastikas et d’ autres insignes nazis tant sur les corps que sur les uniformes des membres de cette troupe ». Leurs uniformes arborent l’emblème de la rune du loup (WolfsAngel) qui ressemble à une swastika sur fond jaune. En 2015, le porte-parole du régiment Azov, Andrei Diachenko, affirmait que « dix à vingt pour cent des membres du groupe étaient nazis ». Il semble qu’il ait fait cette déclaration pour dissiper les craintes d’une nazification endémique de son organisation. Quoi qu’il en soit, même si on se réfère aux faibles pourcentages admis, il en découle nécessairement que tous les autres membres du bataillon étaient des collaborateurs des Nazis.

Qu’Azov et les bataillons similaires souscrivent ou pas à 100 % à l’idéologie nazie, il est essentiel de bien comprendre que leur orientation fondamentale est clairement fasciste : Ils reçoivent des subsides des éléments réactionnaires de la classe capitaliste pour financer des milices recourant à la violence, organisées en marge de l’état, quelquefois pleinement intégrées dans l’appareil d’état, qui sont foncièrement ultra-nationalistes, racistes, pro-capitalistes et anti-communistes.

Andrei Biletski https://en.wikipedia.org/wiki/Andriy_Biletsky est bien placé pour comprendre l’idéologie qui les anime puisqu’il a lui-même assumé la direction du groupe des Patriotes Ukrainiens et de la SNA, et qu’il a également commandé le bataillon Azov avant de siéger au Parlement Ukrainien de 2014 à 2019. A l’occasion d’une interview, il s’est expliqué en ces termes : « La mission historique de notre nation, à ce moment critique de notre histoire, est de conduire l’ultime grande croisade, celle de toutes les races blanches du monde, qui décidera de leur survie. Une croisade engagée contre les sous-hommes des races inférieures regroupées derrière les Sémites » . (terminologie conforme à l’idéologie nazie).

L’ancrage du fascisme dans l’Ukraine d’aujourd’hui

Le fascisme est installé dans la classe capitaliste qui régente le pays ; il s’est fixé sur des groupes para-militaires ; il s’est incrusté dans l’armée ukrainienne, au parlement, et dans divers secteurs de la société. Mais, lui reconnaître un rôle dominant dans chacune de ces sphères serait surévaluer son implantation et son influence. A l’oppoqé, on ferait pareillement erreur en ne prenant pas garde à la réalité de son implantation, à l’influence qu’il est capable d’exercer, aux soutiens qu’il trouve auprès du gouvernement de Zelenski et auprès des forces impérialistes à l’extérieur du pays.

A l’occasion du scrutin de 2019 prévu pour renouveler les élus du Parlement (la Rada), Svoboda s’est allié à d’autres organisations d’extrême droite, se fondant avec elles dans un même parti. Rassemblaient ainsi leurs forces le Secteur Droit, le Corps National, l’Initiative Gouvernementale de Dimitri Yarosh (DIYA) et le parti Svoboda n’ont obtenu que 2,15 % des suffrages, score inférieur aux 5 % nécessaires pour enlever au moins un siège. A l’occasion de ce même scrutin, Volodymir Zelensky, le chef du parti Serviteur du Peuple, défendait une plateforme anti-corruption. Les grands médias le présentaient comme un centriste. Son groupe obtint 124 des 225 sièges affectés au niveau national et 130 élus sur 225 au niveau des circonscriptions. (il fallait 226 élus au moins pour obtenir la majorité des 450 sièges à pourvoir).

Le parti de Zelenski a emprunté son nom à une série télévisée appréciée par les Ukrainiens en désamour de l’élite oligarchique du pays, alors que le pouvoir mis en place après la révolution de 2014 s’avérait incapable d’assainir la situation du pays. Dans ce feuilleton télévisé, le comédien professionnel Zelenski n’endossait nul autre rôle que celui du Président de l’Ukraine ! Son ascension extraordinaire à la présidence, a eu beaucoup à voir avec la notoriété que lui conférait son statut d‘acteur talentueux, Il a, par ailleurs, bénéficié d’appuis financiers privés importants, tout particulièrement de l’oligarque milliardaire Kolomoysky, https://fr.wikipedia.org/wiki/Ihor_Kolomo%C3%AFsky, son pourvoyeur de fonds le plus important.

Kolomoïsky est l’un des actionnaires du groupe médiatique 1+1 dont la chaîne diffusait le feuilleton télévisé « Serviteur du Peuple », une série qui semble, a posteriori, n’avoir été qu’une campagne de propagande de longue haleine pour Zelenski. . C’est également le groupe de presse qu’il contrôle qui a pris en charge la sécurité de l’acteur et toute la logistique des déplacements liés à sa campagne politique, dont quatorze trajets allers et retours effectués jusqu’à Genève et Tel Aviv, le point d’ancrage principal de Zelenski.

Le dévoilement des opérations financières secrètes que les « Pandora papers » https://fr.wikipedia.org/wiki/Pandora_Papers ont étalées en pleine lumière a permis de mettre en évidence la toile d’araignée des intérêts croisés, des placements offshore et des arrangements financiers qui lient Zelenski et Kolomoïsky.

Kolomoïsky est aussi l’un des soutiens financiers les plus importants des milices d’extrême droite qui sévissent dans la partie orientale de l’Ukraine. Les bataillons Azov et Aïdar, deux des bénéficiaires de ces libéralités, ont été accusés de nombreux crimes de guerre dans le Donbass au long des huit dernières années.

Kolomoïsky financerait également « les bataillons de volontaires Donbass, Dnepr 1 , Dnepr 2 ». Quand il a été nommé, en mars 2014, Gouverneur de sa région de résidence à Dnipropetrovsk, il a fortement contribué à l’écrasement des forces séparatistes du secteur en déboursant plus de dix millions de dollars pour mettre sur pied le bataillon Dnipro ( autre appellation du Dnepr).

On estimait, en 2015, qu’il y avait une trentaine de milices nationalistes qui combattaient les séparatistes dans l’est de l’Ukraine. Avec le soutien financier d’oligarques comme Kolomoïsky et Serhiy Taruta, (le milliardaire gouverneur de la région de Donetsk, financeur du bataillon Azov), elles constituent une force para-militaire opérationnelle qui appuie au besoin les soldats de l’armée ukrainienne. La Russie a émis un mandat d’arrêt contre Kolomoïsky en 2015 pour »organisation de l’assassinat de populations civiles » vu le soutien financier qu’il apporte aux militants de ces groupes criminels.

L’acteur « présidentialisé » par l’oligarque milliardaire Kolomoïsky s’est bien gardé de réprimer si peu que ce soit les milices de l’extrême droite nationaliste qui font étalage de leur idéologie fasciste et de leurs emblèmes nazis. Zelenski ne les a pas seulement laissé se livrer à leurs turpitudes en toute impunité, il a établi des lien étroits entre son administration et des fascistes ouvertement déclarés. L’un d’entre eux, Dimitri Yarosh, l’un des anciens dirigeants du Secteur Droit et fidèle partisan du collaborateur nazi Bandera, a déclaré en novembre 2021 qu’il avait été nommé conseiller du Commandant en Chef des Forces Armées de l’Ukraine.

Peu de temps après, Zelenski a décoré le commandant du Secteur Droit, Dmytro kotsyubaylo, du titre de Héro de l’Ukraine. Le premier mars de cette année, il a nommé au poste d’administrateur régional d’Odessa un ancien commandant du bataillon Aïdar : Maksym Marchenko, un individu accusé d’ avoir perpétré des crimes de guerre au Donbass. Il y en a tant qu’on ne compte plus les liens que le gouvernement Ukrainien et l’armée nationale de l’Ukraine ont tissés avec les milices fascistes de l’extrême droite nationaliste.

Appliquées comme elles l’ont été à renforcer les pouvoirs et les leviers des groupes fascistes, les autorités ukrainiennes l’ont été tout autant pour retirer aux partis communistes leur droit de participer aux élections de 2015 et pour édicter des lois nouvelles de « décommunisation » : Ces lois interdisent l’exhibition de symboles soviétiques et abrogent le statut spécial du 9 mai, date à laquelle était célébrée chaque année la victoire remportée par l’Union Soviétique contre l’Allemagne nazie lors de la seconde guerre mondiale. Les nouvelles lois édictées vont faire disparaître du paysage toutes les références à « la Grande Guerre Patriotique », comme l’appelaient les soviétiques, pour les remplacer par des termes moins évocateurs et plus anodins : « la deuxième guerre mondiale ».

Sera de même désormais interdit le déploiement du drapeau de la victoire soviétique. Des milliers de rues, de jardins publics, et même des villes doivent changer de nom. Des dizaines de milliers de rues ont déjà été rebaptisées. Près de mille localités, (Villes et villages) ont été traitées de la même façon. Ce projet culturel anti-communiste de grande ampleur, extrêmement coûteux, a conduit parallèlement à l’enlèvement de plus de deux mille statues et monuments. Les nombreuses protestations se sont révélées impuissantes à empêcher cela et le gouvernement a refusé de révoquer ces nouvelles dispositions règlementaires.

On remarquera aussi les actes symboliques importants mis en scène à la gloire des militants de l’extrême droite nationaliste et des collaborateurs nazis, signaux qui sont autant d’encouragements au développement et à la propagation des idées et des préceptes du fascisme dans certaines couches de la société ukrainienne. Zelensky en a donné un exemple édifiant lorsqu’il a déclaré, le 18 avril 2019, dans une interview accordée à RBC-Ukraine : « Certains sont incontestablement des héros. Stepan Bandera est considéré comme un héro par une partie des Ukrainiens. C’est normal. Il fait partie de ceux qui ont défendu la liberté de l’Ukraine. ». Zelenski a également défendu publiquement le footballeur Roman Zolzulya, supporter déclaré du Bataillon Azov, lorsque sont apparues des photos qui le montraient en compagnie du collaborateur nazi Stepan Bandera, ce qui lui valut d’être accusé d’être un nazi, lui aussi.

Pour Zelenski, le footballeur Roman Zolzulya est « un vrai patriote ». Son ancien Premier Ministre, Oleksiy Honcharuk, y est allé de ses encouragements, lui aussi, n’hésitant pas à honorer de sa présence un concert néo-nazi organisé par le groupe fasciste C14, allant même jusqu’à monter sur scène à leurs côtés.

On ne sera donc pas surpris de découvrir que l’Ukraine est le seul pays qui se soit joint aux Etats-Unis et au Canada, pour voter contre la résolution présentée au vote des délégués de l’Assemblée Générale des Nations Unies appelant à « lutter contre la glorification du nazisme et du néo-nazisme et de toutes autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie ainsi que l’intolérance qui y est associée ». (note: Tous les pays de l’UE se sont abstenus). De nombreux médias ont participé à la diffusion de la propagande nazie qui imprègne l’ensemble de la société ukrainienne. En 2014, un journaliste de Hromadske TV a appelé ouvertement au génocide dans le Donbass, déclarant notamment : » Il y a une certaine partie de la population qui doit être exterminée ».

Le 13 mars de cette année (2022) le présentateur TV ukrainien Fahruddin Sharafmal a lancé un appel enflammé au génocide et à l’assassinat des enfants russes pendant l’une des émissions matinales de la chaîne 24. Campé devant la caméra, avec en arrière plan la photographie du nazi notoire Adolf Eichman, il a déclaré ceci :« Je prends la liberté de citer Eichman qui expliquait que, pour détruire une nation, il faut d’abord détruire les enfants. Il faut procéder ainsi parce que, si vous tuez les parents, les enfants grandiront avec l’idée de les venger . Si vous tuez les enfants, ils ne grandiront pas et cette nation sera anéantie. » Et il a poursuivi ainsi : »Si j’ai l’occasion d éliminer des Russes, je le ferai sans la moindre hésitation. Vous dites que je suis un Nazi. J’adhère entièrement à la doctrine défendue par Adolf Eichman, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour m’assurer que vous et vos enfants, vous ne puissiez plus vivre sur cette terre. Vous devez comprendre que l’objectif n’est pas la paix mais la victoire du peuple ukrainien. Nous avons besoin de cette victoire. Et si nous devons vous massacrer, vous et toutes vos familles, jusqu’au dernier, je serai le premier à m’y employer. »

La chaîne 24 appartient au conglomérat médiatique TRK Lux media. Elle est contrôlée par la richissime femme d’affaires Kateryna Kit-Sadova et son mari Andriy Sadovyi, l’actuel maire de Lvov et ancien chef du Parti de L’Autonomie.

Dernièrement, Zelenski a pris prétexte de l’invasion russe pour interdire onze partis politiques, y compris le parti d’opposition le plus important (« la plateforme d’opposition-Pour la vie », détentrice de quarante trois des sièges du parlement ), et pour mettre les dirigeants du parti communiste en état d’arrestation.

Dans la même foulée, prétendant ainsi combattre « les campagnes de désinformation » de la Russie, il a pris le contrôle de l’information, en regroupant toutes les chaînes de la télévision nationale autour d’une « plateforme de communication stratégique unique centralisant la diffusion des informations « 

De son côté, le Ministère des Affaires Etrangères de l’Ukraine est désormais connecté directement à un réseau international d’entreprises de relations publiques, pour mener au mieux la guerre de la communication, en conservant le contrôle de la diffusion des infos dont la circulation est permise. Selon l’un des hauts responsables de l’Otan, » ceux-là sont vraiment des as de la communication stratégique (stratcom), de l’utilisation des médias, des opérations d’influence, (info-ops : collectes d’infos et diffusion de propagande ) et des opérations de soutien à l’info militaire (psy-ops / guerre psychologique) ».

L’expérience professionnelle acquise par Zelenski, du temps où il était acteur, lui aura sûrement été d’un grand secours pour la mise en place et la conduite de toutes ces opérations de propagande. Finalement, il veut présenter son gouvernement comme celui d’un pays de la liberté et de la démocratie, autrement dit, un petit sosie des puissances impérialistes sur lesquelles il est aligné, alors même qu’il soutient ouvertement des milices fascistes, qu’il reçoit des subsides des gros bonnets capitalistes réactionnaires également financeurs des bataillons nazis, qu’il glorifie les collaborateurs nazis et les figures de l’extrême droite nationaliste, qu’il encourage la propagation du fascisme, qu’il interdit les partis politiques, qu’il exerce un contrôle étroit sur les contenus et la diffusion de l’information.

L’ampleur internationale de la menace fasciste

L’Ukraine apparaît sans doute à bien des ressortissants des Etats-Unis comme un territoire lointain sans lien apparent avec la politique conduite aux Etats-Unis, un monde dont ils ne se préoccupent guère. Pourtant, c’est bel et bien un important foyer du développement global de la mouvance fasciste. Selon Aljazeera, « les soutiens internationaux du Bataillon Azov sont nombreux, et l’Ukraine est devenu l’un des nouveaux foyers du développement de l’extrême droite dans le reste du monde. Il est prouvé que des hommes provenant de trois continents différents ont été accueillis dans les centres d’entraînement du Bataillon Azov pour s’approprier son idéologie et acquérir une expérience combattante. »

Dans un rapport d’enquête publié au début de l’année 2021, l’hebdomadaire Time inférait des observations recueillies qu’Azov est « beaucoup plus qu’une milice. Ce groupe dispose de son propre parti politique. Il contrôle deux sociétés d’édition. Il organise des camps d’été pour les enfants. Il a sous ses ordres une milice citoyenne , connue comme la [Milice Nationale], qui patrouille les rues des villes ukrainiennes aux côtés de la police officielle de l’état. […] Sa branche militaire dispose de deux bases d’entraînement et d’un arsenal important qui va des drones aux pièces d’artillerie, en passant par les véhicules blindés. »

Récapitulant tout ça pour répondre aux reporters de la revue, la responsable du groupe Azov pour les contacts internationaux, Olena Semenyaka, celle ci s’était exprimée en ces termes : : « On peut dire que c’est un mini-état à l’intérieur de l’état . » Dans l’article de Time du 7 janvier 2021 évoqué plus haut, Ali Soufan (ancien agent du FBI qui connaît bien Azov) estimait que « plus de 17 000 combattants étrangers, originaires de 50 pays différents, avaient séjourné en Ukraine au cours des six dernières années. »

En 2019 des membres du Congrès américain ont adressé une lettre au Département d‘Etat, lettre dans laquelle ils dénonçaient « le lien patent qui existe entre les actes terroristes commis aux Etats-Unis et le Bataillon Azov ». En 2018, dans un affidavit du FBI (déclaration sous serment), il est stipulé que « le groupe Azov « aurait participé à l’entraînement et à la radicalisation des organisations suprémacistes blanches basées aux Etats-Unis ». Cela concernait notamment le RAM, (Rise Above Movement, l’un des partis suprémacistes blancs, dont plusieurs membres avaient été inculpés pour des « attaques violentes et des agressions sur des contre-manifestants » lors de rassemblements organisés en divers endroits des Etats-Unis , incluant celui qui avait été convoqué à Charlottesville les 11 et 12 août 2017 par le groupe Unir la Droite (3 morts, 35 blessés, 18 arrestations et 2 procès).

Le fascisme et le nazisme marquent incontestablement de leur empreinte la société ukrainienne. Cela a été amplement documenté. S’il est important d’en prendre la juste mesure pour se forger une compréhension nuancée du conflit en cours entre la Russie et l’Ukraine, cela n’implique pas qu’il faille pour autant soutenir l’intervention militaire décidée par Poutine, qui a de terribles conséquences pour un grand nombre de travailleurs et de gens innocents.

Finalement, il ne faudrait pas perdre de vue que l’Administration Biden, qui s’est fait élire en se présentant comme un rempart contre l’enracinement et l’expansion du fascisme aux Etats-Unis , s’applique, en réalité, à poursuivre la politique américaine de soutien à l’un des principaux foyers de propagation du fascisme dans le monde. Cela démontre clairement que la bataille contre le fascisme ne doit en aucun cas se limiter au cadre national. Elle doit s’inscrire dans un cadre international et aller de pair avec un engagement résolu et inébranlable dans la bataille anti-impérialiste.

Source : https://www.liberationnews.org/nazis-in-ukraine-seeing-through-the-fog-of-the-information-war/

article de Gabriel Rockhill publié le 30 mars 2022 par Liberation News, journal du Parti pour le Socialisme et la Libération : PSL (Etats-Unis)

28/04/2022 Pour un monde quadripolaire

La planète Terre, nul ne devrait plus l’ignorer, affrontera d’ici la fin du siècle des dangers majeurs. Citons le réchauffement climatique, la surexploitation des ressources naturelles, une perte jamais rencontrée auparavant de biodiversité au niveau des espèces complexes, perte que compensera, si l’on peut dire, l’explosion imparable de populations de virus et germes pathogènes. En contrepartie des perspectives cosmologiques un moment ouvertes grâce aux progrès des technologies spatiales telles que l’exploration de la Lune, de Mars et de ses satellites, de l’espace profond, se refermeront à jamais.

Dans le même temps la Russie, les Etats européens et dans une certaine mesure les Etats-Unis s’épuiseront militairement pour se donner le contrôle de régions aussi marginales que le Donbass et la Transnistrie. Il n’est pas exclu que ce faisant ils fassent appel à des armes nucléaires dites de faible intensité entrainant un désastre nucléaire dont nul ne sortirait vivant.

Pourtant, d’autres alternatives pourraient exister. A supposer qu’il soit illusoire de voir les humains dans leur ensemble s’entendre pour survivre en mettant en commun leurs ressources matérielles, intellectuelles et scientifiques, ceci pourrait se faire au niveau de grands pôles de développement rassemblant les points forts de chacune des cultures, pour ne pas dire des civilisations concernées.

L’on verrait ainsi se préciser un pôle européen, un pôle nord américain, un pôle russo-asiatique et un pôle sino-asiatique. Au sein du pôle européen la France de par son histoire et sa culture pourrait jouer un rôle important. Encore faudrait-il que ses gouvernements le lui proposent.

27/04/2022 Une solution pour recycler les déchets nucléaires

Recycler les déchets nucléaires sous-produits du fonctionnement des centrales à fission est devenu une nécessité. Mais comment faire sans produire de nouveaux déchets dont il faudra se débarrasser ? Des chercheurs proposent aujourd’hui de s’en servir pour fabriquer des batteries électriques dont le fonctionnement serait presqu’éternel.

Futura Sciences évoque une solution que nous reprenons ici. Voir https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/technologie-batteries-presque-eternelles-partir-dechets-nucleaires-65354/

Le carbone 14 (14C)’est l’un des isotopes du carbone naturellement présent dans notre environnement. Il se forme à partir d’atomes d’azote 14 (14N) présents dans la haute atmosphère lorsqu’ils sont frappés par des rayons cosmiques. Mais le 14C se forme aussi de manière plus artificielle., au cœur de certains réacteurs nucléaires. Or, le carbone 14 est radioactif.

C’est un avantage pour le 14C naturel. Les scientifiques l’exploitent d’ailleurs depuis longtemps pour dater toutes sortes d’objets. Des œuvres d’art aux fossiles. Mais lorsqu’il est question du 14C produit dans les centrales nucléaires, c’est un inconvénient. Parce que même si sa radioactivité est « faible », sa durée de vie est longue. De l’ordre de 5.700 ans. De quoi faire du carbone 14 un déchet radioactif embarrassant.

Or alors que le programme de démantèlement des plus anciennes centrales nucléaires du Royaume-Uni venait de commencer que des chercheurs de l’université de Bristol se sont demandé s’ils ne pouvaient pas trouver une solution pour réemployer ce carbone 14. Car selon eux, la quantité de 14C à recycler dans les dix à quinze prochaines années serait énorme. Le recycler permettrait de réduire considérablement la radioactivité du matériau restant, ainsi que la durée et le coût des opérations de démantèlement.

Les chercheurs envisagent d’extraire le carbone 14 des blocs de graphite issus des anciens réacteurs nucléaires pour en faire des diamants artificiels. Ceci permettrait de transformer ces diamants radioactifs en batteries… presque éternelles ! Le diamant peut en se comporter comme un semi-conducteur. Un peu comme le silicium qui permet de produire de l’électricité photovoltaïque à partir de l’énergie reçue du soleil, le diamant produit de l’électricité bêtavoltaïque à partir de l’énergie émise par la désintégration radioactive du 14C.

Pour fabriquer des diamants artificiels, l’on pourra faire appel à un procédé dit de dépôt chimique en phase vapeur. À température élevée, il permet de faire croître un film de diamant à partir d’un mélange de plasma d’hydrogène et de méthane. Les chercheurs de l’université de Bristol l’ont adapté pour pouvoir faire croître des diamants radioactifs en utilisant du méthane contenant l’isotope radioactif du carbone qui se trouve sur des blocs de graphite de réacteur irradiés.

Le diamant utilisé dans les batteries est ainsi constitué de fines couches de gros grains cristallins. Une structure également conçue pour empêcher les fuites de rayonnement et minimiser le danger pour la santé humaine. « Les particules bêta de carbone 14, bien qu’énergétiques, ne voyagent pas très loin. Ces particules étant encapsulées dans une matrice dense, la probabilité que la batterie émette un rayonnement d’une manière qui pénétrerait la peau humaine devient négligeable »

Cependant, ces batteries au diamant radioactif sont bien moins efficaces que les autres. Lla capacité de stockage d’une pile AA de lampe de poche, par exemple, est de l’ordre de 700 joules par gramme (J/g). Celle annoncée d’une batterie au diamant radioactif serait d’environ 15 J/g. Toutefois la première peut s’épuiser en un jour seulement alors que la seconde peut tenir près de 6.000 ans avant que le courant produit soit divisé par deux.

Autres atouts des batteries au diamant radioactif : leur petite taille et leur robustesse. Elles tiennent dans moins d’un centimètre cube. Et elles ne sont sensibles ni aux hautes températures — elles peuvent supporter jusqu’à 700 °C –, ni à l’humidité, ni aux environnements corrosifs. De quoi imaginer les utiliser pour alimenter de petits détecteurs ou des implants médicaux, par exemple 

27/04/2022 Une troisième guerre mondiale?

« Le danger est grave, il est réel, on ne peut pas le sous-estimer. » Le ministre russe des Affaires étrangères a mis en garde contre le risque d’une troisième guerre mondiale, lundi 25 avril, alors que les tensions entre Moscou et les Occidentaux sont au plus haut.

De quel grave danger parlait Sergueï Lavrov? Il sait parfaitement et ne peut pas sérieusement dire le contraire, que jamais les Etats-Unis, et à plus forte raison leurs alliés occidentaux, ne déclareraient la guerre à la Russie au prétexte que celle-ci voudrait réintroduire l’Ukraine dans sa sphère influence. A supposer que les Etats-Unis, qui ont d’autres priorités, veuillent cependant intervenir militairement dans le conflit, tout porte à croire qu’ils ne feraient pas appel à l ‘arme nucléaire, du moins en première frappe.

De l’avis général, Sergueï Lavrov faisait allusion à une guerre mondiale déclenchée par la Russie et dans laquelle celle-ci utiliserait une des nombreuses formes d’armes nucléaires dont elle dispose. Mais peut-on prendre cette menace au sérieux?

Moscou n’ignore pas qu’il ne peut aujourd’hui exister de guerre mondiale sans appel à l’arme atomique. En principe, celle-ci ne serait initialement que de faible intensité, mais très vite les adversaires utiliseraient des frappes de plus forte puissance, ceci jusqu’à destruction mutuelle assurée.

Est-ce ce à quoi rêve le ministre russe ?